Glacier himalayen fracturé au-dessus d’un torrent de boue, avec deux sauveteurs tenant une corde près d’une passerelle endommagée.

Si Dieu est bon et tout-puissant, pourquoi les catastrophes naturelles ?

Avatar de Vincent Bru

Pour lire l’image

Le gla­cier frac­tu­ré et le tor­rent qui enva­hit la val­lée donnent à voir une créa­tion à la fois majes­tueuse et bles­sée. Les deux sau­ve­teurs, minus­cules devant l’ampleur du pay­sage, rap­pellent que la Pro­vi­dence n’abolit ni les causes natu­relles ni la res­pon­sa­bi­li­té humaine. L’ouverture lumi­neuse à l’horizon sug­gère enfin une espé­rance réelle, mais sans réponse facile à la souf­france.


Le 26 août 2026, l’effondrement bru­tal d’une masse de glace et de roche dans l’Himalaya a déclen­ché une crue dévas­ta­trice à la fron­tière entre le Népal et le Tibet. Au moment où ces lignes sont écrites, les bilans res­tent pro­vi­soires et divergent encore selon les sources, mais ils font déjà état de cen­taines de morts et de plus de 1 300 dis­pa­rus. Les pre­mières dépêches avaient évo­qué un séisme de magni­tude 4,4 comme déclen­cheur ; cette inter­pré­ta­tion a ensuite été révi­sée, le signal sis­mique ayant été attri­bué à l’effondrement lui-même. La pré­ci­sion scien­ti­fique compte. Elle n’apaise pour­tant pas la ques­tion que sou­lèvent les mai­sons englou­ties, les familles sans nou­velles et les corps reti­rés de la boue : si Dieu est par­fai­te­ment bon et tout-puis­sant, pour­quoi un monde gou­ver­né par lui contient-il des catas­trophes qui frappent sans dis­tin­guer l’enfant de l’adulte, le juste de l’injuste, le croyant de l’incroyant ? Le chris­tia­nisme ne peut esqui­ver cette objec­tion. Mais il ne l’aborde pas à par­tir d’un monde sup­po­sé intact.

Quand la création elle-même semble accuser son Créateur

L’objection est sérieuse

Le pro­blème du mal ne concerne pas seule­ment les crimes, les guerres ou les vio­lences humaines. Une part de la souf­france paraît venir du monde lui-même : séismes, tsu­na­mis, érup­tions, mala­dies, séche­resses, ava­lanches, crues et glis­se­ments de ter­rain. Les phi­lo­sophes parlent alors, par conven­tion, de mal natu­rel, non parce qu’une mon­tagne ou une rivière pos­sé­de­rait une volon­té mau­vaise, mais parce que cer­tains pro­ces­sus natu­rels pro­duisent souf­france, des­truc­tion et mort.

L’objection peut être for­mu­lée de deux manières. Sa ver­sion logique affirme que le mal est incom­pa­tible avec un Dieu bon et tout-puis­sant. Sa ver­sion pro­ba­bi­liste, plus forte aujourd’hui, sou­tient que la quan­ti­té, l’intensité et l’apparente gra­tui­té de cer­taines souf­frances rendent l’existence d’un tel Dieu dif­fi­cile à croire.

Il faut prendre cette objec­tion au sérieux. Une théo­lo­gie qui répon­drait trop vite que Dieu a ses rai­sons sans regar­der les morts et les familles endeuillées man­que­rait de véri­té et de com­pas­sion. Mais l’émotion, aus­si légi­time soit-elle, ne dis­pense pas davan­tage d’examiner le rai­son­ne­ment. Pour qu’il y ait contra­dic­tion for­melle, il fau­drait ajou­ter une pré­misse : un Dieu par­fai­te­ment bon empê­che­rait néces­sai­re­ment toute souf­france qu’il aurait le pou­voir d’empêcher. Or cette pré­misse n’est pas évi­dente. Un bien supé­rieur, la pré­ser­va­tion d’un ordre créé cohé­rent, une jus­tice, une fina­li­té his­to­rique ou des rai­sons qui dépassent notre connais­sance peuvent rendre mora­le­ment pos­sible la per­mis­sion tem­po­raire d’un mal. Cela ne prouve pas encore pour­quoi telle catas­trophe a lieu. Cela suf­fit tou­te­fois à mon­trer que la contra­dic­tion logique n’est pas éta­blie.

Une cause naturelle n’exclut pas la Providence

Les sciences peuvent cher­cher avec une pré­ci­sion crois­sante ce qui s’est pro­duit dans l’Himalaya : sta­bi­li­té d’un gla­cier, masse de glace et de roche, pente, dyna­mique du tor­rent, rup­ture d’un bar­rage natu­rel, vul­né­ra­bi­li­té des val­lées. Elles doivent le faire. Com­prendre les causes phy­siques per­met d’alerter, d’évacuer et de sau­ver des vies.

Mais une expli­ca­tion phy­sique et une affir­ma­tion sur la Pro­vi­dence ne répondent pas à la même ques­tion. Dire qu’une crue a été pro­vo­quée par l’effondrement d’un gla­cier explique une cause pro­chaine. Cela ne répond ni à la ques­tion méta­phy­sique de savoir pour­quoi il existe un monde ordon­né par des causes, ni à la ques­tion théo­lo­gique de savoir si ce monde échappe ou non au gou­ver­ne­ment de Dieu.

La foi chré­tienne n’oppose donc pas Dieu l’a fait à la nature l’a fait comme des expli­ca­tions concur­rentes. Dans la concep­tion clas­sique de la Pro­vi­dence, Dieu gou­verne réel­le­ment le monde au moyen de causes secondes qui pos­sèdent leur consis­tance propre. La gra­vi­té est réelle. La glace se frac­ture réel­le­ment. L’eau suit réel­le­ment la pente. Les déci­sions humaines et les infra­struc­tures ont éga­le­ment des effets réels. Affir­mer la sou­ve­rai­ne­té de Dieu n’abolit pas ces causes ; et décou­vrir une cause natu­relle ne réfute pas, à elle seule, la Pro­vi­dence.

La Bible ne décrit pas notre monde comme un monde intact

L’objection contre Dieu sup­pose sou­vent, impli­ci­te­ment, que si le chris­tia­nisme était vrai, nous devrions vivre dans un monde cor­res­pon­dant encore direc­te­ment au très bon de la créa­tion ori­gi­nelle. Or ce n’est pas le récit biblique.

La Genèse affirme d’abord la bon­té de la créa­tion. La matière n’est pas mau­vaise. Le corps n’est pas une pri­son. La terre, l’eau, les mon­tagnes, les ani­maux et l’être humain appar­tiennent à une œuvre vou­lue par Dieu. Le mal n’est donc pas une com­po­sante éter­nelle de la réa­li­té ni l’envers néces­saire de Dieu.

Mais Genèse 3 intro­duit une rup­ture qui ne concerne pas seule­ment l’intériorité de l’homme. Le péché désor­donne la rela­tion à Dieu, aux autres, à soi-même et à la terre. Le sol est atteint par la malé­dic­tion, le tra­vail devient pénible et la mort entre dans l’horizon humain. Paul reprend cette pers­pec­tive lorsqu’il décrit, en Romains 8.20–22, la créa­tion sou­mise à la vani­té et gémis­sant dans les dou­leurs de l’enfantement.

Il serait exces­sif de pré­tendre que ce texte four­nit une théo­rie géo­phy­sique de chaque séisme ou de chaque ava­lanche. Il four­nit quelque chose d’autre : le cadre théo­lo­gique dans lequel le chris­tia­nisme com­prend le monde pré­sent. La créa­tion demeure bonne comme créa­tion de Dieu, ordon­née et intel­li­gible, mais elle n’est plus dans son état final ni dans l’intégrité de son com­men­ce­ment. Le monde que nous connais­sons est à la fois créé, conser­vé, bles­sé et pro­mis à la déli­vrance.

Cette doc­trine ne trans­forme pas une catas­trophe par­ti­cu­lière en sanc­tion iden­ti­fiable. Jésus lui-même refuse ce rac­cour­ci. En Luc 13.1–5, évo­quant des hommes tués par Pilate puis dix-huit per­sonnes mortes sous la chute de la tour de Siloé, il rejette l’idée selon laquelle les vic­times auraient été plus cou­pables que les autres. Il appelle cha­cun à la repen­tance, mais il n’autorise pas ses audi­teurs à éta­blir un clas­se­ment moral des vic­times. Le livre de Job détruit déjà la méca­nique qui fait de toute souf­france la consé­quence immé­diate d’une faute per­son­nelle.

Dieu n’est pas un spectateur impuissant

Une autre réponse consiste à pro­té­ger la bon­té de Dieu en dimi­nuant sa sou­ve­rai­ne­té : Dieu vou­drait empê­cher les catas­trophes, mais il ne le pour­rait pas tou­jours. Cette solu­tion paraît com­pa­tis­sante, mais elle obtient la bon­té divine au prix de la toute-puis­sance et de la Pro­vi­dence bibliques. Elle laisse sur­tout l’espérance finale sus­pen­due à un Dieu qui pour­rait encore être dépas­sé demain par les forces qu’il n’a pas maî­tri­sées aujourd’hui.

La théo­lo­gie réfor­mée refuse cette échap­pa­toire. Rien n’arrive en dehors du gou­ver­ne­ment pro­vi­den­tiel de Dieu. Cela ne signi­fie pas que Dieu soit mora­le­ment mau­vais, ni que les dis­tinc­tions entre le Créa­teur, les créa­tures et les causes secondes dis­pa­raissent. Cela signi­fie que le hasard abso­lu n’est pas le maître caché de l’histoire.

C’est pré­ci­sé­ment ici que le pro­blème devient le plus aigu : si Dieu pou­vait empê­cher une catas­trophe et ne l’empêche pas, pour­quoi la per­met-il ?

À cette ques­tion géné­rale, la foi chré­tienne apporte plu­sieurs élé­ments : le monde est déchu ; Dieu pour­suit une his­toire qui dépasse l’instant ; la souf­france peut être inté­grée à des fins que nous ne per­ce­vons pas immé­dia­te­ment ; le juge­ment et la grâce appar­tiennent tous deux à son gou­ver­ne­ment ; aucun mal ne pour­ra fina­le­ment défaire son des­sein. Mais à la ques­tion par­ti­cu­lière – pour­quoi cette val­lée, cette famille, cet enfant, ce jour-là ? – nous devons sou­vent répondre : nous ne le savons pas.

Cette igno­rance n’est pas une expli­ca­tion. Elle est une limite. Le chris­tia­nisme ne nous donne pas accès au conseil secret de Dieu. Il inter­dit donc deux pré­somp­tions contraires : décla­rer que l’événement est absurde parce que nous n’en connais­sons pas la rai­son, ou inven­ter avec assu­rance la rai­son divine pré­cise que Dieu n’a pas révé­lée.

Un monde stable peut aussi être un monde dangereux

Il existe en outre une dif­fi­cul­té que l’objection oublie par­fois. Pour que nous puis­sions agir, apprendre, pré­voir et exer­cer une res­pon­sa­bi­li­té, le monde doit pos­sé­der une cer­taine sta­bi­li­té. L’eau doit avoir des pro­prié­tés constantes, la matière obéir à des régu­la­ri­tés, nos actions pro­duire des consé­quences suf­fi­sam­ment pré­vi­sibles. Un uni­vers dans lequel Dieu sus­pen­drait à chaque ins­tant les lois natu­relles pour empê­cher toute bles­sure serait dif­fi­ci­le­ment un monde où une action humaine réelle, une science et une res­pon­sa­bi­li­té durable seraient pos­sibles.

Or les mêmes struc­tures qui rendent la vie pos­sible peuvent, dans cer­taines cir­cons­tances, deve­nir dan­ge­reuses. La gra­vi­té per­met de mar­cher ; elle rend aus­si une chute mor­telle. L’eau est indis­pen­sable à la vie ; elle peut noyer. Les reliefs, les cycles cli­ma­tiques et les dyna­miques géo­lo­giques appar­tiennent à un monde habi­table, mais ils com­portent des risques.

Cet argu­ment ne démontre pas que chaque catas­trophe était néces­saire ni que chaque degré de souf­france soit expli­qué. Il montre seule­ment qu’un monde natu­rel stable n’est pas néces­sai­re­ment un monde par­fai­te­ment sûr. Une par­tie de ce que nous appe­lons catas­trophe naît aus­si de la ren­contre entre un pro­ces­sus natu­rel, une vul­né­ra­bi­li­té humaine et par­fois des déci­sions humaines. Pré­ven­tion, urba­nisme, pau­vre­té, défo­res­ta­tion, qua­li­té des infra­struc­tures ou sys­tèmes d’alerte peuvent aggra­ver ou réduire le bilan. Le mal natu­rel n’est donc pas tou­jours aus­si sépa­ré du mal moral et de la res­pon­sa­bi­li­té humaine que l’étiquette le sug­gère.

Le problème du mal pose aussi la question du bien

Il faut enfin retour­ner l’objection sans la cari­ca­tu­rer. Dire qu’une catas­trophe est véri­ta­ble­ment mau­vaise ne signi­fie pas seule­ment que nous la trou­vons désa­gréable. Nous affir­mons que la mort de cen­taines de per­sonnes est un drame, que la souf­france d’un enfant compte objec­ti­ve­ment, qu’une vie humaine pos­sède une valeur qui ne se mesure pas à son uti­li­té.

Un non-croyant peut évi­dem­ment éprou­ver cette convic­tion, secou­rir les vic­times et défendre leur digni­té avec un cou­rage exem­plaire. La ques­tion apo­lo­gé­tique n’est pas de savoir si l’athée peut être moral – il le peut – mais quel fon­de­ment ultime une vision du monde donne à cette valeur morale que croyants et incroyants recon­naissent sou­vent ensemble.

Le natu­ra­lisme peut décrire la dou­leur et nos réac­tions de soli­da­ri­té, et plu­sieurs phi­lo­so­phies sécu­lières pro­posent des théo­ries morales éla­bo­rées. Le débat demeure tou­te­fois ouvert sur la manière dont un uni­vers ulti­me­ment imper­son­nel fonde des obli­ga­tions morales objec­tives et une digni­té humaine irré­duc­tible. Le chris­tia­nisme, lui, peut appe­ler la catas­trophe mal sans consi­dé­rer le mal comme une réa­li­té pre­mière : le mal est une pri­va­tion, une cor­rup­tion d’un bien créé. Nous souf­frons de la mort pré­ci­sé­ment parce que la vie est bonne. Nous pro­tes­tons contre la des­truc­tion parce que le monde n’est pas, au fond, fait pour le néant.

La réponse chrétienne a la forme d’une croix

À ce point, une réponse pure­ment phi­lo­so­phique res­te­rait insuf­fi­sante. Devant une catas­trophe réelle, le chris­tia­nisme ne pré­sente pas seule­ment un sys­tème des­ti­né à rendre Dieu logi­que­ment com­pa­tible avec la souf­france. Il annonce que Dieu est entré lui-même dans un monde de souf­france.

Jésus-Christ ne contemple pas la mort depuis une dis­tance invul­né­rable. Il pleure devant le tom­beau de Lazare. Il connaît l’injustice, la dou­leur phy­sique, l’abandon et la mort. À la croix, le mal moral le plus pro­fond – la condam­na­tion du Juste – devient, par le des­sein de Dieu, le lieu même où s’accomplit la rédemp­tion. Le chris­tia­nisme ne dit donc pas que la souf­france devient bonne. Il affirme quelque chose de plus radi­cal : Dieu est capable de prendre ce qui est réel­le­ment mau­vais et de le faire ser­vir à un bien qu’il n’aurait jamais pu pro­duire par sa propre puis­sance.

La résur­rec­tion inter­dit ensuite de faire de la mort le der­nier mot. Paul appelle encore la mort un enne­mi en 1 Corin­thiens 15.26 ; il ne la rebap­tise pas bien. Et l’espérance biblique ne consiste pas à fuir la créa­tion, mais à attendre sa res­tau­ra­tion. Romains 8 relie les gémis­se­ments pré­sents à une déli­vrance future ; Apo­ca­lypse 21 annonce un monde où la mort, le deuil, les cris et la dou­leur ne régne­ront plus.

C’est pour­quoi la réponse chré­tienne aux catas­trophes n’est ni tout va bien ni nous savons pour­quoi. Elle est : le monde n’est pas tel qu’il devrait être ; Dieu n’a pas per­du le contrôle ; Dieu n’est pas res­té étran­ger à notre souf­france ; et ce qui gémit aujourd’hui n’est pas pro­mis au gémis­se­ment éter­nel.

Que faire devant les ruines ?

La pre­mière res­pon­sa­bi­li­té chré­tienne n’est pas d’expliquer aux vic­times la rai­son cachée de leur mal­heur. Elle est de pleu­rer avec ceux qui pleurent, secou­rir, don­ner, soi­gner, accueillir, prier et sou­te­nir ceux qui cherchent les dis­pa­rus. La doc­trine de la Pro­vi­dence ne pro­duit pas la pas­si­vi­té. Parce que les causes secondes sont réelles, la pré­ven­tion, la science, l’ingénierie, les secours et l’organisation poli­tique sont de véri­tables moyens par les­quels Dieu pré­serve des vies.

La catas­trophe nous rap­pelle aus­si notre fra­gi­li­té. Devant la tour de Siloé, Jésus ramène ses audi­teurs à leur propre condi­tion devant Dieu. Nous ne maî­tri­sons ni la terre ni notre pro­chain souffle. Ce constat invite moins à la peur qu’à renon­cer à l’illusion de sou­ve­rai­ne­té per­son­nelle.

Enfin, la com­pas­sion inter­dit de trans­for­mer les vic­times en exemples abs­traits pour une démons­tra­tion apo­lo­gé­tique. Der­rière un chiffre pro­vi­soire se trouvent des per­sonnes, des familles, des his­toires inter­rom­pues. Défendre la foi chré­tienne face au pro­blème du mal exige de par­ler vrai sur Dieu sans par­ler légè­re­ment de la dou­leur humaine.

Conclusion – une réponse cohérente, non une explication totale

Les catas­trophes natu­relles consti­tuent une objec­tion sérieuse à la foi en un Dieu bon et tout-puis­sant. Elles ne consti­tuent pour­tant pas une contra­dic­tion interne du chris­tia­nisme. La vision biblique du monde tient ensemble une créa­tion ori­gi­nel­le­ment bonne, une chute qui atteint l’ordre créé, une Pro­vi­dence sou­ve­raine opé­rant au tra­vers de causes réelles, une connais­sance humaine limi­tée et une his­toire de rédemp­tion qui culmine dans la croix et la résur­rec­tion.

Ce cadre ne révèle pas pour­quoi Dieu a per­mis l’effondrement d’un gla­cier par­ti­cu­lier le 26 août 2026. Il nous inter­dit pré­ci­sé­ment de pré­tendre le savoir. Mais il per­met de com­prendre pour­quoi un monde gou­ver­né par Dieu peut être à la fois intel­li­gible et dan­ge­reux, pour­quoi le mal est réel sans être ultime, et pour­quoi l’espérance chré­tienne ne dépend pas de l’idée que nous serions déjà dans le meilleur état pos­sible de la créa­tion.

La ques­tion pour­quoi Dieu per­met-il cela ? demeure donc dou­lou­reuse. La foi ne la fait pas dis­pa­raître. Elle la replace dans une his­toire plus vaste : créa­tion, chute, rédemp­tion, nou­velle créa­tion. Et au centre de cette his­toire ne se trouve pas une théo­rie, mais Jésus-Christ cru­ci­fié et res­sus­ci­té. Le chré­tien ne pos­sède pas toutes les rai­sons de Dieu. Il pos­sède une pro­messe : la mort ne gagne­ra pas.


Annexes

Sources factuelles de l’ouverture

Les don­nées fac­tuelles de l’ouverture ont été véri­fiées le 27 août 2026. Les bilans res­tent pro­vi­soires, évo­luent rapi­de­ment et divergent selon l’heure des mises à jour ; le corps de l’article retient donc volon­tai­re­ment une for­mu­la­tion non chif­frée au mort près. Les sources les plus récentes convergent sur un effon­dre­ment gla­ciaire et rocheux ayant déclen­ché la crue ; les pre­mières men­tions d’un séisme de magni­tude 4,4 comme déclen­cheur ont été révi­sées.


Pour aller plus loin

Idées essentielles à retenir

  • Le pro­blème des catas­trophes natu­relles consti­tue une objec­tion réelle contre la foi chré­tienne, mais l’existence du mal et celle d’un Dieu bon et tout-puis­sant ne forment pas, à elles seules, une contra­dic­tion logique.
  • Une cause phy­sique explique le méca­nisme d’un évé­ne­ment ; elle ne tranche pas, par elle-même, la ques­tion méta­phy­sique de la Pro­vi­dence.
  • La vision biblique ne décrit pas le monde pré­sent comme une créa­tion demeu­rée dans son inté­gri­té ori­gi­nelle : Genèse 3 et Romains 8 ins­crivent la souf­france de la créa­tion dans l’histoire de la chute et de la rédemp­tion.
  • Une catas­trophe par­ti­cu­lière ne per­met pas d’identifier la culpa­bi­li­té par­ti­cu­lière de ses vic­times. Luc 13.1–5 inter­dit pré­ci­sé­ment ce rac­cour­ci.
  • Confes­ser la sou­ve­rai­ne­té divine ne signi­fie pas pré­tendre connaître la rai­son pré­cise pour laquelle Dieu per­met chaque évé­ne­ment.
  • La réponse chré­tienne culmine moins dans une expli­ca­tion exhaus­tive que dans Jésus-Christ cru­ci­fié et res­sus­ci­té et dans la pro­messe de la nou­velle créa­tion.

Objections et réponses

Si Dieu pou­vait empê­cher la catas­trophe et ne l’a pas empê­chée, il ne peut pas être par­fai­te­ment bon.

Cette conclu­sion sup­pose qu’un être par­fai­te­ment bon empê­che­rait néces­sai­re­ment toute souf­france évi­table. C’est pré­ci­sé­ment la pré­misse qui doit être démon­trée. La pos­si­bi­li­té de rai­sons mora­le­ment suf­fi­santes, d’une his­toire plus vaste et d’une fina­li­té que nous ne per­ce­vons pas empêche de trans­for­mer immé­dia­te­ment l’objection en contra­dic­tion logique. Elle laisse cepen­dant sub­sis­ter une dif­fi­cul­té exis­ten­tielle et pro­ba­bi­liste sérieuse.

Dire que le monde est déchu ne fait que dépla­cer le pro­blème : Dieu savait que la chute arri­ve­rait.

Oui. La doc­trine de la chute n’est pas des­ti­née à sous­traire l’histoire à la sou­ve­rai­ne­té divine. Elle explique plu­tôt pour­quoi la souf­france appar­tient à l’état pré­sent d’une créa­tion que Dieu avait faite bonne. La ques­tion de la per­mis­sion divine demeure, mais elle doit être posée à l’intérieur de toute l’histoire biblique – créa­tion, chute, rédemp­tion et res­tau­ra­tion – et non à par­tir d’un ins­tant iso­lé.

La science explique la catas­trophe ; Dieu devient inutile.

Une expli­ca­tion scien­ti­fique répond à la ques­tion du méca­nisme. La doc­trine de la Pro­vi­dence porte sur le sta­tut même du monde, de ses causes et de son his­toire devant Dieu. Les deux affir­ma­tions ne sont concur­rentes que si l’on pré­sup­pose qu’une cause natu­relle exclut néces­sai­re­ment toute cau­sa­li­té divine.

Repères bibliques

  • Genèse 1–3 : bon­té ori­gi­nelle de la créa­tion puis rup­ture intro­duite par le péché.
  • Job 1–42 : refus d’une équa­tion simple entre souf­france indi­vi­duelle et faute per­son­nelle.
  • Luc 13.1–5 : Jésus refuse de consi­dé­rer les vic­times d’une catas­trophe comme plus cou­pables que les autres.
  • Romains 8.18–25 : la créa­tion gémit dans l’attente de sa déli­vrance.
  • 1 Corin­thiens 15.20–28 : la résur­rec­tion du Christ garan­tit la défaite finale de la mort.
  • Apo­ca­lypse 21.1–5 : l’espérance chré­tienne vise une créa­tion renou­ve­lée où la mort et la dou­leur ne règnent plus.

Questions de réflexion et de discussion

  1. Quelle pré­misse sup­plé­men­taire faut-il ajou­ter pour trans­for­mer le pro­blème du mal natu­rel en contra­dic­tion logique contre l’existence de Dieu ?
  2. Quelle dif­fé­rence y a‑t-il entre expli­quer la cause phy­sique d’une catas­trophe et en pro­po­ser une inter­pré­ta­tion théo­lo­gique ?
  3. Pour­quoi Luc 13 inter­dit-il d’identifier une catas­trophe par­ti­cu­lière à un juge­ment contre des vic­times répu­tées plus cou­pables ?
  4. Jusqu’où l’argument d’un monde régi par des lois stables éclaire-t-il le pro­blème, et où cesse-t-il d’expliquer ?
  5. Une vision natu­ra­liste peut-elle fon­der objec­ti­ve­ment la digni­té humaine et le carac­tère réel­le­ment mau­vais de la souf­france ? Quelles sont les meilleures réponses natu­ra­listes à cette ques­tion ?
  6. En quoi la croix et la résur­rec­tion apportent-elles autre chose qu’une simple solu­tion logique au pro­blème du mal ?

Articles liés


Foedus et Semper Reformanda sont proposés gratuitement. Si cet article vous a été utile, vous pouvez contribuer librement aux frais d’hébergement, de maintenance et au travail éditorial.

Commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Foedus

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture