Platon et Aristote

Position philosophique-archive

Posi­tions Phi­lo­so­phiques entend rendre compte de l’enseignement de la Bible dans le domaine de la phi­lo­so­phie, et ce, dans une pers­pec­tive réfor­mée confes­sante.

Présentation de la philosophie réformée par Pierre Courthial

« Le mot phi­lo­so­phia n’apparaît qu’une fois dans la Sainte Écri­ture : au second cha­pitre des Colos­siens ; encore est-ce en mau­vaise part puisqu’il y est dit : « Pre­nez garde que per­sonne ne fasse de vous sa proie par la phi­lo­so­phie (dia tes phi­lo­so­phias) et par une vaine trom­pe­rie…  », mais comme l’apôtre Paul ajoute : « selon la tra­di­tion des hommes, selon les rudi­ments du monde, et non selon Christ », il faut sup­po­ser qu’il peut, mieux, qu’il doit y avoir une recherche phi­lo­so­phique « Kata Kris­ton, selon Christ ».

Au reste, qui dit « phi­lo­so­phie » dit « amour de la sagesse », et la sagesse, la quête de la sagesse, la demande de la sagesse, la sou­ve­rai­ne­té de la sagesse, la joie de la sagesse, le don de la sagesse, etc., sont célé­brés tant dans l’Ancien que dans le Nou­veau Tes­ta­ment.

En Occi­dent, depuis les mer­veilleux Grecs, la grand’route de la phi­lo­so­phie a été celle d’une theo­ria,  c’est-à-dire d’un savoir théo­rique, pré­ten­du­ment auto­nome. Selon cette tra­di­tion phi­lo­so­phique qui per­siste aujourd’hui, encore que ses modes aient varié au cours des siècles, cette acti­vi­té auto­nome était et reste tenue pour axio­ma­tique, comme allant de soi, indis­cu­table et indis­cu­tée. (… )

Le « point de vue pro­pre­ment phi­lo­so­phique » a été et conti­nue d’être pour eux le point de vue « imma­nen­tiste » et « ratio­na­liste » imper­tur­ba­ble­ment main­te­nu par la phi­lo­so­phie huma­niste. Les théo­lo­giens seront ain­si, ou essaie­ront d’être, pla­to­ni­ciens, aris­to­té­li­ciens, car­té­siens, kan­tiens, exis­ten­tia­listes, phé­no­mé­no­lo­gistes, etc… Et les phi­lo­sophes « chré­tiens » accep­te­ront de phi­lo­so­pher selon la rai­son auto­nome, même lorsqu’ils ten­te­ront, comme Mau­rice BLONDEL, d’esquisser une phi­lo­so­phie « chré­tienne ».

Il faut attendre l’œuvre magis­trale du phi­lo­sophe Her­man DOOYEWEERD, publiée en néer­lan­dais en 1935–1936, puis déve­lop­pée dans la ver­sion anglaise publiée en 1953–1958 sous le titre « A new Cri­tique of Theo­re­ti­cal Thought »pour que le constant axiome de la phi­lo­so­phie occi­den­tale, celui de la pré­ten­due auto­no­mie de la rai­son, soit enfin, de façon déci­sive à mes yeux, réel­le­ment « cri­ti­qué », et pour qu’une école nou­velle de phi­lo­so­phie chré­tienne se déve­loppe enfin aux Pays-Bas, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, au Cana­da, en Indo­né­sie et en Grande-Bre­tagne. (… )

La phi­lo­so­phie qui s’appuie « sur la tra­di­tion des hommes, sur les rudi­ments du monde, et non sur Christ », phi­lo­so­phie s’exprimant en des formes diverses qui abou­tissent toutes à des anti­no­mies, phi­lo­so­phie enra­ci­née dans la folle pen­sée d’une rai­son indé­pen­dante, se suf­fi­sant à soi-même, et pré­ten­du­ment auto­nome, doit « mou­rir » à la Croix, être « ense­ve­lie », et « renaître » refor­mée, res­tau­rée, renou­ve­lée, trans­fi­gu­rée, en vraie sagesse, en saine phi­lo­so­phie :

Autre­ment dit : la phi­lo­so­phie doit être libé­rée de ses attaches radi­cales aux Idées, aux Images, aux Idoles, de ses attaches radi­cales à des Mythes – selon 2 Timo­thée 4.4 -, si elle veut com­men­cer à deve­nir vrai­ment « amour de la sagesse ».

Autre­ment dit encore : la phi­lo­so­phie ne recom­mence à deve­nir libre, à deve­nir elle-même qu’en renon­çant radi­ca­le­ment à sa pré­ten­due auto­no­mie et qu’en s’humiliant, comme tout savoir humain le doit, devant la Parole de Dieu, devant la Croix du Christ Jésus « dans lequel sont cachés tous les tré­sors de la sagesse et de la science » (Co 2.3).

Il n’y a qu’une seule Reine de toutes les sciences, de la phi­lo­so­phie et de la théo­lo­gie, et cette Reine c’est la Parole de Dieu, seule Véri­té abso­lue, seule source et seule norme de toutes véri­tés.

Quand LUTHER dit, au grand scan­dale de Jacques MARITAIN, que « la rai­son, c’est la plus grande putain du Diable » et qu’elle « est et doit être noyée dans le bap­tême », il s’en prend jus­te­ment à la rai­son « auto­nome » qui « chez les croyants doit être tuée et enter­rée ». Il ne s’agit pas chez LUTHER, comme le croit MARITAIN, d’ « anti-intel­lec­tua­lisme » ou de « volon­ta­risme ». Le Réfor­ma­teur entend seule­ment remettre la rai­son humaine à sa juste place : sous la Croix du Fils de Dieu, sous l’autorité libé­ra­trice et rédemp­trice de la Parole de Dieu. La « putain » est appe­lée à entrer dans le Royaume de Dieu. Encore faut-il d’abord, pour cela, qu’elle meure et qu’elle renaisse, qu’elle meure pour renaître, à la Croix.

Une phi­lo­so­phie re-for­mée, une phi­lo­so­phie chré­tienne, une phi­lo­so­phie « s’appuyant sur Christ » doit être ani­mée par le motif biblique essen­tiel  : celui de la Créa­tion, de la Chute, et de la Rédemp­tion en Jésus-Christ dans la com­mu­nion de l’Esprit Saint. (… )

La Parole de Dieu doit être recon­nue comme le point de départ abso­lu, la source abso­lue, et la norme abso­lue, de toute theo­ria, de toute pen­sée théo­rique, comme aus­si, bien sûr ! De toute acti­vi­té humaine. Elle nous apporte le cadre, la char­pente, de réfé­rences nor­ma­tives, uni­fiant et orien­tant notre pen­sée et notre vie. Elle nous apporte le fon­de­ment sur lequel construire, les pré­sup­po­si­tions néces­saires à une vraie sagesse, à une vraie phi­lo­so­phie. (… )

Parce qu’il a nié la seule « pos­si­bi­li­té » d’une phi­lo­so­phie chré­tienne et s’est lais­sé conta­mi­ner par le pla­to­nisme, le kan­tisme et l’existentialisme,  BARTH a lais­sé la voie ouverte aux théo­lo­gies des­cen­dantes qui ont natu­rel­le­ment sui­vi la sienne depuis BULTMANN jusqu’à l’athéisme chré­tien.

Certes, la phi­lo­so­phia refor­ma­ta,  la phi­lo­so­phia chris­tia­na, peut et doit uti­li­ser – après les avoir cri­ti­qués – les apports concep­tuels de toutes les phi­lo­so­phies (y com­pris celles de PLATON, ARISTOTE, DESCARTES, etc.) et appor­ter ain­si son aide fra­ter­nelle et indis­pen­sable à la theo­lo­gia refor­ma­ta,  à la theo­lo­gia chris­tia­na : la grâce uni­ver­selle et accom­pa­gna­trice de Dieu dans tout le dérou­le­ment his­to­rique de la pen­sée humaine, ne peut et ne doit être mépri­sée ; mais encore faut-il que l’autorité sou­ve­raine et tota­li­taire de la Parole de Dieu soit res­pec­tée avant tout. 

Toute « accom­mo­da­tion », tout « concor­disme », dans toute pen­sée théo­rique, y com­pris la théo­lo­gie, du motif de base biblique, chré­tien, à des motifs de base apos­tats ani­mant la pen­sée théo­rique pré­ten­du­ment auto­nome, a tou­jours abou­ti à des conta­mi­na­tions déplo­rables et sou­vent mor­telles.

Parce que tous les aspects modaux de la réa­li­té créée et de l’expérience sont néces­sai­re­ment liés,  une véri­table refor­ma­tion de la pen­sée théo­rique doit être réso­lu­ment pour­sui­vie dans toutes les sciences, dans la phi­lo­so­phie d’abord qui doit être phi­lo­so­phia refor­ma­ta,  dans la théo­lo­gie et les diverses autres sciences ensuite.

Là est la voca­tion impres­crip­tible de tous les chré­tiens appe­lés à aimer Dieu (et sa Parole) de tout leur « cœur » et de toute leur « pen­sée ». »

Pierre Cour­thial,  Phi­lo­so­phie et Théo­lo­gie


Les néerlandais Dooyeweerd et VollenHoven (Université Libre d’Amsterdam)

Résu­mé des idées clés de la phi­lo­so­phie réfor­mée néer­lan­daise, telle qu’elle a été déve­lop­pée par Abra­ham Kuy­per, Her­man Dooye­weerd et D. H. Th. Vol­len­ho­ven :

Abra­ham Kuy­per (1837‑1920)

  • Sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur toutes les sphères de la vie : Église, État, science, art, éco­no­mie, édu­ca­tion.
  • Vision inté­grale de la culture : chaque domaine de la socié­té doit reflé­ter l’autorité de Dieu.
  • Prin­cipes réfor­més appli­qués à la socié­té et à la science : la pen­sée humaine ne peut être neutre, elle est tou­jours influen­cée par des pré­sup­po­sés reli­gieux.

Her­man Dooye­weerd (1894‑1977)

  • Théo­rie des « modes de l’existence » : la réa­li­té est struc­tu­rée en dif­fé­rentes sphères ou aspects (numé­rique, phy­sique, bio­lo­gique, social, moral, spi­ri­tuel…) créées par Dieu.
  • Cri­tique du ratio­na­lisme auto­nome : la rai­son humaine iso­lée ne peut pas expli­quer la tota­li­té de l’expérience.
  • Approche non réduc­trice et non dua­liste : chaque aspect de la réa­li­té a sa propre loi et son propre ordre, mais tous dépendent de Dieu.

D. H. Th. Vol­len­ho­ven (1892‑1978)

  • Ana­lyse his­to­rique et sys­té­ma­tique des phi­lo­so­phies : montre com­ment les sys­tèmes phi­lo­so­phiques reflètent des pré­sup­po­sés chré­tiens ou non-chré­tiens.
  • Sché­ma concep­tuel chré­tien inté­gré : pro­pose un cadre cohé­rent pour pen­ser toutes les dis­ci­plines à par­tir de la révé­la­tion biblique.
  • Insis­tance sur la cohé­rence et la fidé­li­té à la Parole de Dieu dans la réflexion phi­lo­so­phique et scien­ti­fique.

Résu­mé géné­ral :

  • La phi­lo­so­phie réfor­mée néer­lan­daise est théo­cen­trique, cohé­rente et inté­grale.
  • Elle rejette la neu­tra­li­té phi­lo­so­phique et affirme que toute pen­sée humaine repose sur des pré­sup­po­sés reli­gieux.
  • Elle cherche à arti­cu­ler la foi chré­tienne avec toutes les sphères de la vie et de la connais­sance.

La tradition réformée sud-africaine (Université de Potchefstroom)

La tra­di­tion réfor­mée de Pot­chef­stroom désigne le mou­ve­ment intel­lec­tuel, théo­lo­gique et ins­ti­tu­tion­nel né autour de la Pot­chef­stroom Uni­ver­si­ty for Chris­tian Higher Edu­ca­tion (PU for CHE) en Afrique du Sud.
Fon­dée sur les prin­cipes du cal­vi­nisme confes­sant et de la sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur toutes choses, cette tra­di­tion s’enracine dans les Trois Formes d’Unité (Confes­sion de foi belge, Caté­chisme de Hei­del­berg, Canons de Dor­drecht) et déve­loppe une phi­lo­so­phie chré­tienne cohé­rente appli­quée à tous les domaines de la vie.

Cette école s’inspire direc­te­ment des œuvres d’Abra­ham Kuy­per et d’Her­man Dooye­weerd (Pays-Bas), tout en for­geant sa propre expres­sion à tra­vers des pen­seurs sud-afri­cains comme H. G. Sto­ker, J. A. L. Tal­jaard, F. J. M. Pot­gie­ter, Danie Strauss, Fanie van der Walt et Totius.

Elle défend l’idée qu’il n’existe aucune sphère neutre : science, phi­lo­so­phie, éthique, poli­tique ou culture sont toutes sou­mises à la sei­gneu­rie du Christ et à l’autorité de la Parole de Dieu.

Apport pour la théo­lo­gie réfor­mée clas­sique :
La tra­di­tion de Pot­chef­stroom incarne le pro­lon­ge­ment sud-afri­cain du néo-cal­vi­nisme d’Amsterdam, avec une fidé­li­té mar­quée à la Sola Scrip­tu­ra et à la Sou­ve­rai­ne­té de Dieu.
Elle a per­mis de main­te­nir une pen­sée chré­tienne inté­grale dans le monde uni­ver­si­taire et a for­mé plu­sieurs géné­ra­tions de théo­lo­giens, phi­lo­sophes et pas­teurs atta­chés à la confes­sion réfor­mée.
Cette tra­di­tion a aus­si joué un rôle dans la pré­ser­va­tion de l’enseignement biblique au sein d’un contexte cultu­rel et poli­tique com­plexe, témoi­gnant de la capa­ci­té du cal­vi­nisme clas­sique à pen­ser et à agir dans tous les domaines de la vie.


Les américains Van Til et Vern Poythress (Universités de Princeton puis de Westminster)

La phi­lo­so­phie réfor­mée amé­ri­caine s’inscrit dans une vision théo­cen­trique et biblique de la connais­sance. Elle part du pos­tu­lat que Dieu est sou­ve­rain sur tous les aspects de la vie et de la pen­sée, et que toute connais­sance humaine doit être éclai­rée par la révé­la­tion biblique.

  • Cor­ne­lius Van Til (1895–1987), pro­fes­seur à Prin­ce­ton puis West­mins­ter, a déve­lop­pé la phi­lo­so­phie pre­sup­po­si­tion­nelle de l’apologétique. Son idée cen­trale est que toute pen­sée repose sur des pré­sup­po­sés : la vision du monde chré­tienne est la seule capable de rendre compte de la ratio­na­li­té, de la morale et de la science. Van Til insiste sur la tota­li­té de la sou­ve­rai­ne­té divine et sur le fait que l’apologétique chré­tienne ne peut se baser sur des pré­sup­po­sés neutres ou uni­ver­sels.
  • Vern Poy­thress, dis­ciple intel­lec­tuel de Van Til, a appro­fon­di et sys­té­ma­ti­sé cette approche, notam­ment en mathé­ma­tiques, sciences et lin­guis­tique. Il insiste sur la cohé­rence entre foi et rai­son, et sur l’idée que les struc­tures du monde créé reflètent l’ordre de Dieu, ce qui rejoint la pers­pec­tive de Kuy­per sur la sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur toutes les sphères de la vie.

Cette phi­lo­so­phie s’inspire direc­te­ment de l’École réfor­mée néer­lan­daise :

  • Abra­ham Kuy­per : notion de la sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur toutes les sphères (Église, État, science), et vision de la culture comme champ de la glo­ri­fi­ca­tion de Dieu.
  • Her­man Dooye­weerd et D. H. Th. Vol­len­ho­ven : déve­lop­pe­ment d’une phi­lo­so­phie struc­tu­rée autour de prin­cipes chré­tiens non déri­vés de la rai­son pure, avec des moda­li­tés de l’existence (Dooye­weerd) ou un sché­ma de concepts chré­tiens inté­grés (Vol­len­ho­ven).

Ain­si, la phi­lo­so­phie réfor­mée amé­ri­caine est théo­cen­trique, inté­grale et apo­lo­gé­tique, insis­tant sur le fait que la pen­sée chré­tienne ne peut être frag­men­tée ou réduite à une simple ratio­na­li­té humaine. Elle consti­tue une appli­ca­tion pra­tique et aca­dé­mique des intui­tions phi­lo­so­phiques de l’école réfor­mée hol­lan­daise dans le contexte uni­ver­si­taire et cultu­rel amé­ri­cain.


Schéma synthétique

Illustrant la conTinuité de la philosophie réformée de l’école hollandaise à la tradition américaine

Abra­ham Kuy­per (1837‑1920) – Pays-Bas
• Sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur toutes les sphères de la vie (Église, État, culture, science)
• Toute culture et savoir doivent être éclai­rés par Dieu
• Fon­da­tion de la pen­sée réfor­mée appli­quée à la socié­té

    │
    ▼

Her­man Dooye­weerd (1894‑1977) – Pays-Bas
• Phi­lo­so­phie des « modes de l’existence » : dif­fé­rentes sphères de la réa­li­té créées par Dieu
• Cri­tique de la phi­lo­so­phie sécu­lière et du ratio­na­lisme auto­nome
• Chaque domaine (science, art, éco­no­mie… ) pos­sède sa propre struc­ture ordon­née par Dieu

D. H. Th. Vol­len­ho­ven (1892‑1978) – Pays-Bas
• Ana­lyse his­to­rique et sys­té­ma­tique des phi­lo­so­phies
• Déve­lop­pe­ment d’un sché­ma de concepts chré­tiens inté­grés
• Sou­ligne la cohé­rence de la pen­sée chré­tienne face aux phi­lo­so­phies sécu­lières

    │
    ▼

Hen­drik Sto­ker (1899‑1993) – Uni­ver­si­té de Pot­chef­stroom, Afrique du Sud
• Déve­lop­pe­ment d’une phi­lo­so­phie réfor­mée cen­trée sur la créa­tion et la pro­vi­dence
• Insiste sur la rela­tion entre Dieu et la connais­sance humaine
• Influence sur la dif­fu­sion inter­na­tio­nale de la phi­lo­so­phie réfor­mée, notam­ment en Afrique du Sud et aux États-Unis
• Accent sur l’édu­ca­tion chré­tienne inté­grale et la mise en pra­tique dans la culture

    │
    ▼

Cor­ne­lius Van Til (1895‑1987) – États-Unis (Prin­ce­ton puis West­mins­ter)
• Apo­lo­gé­tique pré­sup­po­si­tion­nelle : tout rai­son­ne­ment repose sur des pré­sup­po­sés
• La vision chré­tienne du monde est la seule capable de rendre compte de la ratio­na­li­té, de la morale et de la science
• Sou­ve­rai­ne­té totale de Dieu et cohé­rence foi/raison

    │
    ▼

Vern Poy­thress (1940‑) – États-Unis (West­mins­ter)
• Déve­lop­pe­ment et sys­té­ma­ti­sa­tion de Van Til
• Appli­ca­tion aux mathé­ma­tiques, lin­guis­tique, sciences et her­mé­neu­tique
• Ordre créé reflète l’ordre divin et inté­gra­tion de la foi dans tous les domaines

Résu­mé clé :

  • Fil conduc­teur : Sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur toute la réa­li­té.
  • Hol­lande : Ana­lyse phi­lo­so­phique sys­té­ma­tique (Kuy­per, Dooye­weerd, Vol­len­ho­ven).
  • Afrique du Sud : Appro­fon­dis­se­ment et dif­fu­sion (Sto­ker) avec accent sur l’éducation chré­tienne et l’intégration pra­tique.
  • USA : Appli­ca­tion aca­dé­mique et apo­lo­gé­tique (Van Til, Poy­thress).
  • Point com­mun : Pen­sée chré­tienne inté­grale, cohé­rente et théo­cen­trique, éclai­rant tous les domaines de la vie et de la connais­sance.

Ressources

Cours de philosophie réformée, par le Pierre Courthial (MP3)

Autres (MP3) :

Dooyeweerd Centre

Site consa­cré à la Phi­lo­so­phia Refor­ma­ta du Phi­lo­sophe réfor­mé néer­lan­dais Her­man Dooye­weerd.

The Dooyeweerd Pages

Wiki­pe­dia

Dooyeweerd’s Collected Works

Series ‘A’  (mul­ti­vo­lume works)

A NEW CRITIQUE OF THEORETICAL THOUGHT  (1953 – 1958)

Volume 1 : The Neces­sa­ry Pre­sup­po­si­tions of Phi­lo­so­phy
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Volume 2 : The Gene­ral Theo­ry of Modal Spheres and The Epis­te­mo­lo­gi­cal Pro­blem
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Volume 3 : The Struc­tures of Indi­vi­dua­li­ty of Tem­po­ral Rea­li­ty
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Volume 4 : Index
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REFORMATION AND SCHOLASTICISM IN PHILOSOPHY  (1945 – 1950)

Volume 1 : The Greek Pre­lude
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Volume 2 : The Scho­las­tic Tra­di­tion in Chris­tian Thought
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Volume 3 : The Phi­lo­so­phy of Nature and Phi­lo­so­phi­cal Anthro­po­lo­gy (unfi­ni­shed)
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ENCYCLOPEDIA OF THE SCIENCE OF LAW  (c. 1960)

Volume 1 :  Intro­duc­tion
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     1946 edi­tion of chap­ter 1
     [pdf]

Volume 2 : A His­to­ry of the Concept of Ency­clo­pe­dia and the Concept of Law
for­th­co­ming

Volume 3 : The Ele­men­ta­ry and Com­plex Basic Concepts of Law
for­th­co­ming

Volume 4 : The Typi­cal Basic Concepts of Law and The Theo­ry of the Sources of Law
for­th­co­ming

Volume 5 : Revi­sed Intro­duc­tion (unfi­ni­shed)
for­th­co­ming

Series ‘B’  (essay col­lec­tions)
The Struggle for a Chris­tian Poli­tics  (1924 – 1927)
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The Cri­sis in Huma­nist Poli­ti­cal Theo­ry  (1931)
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A Chris­tian Theo­ry of Social Ins­ti­tu­tions (1947)
[pdf] [buy ; scroll down]

Roots of Wes­tern Culture  (c. 1959)
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In the Twi­light of Wes­tern Thought  (1960)
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(See impor­tant caveat on this edi­tion by Paul Otto ; pdf) Time, Law, and His­to­ry  (seven essays, various dates)
[pdf] [amzn]

1. My Phi­lo­so­phy of Time  (1936 – 1940)
2. The Struc­ture of Jural Prin­ciples and the Method of the Science of Law  (1930)
3. Law and Socie­ty in the Cri­sis of Modern His­to­ri­cism  (1949)
4. A New Stu­dy of Aristotle’s Concept of Jus­tice  (1958)
5. The Debate about the Concept of Sove­rei­gn­ty  (1950)
6. Indi­vi­dual and Com­mu­ni­ty in Roman and Ger­ma­nic Concep­tions of Pro­per­ty  (1936)
7. Law and His­to­ry  (1938)
Legal, Social, and Poli­ti­cal Phi­lo­so­phy  (six essays, various dates) [pdf]

1. Cal­vi­nism and Natu­ral Law (1925)
2. The Modal Struc­ture of Jural Cau­sa­li­ty (1950)
3. Legal Phi­lo­so­phy and Socio­lo­gy of Law (1964)
4. The Indi­vi­dual and Com­mu­ni­ty (1946)
5. The Contest Over the Concept of Sove­rei­gn­ty (1950)
6. The Chris­tian Idea of the State (1936)
Chris­tian Phi­lo­so­phy and the Mea­ning of His­to­ry  (four essays, various dates)
[pdf]

1. Chris­tian Phi­lo­so­phy : An Explo­ra­tion (1956)
2. The Mea­ning of His­to­ry (1942)
3. The Cri­te­ria of Pro­gres­sive and Reac­tio­na­ry Ten­den­cies in His­to­ry (1958)
4. Dan­gers of Intel­lec­tual Disar­ma­ment of Chris­tia­ni­ty in Science (1937)
Poli­ti­cal Phi­lo­so­phy  (four selec­tions, various dates)
[pdf]

1. Chris­tian Idea of the State (1936)
2. The Indi­vi­dual and Com­mu­ni­ty (1946)
3. The Struc­tu­ral Prin­ciple of the State [from A New Cri­tique vol.3]  (1958)
4. Clas­si­cal Huma­nism [from Roots]  (c.1959)

Addi­tio­nal excerpts and articles


Against Com­pul­so­ry Vac­ci­na­tion (1923)
[pdf]

Nature and Grace in the Cal­vi­nis­tic Law-Idea (1928)
[html]

The Limits to State Inter­fe­rence in the World of Busi­ness (1931)
[html]

Trans­la­tion of excerpts from De Wijs­be­geerte der Wet­si­dee  (1935 – 1936)
[pdf]

Stu­dy Notes for De Wijs­be­geerte der Wet­si­dee
[pdf]

A rough Table of Concor­dance bet­ween
De Wijs­be­geerte der Wet­si­dee and A New Cri­tique of Theo­re­ti­cal Thought.
[pdf]

Kuyper’s Phi­lo­so­phy of Science (1939)
[pdf]

Theo­ry of Man : 32 Pro­po­si­tions (1942)
[pdf]
32 Pro­po­si­tions with anno­ta­tions
[pdf]

Intro­duc­tion to a Trans­cen­den­tal Cri­ti­cism of Theo­re­ti­cal Thought  (1947)
[pdf] [html]

Trans­cen­den­tal Pro­blems of Phi­lo­so­phic Thought  (1948)
[html]

The Secu­la­ri­za­tion of Science  (1953)
[pdf] [html]

The Ana­lo­gi­cal Concepts (1954)
[pdf]

Crea­tion and Evo­lu­tion (1959)
[pdf]

What Is Man ? (1960)
[pdf]

Cen­ter and Per­iphe­ry (1964)
[pdf]

Sum­ma­ry Intro to the Phi­lo­so­phy of the Cos­mo­no­mic Idea (1967)
[pdf]

C.VanTil and The Trans­cen­den­tal Cri­tique (1971)
[html]

The Epis­te­mo­lo­gi­cal Gegens­tand-rela­tion (1975)
[pdf]

Van Til et l’Ecole « Présuppositionnaliste »

http ://www.vantil.info/

Cornelius Van Til
Site consacré au théologien-philosophe-apologète américain Cornélius Van Til.

Fon­da­teur de l’Ecole dîtes « Pré­sup­po­si­tion­na­liste » !


Bibliographie et recensions

Jean Brun,  Le retour de Dio­ny­sos, 1ère éd., Des­clée et Cie, 1969 (épui­sée) ; 2ème éd. Revue et aug­men­tée, Les Ber­gers et les Mages, 1976.

Jean Brun,  Les vaga­bonds de l’occident, Paris, Des­clée, 1976, 222 PP.

Pierre Cour­thial,  « Phi­lo­so­phie et théo­lo­gie »,  Fon­de­ments pour l’avenir, Aix-en-Pro­vence, Ed. Keryg­ma, 1981, pp. 79–87.

Fran­cis SCHAEFER,  Dieu, illu­sion ou réa­li­té,  Démis­sion de la rai­son,  Le chris­tia­nisme face au 21e siècle,  La vraie spi­ri­tua­li­té,  Les grands thèmes de la Bible