Création d'Adam (Chapelle Sixtine)

La théologie de l’Alliance – Pasteur Vincent Bru

Moïse et les Tables de la Loi est un tableau de Philippe de Champaigne réalisé en 1663 et conservé au Musée de Picardie à Amiens. Les dix paroles de l’alliance (foedus) entre Dieu et son peuple. Commandements + promesses !
Ajout d’une notice bibliographique sur la théologie de l’alliance ici !

C’est au théologien Gaspard Olévianus que l’on doit, dès 1595 – mais on peut mentionner ici aussi le théologien de Zurich Heinrich Bullinger – , la fondation de la théologie dite fédérale, dans laquelle le concept d’alliance fonctionne véritablement comme principe constitutif et discriminatif de tout le système théologique.

Des théologiens suisses, avec plus tard Heiddegger et François Turretin, la théologie fédérale passa ensuite aux Pays-Bas, avec notamment Witsius, Voetius et Mastricht, et aux îles Britanniques.

La théologie fédérale fut officiellement reconnue dans la Westminster Confession ainsi que dans la Formula Consensus Helvetica.

Aux Etats-Unis, c’est en particulier aux théologiens de Princeton -les deux Hodge, Benjamin Warfield, etc.-, et à Robert Dabney que l’on doit d’avoir défendu la théologie fédérale. Plus récemment, citons, aux Pays-Bas, les théologiens Abraham Kuyper, Herman Bavinck, et Klass Schilder[i].

Il n’est donc pas exagéré de dire que la théologie réformée est une théologie de l’alliance. C’est là son trait – l’un de ses traits ? – caractéristique, sa spécificité parmi les diverses manières de comprendre la Foi et d’intégrer en un tout coordonné et cohérent – ou du moins qui s’efforce à la cohérence -, l’ensemble des données de la révélation biblique : catholicisme romain, orthodoxie, libéralisme, néo-orthodoxie, modernisme et post-modernisme, dispensationalisme, baptisme, etc.

Ainsi, en contraste avec les théologies d’autres tendances, y compris évangéliques, la notion d’alliance constitue le référent herméneutique par excellence de la théologie réformée, la clef herméneutique de l’ensemble de l’Écriture. C’est elle qui donne à l’ensemble du système à la fois sa cohérence, son orientation et son but[ii].

Comme le dit Pierre Marcel : « La doctrine de l’alliance est le germe, la racine, la sève de toute la révélation, par conséquent de toute la théologie, le fil conducteur de toute l’histoire du salut. Toute autre doctrine, quelle qu’elle soit, s’y articule en quelque manière, surtout et en premier lieu… celle des sacrements. »[iii]

De même : « Parmi les constructions théologiques qui, à partir des données de la Bible, mettent en jeu les facultés de l’homme croyant, et qui par conséquent n’atteignent jamais le dernier degré de perfection et sont toujours révisables, la doctrine réformée est la seule qui fasse droit à l’ensemble des éléments révélés dans l’Écriture et les intègre harmonieusement en un tout coordonné. Toute autre doctrine rejette explicitement ou implicitement, consciemment ou inconsciemment, des éléments importants de la Révélation, et ne rend que partiellement compte de l’ensemble des Écritures. »[iv]

Et comme le dit avec raison James Packer, parlant du principe de l’analogie de la foi en lien avec la théologie fédérale : « Ce principe nous oblige à faire écho aux accentuations principales du Nouveau Testament et à développer une exégèse christocentrique, kérygmatique et centrée sur l’alliance pour les deux Testaments. »[v]

De même Paul Wells, posant la question de la compatibilité des méthodes et des techniques d’interprétation de l’Écriture avec la nature divino-humaine de cette dernière, montre que c’est précisément la spécificité de la théologie réformée que de considérer et d’approcher l’Écriture comme l’expression écrite de l’alliance entre Dieu et les hommes : priorité de Dieu, participation de l’homme, contexte de la Création, de la Chute et de la Rédemption, etc. ; celle-ci visant la restauration de la communion avec Dieu, et ce, contre toute forme de dualisme entre le divin et l’humain dans la Bible, qu’il soit horizontal (Bultmann) ou vertical (Barth) ; contre les approches séculières ou prétendues « neutres » de la Bible, la méthode historico-critique, etc.[vi]

De cette théologie de l’Alliance, Foedus se propose d’être une expression fidèle, dans une humble soumission à l’Écriture Sainte (Sola et Tota Scriptura). Puisse cela contribuer, même modestement, au développement de la Foi réformée en France et à l’édification de l’Église, partout dans le monde, par-delà les confessions et les dénominations, dans un véritable esprit œcuménique de la recherche de la vérité qui est Une, la Foi une et universelle de l’Église, pour la seule Gloire de Dieu (Soli Deo Gloria).


[i] J. Murray, « Covenant Theology », Collected Writings, Edimburgh, Banner of Truth, 1982, pp. 216ss.

[ii] Image du train dont les wagons communiquent entre eux et dont les possibilités de combinaison sont multiples, tout en progressant dans la même direction.

[iii] Pierre Marcel, « Le Baptême, Sacrement de l’Alliance de Grâce », La Revue Réformée, N° 2-3 (1950), p. 52.

[iv] Ibid., p.198.

[v] James Packer, « L’herméneutique et l’autorité de la Bible », Hokhma 8 (1978), p. 12 – c’est nous qui soulignons.

[vi] Cf. Paul WELLS, « Covenant, Humanity, and Scripture », WTJ 48, pp. 27, 42ss. De même : James Barr and the Bible, P&R, 1980, pp. 354ss. A cet égard Paul Wells propose de parler d’exégèse alliancielle de l’Écriture, pour caractériser l’approche spécifiquement réformée de celle-ci (pp. 377ss).

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