POST TENEBRA LUX

Plaidoyer pour une Vision chrétienne du Monde ! – Vincent Bru

Je pro­pose ici de résu­mer en quelques cita­tions ce qui me semble devoir être une authen­tique vision chré­tienne du monde. Ni plus, ni moins.

Les deux Cités !

« Deux Amours ont fait deux Cités :

  • l’a­mour de Dieu pous­sé jus­qu’au mépris de soi à fait la Cité céleste ;
  • l’a­mour de soi pous­sé jus­qu’au mépris de Dieu a fait la Cité ter­restre. »
Saint Augus­tin, La Cité de Dieu

Qui est le Souverain de ce Monde ?

« Tout pou­voir m’a été don­né dans le ciel et sur la terre.

Allez, faites de toutes les nations des dis­ciples,

bap­ti­sez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,

et ensei­gnez-leur à gar­der tout ce que je vous ai pres­crit.

Et voi­ci, je suis avec vous tous les jours, jus­qu’à la fin du monde. »

Mat­thieu 28.18–20

« Il n’est pas de domaine de la vie des hommes dont le Christ ne puisse dire : “c’est à moi” ! »

Abra­ham Kuy­per

« Il faut que le Christ gagne ! »

Jean Cal­vin

Pour quoi vivons-nous ?

« Le but prin­ci­pal de la vie de l’homme, c’est de connaître Dieu, car il nous a créés. »

Jean Cal­vin, Caté­chisme de Genève, Qst. 1.

« Le but prin­ci­pal de la vie de l’homme est de glo­ri­fier Dieu et de trou­ver en Lui son bon­heur éter­nel. »

Caté­chisme de West­mins­ter, Qst. 1.

Qu’est-ce donc que la foi ? Peut-on vivre sans ?

« Quand le Fils de l’homme vien­dra, trou­ve­ra-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18.8

« Or sans la foi , il est impos­sible d’être agréable à Dieu » !

Hébreux 11.6

Crede ut intel­li­gas (« Crois pour com­prendre ») !

Saint Augus­tin

Fides quae­rens intel­lec­tum (« La foi cherche l’in­tel­li­gence ») !

Saint Anselme

Un avertissement solennel !

« Pre­nez garde que per­sonne ne fasse de vous sa proie par la phi­lo­so­phie et vaine trom­pe­rie, selon la tra­di­tion des hommes, selon les élé­ments du monde, et non pas selon Christ. »

Colos­siens 2.8

La foi et la Foi ! Non au pluralisme !

« A la dis­tinc­tion du plu­ra­lisme et de la plu­ra­li­té, qui s’op­posent, il faut ajou­ter la dis­tinc­tion de la foi (avec un f) et de la Foi, qui ne doivent pas être oppo­sées.

Nos vieux théo­lo­giens, qui ne pla­naient pas dans le vague, dis­tin­guaient, selon l’É­cri­ture, la fides qua cre­di­turla foi per­son­nelle par laquelle on croitet la fides quae cre­di­turla Foi objec­tive qui est crueparce que révé­lée.

Quand, par exemple, la Bible nous rap­porte qu’A­bra­ham eut foi dans le Sei­gneur, que Jésus dit : Ayez foi en Moi, ou qu’É­tienne était un homme plein de foi, il s’a­git de la fides qua cre­di­tur, de la foi per­son­nelle par laquelle on croit.

Mais quand, par exemple, la Bible nous rap­porte que Paul et Bar­na­bas exhor­taient les dis­ciples à demeu­rer dans la Foi, que les Églises deve­naient plus fortes dans la Foi, et quand saint Paul parle de « la Foi qui nous est com­mune à vous et à moi » ou qu’il affirme qu’il n’y a qu’une seule Foi, ouquand saint Jude parle de « la Foi trans­mise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3), il s’a­git de la fides quae cre­di­tur,de la Foi objec­tive qui est révé­lée et ensei­gnée, pro­gres­si­ve­ment, à la sainte Église de Dieu, par l’Es­prit Saint s’ex­pri­mant par l’É­cri­ture-Parole de Dieu.

Après la IIe Guerre mon­diale, et sur­tout à par­tir des années Soixante, quand ils virent les pro­tes­tants réfor­més fran­çais invi­tés à toutes sortes d’hé­ré­sies doc­tri­nales et morales par de mau­vais conduc­teurs et doc­teurs, des pas­teurs et des fidèles, souf­frant de plus en plus du dogme plu­ra­liste qui leur pesait comme un joug insup­por­table et cou­vrait et jus­ti­fiait ces héré­sies, reçurent et par­ta­gèrent la convic­tion que leurs Églises devaient rede­ve­nir confes­santes, ou mou­rir. La claire et nette confes­sion de la Foi était désor­mais pour eux – comme elle aurait à deve­nir pour les Églises et la mis­sion de celles-ci – l’exi­gence pre­mière de l’a­do­ra­tion et de l’o­béis­sance dues au Sei­gneur (Mt 5.13–16 ; Lc 9.26 ; Ep 4.13–16 ; Hé 3.1 et 4.14). Il ne pou­vait s’a­gir, bien sûr, d’im­po­ser à qui­conque la confes­sion de la Foi puisque, selon Jésus, « ce que déclare la bouche, c’est ce qui déborde du cœur », mais il fal­lait appe­ler les pro­tes­tants réfor­més fran­çais, et d’autres avec eux, à décou­vrir ou à redé­cou­vrir, comme par une conver­sion, la Foi confes­sée en France et ailleurs aux XVIe et XVIIe siècles et scel­lée, alors et bien sou­vent, par le sang des mar­tyrs.

Dans « un état de choses déso­lant », pour reprendre l’ex­pres­sion de Lecerf en 1932, pour­quoi ne pas « rele­ver » la Gal­li­ca­napour qu’elle soit recon­nue vraie et sui­vie ?

(…)

C’est la prise de conscience de l’an­ti­thèse entre la confes­sion de la Foi et le dogme plu­ra­listequi a conduit les réfor­més confes­sants des Églises réfor­mées et réfor­mées évan­gé­liques à ima­gi­ner, puis à éta­blir, la Facul­té de théo­lo­gie réfor­mée d’Aix-en-Pro­vence… »

Pierre Cour­thial, La Foi Réfor­mée en France, pp. 10s et 19.

Notre présupposé fondamental :

La Bible est la Parole de Dieu !

Sola et Tota Scrip­tu­ra !

« Nous croyons que la Parole qui est conte­nue dans ces livres – du Canon de l’É­cri­ture Sainte – a Dieu pour ori­gine et qu’elle détient son auto­ri­té de Dieu seul et non des hommes.

Cette Parole est la règle de toute véri­té et contient tout ce qui est néces­saire au ser­vice de Dieu et à notre salut ; il n’est donc pas per­mis aux hommes, ni même aux anges, d’y rien ajou­ter, retran­cher ou chan­ger.

Il en découle que ni l’ancienneté, ni les cou­tumes, ni le grand nombre, ni la sagesse humaine, ni les juge­ments, ni les arrêts, ni les lois, ni les décrets, ni les conciles, ni les visions, ni les miracles, ne peuvent être oppo­sés à cette Écri­ture sainte, mais qu’au contraire toutes choses doivent être exa­mi­nées, réglées et réfor­mées d’après elle. »

(Confes­sion de La Rochelle, article 5)

Voir à ce sujet : 

Exa­men de la valeur du prin­cipe externe et for­mel de la foi réfor­mée. Théo­rie de l’ins­pi­ra­tion (Auguste Lecerf)

Le sta­tut des Écri­tures : exa­men de la valeur du prin­cipe externe et for­mel de la foi réfor­mée (Vincent Bru)

L’É­cri­ture, Trai­té d’Al­liance (Pierre Cour­thial)

Quel combat pour quelle Église ?

Solus contra mun­dum !

Ou : de la véri­table « catho­li­ci­té » de l’É­glise !

A pro­pos de : « Je crois la sainte Église uni­ver­selle (=« catho­lique »)… » (Sym­bole des Apôtres)

« Le mot grec katho­li­cos vient … de la jux­ta­po­si­tion de deux mots : kath = selon, et holos = le tout.

Au sens qua­li­ta­tif, qui est le sens prin­ci­pal et prio­ri­taire, entraî­nant le sens quan­ti­ta­tif, spa­tial ou tem­po­rel, « catho­lique » signi­fie « selon le Tout de la Révé­la­tion nor­ma­tive qu’est, pour l’É­glises la sainte Écri­ture ».  

Nous devons, certes, croire à l’u­ni­ver­sa­li­té de l’É­glise dans l’es­pace, et à la conti­nui­té et per­pé­tui­té de l’É­glise dans le temps, mais nous devons croire, d’a­bord et sur­tout, à la catho­li­ci­té de l’É­glise de Dieu dont la pre­mière obéis­sance est d’être, et de res­ter fidèle à la tota­li­té de la parole de Dieu.

Lorsque saint Atha­nase se trou­vait solus contra mun­dumseul face au monde – et à l’É­glise uni­ver­selle ! – (avec quelques-uns tout de même), c’est lui qui était catho­liqueen affir­mant fer­me­ment, « selon le tout de l’É­cri­ture », la divi­ni­té de la Per­sonne de Jésus-Christ, consub­stan­tielle à la Per­sonne du Père, vrai­ment Dieu et vrai­ment homme, alors que l”« uni­vers », qui l’en­tou­rait et le per­sé­cu­tait sans relâche, était héré­tiqueévêques en tête, puis­qu’a­rien.

Être « catho­lique », c’est res­pec­ter le tout insé­pa­rable du texte de l’É­cri­ture, dans l’a­do­ra­tion de Celui qui en est l’Au­teur pre­mier et sou­ve­rain ; c’est refu­ser de « choi­sir » dans l’É­cri­ture ; c’est refu­ser l’hé­ré­sie(en grec l’aïre­sis = le choix ; du verbe aïre­tizô – àl’ao­riste : hére­ti­sa – = choi­sir).

Aus­si le « SOLA SCRIPTURA » (= la norme, c’est LA SEULE ÉCRITURE) doit-il être accom­pa­gné du « TOTA SCRIPTURA » (= la norme, c’est L’ÉCRITURE DANS SA TOTALITÉ). Selon l’É­cri­ture sainte, pas plus (SOLA), pas moins (TOTA).

Le mot oppo­sé au mot catho­liqueest le mot héré­tiqueEt vice ver­sa. »

Pierre Cour­thial, La Foi Réfor­mée en France, pp. 15s.

Bible et Tradition

Ou : de la véritable Tradition de l’Église

Tra­di­tio e Scrip­tu­ra fluens !

« La Tra­di­tion est la Foi vivante des morts ;

le tra­di­tio­na­lisme est la foi morte des vivants ! »

Jaro­slav Peli­kan

« Qui­conque, avec les plu­ra­listes, n’i­den­ti­fie pas l’É­cri­ture comme vraie et infaillible Parole de Dieu (alors que les Pères, les Doc­teurs et les Réfor­ma­teurs de l’É­glise l’ont fait ; alors et sur­tout que l’É­cri­ture s’i­den­ti­fie elle-même comme telle), ne peut voir dans les confes­sions de Foi des pre­miers siècles, et dans celles de la Réfor­ma­tion, que des docu­ments suc­ces­sifs et hété­ro­gènes dont les der­niers peuvent effa­cer et rem­pla­cer les pré­cé­dents, et ne peut rece­voir ce que dit l’É­cri­ture de la (ou des) tradition(s).

Car, ici encore, il convient de dis­tin­guer la tra­di­tion (avec un t), au mau­vais sens du mot, la tra­di­tion des Pha­ri­siens et des scribes qui, selon Jésus, annule la Parole de Dieu (Mt 15.1 et 6), la tra­di­tion des hommes qui, tou­jours selon Jésus, aban­donnent le com­man­de­ment de Dieu (Mc 7.8), la tra­di­tion du judaïsme pour laquelle saint Paul avait eu, alors qu’il était encore Saul, un zèle exces­sif (Ga 1.14) ; à la Tra­di­tion (avec un T), au bon sens du mot, la Tra­di­tion apos­to­lique que les chré­tiens doivent rete­nir, gar­der, et selon laquelle ils doivent vivre (2 Th 2.15 et 3.6). Cette Tra­di­tion apos­to­lique (= le Nou­veau Tes­ta­ment) fait suite à la Tra­di­tion biblique d’a­vant notre ère (= l’An­cien Tes­ta­ment) que l’an­cienne Église (= Israël) a trans­mise (« tra­di­tion­née ») au peuple de Dieu à par­tir de Moïse (cf. Ex 19.3 ; 2 R 17.13 ; Ps 78.3–6 ; soit un texte de la Loi, un texte des Pro­phètes et un texte des Écrits).

Au total, la Tra­di­tion biblique (La Loi + les Pro­phètes + les Écrits + le Nou­veau Tes­ta­ment trans­mis par le cercle apos­to­lique : apôtres et pro­phètes – cf. Ep 2.20) consti­tue insé­pa­ra­ble­ment ce que l’É­glise doit, à son tour, fidè­le­ment trans­mettre (=« tra­di­tion­ner » !). En grec, tra­di­tion = para­do­sis et trans­mettre para­di­dô­mi sont des mots d’une même racine, de même éty­mo­lo­gie.

Aus­si, peut-on et doit-on par­ler, en un sens bon et néces­saire, de la Tra­di­tion ecclé­siale qui trans­mettra­duitapplique fidè­le­ment, au long des siècles et sous la conduite du Saint-Esprit, la Tra­di­tion biblique, sans rien lui ajou­ter ou retran­cher, mais en l”« intel­li­geant » (= en la lisant en pro­fon­deur) tou­jours mieux. La Tra­di­tion biblique, la Foi trans­mise aux saints une fois pour toutes, ne cesse pas, ain­si, d’être confes­sée au long des siècles, par la Tra­di­tion ecclé­siale, lorsque celle-ci est fidèle à celle-là.

Nos vieux Doc­teurs par­laient avec jus­tesse de la Tra­di­tio e Scrip­tu­ra fluens, de la « Tra­di­tion décou­lant de l’É­cri­ture ». Il faut pré­ci­ser cepen­dant que la Tra­di­tion ecclé­siale doit tou­jours être cri­tique, c’est-à-dire qu’elle doit tou­jours véri­fier et mon­trer que ce qu’elle trans­met est bien le conte­nu de sens du texte de cette sainte Écri­ture qui, seule, est infaillible parce qu’elle est Parole de Dieu, Règle, pour tou­jours, de la Tra­di­tion, de la Foi, ecclé­siale.

La Gal­li­ca­na, dans sa fidé­li­té à l’É­cri­ture, entend bien se situer dans la Tra­di­tion ecclé­siale qui doit pro­gres­ser selon la Norme divine qu’est l’É­cri­ture, l’É­cri­ture seule, sola Scrip­tu­ra. »

Pierre Cour­thial, La Foi Réfor­mée en France, pp. 12.

Sursum Corda !

« Nous devons rani­mer, dans tous les domaines, l’es­prit du cal­vi­nisme. A tout prix, Dieu doit être mis en pos­ses­sion de son droit. La rai­son humaine, le mora­lisme humain, le sen­ti­men­ta­lisme lui-même doivent être traî­nés, comme des cap­tifs, der­rière le char triom­phal du Christ vain­queur. Et l’homme, en tant que rival de Dieu et que juge de Dieu, doit être du tout (= entiè­re­ment) anéan­ti. »

Auguste Lecerf, Études Cal­vi­nistes, p.133.

« Il est évident que le mou­ve­ment refor­mé de recons­truc­tion chré­tienne doit être entre­pris ou pour­sui­vi, en prio­ri­té, dans l’É­glise, pro­fon­dé­ment péné­trée hélas ! par l’es­prit de révo­lu­tion, de sécu­la­ri­sa­tion et d’a­po­sta­sie… Mais le mou­ve­ment refor­mé de recons­truc­tion chré­tienne doit être entre­pris ou pour­sui­vi, aus­si, dans tous les autres domaines de l’exis­tence. Il est temps d’en finir avec le défai­tisme « chré­tien » qu’un Autre a mis à la mode ! »

Pierre Cour­thial, Le mou­ve­ment réfor­mé de recons­truc­tion chré­tienne, pp. 68s.

« Nous sommes, sans doute à la veille d’une troi­sième époque (après celles des six pre­miers Conciles œcu­mé­niques et des Confes­sions de la Réforme), d’un troi­sième temps fort, au cours duquel l’É­glise va devoir confes­ser sa Foi en la sei­gneu­rie du Dieu Créa­teur et Sau­veur.

La foi de l’hu­ma­nisme (= reli­gion de l’Homme se fai­sant dieu), avec ses Révo­lu­tions tri­co­lore, brune et rouge, ses États-pro­vi­dence, tous plus ou moins tota­li­taires, ses camps d’ex­ter­mi­na­tion, ses mil­lions d’a­vor­te­ments et d’ex­clu­sions, au mépris des devoirs des hommes, s’é­croule sous les décombres qu’elle ne finit pas d’ac­cu­mu­ler.

Vient le temps où l’É­glise réveillée, réfor­mée, recons­truite, devra ces­ser de s’a­li­gner sur le consen­sus ambiant pour confes­ser la Foi à laquelle Dieu l’ap­pelle par sa Parole, son Évan­gile et sa Loi.

Il vient, le temps où toute pen­sée va être ame­née cap­tive aux pieds de Jésus-Christ, en sciences comme en phi­lo­so­phie, en éco­no­mie comme en poli­tique, dans la vie des indi­vi­dus comme dans les familles, les nations, les entre­prises humaines légi­times de toutes sortes.

Il vient, le temps où l’É­glise va prendre à cœur les der­nières paroles de Jésus avant son ascen­sion : « Tout pou­voir m’a été don­né dans le ciel et sur la terre… »

Pierre Cour­thial, La Foi Réfor­mée en France, pp. 18.

« Notre Sei­gneur règne, et agit d’en Haut sur la terre ; mais, para­doxa­le­ment, il agit en géné­ral en par­tant d’en bas, en par­tant des diverses petites com­mu­nau­tés de la socié­té, en par­tant de familles, d’É­glises parois­siales, d’en­tre­prises pro­fes­sion­nelles ou cultu­relles qui lui sont fidèles, qui, écoutent et suivent sa Loi morale, révé­lée dans l’É­cri­ture (qu’est l’É­cri­ture !). De petites semences sortent de grands arbres par­fois. 

Nous n’a­vons pas, à la manière des Révo­lu­tion­naires, à attendre ce que déci­de­ront les gens qui vou­dront ou conquer­ront le pou­voir, en par­tant d’en haut ; mais à la manière des Refor­ma­teurs, nous avons à semer, à plan­ter, en par­tant donc d’en bas. Hum­ble­ment. Dans une patiente espé­rance. C’est le temps, c’est LE JOUR DES PETITS RECOMMENCEMENTS. »

Pierre Cour­thial, Le jour des petits recom­men­ce­ments, p. 259.

Réformation et Révolution :

« La Réfor­ma­tion n’a pas été la pré­pa­ra­tion mais bien plu­tôt l’an­ti­thèse véri­table de la Révo­lu­tion. »

Groen Van Prins­te­rer, Apos­ta­sie et Révo­lu­tion, Chap. VIII.

L’Age de la Foi !

« Le Moyen Âge, ain­si appe­lé, trop sim­ple­ment, parce qu’il va de la conver­sion de l’empereur romain Constan­tin le Grand (272–337) aux pré­misses de la Renais­sance, et qu’il se situe ain­si entre l’Anti­qui­té païenne et un Renou­veau païen, est le mil­lé­naire d’une civi­li­sa­tion s’ef­for­çant d’être chré­tienne, et pré­ci­sé­ment à cause de cela, cari­ca­tu­rée, calom­niée, tra­ves­tie, vili­pen­dée, par la plu­part des his­to­riens et des intel­lec­tuels modernes plus ou moins huma­nistes (1).

Le Moyen Âge doit bien plu­tôt être dési­gné et décrit comme l’Âge de la Foi en Occi­dent (2).

(…)

En fait, sous la sou­ve­rai­ne­té de la grâce de Dieu et à la mesure de l’o­béis­sance fidèle des hommes, l’Âge de la Foi a été la plus belle des civi­li­sa­tions que le monde ait connue, encore qu’elle ait été loin d’être par­faite ; avec ses hauts mais aus­si ses bas, avec ses gran­deurs mais aus­si ses misères. Et l’on peut se deman­der com­ment l’in­tel­li­gent­sia d’un XXe siècle abo­mi­na­ble­ment escla­va­giste et san­gui­naire, avec ses guerre mon­diales, ou loca­li­sées, au carac­tère total, ses gou­lags et ses camps de concen­tra­tion, ses chambres à gaz et ses tor­tures, ses mas­sacres et ses avor­te­ments par mil­lion chaque année, pires encore que les sacri­fices humains du pas­sé, et léga­li­sés par les États  comme rele­vant de la méde­cine, etc., ose regar­der de haut, avec mépris, l’Âge de la Foi dont la quête inces­sante et le res­pect de Dieu ont ani­mé les pro­grès en tous les domaines.

Ne sommes-nous pas par­ve­nus au temps inverse de celui dont par­lait le cher et grand S. Atha­nase quand il écri­vait dans Sur l’In­car­na­tion du Verbe, à l’o­rée de l’Âge de la Foi :

« De même que lorsque paraît le soleil, les ténèbres perdent leur force, et, s’il en reste quelque chose, il les chasse ; de même, quand est venue la divine mani­fes­ta­tion du Dieu Verbe, les ténèbres des idoles n’ont plus de force, mais par­tout toutes les par­ties de l’u­ni­vers sont illu­mi­nées par son ensei­gne­ment. »

« Le Sei­gneur a tou­ché toutes les par­ties de la créa­tion, il les a toutes déli­vrées et détrom­pées de toute erreur, comme dit Paul : « Il a dépouillé les prin­ci­pau­tés et les puis­sances et il en a triom­phé sur la croix », afin que per­sonne ne puisse plus désor­mais être éga­ré, mais qu’on trouve en tous lieux le véri­table Verbe de Dieu. » »

(1)Par « huma­nisme » nous enten­dons la reli­gion de l’Homme s’au­to-divi­ni­sant, de l’Homme mesure de toutes choses, de l’Homme exal­tant la Rai­son, sa rai­son, au-des­sus de tout.

(2)Sur le « Moyen Age », voir en par­ti­cu­lier : Pour en finir avec le Moyen Age, de Régine Per­noud (Seuil, 1977), et Saint Louis, de Jacques Le Goff (Gal­li­mard, 1996).

Pierre Cour­thial, Le jour des petits recom­men­ce­ments, p. 182ss.

« La véri­table source de notre fai­blesse et de notre dis­grâce, 

la cause prin­ci­pale du triomphe de l’indifférence et de l’incrédulité,

gît dans l’influence des opi­nions indi­vi­dua­listes, qui,

sin­gu­lier et triste mélange de la foi chré­tienne

avec l’esprit et les doc­trines de la Révo­lu­tion, 

tendent à dis­soudre les ins­ti­tu­tions reli­gieuses et poli­tiques 

et à inter­rompre le cours de la vie natu­relle et his­to­rique

de la socié­té dans son orga­nisme divin. »

 Groen Van Prins­te­rer (1801–1876)

Notre tâche !

« La tâche, pre­nante et néces­saire, qui nous incombe, à nous, chré­tiens bap­ti­sés, fidèles, de toutes confes­sions … est de plan­ter en tous domaines, et par­ti­cu­liè­re­ment, dans les cœurs des hommes non-chré­tiens … les semences de la pro­chaine Refor­ma­tion qui rem­pla­ce­ra, tôt ou tard, bien­tôt peut-être, l’humanisme par­ve­nant au bout de son rou­leau de ruines accu­mu­lées et de mort. Il y va de l’avenir et de la vie du monde. »

Pierre Cour­thial, Le jour des petits recom­men­ce­ments, p. 259.

Ils ont dit…

Saint Augus­tin (354–430)

« Deux amours ont fait deux cités : l’a­mour de Dieu pous­sé jus­qu’au mépris de soi à fait la cité céleste ; l’a­mour de soi pous­sé jus­qu’au mépris de Dieu a fait la cité ter­restre. »

Saint Augus­tin , La Cité de Dieu.

Jean Cal­vin (1509–1564)

« Toute la somme presque de notre sagesse, laquelle à tout comp­ter mérite d’être répu­tée vraie et entière sagesse, est située en deux par­ties : c’est qu’en connais­sant Dieu cha­cun de nous aus­si se connaisse. »

Jean Cal­vin, Ins­ti­tu­tion Chré­tienne, I.I.1.

« Le but prin­ci­pal de la vie de l’homme, c’est de connaître Dieu, car il nous a créés. »

Jean Cal­vin, Caté­chisme de Genève, Qst. 1.

Groen Van Prins­te­rer (1801–1876)

« La véri­table source de notre fai­blesse et de notre dis­grâce, la cause prin­ci­pale du triomphe de l’indifférence et de l’incrédulité, gît dans l’influence des opi­nions indi­vi­dua­listes, qui, sin­gu­lier et triste mélange de la foi chré­tienne avec l’esprit et les doc­trines de la Révo­lu­tion, tendent à dis­soudre les ins­ti­tu­tions reli­gieuses et poli­tiques et à inter­rompre le cours de la vie natu­relle et his­to­rique de la socié­té dans son orga­nisme divin. »

Groen Van Prins­te­rer, Le par­ti anti-révo­lu­tion­naire et confes­sion­nel, p. IX.

« Nous sommes le par­ti anti-révo­lu­tion­naire ; c’est dire que nous com­bat­tons la plus fon­da­men­tale des erreurs à la fois reli­gieuses et poli­tiques : la doc­trine qui, en met­tant à la place de la véri­té révé­lée et de l’au­to­ri­té divine la sou­ve­rai­ne­té de la rai­son et de la volon­té indi­vi­duelle, ren­verse l’É­tat et l’É­glise et détruit les fon­de­ments de la Morale et de la socié­té.

Nous sommes le par­ti confes­sion­nel ; c’est dire que nous esti­mons que toute Église doit avoir une doc­trine et pou­voir rendre compte de son espé­rance et de sa foi et que l’É­glise réfor­mée des Pays-Bas, autre­fois si illustre et si fidèle, ne sau­rait pro­cla­mer une liber­té d’en­sei­gne­ment illi­mi­tée sans renier sa Confes­sion, sa foi, son his­toire et sans bri­ser les liens qui la rat­tachent à la Réfor­ma­tion du XVIe siècle et à la sainte Église uni­ver­selle.

Nous sommes le par­ti ortho­doxe ; c’est dire que nous pro­fes­sons les véri­tés que les Eglises évan­gé­liques ont expri­mées, avec un admi­rable accord, dans leurs livres sym­bo­liques, “les véri­tés par les­quelles on est chré­tien, hors des­quelles on ne l’est pas, les véri­tés dont la pro­fes­sion franche, en paroles et en actes, signale et signa­le­ra tou­jours, aux yeux de tous les chré­tiens, un véri­table frère en Christ, les véri­tés dont pas une ne pour­rait être sup­pri­mée sans que le chris­tia­nisme ne fut bles­sé au cœur.” (Vinet) ».

Groen Van Prins­te­rer, Le par­ti anti-révo­lu­tion­naire et confes­sion­nel, p. IX et X.

« La Réfor­ma­tion n’a pas été la pré­pa­ra­tion mais bien plu­tôt l’an­ti­thèse véri­table de la Révo­lu­tion. »

Groen Van Prins­te­rer, Apos­ta­sie et Révo­lu­tion, Chap. VIII.

« La Révo­lu­tion part de la sou­ve­rai­ne­té de l’homme ; la Réforme de la sou­ve­rai­ne­té de Dieu. L’une fait juger la révé­la­tion par la rai­son ; l’autre sou­met la rai­son aux véri­tés révé­lées. L’une débride les opi­nions indi­vi­duelles ; l’autre amène l’u­ni­té de la foi. L’une relâche les liens sociaux et jus­qu’aux rela­tions domes­tiques -, l’autre les res­serre et les sanc­ti­fie. Celle-ci triomphe par les mar­tyres ; celle-là se main­tient par les mas­sacres. L’une sort de l’a­bîme et l’autre des­cen­dit du ciel. »

Groen Van Prins­te­rer, Archives de la Mai­son d’O­range-Nas­sau, Tome I, p. 118.

Abra­ham Kuy­per (1837–1920)

« Il n’est pas de domaine de la vie des hommes dont le Christ ne puisse dire : “c’est à moi !” »

Abra­ham Kuy­per

Auguste Lecerf (1872–1943)

« Le cal­vi­nisme est un théisme chré­tien et pro­tes­tant. Bien plus nous sou­te­nons qu’il est la forme la plus rigou­reu­se­ment consé­quente du théisme chré­tien et pro­tes­tant. »

Auguste Lecerf, Intro­duc­tion à la dog­ma­tique réfor­mée, Vol. II, p. 59.

Pierre Cour­thial (1914–2009)

« Ce qui me paraît carac­té­ri­ser la Réfor­ma­tion pour notre temps, c’est un esprit à la fois fidèle, sou­mis au Sei­gneur qui parle dans toute l’É­cri­ture, et ouvert, atten­tif à tout ce qui se pense, se dit, et se fait dans le monde. Une ortho­doxie fer­mée, un moder­nisme infi­dèle, voi­là ce que ne peuvent admettre et pra­ti­quer les dis­ciples de la Réfor­ma­tion. »

Pierre Cour­thial, Fon­de­ments pour l’a­ve­nir, p. 5.

Publié

dans

par

Étiquettes :

Commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Foedus

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture