Pour lire l’image
Le regard est attiré vers la lumière qui descend, non vers un personnage unique. Les apôtres ne produisent pas le feu : ils le reçoivent. Pierre apparaît comme témoin parmi les témoins. Marie est présente mais non centrale, signe que la Pentecôte ne fonde pas une dévotion particulière mais constitue l’Église entière comme peuple habité par l’Esprit.
Ce dimanche de Pentecôte, j’ai eu la joie de donner la prédication à l’UNEPREF de Nîmes à partir d’Actes 2.1–11.
Nous avons relu ensemble ce récit fondateur où Dieu ne donne pas d’abord une méthode, mais son Esprit ; non d’abord une puissance humaine, mais son souffle qui fait vivre.
De la Pentecôte d’Israël au don de l’Esprit, de la promesse faite à Abraham jusqu’aux nations rassemblées en Christ, ces textes nous rappellent que l’Église ne vit ni de son passé ni de ses ressources propres, mais du Dieu vivant qui renouvelle son peuple.
La Pentecôte demeure une parole actuelle : le Christ règne, l’Esprit agit, et même dans la faiblesse apparente, Dieu continue de faire entendre ses merveilles.
Lectures de la Bible (Textes du jour)
Prière d’illumination
Seigneur Dieu,
sans ton Esprit nous pouvons entendre sans comprendre,
lire sans recevoir,
écouter sans être transformés.
Ouvre nos intelligences.
Éclaire nos consciences.
Fais-nous rencontrer le Christ vivant dans l’Écriture.
Par ton Esprit, rends efficace ta Parole parmi nous.
Amen.
Lectures bibliques
Bible Louis Segond, version 1978, dite « À la Colombe ».
Actes 2.1–11
1 Corinthiens 12.3–13
Jean 20.19–23
Nous lisons tout d’abord dans le livre des Actes des Apôtres le texte proposé pour ce dimanche de Pentecôte : Actes 2.1 à 11.
Ces lectures sont tirées du guide Soif du Dieu vivant, qui propose de parcourir toute l’Écriture en quatre ans et qui a succédé à l’ancien guide La Bible en 6 ans de la Fédération protestante de France.
Ce lectionnaire est utilisé, totalement ou partiellement, par de nombreuses Églises chrétiennes – réformées, luthériennes, anglicanes, catholiques, méthodistes et parfois aussi évangéliques – rappel discret qu’aujourd’hui, bien au-delà de nos assemblées, beaucoup entendent ensemble la même Parole de Dieu.
Actes 2.1–11
1 Lorsque le jour de la Pentecôte arriva, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. 2Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un souffle violent qui remplit toute la maison où ils étaient assis. 3Des langues qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres leur apparurent ; elles se posèrent sur chacun d’eux. 4Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.
5 Or il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs pieux venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6Au bruit qui se produisit, la multitude accourut et fut bouleversée, parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. 7Ils étaient hors d’eux-mêmes et dans l’admiration, et disaient : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? 8Comment les entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ? 9Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, 10la Phrygie, la Pamphylie, l’Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, 11nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu !
1 Corinthiens 12.3–13
3C’est pourquoi je vous le déclare : nul, s’il parle par l’Esprit de Dieu, ne dit : Jésus est anathème ! et nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit.
4Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; 5diversité de services, mais le même Seigneur ; 6diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.
7 Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité (commune). 8En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; 9à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, des dons de guérisons, par le même Esprit ; 10à un autre, (le don) d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, diverses sortes de langues ; à un autre, l’interprétation des langues. 11Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut.
12 En effet, comme le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne sont qu’un seul corps – ainsi en est-il du Christ. 13Car c’est dans un seul Esprit que nous tous, pour former un seul corps, avons tous été baptisés, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit.
Jean 20.19–23
19 Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient fermées, par la crainte qu’ils avaient des Juifs ; Jésus vint, et debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous ! 20Quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent en voyant le Seigneur. 21Jésus leur dit de nouveau : Que la paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. 22Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint. 23Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.
« Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent. »
Prière
Seigneur notre Dieu,
ce que nous avons entendu de ta Parole,
grave-le dans nos cœurs.
Que ton Esprit fasse porter du fruit à ce qui a été semé aujourd’hui.
Amen.
Introduction – Quand l’Église ne peut plus vivre de ses propres forces
Il existe des spectacles qui impressionnent et des événements qui changent réellement l’histoire.
Notre époque aime ce qui est visible. Elle aime les grands rassemblements, les chiffres, les effets, les annonces, les émotions fortes. Et parfois l’Église elle-même peut être tentée de chercher son espérance dans ce qui frappe les yeux.
Mais la Pentecôte commence autrement.
Pas dans un stade.
Pas devant les puissants.
Pas au cœur de Rome.
Elle commence dans une maison.
Quelques disciples.
Pas de programme.
Pas de stratégie.
Pas de puissance visible.
Et pourtant ce qui se passe ce jour-là va traverser les siècles jusqu’à nous.
Aujourd’hui encore, ici à Nîmes, nous sommes les héritiers directs de ce jour.
Quand nous regardons nos Églises, nous pouvons parfois être partagés.
Il y a des signes encourageants. Il y a encore des baptêmes. Il y a des œuvres qui vivent. Il y a des collaborations fraternelles. Il y a des communautés évangéliques qui témoignent avec fidélité. Il y a encore une librairie chrétienne. Il y a des enfants au culte.
Mais il faut aussi regarder lucidement.
Quand nous regardons notre situation aujourd’hui, il faut regarder avec vérité. Ni peur. Ni nostalgie.
Oui, beaucoup de choses ont changé.
Nîmes reste marquée par une histoire protestante profonde. Le Grand Temple. Le Petit Temple. L’Oratoire. La mémoire huguenote. Les assemblées du Désert.
Tout cela compte.
Mais l’histoire d’hier ne fait jamais vivre l’Église d’aujourd’hui.
Nous le savons bien : dans beaucoup d’endroits, les assemblées ont changé de visage. Certaines sont plus petites. Certaines vieillissent. Certaines peinent à transmettre.
Et cela ne concerne pas seulement le protestantisme.
Même là où les bâtiments demeurent magnifiques, même là où le patrimoine reste impressionnant, nous voyons parfois des regroupements, des fragilités, des communautés qui cherchent un nouveau souffle.
Et puis il y a parfois des signes qui nous parlent plus personnellement.
Le temple où j’ai fait ma confirmation, à Nîmes-Ouest, est aujourd’hui devenu une mosquée.
Je ne dis pas cela pour regarder nos voisins avec inquiétude ou rivalité. Je le dis parce que ce lieu est devenu pour moi une question.
Qu’est-ce qui fait qu’une communauté transmet ? Qu’est-ce qui fait qu’une communauté s’essouffle ?
Car aucune génération ne vit éternellement sur la foi de la précédente.
Une Église peut garder ses murs et perdre sa voix.
Elle peut conserver ses habitudes et perdre son attente de Dieu.
Mais l’inverse est vrai aussi.
Une petite assemblée peut être pleine de vie.
Une communauté discrète peut porter un témoignage immense.
Et il existe aussi des signes d’espérance.
Des Églises qui travaillent ensemble.
Des familles qui arrivent.
Des baptêmes.
Des enfants.
Des temps de prière.
Des initiatives communes.
Ne méprisons jamais cela.
Parce que Dieu n’a jamais commencé avec les majorités.
La Pentecôte n’a pas commencé dans un empire chrétien.
Elle a commencé dans une maison.
Et cela a suffi.
Verset 1. Le peuple rassemblé – attendre la promesse
Écoutons donc ce texte comme si nous l’entendions pour la première fois.
Verset 1
« Lorsque le jour de la Pentecôte arriva, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. »
Le premier mot important est celui-ci :
Pentecôte.
Pour nous, c’est devenu une fête chrétienne.
Mais pour les disciples, ce jour existait déjà.
Le mot signifie simplement : cinquantième.
Cinquante jours après la Pâque.
À l’origine, Israël célébrait les prémices de la récolte.
Puis progressivement cette fête a aussi été associée au souvenir du Sinaï – au don de la Loi.
Autrement dit, lorsque Luc écrit :
« Le jour de la Pentecôte… »
il ne donne pas une date.
Il donne une clé de lecture.
Il nous dit :
Relisez le Sinaï.
Relisez Exode.
Relisez l’alliance.
Au Sinaï, Dieu descend.
Il y a du bruit.
Du feu.
Le peuple est rassemblé.
Dieu donne sa Loi.
Ici aussi Dieu descend.
Il y aura du bruit.
Il y aura du feu.
Le peuple est rassemblé.
Mais cette fois quelque chose change.
Au Sinaï, Dieu écrit sur des tables.
À Pentecôte, Dieu vient habiter son peuple.
Au Sinaï, Israël est constitué comme peuple de l’alliance.
À Pentecôte, l’alliance s’ouvre aux nations.
Non pas parce qu’Israël serait abandonné.
Mais parce que la promesse faite à Abraham commence à atteindre les extrémités de la terre.
Paul dira plus tard que les nations ont été greffées sur l’olivier franc.
Nous ne remplaçons pas Israël.
Nous recevons par grâce une part à la promesse.
Cela devrait produire de l’humilité.
Le Dieu de Pentecôte n’est pas un dieu nouveau.
C’est le Dieu d’Abraham.
Le Dieu d’Isaac.
Le Dieu de Jacob.
Le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.
Puis Luc ajoute :
« Ils étaient tous ensemble dans le même lieu. »
Nous lisons souvent cela trop vite.
Nous imaginons juste une indication pratique.
Mais Luc insiste.
Ils sont ensemble.
Ils attendent.
Ils ne produisent rien.
Ils ne fabriquent pas la Pentecôte.
Ils ne lancent pas un projet.
Ils reçoivent.
C’est important.
Parce que nous vivons dans une époque qui croit que tout peut être fabriqué :
la croissance,
l’identité,
la réussite,
même parfois la spiritualité.
Mais l’Église commence toujours par recevoir.
Et remarquez :
ils reçoivent ensemble.
L’Esprit ne descend pas d’abord sur des individus isolés.
Il descend sur une assemblée.
1 Corinthiens 12 expliquera plus tard :
« Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps. »
L’unité précède ici la mission.
Pas une unité de caractère.
Pas une unité de sensibilité.
Pas une unité de génération.
Une unité tournée vers le Christ.
Et déjà une première question pour nous.
Attendons-nous encore quelque chose de Dieu ?
Ou pensons-nous que tout dépend désormais de nos forces ?
Car la Pentecôte commence exactement ici :
un peuple rassemblé,
qui ne maîtrise rien,
mais qui attend tout.
Versets 2–3. Le Dieu qui descend – du Sinaï à la nouvelle création
Versets 2 à 3
« Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un souffle violent qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres leur apparurent ; elles se posèrent sur chacun d’eux. »
Et soudain, tout change.
Luc écrit :
« Tout à coup. »
Les disciples attendent.
Et Dieu agit.
Ce petit détail mérite d’être entendu.
Dans l’Écriture, Dieu agit souvent ainsi.
Pas parce qu’il agit sans préparation.
Mais parce qu’il agit librement.
L’Église ne commande pas l’Esprit.
Elle le reçoit.
Les disciples ne provoquent rien.
Ils sont là.
Et Dieu accomplit sa promesse.
Puis Luc dit :
« Il vint du ciel un bruit… »
Le texte est très précis.
Il ne dit pas :
un vent.
Il dit :
un bruit comme.
Le mot grec est êchos.
C’est un son, une résonance, quelque chose qui envahit l’espace.
Ce n’est pas encore le souffle lui-même.
C’est le signe audible de l’intervention de Dieu.
Et ce bruit ressemble à « un souffle violent ».
Le mot utilisé ici évoque le mouvement puissant du vent.
Mais il faut résister à une lecture trop physique.
Luc ne veut pas nous raconter une météo miraculeuse.
Il veut nous faire entendre quelque chose.
Et immédiatement plusieurs textes bibliques reviennent.
Genèse 2.
Dieu façonne l’homme de la poussière.
Puis il souffle.
Et l’homme devient vivant.
Ézéchiel 37.
Le prophète se tient devant une vallée d’ossements.
Tout semble terminé.
Et Dieu dit :
« Prophétise au souffle. »
Le souffle vient.
Les morts se lèvent.
Jean 20.
Le Christ ressuscité souffle sur ses disciples :
« Recevez le Saint-Esprit. »
Et maintenant Actes 2.
Le souffle devient public.
Ce qui était donné à quelques disciples commence à devenir l’histoire du peuple entier.
Autrement dit :
la Pentecôte n’est pas une amélioration religieuse.
C’est une création nouvelle.
Et cela est très important.
Parce que nous pensons souvent que la vie chrétienne consiste surtout à devenir un peu meilleurs.
Un peu plus disciplinés.
Un peu plus convaincus.
Un peu plus motivés.
Mais la Bible parle plus radicalement.
Elle parle de vie.
Le problème de l’homme n’est pas seulement qu’il manque de conseils.
Il manque de souffle.
Et le premier don de Pentecôte n’est pas une méthode.
C’est la vie.
Puis Luc ajoute :
« Le bruit remplit toute la maison. »
Cette précision est belle.
Pas seulement un coin.
Pas seulement quelques personnes.
Toute la maison.
Parce que lorsque Dieu agit, il ne vient pas ajouter une pièce à notre existence.
Il vient habiter.
Et maintenant apparaît le signe le plus surprenant.
« Des langues qui semblaient de feu leur apparurent. »
Là encore Luc est prudent.
Il ne dit pas :
du feu.
Il dit :
comme du feu.
Pourquoi ?
Parce que le signe renvoie à quelque chose de plus grand.
Dans toute l’Écriture, le feu accompagne souvent la présence de Dieu.
Le buisson ardent.
La colonne de feu.
Le Sinaï.
Écoutons Exode :
« Le mont Sinaï était tout en fumée, parce que l’Éternel y était descendu au milieu du feu. »
Voilà pourquoi Luc a commencé par dire :
« Le jour de la Pentecôte. »
Il veut que nous entendions le Sinaï.
Dieu descend.
Il y a du bruit.
Il y a du feu.
Le peuple est rassemblé.
Mais il y a une différence immense.
Au Sinaï, le feu descend sur une montagne.
À Pentecôte, il descend sur le peuple.
Le centre s’est déplacé.
Le temple devient une assemblée.
L’Esprit habite désormais son peuple.
Et remarquez encore :
les langues se séparent.
Et elles se posent sur chacun.
Le feu n’est pas concentré sur un seul.
Pas seulement Pierre.
Pas seulement les apôtres.
Sur chacun.
Voilà déjà une correction pour certaines de nos habitudes.
Nous pensons parfois :
la vie de l’Église dépend surtout de quelques personnes.
Actes 2 dit :
l’Esprit est donné au peuple.
Cela n’efface pas les ministères.
Mais cela rappelle que toute l’Église reçoit.
Toute l’Église participe.
Toute l’Église est appelée.
Et il y a encore quelque chose à remarquer.
Pourquoi des langues ?
Pourquoi pas des mains ?
Pourquoi pas des yeux ?
Parce que le signe est déjà orienté vers ce qui va suivre.
L’Esprit vient pour faire entendre.
Le feu devient parole.
Le don reçu devient annonce.
Et cela nous conduit à une première application.
Nous cherchons parfois le feu.
Nous parlons parfois de réveil.
Mais Actes 2 nous pose une autre question :
Nos vies rendent-elles les merveilles de Dieu plus audibles ?
Car le signe du feu n’est jamais une fin.
Le feu prépare la parole.
Le souffle prépare le témoignage.
Et le témoignage prépare la mission.
Versets 4–6. L’Esprit donné – une parole pour être entendue
Versets 4–6
« Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs pieux venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui se produisit, la multitude accourut et fut bouleversée, parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. »
Après le souffle.
Après le feu.
Voici maintenant la parole.
Et remarquez l’ordre.
Dieu rassemble.
Dieu remplit.
Puis l’homme parle.
Jamais l’inverse.
Luc écrit :
« Ils furent tous remplis d’Esprit Saint. »
Là encore, il faut ralentir.
Dans le livre des Actes, être rempli de l’Esprit ne signifie pas perdre conscience ou devenir passif.
Le mot évoque plutôt l’idée d’être saisi, orienté, conduit.
Le sujet principal n’est plus l’homme.
Le sujet devient Dieu.
Et remarquez quelque chose de très beau.
Ils sont remplis…
mais ils restent eux-mêmes.
Pierre reste Pierre.
Jean reste Jean.
Leurs voix demeurent.
Leurs histoires demeurent.
L’Esprit n’efface pas les personnes.
Il les rend disponibles.
Voilà pourquoi la vie chrétienne n’est jamais une disparition de l’homme.
C’est son renouvellement.
Et immédiatement :
« Ils se mirent à parler. »
L’Esprit reçu devient parole.
Et cela mérite qu’on s’arrête.
Car il existe parfois une image étrange du Saint-Esprit.
Comme si l’Esprit était surtout donné pour produire des expériences intérieures.
Mais ici, le premier fruit visible n’est pas une émotion.
C’est un témoignage.
L’Esprit tourne vers Dieu et vers le prochain.
Et maintenant arrive une question importante.
Que signifie :
« parler en d’autres langues » ?
Le texte est assez précis.
Il ne dit pas que les disciples produisent des sons incompréhensibles.
Le miracle est décrit du point de vue de ceux qui entendent.
Verset 6 :
« Chacun les entendait parler dans sa propre langue. »
Le mot employé ici est dialectos.
Il désigne une langue réelle, reconnue, comprise.
Ce point est important.
Car le miracle principal n’est pas l’expression.
Le miracle est la compréhension.
Dieu rend son Évangile audible.
Et cela change la manière de lire la Pentecôte.
L’Esprit n’est pas donné pour rendre mystérieux.
Il est donné pour rendre clair.
Il ne vient pas enfermer dans un langage réservé à quelques initiés.
Il ouvre.
Il fait entendre.
Et cela rejoint quelque chose de profond dans toute l’Écriture.
Dieu parle.
Depuis Genèse.
Dieu parle.
Les prophètes parlent.
Le Christ est appelé la Parole.
Et maintenant l’Église parle.
Parce qu’elle a d’abord reçu.
Puis Luc ajoute un détail qu’on saute souvent :
« Il y avait à Jérusalem des Juifs pieux venus de toutes les nations. »
Arrêtons-nous.
Qui entend le premier miracle ?
Des Juifs.
Pas encore les païens.
Pourquoi ?
Parce que Luc veut montrer que l’histoire de l’alliance continue.
Le salut vient des Juifs, comme Jésus l’avait dit.
Les promesses faites à Abraham ne sont pas abandonnées.
Elles commencent à s’ouvrir.
Ces hommes venus de partout sont déjà liés au peuple de l’alliance.
Et Dieu commence ici à rassembler ce qui était dispersé.
Ce détail est important.
Car l’Église ne surgit pas du néant.
Elle pousse sur un tronc ancien.
L’Ancien Testament n’est pas une préface dépassée.
C’est la racine.
L’Église n’existe que parce que Dieu a appelé Abraham.
Parce qu’il a fait alliance.
Parce qu’il a conduit Israël.
Parce qu’il a envoyé le Messie.
Et cela doit produire chez nous une grande humilité.
Nous ne sommes pas les inventeurs du peuple de Dieu.
Nous sommes des greffés.
Puis le texte dit :
« La multitude accourut et fut bouleversée. »
Le mot est fort.
Cela veut dire : déplacée intérieurement.
La Pentecôte ne laisse pas tranquille.
Et il faut remarquer quelque chose.
Le premier effet du Saint-Esprit n’est pas :
ils ont tout compris.
Le premier effet est :
ils ne comprennent plus ce qui se passe.
Ils sont obligés de s’arrêter.
De regarder.
D’écouter.
La foi commence souvent ainsi.
Pas quand tout devient clair.
Mais quand Dieu vient déranger nos évidences.
Et déjà une application.
Nous vivons dans un monde qui parle beaucoup.
Qui produit énormément de paroles.
Mais où entend-on encore les merveilles de Dieu ?
Nous avons parfois peur de parler.
Peur d’être maladroits.
Peur d’être minoritaires.
Peur d’être jugés.
Mais remarquez :
Dieu ne demande pas aux disciples d’être impressionnants.
Il leur donne une parole.
Et il ouvre des oreilles.
Notre responsabilité n’est pas de convaincre tout le monde.
Notre responsabilité est d’annoncer.
Dieu se charge de faire entendre.
Versets 7–11. Les merveilles de Dieu – Babel renversée et les nations appelées
Versets 7–11
« Ils étaient hors d’eux-mêmes et dans l’admiration, et disaient : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment les entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ? […] Nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu ! »
Le texte atteint ici son sommet.
Et pourtant, remarquez quelque chose.
Le miracle n’est toujours pas expliqué.
Luc ne nous dit pas encore ce que cela signifie.
Il nous montre d’abord la réaction.
L’étonnement.
Le texte dit :
« Ils étaient hors d’eux-mêmes. »
L’expression est forte.
Elle ne décrit pas une exaltation religieuse.
Elle décrit un déplacement.
Quelque chose échappe aux catégories habituelles.
Ces gens ne savent plus où ranger ce qu’ils voient.
Et peut-être qu’il faut s’arrêter là un instant.
Nous vivons dans une époque qui explique tout.
Nous analysons.
Nous classons.
Nous interprétons.
Mais la Bible commence souvent autrement.
Elle commence par l’émerveillement.
La foi n’est pas d’abord :
j’ai tout compris.
La foi commence souvent quand Dieu fait éclater nos évidences.
Et ce qui étonne ici est presque drôle.
« Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? »
Autrement dit :
Comment est-ce possible ?
Les Galiléens n’avaient pas la réputation d’être des élites religieuses.
Ils viennent d’une région périphérique.
Accent marqué.
Réputation modeste.
En langage contemporain :
ce ne sont pas les experts attendus.
Et pourtant Dieu les choisit.
Là encore, cela traverse toute l’Écriture.
Dieu choisit Abraham.
Moïse qui ne sait pas parler.
David le plus jeune.
Les prophètes.
Les pêcheurs de Galilée.
Dieu aime commencer avec ce qui paraît insuffisant.
Pourquoi ?
Pour que la gloire lui revienne.
Et alors Luc donne cette longue liste.
Parthes.
Mèdes.
Élamites.
Mésopotamie.
Égypte.
Rome.
Crétois.
Arabes.
Pourquoi cette liste ?
Parce qu’elle n’est pas décorative.
Elle dessine presque une carte du monde connu.
Luc veut que nous voyions quelque chose.
Le monde entier est déjà présent.
La Pentecôte n’est pas seulement la naissance d’une communauté.
C’est le début de l’accomplissement de la promesse faite à Abraham :
« Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »
Et c’est ici qu’il faut entendre l’écho de Babel.
À Babel, l’homme voulait monter vers Dieu.
Construire son unité.
Fabriquer son avenir.
Résultat :
confusion.
Dispersion.
Langues divisées.
À Pentecôte, Dieu descend.
Et il ne supprime pas les langues.
Il ne détruit pas les cultures.
Il ne rend pas tout identique.
Il fait quelque chose de plus beau.
Il rend possible une unité plus profonde que les différences.
Un seul Évangile.
Entendu par tous.
Voilà pourquoi le christianisme n’est pas une religion tribale.
Il n’appartient à aucun peuple.
Il n’est ni occidental, ni oriental.
Il appartient au Christ.
Et c’est aussi pour cela que l’Église ne peut jamais se confondre totalement avec une culture.
Nos cultures comptent.
Nos histoires comptent.
Mais aucune culture ne peut contenir l’Évangile.
Et maintenant arrive peut-être la phrase la plus importante du passage.
« Nous les entendons parler des merveilles de Dieu. »
Voilà le contenu.
Pas un programme politique.
Pas un manifeste culturel.
Pas une théorie du monde.
Les merveilles de Dieu.
Le mot désigne les grandes œuvres de Dieu.
Création.
Alliance.
Exode.
Promesses.
Croix.
Résurrection.
Don de l’Esprit.
Autrement dit :
les disciples parlent de ce que Dieu fait.
Et remarquez encore quelque chose.
Ils ne parlent pas d’eux-mêmes.
Ils ne racontent pas leurs émotions.
Ils ne disent pas :
regardez comme nous avons changé.
Ils disent :
regardez ce que Dieu a fait.
Et il y a là quelque chose de profondément joyeux.
La première parole publique de l’Église n’est pas une plainte.
Ce n’est pas une nostalgie.
Ce n’est pas un commentaire inquiet sur l’état du monde.
C’est une louange.
La Pentecôte produit des témoins émerveillés.
Jean nous disait déjà :
« Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. »
Pas parce que le monde avait changé.
Rome est toujours là.
Les oppositions vont venir.
Mais une chose est devenue certaine :
le Christ est vivant.
Calvin insiste souvent sur ce point : l’œuvre de l’Esprit conduit le croyant vers une consolation ferme et une assurance paisible en Dieu.
Le peuple de Dieu n’est pas appelé seulement à tenir.
Il est appelé à se réjouir.
Et peut-être faut-il nous demander :
Quand le monde regarde nos Églises…
voit-il seulement des gardiens fidèles ?
Ou voit-il aussi un peuple qui a encore des raisons de chanter ?
Car annoncer les merveilles de Dieu sans joie finit par devenir contradictoire.
Alors quelle est la question que pose finalement la Pentecôte ?
Pas :
Sommes-nous assez nombreux ?
Pas :
Sommes-nous assez influents ?
Mais :
Avons-nous encore des merveilles à raconter ?
Conclusion – Se lever – vivre aujourd’hui du souffle du Ressuscité
Alors maintenant il faut revenir à la question que pose le texte.
Parce que Luc ne raconte pas la Pentecôte pour que nous admirions un événement ancien.
Il raconte la Pentecôte pour que nous comprenions dans quel temps nous vivons.
Le Christ est ressuscité.
Le Christ règne.
Le Christ a donné son Esprit.
Et cela change tout.
Revenons au début.
Ils étaient dans une maison.
Quelques disciples.
Pas de pouvoir.
Pas d’influence.
Pas de majorité.
Et pourtant Dieu commence là.
Il faut entendre cela aujourd’hui.
Parce que nous pouvons parfois regarder le monde avec inquiétude.
Nous voyons des transformations profondes.
Des visions de l’homme qui s’éloignent de plus en plus de l’anthropologie biblique.
Des conceptions de la liberté qui veulent parfois s’émanciper de toute limite donnée.
Des discours qui présentent l’histoire chrétienne uniquement comme une histoire de domination ou d’échec.
Et parfois la pression n’est même pas frontale.
Elle est plus silencieuse.
On ne nous demande pas de renier publiquement le Christ.
Mais on nous suggère parfois doucement :
gardez votre foi pour vous ;
qu’elle reste privée ;
qu’elle n’interroge pas trop le monde ;
qu’elle ne prétende plus parler de vérité.
Mais regardez Actes 2.
Les disciples ne répondent pas par la peur.
Ils ne répondent pas par la colère.
Ils ne répondent pas par la nostalgie.
Ils ne passent pas leur temps à commenter l’Empire.
Ils parlent des merveilles de Dieu.
Voilà peut-être le premier appel de Pentecôte.
Ne pas devenir obsédés par ce que le monde devient.
Rester fascinés par ce que Dieu fait.
Car l’Église n’a jamais grandi principalement par réaction.
Elle grandit lorsqu’elle retrouve la beauté du Christ.
Et cela nous conduit à une autre question.
Quand nous parlons de réveil…
de quoi parlons-nous ?
Parfois nous imaginons :
plus de monde ;
plus d’énergie ;
plus d’événements.
Mais regardez Actes.
Le premier réveil est plus profond.
Le peuple reçoit à nouveau le souffle.
Ézéchiel avait vu une vallée remplie d’ossements.
Et Dieu lui pose une question étrange :
« Fils de l’homme, ces os pourront-ils revivre ? »
Question presque cruelle.
Quand tout semble terminé.
Quand il ne reste plus que des traces.
Et Ézéchiel répond :
« Seigneur Éternel, tu le sais. »
Alors Dieu dit :
« Prophétise. »
Pas :
organise.
Pas :
maîtrise.
Pas :
produis.
Mais :
Annonce.
Et le souffle vient.
Et les morts se lèvent.
Frères et sœurs,
la Pentecôte est Ézéchiel 37 devenu histoire.
Le souffle vient.
Le peuple se relève.
Et cela veut dire quelque chose de très concret.
Peut-être que certains parmi nous sont fatigués.
Fatigués spirituellement.
Fatigués par les combats.
Fatigués de voir peu de fruits.
Fatigués d’avoir l’impression que le christianisme recule.
Peut-être que certains se disent :
nous sommes trop petits ;
trop faibles ;
trop tard.
Mais la Pentecôte répond :
Regardez moins vos forces.
Regardez davantage le Christ.
Car le miracle de Pentecôte n’est pas d’abord que les disciples parlent.
Le miracle de Pentecôte, c’est qu’ils se lèvent.
Quelques heures plus tôt, dans Jean 20, ils étaient enfermés.
Les mêmes hommes.
Le même monde.
Les mêmes autorités.
Les mêmes risques.
Mais ils ont reçu le souffle.
Le Saint-Esprit n’a pas supprimé les difficultés.
Il a changé les disciples.
Et cela a suffi pour que l’histoire commence autrement.
Alors ne demandons pas seulement :
Combien sommes-nous ?
Demandons :
Attendons-nous encore quelque chose de Dieu ?
Prions-nous encore ?
Annonçons-nous encore les merveilles de Dieu ?
Avons-nous encore de la joie à transmettre ?
Car le peuple de Pentecôte n’est pas un peuple qui survit.
C’est un peuple qui reçoit.
Un peuple qui annonce.
Un peuple qui chante.
Un peuple qui se lève.
Le Christ règne.
L’Esprit agit.
Et les portes du séjour des morts ne prévaudront jamais contre l’Église.
Pierre Courthial, mon maître en théologie, qui a longtemps été le doyen de la Faculté Jean Calvin, a écrit dans son livre Le jour des petits recommencements,
dont je ne saurais trop vous recommander la lecture,
je cite, et ce sera le mot de la fin :
« Notre Seigneur règne, et agit d’en Haut sur la terre ; mais, paradoxalement, il agit en général en partant d’en bas, en partant des diverses petites communautés de la société, en partant de familles, d’Églises paroissiales, d’entreprises professionnelles ou culturelles qui lui sont fidèles, qui écoutent et suivent sa Loi morale, révélée dans l’Écriture (qu’est l’Écriture!).
De petites semences sortent de grands arbres parfois.
Nous n’avons pas, à la manière des révolutionnaires, à attendre ce que décideront les gens qui voudront ou conquerront le pouvoir, en partant d’en haut ; mais à la manière des Réformateurs, nous avons à semer, à planter, en partant donc d’en bas.
Humblement.
Dans une patiente espérance.
C’est le temps, c’est LE JOUR DES PETITS RECOMMENCEMENTS. »
Amen.
Pour aller plus loin
Contexte du texte – Actes 2.1–11
Nous sommes cinquante jours après Pâques. Jésus est mort, ressuscité, puis monté au ciel (Actes 1). Avant son départ, il a donné une promesse à ses disciples : ils recevront le Saint-Esprit et deviendront ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre.
Actes 2 raconte l’accomplissement de cette promesse.
Le jour choisi n’est pas neutre : il s’agit de la Pentecôte juive (Shavouot), fête des prémices et mémoire du don de la Loi au Sinaï. Luc montre ainsi que Dieu accomplit ses promesses anciennes : comme Dieu avait constitué Israël au Sinaï, il constitue maintenant son peuple renouvelé par l’Esprit.
Les disciples ne sont ni en mission ni dans l’action. Ils attendent ensemble. Puis Dieu agit : souffle, feu, parole, rassemblement.
L’enjeu principal du texte est celui-ci : comment Dieu donne-t-il naissance à son peuple missionnaire ?
Questions pour entrer dans le texte :
– Pourquoi les disciples attendent-ils au lieu d’agir ?
– Pourquoi Luc précise-t-il que nous sommes au jour de la Pentecôte ?
– Qu’est-ce qui change entre Jean 20 et Actes 2 ?
– Pourquoi Dieu agit-il dans une maison et non dans le Temple ?
– Qu’est-ce que cela nous apprend sur l’Église ?
Lien avec les autres lectures du jour – Jean 20.19–23 et 1 Corinthiens 12.3–13
Jean 20 montre le moment où le Christ ressuscité souffle sur ses disciples et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ». Actes 2 montre l’accomplissement public de cette promesse.
1 Corinthiens 12 explique ensuite le sens de Pentecôte : le même Esprit forme un seul corps composé de membres différents.
Jean montre le don.
Actes montre la venue.
1 Corinthiens montre les conséquences.
L’Écriture explique l’Écriture.
Questions :
– Quels liens vois-tu entre le souffle de Jésus et le souffle de Pentecôte ?
– Pourquoi Paul insiste-t-il sur l’unité du corps ?
– Que signifie être baptisé dans un seul Esprit ?
– En quoi les trois textes parlent-ils davantage de Dieu que de l’homme ?
Place des textes dans l’année liturgique
La Pentecôte clôt le grand cycle pascal. Après avoir contemplé la mort, la résurrection et l’ascension du Christ, l’Église reçoit maintenant le don de l’Esprit.
Ce temps rappelle que l’œuvre du salut n’est pas terminée à la résurrection : le Christ règne et agit encore par son Esprit.
Le fil conducteur est : Christ ressuscité → Esprit donné → Église envoyée.
Questions :
– Pourquoi la Pentecôte vient-elle après Pâques et l’Ascension ?
– Que manquerait-il si l’Église célébrait seulement Pâques ?
– Que change le don de l’Esprit dans notre compréhension du salut ?
Éclairage du psaume choisi – Psaume 104
Le Psaume 104 célèbre Dieu comme Créateur qui donne et renouvelle la vie.
Le verset souvent associé à Pentecôte est particulièrement éclairant :
« Tu envoies ton souffle : ils sont créés, et tu renouvelles la face de la terre » (Ps 104.30).
Le psaume éclaire Actes 2 : le même Dieu qui donne la vie au monde donne maintenant son Esprit à son peuple.
Fonction liturgique privilégiée : adoration et action de grâce.
Questions :
– Que relie ce psaume entre création et Pentecôte ?
– Pourquoi le souffle de Dieu est-il associé à la vie ?
– Comment ce psaume prépare-t-il l’écoute de l’Évangile ?
Questions d’exégèse
Mots clés :
Pentecôte (Pentêkostê) : cinquantième jour ; accomplissement du Sinaï.
Esprit (Pneuma) : souffle, vent, vie donnée par Dieu.
Langues : signe d’une parole rendue compréhensible.
Remplis : être saisi, conduit, orienté par Dieu.
Merveilles de Dieu : grandes œuvres du salut.
Questions :
– Pourquoi Luc dit-il « comme un souffle » et « comme du feu » ?
– Pourquoi les langues apparaissent-elles avant la parole ?
– Pourquoi chacun entend-il dans sa langue ?
– Que révèle le mot « remplis » ?
– Que signifie annoncer « les merveilles de Dieu » ?
Structure du texte
- Le peuple rassemblé (v.1)
- Dieu descend et donne son Esprit (v.2–4)
- Le peuple reçoit une parole (v.4)
- Les nations entendent (v.5–11)
Le mouvement est simple :
attente → don → témoignage → mission.
Questions :
– Quel est le tournant du récit ?
– Qui agit le plus dans ce texte : Dieu ou les disciples ?
– Comment passe-t-on de l’intérieur de la maison au monde ?
Lecture théologique
Doctrine de Dieu : Dieu accomplit fidèlement son alliance.
Christologie : le Christ ressuscité continue d’agir.
Salut : Dieu donne ce que l’homme ne peut produire.
Église : peuple habité par l’Esprit.
Mission : annoncer les merveilles de Dieu.
Espérance : Dieu continue de renouveler son peuple.
Lecture de l’alliance :
Promesse → Abraham
Constitution → Sinaï
Accomplissement → Pentecôte
Extension → nations
Questions :
– Que révèle ce texte du caractère de Dieu ?
– Pourquoi l’Église naît-elle de l’action de Dieu ?
– Que signifie être greffé sur la promesse ?
– En quoi Pentecôte est-elle une nouvelle création ?
Approche apologétique – questions de discussion
Aujourd’hui certains disent :
– la religion n’est qu’un phénomène collectif ;
– toutes les spiritualités se valent ;
– la foi doit rester privée ;
– l’Église appartient au passé.
Questions :
– Pourquoi Actes insiste-t-il autant sur l’histoire et les témoins ?
– Peut-on annoncer une vérité sans imposer ?
– L’unité chrétienne supprime-t-elle les différences ?
– Pourquoi l’Église continue-t-elle malgré sa faiblesse ?
Appropriation spirituelle
– Qu’est-ce que ce texte révèle de Dieu que je tends à oublier ?
– Qu’est-ce qu’il m’appelle à croire aujourd’hui ?
– Comment puis-je annoncer davantage les merveilles de Dieu dans ma vie quotidienne ?

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