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La ligne éditoriale de foedus.fr est résolument ancrée dans la théologie réformée confessante et centrée sur la théologie de l’alliance, fil conducteur de toute l’histoire biblique. Elle s’accompagne d’une apologétique présuppositionnaliste attentive aux fondements spirituels et intellectuels des visions du monde, ainsi que d’une approche pastorale concrète orientée vers la vie de l’Église. Le logo lui-même en exprime la théologie : l’alliance de Dieu avec son peuple, la priorité absolue de l’initiative divine, l’unité profonde entre la Bible hébraïque et la Tradition des Apôtres, et la centralité de l’Écriture comme traité d’alliance. Son verset fondateur résume cette vision : « Vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. » (Jérémie 30.22).

Ligne éditoriale
Foedus est le blog de mon site personnel, Semper Reformanda – anciennement Site Réformé Confessant –, dont l’origine remonte à plus de trente ans. Il s’inscrit dans la continuité de la tradition réformée confessante et, plus particulièrement, du renouveau calviniste qui s’est manifesté en France au XXe siècle autour de quelques figures auxquelles je dois beaucoup intellectuellement et spirituellement. En France, ce renouveau est inséparable de l’œuvre d’Auguste Lecerf, professeur de dogmatique réformée à la Faculté de théologie protestante de Paris dans l’entre-deux-guerres. À une époque où le calvinisme confessionnel paraissait largement marginalisé dans le protestantisme français, Lecerf entreprit d’en retrouver la vigueur doctrinale et la cohérence propre. Celui que l’on a parfois surnommé « le dernier des calvinistes » devait pourtant devenir l’un des artisans d’une véritable renaissance. Son enseignement marqua notamment Pierre Charles Marcel et Pierre Courthial.
Ce renouveau français ne s’est cependant pas développé en vase clos. Il appartient à un mouvement réformé beaucoup plus vaste qui avait déjà pris une ampleur considérable aux Pays-Bas avec Abraham Kuyper et Herman Bavinck. Kuyper fut l’une des grandes figures du néocalvinisme néerlandais et l’un des principaux fondateurs, en 1880, de la Vrije Universiteit Amsterdam – l’Université libre d’Amsterdam –, conçue comme une université explicitement chrétienne et réformée, indépendante aussi bien de l’État que du contrôle ecclésiastique. Herman Bavinck, l’un des grands dogmaticiens réformés de l’époque moderne, y devint professeur de dogmatique en 1902. Autour de cet héritage se développa également la philosophie réformationnelle, notamment avec Herman Dooyeweerd. La théologie de Lecerf fut elle-même profondément attentive à Bavinck, tandis que Pierre Charles Marcel contribua ensuite à faire connaître en France certains développements du néocalvinisme néerlandais.
De l’autre côté de l’Atlantique, un renouveau réformé parallèle se développa autour de l’héritage du vieux Princeton puis, à partir de 1929, du Westminster Theological Seminary de Philadelphie. Fondé par J. Gresham Machen et plusieurs de ses collègues après la réorganisation de Princeton, Westminster devint l’un des grands centres du calvinisme confessionnel américain. Cornelius Van Til, membre de sa première génération d’enseignants, y développa une apologétique résolument réformée, attentive aux présupposés qui gouvernent toute connaissance et à l’impossibilité d’une prétendue neutralité religieuse de la pensée. Sa trajectoire illustre précisément l’un des points de rencontre entre l’héritage presbytérien de Princeton et Westminster et la tradition réformée néerlandaise dont il était issu. Il est donc plus juste de parler ici de plusieurs foyers réformés confessionnels – néerlandais, nord-américain et français – reliés par des échanges et des convergences, plutôt que d’une filiation institutionnelle unique.
Dans cette perspective, la théologie réformée confessante se situe résolument à rebours du protestantisme libéral, dont les racines modernes plongent dans le XVIIIe siècle et qui prit toute son ampleur au XIXe siècle avant de connaître divers prolongements au XXe. De Friedrich Schleiermacher à Albrecht Ritschl et Adolf von Harnack, puis, sous des formes renouvelées, chez Rudolf Bultmann ou Paul Tillich, ce courant a profondément marqué la théologie protestante moderne. Par-delà sa diversité, il tend à récuser ou à relativiser l’objectivation confessionnelle de la foi – la fides quae creditur, la foi objective qui est crue et confessée – au profit de l’expérience religieuse, de la conscience croyante ou d’une réinterprétation critique du message chrétien. Les dogmes ne sont alors plus reçus comme l’expression normative d’une vérité révélée, mais comme des formulations historiques, relatives et révisables. C’est ici que se situe le hiatus fondamental avec la foi réformée confessante : celle-ci ne nie ni l’histoire, ni l’interprétation, ni le travail critique de la raison, mais elle reçoit l’Écriture comme Parole de Dieu écrite et les confessions de foi comme normes subordonnées qui expriment réellement, quoique de manière toujours réformable selon la Parole de Dieu, le contenu objectif de la foi chrétienne.
La foi réformée confessante se distingue également, malgré certaines parentés de langage et de préoccupation, de la néo-orthodoxie ou théologie dialectique, dont Karl Barth, théologien de Bâle, fut la figure majeure. Barth entendait lui aussi rompre avec le rationalisme et le vieux libéralisme, en réaffirmant la souveraineté de Dieu, la priorité de la révélation et la centralité du Christ. Mais cette proximité d’intention ne doit pas masquer des divergences décisives. Dans la lecture critique qu’en propose Pierre Courthial, la théologie barthienne ne reçoit pas l’Écriture comme la Parole textuelle de Dieu au sens classique de la Réforme : la Bible y demeure un témoignage humain, faillible, qui devient Parole de Dieu dans l’événement de la révélation. C’est pourquoi la néo-orthodoxie, malgré son opposition au libéralisme classique et certaines affinités de vocabulaire avec l’orthodoxie réformée, ne saurait être confondue avec le renouveau néocalviniste confessant, qui revendique la continuité avec les Réformateurs, les confessions de foi et l’autorité souveraine de l’Écriture.
C’est dans cet horizon plus large qu’il faut replacer le renouveau calviniste français. Pierre Charles Marcel, fondateur en 1950 de La Revue Réformée, poursuivit avec ténacité l’œuvre entreprise par Lecerf. Pierre Courthial, appelé en 1974 à enseigner dans la nouvelle Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence, dont il devint le premier doyen, joua à son tour un rôle essentiel dans la transmission de cette tradition et dans la formation de plusieurs générations de pasteurs et de théologiens. L’actuelle Faculté Jean Calvin demeure l’un des principaux fruits institutionnels de ce réveil théologique.
Une mention toute particulière doit être faite ici de mon regretté ami, le professeur Jean-Marc Daumas, disparu en juillet 2013. Il enseigna durant de nombreuses années l’histoire de l’Église et l’hébreu biblique à la Faculté Jean Calvin. Je lui dois beaucoup, non seulement sur le plan intellectuel, mais également humain et spirituel. Son attachement à l’histoire de l’Église et à la transmission de l’héritage réformé a durablement marqué ma propre formation.
Je tiens également à mentionner l’apologète et écrivain réformé suisse Jean-Marc Berthoud. Fondateur en 1987 de la revue Résister et Construire, dans le prolongement de la revue Résister, il a poursuivi, souvent à contre-courant, un vaste travail de défense et de reconstruction d’une vision chrétienne du monde fondée sur l’Écriture. Son insistance sur la souveraineté de Dieu, l’ordre créationnel, la théologie de l’alliance, l’antithèse entre les visions du monde et la nécessaire soumission de toute pensée à la révélation biblique rejoint plusieurs des convictions fondamentales qui structurent Foedus.
Il faut enfin replacer ces mouvements dans un contexte chrétien plus vaste. À la même époque, quoique sur des bases doctrinales différentes, le catholicisme romain connut lui aussi un puissant mouvement de retour à ses sources intellectuelles. L’encyclique Aeterni Patris de Léon XIII, publiée en 1879, donna une impulsion décisive au renouveau thomiste international. En France, des penseurs tels que Jacques Maritain et Étienne Gilson contribuèrent fortement à cette redécouverte de Thomas d’Aquin et de la métaphysique classique. Foedus ne se situe évidemment pas dans cette tradition doctrinale, mais il reconnaît volontiers l’importance historique et intellectuelle de ce mouvement : face à la dissolution moderne des grandes synthèses chrétiennes, réformés et catholiques ont, selon des voies différentes, cherché à retrouver la profondeur et la cohérence de leurs héritages respectifs.
Foedus se situe donc consciemment dans une histoire. Il ne prétend ni inventer une nouvelle théologie ni recommencer l’Église à partir de notre génération. Il cherche plutôt à recevoir, approfondir et transmettre un héritage : celui de la Réforme confessante, nourri par le renouveau calviniste français, par la grande tradition réformée néerlandaise et par le calvinisme confessionnel anglophone. Cet héritage demeure cependant soumis à une autorité qui le dépasse et le juge : la Sainte Écriture, seule norme souveraine de la foi et de la vie chrétiennes.
Citations
« Le calvinisme est un théisme chrétien et protestant. Bien plus nous soutenons qu’il est la forme la plus rigoureusement conséquente du théisme chrétien et protestant. »
Auguste Lecerf, Études calvinistes.

« Parmi les constructions théologiques qui, à partir des données de la Bible, mettent en jeu les facultés de l’homme croyant, et qui par conséquent n’atteignent jamais le dernier degré de perfection et sont toujours révisables, la doctrine réformée est la seule qui fasse droit à l’ensemble des éléments révélés dans l’Écriture et les intègre harmonieusement en un tout coordonné. Toute autre doctrine rejette explicitement ou implicitement, consciemment ou inconsciemment, des éléments importants de la Révélation, et ne rend que partiellement compte de l’ensemble des Écritures. »
Pierre Charles Marcel, Le Baptême, sacrement de l’alliance de grâce.

« Il n’y a qu’une seule Reine de toutes les sciences, de la philosophie et de la théologie, et cette Reine c’est la Parole de Dieu, seule Vérité absolue, seule source et seule norme de toutes vérités. (…) La Parole de Dieu en tant qu’elle présente son motif de base radical, central, fondamental, Création-Chute-Rédemption, n’est pas l’objet spécifique de la science théologique. En tant que motif opérant au cœur » de l’homme, la Parole de Dieu domine royalement toutes les sciences. »
Pierre Courthial, Théologie et philosophie, Fondement pour l’avenir.

« Il y a une erreur que l’on commet très souvent dans les milieux royalistes, c’est que l’on voit un lien nécessaire entre monarchie et obédience catholique romaine. Il faut savoir qu’aujourd’hui, presque tous les pays qui ont à leur tête un monarque sont des pays protestants. On ne mesure pas assez cela. L’Angleterre, la Suède, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas sont des royaumes où la population est essentiellement protestante. Seules la Belgique, avec une constitution très récente (1830), et l’Espagne, depuis peu, sont des royaumes à majorité catholique romaine. Il n’y a donc pas d’incompatibilité essentielle entre ma foi protestante et la monarchie. »
Jean-Marc Daumas, « La fidélité des huguenots », in F.-M. Fleutot & P. Louis, Les Royalistes, Enquête sur les amis du Roi aujourd’hui, Paris, Albin Michel, 1989.

« Il est frappant de constater que, dans ce combat pour trouver des solutions chrétiennes aux questions de morale publique, des chrétiens de diverses dénominations se retrouvent pour œuvrer ensemble (comme co-belligérants, disait Francis Schaeffer) hors de toute confusion ecclésiastique ou doctrinale. Ils sont convaincus que sur ce plan, ce qui leur permet de lutter ensemble est beaucoup plus important que ce qui les divise. Comme le prévoyait Pierre Viret il y a plus de quatre siècles, le temps semble être venu où, plutôt que de s’entre-déchirer, il importe ensemble de faire face à notre ennemi à tous, un humanisme sans Dieu et contre Dieu, arrogant et conscient de sa force. Si les véritables chrétiens ne parviennent pas à se serrer les coudes pour lutter ensemble contre la montée d’un nouveau paganisme allié à l’humanisme athée qui travaille depuis plus de trois siècles à faire disparaître toute trace des restes de l’ordre divin dans nos sociétés, il est certain que tous nous serons séparément écrasés, les uns après les autres ! »
Jean-Marc Berthoud, Du règne social de Jésus-Christ aujourd’hui

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nous remettons entre tes mains ce travail d’écriture et de transmission.
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tel que l’ont confessé les témoins de la Réforme.
Préserve-nous de l’orgueil,
de l’erreur doctrinale et de la légèreté,
et accorde-nous la sagesse d’utiliser les outils de notre temps
sans jamais nous détourner de la pureté de ta vérité.
Fais de ce site un lieu d’édification,
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de consolation pour les affligés
et d’encouragement pour ceux qui désirent marcher avec toi.
Que tout ce qui est publié ici
serve à la croissance de ton Église
et à l’avancement de ton Royaume.
Par Jésus-Christ,
notre Maître, notre Rédempteur et notre Roi.
Amen.