Le christianisme à la dérive – Pierre Marcel

Tiré de : Pierre Mar­cel : Face à la cri­tique, Jésus et les Apôtres – Esquisse d’une logique chré­tienne, La Revue Réfor­mée (Sup­plé­ment au N° 147‑1986/3), pp. 168s. [Paru aus­si aux Edi­tions Labor et Fides]

1. MÉCOMPRÉHENSION DE L’HOMME-MODERNE

Les pro­ta­go­nistes des « nou­velles théo­lo­gies » rejettent l’au­to­ri­té du Nou­veau Tes­ta­ment dans l’es­poir d’ap­por­ter à l’homme-moderne un ali­ment pour sa faim. Mais l’i­mage qu’ils se font de sa « moder­ni­té » ne cor­res­pond pas à la réa­li­té. Cet homme serait adulte, majeur, scien­ti­fique, rai­son­nable, intel­li­gent, capable d’A­mour – avec une majus­cule. Tech­niques à part, en Occi­dent, il n’est rien de tout cela. Le monde moderne, peut-être, serait deve­nu majeur par l’acte scien­ti­fique, mais non l’homme. Bult­mann a confon­du les deux[1].

Comme celui de tou­jours, l’homme-moderne est un orgueilleux il croit à la Science et au Déter­mi­nisme. Il appar­tient, disent les socio­logues, à la « civi­li­sa­tion des petits scien­ti­fiques, tech­ni­cienne et maté­ria­liste ». Il n’est pas un scien­ti­fique, mais un tech­nique, un tech­ni­cien : c’est très dif­fé­rent ; il n’est que far­ci de pseudo-science(s) et de para-croyances. Il se livre à l’oc­cul­tisme et à l’as­tro­lo­gie. Les Fran­çais fré­quentent 50000 cabi­nets de consul­ta­tion occulte, y dépensent plus de 3 mil­liards de francs chaque année, fai­sant vivre devins, astro­logues, voyantes, pytho­nisses et tireuses de cartes. Selon les sta­tis­tiques, l’an­née 1984 leur a été par­ti­cu­liè­re­ment fruc­tueuse. Paris compte une tireuse de cartes pour 120 habi­tants, mais un prêtre pour 5000 et un pas­teur pour 50000. On sait le nombre et l’im­por­tance des orga­nismes astro­lo­giques et de leurs publi­ca­tions ; les pré­dic­tions horo­sco­piques enva­hissent radio et télé­vi­sion, jour­naux et pério­diques, même des revues tech­niques[2]. L’homme-moderne se voue à d’in­nom­brables cultes ; il est joueur et super­sti­tieux.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Que cet homme est ahu­ri de tech­niques, démo­ra­li­sé, trau­ma­ti­sé par la froi­deur du monde ambiant et son manque de visées méta­phy­siques et reli­gieuses. « L’homme reste mineur, dit Pierre Bar­thel, dans l’o­rien­ta­tion de sa vie, dans l’u­ni­fi­ca­tion des divers niveaux de sa prise de conscience »[3]. « Homme majeur ? Je n’aime pas cette for­mule, s’é­criait Karl Barth… Non, nous sommes plu­tôt des enfants un peu gâtés, jouant, nous ennuyant et nous cau­sant du trouble les uns aux autre[4]. »

L’homme-moderne est pauvre de lan­gage, mar­qué par le son, l’i­mage et la tech­no­lo­gie. On ne peut lui par­ler fami­liè­re­ment dans sa condi­tion d’au­jourd’­hui. C’est pour­tant l’une des moti­va­tions essen­tielles de cette « nou­velle pen­sée ». Cet homme souffre de soli­tude. Il lui manque « quel­qu’un » : on lui pré­sente l’Homme noyé dans l’U­ni­vers. Il s’y recro­que­ville. Il est en pleine crise de rai­son : ultimes consé­quences d’un ratio­na­lisme péri­mé. Il se débat sous la férule des idoles contem­po­raines : on lui offre – hyper­tro­phiée – celle de sa propre idole. Il est inquiet ? Voi­ci, pour tout potage, des ques­tions sans réponses, « l’in­som­nie de la foi ». Il est en quête d’une auto­ri­té ; sa dévo­tion aux pseu­do-sciences et aux para-croyances est une dévia­tion de sa quête de Dieu. Le voi­ci pro­mu unique auto­ri­té[5]

L’homme-moderne est inca­pable d’ai­mer : on lui pro­pose l’A­mour comme expli­ca­tion de tout. Un « amour » âpre­ment cri­ti­qué par les athées, et que Fran­cis Jean­son appelle « la méthode SATAN », à savoir : « Sanc­ti­fi­ca­tion Assu­rée par Thé­ra­peu­tique Auto-Néga­trice. » Un appel pure­ment émo­tion­nel et sen­ti­men­tal. Les pas­teurs en milieu ouvrier récusent sa valeur[6]Cet homme est un esclave, conscient de son propre men­songe ; il a per­du spon­ta­néi­té et liber­té. Une éthique est néces­saire à sa libé­ra­tion. Voi­ci donc la « nou­velle morale » qui va dans le sens de son alié­na­tion. Il souffre du manque de « reli­gion » : voi­là la phi­lo­so­phie « a‑religieuse ». Il aspire à l’in­té­gra­tion des motifs spi­ri­tuels dans la culture : qu’il accepte, en atten­dant, celle de la « culture » dans la foi « chré­tienne ». Berg­mann nous apporte ici une excel­lente conclu­sion :

« Si quel­qu’un, dit-il, n’at­teint pas l’homme dans sa vraie réa­li­té, c’est bel et bien la théo­lo­gie moderne. On a l’im­pres­sion très forte que toute cette affaire est une théo­lo­gie fabri­quée dans le cabi­net de tra­vail. En tout cas, mal­gré une constante réfé­rence à l’homme moderne et à ses besoins de com­prendre, elle passe à côté de sa situa­tion exis­ten­tielle, car celle-ci n’est pas de l’ordre de la recherche intel­lec­tuelle, mais dans son angoisse et dans sa soli­tude.

« Là nous ren­con­trons l’homme de tous les temps, l’homme réel que la Bible connaît bien plus authen­ti­que­ment que les tenants de la nou­velle théo­lo­gie[7]. »

2. LA FAILLITE DE LA MÉTHODE

Ain­si, la méthode his­to­ri­co-cri­tique ne rend pas jus­tice à la « foi » qu’elle entend pro­pa­ger. Elle n’ap­porte aucune expli­ca­tion du monde, de notre exis­tence, de l’ex­pé­rience humaine en géné­ral, ni du phé­no­mène incom­pa­rable qu’a été et demeure le Chris­tia­nisme authen­tique. Pas un mot sur la réa­li­té de la vie des dis­ciples du Christ, leur régé­né­ra­tion, leur conver­sion, leur témoi­gnage, leurs prières, les grâces reçues, les sacri­fices consen­tis. Elle est inapte à appor­ter la moindre solu­tion au fait de l’ins­pi­ra­tion des Auteurs sacrés et du Christ, qui attestent qu’ils ont été et sont ins­pi­rés ; à l’exis­tence du Canon dont les écrits sont si dif­fé­rents de ceux des Pères apos­to­liques et apo­lo­gètes, et de toute la lit­té­ra­ture de l’é­poque. Sa concep­tion du Nou­veau Tes­ta­ment est à l’op­po­sé de celle que le Christ et les Apôtres nous offrent des Écri­tures de l’An­cien Tes­ta­ment, sans cher­cher à élu­ci­der le « com­ment » de cette dif­fé­rence. Y aurait-il deux Écri­tures[8] ?

Incroyable, mais vrai : on offre pour remède à l’homme-moderne ce qu’on croit qu’il est deve­nu : on se fait le porte-parole de son idéo­lo­gie et de ses misères. Si le monde est pré­sent dans l’É­glise, com­ment l’É­glise peut-elle être pré­sente au monde ? – Les dif­fi­cul­tés de l’homme-moderne à rece­voir l’É­van­gile sont celles de tous les temps. Il y faut la repen­tance et la foi, par la puis­sance de l’Es­prit Saint. Mais l’Es­prit n’a pas de place dans la nou­velle théo­lo­gie[9] !

Com­ment expli­quer ce remède à rebours ? Comme tou­jours, les gens d’É­glise sont en retard. La concep­tion phi­lo­so­phique que l’é­cole his­to­ri­co-cri­tique se fait de l’homme-moderne date des deux der­niers siècles. Celle de la science, fon­dée sur des sta­tis­tiques de masse, est aujourd’­hui récu­sée par les savants. Quand l’É­glise adopte un dogme scien­ti­fique, c’est qu’il est déjà péri­mé. Elle pense ras­sem­bler les élé­ments d’une recons­truc­tion pour demain : il s’a­git de la démo­li­tion d’hier. Lisez côte à côte une His­toire de la Phi­lo­so­phie et une His­toire de la Théo­lo­gie de ces deux der­niers siècles. La « der­nière chance du Chris­tia­nisme » qu’on nous conjure de sai­sir est la décal­co­ma­nie de sys­tèmes éphé­mères. Nous assis­tons à un pro­ces­sus accé­lé­ré d’é­va­cua­tion des véri­tés de demain : car les véri­tés d’au­jourd’­hui ? elles ne tiennent plus dix ans[10] !

3. LA RÉDUCTION DE L’ÉVANGILE

Au cours de cette étude, nous avons consta­té que c’est à l’in­té­rieur même de l’É­glise que la méthode cri­tique a déclen­ché une véri­table guerre civile au plan spi­ri­tuel. Les motifs et les ins­pi­ra­tions de cette attaque fron­tale, avec les moyens consi­dé­rables mis en œuvre qui font « boule de neige », font appa­raître une stra­té­gie visant à tout réduire au déno­mi­na­teur com­mun de la rai­son natu­relle. Ce diag­nos­tic n’est pas pes­si­miste, mais la réa­li­té telle qu’elle est, avec la volon­té tenace d’a­van­cer tou­jours, encore d’un pas, dans le pro­ces­sus de démo­li­tion pro­gram­mé par l’En­ne­mi spi­ri­tuel.

Voyons donc les faits tels qu’ils sont.

A) Réduction de Dieu 

Voi­ci peu, à la Radio, un jeune pas­teur ter­mi­na sa pré­di­ca­tion par ces mots : « Jésus-Christ est venu nous ensei­gner que l’homme est dieu. »Cette franche et loyale décla­ra­tion est le point d’a­bou­tis­se­ment des nou­velles théo­lo­gies et de la méthode cri­tique. Cer­tains, peut-être, objec­te­ront que tout ce qui emprunte ce label ne va pas jusque-là ! Peut-être, mais – nous l’a­vons vu – il n’y a pas de posi­tion moyenne entre l’au­to­ri­té de Dieu et celle de l’Homme.

Les théo­lo­gies modernes ignorent le Dieu Créa­teur. Si Dieu n’est pas le Créa­teur du Monde, il n’a pas d’au­to­ri­té sur son His­toire et son Des­tin. La prière, même celle des Psaumes, est un leurre ! Point de Révé­la­tion, au sens où la Bible, le Christ et les Apôtres nous la font connaître. Si Dieu n’est pas Créa­teur, il n’est pas non plus Rédemp­teur : il n’a rien à nous dire.

Mais la Bible nous pré­sente Dieu comme notre Créa­teur per­son­nel -non du monde en géné­ral seule­ment -, faute de quoi aucun lien « de créa­tion » n’exis­te­rait entre lui et moi. Nulle auto­ri­té pour main­te­nir et pro­té­ger ma vie : ni com­man­de­ments, ni ordon­nances… Et, de ma part, ni louange, ni actions de grâces. Le mes­sage de l’É­van­gile, des frag­ments qui en sub­sistent, s’a­ligne sur l’homme, et le Créa­teur sur sa créa­ture. Le dieu devient « ce qu’il y a de plus pro­fond dans l’homme ».

Que nous laissent-elles donc, ces théo­lo­gies réduc­tion­nistes, quand l”« idée » d’une divi­ni­té y sub­siste encore ?

UN DIEU RACORNI !

B) Réduction du Christ

La mise sous silence, la néga­tion de l’i­dée du Dieu-Créa­teur conduisent cer­tains à mettre tout l’ac­cent sur le minis­tère humain de Jésus. Sa nais­sance ? elle est du domaine natu­rel. Sa filia­tion divine ? Selon H. Zahrnt, elle n’est qu’une expres­sion sym­bo­lique pour dési­gner uni­que­ment une « mis­sion ». « On peut affir­mer, dit Bult­mann, que dans le Nou­veau Tes­ta­ment…, les décla­ra­tions sur la nature divine de Jésus-Christ ou sa divi­ni­té sont en fait des décla­ra­tions qui ne veulent pas expri­mer sa nature, mais son impor­tance[11]. » La théo-logie se réduit au seul Jésus, figure de proue du Mes­sage. Mais qu’est ce Christ s’il n’est plus Fils de Dieu ? Il cesse d’être Celui des Évan­giles pour deve­nir le « Jésus his­to­rique », sérieu­se­ment réduit déjà par la cri­tique : la chris­to­lo­gie n’est qu’une jésus-logie. A telle enseigne ce fait est bien dis­si­mu­lé sous le voca­bu­laire clas­sique – que des théo­lo­giens « chré­tiens » peuvent se décla­rer a-thées ! L’en­sei­gne­ment de ce Jésus est dif­fé­rent de l’É­van­gile de Dieu : l’é­li­mi­na­tion de sa trans­cen­dance et de son éter­ni­té abou­tit à une doc­trine faus­sée du monde, dit « maté­riel », qui nous entoure ; des struc­tures natu­relles : famille, Église, État, ou sociales ; de l’o­ri­gine de l’homme, de notre per­sonne, de leur ave­nir. La réduc­tion à « Jésus » est un tra­gique amoin­dris­se­ment du « Christ ». 

Chez les adeptes convain­cus des méthodes cri­tiques, la per­sonne de ce Jésus est dis­sé­quée. Comme source de connais­sance du Christ, les Évan­giles sont « his­to­ri­que­ment » inex­ploi­tables ! « Nous ne pos­sé­dons abso­lu­ment aucun cri­tère for­mel pour recons­ti­tuer ce qui appar­tient authen­ti­que­ment à Jésus… (L’au­then­ti­ci­té) nous fait com­plè­te­ment faux bond quand nous deman­dons des carac­té­ris­tiques for­melles sur ce qui appar­tient authen­ti­que­ment à Jésus[12]. » « Croire en Jésus, c’est croire comme lui[13]. » Les grands, les hauts faits de sa vie n’existent que ver­ba­le­ment. « Le Christ du kérygme a pour ain­si dire évin­cé le Jésus his­to­rique »[14]. Le mes­sage n’est plus que l’offre d’une nou­velle « com­pré­hen­sion de soi-même »[15]

Le « Christ kéryg­ma­tique » est exsangue. Nous l’a­vons vu : pro­po­ser d’ai­mer Jésus est ce qu’il ne faut pas, ce à quoi on doit se refu­ser, cepen­dant que la prière est désor­mais impos­sible : « Com­ment ? demande le Pro­fes­seur Herr­mann. Prier Jésus, cet homme qui a vécu il y a envi­ron 1900 ans ? Cela serait à peu près comme si je priais ma grand-mère décé­dée. C’est un culte des ancêtres[16]. »

Que nous lèguent-elles, ces nou­velles théo­lo­gies réduc­tion­nistes ?

UN CHRIST RABOUGRI !

C) Réduction de l’Homme 

Selon les hypo­thèses de l’É­vo­lu­tion­nisme, la néga­tion de la Créa­tion, et de chaque homme par Dieu, l’o­blige de se réfé­rer à une ori­gine ani­male avec toutes ses consé­quences. La pri­va­tion d’une rela­tion pri­vi­lé­giée avec le Créa­teur le dépouille de toute éthique de com­por­te­ment, d’or­don­nances de vie, pour le livrer à soi-même… et aux autres. L’É­van­gile n’im­pose ni ne pro­pose plus de morale, ni com­man­de­ment divin, ni « éthique » : l’homme est inca­pable de savoir ce qu’est le péché, et de recon­naître qu’il est un pécheur. Son éthique sera donc per­son­nelle, de « liber­té », axée, quoi qu’il en coûte, sur le déve­lop­pe­ment de sa per­son­na­li­té. Il est pri­mor­dial de répondre aux « besoins » des temps nou­veaux, à l’é­vo­lu­tion de l’o­pi­nion publique !  On « se » réa­lise par le sexe, la drogue, le concu­bi­nage, l’in­fi­dé­li­té conju­gale, l’a­vor­te­ment, l’ho­mo­sexua­li­té, la pédo­phi­lie, la néga­tion de la famille, l’a­ban­don de ses enfants, etc. Com­ment peut-on nom­mer ces vices – d’autres encore – quand on sait les juge­ments que portent sur eux Dieu, les Pro­phètes, le Christ et les Apôtres ! Com­ment par­ler de morale nou­velle quand il s’a­git de ce que la Bible appelle immo­ra­li­té, contre quoi elle nous met en garde : 

Ayez une bonne conduite au milieu des païens. Vous ne ferez pas ce qui se fait. Ne par­ti­cipe point aux péchés d’au­trui ; Garde-toi pur pour toi-même[17]

Cette réduc­tion de l’homme sui­vant l’o­pi­nion que cha­cun se fait de soi-même[18], conduit à la dépré­cia­tion de l’autre, selon l’i­dée « qu’on se fait », et cet autre se voit dépouillé de digni­té, de noblesse, en un mot d’huma­ni­té

Pen­sons alors au des­sein de Dieu pour l’Homme, créé à son image, de sa propre race, son enfant d’a­dop­tion, appe­lé à être en Christ une nou­velle créa­tion, com­blé de béné­dic­tions spi­ri­tuelles et de grâces, pro­mis à la connais­sance du Fils de Dieu, à deve­nir un homme fait à la sta­ture par­faite du Christ, scel­lé en Lui par l’Es­prit Saint, héri­tier de Dieu, cohé­ri­tier du Christ, choi­si par Dieu pour célé­brer sa gloire, pro­mis à la résur­rec­tion, à être à l’i­mage de l’Homme céleste, asso­cié à son Règne aux siècles des siècles[19]… 

Com­pa­rons cet homme-là, enga­gé dans le cycle de l’É­van­gile de Dieu, à celui qui, aspi­rant à une nou­velle pos­si­bi­li­té d’exis­tence, se réfère au « mes­sage moderne », devient son propre centre, s’emprisonne, infa­tué de lui-même dans le nar­cis­sisme, replié sur son Ego ! 

L’É­van­gile de Dieu dilate l’homme jus­qu’à régner avec le Christ dans la Cité céleste ; le mes­sage moderne le réduit, le rape­tisse, le vieillit. Qui sub­siste-il dans cette anthro­po­lo­gie réduc­tion­niste ? 

UN HOMME RECROQUEVILLÉ

D) Réduction de la réalité

Un Dieu racor­ni, un Christ rabou­gri, un Homme recro­que­villé, engendrent

UNE RÉALITÉ RATATINÉE

« Une bonne pluie n’est plus pour nous signe de l’a­mour de Dieu », note Pierre de BEAUMONT dans son Nou­veau Tes­ta­ment (p. 43). Voi­là le type des petites phrases assas­sines « modernes » ; celle-ci dément plus de vingt-cinq textes bibliques attes­tant que la pluie est une béné­dic­tion divine ; elle infère que Dieu a chan­gé ; elle réduit le sens de la Nature où nous vivons et du Dieu qui l’a­nime.

Les nou­velles théo­lo­gies nous gra­ti­fient d’un Uni­vers clos sur lui-même (nous y sommes donc séques­trés), et – de sur­croît – muet ; il ne signale rien, il ne reflète rien, il n’est l’é­cho de rien, il ne rayonne rien ; il n’a d’autre sens que celui que « on » lui donne, mais avec quelle convic­tion ? Dieu n’y est nulle part ! Bref, les ténèbres…, alors qu’il est tout bai­gné de lumière.

La Bible men­tionne plus de deux cents fois la lumière, le plus sou­vent en rela­tion avec Dieu. « Dieu est lumière » (1 Jean 1:5). « L’É­ter­nel est dra­pé de lumière comme d’un man­teau (Ps. 104:2)[20].

La lumière réfrac­tée par un prisme de verre, un dia­mant, des gouttes de rosée, la mince sur­face d’un coquillage nacré, est dif­fu­sée en une suite inin­ter­rom­pue des cou­leurs du spectre solaire, l’arc-en-ciel tout entier. C’est l’i­ri­sa­tion. Eh bien ! cette iri­sa­tion est aus­si celle que pro­duit notre foi quand elle réfracte la lumière dont Dieu l’i­nonde et qu’il déverse, à tra­vers elle, sur l’U­ni­vers au sein duquel il nous a amou­reu­se­ment pla­cés. « C’est par sa lumière que nous voyons la lumière » (Ps. 36 : 10). Sa lumière, réfrac­tée dans nos cœurs, nous donne de voir la lumière aux reflets d’arc-en-ciel dont il baigne ce monde qu’il fait nôtre. Notre foi pénètre de plus en plus le sens de ce qui est., Quand nous contem­plons la Nature à la lumière de la révé­la­tion du Dieu créa­teur et conser­va­teur de ses œuvres, nous jubi­lons, comme l’É­cri­ture nous y invite, nous applau­dis­sons, nous exul­tons ! Nous com­men­çons à voir choses et créa­tures telles qu’elles sont selon Dieu et pour Lui, et pour nous, char­gées d’af­fec­ti­vi­té, de pré­sence, de géné­ro­si­té, d’in­tel­li­gence, de fina­li­té, non seule­ment dans leur indi­vi­dua­li­té res­pec­tive, mais dans l’en­semble har­mo­nieux du Cos­mos où cha­cune a sa place et tient son rôle. La foi colore, inter­prète, transfigure ce qu’elle voit, quand le ratio­na­liste ou l’in­croyant n’y dis­cerne pas même une figure.

« Je suis la Lumière du Monde », pro­clame le Christ à la Fête des Lumières… Qui me suit aura la lumière de la vie » (Jean 8 : 12). Il reprend à son compte le chant de David : « C’est par ma lumière que vous aurez la lumière » (Ps. 36 : 10). Sou­ve­nons-nous de l’œuvre cos­mique du Christ : « il est l’i­mage du Dieu invi­sible, en lui, par lui, pour lui tout a été créé, toutes choses sub­sistent en lui… » (Col. 1 : 15ss). Ain­si, comme son Père, le Christ est par­tout pré­sent ; c’est par sa lumière réfrac­tée par notre foi que nous voyons sa divine lumière iri­ser la moindre créa­ture. Ce phé­no­mène que crée notre foi est en même temps sen­sible, men­tal, intel­lec­tuel, intui­tif. Voyez tout ce que l’É­cri­ture nous fait regar­der[21], contem­pler men­ta­le­ment, avec intel­li­gence et cœur. Ce qui, pour cer­tains est infime, sans valeur ni inté­rêt, retient notre atten­tion : nous « cris­tal­li­sons » – comme aimait à dire Sten­dhal – et tout devient objet d’ad­mi­ra­tion, sujet de recon­nais­sance : nous tis­sons des fais­ceaux de sens et de valeurs. Nous dotons les objets, les créa­tures, les êtres… de tous les sens, de tout le sens pos­sibles. Nous fai­sons par­ler la Science ! Qui prend conscience de soi selon les termes du Psaume 139, qui regarde son conjoint, ses enfants ou parents, ses frères ou sœurs en Christ, ses pro­chains dans la Cité, sait que Dieu le Père et le Christ leur donnent à chaque minute la vie, le mou­ve­ment, l’être et tous les biens ; celui qui répète chaque jour : « Tu m’as tout don­né… Tu me donne tout… », celui-là contemple, pense et agit comme per­sonne ne peut le faire sans foi chré­tienne. Nos objets fami­liers évoquent le pas­sé-pré­sent de nos ancêtres dans l’Al­liance de Grâce ; un repas, la béné­dic­tion de Dieu. Un chré­tien lucide ne mange pas, il déguste, il admire les ali­ments offerts par son incom­pa­rable Nature et le tra­vail des hommes. Ami­cale cour­toi­sie, inti­mi­té, un regard, un sou­rire d’en­fant.… Christ est pré­sent ; telle est l’i­ri­sa­tion, la cris­tal­li­sa­tion par la foi de la lumière divine. Fée­rie d’une pro­me­nade dans l’es­prit du Psaume 65 ou 104, d’E­saïe 40 : 12–31 ! Toutes ces colo­ra­tions men­tales, psy­chiques, de la vie, de l’a­mour, de l’es­prit, de l’hon­neur et de la digni­té d’au­trui, de sa souf­france et de la nôtre… Toute per­cep­tion devient pano­ra­ma.

Dieu qui a dit : Que la lumière brille du sein des ténèbres ! fait aus­si briller sa lumière dans nos cœurs, afin que res­plen­disse en la per­sonne de Jésus-Christ la connais­sance de la gloire de Dieu (2 Cor. 4 : 6).

Oui, le Christ illu­mine, enso­leille ce qui nous entoure[22]. Notre uni­vers s’ouvre, se déploie, dila­té par la foi.

Sur un petit miroir para­bo­lique convexe, un vaste pay­sage se reflète : telle est la vision du croyant qui épa­nouit ce qu’il voit, tout au contraire de l’in­croyant qui, dans le miroir concave de son uto­pie, ne voit qu’une réa­li­té rata­ti­née. Oui, en la per­sonne du Christ res­plen­dit la connais­sance de la gloire de Dieu. Par la foi en Dieu, la vie chré­tienne est tout natu­rel­le­ment théo­cen­trique, car Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, est l’Au­teur de tout. La pré­sence active du Christ est cos­mique, une œuvre à l’ac­com­plis­se­ment de laquelle il nous convoque et nous asso­cie. Quelle exten­sion de notre hori­zon ! Unis au Christ, notre foi est d’a­bord ‑et bien sûr – chris­to­cen­triste ; mais, en com­mu­nion avec le Christ cos­mique, notre foi devient cos­mo­cen­triste[23]. Je l’ai mon­tré dans Cal­vin et Coper­nic[24] : le croyant fidèle, par le minis­tère de l’É­glise, de sa pré­di­ca­tion et de sa foi, par­ti­cipe au renou­vel­le­ment du monde.

4. RÉDUCTION…, MAIS EXTENSION DE L’ENNEMI

Un Dieu racor­ni, un Christ rabou­gri, un Homme recro­que­villé, une Réa­li­té rata­ti­née!… Mais une réduc­tion allant de pair avec une exten­sion de l’En­ne­mi. Com­ment ces deux réa­li­tés coexistent-elles donc ?

RÉDUCTION DE L’ENNEMI 

Les théo­lo­gies libé­rales ou réduc­tion­nistes, bien avant de « réduire » Dieu, le Christ, l’Homme et la Réa­li­té, ont un pos­tu­lat impli­cite : la per­sonne de Satan, pré­sente dans l’É­cri­ture, n’a aucune réa­li­té exis­ten­tielle ; elle ne serait que la per­son­ni­fi­ca­tion des incli­na­tions du cœur de l’homme qui n’au­rait d’autre adver­saire que lui-même. Le Calom­nia­teur, le Diable, n’existe pas. Cette ter­mi­no­lo­gie est mythique et évoque d’an­tiques croyances popu­laires aujourd’­hui péri­mées. Il est indigne de l’homme-moderne de croire au Diable ou à Satan. Mais alors, que cet homme-là prenne ses res­pon­sa­bi­li­tés.

En effet, le Diable – ou Satan – est nom­mé trente-sept fois dans le Nou­veau Tes­ta­ment[25]Il n’est guère de doc­trine mieux attes­tée selon l’a­na­lo­gie de la foi. Elle nous informe des inten­tions, des acti­vi­tés, de la stra­té­gie, de la tac­tique du Diable, déployées contre nous ici-bas.

Satan s’at­taque à nos per­sonnes : il nous tente et nous éprouve comme il le fit de Jésus ; il rôde autour de nous ; il cherche qui dévo­rer. Il ôte la Parole semée dans nos cœurs. Il dis­pense épreuves et ten­ta­tions : une « écharde » en la chair de l’a­pôtre Paul ; il tient des malades sous sa puis­sance, prend pos­ses­sion du cœur de Judas, d’A­na­nias et de Saphi­ra[26].

Notre Adver­saire est ici-bas le père du men­songe et de l’in­croyance ; il sème l’i­vraie dans le champ de Dieu, contre­carre l’é­van­gé­li­sa­tion, se déguise en ange de lumière, maquille « les siens » en ser­vi­teurs de la jus­tice, tient les païens sous sa puis­sance, séduit les peuples aux quatre coins de la Terre. Il déchaîne ailleurs sa puis­sance sur l’empire de la mort[27]. Mais n’ou­blions pas que la fureur de Satan, de même que celle des hommes, fait la gloire de Dieu (Ps. 76 : 11) : la vic­toire de Job, celle du Christ au désert, par exemple.

Il est impos­sible de réduire à une banale « idée » du mal la per­son­na­li­té de Satan, ses attaques contre nous, le monde, le Christ et contre Dieu, et sa fin finale – car Dieu l’é­cra­se­ra ! – sans récu­ser l’en­sei­gne­ment du Christ, des Évan­gé­listes et des Apôtres, déna­tu­rer la pers­pec­tive de leur com­bat, réduire à néant leur auto­ri­té, la puis­sance de la Bonne Nou­velle : salut, rédemp­tion, libé­ra­tion, glo­ri­fi­ca­tion…

Qui nie­ra que notre monde soit en butte à la puis­sance de l’Ad­ver­saire des des­seins de Dieu ? Jésus nous le révèle : son auto­ri­té clôt toute contes­ta­tion. Quel ordre de mis­sion le Christ glo­rieux donne-t-il à Paul sur le che­min de Damas ? « Je t’en­voie vers les païens, pour leur ouvrir les yeux, afin qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puis­sance de Satan à Dieu… » (Actes 26.18). Telle est la visée de l’É­van­gile de Dieu, du minis­tère apos­to­lique de l’É­glise : exor­ci­ser des ensor­ce­lés, libé­rer des endia­blés, pour les faire héri­tiers de Dieu, cohé­ri­tiers du Christ.

Nier l’exis­tence et la stra­té­gie de Satan, c’est ne rien com­prendre à la marche de notre His­toire, fer­mer les yeux aux forces qui assaillent les Églises chré­tiennes et leurs fidèles, à la nature, à l’im­por­tance des moyens qui visent, après Dieu, après le Christ, la réduc­tion de l’Homme et de la Réa­li­té à la puis­sance des démons. C’est lais­ser libre cours à la mul­ti­pli­ca­tion des « Églises de Satan » et des « Sor­cières noires du Diable ».

EXTENSION DE L’ENNEMI

Nier l’exis­tence de Satan et de ses légions, opé­rer sa « réduc­tion » dans notre esprit, notre doc­trine, c’est lui lais­ser toute liber­té d’ac­tion, cau­tion­ner sa tac­tique et ses suc­cès. Cet Enne­mi, en effet, n’est jamais plus puis­sant que quand il réus­sit à faire croire qu’il n’existe pas. A l’in­verse du Saint-Esprit, il témoigne de sa non-exis­tence au cœur et à la pen­sée de l’homme. Satan le sait fort bien : c’est par la tête que le pois­son pour­rit !

Enfin, on ne peut dis­si­mu­ler que les forces qui tra­vaillent contre l’É­glise ne viennent pas seule­ment du dehors mais aus­si du dedans[28]. Ain­si, au fil de la lec­ture des pages où Jéré­mie avait écrit les paroles de l’É­ter­nel, le Roi les cou­pait avec le canif d’un scribe et les jetait au feu dans le bra­sier. Alors même que Elna­than, Déla­ja et Gué­ma­ria le sup­pliaient : « Ne brûle pas ce volume ! » le roi ne les écou­ta pas[29] !

CONCLUSION : SPIRITUALISER L’INTELLIGENCE 

Au cours de cette étude, nous avons ren­con­tré oppo­sées l’une à l’autre : une logique pro­fane et une logique chré­tienne, comme le sont la sagesse de ce monde et la Sagesse de Dieu. Aus­si bien ces deux logiques sont-elles cha­cune l’ex­pres­sion de ces deux sagesses. 

Pour la Révé­la­tion biblique, celle-ci est une logique de bon sens ; nous pou­vons dire : la logique du bon sens. Celle-là, tout au contraire, se démontre logique de non-sens. Le sens com­mun, le sens moral, le sen­ti­ment, la rai­son natu­relle déclassent et déna­turent la pen­sée et le com­por­te­ment.

En décou­vrant la struc­ture de l’in­cré­du­li­té[30], avons-nous com­pris que Dieu nous y révé­lait aus­si la genèse d’une logique de non-sens ? Bien que tous per­çoivent dis­tinc­te­ment les paroles divines, ce que les uns reçoivent comme sen­sé est insen­sé « aux autres… qui ne com­prennent rien ». Au crible de leur cri­tique (expres­sion de leur cœur empâ­té) qu’ils veulent sen­sée le sens devient non-sens.

Dieu en Esaïe, le Christ dans les synop­tiques ne pou­vaient mieux nous révé­ler l’exis­tence et l’ac­ti­vi­té de cette logique pro­fane, inapte à sai­sir la pro­fon­deur des choses spi­ri­tuelles, pour qui le sens devient non-sens, de même que l’â­pre­té de sa lutte contre toute logique spi­ri­tuelle.

Une logique chré­tienne, à coup sûr, est le foyer équi­li­bré de notre réflexion et des actes qu’elle engendre et ins­pire pour répondre au des­sein de Dieu dans notre vie per­son­nelle, fami­liale, sociale et notre minis­tère dans l’É­glise.

L’ambition de ces pages a été de pro­po­ser « un guide flé­ché de la Foi : che­mins à suivre, sens inter­dits à évi­ter. » Qui s’y engage et per­sé­vère sera émer­veillé de la confir­ma­tion, de la renais­sance de sa foi, des richesses jusqu’alors mécon­nues :

  • - une conscience libé­rée,
  • - une per­son­na­li­té uni­fiée,
  • - une acti­vi­té affer­mie,
  • - une affec­ti­vi­té affi­née, un cœur qui bat dans un Uni­vers dila­té !

La lumière du Soleil ne révèle son exis­tence que dans une ren­contre. Pré­sents dans la nuit inter­stel­laire, ses rayons sont invi­sibles hors de l’or­bite ter­restre. Mais, au contact de notre Terre qui les accueille, nos yeux les per­çoivent tels qu’ils sont : lumière éblouis­sante du Soleil.

Ain­si, la lumière du Christ, qui éclaire tout homme, n’est que ténèbres là où nulle ren­contre n’est authen­tique ou pos­sible. Mais au contact d’un cœur qui l’ac­cueille avec foi, le Christ est per­çu et reçu tel qu’il est : le Soleil de Jus­tice qui porte la san­té dans ses rayons, illu­mine les yeux de notre cœur pour que nous puis­sions connaître et bénir le Dieu et Père qui nous comble en Christ de toutes sortes de béné­dic­tions spi­ri­tuelles afin que nous ser­vions à célé­brer sa gloire[31].

« LA FOI EST UNE RÉSURRECTION SPIRITUELLE DE L’ÂME,

ET, PAR MANIÈRE DE DIRE,

ELLE BAILLE UNE ÂME A L’ÂME,

AFIN QU’ELLE VIVE A DIEU[32]. »


[1] P. Bar­thel, « Le Concept de Moder­ni­té », Études théo­lo­giques et reli­gieuses, 41 (1966 : 2), pp. 86s.

[2] Cf. M. Gau­que­lin, Pla­nète, n° 26, 1966.

[3] Op. cit., p. 86.

[4] Entre­tien avec F. Klop­fen­stein, pour ses 80ans à la Radio-Suisse, mai, 1966.

[5] Cf. l’étude de J. A. B. Hol­land, « The Debate about Honest to God », Scot­tish Jour­nal of Theo­lo­gy, 17 (1964:3) pp. 259, 275.

[6] F. Jean­son, La Foi d’un Incroyant, p. 135. – P. FOUCHIER, De l’É­glise du Christ à la place publique (Paris : Les Ber­gers et les Mages, 1967).

[7] Op. cit., p. 74.

[8] Cf. P. Mar­cel, « Christ expli­quant les Écri­tures, La Revue Réfor­mée, Tome IX, N° 36 (1958 : 4), pp. 14–45.

[9] Cf. P. Mar­cel, « Quant l’Es­prit n’est plus là », La Revue Réfor­mée, Tome XVII (1966:2).

[10] Voir à ce sujet l’a­na­lyse lucide d’O. Guin­ness, The Gra­ve­dig­ger File : Papers on the sub­ver­sion of the Modern Church (Dow­ners Grove : IVP, 1983).

[11] Cité par Berg­mann, Op. cit., p. 84.

[12] Kase­mann, cité par Berg­mann, Op. cit., p. 116.

[13] Fuchs, Ibid., p. 62.

[14] Ebe­ling, Ibid., p. 56.

[15] Bult­mann, Ibid., p. 51.

[16] W. Herr­mann, théo­lo­gien libé­ral, pro­fes­seur à Ber­lin au début du siècle, fut l’un des maîtres de Karl Barth.

[17] 1 Pierre 2:12 ; Lévi­tique 18:3, 25, 28 ; 1 Timo­thée 5:22. Le Doc­teur André Schlem­mer m’é­cri­vait le 13 mars 1967 : « De n’être plus un être créé et reli­gieux, l’être humain est deve­nu un être ration­nel, puis éco­no­mique, puis volon­taire, puis tri­bal-éro­tique (infan­tile), de Des­cartes à Marx, puis à Nietzsche, puis à Fra­zer, puis à Freud, cha­cun démo­lis­sant le pré­cé­dent, d’ailleurs vala­ble­ment ; et fina­le­ment, il n’est plus rien, pri­vé de signi­fi­ca­tion et de des­ti­née. »

[18] En France, en 1983 : 120000 sui­cides ou ten­ta­tives de sui­cide ; soit 330 par jour !

[19] Act. 17:29 ; 2 Cor. 5:17 ; Éph. 4:13 et 1:3–14 ; 1 Cor. 15:49 ; Apoc. 20:6 ; etc.

[20] Nous ne sommes pas assez atten­tifs à ces petites phrases. La lumière par­court 300000 kilo­mètres à la seconde, une dis­tance que nous sommes inca­pables de nous repré­sen­ter : plus de sept fois le tour de la Terre dépasse l’i­ma­gi­na­tion ! Si la lumière est le man­teau de Dieu, c’est qu’il s’y révèle pré­sent. Dès le lever du jour, il est à mes côtés, là ; il m’en­toure et par-der­rière et par-devant. La lumière me signi­fie sa pré­sence immé­diate pour qui la dis­tance n’est rien. De même quand je me baigne ou me lave les mains, je sais que l’Es­prit Saint net­toie, puri­fie mon cœur et ma pen­sée comme cette eau les souillures de mon corps.

[21] Veuillez vous repor­ter à une Concor­dance. Cf. ci-des­sus, note 1 du 1er Cha­pitre.

[22] Cf. et relire Ins­ti­tu­tion de la Reli­gion chré­tienne, I, XIV, 21, la conclu­sion de Cal­vin sur « Le Dieu Créa­teur », les cha­pitres XVI et XVII sur « La Pro­vi­dence de Dieu » et la foi en la pro­vi­dence ; et aus­si au Livre III, le ch. X : « Com­ment il faut user de la vie pré­sente et de ses aides. »

[23] Selon l’heu­reuse expres­sion de Ray­mond Ruyer, L’art d’être tou­jours content (Paris, Fayard, 1978). Je suis son débi­teur quant à l”« allure » du pré­sent para­graphe.

[24] La Revue Réfor­mée, T. 31 (1980), pp. 99–105.

[25] Dans 18 de ses Livres, soit les deux tiers, y com­pris les quatre évan­giles ; 10 fois par le Christ, 2 fois par les Évan­gé­listes, 13 fois dans les Épîtres pau­li­niennes, 12 fois ailleurs. Le livre de C. S. Lewis, Tac­tique du Diable (Lau­sanne, Dela­chaux et Niest­lé, 1943) est du plus vifin­té­rêt.

[26] Les cotes bibliques de ces textes sont réper­to­riées dans une Concor­dance aux mots Diable et Satan.

[27] Jude 9 ; Job 1 et 2 ; Zacha­rie 31.

[28] M. Grif­fiths, Église de Jésus-Christ, lève-toi pour la mis­sion, Op. cit., p. 131.

[29] Jéré­mie 36:10–11 et 22–25.

 [30] Cf. ci-des­sus, pp. 140–142 et Esaïe 6:10 ; Mat­thieu 13:13 ; Marc 4:12 ; Luc 8:10.

 [31] Jean 1:9 ; Mal. 4:2 ; Éph. 1:8, 3 ; relire les ver­sets 3 à 14.

 [32] J. Cal­vin, Com­men­taire sur Jean 11:24.


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