Dieu créa l'homme à son image

Foi réformée et enseignement catholique : une même condamnation du racisme et des idéologies raciales

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L’image sou­ligne que la digni­té humaine ne repose pas sur la race, la culture ou la nation, mais sur la créa­tion divine. Elle oppose la vision biblique de l’homme aux idéo­lo­gies raciales du XXᵉ siècle.


La condam­na­tion du racisme et des idéo­lo­gies fon­dées sur la supé­rio­ri­té d’une « race » ne relève pas seule­ment de l’enseignement catho­lique. La foi réfor­mée confes­sante s’inscrit dans la même ligne théo­lo­gique. Parce que tous les êtres humains sont créés à l’image de Dieu, toute doc­trine raciale contre­dit direc­te­ment la vision chré­tienne de l’homme. C’est pour­quoi les tra­di­tions chré­tiennes his­to­riques ont dénon­cé les idéo­lo­gies raciales et les tota­li­ta­rismes qui ont mar­qué tra­gi­que­ment le XXᵉ siècle.

Les débats publics contem­po­rains montrent com­bien ces ques­tions res­tent sen­sibles. Pour­tant, sur le plan doc­tri­nal, la posi­tion chré­tienne est claire : aucune hié­rar­chie raciale ne peut être com­pa­tible avec l’Évangile.

Le racisme comme péché

Le Caté­chisme de l’Église catho­lique affirme expli­ci­te­ment ce prin­cipe. Le para­graphe 1935 déclare :

« L’égalité entre les hommes repose essen­tiel­le­ment sur leur digni­té per­son­nelle… Toute forme de dis­cri­mi­na­tion tou­chant les droits fon­da­men­taux de la per­sonne, qu’elle soit fon­dée sur le sexe, la race, la cou­leur, la condi­tion sociale, la langue ou la reli­gion, doit être dépas­sée et éli­mi­née comme contraire au des­sein de Dieu. »

Dans cette pers­pec­tive, le racisme n’est pas seule­ment une erreur poli­tique ou sociale : il consti­tue un péché, car il nie la digni­té que Dieu confère à chaque être humain.

La théo­lo­gie réfor­mée confes­sante par­tage plei­ne­ment ce fon­de­ment. Les confes­sions issues de la Réforme affirment elles aus­si l’unité du genre humain créé par Dieu et la digni­té uni­ver­selle de l’homme.

La Sainte Écri­ture enseigne : « Dieu créa l’homme à son image » (Genèse 1.27). Cette affir­ma­tion fonde l’égalité fon­da­men­tale de tous les êtres humains.

La condam­na­tion du racisme nazi

Cette doc­trine a été affir­mée avec force face aux idéo­lo­gies tota­li­taires du XXᵉ siècle. En 1937, le pape Pie XI publia l’encyclique Mit bren­nen­der Sorge, rédi­gée en alle­mand et dif­fu­sée clan­des­ti­ne­ment dans l’Allemagne nazie.

Le texte condamne expli­ci­te­ment la divi­ni­sa­tion de la race et de la nation :

« Qui­conque élève la race, ou le peuple, ou l’État… au-des­sus de leur valeur nor­male et les divi­nise par un culte ido­lâ­trique per­ver­tit et fal­si­fie l’ordre vou­lu par Dieu. »

Ces mots visaient direc­te­ment les fon­de­ments spi­ri­tuels du nazisme : le culte de la race, la hié­rar­chie raciale et la déshu­ma­ni­sa­tion de cer­tains peuples.

La théo­lo­gie chré­tienne affirme l’unité fon­da­men­tale de l’humanité. L’apôtre Paul écrit : « Dieu a fait sor­tir d’un seul sang tout le genre humain » (Actes 17.26).

Une condam­na­tion confir­mée après la guerre

Après la Seconde Guerre mon­diale, le Concile Vati­can II a réaf­fir­mé cette posi­tion dans Gau­dium et Spes, décla­rant que toute dis­cri­mi­na­tion raciale est contraire à la volon­té de Dieu.

Sur ce point, les tra­di­tions chré­tiennes his­to­riques convergent. Catho­liques et pro­tes­tants confes­sants recon­naissent que les idéo­lo­gies raciales sont incom­pa­tibles avec la foi chré­tienne.

Conclu­sion

L’histoire du XXᵉ siècle a mon­tré jusqu’où peuvent conduire les idéo­lo­gies raciales. Face à ces dérives, l’enseignement chré­tien a tou­jours affir­mé un prin­cipe simple : tous les êtres humains pos­sèdent la même digni­té devant Dieu.

Pour cette rai­son, la foi réfor­mée confes­sante comme l’enseignement catho­lique rejettent toute doc­trine raciale et toute idéo­lo­gie qui pré­tend hié­rar­chi­ser les peuples. Fidé­li­té à l’Évangile et véri­té his­to­rique conduisent ici à la même conclu­sion : le racisme contre­dit le des­sein de Dieu.


Annexe – Racisme, iden­ti­té des peuples et ques­tion de l’immigration

La condam­na­tion chré­tienne des idéo­lo­gies racistes et racia­listes ne doit pas être confon­due avec d’autres ques­tions poli­tiques et sociales dis­tinctes. Le fait de reje­ter toute doc­trine fon­dée sur la supé­rio­ri­té d’une « race » ou la déshu­ma­ni­sa­tion d’un peuple ne signi­fie pas que toutes les ques­tions liées à l’identité des peuples, aux fron­tières ou à l’immigration soient réso­lues par ce seul prin­cipe.

Dans la tra­di­tion chré­tienne, ces sujets doivent être abor­dés sépa­ré­ment et avec rigueur. La condam­na­tion du racisme relève d’un prin­cipe moral fon­da­men­tal : la digni­té égale de tous les êtres humains créés à l’image de Dieu. En revanche, les ques­tions d’organisation des socié­tés, de res­pon­sa­bi­li­té poli­tique des États, de ges­tion des migra­tions ou de pré­ser­va­tion des cultures relèvent d’un autre ordre de réflexion.

La Sainte Écri­ture elle-même dis­tingue ces plans. Elle affirme l’unité fon­da­men­tale du genre humain (Genèse 1.27 ; Actes 17.26), tout en recon­nais­sant l’existence de peuples, de nations et de fron­tières dans l’histoire humaine (Genèse 10 ; Deu­té­ro­nome 32.8). La Bible ne nie donc pas la réa­li­té des peuples ni la légi­ti­mi­té d’une orga­ni­sa­tion poli­tique des socié­tés.

Pour cette rai­son, il est impor­tant d’éviter une confu­sion fré­quente dans les débats contem­po­rains : condam­ner le racisme ne signi­fie pas abo­lir toute réflexion sur les nations, les cultures ou les poli­tiques migra­toires. Ces ques­tions doivent être exa­mi­nées de manière sérieuse, pru­dente et éclai­rée par les prin­cipes bibliques de jus­tice, de res­pon­sa­bi­li­té et de cha­ri­té.

La réflexion chré­tienne exige donc de main­te­nir une dis­tinc­tion claire : d’une part, le rejet abso­lu des idéo­lo­gies raciales qui nient la digni­té humaine ; d’autre part, une réflexion légi­time et néces­saire sur l’identité des peuples et les poli­tiques d’immigration, qui doivent être abor­dées à part, avec dis­cer­ne­ment théo­lo­gique et pru­dence poli­tique.


Outils pédagogiques

1. Ques­tions pour ana­ly­ser les pré­sup­po­sés

  1. Pour­quoi les débats contem­po­rains tendent-ils à confondre racisme, iden­ti­té des peuples et poli­tiques migra­toires ?
  2. En quoi la condam­na­tion chré­tienne du racisme découle-t-elle direc­te­ment de la doc­trine de la créa­tion (Genèse 1.27) ?
  3. Pour­quoi recon­naître l’existence des peuples et des nations n’implique-t-il pas une hié­rar­chie raciale ?
  4. Com­ment dis­tin­guer une réflexion légi­time sur l’organisation poli­tique d’une socié­té d’une idéo­lo­gie racia­liste ?
  5. Pour­quoi les débats sur l’immigration deviennent-ils sou­vent émo­tion­nels ou idéo­lo­giques plu­tôt que ration­nels ?
  6. Quels sont les dan­gers moraux d’une idéo­lo­gie raciale ?
  7. Quels sont les dan­gers d’un uni­ver­sa­lisme abs­trait qui nie­rait toute réa­li­té his­to­rique des peuples et des cultures ?
  8. Pour­quoi la pen­sée chré­tienne insiste-t-elle sur la dis­tinc­tion entre prin­cipes moraux uni­ver­sels et pru­dence poli­tique ?

2. Ques­tions bibliques

  1. Que signi­fie la créa­tion de tous les hommes à l’image de Dieu (Genèse 1.27) pour la condam­na­tion du racisme ?
  2. Com­ment com­prendre Actes 17.26 : « Dieu a fait sor­tir d’un seul sang tout le genre humain » ?
  3. Que nous apprend le cha­pitre 10 de la Genèse sur la diver­si­té des peuples et des nations ?
  4. Com­ment inter­pré­ter Deu­té­ro­nome 32.8, où Dieu fixe les limites des peuples ?
  5. Com­ment conci­lier l’appel biblique à aimer l’étranger (Lévi­tique 19.34) avec la res­pon­sa­bi­li­té des auto­ri­tés poli­tiques (Romains 13) ?

3. Tra­vail en groupe

Pro­po­ser la dis­cus­sion autour de trois affir­ma­tions :

– « La condam­na­tion du racisme est un prin­cipe moral uni­ver­sel dans le chris­tia­nisme. »
– « La Bible recon­naît l’existence des peuples et des nations dans l’histoire humaine. »
– « Les poli­tiques migra­toires relèvent d’une pru­dence poli­tique qui doit être éclai­rée par l’éthique chré­tienne. »

Chaque groupe doit iden­ti­fier :

  1. les fon­de­ments bibliques,
  2. les impli­ca­tions morales,
  3. les impli­ca­tions poli­tiques pos­sibles.

4. QCM de com­pré­hen­sion

  1. Selon la doc­trine chré­tienne, la digni­té humaine repose prin­ci­pa­le­ment sur :
    A. La culture
    B. La nation
    C. L’image de Dieu
    D. La richesse

Réponse : C

  1. Condam­ner le racisme signi­fie :
    A. nier l’existence des peuples
    B. nier toute culture
    C. refu­ser toute hié­rar­chie raciale entre les êtres humains
    D. abo­lir les nations

Réponse : C

  1. Dans la Bible, l’existence des peuples et des nations appa­raît notam­ment dans :
    A. Genèse 10
    B. Apo­ca­lypse 21
    C. Actes 17
    D. Toutes ces réponses

Réponse : D

  1. Les poli­tiques migra­toires relèvent prin­ci­pa­le­ment :
    A. d’un dogme théo­lo­gique
    B. d’une pru­dence poli­tique
    C. d’un com­man­de­ment litur­gique
    D. d’une doc­trine sacra­men­telle

Réponse : B

5. Pistes pour appro­fon­dir

– Étu­dier la doc­trine biblique des nations dans Genèse 10 et Actes 17.
– Exa­mi­ner la dis­tinc­tion entre morale uni­ver­selle et pru­dence poli­tique dans la tra­di­tion chré­tienne.
– Ana­ly­ser les dérives idéo­lo­giques modernes qui confondent racisme, iden­ti­té cultu­relle et poli­tique migra­toire.

6. Lien avec les confes­sions de foi réfor­mées

La tra­di­tion réfor­mée rap­pelle que Dieu gou­verne les socié­tés humaines à tra­vers des auto­ri­tés civiles légi­times. La Confes­sion de La Rochelle (1559) et la Confes­sion de West­mins­ter (1647) recon­naissent la légi­ti­mi­té de l’ordre poli­tique et des res­pon­sa­bi­li­tés des magis­trats.

Cette pers­pec­tive invite les chré­tiens à main­te­nir deux convic­tions simul­ta­né­ment :
– la digni­té égale de tous les êtres humains devant Dieu ;
– la légi­ti­mi­té d’une orga­ni­sa­tion poli­tique des socié­tés fon­dée sur la jus­tice, la res­pon­sa­bi­li­té et la pru­dence.


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