Pour lire l’image
La foule est tournée vers la tour plutôt que vers le ciel. L’image ne condamne pas le progrès mais pose une question : lorsque la puissance humaine grandit, que cherchons-nous réellement à atteindre ? Derrière la technologie apparaît l’interrogation biblique sur l’autonomie, l’espérance et la véritable destination de l’homme.
Cette page propose une lecture réformée de Magnifica Humanitas, première encyclique de Léon XIV. Le texte mérite l’attention. Non seulement parce qu’il constitue l’un des premiers grands documents magistériels consacrés à l’intelligence artificielle, mais surtout parce qu’il tente de penser théologiquement une transformation qui pourrait marquer durablement l’histoire humaine.
L’encyclique pose des questions réelles et souvent profondes : qu’est-ce que l’homme ? Jusqu’où la technique peut-elle aller ? Comment préserver la dignité humaine dans un monde de plus en plus façonné par les algorithmes ? Il était donc intéressant de l’accueillir avec sérieux, mais aussi de la soumettre au dialogue critique de la théologie réformée, afin de faire apparaître à la fois les convergences – sur la critique de l’autosuffisance humaine, du transhumanisme ou du pouvoir technocratique – et les divergences, notamment sur l’anthropologie, le salut et le rôle de l’Église dans l’histoire.
Les enjeux ne sont pas théoriques. Certains acteurs majeurs de la Silicon Valley évoquent déjà publiquement des perspectives qui relevaient encore récemment de la science-fiction : accélération radicale de la recherche médicale, prolongation importante de la durée de vie, ralentissement du vieillissement, interfaces cerveau-machine, augmentation de certaines capacités cognitives ou émergence d’intelligences artificielles dépassant les performances humaines dans de nombreux domaines. Toutes ces annonces doivent être reçues avec prudence – beaucoup restent spéculatives – mais elles révèlent déjà quelque chose de notre époque : le progrès technique n’est plus présenté seulement comme un moyen de mieux vivre, mais parfois comme une promesse implicite de salut.
C’est précisément là que commence la réflexion chrétienne. Non pour refuser la science ni craindre l’innovation, mais pour demander ce qu’aucune technologie, aussi puissante soit-elle, ne pourra jamais donner à l’homme.
Le salut par la technique ? Une lecture réformée de l’encyclique Magnifica Humanitas
Le débat contemporain sur l’intelligence artificielle est souvent mal posé. Certains imaginent une opposition entre progrès et conservatisme, entre science et religion, entre modernité et nostalgie. Mais la question décisive n’est probablement pas là. Le christianisme n’a jamais été hostile au développement technique en tant que tel. Depuis ses origines, il a accueilli les arts, les sciences, la médecine, l’organisation politique ou les outils comme des expressions possibles du mandat culturel confié à l’homme.
La question est ailleurs : qu’attendons-nous de la technique ?
Car il existe une différence fondamentale entre utiliser la technique pour servir la vie et attendre d’elle qu’elle sauve l’homme.
L’un des passages les plus pénétrants de Magnifica Humanitas touche précisément ce point lorsqu’il affirme :
« Édifier dans le bien signifie accepter les limites et la fragilité de l’humanité sans les considérer comme une erreur à corriger. Aujourd’hui, le désir de plénitude de l’être humain risque d’être détourné vers des objectifs trompeurs : l’illusion d’une technique promettant de nous libérer de toute fragilité… »
Plus loin, l’encyclique ajoute :
« La véritable réalisation ne naît pas de la suppression des fragilités, mais d’une croissance harmonieuse. »
Cette intuition mérite d’être prise au sérieux.
Mais il faut aller plus loin que le texte lui-même.
Car le transhumanisme ne constitue pas seulement une erreur anthropologique. Il est une proposition sotériologique.
Le transhumanisme comme évangile concurrent
Le mot peut sembler excessif. Pourtant le parallèle est frappant.
Le christianisme raconte une histoire :
création, chute, rédemption, glorification.
Le transhumanisme raconte lui aussi une histoire :
– l’homme actuel est insuffisant ;
– ses limites sont injustes ;
– la technique doit le délivrer ;
– l’avenir appartient à l’homme augmenté.
Autrement dit : le transhumanisme ne propose pas seulement des outils.
Il propose un salut.
Le théologien évangélique Henri Blocher remarquait que les idéologies modernes prennent souvent la place autrefois occupée par les grandes doctrines religieuses : elles proposent une origine, un mal fondamental et une promesse de restauration.
Le problème n’est donc pas de soigner.
Le christianisme n’a jamais condamné la médecine.
Le problème apparaît lorsque la guérison devient rédemption.
Lorsque la technique cesse d’être un moyen pour devenir espérance ultime.
Deux promesses de salut
Le christianisme et le transhumanisme ne répondent pas seulement aux mêmes questions : ils proposent parfois des récits concurrents.
Question Vision transhumaniste Vision chrétienne Quel est le problème ? Les limites biologiques Le péché et la rupture avec Dieu Qu’est-ce qui doit être sauvé ? Le corps, l’intelligence, les capacités La personne entière Qui sauve ? L’homme par la technique Dieu par grâce Quel avenir ? L’homme augmenté L’homme glorifié Quelle méthode ? Maîtrise Réception Le christianisme ne refuse pas l’amélioration de la condition humaine. Il refuse d’en faire une rédemption.
Le mensonge ancien : « vous serez comme des dieux »
Le projet n’est pas nouveau.
La première tentation biblique n’est pas celle du plaisir.
C’est celle de l’autonomie.
« Vous serez comme Dieu » (Gn 3.5).
L’histoire de Babel reprend exactement ce schéma.
Léon XIV écrit :
« Babel révèle ainsi la limite de toute construction qui, aussi grandiose soit-elle, naît de l’absolutisation de l’humain et de sa prétention à l’autosuffisance. »
Le texte touche ici un point central.
Mais le récit de Babel ne condamne pas l’architecture.
Il ne condamne même pas la grandeur.
Il condamne le désir de recevoir de soi-même ce qui ne peut être reçu que de Dieu.
Le problème n’est pas que l’homme bâtisse.
Le problème est qu’il bâtisse pour se sauver.
Saint Augustin : le cœur cherche toujours un repos
Cette logique fut comprise avec profondeur par Augustin d’Hippone.
Dans les Confessions (I, 1), il écrit :
« Vous nous avez faits pour vous, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en vous. »
L’encyclique reprend explicitement cette formule pour montrer que le désir humain est plus grand que toutes ses œuvres.
Augustin ne méprise pas la culture.
Mais il sait qu’aucune œuvre humaine ne peut porter le poids du salut.
Dans La Cité de Dieu (XIV, 28), il écrit :
« Deux amours ont fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste. »
L’encyclique reprend également cette citation pour relire l’ère numérique.
La question de l’IA devient alors spirituelle :
servira-t-elle la cité de Dieu ou la cité de l’autosuffisance ?
Luther et Calvin : le salut ne se fabrique pas
Dans son Grand Catéchisme, en expliquant le premier commandement, Luther écrit :
« Ce à quoi ton cœur s’attache et se confie vraiment, voilà proprement ton dieu. »
Si notre confiance ultime repose dans l’innovation, nous avons déjà changé de religion.
De son côté, Calvin écrit dans l’Institution de la religion chrétienne (I, XI, 8) :
« Le cœur de l’homme est une fabrique perpétuelle d’idoles. »
La technique ne crée pas cette idolâtrie.
Elle lui donne simplement davantage de puissance.
Calvin écrit aussi :
« Toute la somme de notre sagesse […] consiste presque entièrement en la connaissance de Dieu et de nous-mêmes » (Institution, I, I, 1).
L’homme ne devient pleinement lui-même ni par optimisation ni par augmentation.
Il devient lui-même en retrouvant sa relation au Créateur.
C. S. Lewis : gagner le monde et perdre l’homme
Dans L’Abolition de l’homme, C. S. Lewis formule un avertissement devenu prophétique :
« Le pouvoir de l’homme sur la nature se révèle être un pouvoir exercé par certains hommes sur d’autres hommes. »
L’encyclique exprime une inquiétude voisine lorsqu’elle avertit contre la concentration des infrastructures, des données et du pouvoir technologique entre quelques mains.
La domination ultime ne viendra peut-être pas des machines.
Elle viendra d’hommes persuadés qu’ils n’ont plus besoin d’être sauvés.
Trois scénarios plausibles d’ici 2050
Ces exemples ne sont ni des prophéties ni des recommandations. Ils servent à rendre concrète la réflexion théologique.
Santé
Une IA découvre en quelques semaines des traitements qui demandaient auparavant des années.
Question chrétienne : guérir est un bien… mais la santé devient-elle le sens ultime de l’existence ?Éducation
Chaque élève reçoit un accompagnement pédagogique personnalisé par IA.
Question chrétienne : transmettre des connaissances suffit-il à former une personne ?Amélioration humaine
Des technologies permettent d’augmenter certaines capacités cognitives ou physiques.
Question chrétienne : améliorer une faculté revient-il à faire grandir l’homme ?La question n’est pas seulement : « Que pouvons-nous faire ? »
Elle est : « Quel homme sommes-nous en train de former ? »
Le christianisme ne prêche pas l’acceptation des limites mais leur transfiguration
Il faut alors éviter une caricature.
Le christianisme n’enseigne pas : reste faible.
Il annonce : sois transformé.
La résurrection n’est pas la glorification de la fragilité.
Elle est sa transfiguration.
L’Évangile ne dit pas :
« Produis ton salut. »
Il dit :
« Reçois ce que tu ne peux produire. »
L’homme biblique n’est pas appelé à devenir machine.
Il est appelé à devenir conforme au Christ.
C’est pourquoi la vraie question n’est jamais :
« Jusqu’où irons-nous ? »
Mais :
« Qui nous promet ce que nous espérons recevoir ? »
Car toute civilisation finit toujours par révéler son dieu.
Annexes
Annexe 1 – La super-intelligence artificielle : de quoi parle-t-on réellement ?
Le terme « super-intelligence artificielle » (ASI – Artificial Superintelligence) désigne l’hypothèse d’un système capable de dépasser durablement les performances humaines dans la plupart des domaines intellectuels : raisonnement, recherche scientifique, créativité, stratégie, apprentissage, planification.
Il faut distinguer trois niveaux :
– IA spécialisée : excelle sur une tâche précise (traduction, diagnostic, reconnaissance visuelle).
– IA générale (AGI) : système capable d’accomplir des tâches intellectuelles variées au niveau humain ou au-delà.
– Super-intelligence (ASI) : intelligence dépassant largement l’ensemble des capacités humaines.
Aujourd’hui, personne ne sait si l’ASI est réellement atteignable ni à quelle date.
Les estimations publiques des chercheurs varient fortement :
– certains envisagent une AGI dans les années 2030 ;
– d’autres parlent plutôt des années 2040–2060 ;
– certains doutent qu’elle existe un jour.
Ce qui est frappant n’est pas la date mais la vitesse potentielle du changement.
Exemples souvent évoqués :
– découverte accélérée de médicaments ;
– modélisation biologique avancée ;
– conception de nouveaux matériaux ;
– optimisation énergétique mondiale ;
– automatisation massive du travail intellectuel ;
– accélération de la recherche scientifique elle-même.
Certains parlent d’une « explosion d’intelligence » : une IA améliorerait une autre IA.
Du point de vue chrétien, une distinction est nécessaire.
Développer des outils plus puissants n’est pas nécessairement transhumaniste.
Le transhumanisme commence lorsque la puissance devient promesse de salut.
L’espérance chrétienne ne repose pas sur une intelligence infinie créée mais sur la sagesse du Dieu incarné.
« Le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. » (Gaudium et spes, 22, repris dans l’introduction de Magnifica Humanitas)
Annexe 2 – Qui pilote réellement l’IA ? Concentration du pouvoir et risques politiques
Contrairement à une idée répandue, l’IA n’est pas contrôlée par « quelques ingénieurs dans un garage ».
Le développement des modèles les plus avancés repose aujourd’hui sur une combinaison de :
– quelques grandes entreprises technologiques ;
– plusieurs laboratoires de recherche privés ;
– des universités ;
– quelques États majeurs ;
– des fournisseurs d’infrastructures (semi-conducteurs, centres de calcul, cloud).
Le nombre exact de personnes capables de concevoir les modèles les plus avancés est difficile à estimer, mais le cercle des chercheurs de pointe, dirigeants, investisseurs et responsables d’infrastructure reste extrêmement restreint à l’échelle mondiale : probablement quelques milliers de personnes ayant une influence directe, et un noyau beaucoup plus réduit disposant réellement des ressources critiques.
L’enjeu n’est pas seulement technique.
L’encyclique souligne :
« Les principaux moteurs du développement sont des acteurs privés, souvent transnationaux, dotés de ressources et de capacités d’intervention supérieures à celles de nombreux gouvernements. »
Et encore :
« Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque. »
Les risques évoqués sont connus :
– surveillance de masse ;
– influence cognitive ;
– manipulation politique ;
– dépendance économique ;
– concentration culturelle ;
– contrôle de l’information ;
– automatisation militaire.
Mais il faut garder une prudence : le danger ne vient pas uniquement de l’IA.
Le danger vient toujours d’un pouvoir humain insuffisamment limité.
La Bible connaît déjà ce problème avant l’algorithme : Babel, Babylone, Rome.
L’outil change.
La tentation demeure.
Annexe 3 – Les promesses réelles : pourquoi l’IA peut aussi être un bien commun
Une critique chrétienne de la technique ne doit jamais devenir un refus de la technique.
L’Écriture ne condamne ni l’artisan, ni le médecin, ni le savoir.
L’encyclique rappelle :
« Les découvertes scientifiques sont un talent confié à l’humanité afin qu’elle le fasse fructifier. »
Parmi les bénéfices plausibles dans les décennies à venir :
Santé
– médecine personnalisée ;
– diagnostic plus précoce ;
– découverte accélérée de traitements ;
– assistance aux chirurgiens ;
– aide aux maladies rares ;
– accompagnement du vieillissement.
Éducation
– apprentissage individualisé ;
– accès au savoir dans des régions isolées ;
– traduction instantanée ;
– outils d’accompagnement pour élèves en difficulté ;
– accès facilité aux ressources pédagogiques.
Handicap et inclusion
– assistants vocaux avancés ;
– interfaces cerveau-machine thérapeutiques ;
– aide à la communication ;
– autonomie accrue.
Environnement
– optimisation énergétique ;
– modélisation climatique ;
– agriculture plus précise.
Le christianisme n’a donc pas vocation à devenir anti-innovation.
La question n’est pas : faut-il développer l’IA ?
La question est : au service de qui ?
Une civilisation devient juste lorsque la puissance augmente sans que l’homme cesse d’être regardé comme une personne et non comme une variable d’optimisation.
Bibliographie sommaire
Sources principales
La Bible
Références principales : Genèse 1–3 ; Genèse 11 ; Néhémie 1–6 ; Psaume 8 ; Psaume 85.11 ; Jean 1 ; Jean 10.10 ; Romains 8 ; Éphésiens 1.10 ; Colossiens 1.15–20 ; Apocalypse 21.
Lettre encyclique du Saint-Père Léon XIV, Magnifica Humanitas. Sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, 15 mai 2026. Texte étudié dans cet article.
Pères de l’Église
Les Confessions
Augustin d’Hippone, Les Confessions, Livre I, chap. 1.
Texte fondamental sur le désir humain et le repos en Dieu.
La Cité de Dieu
Augustin d’Hippone, La Cité de Dieu, Livre XIV, chap. 28.
Doctrine des deux amours et des deux cités.
De doctrina christiana
Augustin d’Hippone, La Doctrine chrétienne (De doctrina christiana), Livre II.
Réflexion sur l’usage chrétien des biens culturels (« dépouilles des Égyptiens »).
Réformateurs
Institution de la religion chrétienne
Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne.
Livre I, chap. I, §1 ; Livre I, chap. XI, §8.
Connaissance de Dieu et de l’homme ; critique de l’idolâtrie.
Grand Catéchisme
Martin Luther, Grand Catéchisme, explication du premier commandement.
Analyse du cœur humain et de l’idolâtrie.
Du serf arbitre
Martin Luther, Du serf arbitre (De servo arbitrio), 1525.
Critique de l’autonomie humaine.
Théologie réformée et apologétique contemporaine
A Christian Theory of Knowledge
Cornelius Van Til, A Christian Theory of Knowledge.
Doctrine des présupposés et critique de l’autonomie de la pensée.
The Defense of the Faith
Cornelius Van Til, The Defense of the Faith.
Fondements de l’apologétique présuppositionnaliste.
The Abolition of Man
C. S. Lewis, L’Abolition de l’homme.
Critique du réductionnisme technicien et de la domination humaine.
Le monde contemporain et la loi de Dieu
Henri Blocher, théologien évangélique.
Réflexions sur anthropologie, culture et modernité.
Roots of Western Culture
Herman Dooyeweerd, Roots of Western Culture.
Analyse des motifs religieux qui structurent les civilisations.
Transhumanisme, technique et intelligence artificielle
The Singularity Is Near
Ray Kurzweil.
Texte majeur du transhumanisme contemporain.
Superintelligence
Nick Bostrom.
Ouvrage de référence sur les scénarios de super-intelligence.
La société automatique
Bernard Stiegler.
Critique philosophique de l’automatisation.
La Technique ou l’enjeu du siècle
Jacques Ellul.
Ouvrage classique sur l’autonomie du système technicien.
Pour aller plus loin
Laudato si’
Fratelli tutti
Caritas in veritate
Rerum novarum
Cette bibliographie peut servir de base à une future bibliographie critique annotée pour Foedus (sources favorables, critiques et contradictoires).
Outils pédagogiques
Contexte du sujet
L’article part d’une intuition centrale de Magnifica Humanitas : le défi de l’intelligence artificielle n’est pas seulement technique mais anthropologique et spirituel. Derrière la promesse d’augmenter l’homme surgit une question plus ancienne : l’homme peut-il se sauver lui-même ? L’enjeu est particulièrement visible dans certaines formes de transhumanisme qui présentent la fragilité humaine comme un défaut à corriger plutôt qu’une condition appelée à être transfigurée.
Comprendre les notions clés
Technique
Ensemble des moyens développés par l’homme pour agir sur le monde.
Transhumanisme
Courant de pensée considérant que l’homme peut – et parfois doit – dépasser ses limites biologiques grâce à la technologie.
Super-intelligence artificielle (ASI)
Hypothèse d’une intelligence artificielle dépassant largement les capacités humaines générales.
Salut (sens chrétien)
Action de Dieu qui réconcilie l’homme avec Lui en Jésus-Christ et conduit à sa restauration finale.
Question de départ
Quand nous cherchons le progrès, cherchons-nous un meilleur outil… ou un nouveau sauveur ?
Lire les textes bibliques
Genèse 11.1–9 – Babel
Genèse 3.1–7 – la tentation d’être « comme Dieu »
Psaume 8 – grandeur et limite de l’homme
Jean 15.1–8 – demeurer en Christ
Romains 8.18–25 – création et espérance
Apocalypse 21.1–5 – la nouvelle création
Questions pour entrer dans le texte
- Dans Babel, qu’est-ce que Dieu juge exactement : la construction ou l’intention ?
- Pourquoi le désir de « se faire un nom » est-il problématique ?
- La Bible présente-t-elle la limite humaine comme un mal absolu ?
- Quelle différence entre transformation chrétienne et augmentation technologique ?
- Peut-on utiliser fortement la technique sans devenir techniciste ?
Exercice apologétique – Identifier les présupposés
Prends chacune de ces affirmations et identifie :
– ce qu’elle dit de l’homme ;
– ce qu’elle dit du salut ;
– ce qu’elle dit de Dieu.
Affirmation A :
« Nous finirons par vaincre le vieillissement. »
Affirmation B :
« L’homme est appelé à dépasser toutes ses limites. »
Affirmation C :
« Une intelligence supérieure résoudra les conflits humains. »
Affirmation D :
« Le problème principal de l’homme est le manque de connaissances. »
Comparer deux récits du monde
Vision transhumaniste :
Création → matière évolutive
Problème → limite biologique
Solution → technologie
Espérance → homme augmenté
Vision biblique :
Création → image de Dieu
Problème → péché
Solution → rédemption
Espérance → résurrection
Étude de cas
Cas 1 : une IA permet de détecter un cancer dix ans plus tôt.
Cas 2 : une IA sélectionne les embryons pour maximiser certaines performances.
Cas 3 : une IA remplace la majorité des enseignants.
Pour chaque situation :
– Quel bien réel est recherché ?
– Quel risque anthropologique apparaît ?
– Quelle serait une réponse chrétienne équilibrée ?
Questions de discussion
– Refuser certaines innovations est-il toujours du conservatisme ?
– La souffrance doit-elle toujours être supprimée ?
– Existe-t-il des limites qu’il serait mauvais de franchir ?
– Peut-on croire au progrès sans croire au salut par la technique ?
– Quelle différence entre guérir et transformer l’homme ?
Pour aller plus loin
Relire l’article en remplaçant chaque occurrence du mot « technologie » par « puissance ». Le raisonnement tient-il toujours ?
Puis poser cette question finale :
Si demain toutes les maladies disparaissaient, que resterait-il encore à sauver ?
Phrase à retenir
Le christianisme ne demande pas à l’homme de renoncer au progrès ; il lui demande de ne pas attendre du progrès ce que seul Dieu promet.

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