Pierre Courthial

Le mou­ve­ment réfor­mé de recons­truc­tion chré­tienne – Par­tie 5 : Conclu­sion – Pierre Courthial

Som­maire :

[Ndlr : C’est nous qui sou­li­gnons (en gras) ; les titres rajou­tés par nous]

L’É­glise en priorité

Il est évident que le mou­ve­ment refor­mé de recons­truc­tion chré­tienne doit être entre­pris ou pour­sui­vi, en prio­ri­té, dans l’É­glise, pro­fon­dé­ment péné­trée hélas ! par l’es­prit de révo­lu­tion, de sécu­la­ri­sa­tion et d’apostasie.

La vraie foi venant de ce qu’on entend la Parole du Christ[59]la prio­ri­té des prio­ri­tés est celle d’une pré­di­ca­tion, d’un ensei­gne­ment, d’une caté­chèse, aus­si rigou­reu­se­ment fidèles que pos­sible à l’É­cri­ture Sainte reçue, sans aucune res­tric­tion, dans sa sin­gu­la­ri­té et sa tota­li­té, comme Parole iner­rante de Dieu Lui-même. La saine doc­trine[60] doit recou­vrer dans l’É­glise la place qu’elle n’au­rait jamais dû perdre. Aus­si, dans les Écoles, Facul­tés, Sémi­naires, Ins­ti­tuts, qui forment au saint Minis­tère, à la lumière et sous la norme de cette infaillible Parole de Dieu qu’est la Sainte Écri­ture, les confes­sions de foi de l’É­glise des pre­miers siècles (Sym­boles apos­to­lique, de Nicée-Constan­ti­nople, de Chal­cé­doine) et des Églises réfor­mées des XVIe et XVIIe siècles, comme aus­si les œuvres anciennes ou modernes des doc­teurs de la grande tra­di­tion ecclé­siale fidèle à l’É­cri­ture Sainte, doivent-elles être étu­diées pour être sui­vies, conti­nuées ; et les erreurs et héré­sies qu’elles ont com­bat­tues doivent-elles être étu­diées pour être réfu­tées, reje­tées. Notre temps ne manque pas, grâce à Dieu, de doc­teurs fidèles rap­pe­lant l’É­glise à sa vraie tra­di­tion qui est de suivre hum­ble­ment ce que dit le Christ de l’É­cri­ture et l’É­cri­ture du Christ[61].

A la saine doc­trine divine qu’elle doit ensei­gner et pro­cla­mer, l’É­glise doit se confor­mer tou­jours mieux dans sa vie et dans la vie de ses membres, pro­gres­sant ain­si dans la sanc­ti­fi­ca­tion qui est en Jésus-Christ, son unique Chef, par la puis­sance du Saint Esprit, afin d’être vrai­ment le sel de la terre et la lumière du monde[62].

Tous les domaines de l’existence

Mais – et je le répète car c’est pour le dire et le redire que cet article est écrit – , le mou­ve­ment refor­mé de recons­truc­tion chré­tienne doit être entre­pris ou pour­sui­vi, aus­si, dans tous les autres domaines de l’exis­tence.

Il est temps d’en finir avec le défai­tisme « chré­tien » qu’un Autre a mis à la mode !

Depuis des décen­nies, un peu par­tout, c’est comme si les « chré­tiens » s’en­tre­te­naient à jouer bat­tu. C’est comme s’ils étaient prêts à se replier sans cesse sur des posi­tions même pas pré­pa­rées à l’a­vance ; c’est comme s’ils étaient fas­ci­nés et atti­rés par tout ce qui va contre la Foi, contre la Sainte Écri­ture, contre la Véri­té qui, seule, peut affran­chir des peurs, des doutes et de la puis­sance des Ténèbres ; c’est comme s’ils s’in­gé­niaient à ouvrir les portes de la Cité de Dieu aux adver­saires et se pro­po­saient d’être leur cin­quième colonne.

Et les « chré­tiens » de par­ler eux-mêmes, constam­ment, de fin de l’ère chré­tienne, d’i­né­luc­table sécu­la­ri­sa­tion, de post-chré­tien­té. De répé­ter à qui veut bien (et com­ment !) les entendre que tout est pro­fane et que rien n’est sacré.

Alors que le Sei­gneur leur tend et leur ordonne d’employer, pour qu’ils soient vain­queurs dans leur fai­blesse même, des armes invin­cibles, ne dédaignent-ils pas ces armes, ne les jettent-ils pas bas, prêts à pac­ti­ser (paix ! paix ! paix !) avec l’Ad­ver­saire, sous quelque masque qu’il se présente ?

Non au défai­tisme « chrétien » !

Dans cet hor­rible temps de défai­tisme « chré­tien », les leçons de fidé­li­té, de cou­rage, d’en­tre­prise, d’es­pé­rance, d’un Saint Augus­tin, d’un Jean Cal­vin, d’un Groen Van Prins­te­rer, d’un Kuy­per, d’un Dooye­weerd et d’un Van Til, sont exem­plaires. C’est un sur­sum cor­da qui doit retentir.

Toute espé­rance huma­niste, toute espé­rance d’un salut (même seule­ment tem­po­rel) de l’homme par l’homme, est illu­sion, men­songe, dupe­rie. L’homme est bien trop petit pour être un dieu pour l’homme.

Seule l’es­pé­rance chré­tienne, seule l’es­pé­rance du salut (tem­po­rel et éter­nel) de l’homme par Dieu, par la grâce sou­ve­raine de Dieu, par l’É­van­gile-Loi de Dieu, est la vraie espé­rance. Dieu seul peut être Dieu pour une créa­ture aus­si grande, jusque dans sa misère, que l’homme.

Parce que Dieu est le sou­ve­rain Créa­teur et Rec­teur de toutes les réa­li­tés visibles et invi­sibles, ni le salut qui est son œuvre de grâce, ni le com­bat dans lequel Il entraîne et conduit les siens, ne se bornent à je ne sais quelle sphère pure­ment « inté­rieure », mais doivent s’é­tendre à toutes les sphères sans excep­tionTout doit, deve­nir ou rede­ve­nir chré­tien parce que la sei­gneu­rie du Christ Jésus, le Fils unique de Dieu incar­né pour nous et pour notre salut, est une sei­gneu­rie totaleLa Foi chré­tienne place tout sous cette sei­gneu­rie du Christ. A Lui, comme au Père et au Saint Esprit l’hon­neur, la louange et la gloire, pour les siècles des siècles. Amen.

- Pierre Courthial


[59] Rom. 10.17.

[60] 1 Tim. 1.10 ; 2 Tim 4.3 ; Tite 1.9 ; 2.1.

[61] Il peut être utile à tel ou tel lec­teur de se réfé­rer aux œuvres maî­tresses suivantes :

A. Du XIXe siècle :

a) par­mi les théo­lo­giens réfor­més écos­sais :

William Cun­nin­gham : His­to­ri­cal Theo­lo­gy, 2 vol. (Ban­ner of Truth Trust) ;

id. The Refor­mers and The Theo­lo­gy of the Refor­ma­tion. (B. of T.T.) ;

James Bar­ner­man : The Church of Christ, 2 vol. (B. of T.T.).

b) par­mi les théo­lo­giens réfor­més amé­ri­cains :

Charles Hodge : Sys­ter­na­tic Theo­lo­gy,3 vol. (Eerd­mans) ;

Robert L. Dab­ney : Lec­tures in Sys­te­ma­tic Theo­lo­gy (Zon­der­van).

B. Du XXe siècle :

a) du théo­lo­gien réfor­mé néer­lan­dais G.C. Ber­kou­wer (en tra­duc­tion anglaise) : Stu­dies in Dog­ma­tics, 14 vol. (Eerd­mans) ;

b) de l’exé­gète réfor­mé amé­ri­cain Mere­dith G. Kline : By Oath Consi­gned (1968) ; id. The Struc­ture of Bibli­cal Autho­ri­ty (1972) ;

c) du théo­lo­gien réfor­mé néer­lan­dais Her­man Rid­der­bos : The Autho­ri­ty of the New Tes­ta­ment Scrip­tures (1963) ; id. The Coming of the King­dom (1962) ; id. Paul (1974) ;

d) de l’exé­gète réfor­mé amé­ri­cain Gee­rhar­dus Vos : Bibli­cal Theo­lo­gy (1948) ;

[62] Fran­cis Schaef­fer a par­ti­cu­liè­re­ment insis­té sur ce point dans : The Church before the Wat­ching World (1972).


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