Auguste Lecerf

Auguste Lecerf (1872–1943)

Biographie [wiki] :

Auguste Lecerf, né en 1872 à Londres et mort en 1943 à Paris, est un pas­teur de l’Église réfor­mée de France et pro­fes­seur de dog­ma­tique réfor­mée à la Facul­té de théo­lo­gie pro­tes­tante de Paris. Il est spé­cia­liste de la pen­sée de Jean Cal­vin et est l’auteur de plu­sieurs articles et ouvrages de dog­ma­tique.

Auguste Lecerf est né à Londres le 18 sep­tembre 1872 dans le foyer de com­mu­nards réfu­giés poli­tiques après l’é­cra­se­ment de la Com­mune de Paris en 1871. Sans édu­ca­tion chré­tienne, il se conver­tit au pro­tes­tan­tisme après la lec­ture des œuvres de Jean Cal­vin.

Sa famille rentre en France après l’amnistie des com­mu­nards. Il est bap­ti­sé contre l’avis de ses parents, et pour­suit ses études à l’é­cole pré­pa­ra­toire de théo­lo­gie des Bati­gnolles, puis à la facul­té de théo­lo­gie pro­tes­tante de Paris en 1891–1895. Il y sou­tient, en 1895, sa thèse de bac­ca­lau­réat en théo­lo­gie inti­tu­lée Le déter­mi­nisme de la res­pon­sa­bi­li­té dans le sys­tème de Cal­vin.

Il est nom­mé pas­teur auxi­liaire en 1895, à Elbeuf (1895–1896), Saint-Lô-Le Che­fresne (1896–1902) puis Cour­seulles-sur-Mer (1902–1908). Sous son influence, l’É­glise de Cour­seulles rejoint l’Union natio­nale des Églises réfor­mées évan­gé­liques de France. Il est ensuite pas­teur à Luné­ville puis est aumô­nier mili­taire durant la Pre­mière Guerre mon­diale.

En 1918, il devient direc­teur de la Socié­té biblique à Paris, et char­gé de cours de grec et d’an­glais à la facul­té de théo­lo­gie pro­tes­tante de Paris. Il pro­fite de ces ensei­gne­ments pour don­ner des confé­rences de théo­lo­gie réfor­mée, qui ren­contrent un réel suc­cès. Il est membre du comi­té de la Socié­té de l’his­toire du pro­tes­tan­tisme fran­çais en 1935.

Après la sou­te­nance en 1938 de sa thèse de doc­to­rat en théo­lo­gie, qu’il publie en deux volumes sous l’in­ti­tu­lé Intro­duc­tion à la dog­ma­tique réfor­mée, il est nom­mé pro­fes­seur titu­laire à la facul­té de théo­lo­gie.

Il prend des posi­tions poli­tiques conser­va­trices et natio­na­listes, il est notam­ment roya­liste au sein de l’Asso­cia­tion Sul­ly, proche de l’Action fran­çaise. Cepen­dant il se pro­nonce contre la col­la­bo­ra­tion pen­dant la Seconde Guerre mon­diale. Il héberge le grand rab­bin de Paris, Julien Weil (1873–1950) au 54 rue des Saints-Pères, siège de la Socié­té biblique de Paris où il réside éga­le­ment.

Il meurt le 1er sep­tembre 1943.

Une stricte influence calviniste

Conver­ti durant son ado­les­cence à la suite de sa lec­ture des œuvres de Jean Cal­vin, Auguste Lecerf est très dési­reux de res­tau­rer la connais­sance et l’in­fluence de l’in­té­gra­li­té de la pen­sée de Cal­vin, qu’il consi­dère comme la « véri­table anti­dote à une reli­gion sen­ti­men­tale et sub­jec­tive » héri­tée des Lumières et du cou­rant libé­ral. Il est influen­cé dans sa réflexion par Her­man Bavinck et le néo-cal­vi­nisme d’o­ri­gine néer­lan­daise.

En France et en Suisse romande, Auguste Lecerf par­vient par ses écrits et son ensei­gne­ment à dif­fu­ser la pen­sée cal­vi­niste stricte dans le pro­tes­tan­tisme. Il fonde avec son ami le pas­teur Jacques Pan­nier (1869–1945) la Socié­té cal­vi­niste de France, qui publie un bul­le­tin. Jacques Pan­nier sur­per­vise per­son­nel­le­ment plu­sieurs réédi­tions de l’Ins­ti­tu­tion de la reli­gion chré­tienne de Cal­vin.

Un réseau de cal­vi­nistes influents se consti­tue ain­si, dont :

Il est éga­le­ment tra­duit dans d’autres langues, notam­ment en anglais, et son œuvre se dif­fuse dans les milieux réfor­més amé­ri­cains.

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Articles sur Foedus.fr :

Le prin­cipe externe et for­mel de la foi réfor­mée : théo­rie de l’ins­pi­ra­tion – Auguste Lecerf

La Revue Réformée :

  • « Remarques sur le canon des Saintes Écri­tures », La Revue réfor­mée, T. 9. N° 34, 1958.
  • « Des Moyens de la grâce : la Parole, le bap­tême, la Sainte-Cène », par Auguste Lecerf, Notes dog­ma­tiques. II, La Revue réfor­mée, T. VI, n° 22, 2e tri­mestre 1955.
  • « La Prière et les pro­blèmes dog­ma­tiques qui s’y rat­tachent », La Revue réfor­mée, T. VI, n° 22, 2e tri­mestre 1955.

Publications :

  • Auguste Lecerf, Intro­duc­tion à la dog­ma­tique réfor­mée, Keryg­ma, 1998, 560 p.
  • Auguste Lecerf et André Schlem­mer (recueil et anno­ta­tions), Études cal­vi­nistes, Neu­châ­tel et Paris, Keryg­ma, 1999 (1re éd. 1949), 148 p.
  • Séance solen­nelle de ren­trée du Comi­té de la Socié­té de l’his­toire du pro­tes­tan­tisme fran­çais, à Paris, le 10 novembre 1942 (1942) – Socié­té de l’his­toire du pro­tes­tan­tisme fran­çais, 1942.
  • « L’Is­lam et le chris­tia­nisme dans l’A­frique cen­trale. [Pré­face d’Au­guste Lecerf.] », de D. A. For­get, avec Auguste Lecerf (1872–1943) comme Pré­fa­cier, Paris, Fisch­ba­cher, 1900.
  • « Caté­chisme des églises réfor­mées de France » (1897) de Jean Cal­vin, avec Auguste Lecerf (1872–1943) comme édi­teur scien­ti­fique.
  • Auguste Lecerf, Le Déter­mi­nisme et la res­pon­sa­bi­li­té dans le sys­tème de Cal­vin, Paris : impr. de H. Jouve, 1895.
  • Séance de ren­trée de la Facul­té libre de théo­lo­gie pro­tes­tante, Paris, 1932. In‑8°.
  • Voir Biblio­thèque natio­nale de France

Voir de même :

  • Émile G. Léo­nard, « Auguste Lecerf et André Schlem­mer, Études cal­vi­nistes, Neu­châ­tel et Paris, Dela­chaux et Niest­lé, 1949, 148 p. » (recen­sion), Revue de l’histoire des reli­gions, Per­sée, vol. 145,‎ 1954, p. 114–116.
  • André Encre­vé, « Auguste Lecerf », dans Dic­tion­naire du monde reli­gieux dans la France contem­po­raine. 5 Les Pro­tes­tants, Paris, Beau­chesne, 1993 (ISBN 2701012619), p. 287–289.
  • (en) Kevin Davis, A Guide to Refor­med Sys­te­ma­tic Theo­lo­gy Texts (lire en ligne [archive]), « Auguste Lecerf ».

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