Bavinck-Dooyeweerd-Kuyper

Le mou­ve­ment réfor­mé de recons­truc­tion chré­tienne – Par­tie 4 : Her­man Dooye­weerd (1894−1977) – Pierre Courthial

Her­man Dooye­weerd [wiki eng]

La pho­to en cou­ver­ture repré­sente de droite à gauche les trois prin­ci­paux acteurs du renou­veau cal­vi­niste aux Pays-Bas dont l’in­fluence s’est fait sen­tir par­tout dans le monde : Abra­ham Kuy­per, le théo­lo­gien-poli­ti­cien, Her­man Dooye­weerd le phi­lo­sophe, et Her­man Bavinck le systématicien.

Som­maire :

[Ndlr : C’est nous qui sou­li­gnons (en gras) ; les titres sont rajou­tés par nous]

En 1926, le néer­lan­dais Her­man Dooye­weerd (7 oct. 1894-12 févr. 1977), nom­mé pro­fes­seur de phi­lo­so­phie du Droit, d’en­cy­clo­pé­die du Droit, et de Droit néer­lan­dais médié­val, à l’U­ni­ver­si­té d’Am­ster­dam, trai­tait, dans sa leçon inau­gu­rale de « De bete­ke­nis der wel­si­dee voor rechls­we­ten­schap en rechts­phi­lo­so­phie » (« La signi­fi­ca­tion de l’I­dée de Loi pour la science du Droit et la phi­lo­so­phie du Droit »). Avec cette leçon inau­gu­rale magis­trale com­men­çait (on ne s’en dou­tait pas alors ! ) le déve­lop­pe­ment de cette phi­lo­so­phie spé­ci­fi­que­ment chré­tienne appe­lée d’a­bord « phi­lo­so­phie de l’i­dée cos­mo­no­mique » ou « phi­lo­so­phie cal­vi­niste » et qui mérite plu­tôt le nom de « phi­lo­so­phie re-for­mée ».[18]

Au reste, le nom de Phi­lo­so­phia Refor­ma­ta est celui que garde encore la revue tri­mes­trielle lan­cée par Dooye­weerd en 1936 comme organe de la « Socié­té pour une phi­lo­so­phie cal­vi­niste » et qui a comp­té, par­mi ses tout pre­miers col­la­bo­ra­teurs, aux côtés de Dooye­weerd et de son beau-frère D.Th. Vol­len­ho­ven[19]J. Boha­tec, le savant cal­vi­niste de Vienne[20] ; H.G. Sto­ker, un phi­lo­sophe sud-afri­cain ; et Cor­ne­lius Van Til, l’a­po­lo­gète amé­ri­cain qui devait deve­nir, selon le mot de l’exé­gète vété­ro-tes­ta­men­taire Mere­dith Kline[21] « le prince des apo­lo­gètes au XXe siècle ».[22]

En 1935 – 1936 parais­sait le pre­mier grand ouvrage phi­lo­so­phique de Dooye­weerd : De wijs­be­geerte der wet­si­dee (« La phi­lo­so­phie de l’I­dée de Loi ») en 3 volumes. Mais c’est de 1953 à 1958 que parut, en anglais, comme une exten­sion de son pre­mier grand ouvrage et sous le titre A New Cri­tique of Theo­re­ti­cal Thought (« Une nou­velle cri­tique de la pen­sée théo­rique ») son opus mag­num.[23]

Dès 1954, un Jésuite alle­mand, Michael J. Mar­bet, publiait, à Munich, Grund­li­nien der Kal­vi­nis­ti­schen « Phi­lo­so­phie der Geset­zei­dee » als christ­liche Trans­zen­den­tal­phi­lo­so­phie (« Prin­cipes de phi­lo­so­phie cal­vi­niste de l’I­dée de Loi comme phi­lo­so­phie trans­cen­dan­tale chré­tienne »), ouvrage signa­lant l’im­por­tance et la por­tée œcu­mé­nique de la phi­lo­so­phie réfor­mée.

En France, dès avant la seconde guerre mon­diale, le dog­ma­ti­cien Auguste Lecerf avait nom­mé « les phi­lo­sophes cal­vi­nistes Vol­len­ho­ven et Dooye­weerd »[24]Pierre Mar­cel, qui, un temps, était allé les écou­ter et les étu­dier à Amster­dam, a écrit, pour sa licence puis pour son doc­to­rat en théo­lo­gie, deux thèses consi­dé­rables consa­crées à la pen­sée phi­lo­so­phique de Dooye­weerd[25]La Revue Réfor­mée, dont Pierre Mar­cel est le direc­teur depuis qu’il l’a lan­cée en 1950, a publié plu­sieurs articles fon­da­men­taux de Dooye­weerd qui ont l’a­van­tage d’a­voir été rédi­gés en fran­çais.[26]

La phi­lo­so­phie re-for­mée, pro­fon­dé­ment une par son motif-de-base, chré­tien, biblique, et dans son mou­ve­ment essen­tiel, et cepen­dant fort diverse dans ses recherches et ses expo­sés entre­pris par des hommes très dif­fé­rents, a déjà comp­té et compte plus encore aujourd’­hui toute une pléiade de savants.

Aux Pays-Bas d’a­bord, à côté de Dooye­weerd, nom­mons encore D.H.Th. Vol­len­ho­ven dont la contri­bu­tion spé­ci­fique est dans le champ de l’his­to­rio­gra­phie de la phi­lo­so­phie. Sa méthode (de Kon­sekwent pro­bleem-his­to­rische methode)[27] renou­velle l’ap­proche et la vision que nous pou­vons avoir de l’his­toire de la pen­sée occi­den­tale. Il a publié, par ailleurs, un seul volume de son « His­toire de la phi­lo­so­phie » (Ges­chie­de­nis der wiis­be­geerte), volume com­pre­nant une « Intro­duc­tion et une His­toire de la phi­lo­so­phie grecque avant Pla­ton et Aris­tote » (1950).

Citons aus­si S.U. Zui­de­ma[28] ; J.P.A. Mekkes[29] ; K.J. Pop­ma[30]; Hen­drik van Ries­sen, un ingé­nieur deve­nu phi­lo­sophe, dont on peut lire en anglais The Socie­ty of the Future[31], et J.D. Den­ge­rink, dont La Revue Réfor­mée a publié plu­sieurs articles en français.

En Afrique du Sud, et par­ti­cu­liè­re­ment à Pot­chef­stroom, il y a H.G. Sto­ker, déjà nom­mé, un ancien dis­ciple de Max Sche­ler « conver­ti » à la phi­lo­so­phie re-for­mée[32] ; J.A.L. Tal­jaard, qui a été le pre­mier pré­sident de la Socié­té de phi­lo­so­phie d’A­frique du Sud[33] ; et B.J. Van der Walt.[34]

Aux Etats-Unis, la phi­lo­so­phie re-for­mée suit des routes fort variées. Si Robert D. Knud­sen[35] est bien dans la ligne de Dooye­weerd, Cor­ne­lius Van Til, déjà nom­mé, plus proche de H.G. Sto­ker, déve­loppe une « phi­lo­so­phie théo­lo­gique » pré-sup­po­si­tio­na­liste rigou­reuse et conqué­rante[36] tan­dis que R.J. Rush­doo­ny et Greg L. Bahn­sen exposent une pen­sée théo­no­mique for­te­ment contro­ver­sée mais, à mes yeux, riche d’a­ve­nir[37]. Nom­mons encore le jeune et brillant Vern S. Poy­thress, dont l’ou­vrage Phi­lo­so­phy, Science and the Sove­rei­gn­ty of God[38] ouvre d’o­ri­gi­nales perspectives.

Au Cana­da, autour de l’Ins­ti­tute for Chris­tian Stu­dies, de Toron­to, Hen­drik Hart, H. Evan Run­ner et Ber­nard Zyl­stra animent une équipe dyna­mique qui a réjoui le cœur de Dooye­weerd dans les der­nières années de sa vie, mais qui a pris par­fois, par rap­port à l’au­to­ri­té nor­ma­tive de l’É­cri­ture Sainte, des posi­tions pour le moins aventurées.

Les pré­curs­seurs de la phi­lo­so­phie réformée

Trois grandes figures his­to­riques sont à l’ar­rière-plan de la nais­sance et du déve­lop­pe­ment de la phi­lo­so­phie re-for­mée : celles de Saint Augus­tin, de Cal­vin et… de Kuy­per.

Les pré­cur­seurs : Saint Augustin

Nous avons déjà fait men­tion de Saint Augus­tin (354−430) pour signa­ler que c’est lui qui a mis en évi­dence l’an­ti­thèse, l’op­po­si­tion, entre la Civi­tas Dei et la Civi­tas ter­re­na.

Cette anti­thèse, cette oppo­si­tion, s’exerce en par­ti­cu­lier dans le domaine de la pen­sée.

Après avoir assu­mé, sans trop de pro­blèmes d’a­bord, l’hé­ri­tage de Cicé­ron, dont l’Hor­ten­tius lui avait don­né de « convoi­ter avec une fougue incroyable l’im­mor­ta­li­té de la sagesse »[39], ensuite celui des phi­lo­sophes néo-pla­to­ni­ciens qu’il pla­çait au-des­sus de tous les autres[40], Saint Augus­tin en vint, au cours du com­bat des deux Cités au-dedans de lui-même, à re-for­mer pro­fon­dé­ment sa propre pen­sée. Ain­si regret­ta-t-il, comme en témoignent les Rétrac­ta­tions[41]de la fin de sa vie, d’a­voir pla­cé en l’in­tel­li­gence aus­si bien qu’en Dieu le bien suprême de l’homme (allu­sion à son dis­cours, de son temps de caté­chu­mène : Contra Aca­de­mi­cos), d’a­voir affir­mé que les phi­lo­sophes sans vraie pié­té avaient pu (ou pour­raient) se sau­ver par la lumière de leur ver­tu (allu­sion à son trai­té De ordine), et d’a­voir trop insis­té, en plu­sieurs pas­sages de son De libe­ro arbi­trio, sur le rôle de la volon­té humaine sans avoir par­lé en même temps de la grâce sou­ve­raine de Dieu.

Dans A New Cri­tique of Theo­re­ti­cal Thought[42]Dooye­weerd nous apprend que c’est « l’I­dée bibli­co-augus­ti­nienne du conflit per­ma­nent, à la racine reli­gieuse de l’his­toire, entre la Civi­tas Dei et la Civi­tas ter­re­na » qui l’a conduit, « dès l’en­trée, au long du laby­rinthe com­pli­qué de l’his­toire de la pen­sée philosophique ».

Les pré­cur­seurs : Jean Calvin

Dans un impor­tant pas­sage du même ouvrage[43], Dooye­weerd donne les rai­sons pour les­quelles une phi­lo­so­phie chré­tienne ne peut être déve­lop­pée que dans le sens indi­qué et sui­vi par Jean Cal­vin (1509−1564).

D’a­bord, à l’é­cole de l’É­cri­ture Sainte, le Réfor­ma­teur fran­çais rap­pelle et sou­ligne que la cor­rup­tion due au péché n’est pas res­treinte à une « par­tie de l’âme » et que l’en­ten­de­ment lui-même, « ce qui est le plus noble et le plus à pri­ser en nos âmes, est non seule­ment navré et bles­sé mais tota­le­ment cor­rom­pu, quelque digni­té qui y reluise, en sorte qu’il n’a pas seule­ment besoin de gué­ri­son, mais qu’il faut qu’il vête une nature nouvelle ».

Il faut donc, dit Cal­vin, un « renou­vel­le­ment », une « refor­ma­tion », de la pen­sée comme de tout notre être (cf. Rm 12.1−2) ; et le Réfor­ma­teur d’en­sei­gner la néces­si­té, en prio­ri­té, d’une « connais­sance de Dieu enra­ci­née au cœur »[44], c’est-à-dire en notre moi, au point de concen­tra­tion de notre exis­tence tout entière.

Ensuite, par sa maxime Deus legi­bus solu­tus est, sed non exlex, signi­fiant que Dieu, Loi à soi-même, est libre à l’é­gard des lois aux­quelles Il a sou­mis ses créa­tures, Cal­vin, avec un sens bien biblique, chré­tien, de la Majes­té et de la Sou­ve­rai­ne­té divines, nous rap­pelle que Dieu seul est auto­nome et que toutes ses créa­tures, jusques et y com­pris les hommes qu’Il a créés et main­tient vrai­ment libres et res­pon­sables, sont et demeurent théo­nomes[45].

Dans­son com­men­taire du Penta­teuque, le Réfor­ma­teur dit de Dieu Legi­bus solu­tus est, quia ipse sibi et omni­bus lex est : « Iln’est pas sou­mis aux lois parce qu’Il est Lui-même Loi pour soi et pour toutes choses ».[46]

Pre­mier des phi­lo­sophes re-for­més, Dooye­weerd consi­dère qu’en cela réside « l’al­pha et l’o­mé­ga de toute phi­lo­so­phie s’ef­for­çant d’a­dop­ter, non pas en pré­ten­tion mais en fait, une posi­tion vrai­ment cri­tique »[47]; d’où l’ap­pel­la­tion ori­gi­nelle de « phi­lo­so­phie de l’I­dée de Loi » (wet­si­dee) qu’il don­na à la phi­lo­so­phie re-for­méeL’I­dée de Loi sou­ligne la fron­tière (non-spa­tiale et pour les créa­tures seule­ment !) entre le Créa­teur et sa créa­tion. Aus­si toute pen­sée phi­lo­so­phique chré­tienne va-t-elle pou­voir per­ce­voir et décrire le cos­mos, dans sa pro­di­gieuse richesse de sens, comme créa­tion de Dieu cen­trée sur sa racine reli­gieuse nou­velle : Jésus-Christ.

Les pré­cur­seurs : Abra­ham Kuyper

Dans la ligne augus­ti­no-cal­vi­nienne, Abra­ham Kuy­per – nous l’a­vons vu – a déve­lop­pé l’I­dée de l’an­ti­thèse reli­gieuse radi­cale et totale entre la pen­sée chré­tienne, dans la mesure où elle est fidèle au Christ de l’É­cri­ture et à l’É­cri­ture du Christ, et toute pen­sée non-chré­tienne.

Les confé­rences don­nées par Kuy­per à Prin­ce­ton en 1898, et publiées sous le titre Lec­tures on Cal­vi­nism,[48] sont signi­fi­ca­tives par leur seule table des matières :

  • Le cal­vi­nisme : une vision de la vie et du monde ;
  • Le cal­vi­nisme et la religion ;
  • Le cal­vi­nisme et la politique ;
  • Le cal­vi­nisme et la science ;
  • Le cal­vi­nisme et l’art ;
  • Le cal­vi­nisme et le futur.

Dooye­weerd n’a pas man­qué de recon­naître sa dette envers Kuyper :

« La phi­lo­so­phie de l’I­dée cos­mo­no­mique, depuis le com­men­ce­ment de son déve­lop­pe­ment jus­qu’à sa pre­mière expres­sion sys­té­ma­tique dans cet ouvrage (A New Cri­tique) ne peut être com­prise que comme un fruit du réveil cal­vi­niste aux Pays-Bas à par­tir des der­nières décen­nies du XIXe siècle, un mou­ve­ment qui fut conduit par Abra­ham Kuy­per… Aucun chré­tien, s’il prend vrai­ment à cœur l’u­ni­ver­sa­li­té du Règne du Christ et la confes­sion cen­trale de la sou­ve­rai­ne­té de Dieu, en tant que Créa­teur, sur l’en­semble du cos­mos, ne peut échap­per au dilemme que cette phi­lo­so­phie expose… C’est dans un sens uni­ver­sel que nous devons entendre l’I­dée kuy­pé­rienne de l’an­ti­thèse reli­gieuse dans la vie comme dans la pen­sée… Cette anti­thèse ne trace pas une ligne de clas­si­fi­ca­tion des per­sonnes mais une ligne de divi­sion, à tra­vers le monde, selon les prin­cipes fon­da­men­taux, une ligne de divi­sion qui passe au tra­vers de l’exis­tence de chaque chré­tien. Cette anti­thèse n’est pas d’in­ven­tion humaine, mais elle est une grande béné­dic­tion de Dieu. Par elle, Dieu empêche sa créa­tion déchue de périr. Nier cela, c’est renier le Christ et l’œuvre qu’Il pour­suit dans le monde ».[49]

L’autonomie de la pen­sée théorique

Dès son départ, la phi­lo­so­phie re-for­mée entre­prit d’exa­mi­ner, puis reje­ta, le dogme, tou­jours main­te­nu jus­qu’au­jourd’­hui dans l’his­toire de la pen­sée occi­den­tale, de la pré­ten­due auto­no­mie de la pen­sée théo­rique.

Les diverses cri­tiques de la rai­son n’ont, en fait, jamais été assez radi­cales pour oser mettre en ques­tion l’axiome ou le pos­tu­lat de l’au­to­no­mie de la pen­sée phi­lo­so­phique ou scien­ti­fique.

Par exemple, ni la Cri­tique de la rai­son pure, à laquelle Kant tra­vailla de 1770 à 1781, ni La crise des sciences en Europe et la phé­no­mé­no­lo­gie trans­cen­dan­tale, que Hus­serl publia en 1937, un an avant sa mort, ni la Cri­tique de la rai­son dia­lec­tique qu’i­nau­gu­ra Sartre en 1960, ne touchent au dogme, incon­tes­té et incon­tes­table pour ces phi­lo­sophes, de l’au­to­no­mie de la rai­son. Hus­serl, qui avoue­ra ensuite « avoir rêvé un rêve », affir­mait avoir pro­po­sé « la cri­tique la plus radi­cale de la connais­sance », avoir « fait valoir le droit de la rai­son auto­nome à s’im­po­ser comme seule auto­ri­té en matière de véri­té », s’être « débar­ras­sé de toutes les idoles, des puis­sances de la tra­di­tion, des pré­ju­gés de toutes sortes ». Il ne fai­sait ain­si que mani­fes­ter, de façon naïve, qu’il rece­vait, sans aucu­ne­ment le cri­ti­quer, le dogme, tra­di­tion­nel depuis les mer­veilleux Grecs, de l’au­to­no­mie de la theo­ria.

Mais – et c’est ce que démontre A New Cri­tique of Theo­re­ti­cal Thought – toute pen­sée théo­rique ne peut s’exer­cer sans être ani­mée, qu’elle le sache ou non, qu’elle le déclare ou non, par un motif-de-base reli­gieux[50] qui relie le « cœur », le « moi », le « je », de celui qui pense, « Cœur » créé par et pour l’Ab­so­lu[51]soit au seul vrai et vivant Abso­lu qui est le Dieu tri­ni­taire Créa­teur et Sau­veur, soit, par une inex­pli­cable et inex­cu­sable apo-sta­sie, à un rela­tif abso­lu­ti­sé qui ne peut être – ter­tium non datur - qu’une par­tie ou un aspect de la Créa­tion.

C’est ce que démontre, une fois pour toutes, Saint Paul :

« La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impié­té et toute injus­tice des hommes qui retiennent injus­te­ment la Véri­té cap­tive, car ce qu’on peut connaître de Dieu est mani­feste pour eux, car Dieu le leur a mani­fes­té. En effet les (per­fec­tions) invi­sibles de Dieu, sa puis­sance éter­nelle et sa divi­ni­té, se voient fort bien depuis la créa­tion du monde quand on les consi­dère dans ses ouvrages. Ils sont donc inex­cu­sables puisque connais­sant Dieu ils ne l’ont pas glo­ri­fié comme Dieu et ne lui ont pas ren­du grâces ; mais ils se sont éga­rés dans de vains rai­son­ne­ments et leur cœur sans intel­li­gence a été plon­gé dans les ténèbres. Se van­tant d’être sages ils sont deve­nus fous ; et ils ont rem­pla­cé la gloire du Dieu incor­rup­tible par des images repré­sen­tant l’homme cor­rup­tible, des oiseaux, des qua­dru­pèdes et des rep­tiles. C’est pour­quoi Dieu les a livrés à l’im­pu­re­té, selon les convoi­tises de leurs cœurs, en sorte qu’ils désho­norent eux-mêmes leurs propres corps, eux qui ont échan­gé la Véri­té de Dieu contre le men­songe et qui ont ado­ré et ser­vi la créa­ture au lieu du Créa­teur qui est béni éter­nel­le­ment. Amen. »[52].

Se com­prend alors l’ex­hor­ta­tion du même Saint Paul aux chré­tiens de Colosses :

« Pre­nez garde que per­sonne ne fasse de vous sa proie par la phi­lo­so­phie et vaine trom­pe­rie selon la tra­di­tion des hommes, selon les élé­ments du monde, et non pas selon Christ. »[53]

Étran­ge­ment, les théo­lo­giens ou phi­lo­sophes chré­tiens, eux-mêmes, depuis les Pères jus­qu’au­jourd’­hui n’ont pas essayé, dès qu’ils par­laient phi­lo­so­phie, de cri­ti­quer le dogme reçu de la pré­ten­due auto­no­mie de la raison.

Même le phi­lo­sophe d’Aix-en-Pro­vence, Mau­rice Blon­del (1861−1949), dans son esquisse d’une « phi­lo­so­phie chré­tienne »[54], a vou­lu accor­der et récon­ci­lier la foi avec la rai­son sans alié­ner l’au­to­no­mie de celle-ci. En rece­vant sans exa­men le dogme intou­chable de la pré­ten­due auto­no­mie de la rai­son, les théo­lo­giens ou les phi­lo­sophes chré­tiens ont été conduits, qu’ils en aient eu ou non conscience, à « accom­mo­der » leurs pen­sées aux motifs-de-base reli­gieux apos­tats cachés dans les phi­lo­so­phies de leur temps (ou à la mode de leur temps).

Le « point de vue pro­pre­ment phi­lo­so­phique » n’a ain­si jamais ces­sé d’être pour eux le point de vue imma­nen­tiste et ratio­na­liste imper­tur­ba­ble­ment main­te­nu, sous les formes les plus diverses, par la tra­di­tion phi­lo­so­phique huma­niste. Les théo­lo­giens ou les phi­lo­sophes « chré­tiens », opé­rant des syn­thèses impos­sibles entre le motif-de-base chré­tien, biblique (créa­tion-chute-rédemp­tion) et des motifs-de-base apos­tats (forme-matière ou nature-liber­té) dia­lec­tiques et anti­no­miques, ont été suc­ces­si­ve­ment pla­to­ni­ciens, aris­to­té­li­ciens, car­té­siens, kan­tiens, hégé­liens, hus­ser­liens, hei­deg­ge­riens, exis­ten­tia­listes, mar­xistes, struc­tu­ra­listes, etc.… la Foi chré­tienne (au sens de la Fides quae cre­di­tur) fai­sant tou­jours, plus ou moins, les frais de l’opération.

La phi­lo­so­phie re-for­mée doit œuvrer – jus­qu’en elle-même, jusque chez les théo­lo­giens réfor­més – pour que soient dis­cer­nées, et com­bat­tues, et ban­nies, ces « accom­mo­da­tions » défor­ma­trices de « la Foi trans­mise aux saints une fois pour toutes »[55].

En 1932 déjà, dans son Intro­duc­tion à la dog­ma­tique réfor­mée[56], Auguste Lecerf écrivait :

« La cor­rup­tion est, exten­si­ve­ment sinon inten­si­ve­ment, totale. Elle s’é­tend à toutes les facul­tés humaines. Le péché a son siège non seule­ment dans le monde des pas­sions sen­sibles qu’il per­ver­tit et déchaîne, mais aus­si dans la volon­té qu’il asser­vit et dans l’en­ten­de­ment qu’il affran­chit de la dépen­dance de son objet réel et du Créa­teur de l’ob­jet. Il y a un péché de l’in­tel­li­gence… (Le péché) s’é­tend plus haut et plus loin que la sen­si­bi­li­té et que la volon­té. Il siège au centre même de la conscience intel­lec­tuelle de l’homme ».

Et Lecerf d’a­jou­ter cette phrase que je souligne :

« Si la rai­son était nor­male, elle consen­ti­rait à demeu­rer rai­son rai­son­née »

Comme l’é­crit Dooyeweerd :

« J’ai d’a­bord été for­te­ment sous l’in­fluence en pre­mier lieu de la phi­lo­so­phie néo-kan­tienne, ensuite de la phé­no­mé­no­lo­gie de Hus­serl. Le grand moment-tour­nant de ma pen­sée a été la décou­verte de la racine reli­gieuse de la pen­sée elle-même. Cette décou­verte a pro­je­té une lumière nou­velle sur l’im­pos­si­bi­li­té de toute ten­ta­tive, y com­pris la mienne, d’o­pé­rer une syn­thèse interne entre la Foi chré­tienne et une phi­lo­so­phie enra­ci­née dans la foi en l’au­to-suf­fi­sance de la rai­son humaine. »[57]

C’est l’exa­men cri­tique de la struc­ture interne de la pen­sée théo­rique qui a conduit la phi­lo­so­phie re-for­mée à reje­ter déci­dé­ment le faux dogme tra­di­tion­nel selon lequel le point de départ de la pen­sée se situe­rait dans la pen­sée elle-même.

Si les mou­ve­ments phi­lo­so­phiques n’a­vaient pas, cachées sous elle et l’a­ni­mant, des pré­sup­po­si­tions plus pro­fondes que leur theo­ria,les argu­ments des meilleurs phi­lo­sophes convain­craient les autres. Mais, à l’in­verse, le débat phi­lo­so­phique se bloque sans cesse parce qu’en rai­son-même du faux dogme de l’au­to­no­mie de la rai­son, qu’ils reçoivent en com­mun, les phi­lo­sophes sont ren­dus inca­pables de péné­trer jus­qu’aux véri­tables points de départ, jus­qu’aux motifs-de-base reli­gieux, des autres. Ils s’i­ma­ginent alors à tort que leurs oppo­si­tions fon­da­men­tales ne tiennent qu’à des défauts dans l’exer­cice de la pensée.

En réa­li­té, les oppo­si­tions fon­da­men­tales, en phi­lo­so­phie comme ailleurs, sont d’o­ri­gine reli­gieuse selon que l’homme recon­naît sa situa­tion théo­no­mique(de rela­tion au vrai Dieu tri­ni­taire, seul auto-nome, seul Loi-à-soi-même, qui se révèle avec évi­dence tant dans son œuvre créée, y com­pris l’homme, que dans sa Parole incar­née et écrite) ou ose pré­tendre à une impos­sible situa­tion d’au­to­no­mie qui l’o­riente vers (et le relie à) l’I­dole, le rela­tif abso­lu­ti­sé, de son choix apos­tat.

La pré­sup­po­si­tion qui, seule, rend pos­sible tant la pen­sée théo­rique que l’ex­pé­rience, est la sûre­té de la parole du Christ disant : « Le che­min, la véri­té et la vie, c’est Moi ! »

S’il était vrai­ment livré à lui-même – mais par la Pro­vi­dence et le Gou­ver­ne­ment de Dieu, il ne l’est pas -, l’homme apos­tat, phi­lo­sophe ou non, serait per­du dans un océan de contin­gences sans rivages et sans fond. Mais cet homme, en dépit de sa pré­ten­tion à l’au­to­no­mie, se trouve bel et bien situé dans l’u­ni­vers de Dieu, dans l’u­ni­vers que Dieu a créé, a pla­cé sous sa Loi, gou­verne et main­tient, tant et si bien que s’il peut vivre et rai­son­ner – même contre Dieu ! – c’est que le monde et lui-même ne sont pas ce que sa reli­gion apos­tate lui fait pen­ser, mais ce que la parole de Dieu révèle qu’ils sont.

Chaque fois qu’en homme de pen­sée, phi­lo­sophe ou savant, il « explique » ou « découvre » vala­ble­ment quelque chose, il ne le fait – contrai­re­ment à ses fausses pré­sup­po­si­tions – que parce qu’il emprunte, incons­ciem­ment et à son « cœur » défen­dant, la pré­sup­po­si­tion chré­tienne de la Créa­tion et de la Pro­vi­dence divines. Et c’est seule­ment ain­si que l’homme apos­tat a pu, peut et pour­ra contri­buer au pro­grès du savoir et de la culture. Mal­gré ses fausses « reli­gions ». Non pas selon ses motifs-de-base insen­sés mais mal­gré eux. Non pas selon ses pré­sup­po­si­tions de carac­tère dia­lec­tique et anti­no­mique : « forme-matière », « nature-liber­té », « hasard-néces­si­té », etc., mais parce que, seule, la pré­sup­po­si­tion chré­tienne, biblique, du Dieu tri­ni­taire Créa­teur et Sau­veur est vrai­ment vraie.

La phi­lo­so­phie re-for­mée, en se déve­lop­pant, va pou­voir et devoir rendre un ser­vice inap­pré­ciable à l’in­dis­pen­sable refor­ma­tion pro­gres­sive de l’en­semble du savoir théo­rique, sous l’au­to­ri­té nor­ma­tive de la Parole de Dieu.

En effet, si cha­cune des branches du savoir théo­rique, c’est-à-dire chaque science par­ti­cu­lière, a comme objet propre, comme Gegens­tand, un des aspects modaux de la réa­li­té créée, avec son noyau-de-sens irré­duc­tible et défi­nis­sant un des cercles-de-lois de la créa­tion[58], c’est la phi­lo­so­phie, dont le Gegens­tand est tou­tà la fois la cohé­rence de sensde toute la réa­li­té créée une et mul­tiple et les inter-rela­tions des divers aspects modaux qui la struc­turent « léga­le­ment », qui peut et doit assu­mer, à côté et au-dedans des sciences par­ti­cu­lières, le rôle cri­tique et posi­tif qu’elle seule est appe­lée à jouer :

rôle cri­tique, en s’employant à dis­cer­ner en toute science par­ti­cu­lière, et même dans les sciences spé­ciales que sont la théo­lo­gie et l’an­thro­po­lo­gie, aus­si bien ce qui relève de la pré­sence et des influences, sou­vent sub­tiles, de motifs-de-base irre­ce­vables parce qu’a­po­stats, que ce qui relève vala­ble­ment du motif-de-base chré­tien, biblique ;

rôle posi­tif, en contri­buant à la refor­ma­tion et à l’af­fi­ne­ment des concepts, des notions, qu’u­ti­lise chaque science et qui ont géné­ra­le­ment des sens ana­lo­giques, pros­pec­tifs ou rétros­pec­tifs, dans les autres sciences ; rôle posi­tif encore, en dis­tri­buant et en décri­vant sys­té­ma­ti­que­ment les sciences par­ti­cu­lières selon un ordre logique dépen­dant de la struc­ture dis­cer­nable dans la créa­tion ; et en carac­té­ri­sant à part la théo­lo­gie en tant que science de la Révé­la­tion spé­ciale de Dieu (dans le Christ de l’É­cri­ture dans l’É­cri­ture du Christ) et l’an­thro­po­lo­gie en tant que science de l’homme-image de Dieu, à la lumière de cette même Révé­la­tion spéciale.


[18] Il existe, en anglais, trois intro­duc­tions à cette phi­lo­so­phie (tra­duites du néerlandais ! ) :

  • a) une, très élé­men­taire, en 70 pages, de J.M. SpierWhat is cal­vi­nist phi­lo­so­phy ? (« Qu’est ce que la phi­lo­so­phie cal­vi­niste ? »), Eerd­mans, 1953 ;
  • b) une, plus déve­lop­pée, en 250 pages, du même Spier, An Intro­duc­tion to chris­tian phi­lo­so­phy(The Pres­by­te­rians and Refor­med Publ. Co., 1954) ;
  • c) et sur­tout, Contours of a chris­tian phi­lo­so­phy,par L. Kals­beek (Wedge Publ. Foun­da­tion, 1975). Signa­lons, en fran­çais, la toute récente thèse de doc­to­rat, sou­te­nue à l’U­ni­ver­si­té de Paris, par Alain Probst : Le pro­blème de la phi­lo­so­phie chré­tienne(L’i­dée de Loi et le pro­blème du point de départ radi­cal dans la phi­lo­so­phie d’Her­man Dooyeweerd).

[19] On trou­ve­ra une excel­lente biblio­gra­phie de Vol­len­ho­ven dans The Idea of a chris­tian Phi­lo­so­phyune suite d’es­sais en l’hon­neur de Vol­len­ho­ven (Wedge Publ. Foun­da­tion, 1973), pp. 215 ss.

[20] Boha­tec avait déjà publié son Cal­vin und das Recht(« Cal­vin et le Droit ») en 1934.

[21] in The Struc­ture of bibli­cal Autho­ri­ty (Eerd­mans, 1972), p. 15.

[22] Van Til avait déjà publié un article sur « The pos­si­bi­li­ty of a cal­vi­nist phi­lo­so­phy » dans The Evan­ge­li­cal Qua­ter­ly (no 1, de 1934).

[23] 4 volumes édi­tés conjoin­te­ment par Uit­ge­ve­rij H.J. Paris, à Amster­dam, et The Pres­by­te­rian and Refor­med Publ. Co., à Phi­la­del­phie aux U.S.A.

[24] Intro­duc­tion à la dog­ma­tique réfor­mée, second volume, p. 41.

[25] Le cri­ti­cisme trans­cen­dan­tal de la pen­sée théo­rique : Pro­lé­go­mènes à la phi­lo­so­phie de l’I­dée de Loi (1956),et Théo­rie géné­rale des Cercles de Loi. Intro­duc­tion à la struc­ture de la réa­li­té tem­po­relle dans le cadre de la phi­lo­so­phie de l’I­dée de Loi (1960).

[26] – « La sécu­la­ri­sa­tion de la science », n° 17 – 18, de 1954 (pp. 138 – 157) ;

- « Phi­lo­so­phie et théo­lo­gie », n° 35, de 1958 (pp. 48 – 60) ;

- « Mou­ve­ments pro­gres­sifs et régres­sifs dans l’his­toire », n° 36, de 1958 (pp. 1 – 13) ;

- Cinq confé­rences don­nées à Paris (au Musée Social, en décembre 1957) :

  • 1. La pré­ten­due auto­no­mie de la pen­sée philosophique.
  • 2. La base reli­gieuse de la phi­lo­so­phie grecque.
  • 3. La base reli­gieuse de la phi­lo­so­phie scolastique.
  • 4. La base reli­gieuse de la phi­lo­so­phie humaniste.
  • 5. La nou­velle tâche d’une phi­lo­so­phie chré­tienne, n° 39, de 1959 (pp. 1 – 6).

[27] Cf. (en anglais) Phi­lo­so­phi­cal His­to­rio­gra­phy, par R.D. Knud­sen, in « The Jour­nal of the Ame­ri­can Scien­ti­fic Affi­lia­tion », n° de sep­tembre 1960 ; The His­to­rio­gra­phy of Phi­lo­so­phy, par H. Van der Laan, in « Vox Refor­ma­ta », n° de novembre 1977.

[28] Cf. (en anglais) son recueil d’es­sais « Com­mu­ni­ca­tion and Confron­ta­tion »(Wedge, 1972).

[29] Cf. son étude sur « Le temps », dans Phi­lo­so­phy and Chris­tia­ni­ty (1965).

[30] Auteur, entre autres, d’une Inlei­ding in de wijs­be­geerte (« Intro­duc­tion à la phi­lo­so­phie », 1956) et de Evan­ge­lie en ges­chie­de­nis (« Évan­gile et his­toire », 1972).

[31] Édi­té par The Pres­by­te­rian and Refor­med Publ. Co., n.d.

[32] Cf. en anglais, son essai très éclai­rant sur la théo­rie de la connais­sance, dans l’ou­vrage col­lec­tif à ne pas man­quer, Jeru­sa­lem and Athens (Pres­by­te­rian and Refor­med, 1971), pp. 25 – 71.

[33] On va publier, cette année, son pre­mier ouvrage en anglais : Poli­shed Lenses : New direc­tions in Chris­tian philosophy.

[34] Il a publié deux ensembles d’é­tudes en 1977 : Hori­zon et Heart­beat. Va paraître pro­chai­ne­ment un troi­sième ensemble : Cos­mo­scope.

[35] Cf. Reflec­tions on the phi­lo­so­phy of Her­man Dooye­weerd, n.d.

[36] Dans son œuvre consi­dé­rable, cf. : The New Moder­nism (1946) ; Chris­tia­ni­ty and Bar­thia­nism (1 962) ; The Defense of the Faith (1953) ; A chris­tian theo­ry of Know­ledge (1969) ; Com­mon Grace and the Gos­pel (1972) ; The New Her­me­nen­tic (1974).

[37] Par­mi les nom­breux ouvrages de Rush­doo­ny il faut citer : The Ins­ti­tutes of Bibli­cal Law (The Craig Press, 1973) – plusde 800 pages. De Bahn­sen : Theo­no­my in Chris­tian Ethics (The Craig Press, 1977).

[38] Édi­té par The Pres­by­te­rian and Refor­med Publ. Co., 1976.

[39] Cf. Confes­sions, III, 7

[40] Cf. La Cité de Dieu, VIII, 5 – 8 et X, 2.

[41] Cf. Retrac­ta­tio­num libri duo. Les Rétrac­ta­tions datent de 426 – 428.

[42] Vol. 1, P. 119.

[43] Vol. 1, pp. 515 ss.

[44] Ins­ti­tu­tion de la Reli­gion chré­tienne, 11, 1, 9.

[45] Cf. Ins­ti­tu­tion, 111, XXIII, 2 ; et Deae­ter­na prae­des­ti­na­tione, Corp. Ref. 36, 361.

[46] Comm. in Mosis libros V, Corp. Ref. 52, 49, 131.

[47] A New Cri­tique, vol. 1, p. 93.

[48] Eerd­mans édit. 5e éd. 1961.

[49] A New Cri­tique, vol. 1, pp. 523 – 534.

[50] Il faut consi­dé­rer, à la suite de Lac­tance, dans ses Divi­nae Ins­ti­tu­liones, le sens de reli­gio à par­tir du verbe re-ligare, et non pas, à la suite de Cicé­ron, dans son De natu­ra deo­rum, à par­tir du verbe re-legere.

[51] Cf. Ecclé­siaste 3.11

[52] Romains 1.18−25.

[53] Col. 2.8.

[54] La phi­lo­so­phie et l’es­prit chré­tien, Tomes 1 et Il (P.U.F. 1944 et 1946).

[55] Cf56 Jude 3.

[56] Tome I, p. 111.

[57] A New Cri­tique, pré­face, p. V.

[58] Dans un ordre non pas de dif­fi­cul­té mais de com­plexi­té crois­sante, les cercles-de-lois peuvent être dési­gnés comme : numé­rique, spa­tial, kiné­ma­tique, phy­sique, bio­tique, sen­si­tif, logique, his­to­rique, sym­bo­li­co-lin­guis­tique, social, éco­no­mique, esthé­tique, juri­dique, moral et pistique.


Publié

dans

par

Commentaires

Une réponse à “Le mou­ve­ment réfor­mé de recons­truc­tion chré­tienne – Par­tie 4 : Her­man Dooye­weerd (1894−1977) – Pierre Courthial”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.