Pour lire l’image
Cette image illustre un phénomène fréquent dans l’histoire politique : la tentation de sacraliser le pouvoir en empruntant au langage symbolique de la religion. Lorsque l’imaginaire chrétien est utilisé pour glorifier un dirigeant ou une nation, il cesse d’orienter vers le salut universel annoncé par l’Évangile et devient un instrument de légitimation politique. L’image révèle ainsi la proximité parfois troublante entre religion civile et iconographie chrétienne.
Une image générée par intelligence artificielle montrant Donald Trump dans une posture rappelant le Christ guérissant un malade a récemment circulé sur les réseaux sociaux. Rapidement supprimée par Trump lui-même, qui affirme avoir pensé à une scène médicale liée à la Croix-Rouge, elle a néanmoins suscité une vive polémique. Au-delà de l’anecdote, cet épisode révèle une question plus profonde : la tentation persistante de sacraliser le pouvoir politique. À la lumière de la pensée d’Abraham Kuyper, cette confusion entre salut religieux, nation et chef politique apparaît comme une dérive typique de la religion civile moderne.
Trump, MAGA et la tentation de sacraliser la politique
Une image générée par intelligence artificielle a récemment circulé sur les réseaux sociaux : Donald Trump y apparaît dans une scène rappelant les représentations classiques du Christ guérissant un malade. Diffusée après une critique virulente adressée au pape Léon XIV, l’image a provoqué un tollé, notamment parmi certains catholiques américains. Trump a finalement supprimé la publication en affirmant qu’il pensait être représenté comme un médecin lié à la Croix-Rouge. Au-delà de la polémique immédiate, cet épisode révèle un phénomène plus profond : la persistance d’un imaginaire religieux dans la représentation du pouvoir politique. Mais observé à la lumière de la pensée d’Abraham Kuyper, cet épisode révèle surtout une confusion dangereuse entre foi chrétienne, nation et pouvoir.
Une iconographie religieuse immédiatement reconnaissable
La scène reprend un motif très ancien de l’art chrétien : la guérison miraculeuse. Dans les Évangiles, le Christ impose les mains aux malades et la lumière divine accompagne l’acte de guérison. Pendant des siècles, cette iconographie a nourri l’art sacré et la piété populaire.
Dans l’image diffusée, ces codes sont transposés dans un cadre politique : geste d’imposition des mains, lumière céleste, foule recueillie autour du personnage central. Mais l’arrière-plan introduit un autre registre : drapeau américain, Statue de la Liberté, aigles et avions de chasse.
La scène mêle ainsi trois univers symboliques : religieux, national et militaire. L’image ne représente donc pas simplement un dirigeant politique ; elle construit une figure providentielle où se confondent salut, nation et puissance. Cette fusion constitue précisément ce que Kuyper considérait comme l’une des dérives possibles de la modernité politique.
Une image profondément américaine
Cette iconographie ne peut être comprise sans référence à la culture visuelle américaine. Contrairement à une idée répandue en Europe, le protestantisme américain n’est pas dépourvu d’images religieuses. Il a produit une culture visuelle populaire très codifiée.
Un exemple célèbre est le portrait Head of Christ (1940) de Warner Sallman, qui a diffusé dans tout le monde protestant une image d’un Jésus doux, lumineux et accessible. De nombreuses représentations du Christ dans la culture populaire américaine reprennent ces codes : lumière dorée, frontalité, proximité émotionnelle avec le spectateur.
Ces codes se retrouvent dans l’image de Trump : robe claire, lumière enveloppante, geste de guérison, présence rassurante face au malade. L’intelligence artificielle n’invente pas cette esthétique : elle la recycle à partir de millions d’images issues de la culture visuelle américaine.
Mais précisément, pour Kuyper, cette culture religieuse populaire devait toujours rester distincte de l’autorité politique. Lorsque ces codes sont transférés à une figure politique, une confusion théologique apparaît.
Religion civile et imaginaire MAGA
L’image ne relève pas seulement de l’iconographie religieuse. Elle mobilise aussi une grammaire politique très identifiable dans l’univers MAGA. Ce courant politique, construit autour du slogan « Make America Great Again », associe volontiers patriotisme, providentialisme et narration historique.
Dans certaines œuvres de l’artiste américain Jon McNaughton, Trump apparaît déjà entouré de fidèles en prière ou placé au centre d’une scène quasi providentialiste. L’image générée par IA franchit un pas supplémentaire : le chef politique n’est plus seulement soutenu par la prière, il devient lui-même l’agent du salut.
Ce phénomène correspond à ce que le sociologue Robert Neelly Bellah appelait la religion civile américaine : un système symbolique où la nation reçoit une mission quasi sacrée.
Or c’est précisément ici qu’une critique kuyperienne devient nécessaire.
La critique kuyperienne : nation et royaume de Dieu
La pensée d’Abraham Kuyper repose sur une distinction fondamentale : le Royaume de Dieu ne s’identifie jamais à une nation particulière. Aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne peut être confondue avec le peuple de Dieu.
Kuyper reconnaissait l’importance de l’identité nationale et du patriotisme. Mais il rejetait toute sacralisation politique. Pour lui, la souveraineté appartient au Christ seul et aucune autorité humaine ne peut prétendre incarner une mission salvatrice.
Dans cette perspective, une image représentant un dirigeant politique comme guérisseur providentiel constitue une confusion symbolique grave. Elle introduit dans l’imaginaire politique un langage messianique qui appartient exclusivement au Christ.
La souveraineté des sphères contre le messianisme politique
La critique devient encore plus claire si l’on applique la doctrine kuyperienne de la « souveraineté des sphères ». Selon Kuyper, Dieu a institué différentes sphères dans la société : l’Église, l’État, la famille, l’économie, l’école. Chacune possède sa propre autorité.
L’État a pour mission de maintenir l’ordre et la justice. Mais il n’est ni une Église, ni un instrument de salut. Dès que le pouvoir politique adopte un langage quasi religieux ou prétend incarner une mission historique sacrée, il sort de sa vocation propre.
L’image de Trump guérisseur national s’inscrit précisément dans cette dérive : elle attribue à une figure politique une fonction symbolique qui relève du domaine religieux.
La tentation permanente de la religion politique
La Bible met pourtant en garde contre cette confusion. L’Écriture reconnaît l’utilité des autorités civiles pour maintenir l’ordre et la justice (Romains 13.1–4). Mais elle rappelle aussi que toute autorité humaine demeure limitée.
Dans l’Apocalypse, l’Empire devient une « bête » précisément lorsqu’il revendique une légitimité quasi divine (Apocalypse 13).
Kuyper lui-même était particulièrement attentif à cette tentation permanente de l’histoire humaine : transformer le pouvoir politique en instrument de salut collectif.
Une leçon apologétique
L’image de Trump en thaumaturge national n’est pas seulement une provocation médiatique. Elle révèle une dérive plus profonde de la culture politique contemporaine : la tentation de sacraliser la nation et de messianiser le pouvoir.
Or la théologie réformée rappelle une vérité simple : le Christ règne sur toute la création, mais aucun dirigeant politique ne peut prétendre incarner ce règne.
Dès que la nation devient l’objet d’une espérance quasi religieuse, le christianisme se trouve instrumentalisé.
Le salut ne vient ni d’un chef politique, ni d’un mouvement national, ni d’une puissance militaire.
Le seul Sauveur est le Christ.
Annexes
Annexe 1 – Présidents américains et religion
La religion a toujours occupé une place visible dans la culture politique américaine. Cependant, contrairement à certaines caricatures, les présidents des États-Unis n’ont jamais constitué un bloc religieux homogène. Leur appartenance confessionnelle reflète surtout l’histoire religieuse du pays, longtemps dominée par différentes traditions protestantes.
Une majorité écrasante de protestants
Depuis la fondation des États-Unis, la très grande majorité des présidents ont été issus du protestantisme. Cela s’explique par la matrice religieuse des colonies anglaises d’Amérique du Nord : anglicanisme, congrégationalisme puritain, presbytérianisme et baptisme y ont façonné la culture politique.
Parmi ces traditions protestantes, plusieurs ont été particulièrement représentées :
– Épiscopaliens (héritiers de l’anglicanisme) : George Washington, James Madison, James Monroe, Franklin D. Roosevelt, George H. W. Bush, etc.
– Presbytériens : Andrew Jackson, Woodrow Wilson, Dwight Eisenhower.
– Méthodistes : Ulysses Grant, Rutherford Hayes, Harry Truman.
– Baptistes : Warren Harding, Jimmy Carter, Bill Clinton.
– Congrégationalistes ou réformés : John Adams, John Quincy Adams, Calvin Coolidge.
Ces différentes Églises appartiennent toutes au vaste monde protestant, mais avec des sensibilités théologiques très variées.
Les présidents catholiques
Pendant longtemps, le catholicisme suscita une certaine méfiance dans la politique américaine. On craignait notamment qu’un président catholique soit soumis à l’autorité du pape.
Ce n’est qu’au XXᵉ siècle que cette barrière symbolique a été franchie.
Deux présidents américains ont été catholiques :
– John F. Kennedy
– Joe Biden
Lors de sa campagne en 1960, Kennedy avait dû affirmer publiquement qu’il ne recevrait aucune directive politique de Rome.
Cas particuliers
Certains présidents ne correspondent pas exactement aux grandes catégories confessionnelles :
– Richard Nixon appartenait à la tradition quaker.
– Thomas Jefferson était fortement influencé par le déisme des Lumières.
– Donald Trump se dit presbytérien par héritage familial mais est généralement considéré comme peu pratiquant.
Une religion civile américaine
Au-delà des appartenances confessionnelles, les États-Unis ont développé ce que le sociologue Robert Bellah a appelé une religion civile américaine : un ensemble de symboles et de références religieuses utilisés dans la vie publique.
Discours présidentiels, serments sur la Bible, invocation de Dieu dans les cérémonies nationales : ces pratiques montrent que la culture politique américaine demeure marquée par un imaginaire religieux, même lorsque les présidents eux-mêmes appartiennent à des traditions très différentes.
Cette dimension explique en partie pourquoi les débats entre religion et politique restent particulièrement visibles dans la vie publique américaine.
Annexe 2 – L’univers MAGA
L’expression « MAGA » – acronyme du slogan Make America Great Again – désigne à l’origine une formule de campagne utilisée par Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2016. Mais au fil du temps, elle a fini par désigner bien davantage qu’un slogan électoral : un univers politique, culturel et symbolique qui structure une partie du paysage conservateur américain contemporain.
Un mouvement politique et culturel
Le phénomène MAGA n’est pas simplement un courant partisan classique. Il fonctionne aussi comme un imaginaire collectif. On y retrouve plusieurs thèmes récurrents : la restauration d’une grandeur nationale perdue, la défense de la souveraineté américaine, la critique des élites politiques et médiatiques, ainsi qu’une forte valorisation du patriotisme.
Cet imaginaire mobilise abondamment des symboles visuels : drapeau américain monumental, aigle, armée, références à la fondation des États-Unis, figures héroïques de l’histoire nationale. Ces images sont largement diffusées sur les réseaux sociaux, dans les campagnes politiques et dans une production artistique militante.
Une grammaire visuelle
Dans cet univers visuel, le chef politique est souvent présenté comme une figure centrale de restauration nationale. Certaines œuvres, diffusées surtout dans l’espace numérique, associent explicitement patriotisme et symboles religieux.
Un exemple notable est la peinture politique de Jon McNaughton, dont plusieurs tableaux mettent en scène Trump entouré de symboles religieux ou de figures historiques américaines. Ces œuvres ne relèvent pas seulement de l’esthétique : elles participent à la construction d’un récit politique où la nation américaine est perçue comme investie d’une mission particulière.
Religion civile et nationalisme
Pour comprendre ce phénomène, plusieurs sociologues ont mobilisé le concept de « religion civile américaine ». Le sociologue Robert Neelly Bellah a décrit ce système symbolique comme un ensemble de rites, de mythes et de références religieuses qui donnent à la nation une dimension quasi sacrée.
Dans cette perspective, certains éléments du christianisme – langage providentialiste, références bibliques, symboles de salut ou de protection – peuvent être intégrés dans un récit patriotique plus large. La nation apparaît alors comme porteuse d’une vocation historique particulière.
Un imaginaire contesté
Cette fusion entre symboles religieux et narration nationale fait l’objet de critiques, y compris au sein du christianisme américain. Plusieurs théologiens et responsables d’Église mettent en garde contre le risque de confondre foi chrétienne et identité nationale.
La tension est ancienne dans l’histoire américaine : comment affirmer une identité nationale marquée par le christianisme sans transformer la foi en instrument politique ? L’univers MAGA constitue aujourd’hui l’une des expressions contemporaines de cette question.
Ainsi, l’image de Trump représenté comme un guérisseur ou une figure quasi messianique ne relève pas seulement d’une provocation isolée. Elle s’inscrit dans un imaginaire plus large où patriotisme, symboles religieux et leadership politique tendent parfois à se confondre.
MAGA à la lumière d’Abraham Kuyper
Le mouvement MAGA partage avec la pensée d’Abraham Kuyper l’idée que la foi chrétienne ne doit pas être confinée à la sphère privée et peut inspirer l’engagement politique. Cependant, Kuyper refuse toute sacralisation d’une nation ou d’un leader politique. Sa doctrine de la « souveraineté des sphères » limite aussi le pouvoir de l’État et distingue clairement Église, société et politique. Il défend en outre un pluralisme confessionnel dans la société. Là où l’univers MAGA tend parfois vers un nationalisme religieux, Kuyper rappelle que le Royaume de Dieu ne s’identifie à aucun projet politique.
Bibliographie sommaire
Sources sur Abraham Kuyper et la pensée politique réformée
Abraham Kuyper, Lectures on Calvinism, Grand Rapids, Eerdmans, 1931 (conférences données à Princeton en 1898).
Texte majeur où Kuyper expose la vision calviniste du monde, notamment la souveraineté du Christ sur toutes les sphères de la création.
Abraham Kuyper, Sphere Sovereignty, in James D. Bratt (dir.), Abraham Kuyper : A Centennial Reader, Grand Rapids, Eerdmans, 1998.
Présentation synthétique de la doctrine kuyperienne de la « souveraineté des sphères ».
James D. Bratt, Abraham Kuyper : Modern Calvinist, Christian Democrat, Grand Rapids, Eerdmans, 2013.
Biographie intellectuelle de référence sur Kuyper et son engagement politique.
Herman Bavinck, Reformed Dogmatics, Grand Rapids, Baker Academic, 2003–2008.
Cadre théologique de la pensée néo-calviniste dans lequel s’inscrit la réflexion politique de Kuyper.
Religion civile américaine et politique
Robert Neelly Bellah, Civil Religion in America, Daedalus, vol. 96, n°1, 1967.
Article fondateur définissant le concept de « religion civile américaine ».
Robert N. Bellah, The Broken Covenant : American Civil Religion in Time of Trial, Chicago, University of Chicago Press, 1975.
Mark A. Noll, America’s God : From Jonathan Edwards to Abraham Lincoln, Oxford, Oxford University Press, 2002.
Analyse historique de la formation de la culture religieuse américaine.
Christianisme et nationalisme politique
Andrew L. Whitehead & Samuel L. Perry, Taking America Back for God : Christian Nationalism in the United States, Oxford, Oxford University Press, 2020.
Étude sociologique majeure sur le nationalisme chrétien américain contemporain.
Philip S. Gorski, American Covenant : A History of Civil Religion from the Puritans to the Present, Princeton, Princeton University Press, 2017.
John Witte Jr., Religion and the American Constitutional Experiment, Boulder, Westview Press, 2016.
Réflexions théologiques critiques
Herman Bavinck, Christian Worldview, Wheaton, Crossway, 2019.
Présentation synthétique de la vision chrétienne réformée de la culture et de la société.
Cornelius Van Til, Christianity and Barthianism, Phillipsburg, Presbyterian & Reformed, 1962.
Réflexion apologétique sur les présupposés religieux des systèmes culturels modernes.
Ces ouvrages permettent de situer le débat autour de l’image de Trump dans un cadre plus large : celui des relations complexes entre christianisme, nation et pouvoir politique dans l’histoire moderne.
Outils pédagogiques
Objectif pédagogique
L’image représentant Donald Trump dans une posture rappelant le Christ guérissant un malade a suscité une vive polémique. Au-delà du cas particulier, elle offre un excellent point de départ pour réfléchir à une question plus profonde : comment distinguer l’engagement politique légitime des chrétiens et la sacralisation du pouvoir politique ? La théologie réformée, notamment à travers la pensée d’Abraham Kuyper, fournit des repères utiles pour discerner ces phénomènes.
1. Identifier le phénomène
Questions pour analyser la situation
– Quels éléments de l’image rappellent explicitement l’iconographie chrétienne ?
– Quels symboles nationaux ou militaires sont associés à cette iconographie ?
– Quelle impression générale produit la scène : politique, religieuse ou les deux ?
– Pourquoi ces images peuvent-elles susciter des réactions fortes ?
Repères
Dans l’histoire politique, il est fréquent que le pouvoir emprunte des symboles religieux afin de renforcer son autorité. Lorsque des images de salut, de miracle ou de mission divine sont associées à une figure politique, la frontière entre foi et pouvoir devient floue.
2. Comprendre la notion de religion civile
Questions
– Qu’entend-on par « religion civile » ?
– Une nation peut-elle posséder un imaginaire religieux propre ?
– En quoi la religion civile diffère-t-elle du christianisme ?
Repères
La religion civile désigne un ensemble de symboles, de récits et de rites qui donnent à la nation une dimension quasi sacrée. Dans ce système symbolique, la nation peut apparaître comme investie d’une mission particulière dans l’histoire.
3. Le discernement kuyperien
Questions
– Pourquoi Abraham Kuyper insiste-t-il sur la distinction entre les différentes sphères de la société ?
– En quoi cette distinction protège-t-elle la foi chrétienne ?
– Que se passe-t-il lorsque le pouvoir politique adopte un langage religieux ?
Repères
La doctrine de la « souveraineté des sphères » affirme que Dieu a institué différentes autorités dans la société : l’Église, l’État, la famille, l’école, etc. Chacune possède sa mission propre. Lorsque l’État prétend incarner une mission spirituelle ou salvatrice, il sort de sa vocation.
4. Fondement biblique
Textes à méditer
Romains 13.1–4 – Le rôle légitime des autorités civiles
Actes 5.29 – « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes »
Apocalypse 13 – La critique biblique des pouvoirs politiques qui se divinisent
Questions
– Comment la Bible reconnaît-elle l’autorité politique tout en la limitant ?
– Pourquoi le christianisme se méfie-t-il de toute prétention politique absolue ?
5. Lien avec la théologie réformée
Repères confessionnels
La tradition réformée insiste sur deux principes complémentaires :
– l’autorité politique est légitime et voulue par Dieu pour maintenir l’ordre et la justice ;
– aucune autorité humaine ne peut prétendre exercer une fonction salvatrice.
Questions de synthèse
– Pourquoi le christianisme refuse-t-il la divinisation du pouvoir politique ?
– Comment un chrétien peut-il être patriote sans sacraliser la nation ?
– Quels signes permettent de reconnaître une instrumentalisation politique de la religion ?
Conclusion
L’histoire montre que la tentation de sacraliser le pouvoir est permanente. La théologie réformée rappelle cependant une distinction fondamentale : la politique peut poursuivre la justice et le bien commun, mais elle ne peut jamais devenir un instrument de salut. Le christianisme affirme que le salut ne vient ni d’une nation, ni d’un chef politique, mais du Christ seul.

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