La foi comme une graine de moutarde

Luc 17.5–10 : La foi comme une graine de moutarde (Vincent Bru)

Pour le dimanche 5 octobre (27ᵉ dimanche du Temps ordi­naire, année C), les lec­tures seront :

Pre­mière lec­ture : Haba­cuc 1.2–3 ; 2.2–41

Psaume : Ps 95 (94), 1–2, 6–7ab, 7d-8a, 92

Deuxième lec­ture : 2 Timo­thée 1.6–8, 13–143

Évan­gile : Luc 17.5–104

Exégèse sommaire des textes du jour

Habacuc 1.2–3 ; 2.2–4 – Le juste vivra par sa foi

Exé­gèse :

  • Haba­cuc crie face à la vio­lence et à l’injustice, deman­dant : « Jusqu’à quand, Sei­gneur ? » (1.2).
  • Dieu répond : la révé­la­tion s’accomplira en son temps (2.2–3).
  • Point cen­tral : « Le juste vivra par sa foi » (2.4), qui devien­dra une pierre angu­laire de la théo­lo­gie biblique (cité en Romains 1.17, Galates 3.11, Hébreux 10.38).
  • La foi est ici la per­sé­vé­rance confiante dans l’attente de la pro­messe de Dieu, mal­gré les appa­rences contraires.

Cita­tions :

  • Augus­tin : “Fides est cre­dere quod non vides ; huius fidei merces est videre quod cre­dis” (« La foi, c’est croire ce que tu ne vois pas ; la récom­pense de la foi, c’est voir ce que tu crois », Ser­mon 43).
  • Cal­vin : « La foi n’est pas une ima­gi­na­tion flot­tante, mais une cer­ti­tude ferme, repo­sant sur la pro­messe de Dieu » (Com­men­taire sur Haba­cuc 2.4).

Psaume 95 (94 BJ) – Aujourd’hui, n’endurcissez pas vos cœurs

Exé­gèse :

  • Appel à louer Dieu comme Créa­teur et Ber­ger (vv. 1–7).
  • Appel urgent à écou­ter sa voix et à ne pas endur­cir le cœur, rap­pe­lant la rébel­lion au désert (vv. 7–11).
  • Le Psaume sou­ligne l’importance de la foi comme écoute et obéis­sance, non comme dure­té et révolte.

Cita­tions :

  • Ori­gène : « Le ‘aujourd’hui’ du psaume est celui de chaque jour, afin que nul ne dif­fère sa conver­sion » (Homé­lies sur les Psaumes).
  • Luther : « La foi est une oreille qui s’ouvre à la Parole de Dieu » (WA 40/III, 155).

2 Timothée 1.6–8, 13–14 – Garde le dépôt de la foi

Exé­gèse :

  • Paul exhorte Timo­thée à rani­mer le don de Dieu reçu par impo­si­tion des mains (v. 6).
  • Dieu n’a pas don­né un esprit de timi­di­té, mais de force, d’amour et de sagesse (v. 7).
  • Il appelle à ne pas avoir honte de l’Évangile, mais à souf­frir pour lui (v. 8).
  • Enfin, gar­der « le bon dépôt » de la foi (vv. 13–14), c’est-à-dire l’enseignement apos­to­lique, grâce à l’Esprit.

Cita­tions :

  • Chry­so­stome : « Le dépôt est l’Évangile lui-même ; nous n’avons pas à l’inventer, mais à le conser­ver fidè­le­ment » (Homé­lies sur 2 Timo­thée).
  • Cal­vin : « La foi est gar­dée non par la force de l’homme, mais par le Saint-Esprit qui habite en nous » (Com­men­taire sur 2 Timo­thée 1.14).

Luc 17.5–10 – La foi comme un grain de moutarde et le serviteur inutile

Exé­gèse :

  • Les apôtres demandent : « Aug­mente en nous la foi ! » (v. 5).
  • Jésus répond que même une foi minus­cule peut accom­plir l’impossible (v. 6).
  • Puis il enseigne l’humilité : après avoir obéi, le ser­vi­teur ne se glo­ri­fie pas, mais dit : « Nous sommes des ser­vi­teurs inutiles ; nous n’avons fait que notre devoir » (vv. 7–10).
  • La vraie foi s’exprime à la fois par la puis­sance (qui vient de Dieu) et par l’humilité (qui vient de la grâce).

Cita­tions :

  • Chry­so­stome : « La puis­sance de la foi ne dépend pas de sa gran­deur, mais de sa véri­té » (Homé­lies sur Mat­thieu 57.2).
  • Cal­vin : « Jésus nous apprend que, quand bien même nous aurions accom­pli tout ce qui est com­man­dé, nous n’avons rien dont nous puis­sions nous glo­ri­fier » (Com­men­taire sur Luc 17.10).

Lien entre les quatre textes

  • Haba­cuc pose le fon­de­ment : la foi est ce qui fait vivre le juste, même au milieu des épreuves.
  • Le Psaume appelle à cette foi vivante qui écoute aujourd’hui la voix de Dieu et ne s’endurcit pas.
  • 2 Timo­thée montre la consé­quence : gar­der le dépôt de la foi avec cou­rage, amour et per­sé­vé­rance, mal­gré les souf­frances.
  • Luc culmine : la foi, même petite, accom­plit l’impossible et nous garde dans l’humilité du ser­vice.

Ensemble, ces textes forment un tout :

  • La foi s’enracine dans la pro­messe de Dieu (Haba­cuc).
  • Elle s’exprime dans l’écoute et l’obéissance (Psaume).
  • Elle se conserve et se trans­met dans l’Église par l’Esprit (2 Timo­thée).
  • Elle agit avec puis­sance et humi­li­té (Luc).

Exégèse détaillée de Luc 17.5–10

Luc 17.5–10 – Texte

Nou­velle ver­sion Segond révi­sée (Bible à la colombe) © Socié­té biblique fran­çaise – Bibli’O, 1978

5 Les apôtres dirent au Sei­gneur : Aug­mente-nous la foi. 6Et le Sei­gneur dit : Si vous aviez de la foi comme un grain de mou­tarde, vous diriez à ce mûrier : Déra­cine-toi, et plante-toi dans la mer ; et il vous obéi­rait.

7Qui de vous, s’il a un ser­vi­teur qui laboure ou fait paître les trou­peaux, lui dira, quand il revient des champs : Viens tout de suite te mettre à table ? 8Ne lui dira-t-il pas au contraire : Pré­pare-moi le repas, mets-toi en tenue pour me ser­vir, jus­qu’à ce que j’aie man­gé et bu ; après cela, toi, tu man­ge­ras et boi­ras. 9Au­ra-t-il de la recon­nais­sance envers ce ser­vi­teur parce qu’il a fait ce qui lui était ordon­né ? 10Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordon­né dites : Nous sommes des ser­vi­teurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.

1. Contexte littéraire

  • Ce pas­sage se trouve après l’enseignement de Jésus sur le scan­dale et le par­don (Luc 17.1–4).
    • Jésus vient d’enseigner l’exigence radi­cale du par­don (« même sept fois par jour »).
    • Les apôtres, sen­tant le poids de cette mis­sion impos­sible à la force humaine, demandent : « Aug­mente en nous la foi ».
  • Le texte com­bine deux para­boles ou images :
    • Foi comme un grain de mou­tarde (vv. 5–6).
    • Ser­vi­teurs quel­conques (vv. 7–10).
  • Les deux sec­tions sont liées : la foi per­met de faire l’impossible, mais elle conduit aus­si à l’humilité.

2. Analyse grecque

v. 5 – « Prosethés hēmin pistin »

  • Litt. « Ajoute pour nous la foi ».
  • Le verbe προστίθημι (pros­ti­the­mi) = ajou­ter, aug­men­ter.
  • Les apôtres recon­naissent que la foi est un don qui doit être reçu, non une res­source inté­rieure qu’on pro­duit par soi-même.

v. 6 – « Pistis hōs kokkon sinapeōs »

  • Pis­tis = foi, confiance, fidé­li­té.
  • Kok­kos sina­peōs = graine de mou­tarde (sym­bole de peti­tesse, mais aus­si de puis­sance vitale, cf. Luc 13.19).
  • Syka­mi­nos = mûrier (ou syco­more), arbre à racines pro­fondes, répu­té dif­fi­cile à déra­ci­ner.
  • Jésus montre que même une foi minus­cule, mais authen­tique, accom­plit l’impossible.
  • Il n’est pas ques­tion ici de quan­ti­té de foi, mais de sa nature et de son objet (Dieu).

vv. 7–9 – image du serviteur

  • Dou­los = esclave, ser­vi­teur.
  • La para­bole choque nos sen­si­bi­li­tés modernes, mais elle est claire : le maître n’est pas rede­vable au ser­vi­teur pour ce qui est « nor­mal ».
  • Le ser­vi­teur ne cherche pas recon­nais­sance, il obéit sim­ple­ment.

v. 10 – « douloi achreioi »

  • Tra­duc­tion lit­té­rale : « ser­vi­teurs inutiles » ou « sans mérite ».
  • Mais nuance : non pas inutiles au sens « sans valeur », mais « sans pro­fit » (ἀχρεῖος = qui n’apporte rien de plus).
  • Sens : même notre obéis­sance la plus fidèle n’ajoute rien à Dieu ; tout est grâce.

3. Exégèse théologique

a) La foi comme don, non comme mérite

  • La demande des apôtres (« aug­mente en nous la foi ») est juste : la foi vient de Dieu (Éphé­siens 2.8–9).
  • Jésus répond en dépla­çant la ques­tion : ce n’est pas la quan­ti­té de foi qui compte, mais la qua­li­té — c’est-à-dire l’objet de la foi.

b) La puissance de la foi authentique

  • Le grain de mou­tarde illustre que la plus petite vraie foi en Dieu est infi­ni­ment plus puis­sante que la plus grande confiance en soi-même.
  • Cal­vin com­mente : « Ce n’est pas tant la mesure de notre foi qui importe que sa pure­té : si seule­ment elle nous rat­tache au Christ, elle a en elle la force de Dieu même. » (Com­men­taire sur Luc 17.6).

c) L’humilité du disciple

  • Après avoir par­lé de la foi, Jésus enseigne sur le ser­vice humble.
  • Le dan­ger : croire que parce que la foi accom­plit des miracles, nous avons un mérite devant Dieu.
  • Au contraire, même après avoir obéi, nous devons dire : « Ser­vi­teurs quel­conques » — tout est grâce.
  • Augus­tin : « Quand Dieu cou­ronne nos mérites, il ne cou­ronne que ses dons. » (Ser­mon 169).

d) Foi et obéissance

  • Foi et obéis­sance vont ensemble :
    • La foi fait confiance à la Parole de Dieu (même quand elle paraît impos­sible).
    • L’obéissance vit dans l’humilité, sans récla­mer de recon­nais­sance.
  • Luther : « La foi seule jus­ti­fie, mais la foi qui jus­ti­fie n’est jamais seule : elle se montre par l’amour et l’obéissance. »

4. Applications pastorales

  • La foi n’est pas la vue : elle s’appuie sur la Parole de Dieu, non sur ce que nous voyons.
  • Contre­fa­çons de la foi : Super­sti­tion, opti­misme humain, croyance vague. Mais la foi chré­tienne est confiance en Dieu vivant et en sa Parole.
  • Foi et intel­li­gence : Comme Augus­tin et Anselme le rap­pellent, la foi pré­cède et encadre l’intelligence. Ce n’est pas du ratio­na­lisme, mais une foi rai­son­nable.
  • Humi­li­té : La foi ne mène pas à l’orgueil spi­ri­tuel. Même après l’obéissance, nous confes­sons que nous sommes des ser­vi­teurs « sans mérite », dépen­dants de la grâce.

Citations

Citations des Pères de l’Église

Jean Chrysostome († 407)

Sur la foi comme puis­sance divine, même petite :

« Ce n’est pas la peti­tesse de la foi qui fait obs­tacle, mais son absence. Car une foi même minus­cule, si elle est vraie, peut faire de grandes choses, parce qu’elle ne repose pas sur la force humaine, mais sur la puis­sance de Dieu. »
(Homé­lie sur Mat­thieu 57.2, PG 58, 563 ; paral­lèle à Luc 17.6).

Augustin d’Hippone († 430)

Sur l’humilité des ser­vi­teurs :

« Quand Dieu cou­ronne nos mérites, il ne cou­ronne que ses dons. »
(Ser­mon 169.11, PL 38, col. 923).

Sur la foi qui pré­cède l’intelligence :

« Ne cherche pas à com­prendre pour croire, mais crois afin de com­prendre. Car si tu ne crois pas, tu ne com­pren­dras pas. »
(Ser­mon 43.7,9, PL 38, col. 258).

Cyrille d’Alexandrie († 444)

Sur le « ser­vi­teur inutile » :

« Nous ne pou­vons pas, par nos propres œuvres, pré­tendre à un salaire de la part de Dieu, mais nous devons tou­jours nous recon­naître comme des débi­teurs de son amour et de sa grâce. »
(Com­men­taire sur Luc, Homé­lie 113, PG 72, 729).


Citations des Réformateurs

Martin Luther (1483–1546)

Sur la puis­sance de la foi :

« La foi fait que l’homme n’est rien en lui-même, mais tout en Dieu. Car ce n’est pas la gran­deur de la foi qui fait le miracle, mais la gran­deur de celui en qui la foi croit. »
(Pré­di­ca­tion sur Mat­thieu 17.20, WA 32, 430).

Sur le ser­vi­teur inutile :

« Nous ne méri­tons rien par nos œuvres, mais nous rece­vons tout par grâce. Ain­si, quand nous avons fait tout ce que Dieu com­mande, nous devons confes­ser que nous ne sommes que des ser­vi­teurs inutiles. »
(Haus­pos­tille, 1533, sur Luc 17.7–10, WA 52, 282).

Jean Calvin (1509–1564)

Sur la foi comme don :

« Les apôtres ne demandent pas à être débar­ras­sés de leurs fai­blesses, mais à être for­ti­fiés par une plus grande foi. (…) Ce n’est pas tant la quan­ti­té de notre foi qui importe que sa pure­té : si seule­ment elle nous rat­tache au Christ, elle a en elle la force de Dieu même. »
(Com­men­taire sur Luc 17.5–6).

Sur l’humilité :

« Bien que les œuvres des fidèles soient appe­lées bonnes devant Dieu, elles ne sont cepen­dant que des dettes que nous lui ren­dons. (…) Ce que nous fai­sons de bien vient de lui, et nous n’ajoutons rien à sa gloire. »
(Com­men­taire sur Luc 17.10).

Ulrich Zwingli (1484–1531)

Sur la foi et l’obéissance :

« La foi seule rend l’homme juste, mais elle n’est jamais seule : car là où elle est, elle pro­duit obéis­sance et ser­vice. »
(Com­men­ta­rius de vera et fal­sa reli­gione, 1525, p. 85).

Citations de théologiens contemporains

J. I. Packer

  1. « I need not torment myself with the fear that my faith may fail ; as grace led me to faith in the first place, so grace will keep me belie­ving to the end. Faith, both in its ori­gin and conti­nuance, is a gift of grace. » Lib Quotes+1
    → Ceci insiste sur le fait que la foi est à la fois un début (fides qua) et une per­sé­vé­rance, et que tout est grâce.
  2. « Wha­te­ver else in the Bible catches your eye, do not let it dis­tract you from Him. » logos.com+1
    → Vue comme la foi doit avoir pour objet Christ, pas de dis­trac­tions ni de sub­sti­tuts.
  3. « The Christian’s mot­to should not be ‘Let go and let God’ but ‘Trust God and get going.’ » The Gos­pel Coalition+1
    → Foi impli­quant action : confiance qui pro­voque l’obéissance, non pas paresse spi­ri­tuelle.

John Piper

  1. « Saving faith is the God-given act of the human heart recei­ving, as its supreme trea­sure, Jesus Christ with all that God did for us and is for us in him. » The King’s Table
    → Une foi qui accueille Christ, ce qu’il a accom­pli, ce qu’il est : fides quae.
  2. « The faith that jus­ti­fies is a faith that also sanc­ti­fies… The test of whe­ther our faith is the kind of faith that jus­ti­fies is whe­ther it is the kind of faith that sanc­ti­fies. » in X
    → Foi jus­ti­fi­ca­trice + fruits de sanc­ti­fi­ca­tion : foi vraie ne demeure pas sté­rile.
  3. « Faith has in it pride-killing power. » The King’s Table
    → La foi vraie humi­lie, trans­forme le croyant dans le rap­port à Dieu.

Tim Keller

  1. « Faith is not pri­ma­ri­ly a func­tion of how you feel. Faith is living out and belie­ving what truth is des­pite what you feel. » Theo­lo­gy Quotes
    → Cela rejoint l’idée que la foi ne dépend pas des sens ou des émo­tions, mais de la parole, de l’objet de foi.
  2. « Saving faith isn’t a level of psy­cho­lo­gi­cal cer­tain­ty ; it is an act of the will in which we rest in Jesus. » News­max
    → Foi volon­taire, ce n’est pas seule­ment « se sen­tir sûr » intel­lec­tuel­le­ment ou émo­tion­nel­le­ment.
  3. « If we say, ’I believe in Jesus,’ but it doesn’t affect the way we live, the ans­wer is not that now we need to add hard work to our faith so much as that we haven’t tru­ly unders­tood or belie­ved in Jesus at all. » News­max
    → La foi véri­table se voit dans l’obéissance, dans la trans­for­ma­tion.

Hen­ri Blo­cher (théo­lo­gien évan­gé­lique)

  • Dans son livre La foi et la rai­son il défend l’idée que la rai­son ne doit pas être oppo­sée à la foi : la foi chré­tienne est ration­nelle, argu­men­table, res­pon­sable. On peut cher­cher des rai­sons de croire, sans perdre la confiance. Librai­rie La Procure+2La Mai­son de la Bible France+2
  • Lors d’une confé­rence sur la foi évan­gé­lique, Blo­cher parle de la ten­sion entre objec­ti­vi­té et sub­jec­ti­vi­té dans la foi : d’un côté, l’Écriture comme fon­de­ment objec­tif, de l’autre, l’engagement per­son­nel, la confiance du croyant. « Ces deux insis­tances, objec­tive et sub­jec­tive, sont polai­re­ment oppo­sées, mais pour aller dans l’axe du mou­ve­ment évan­gé­lique, il faut aller dans ces deux sens. »

Le contraste entre la foi dans le christianisme classique et la foi dans le protestantisme libéral

1. La foi dans le christianisme classique

  • Foi comme confiance et comme conte­nu :
    • Fides qua (l’acte de croire, confiance vivante en Dieu).
    • Fides quae (le conte­nu de la foi, ce qui est cru : le Christ, l’Évangile, la Révé­la­tion).
  • Foi et rai­son : la rai­son n’est pas reje­tée, mais ordon­née à la foi.
    • Augus­tin : « Crede, ut intel­li­gas » — « Crois, pour com­prendre ».
    • Anselme : « Fides quae­rens intel­lec­tum » — « La foi en quête d’intelligence ».
  • La foi est don de Dieu :
    • Paul : « Le juste vivra par la foi » (Haba­cuc 2.4 repris en Romains 1.17).
    • Réfor­ma­teurs : la foi est le moyen par lequel nous rece­vons la grâce, non un mérite humain.
  • Pas­cal : « Le cœur a ses rai­sons que la rai­son ne connaît point. »
    • La foi n’est pas irra­tion­nelle, mais elle dépasse la rai­son seule.
    • Le cœur, pour Pas­cal, n’est pas l’émotionnel super­fi­ciel, mais le centre de la per­sonne, où l’intelligence et la volon­té sont uni­fiées.

Ain­si, dans la tra­di­tion clas­sique, la foi est à la fois rela­tion­nelle (confiance), objec­tive (conte­nu révé­lé), et rai­son­nable (mais au-delà du simple ratio­na­lisme).

2. La foi dans la théologie moderne et le protestantisme libéral

À par­tir du XVIIIᵉ siècle (Lumières, Kant, Schleier­ma­cher, Rit­schl, Bult­mann, etc.), la notion de foi a glis­sé :

  • Foi réduite à la sub­jec­ti­vi­té reli­gieuse :
    • Schleier­ma­cher : la foi est le sen­ti­ment de dépen­dance abso­lue.
    • On ne croit plus tant à une révé­la­tion exté­rieure, mais à une expé­rience inté­rieure.
  • Foi et rai­son sépa­rées :
    • Kant : on ne peut rien connaître de Dieu objec­ti­ve­ment. La foi devient un « pos­tu­lat pra­tique de la rai­son » pour don­ner un sens moral.
    • La foi chré­tienne devient alors essen­tiel­le­ment « utile » pour vivre mora­le­ment, mais pas une adhé­sion à des véri­tés révé­lées.
  • Foi et démy­tho­lo­gi­sa­tion :
    • Bult­mann : la foi n’est plus croyance aux évé­ne­ments sur­na­tu­rels (miracles, résur­rec­tion comme fait his­to­rique), mais ouver­ture exis­ten­tielle au sens.
    • La Bible n’est plus lue comme Révé­la­tion, mais comme texte qui « exprime » l’expérience reli­gieuse des pre­mières com­mu­nau­tés.
  • Résul­tat : la foi devient presque syno­nyme de « confiance ration­nelle dans l’idéal moral ou reli­gieux », au lieu de confiance dans un Dieu vivant qui agit et parle.

Ici, la foi est vidée de son conte­nu objec­tif et trans­for­mée en démarche exis­ten­tielle ou morale.

3. Le contraste : foi classique vs foi moderne/libérale

Chris­tia­nisme clas­siqueThéo­lo­gie moderne / libé­rale
Foi = confiance en Dieu + adhé­sion à la véri­té révé­léeFoi = expé­rience inté­rieure sub­jec­tive, sou­vent sans conte­nu dog­ma­tique
La foi est don de Dieu (grâce)La foi est une dis­po­si­tion humaine (sen­ti­ment, atti­tude morale)
La foi ordonne et éclaire la rai­son (foi rai­son­nable)La foi est réduite à la rai­son pra­tique, voire au ratio­na­lisme moral
La foi s’appuie sur la Révé­la­tion biblique et l’histoire du salutLa foi réin­ter­prète ou écarte les élé­ments sur­na­tu­rels pour res­ter « cré­dible » à l’homme moderne
Pas­cal : « Le cœur a ses rai­sons » (au-delà du ratio­na­lisme)Kant : foi = pos­tu­lat de la rai­son pra­tique ; Bult­mann : foi = déci­sion exis­ten­tielle

4. Pourquoi ce contraste est crucial

  • Sans la foi biblique, on perd l’objet de la foi (le Christ his­to­rique, mort et res­sus­ci­té pour nos péchés).
  • Avec une foi pure­ment ratio­na­liste, on garde peut-être une morale chré­tienne, mais plus l’Évangile.
  • La vraie foi :
    • n’est pas un saut irra­tion­nel,
    • n’est pas une simple confiance dans une valeur morale,
    • mais une adhé­sion rai­son­nable, fon­dée sur la Révé­la­tion divine, reçue par grâce, et vécue dans la confiance et l’obéissance.

5. Pour ton sermon

Tu peux dire quelque chose comme :

« Aujourd’hui encore, on confond foi et croyance vague, ou foi et sen­ti­ment reli­gieux. Mais Jésus ne dit pas : ‘Ayez un beau sen­ti­ment reli­gieux’, il dit : ‘Ayez la foi comme un grain de mou­tarde’, c’est-à-dire une foi enra­ci­née en Dieu vivant. Pas­cal rap­pe­lait que le cœur a ses rai­sons que la rai­son ne connaît point : la foi n’est pas irra­tion­nelle, mais elle dépasse la simple rai­son humaine. Là où la théo­lo­gie moderne a réduit la foi à une expé­rience sub­jec­tive, le Christ nous rap­pelle que la vraie foi repose sur une Parole, sur un conte­nu, et qu’elle pro­duit obéis­sance et humi­li­té. »


Illustrations sur la foi

« Dis à ton problème, j’ai un grand Dieu ! »

Cita­tion : « Ne dis pas à Dieu, j’ai un grand pro­blème ! Mais dit à ton pro­blème : J’ai un grand Dieu ! »

1. La tentation : mesurer nos problèmes

Les apôtres eux-mêmes demandent à Jésus : « Aug­mente en nous la foi ! » (v. 5). Ils se sentent petits devant les défis, les per­sé­cu­tions, les exi­gences du Royaume. Comme nous, ils voient d’abord la taille du pro­blème.

  • Nous disons : Sei­gneur, c’est trop lourd !
  • Nous voyons les mon­tagnes, mais pas tou­jours Celui qui peut les dépla­cer.

C’est ici que s’applique la parole : ne dis pas à Dieu : “J’ai un grand pro­blème”, mais dis à ton pro­blème : “J’ai un grand Dieu !”.

2. La réponse de Jésus : la foi comme un grain de moutarde

Jésus ren­verse la pers­pec­tive : le pro­blème n’est pas la taille de notre foi, mais l’objet de notre foi.

  • Une foi minus­cule, pla­cée en Dieu Tout-Puis­sant, suf­fit pour accom­plir l’impossible.
  • Ce n’est pas la force du croyant, mais la puis­sance de Dieu qui agit.

Comme dit Chry­so­stome : « La puis­sance de la foi ne dépend pas de sa gran­deur, mais de sa véri­té » (Homé­lie sur Mat­thieu 57.2).

La foi dit donc au pro­blème :

  • Tu sembles inébran­lable, mais mon Dieu est Créa­teur du ciel et de la terre.
  • Tu sembles écra­sant, mais mon Sau­veur a vain­cu la mort.
  • Tu sembles défi­ni­tif, mais l’Esprit de Dieu renou­velle toutes choses.

3. L’équilibre : puissance et humilité

Mais Jésus ajoute la para­bole du ser­vi­teur inutile (Luc 17.7–10). La foi n’est pas une baguette magique au ser­vice de nos dési­rs. Elle est confiance en Dieu, qui se tra­duit par une obéis­sance humble.

  • La vraie foi com­mande aux mon­tagnes, mais se pros­terne devant Dieu.
  • Elle déplace les obs­tacles, mais recon­naît que tout vient de la grâce.
  • Elle ne s’enorgueillit pas de ses vic­toires, mais dit : “Nous n’avons fait que notre devoir.”

Cal­vin com­mente : « Tout ce que nous fai­sons de bien vient de lui, et nous n’ajoutons rien à sa gloire » (Com­men­taire sur Luc 17.10).

4. Application

  • Quand tu es confron­té à un pro­blème, rap­pelle-toi : ta foi, même petite, est enra­ci­née dans un grand Dieu.
  • Adresse-toi à l’obstacle non pas avec tes forces, mais avec la pro­messe de Dieu.
  • N’oublie pas que la vraie vic­toire de la foi est l’humilité : rendre gloire à Dieu et non à soi-même.

La foi chré­tienne dit :

  • À la mala­die : Mon Dieu est le méde­cin des âmes et des corps.
  • À la peur : Mon Dieu est mon refuge et ma for­te­resse.
  • À la mort : Mon Rédemp­teur est vivant et je ver­rai sa gloire.

Ain­si, Luc 17 nous apprend que la foi ne mini­mise pas nos pro­blèmes, mais elle les replace à leur juste mesure devant la gran­deur de Dieu.


Le petit garçon

Un jour, un petit gar­çon mar­chait avec son père. Ils arri­vèrent devant un grand rocher au bord du che­min. Le gar­çon essaya de le sou­le­ver : impos­sible. Il pous­sa, tira, suait à grosses gouttes, mais le rocher ne bou­geait pas. Fina­le­ment, décou­ra­gé, il dit à son père :

Papa, je n’ai pas assez de force.
Le père répon­dit cal­me­ment :
As-tu uti­li­sé toutes tes forces ?
Oui ! dit le gar­çon, presque en pleu­rant.
Non, répon­dit le père, tu n’as pas deman­dé mon aide.

Alors, ensemble, ils mirent la main sur le rocher, et sou­dain, ce qui parais­sait impos­sible devint pos­sible.


Lien avec Luc 17

  • Le pro­blème, c’est le rocher immo­bile.
  • Le petit gar­çon, c’est cha­cun de nous face aux obs­tacles.
  • La vraie force, c’est la main du Père, la puis­sance de Dieu qui agit à tra­vers la foi.

La leçon : Même une foi comme un grain de mou­tarde suf­fit, parce qu’elle n’est pas foi en soi-même, mais foi en Dieu.


Sermon : « Seigneur, augmente en nous la foi »

Texte cen­tral : Luc 17.5–10

Introduction

Frères et sœurs en Christ,
nous enten­dons aujourd’hui une prière des Apôtres qui pour­rait être la nôtre :
« Sei­gneur, aug­mente en nous la foi ! » (Luc 17.5).
Nous voyons nos fai­blesses, nos doutes, nos décou­ra­ge­ments. Nous savons que la foi est le fon­de­ment de toute vie chré­tienne, et pour­tant nous en per­ce­vons si peu la force. Jésus nous répond que même une foi minus­cule, comme un grain de mou­tarde, peut dépla­cer les mon­tagnes. Mais il nous met aus­si en garde : la foi ne nous rend pas glo­rieux, mais ser­vi­teurs.

À tra­vers ces paroles, le Christ nous enseigne la nature de la vraie foi : non pas une puis­sance magique ou super­sti­tieuse, mais une confiance humble dans le Dieu vivant, enra­ci­née dans la Parole révé­lée, et tou­jours tour­née vers l’obéissance.

I. La vraie foi et ses contrefaçons

  1. Foi ≠ super­sti­tion
    • Les dis­ciples ne demandent pas une tech­nique pour accom­plir des miracles, mais une crois­sance dans leur confiance en Christ.
    • Jésus rejette toute idée de magie reli­gieuse. Il ne s’agit pas de réci­ter des for­mules pour for­cer Dieu.
    • Augus­tin aver­tis­sait : « Non est fides, sed super­sti­tio­nis error, si quis arbi­tra­tur in rebus huma­nis even­tum ex ali­qua neces­si­tate pen­dere, non ex Dei volun­tate » (De Civi­tate Dei, V, 1) – Ce n’est pas la foi, mais l’erreur de la super­sti­tion, de croire que les choses dépendent d’un des­tin aveugle et non de la volon­té de Dieu.
  2. Foi ≠ reli­gion païenne
    • Les reli­gions des nations cherchent sou­vent à apai­ser les dieux ou à mani­pu­ler le sacré.
    • La foi biblique, au contraire, est rela­tion, confiance dans le Dieu qui parle et qui agit.
    • Cal­vin écrit : « La vraie foi n’est pas une simple croyance qu’il y a un Dieu, mais une ferme per­sua­sion qu’il est notre Père, et que nous devons attendre tout bien de lui » (Ins­ti­tu­tion, III.2.7).
  3. Foi ≠ simple croyance vague
    • Jacques 2.19 : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu ? Tu fais bien. Les démons aus­si le croient, et ils tremblent. »
    • La foi n’est pas une opi­nion, mais une union vivante avec le Christ.

II. La foi comme confiance et comme contenu : fides qua et fides quae

  1. Fides qua cre­di­tur : la foi comme acte de confiance
    • C’est la main qui sai­sit la pro­messe de Dieu.
    • « Crois au Sei­gneur Jésus, et tu seras sau­vé » (Actes 16.31).
    • Anselme résu­mait : fides quae­rens intel­lec­tum – la foi en quête d’intelligence. On croit d’abord pour com­prendre ensuite.
  2. Fides quae cre­di­tur : la foi comme conte­nu reçu
    • La foi chré­tienne a un objet pré­cis : l’Évangile de Jésus-Christ.
    • Paul exhorte Timo­thée : « Garde le dépôt de la foi » (2 Timo­thée 1.14).
    • La foi sub­jec­tive (ma confiance) et la foi objec­tive (le conte­nu de la révé­la­tion) sont insé­pa­rables.
  3. Foi et intel­li­gence
    • Augus­tin : « Crede, ut intel­li­gas » – Crois pour com­prendre.
    • La révé­la­tion divine éclaire notre rai­son. Sans elle, nous errons dans les ténèbres du ratio­na­lisme ou de l’irrationalisme.
    • La foi chré­tienne n’abolit pas la rai­son, mais la redresse. Elle est une « foi rai­son­nable », car fon­dée sur la Parole infaillible de Dieu.

III. La foi et l’obéissance : « Nous sommes des serviteurs quelconques »

  1. La foi rend pos­sible l’impossible
    • Jésus parle d’un arbre déra­ci­né et jeté dans la mer : image de ce que Dieu peut faire par la foi.
    • Abra­ham, par la foi, crut contre toute espé­rance (Romains 4.18).
    • Les dis­ciples, par la foi, annoncent l’Évangile au monde entier.
  2. La foi nous garde dans l’humilité
    • Même après avoir accom­pli de grandes choses, le dis­ciple dit : « Nous sommes des ser­vi­teurs quel­conques. »
    • Chry­so­stome com­mente : « Ain­si, il coupe court à toute vani­té, ensei­gnant qu’après avoir tout fait, nous n’avons encore rien don­né en pro­por­tion de ce que nous avons reçu » (Hom. in Luc. 44).
    • Luther : « La foi est une œuvre divine en nous. Elle nous change, nous fait naître de nou­veau de Dieu, et nous tue, pour faire de nous de tout autres hommes, de cœur, de cou­rage, d’esprit et de sens » (Pré­face à l’épître aux Romains).

IV. Le lien avec les autres lectures du jour

  • Haba­cuc 1–2 : « Le juste vivra par sa fidé­li­té. » La foi est déjà pré­sen­tée comme l’attitude fon­da­men­tale devant Dieu. Paul repren­dra ce ver­set pour fon­der la jus­ti­fi­ca­tion par la foi (Romains 1.17).
  • Psaume 94 (95) : « Aujourd’hui, n’endurcissez pas vos cœurs. » La foi consiste à écou­ter la voix du Sei­gneur et à s’y confier.
  • 2 Timo­thée 1 : Paul exhorte à ravi­ver le don de Dieu et à gar­der le dépôt de la foi. La foi est trans­mise, gar­dée, nour­rie par l’Esprit.
  • Luc 17 : Jésus montre que la foi, même petite, rend pos­sible l’impossible, mais aus­si que cette foi nous place dans une obéis­sance humble.

Ain­si, les quatre lec­tures se rejoignent : le juste vit de la foi (Haba­cuc), écoute par la foi (Psaume), garde le dépôt de la foi (Timo­thée), agit et obéit par la foi (Évan­gile).

V. Illustrations et applications

  1. Foi et obs­tacles
    • Comme un arbre déra­ci­né, nos péchés, nos habi­tudes, nos craintes semblent impos­sibles à dépla­cer. Mais la foi en Christ agit là où nos forces échouent.
  2. Foi et mis­sion
    • Paul, enchaî­né, dit à Timo­thée : « N’aie pas honte de rendre témoi­gnage. » La foi donne cou­rage face à la per­sé­cu­tion, jusque dans le mar­tyre.
  3. Foi et humi­li­té
    • Dans un monde qui recherche la recon­nais­sance, Jésus nous apprend à ser­vir sans attendre de remer­cie­ments. La foi nous fait tra­vailler pour la gloire de Dieu seul (soli Deo glo­ria).
  4. Foi et vie quo­ti­dienne
    • Dans l’éducation des enfants, dans la mala­die, dans l’épreuve pro­fes­sion­nelle, la foi consiste à dire : « Sei­gneur, je ne vois pas, mais je crois. »

Conclusion

Frères et sœurs,
nous avons vu que la vraie foi n’est ni super­sti­tion ni simple croyance, mais confiance vivante dans le Christ et adhé­sion au dépôt de l’Évangile.

  • Avec elle, rien n’est impos­sible, car Dieu agit.
  • Sans elle, nous ne pou­vons même pas com­prendre les Écri­tures.
  • Elle nous pousse à l’humilité : nous sommes des ser­vi­teurs, et tout ce que nous fai­sons n’est que grâce.

Par la foi nous vou­lons nous appro­prier cette parole pleine de bon sens : « Ne dis pas à Dieu, j’ai un grand pro­blème, mais dis à ton pro­blème, j’ai un grand Dieu ! »

Alors repre­nons la prière des Apôtres, avec plus de conscience et plus d’espérance :
« Sei­gneur, aug­mente en nous la foi ! »


Textes liturgiques pour un culte réformé

1. Invocation / prière d’ouverture

Sei­gneur Tout-Puis­sant,
nous venons devant Toi avec nos cœurs faibles et notre foi sou­vent petite.
Comme les apôtres, nous Te deman­dons : « Aug­mente en nous la foi ! »
Viens répandre Ton Esprit sur nous aujourd’hui.
Que Ton Évan­gile nous for­ti­fie, nous éclaire et nous conduise à l’humilité et au ser­vice.
Amen.

2. Psaume ou cantique

Sug­ges­tion : Psaume 95 (94), v. 1–7

  • Invi­ta­tion à louer et à écou­ter la voix du Sei­gneur.
  • Thème : écou­ter Dieu, ne pas endur­cir son cœur, vivre par la foi.

Psaume 95 : Réjouis­sons-nous (ARC 95) (x4) – Ado­ra­tion

3. Loi / rappel de l’obéissance de Dieu

Écou­tez la Parole de Dieu :
« Le juste vivra par la foi. » (Haba­cuc 2.4)
Sei­gneur, nous confes­sons que nous ne pou­vons accom­plir Tes com­man­de­ments par nous-mêmes.
Nous avons besoin de la foi que Tu donnes pour mar­cher dans Tes voies et accom­plir Ta volon­té.

4. Confession de péché

Sei­gneur, nous confes­sons nos infi­dé­li­tés :
nos doutes, nos hési­ta­tions, notre confiance par­fois en nous-mêmes plu­tôt qu’en Toi.
Par­donne-nous pour les moments où notre foi fut faible, là où nous avons cher­ché la recon­nais­sance, là où nous avons dou­té de Ton amour et de Ta puis­sance.

5. Déclaration de pardon / assurance de grâce

Écou­tez la pro­messe de Dieu :
« Même si votre foi est comme un grain de mou­tarde, elle accom­plit de grandes choses. »
En Jésus-Christ, votre foi, même petite, est reçue et cou­ron­née de Sa puis­sance.
Allez, par­don­nés et forts dans la foi !

6. Lecture biblique

  1. Haba­cuc 1.2–3 ; 2.2–4 – La patience et la foi du juste.
  2. Luc 17.5–10 – La foi comme un grain de mou­tarde et l’humilité du ser­vi­teur.
  3. 2 Timo­thée 1.6–8, 13–14 – Gar­der le dépôt de la foi, per­sé­vé­rer cou­ra­geu­se­ment.

7. Prière d’illumination

Sei­gneur, ouvre nos cœurs et nos esprits pour com­prendre Ta Parole.
Donne-nous de voir com­ment la foi trans­forme notre vie.
Que ce que nous lisons aujourd’hui ne reste pas seule­ment dans nos pen­sées, mais qu’il prenne chair dans notre marche quo­ti­dienne.
Amen.

8. Cantique ou hymne sur la foi

Sug­ges­tions :

9. Prière de réponse / engagement

Sei­gneur, aug­mente en nous la foi !
Aide-nous à mar­cher hum­ble­ment comme Tes ser­vi­teurs.
Que notre confiance en Toi nous rende cou­ra­geux et per­sé­vé­rants.
Donne-nous de vivre par la foi chaque jour, dans toutes nos déci­sions et nos rela­tions.
Amen.

10. Prière d’intercession

Sei­gneur Tout-Puis­sant et vivant,

Nous venons devant Toi aujourd’hui avec des cœurs humbles, recon­nais­sant notre dépen­dance totale à Ton Esprit. Comme les apôtres, nous Te deman­dons : « Sei­gneur, aug­mente en nous la foi ! » (Luc 17.5).

Dans un monde où l’incrédulité se répand, où les fon­de­ments mêmes de la foi sont remis en ques­tion, nous Te prions pour Ton Église :

  • Renou­velle la foi de Ton peuple.
  • Fais que chaque croyant se lève avec cou­rage, ani­mé par une foi qui accom­plit l’impossible.
  • Que nos com­mu­nau­tés ne se contentent pas d’une foi tiède ou super­fi­cielle, mais qu’elles marchent avec confiance en Toi, même lorsque tout autour semble s’effondrer.

Sei­gneur, nous Te confions les défis de notre époque :

  • Que la foi l’emporte sur l’incrédulité, sur le ratio­na­lisme et le scep­ti­cisme qui tentent de réduire Ton Évan­gile à un idéal moral ou à un sen­ti­ment humain.
  • Donne-nous de res­ter fermes face à l’humanisme athée, et que notre témoi­gnage montre que la vie trouve sa plé­ni­tude en Toi seul.
  • Ins­pire-nous à défendre une culture de vie, à pro­cla­mer la digni­té de chaque per­sonne, et à contes­ter la culture de mort qui déva­lo­rise la vie humaine dès sa concep­tion et dans ses fra­gi­li­tés.

Sei­gneur Jésus,

  • Fais de nous des ser­vi­teurs fidèles, humbles et obéis­sants (Luc 17.7–10), qui recon­naissent que tout vient de Toi.
  • Aide Ton Église à por­ter la Bonne Nou­velle aux villes, aux vil­lages, aux familles et aux cœurs per­dus.
  • Que nous soyons des témoins auda­cieux, non par nos forces, mais par la puis­sance de Ton Esprit.

Nous Te prions pour ceux qui doutent et qui sont ten­tés de se détour­ner de Toi :

  • Que Ton Esprit souffle sur eux, ravive leur cœur, et leur montre que même un petit pas de foi peut dépla­cer la mon­tagne du péché et de la peur.
  • Que la lumière de Ton Évan­gile brille dans les ténèbres de l’indifférence et de l’apathie.

Sei­gneur, donne à Ton peuple la clair­voyance spi­ri­tuelle pour dis­cer­ner les contre­fa­çons de la foi :

  • La super­sti­tion, le ratio­na­lisme, la foi réduite à un sen­ti­ment ou à une morale humaine.
  • Fais que nous ne nous fions qu’à Toi, et à Toi seul, pour notre salut et pour la trans­for­ma­tion de notre socié­té.

Enfin, Sei­gneur, nous Te confions nos vies, nos familles, nos Églises, et nos nations :

  • Aug­mente en nous la foi, comme un grain de mou­tarde qui devient un arbre capable de sou­te­nir les oiseaux du ciel (Luc 17.6).
  • Que Ton royaume vienne, que Ta volon­té soit faite sur la terre comme au ciel, et que Ton Évan­gile triomphe dans le cœur de cha­cun et dans notre culture.

Nous Te prions par Celui qui est la foi vivante et qui nous a don­né le Saint-Esprit, Jésus-Christ notre Sei­gneur.

Amen.

11. Bénédiction finale

Que le Sei­gneur, qui donne la foi et for­ti­fie les cœurs,
vous rem­plisse de Sa paix et de Son amour.
Allez dans le monde avec humi­li­té, confiance et ser­vice.
Que votre foi accom­plisse ce que Dieu seul peut réa­li­ser.
Amen.


  1. Haba­quq 1.2–3 – Jusques à quand, Éter­nel,
    Appel­le­rai-je au secours
    Sans que tu écoutes,
    Te crie­rai-je : Vio­lence !
    Sans que tu sauves ?
    3 Pour­quoi me fais-tu voir le mal
    Et regardes-tu l’op­pres­sion ?
    Pillage et vio­lence sont devant moi,
    Il y a contes­ta­tion,
    Et la dis­pute s’é­lève.
    Haba­quq 2.2–4
    2 L’É­ter­nel me répon­dit en ces termes :
    Écris une vision,
    Grave-la sur les tablettes,
    Afin qu’on la lise cou­ram­ment.
    3 Car c’est une vision dont l’é­chéance est fixée,
    Elle aspire à son terme,
    Elle ne déce­vra pas.
    Si elle tarde, attends-la,
    Car elle s’ac­com­pli­ra cer­tai­ne­ment,
    Elle ne sera pas dif­fé­rée.
    4 Voi­ci que son âme est enflée,
    Elle n’est pas droite en lui,
    Mais le juste vivra par sa foi.
    Nou­velle ver­sion Segond révi­sée (Bible à la colombe) © Socié­té biblique fran­çaise – Bibli’O, 1978. ↩︎
  2. Psaumes 94
    1  Dieu des ven­geances, Éter­nel !
    Dieu des ven­geances, parais dans ta splen­deur !
    2 Lève-toi, juge de la terre !
    Pour rendre aux orgueilleux selon leurs œuvres !
    3 Jusques à quand les méchants, ô Éter­nel !
    Jusques à quand les méchants exul­te­ront-ils ?

    4 Ils dis­courent, ils parlent avec rai­deur ;
    Tous ceux qui com­mettent l’in­jus­tice se consultent.
    5 Éter­nel ! ils écrasent ton peuple,
    Ils humi­lient ton héri­tage ;
    6 Ils tuent la veuve et l’é­tran­ger,
    Ils assas­sinent les orphe­lins
    7 Et ils disent : L’É­ter­nel ne voit pas,
    Le Dieu de Jacob ne fait pas atten­tion !

    8 Faites atten­tion, stu­pides gens !
    Insen­sés, quand aurez-vous du bon sens ?
    9 Celui qui a plan­té l’o­reille n’en­ten­drait-il pas ?
    Celui qui a for­mé l’œil ne regar­de­rait-il pas ?
    10 Celui qui cor­rige les nations ne répri­man­de­rait-il pas,
    Lui qui enseigne la connais­sance aux humains ?
    11 L’É­ter­nel connaît les pen­sées des humains !
    Elles sont vaines !

    12 Heu­reux l’homme que tu cor­riges, ô Éter­nel !
    Que tu ins­truis par ta loi,
    13 Pour lui don­ner la tran­quilli­té aux jours du mal­heur,
    Jus­qu’à ce que le gouffre soit creu­sé pour le méchant !
    14 Car l’É­ter­nel ne délaisse pas son peuple,
    Il n’a­ban­donne pas son héri­tage ;
    15 Car le juge­ment revien­dra à la jus­tice,
    Et tous ceux dont le cœur est droit se ral­lie­ront à lui.

    16 Qui se dres­se­ra pour moi contre les méchants ?
    Qui se tien­dra pour moi contre ceux qui com­mettent l’in­jus­tice ?
    17 Si l’É­ter­nel n’é­tait pas mon secours,
    Mon âme serait bien vite dans la demeure du silence.
    18 Quand je dis : Mon pied chan­celle !
    Ta bien­veillance, Éter­nel, me sert d’ap­pui.
    19 Quand une foule de pré­oc­cu­pa­tions (s’a­gite) au-dedans de moi,
    Tes conso­la­tions rem­plissent mon âme de délices.

    20 Ont-ils par­tie liée avec toi, les magis­trats de mal­heur
    Qui façonnent l’op­pres­sion à l’aide du code ?
    21 Ils s’at­troupent contre la vie du juste
    Et condamnent le sang inno­cent.
    22 Mais l’É­ter­nel est ma for­te­resse,
    Mon Dieu est le rocher de mon refuge.
    23 Il fera retom­ber sur eux leur faute,
    Il les rédui­ra au silence par leur méchan­ce­té ;
    L’É­ter­nel, notre Dieu, les rédui­ra au silence.
    Nou­velle ver­sion Segond révi­sée (Bible à la colombe) © Socié­té biblique fran­çaise – Bibli’O, 1978. ↩︎
  3. 2 Timo­thée 1.6–8, 13–14 – 6 C’est pour­quoi, je t’ex­horte à rani­mer la flamme du don de Dieu que tu as reçu par l’im­po­si­tion de mes mains. 7 Car ce n’est pas un esprit de timi­di­té que Dieu nous a don­né, mais (un esprit) de force, d’a­mour et de sagesse. 8 N’aie donc pas honte du témoi­gnage à rendre à notre Sei­gneur, ni de moi, pri­son­nier pour lui. Mais souffre avec moi pour l’É­van­gile, par la puis­sance de Dieu.
    13 Retiens dans la foi et dans l’a­mour qui est en Christ-Jésus, le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. 14 Garde le bon dépôt par le Saint-Esprit qui habite en nous.
    Nou­velle ver­sion Segond révi­sée (Bible à la colombe) © Socié­té biblique fran­çaise – Bibli’O, 1978
    ↩︎
  4. Luc 17.5–10 – 5 Les apôtres dirent au Sei­gneur : Aug­mente-nous la foi. 6 Et le Sei­gneur dit : Si vous aviez de la foi comme un grain de mou­tarde, vous diriez à ce mûrier : Déra­cine-toi, et plante-toi dans la mer ; et il vous obéi­rait.
    7 Qui de vous, s’il a un ser­vi­teur qui laboure ou fait paître les trou­peaux, lui dira, quand il revient des champs : Viens tout de suite te mettre à table ? 8 Ne lui dira-t-il pas au contraire : Pré­pare-moi le repas, mets-toi en tenue pour me ser­vir, jus­qu’à ce que j’aie man­gé et bu ; après cela, toi, tu man­ge­ras et boi­ras. 9 Aura-t-il de la recon­nais­sance envers ce ser­vi­teur parce qu’il a fait ce qui lui était ordon­né ? 10 Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordon­né, dites : « Nous sommes des ser­vi­teurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.« 
    Nou­velle ver­sion Segond révi­sée (Bible à la colombe) © Socié­té biblique fran­çaise – Bibli’O, 1978. ↩︎

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