Pharisien et publicain

Luc 18.9-14 : « Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur ! » (Vincent Bru)

Dimanche 26 octobre – Année C

Culte de la Réformation

Texte central : Luc 18.9–14 – « Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur »

Thème : La justification par la grâce seule

Lectures de la Bible

Première lecture – Exode 17.8-13 [Catholiques romains : Ben Sira le Sage 35.15b-17.20-22a1]

Résumé :
Alors qu’Israël chemine dans le désert, Amalec attaque le peuple. Moïse, sur la colline, élève les mains pendant que Josué combat dans la plaine. Tant que les mains de Moïse restent levées, Israël est victorieux ; quand elles s’abaissent, Amalec prend le dessus. Aaron et Hour soutiennent alors ses bras, et la victoire est donnée par Dieu.

Théologie :
Ce récit manifeste que la victoire du peuple de Dieu ne dépend pas de la force humaine, mais du secours divin invoqué dans la prière. Les bras levés de Moïse symbolisent la dépendance absolue à Dieu : c’est Lui qui combat pour son peuple. La prière persévérante et communautaire (Moïse, Aaron, Hour, Josué) obtient la délivrance.

Psaume 34 (33 Bibles catholiques)

Résumé :
Le psalmiste bénit le Seigneur sans cesse, car Il écoute le cri des pauvres et les délivre de leurs angoisses. Le Seigneur est proche du cœur brisé et sauve ceux qui ont l’esprit abattu.

Théologie :
Le psaume répond parfaitement à la scène d’Exode 17 : c’est dans la supplication et la confiance que le Seigneur agit. Le combat de la foi ne se gagne pas par la puissance mais par la prière confiante du juste. Dieu écoute les humbles et les soutient au jour du combat.

Deuxième lecture – 2 Timothée 4.6-8.16-18

Résumé :
Paul, proche de la mort, contemple son ministère comme un combat achevé. Il a gardé la foi et attend désormais la couronne de justice que lui donnera le « juste juge ». Abandonné des hommes, il confesse que le Seigneur l’a assisté et l’a délivré de tout mal.

Théologie :
Paul vit ce qu’a figuré Moïse : un combat spirituel soutenu par Dieu. La victoire n’est pas triomphalisme, mais fidélité persévérante dans la foi. Comme Moïse soutenu par Aaron et Hour, Paul est porté par la grâce du Seigneur au cœur de la solitude. Le Seigneur, juste juge, donne la couronne non aux parfaits, mais à ceux qui persévèrent humblement dans la foi.

Évangile – Luc 18.9-14

Résumé :
Deux hommes montent au Temple pour prier : un pharisien satisfait de lui-même, et un publicain conscient de sa misère. Jésus déclare que le publicain, non le pharisien, rentre chez lui justifié. « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Théologie :
L’humilité du publicain rejoint la prière de Moïse et de Paul : le salut est don de Dieu, non résultat de la performance humaine. Celui qui s’abandonne à Dieu dans la vérité de sa faiblesse reçoit la victoire de la grâce.


Lien théologique entre les lectures

Toutes les lectures proclament une même vérité : la puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse de ceux qui se confient en Lui.

  • Exode 17 montre la victoire d’Israël non par les armes mais par la prière persévérante.
  • Le psaume 33 chante la fidélité de Dieu envers les pauvres qui crient vers Lui.
  • 2 Timothée 4 illustre cette vérité dans la vie de Paul : seul et faible, il triomphe par la fidélité de Dieu.
  • Luc 18 révèle la source de cette victoire : la justification par la grâce, reçue dans l’humilité du cœur.

La prière de Moïse, la persévérance de Paul et l’humilité du publicain sont trois visages d’une même foi : celle qui s’élève vers Dieu, non pour revendiquer des mérites, mais pour recevoir la miséricorde.


Thème unique du dimanche

« Dieu élève les humbles et écoute la prière de celui qui se reconnait pécheur. »
ou
« La vraie justice naît de l’humilité du cœur. »

Ce dimanche proclame la bonne nouvelle de la gratuité de la grâce divine : Dieu justifie non pas celui qui se croit juste, mais celui qui reconnaît sa misère. C’est la logique de la miséricorde — celle du Dieu qui se penche sur les petits, comme sur Paul au soir de sa vie, comme sur le publicain au Temple, et comme sur tout croyant qui prie du fond de sa pauvreté :
« Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis. »


Proposition de Sermon : « Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur ! »

Introduction

Frères et sœurs,
en ce jour de la Réformation, nous nous souvenons de cette vérité que Dieu a fait resplendir de nouveau au XVIᵉ siècle : le juste vivra par la foi (Romains 1.17). Ce cri de l’apôtre Paul, redécouvert par Martin Luther, a retenti comme un tonnerre spirituel dans une Église obscurcie par la peur et la superstition. L’homme cherchait son salut dans ses œuvres, ses prières, ses pèlerinages, ses mérites. Mais l’Évangile proclame une tout autre justice : celle que Dieu accorde gratuitement à celui qui croit en Jésus-Christ.
Justifiés par la foi seule, non par les œuvres de la Loi, nous reconnaissons que rien en nous ne mérite la faveur de Dieu. Nos efforts, nos dévotions, nos sacrifices ne sauraient acheter la paix du cœur. Car le péché a infecté jusqu’à nos meilleures intentions. La foi seule nous rend justes, non parce qu’elle serait une œuvre supérieure, mais parce qu’elle s’attache à Jésus-Christ, le seul Juste. Elle n’est pas un mérite, mais une main vide tendue vers la grâce.
Et cette foi repose sur la grâce seule. Car tout vient de Dieu, non de l’homme. C’est Dieu qui justifie le pécheur, qui pardonne sans condition, qui régénère par son Esprit et relève celui qui s’humilie. La grâce, c’est le sourire de Dieu offert à celui qui ne le mérite pas. C’est la tendresse du Père envers le fils prodigue, le pardon du Christ envers le publicain qui dit : « Seigneur, sois apaisé envers moi, pécheur. »
Telle est la vérité qui a embrasé les Réformateurs :
« À Dieu seul la gloire ! » Car si le salut dépendait en quoi que ce soit de nous, nous pourrions nous en glorifier. Mais puisqu’il dépend entièrement de la grâce, tout honneur revient au Seigneur. L’Évangile est une bonne nouvelle, non une nouvelle loi. Il n’exige pas, il offre. Il ne commande pas d’abord de faire, il annonce que tout est accompli.
C’est pourquoi nous célébrons aujourd’hui la Réformation, non comme une victoire humaine, mais comme le retour à l’Évangile. Luther, Calvin, Bucer et tant d’autres n’ont rien inventé : ils ont simplement rouvert le livre de Dieu et redécouvert ce que les apôtres proclamaient déjà. Ils ont rappelé au monde que le salut n’est ni dans l’Église, ni dans le pape, ni dans les saints, mais dans le Christ seul.
« Car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4.12)
Aujourd’hui encore, cette vérité demeure la source et le centre de notre foi :
Nous sommes justifiés par la foi seule,
par la grâce seule,
en Jésus-Christ seul,
selon l’Écriture seule,
pour la gloire de Dieu seul.
C’est cela que nous célébrons. C’est cela que nous croyons. C’est cela que nous annonçons.

Et notre texte d’aujourd’hui illustre remarquablement cette grande et belle vérité.

I. Contexte et typologie des personnages

Le pharisien : le pieux modèle du premier siècle

Les Pharisiens étaient, au temps de Jésus, les représentants du judaïsme pieux. Ils prenaient leur nom de l’hébreu perushim, « les séparés » : séparés des impuretés, soucieux de garder la Loi jusque dans les moindres détails.
L’archéologie, notamment à Qumrân et Jérusalem, nous montre qu’ils formaient une élite spirituelle respectée, non des fanatiques, mais des gens sincères, instruits, qui lisaient la Loi chaque jour. Ils étaient les “orthodoxes” de leur temps, à la fois pieux et patriotes.

Jésus, dans les Évangiles, ne condamne pas leur zèle, mais leur autosatisfaction spirituelle. Il dit :

« Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas selon leurs œuvres » (Matthieu 23.3).
Il reproche leur hypocrisie, c’est-à-dire leur tendance à jouer un rôle religieux sans conversion intérieure.

Le publicain : le traître méprisé

Le publicain, ou collecteur d’impôts (telōnēs en grec), travaillait pour l’administration romaine. Les fouilles de Capharnaüm et Césarée ont révélé les “bureaux de douane” où ces hommes opéraient. Ils percevaient les taxes pour Rome et ajoutaient souvent leur marge personnelle.
Dans la société juive, ils étaient vus comme des collaborateurs, impurs, traîtres à la nation et à Dieu. Leur richesse sentait l’injustice.

Ainsi, Jésus place face à face le plus pieux des croyants et le plus méprisé des pécheurs. C’est une parabole explosive. Et pourtant, le verdict divin renverse tout : le pécheur humble est justifié, le religieux orgueilleux est condamné.

II. Exégèse du texte – Luc 18.9-14

Verset 9

« Il dit encore cette parabole à l’adresse de certains qui se persuadaient qu’ils étaient justes et méprisaient les autres. »

Le mot grec pepoithotas (ayant confiance) signifie une autosuffisance, une assurance en soi-même.
La racine peitho veut dire “être persuadé” — mais ici, c’est une persuasion mensongère : ils se font confiance à eux-mêmes plutôt qu’à Dieu.

Verset 10-12 : la prière du pharisien

Le pharisien se tient debout (statheis), posture légitime de prière. Mais son cœur est tourné vers lui-même :

« Je ne suis pas comme les autres hommes… je jeûne deux fois par semaine, je donne la dîme… »

Il fait l’inventaire de ses vertus : il n’est pas un brigand, ni adultère, ni injuste.
Chrysostome commente :

« Il n’est pas condamné pour ses œuvres, mais pour son orgueil. Ce qu’il a de bon, il le détruit en se glorifiant. » (Homélie sur Matthieu 66.3)

Et Calvin ajoute :

« Il n’y a rien de plus contraire à la grâce que de vouloir marchander avec Dieu par ses mérites. L’homme qui se glorifie devant Dieu n’a pas encore compris la misère de son âme. » (Commentaire sur Luc 18.11)

Verset 13 : la prière du publicain

« Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur ! »

Ici, l’humilité s’exprime en trois gestes :

  1. Il se tient à distance (makrothen) – il sait qu’il n’a pas sa place près de l’autel.
  2. Il n’ose pas lever les yeux – image du repentir vrai.
  3. Il se frappe la poitrine – signe de contrition et de douleur intérieure.

Le verbe grec qu’il emploie est crucial : hilastheti moi – « sois propice envers moi ».
C’est la même racine que hilastērion, le mot employé pour le “propitiatoire”, le couvercle de l’arche où le sang était répandu au Jour du Grand Pardon (Lévitique 16).
Ainsi, sa prière dit littéralement : « Que le sacrifice expiatoire me couvre ! »
Le publicain ne demande pas un adoucissement, mais une expiation. Il sait que seule la miséricorde obtenue par le sang peut le sauver.

Verset 14 : l’exégèse centrale

« Je vous le dis, celui-ci redescendit dans sa maison justifié (dedikaiōmenos), plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »

Le verbe dikaioō est au parfait passif : dedikaiōmenos – « ayant été justifié ».
C’est un verdict définitif : Dieu a rendu sa sentence. Le publicain repart justifié, déclaré juste devant Dieu.

Origène commente :

« Le publicain est descendu justifié, non parce qu’il était pécheur, mais parce qu’il a reconnu l’être. » (Homélies sur Luc 13)

Luther, en écho, écrit :

« La justice de Dieu n’est pas celle qu’il exige, mais celle qu’il donne à celui qui croit. Ce publicain a cru que Dieu pouvait le rendre juste. Voilà la foi. » (Préface à l’Épître aux Romains)

Et Calvin souligne encore :

« Dieu ne justifie que ceux qu’il a d’abord humiliés. » (Institution IV.17.3)

La phrase finale, ho hypsōn heauton tapeinōthēsetai — « celui qui s’élève sera abaissé » — est un principe spirituel universel :
l’humilité est la porte de la grâce, l’orgueil en est le verrou.

Dans nos armées, nous connaissons la tentation du pharisien : celle de croire que la discipline, la bravoure, ou la loyauté suffisent à nous rendre justes.
Mais Dieu ne cherche pas des soldats impeccables : il cherche des hommes qui savent qu’ils ne peuvent pas tout.
Dans le combat spirituel, comme à Rephidim, les bras levés vers Dieu sont plus forts que l’épée.

On raconte qu’un aumônier militaire britannique, pendant la guerre, priait chaque matin avec ces mots :

« Seigneur, garde-nous d’être fiers d’être debout, mais apprends-nous à savoir plier le genou. »
Cette attitude est celle du publicain : une posture de dépendance et de confiance.

III. Applications

  1. Dans la prière :
    Persévérer comme Moïse, non par performance, mais par foi. Même nos bras fatigués peuvent être soutenus par la communauté — Aaron et Hour d’aujourd’hui sont nos frères et sœurs en prière.
  2. Dans la vie chrétienne :
    Comme Paul, ne pas chercher la gloire humaine, mais la fidélité jusqu’au bout. La « couronne » n’est pas pour les parfaits, mais pour les persévérants.
  3. Dans la foi :
    Se tenir devant Dieu comme le publicain : reconnaître sa misère, confesser sa faute, et s’appuyer sur la seule justice du Christ.
    La justification n’est pas un mérite, mais une grâce reçue par la foi seule.

Conclusion

Frères et sœurs,
l’Évangile que la Réformation a redécouvert brille tout entier dans cette courte parabole racontée par Jésus : deux hommes montent au Temple pour prier. Le premier se confie dans sa piété, dans la pureté de sa vie, dans l’apparence de sa justice. Il remercie Dieu, mais en réalité, il se glorifie lui-même. Le second n’a rien à présenter, rien à revendiquer. Il se tient loin, n’ose même pas lever les yeux, et murmure seulement : « Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur. »
Et Jésus conclut : « Je vous le dis, celui-ci redescendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. »
Voilà toute la Réformation en une phrase.
Le pharisien incarne la religion des mérites, le publicain celle de la grâce. Le premier se fie à ses œuvres, le second s’abandonne à la miséricorde. Et c’est le pécheur repentant que Dieu déclare juste — non parce qu’il a changé, mais parce que Dieu, dans sa grâce souveraine, l’a couvert de la justice du Christ.
Telle est la justice de la foi : elle ne vient pas d’en bas, mais d’en haut. Elle ne s’obtient pas, elle se reçoit.
Celui qui croit, comme le publicain, reçoit du Seigneur une justice étrangère, une justice donnée, une justice imputée — celle de Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous.
C’est pourquoi le croyant peut sortir du temple, comme le publicain, justifié, libéré, réconcilié avec Dieu.
En célébrant aujourd’hui la Réformation, nous confessons que cette Parole demeure vraie pour tous les temps et pour tous les cœurs :
Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles.
Il ne cherche pas des justes, mais il rend justes les pécheurs.
Il ne demande pas des héros, mais il sauve ceux qui espèrent en sa miséricorde.
Alors, comme l’Église réformée depuis cinq siècles, redisons ensemble :
Nous sommes justifiés par la foi seule,
par la grâce seule,
en Jésus-Christ seul,
selon l’Écriture seule,
et pour la gloire de Dieu seul.
Et que cette parole du Christ retentisse dans nos vies comme une bénédiction :
« Celui qui s’humilie sera élevé. » (Luc 18.14)
Soli Deo Gloria.


Exégèse détaillée des textes

Exode 17.8-13 — Amalec et les mains levées de Moïse

Contexte

Israël est en marche vers le pays promis, et Amalec attaque par derrière à Rephidim. Ce passage illustre la lutte spirituelle et militaire, où la victoire dépend de l’intercession et du soutien communautaire.

Analyse verset par verset

Verset 8 : “Amalec vint attaquer Israël à Rephidim”

  • Mot hébreu clé : “va’yavo” (וַיָּבֹא) : indique un mouvement soudain et agressif. Amalec n’est pas seulement un ennemi militaire, il est un symbole de l’opposition systématique à Dieu.
  • Implication théologique : l’attaque n’est pas seulement physique, elle représente le conflit permanent entre la foi et le mal.

Verset 9 : “Josué fit sortir des hommes pour combattre Amalec”

  • “Yetse’u” (יֵצְאוּ) : sortent ou avancent — nuance de passage à l’action obéissante.
  • Dieu agit par l’intermédiaire de Josué, montrant que la victoire divine se manifeste souvent par l’action humaine fidèle.

Versets 10-11 : “Quand Moïse élevait les mains, Israël l’emportait”

  • Médiation : la main levée = geste de prière, symbole d’intercession.
  • Hébreu : “ya’amod” (יַעֲמֹד), “se tenir” ou “soutenir” : insiste sur la stabilité et la persévérance.
  • La dépendance de Josué vis-à-vis de Moïse illustre la co-dépendance de la foi et de la prière.

Verset 12 : “Ses mains soutenues par Aaron et Hur, Israël vainquit”

  • L’intervention de la communauté montre l’importance de l’appui fraternel dans la prière et l’action.
  • Théologie pratique : la victoire spirituelle se produit à travers la persévérance et la collaboration.

Verset 13 : “Josué vainquit Amalec”

  • La victoire finale est attribuée à Dieu, montrant que l’humilité et la dépendance à l’égard du Seigneur sont essentielles.
  • La figure de Moïse préfigure le Christ, médiateur entre Dieu et le peuple.

2 Timothée 4.6-8,16-18 — Derniers mots de Paul

Contexte

Paul, dans sa prison romaine, se prépare à mourir. Il fait le bilan de sa vie et de son ministère. La lettre insiste sur la justification par la foi, la fidélité dans la course spirituelle et la dépendance à Dieu.

Analyse détaillée avec mots grecs

Verset 6 : “Je suis déjà offert en sacrifice”

  • Grec : “ἐκκαθίστημι” (ekkathistēmi) : littéralement “mettre hors d’état”, “offrir entièrement”.
  • Sens : Paul se donne comme offrande volontaire, anticipant son martyr.
  • Dimension théologique : Paul voit sa vie comme sacrifice et offrande pour Dieu, écho à l’expiation du Christ.

Verset 7 : “J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi”

  • “agonizomai” (ἀγωνίζομαι) : combattre dans une lutte sportive ou militaire → lutte spirituelle active.
  • “dromos” (δρόμος) : course de fond, image de persévérance sur le long terme.
  • La combinaison de ces termes montre que la vie chrétienne est combat + endurance + fidélité.

Verset 8 : “Couronne de la justice”

  • “stephanos” (στέφανος) : couronne de lauriers pour vainqueur, pas une récompense monétaire mais symbolique d’honneur et de gloire.
  • Application : la couronne est promise par le juge juste, donc fondée sur la foi et la fidélité, non sur les œuvres humaines.

Versets 16-17 : “Personne ne m’a soutenu… Le Seigneur m’a assisté”

  • “epistamai” (ἐπισταμαι) : comprendre, connaître → Paul souligne la pleine conscience de la solitude humaine.
  • “endunamoō” (ἐνδυναμόω) : rempli de force, puissance divine qui dépasse les capacités humaines.
  • Théologie : Dieu est le véritable soutien et garant de l’efficacité du ministère.

Verset 18 : “Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume”

  • “rhyomai” (ῥύομαι) : délivrer, arracher à un danger, protection active.
  • Dimension eschatologique : délivrance finale = entrée dans le Royaume céleste.
  • Lien avec Exode : tout comme Israël a été sauvé par l’intercession de Moïse, Paul est sauvé par l’intercession et la puissance de Dieu.

Points communs avec Exode

  1. Médiation : Moïse intercède avec les mains levées → Paul se donne comme offrande.
  2. Dépendance à Dieu : la victoire ou le salut dépend de Dieu, non des forces humaines.
  3. Persévérance : mains levées + soutien communautaire → fidélité dans la course de la foi.
  4. Typologie messianique : Moïse préfigure le Christ, tout comme Paul incarne l’apôtre modèle de fidélité.

Luc 18.9-14 — La parabole du pharisien et du publicain

Texte et contexte

Jésus s’adresse à « certains qui étaient convaincus d’être justes et méprisaient les autres » (v.9). Il oppose deux attitudes devant Dieu : le pharisien, qui se félicite de sa justice, et le publicain, qui reconnaît sa faute.

1. Verset 9 : “Certains qui se croyaient justes et méprisaient les autres”

  • Grec : “οἱ πεποιθότες ἑαυτοῖς δίκαιοι εἰσίν”
    • “pepoithotes” (πεποιθότες) : confiance excessive, assurance en soi.
    • “dikaios” (δίκαιος) : juste, selon la Loi, mais ici détourné vers l’auto-justification.
  • Application : Jésus met en garde contre la confiance en ses mérites, source d’orgueil et de jugement des autres.

2. Versets 10-12 : Le pharisien et le publicain au Temple

Pharisien

  • Grecs clés :
    • “histēmi” (ἵστημι) : se tenir debout, posture de supériorité.
    • “en heautōi” (ἐν ἑαυτῷ) : “en lui-même”, introspection centrée sur l’ego.
    • “egō ouk eimi hṓs hoi loipoi” : “je ne suis pas comme les autres” → arrogance morale.
  • Typologie et archéologie :
    • Les pharisiens étaient une élite religieuse juive, attachée à la Loi orale et écrite.
    • Archéologiquement, on trouve des manuscrits de Qumrân et des inscriptions qui montrent leur zèle pour la pureté rituelle et la stricte observance.
  • Attitude spirituelle : conformité extérieure à la Loi, mais coeur fermé.

Publicain

  • Grec clés :
    • “teleiōn” (τελώνιον) : collecteur d’impôts, souvent considéré comme collaborateur et pécheur.
    • “deinōs” (δεινῶς) : frapper sa poitrine, geste de contrition profonde.
    • “epitrepsei moi” (ἐπιτρέψῃ μοι) : “montre-toi favorable” → demande de miséricorde, reconnaissance de sa condition.
  • Typologie et archéologie :
    • Les publicains étaient des employés romains collectant les taxes. Ils pouvaient abuser de leur position.
    • Archéologiquement, inscriptions romaines confirment leur rôle fiscal et souvent impopulaire.
  • Attitude spirituelle : humilité, conscience de la dépendance totale à Dieu.

3. Verset 13 : “Je vous le déclare : celui-ci descendit chez lui justifié”

  • Grec : “λέγω ὑμῖν ὅτι οὗτος κατεβήκεν εἰς τὸν οἶκον αὐτοῦ δικαιωθεὶς”
    • “dikaiōthēs” (δικαιωθεὶς) : justifié, reconnu juste devant Dieu, pas par mérites mais par humilité et repentance.
  • Lien théologique :
    • La justification par la foi et non par les œuvres — thème central chez Paul et chez Luther.
    • Rappel de l’enseignement des prophètes : Dieu regarde le cœur (1 S 16.7).

4. Verset 14 : “Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé”

  • Analyse grecque :
    • “ho hupsooōn katōthēsetai, ho de tapeinōn hupsooōthēsetai”
    • “hupsooōn / tapeinōn” : hauteur/abaissement, symbolisant l’orgueil vs l’humilité.
  • Exégèse patristique :
    • Origène : la parabole montre que l’ascension spirituelle n’est pas par le mérite, mais par l’humilité devant Dieu.
    • Augustin : le pharisien est l’homme de l’orgueil, le publicain est l’homme de la grâce.
  • Réformateurs :
    • Luther : met l’accent sur la dépendance totale à la miséricorde de Dieu, critiquant la confiance en ses œuvres.
    • Calvin : souligne que Dieu récompense l’humilité et l’appel sincère, non les œuvres visibles.

5. Liens avec les autres textes

LectureLien avec Luc 18.9-14
Exode 17.8-13Dépendance totale à Dieu : Moïse doit garder les mains levées, Paul doit rester fidèle, le publicain doit s’abaisser.
2 Timothée 4.6-8,16-18Fidélité jusqu’au bout, course spirituelle, espérance de la couronne divine.
Thème centralLa victoire et la justification dépendent de Dieu seul, par humilité, persévérance et foi sincère.

Commentaires de Martin Luther sur Luc 18.9-14

Martin Luther a beaucoup médité sur la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18.9-14), car elle illustre de façon éclatante le cœur de sa théologie : la justification par la foi seule (sola fide).
Je vais te présenter les principaux passages où Luther commente ce texte, avec extraits, contexte, et analyse doctrinale.

1. Dans ses “Sermons sur les Évangiles dominicaux” (1522–1525)

Luther prêche sur Luc 18.9-14 dans le cadre du 11e dimanche après la Trinité (dans le lectionnaire luthérien).
Il en tire une distinction fondamentale entre la justice de l’homme et la justice de Dieu.

a. Sur la prière du pharisien

« Le pharisien se glorifie devant Dieu et se confie en ses œuvres, comme si Dieu devait lui être redevable. Il ne prie pas, il accuse Dieu de ne pas lui donner assez de mérite. »

Luther souligne que le pharisien parle à Dieu mais pense à lui-même : sa prière est une auto-adoration.

« Il remercie Dieu, non pour les dons de Dieu, mais pour sa propre sainteté. Il fait de Dieu un spectateur de sa vertu. »

C’est ce qu’il appelle ailleurs une piété charnelle (fleischliche Frömmigkeit) : une religion du mérite et de la comparaison.


b. Sur la prière du publicain

« Le publicain ne trouve rien en lui qui puisse plaire à Dieu. Il ne se recommande que par la miséricorde divine. Voilà la vraie foi, voilà la vraie prière. »

Et encore :

« Celui-là seul prie vraiment qui ne trouve en lui rien dont il puisse se glorifier, mais tout ce dont il doit rougir. »

Le mot grec hilastheti (« sois apaisé envers moi ») permet à Luther d’établir un lien direct avec la doctrine de l’expiation :

« Le publicain ne s’approche pas sans médiation, mais il s’appuie sur la grâce du propitiatoire, c’est-à-dire sur le Christ, notre justice. »

Ainsi, la prière du publicain anticipe pour lui la foi du chrétien en la justification par le sang du Christ.

c. Sur la justification

« Celui-ci descendit justifié, non parce qu’il avait jeûné, prié ou donné l’aumône, mais parce qu’il a cru. Voilà la justice de Dieu : celle qu’il donne gratuitement à celui qui se reconnaît pécheur. »

Luther met ici en opposition :

  • la justice active (iustitia activa) – celle du pharisien, qui agit pour mériter ;
  • la justice passive (iustitia passiva) – celle du publicain, qui reçoit.

« La justice chrétienne n’est pas celle que nous faisons, mais celle que nous recevons. »

2. Dans la “Préface à l’Épître aux Romains” (1522)

Même si le texte de Luc n’est pas cité directement, Luther s’y réfère implicitement :

« L’homme doit être complètement abattu, afin qu’il apprenne à ne rien attendre de lui-même. Car celui qui veut être justifié par ses œuvres est encore le pharisien. »

Le publicain, au contraire, est l’image de la foi nue :

« Le croyant ne se présente pas devant Dieu avec ses vertus, mais avec son besoin de grâce. »

3. Dans les “Table Talk” (Tischreden, propos de table)

Luther revient souvent, avec humour et profondeur, sur cette parabole :

« Si Dieu avait voulu des pharisiens, il n’aurait pas envoyé son Fils. Le Fils de Dieu est venu pour les publicains, pour les voleurs, pour les pauvres pêcheurs comme moi. »

Et encore :

« Le pharisien est pieux, mais il prie mal. Le publicain est mauvais, mais il prie bien. Dieu préfère une mauvaise prière d’un cœur brisé à mille bonnes prières d’un cœur fier. »

4. Synthèse doctrinale de Luther sur Luc 18.9-14

ÉlémentPharisienPublicain
AttitudeSe glorifieSe repent
AppuiSes œuvresLa miséricorde de Dieu
CœurSatisfait, orgueilleuxBrisé, dépendant
Prière“Moi, je…”“Seigneur, sois propice”
RésultatNon justifiéJustifié par la foi

Luther voit dans ce texte une miniature de l’Épître aux Romains :

  • Romains 3.28 : « L’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. »
  • Le publicain illustre la sola gratia et la sola fide : il ne fait rien, il reçoit tout.

5. Quelques citations clés de Luther à retenir

  1. « Le publicain n’apporte rien, et il reçoit tout ; le pharisien apporte tout, et il ne reçoit rien. »
  2. « Le pharisien ne manque pas d’œuvres, mais de foi ; le publicain ne manque pas de péchés, mais de foi. »
  3. « Dieu ne peut remplir que ce qu’il a d’abord vidé. »
  4. « Celui qui se glorifie devant Dieu n’a pas encore connu Dieu. »
  5. « Le cœur abaissé attire la justice de Dieu, comme la vallée reçoit la pluie. »

Commentaire de Jean Calvin

Jean Calvin a également livré un commentaire très profond et pastoral sur Luc 18.9-14, notamment dans son Commentaire sur l’Évangile selon Luc (1555) et dans son Institution de la religion chrétienne.
Ce passage illustre chez lui la doctrine de la justification par la foi seule, tout autant que chez Luther, mais avec une rigueur exégétique et une sensibilité pastorale propres à la Réforme genevoise.

Voici une présentation complète des commentaires de Calvin sur ce texte, avec extraits, contexte théologique, et citations exactes traduites du français du XVIe siècle (modernisé pour clarté).

1. Le contexte du commentaire de Calvin

Dans son Commentaire sur Luc, Calvin aborde la parabole du pharisien et du publicain comme une leçon sur la vraie piété et sur la fausse justice religieuse.
Il voit dans cette parabole un résumé de l’Évangile :
Dieu justifie non ceux qui se croient justes, mais ceux qui s’humilient en confessant leur péché.

2. Sur Luc 18.9 — “Ils se persuadaient qu’ils étaient justes et méprisaient les autres”

« C’est une maladie ancienne et presque naturelle à l’homme, de vouloir s’estimer devant Dieu selon la mesure de sa propre justice. »

Calvin commence par diagnostiquer le fond du problème : l’autosuffisance spirituelle.
Pour lui, l’orgueil religieux est la racine de toutes les corruptions de la prière.

« La présomption d’une justice propre est une peste qui infecte toute religion. Car, tant que l’homme s’imagine avoir quelque chose en soi, il ne se soumet point à la grâce de Dieu. »

Cette idée revient sans cesse chez Calvin : la vraie piété commence quand la gloire humaine est anéantie.

3. Sur la prière du pharisien (versets 10–12)

« Ce n’est pas que le pharisien mente en se disant honnête homme : mais son erreur est qu’il s’arroge à soi-même ce que Dieu seul opère. »

Calvin reconnaît que le pharisien est peut-être moralement irréprochable — mais sa faute est spirituelle : il attribue à lui-même la source de sa vertu.

« Il remercie Dieu, mais ce n’est que par feinte : car il ne rend pas gloire à Dieu, mais à sa propre vertu. Ainsi la bouche loue Dieu, et le cœur se loue soi-même. »

Et encore :

« Il ne cherche point la grâce, parce qu’il s’imagine ne pas en avoir besoin. »

Calvin souligne donc le danger du religieux pieux mais autosuffisant — un danger bien plus subtil que celui du pécheur déclaré.

4. Sur la prière du publicain (verset 13)

« Le publicain n’a d’autre bouclier que la miséricorde. Et cette seule connaissance suffit à le rendre plus juste que mille sacrifices. »

Calvin admire la simplicité de cette prière :

« Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur. »
Il traduit hilastheti moi par :
« Sois réconcilié avec moi par quelque moyen d’expiation. »

Ce verbe hilaskomai renvoie, dit-il, à la notion d’expiation, de propitiation.
Calvin commente :

« Il appelle Dieu à miséricorde par l’espérance du sacrifice qui apaise sa colère : ce qui nous apprend que nul ne peut avoir paix avec Dieu, sinon par la réconciliation qui est en Jésus-Christ. »

Ainsi, le publicain prie déjà comme un chrétien : il s’appuie non sur ses œuvres, mais sur la grâce expiatrice que Dieu pourvoira en Christ.

5. Sur le verdict du Christ (verset 14)

« Celui-ci descendit justifié, plutôt que l’autre. »

Calvin remarque ici deux points essentiels :

  1. La justification du publicain n’est pas une récompense, mais un verdict gracieux.
  2. Ce verdict est immédiat et complet : « il descendit dans sa maison justifié ».

« Ce mot justifié ne veut pas dire que le publicain ait été rendu juste par quelque transformation intérieure, mais que Dieu l’a reçu en grâce, lui imputant la justice qu’il n’avait pas. »

C’est une phrase capitale :
Calvin distingue entre la justification imputée (déclarative) et la sanctification infusée (transformante).
Le publicain est déclaré juste parce que Dieu lui impute une justice qui n’est pas la sienne : celle du Christ.

« Dieu ne justifie que ceux qu’il a d’abord humiliés, afin que, n’ayant plus rien d’eux-mêmes, ils cherchent tout en sa miséricorde. »

Et Calvin conclut :

« La porte de la justification est fermée à quiconque s’élève, et elle s’ouvre à celui qui s’abaisse. »

6. Synthèse théologique

ThèmeEnseignement de Calvin
Nature du pharisienSymbole de la piété orgueilleuse, confiante en elle-même.
Nature du publicainSymbole du vrai croyant, repentant, conscient de son indignité.
JustificationActe judiciaire de Dieu, par pure grâce, sans œuvres.
FoiConfiance nue en la miséricorde divine révélée en Christ.
HumilitéCondition indispensable de la grâce : Dieu élève les humbles.
PrièreNon pas un mérite, mais une dépendance qui reçoit.

7. Passages parallèles dans l’Institution de la religion chrétienne

Dans Institution, III.xi.3–7, Calvin reprend les principes de Luc 18.

« Quand le publicain, se frappant la poitrine, s’accuse lui-même et ne plaide autre chose que miséricorde, il obtient plus auprès de Dieu que le pharisien chargé de mille vertus. »

Et encore :

« Celui qui se confie en sa propre justice met Dieu en dette envers lui. Mais celui qui se reconnaît pécheur laisse à Dieu toute gloire de le sauver. »

Enfin, Calvin résume la leçon spirituelle ainsi :

« Nous ne sommes justifiés que lorsque nous sommes dépouillés de toute gloire, afin que Dieu seul soit glorifié en notre salut. »

8. Citations clés de Calvin à retenir

  1. « La bouche du pharisien loue Dieu, mais son cœur se loue soi-même. »
  2. « Dieu ne justifie que ceux qu’il a d’abord humiliés. »
  3. « Le publicain n’a d’autre espérance que la miséricorde, et cela lui suffit. »
  4. « Être justifié, c’est être reçu en grâce, non pour nos mérites, mais parce que Dieu nous impute la justice du Christ. »
  5. « La porte de la justification s’ouvre à celui qui s’abaisse. »

Textes liturgiques

Proposition complète de textes liturgiques pour un culte réformé autour du thème central : humilité, persévérance et dépendance totale à Dieu, à partir des textes de Exode 17.8-13, 2 Timothée 4.6-8,16-18 et Luc 18.9-14, selon l’ordre classique d’un culte réformé : ouverture, loi, confession de péché, pardon, illumination, prédication, prière d’intercession, bénédiction.

Accueil et salutation

Frères et sœurs, nous sommes rassemblés en ce jour de la Réformation pour célébrer la fidélité du Seigneur qui conduit son Église selon sa Parole.
Notre secours est dans le nom de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre.
Grâce et paix vous sont données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ, par l’œuvre du Saint-Esprit.

Prière d’ouverture

Réjouissons-nous dans le Seigneur, car il est notre justice.
Approchons-nous de lui, non en nous confiant en nos œuvres, mais en la grâce qui nous est donnée en Jésus-Christ.
Écoutons ce que dit le Psalmiste :
« Les sacrifices qui plaisent à Dieu, c’est un esprit brisé ;
Ô Dieu, tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit. » (Psaume 51.19)
Prions :
Prière d’ouverture Seigneur notre Dieu,
Toi qui as relevé ton Église par la puissance de ta Parole,
Toi qui as suscité des témoins pour rappeler au monde ta grâce et ta vérité,
nous te bénissons pour la lumière de ton Évangile.
Donne-nous aujourd’hui d’adorer ton Saint Nom,
dans la reconnaissance et l’humilité du cœur,
afin que tout ce que nous ferons et dirons en ce lieu soit pour ta gloire seule.
Par Jésus-Christ notre Seigneur.
Amen.

Lecture de la loi

Écoutons la Loi de Dieu, telle qu’elle nous révèle notre péché et notre besoin de grâce :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.
Et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Deutéronome 6.5 ; Lévitique 19.18)

Seigneur, ta Loi est sainte et bonne,
mais nous reconnaissons que nous ne l’avons pas gardée.
Nous avons mis notre confiance en nous-mêmes,
et non dans ta justice.

Confession de péché

Prions ensemble :
Seigneur notre Dieu,
nous venons à toi comme le publicain du temple,
ne nous confiant pas en nos mérites,
mais te disant :
« Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur. »
Nous confessons notre orgueil, nos hypocrisies et notre indifférence.
Nous avons souvent substitué nos traditions à ta Parole,
nos œuvres à ta grâce,
nos certitudes à ta miséricorde.
Pardonne-nous, Seigneur,
et recrée en nous un cœur pur,
par Jésus-Christ, notre unique justice.
Amen.

Pardon et assurance

Écoutons la bonne nouvelle :
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1.9)
Ainsi parle le Seigneur :
« Le publicain descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. » (Luc 18.14)
En Jésus-Christ, nous sommes pardonnés, réconciliés et justifiés par la foi seule.
Rendons gloire à Dieu !

Cantique suggéré : Psaume 130 – « Du fond de ma détresse »
ou un cantique sur la grâce : “À toi la gloire” ou “C’est par ta grâce”.

Prière d’illumination

Éternel notre Dieu,
ta Parole est la lampe qui éclaire notre chemin.
Comme aux jours de la Réforme, répands de nouveau ton Esprit sur ton Église.
Délivre-nous de l’orgueil du savoir et ouvre nos cœurs à la vérité de ta grâce.
Fais-nous entendre, dans la lecture et la prédication de ton Évangile,
ta voix qui justifie le pécheur et relève le pauvre.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.

Lecture biblique pour la prédication

  1. Exode 17.8-13 — Moïse et la victoire sur Amalec
  2. 2 Timothée 4.6-8,16-18 — Paul et la fin de sa course
  3. Luc 18.9-14 — Parabole du pharisien et du publicain

Prière d’intercession

Seigneur notre Dieu,
nous te prions pour ton Église répandue dans le monde :
qu’elle demeure fidèle à ta Parole,
unie dans la vérité,
et courageuse dans le témoignage de l’Évangile.
Souviens-toi de celles et ceux qui souffrent pour le nom du Christ,
de ceux qui sont persécutés pour leur foi.
Nous te prions pour nos pays, pour les autorités que tu as établies,
afin qu’elles recherchent la justice et la paix.
Soutiens ceux qui servent, protègent et secourent leurs semblables,
particulièrement les soldats, les médecins, et tous ceux qui portent le fardeau du devoir.
Souviens-toi des pauvres, des malades, des affligés,
et fais de ton Église un instrument de consolation et de vérité.
Rends-nous humbles et fidèles,
afin que notre vie proclame la grâce que nous avons reçue.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.

Offrande

Souvenons-nous :« Ce n’est pas à cause de nos œuvres que Dieu nous a sauvés,mais selon sa miséricorde. » (Tite 3.5)Offrons-lui nos dons en signe de reconnaissance.

Bénédiction finale

Recevons la bénédiction du Seigneur :
Que le Dieu de toute grâce, qui nous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle,
vous affermisse et vous fortifie dans la foi.
Et que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence,
garde vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ.
Amen.

Cantique final suggéré : Psaume 46 – « Dieu est pour nous un sûr abri » (le psaume de Luther)


  1. Première lecture – Ben Sira le Sage 35.15b-17.20-22a
    Résumé :
    Ben Sira proclame que Dieu est un juge impartial, qui écoute la prière du pauvre, de l’orphelin, de la veuve et de l’opprimé. Le Seigneur ne se laisse pas impressionner par les sacrifices extérieurs mais regarde le cœur. La prière authentique, celle qui monte jusqu’au ciel, est celle du pauvre, du cœur brisé et humble. La vraie justice n’est pas dans les rites, mais dans la droiture intérieure et la confiance confiante en Dieu.
    Théologie :
    Dieu est juste et miséricordieux. Il ne se laisse pas corrompre par l’apparence ou le prestige, mais se laisse toucher par la vérité d’un cœur pauvre. La prière du pauvre révèle la véritable justice divine : celle d’un Dieu qui se penche vers la misère humaine. ↩︎

Commentaires

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Foedus

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture