Création d'Adam (Chapelle Sixtine)

Adam historique, évolution et théologie chrétienne : synthèse des positions

Pour lire l’i­mage

Cette fresque de Miche­lan­ge­lo Buo­nar­ro­ti repré­sente la créa­tion d’Adam selon le récit de Genèse 2. Dieu y com­mu­nique la vie à l’homme, sou­li­gnant que l’humanité est vou­lue et créée par Dieu. L’image exprime la vision biblique clas­sique de l’homme comme por­teur de l’image de Dieu. Dans le débat actuel entre créa­tion et évo­lu­tion, la ques­tion cen­trale devient alors celle du sta­tut d’Adam : per­son­nage his­to­rique, repré­sen­tant d’une huma­ni­té ancienne ou figure sym­bo­lique. Cette inter­ro­ga­tion touche direc­te­ment la com­pré­hen­sion chré­tienne de la créa­tion, de la chute et de la rédemp­tion.


Face aux théo­ries de l’évolution, les chré­tiens adoptent plu­sieurs posi­tions : lec­ture sym­bo­lique de Genèse, évo­lu­tion théiste, ou affir­ma­tion d’un Adam his­to­rique. La théo­lo­gie réfor­mée confes­sante insiste sur l’unité création–chute–rédemption et sur la réa­li­té his­to­rique d’Adam.

Dos­sier Créa­tion et évo­lu­tion

Création, évolution et Adam : panorama des positions chrétiennes

Depuis plus d’un siècle, les chré­tiens débattent de la rela­tion entre le récit biblique de la créa­tion, l’historicité d’Adam et de la chute, et les théo­ries scien­ti­fiques de l’évolution1. La ques­tion ne concerne pas seule­ment l’origine bio­lo­gique de l’homme. Elle touche à l’anthropologie chré­tienne, à la doc­trine du péché et à la struc­ture même de l’histoire du salut.

Dans le chris­tia­nisme contem­po­rain, plu­sieurs posi­tions se sont déve­lop­pées2. Cer­taines cherchent une conci­lia­tion entre évo­lu­tion et théo­lo­gie biblique, d’autres défendent une lec­ture plus clas­sique du récit de la créa­tion.

La théo­lo­gie réfor­mée confes­sante s’inscrit géné­ra­le­ment dans cette seconde pers­pec­tive, en insis­tant sur l’unité doc­tri­nale de la créa­tion, de la chute et de la rédemp­tion.

Com­prendre ces dif­fé­rentes posi­tions per­met de cla­ri­fier les enjeux théo­lo­giques du débat.

La posi­tion natu­ra­liste ou maté­ria­liste

La pre­mière posi­tion n’appartient pas réel­le­ment au chris­tia­nisme, mais elle influence for­te­ment les débats contem­po­rains.

Dans cette pers­pec­tive, l’évolution bio­lo­gique explique entiè­re­ment l’origine de l’humanité. L’homme est le pro­duit d’un pro­ces­sus natu­rel sans inter­ven­tion divine par­ti­cu­lière.

Le récit biblique de la créa­tion est alors consi­dé­ré comme un mythe reli­gieux ou une repré­sen­ta­tion sym­bo­lique propre aux cultures anciennes.

Cette posi­tion implique géné­ra­le­ment plu­sieurs conclu­sions :

  • Adam n’a jamais exis­té comme indi­vi­du his­to­rique.
  • La chute est une image sym­bo­lique du mal humain.
  • Le péché ori­gi­nel n’est pas un évé­ne­ment his­to­rique.

Cette inter­pré­ta­tion entre en conflit direct avec la théo­lo­gie chré­tienne clas­sique.

La posi­tion pro­tes­tante libé­rale

Dans le pro­tes­tan­tisme libé­ral, l’évolution est géné­ra­le­ment accep­tée sans dif­fi­cul­té majeure.

Le récit de Genèse 1–3 est inter­pré­té comme un texte théo­lo­gique expri­mant des véri­tés spi­ri­tuelles3, mais non comme un récit his­to­rique.

Adam devient alors une figure sym­bo­lique repré­sen­tant l’humanité dans son ensemble.

La chute est com­prise comme une des­crip­tion du fait uni­ver­sel du péché plu­tôt que comme un évé­ne­ment his­to­rique.

Cette posi­tion per­met une inté­gra­tion rela­ti­ve­ment facile des théo­ries évo­lu­tion­nistes, mais elle modi­fie pro­fon­dé­ment la doc­trine clas­sique du péché ori­gi­nel.

La posi­tion catho­lique romaine

L’Église catho­lique adopte une posi­tion plus nuan­cée4.

Elle admet la pos­si­bi­li­té d’une évo­lu­tion bio­lo­gique concer­nant l’origine du corps humain5, tout en affir­mant plu­sieurs prin­cipes doc­tri­naux :

  • Dieu est le Créa­teur de toutes choses.
  • L’âme humaine est créée direc­te­ment par Dieu.
  • Le péché ori­gi­nel pro­vient d’un évé­ne­ment his­to­rique lié à Adam.

Le magis­tère catho­lique a expli­ci­te­ment reje­té l’hypothèse du poly­gé­nisme dans l’encyclique Huma­ni Gene­ris (1950), car elle sem­blait dif­fi­ci­le­ment conci­liable avec la doc­trine du péché ori­gi­nel, qui sup­pose l’unité de l’humanité en Adam6. Cette posi­tion n’a jamais été offi­ciel­le­ment révo­quée, même si cer­tains théo­lo­giens contem­po­rains tentent aujourd’hui d’explorer des modèles per­met­tant de dia­lo­guer avec cer­taines hypo­thèses issues de la géné­tique des popu­la­tions.

Dans la théo­lo­gie catho­lique contem­po­raine, plu­sieurs modèles cherchent à conci­lier les don­nées géné­tiques modernes et l’idée d’un couple ori­gi­nel.

La posi­tion de l’évolution théiste

Cer­tains théo­lo­giens évan­gé­liques défendent une forme d’évolution théiste7.

Dans cette pers­pec­tive, Dieu aurait uti­li­sé l’évolution comme moyen pour pro­duire la diver­si­té du vivant, y com­pris l’humanité.

Les modèles pro­po­sés varient consi­dé­ra­ble­ment :

  • cer­tains conservent un Adam his­to­rique pla­cé dans une popu­la­tion humaine plus large8
  • d’autres consi­dèrent Adam comme une figure sym­bo­lique

Ces modèles cherchent à main­te­nir cer­tains élé­ments du récit biblique tout en inté­grant les conclu­sions de la bio­lo­gie évo­lu­tive.

Cepen­dant, ils sou­lèvent plu­sieurs dif­fi­cul­tés théo­lo­giques, notam­ment concer­nant la doc­trine du péché ori­gi­nel et la rela­tion entre Adam et le Christ.

Enca­dré péda­go­gique – Pour­quoi Adam est cen­tral

La ques­tion d’Adam n’est pas secon­daire.
Dans le Nou­veau Tes­ta­ment, Adam et le Christ sont pré­sen­tés comme deux figures repré­sen­ta­tives de l’humanité (Romains 5 ; 1 Corin­thiens 15).
C’est pour­quoi l’historicité d’Adam joue un rôle cen­tral dans la com­pré­hen­sion chré­tienne du péché et de la rédemp­tion.

La posi­tion créa­tion­niste clas­sique

Une autre posi­tion, sou­vent appe­lée créa­tion­nisme, affirme que le récit de Genèse 1–3 décrit des évé­ne­ments his­to­riques réels.

Dans cette pers­pec­tive :

  • Adam et Ève sont les pre­miers parents de l’humanité9.
  • La chute est un évé­ne­ment his­to­rique.
  • La mort et la cor­rup­tion entrent dans le monde à la suite du péché.

Les diver­gences entre créa­tion­nistes concernent géné­ra­le­ment l’interprétation des jours de la créa­tion et l’âge de la terre.

Mais ils par­tagent l’affirmation d’un Adam his­to­rique et d’une chute réelle.

La pers­pec­tive de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante

La théo­lo­gie réfor­mée confes­sante insiste sur l’unité doc­tri­nale entre la créa­tion, la chute et la rédemp­tion10.

Cette struc­ture consti­tue l’architecture fon­da­men­tale de l’histoire biblique.

Plu­sieurs élé­ments sont consi­dé­rés comme essen­tiels.

Pre­miè­re­ment, Adam est un per­son­nage his­to­rique réel.

Le Nou­veau Tes­ta­ment éta­blit un paral­lèle direct entre Adam et le Christ11. Dans Romains 5 et 1 Corin­thiens 15, Paul pré­sente Adam comme le pre­mier homme dont la faute affecte toute l’humanité.

Deuxiè­me­ment, la chute est un évé­ne­ment his­to­rique.

Le péché ori­gi­nel n’est pas sim­ple­ment une des­crip­tion de la condi­tion humaine. Il pro­vient d’une déso­béis­sance réelle dans l’histoire.

Troi­siè­me­ment, l’unité de l’humanité en Adam est fon­da­men­tale.

Dans la théo­lo­gie réfor­mée, Adam agit comme repré­sen­tant fédé­ral de l’humanité12. Sa faute entraîne la cor­rup­tion de la nature humaine.

Cette doc­trine explique pour­quoi l’œuvre du Christ est éga­le­ment repré­sen­ta­tive : le Christ agit comme le nou­vel Adam.

Enca­dré péda­go­gique – Adam et le Christ

Dans le Nou­veau Tes­ta­ment, Adam et le Christ sont pré­sen­tés comme deux têtes repré­sen­ta­tives de l’humanité (Romains 5 ; 1 Corin­thiens 15). Adam agit comme le pre­mier repré­sen­tant de l’humanité déchue, tan­dis que le Christ appa­raît comme le nou­vel Adam qui apporte la jus­tice et la vie. La théo­lo­gie de l’alliance com­prend ain­si l’histoire du salut comme le pas­sage d’une huma­ni­té en Adam à une huma­ni­té renou­ve­lée en Christ.

Les enjeux théo­lo­giques du débat

Le débat sur l’évolution ne concerne pas seule­ment l’origine bio­lo­gique de l’homme.

Il touche direc­te­ment plu­sieurs doc­trines cen­trales :

  • l’image de Dieu
  • le péché ori­gi­nel
  • la nature de la chute
  • l’œuvre rédemp­trice du Christ

Si Adam n’est plus un per­son­nage his­to­rique, le paral­lèle éta­bli par le Nou­veau Tes­ta­ment entre Adam et le Christ devient dif­fi­cile à inter­pré­ter.

C’est pour­quoi de nom­breux théo­lo­giens réfor­més consi­dèrent que la ques­tion d’Adam est théo­lo­gi­que­ment fon­da­men­tale.

Conclu­sion

Le chris­tia­nisme contem­po­rain pré­sente une diver­si­té de posi­tions concer­nant la rela­tion entre évo­lu­tion et récit biblique de la créa­tion.

Cer­taines approches inter­prètent Adam et la chute de manière sym­bo­lique. D’autres cherchent une conci­lia­tion par­tielle entre évo­lu­tion et théo­lo­gie biblique.

La théo­lo­gie réfor­mée confes­sante insiste quant à elle sur la cohé­rence interne de la doc­trine biblique : créa­tion, chute et rédemp­tion forment un ensemble théo­lo­gique indis­so­ciable.

Dans cette pers­pec­tive, l’historicité d’Adam et de la chute ne consti­tue pas un détail secon­daire. Elle appar­tient à la struc­ture même de l’Évangile13.


Annexes

Annexe 1 – Répondre à une objection

On affirme par­fois que la ques­tion d’Adam serait secon­daire pour la foi chré­tienne.

Cepen­dant, le Nou­veau Tes­ta­ment relie expli­ci­te­ment l’œuvre du Christ à la figure d’Adam.

Si Adam est sim­ple­ment un sym­bole, la logique du paral­lèle entre Adam et le Christ devient dif­fi­cile à main­te­nir.


Annexe 2 – Une question de cohérence

Com­pa­rer les dif­fé­rentes posi­tions chré­tiennes sur Adam.

Adam his­to­rique et chute his­to­rique.
Adam sym­bo­lique repré­sen­tant l’humanité.
Adam his­to­rique au sein d’une popu­la­tion humaine plus large.

Pour cha­cune de ces posi­tions, exa­mi­ner les consé­quences pour les doc­trines sui­vantes :

  • péché ori­gi­nel
  • nature humaine
  • rela­tion entre Adam et le Christ

Cet exer­cice per­met de com­prendre que la ques­tion d’Adam n’est pas seule­ment un débat sur l’origine de l’homme. Elle concerne la cohé­rence de l’ensemble de la théo­lo­gie chré­tienne.


Bibliographie sommaire

Augus­tin d’Hippone, La Genèse au sens lit­té­ral, trad. fran­çaise, Paris, Des­clée de Brou­wer, 1972 (texte ori­gi­nal : De Gene­si ad lit­te­ram, IVᵉ–Vᵉ siècle).
Augus­tin pro­pose l’une des pre­mières réflexions théo­lo­giques appro­fon­dies sur la créa­tion, Adam et la chute, en cher­chant à arti­cu­ler lec­ture biblique et réflexion ration­nelle.

Jean Cal­vin, Ins­ti­tu­tion de la reli­gion chré­tienne, Genève, 1559 (édi­tions modernes mul­tiples).
Cal­vin déve­loppe la doc­trine réfor­mée de la créa­tion, de l’image de Dieu et de la chute d’Adam, en lien avec la doc­trine du salut.

Confes­sion de foi de La Rochelle, 1559.
Confes­sion réfor­mée clas­sique affir­mant la créa­tion divine, la chute his­to­rique d’Adam et la cor­rup­tion uni­ver­selle de l’humanité.

Caté­chisme de Hei­del­berg, 1563.
Texte fon­da­men­tal de la tra­di­tion réfor­mée pré­sen­tant l’état ori­gi­nel de l’homme, la chute et la trans­mis­sion du péché.

Pie XII, Huma­ni Gene­ris, ency­clique, Vati­can, 1950.
Docu­ment magis­té­riel impor­tant auto­ri­sant l’étude de l’évolution tout en reje­tant le poly­gé­nisme et en affir­mant la créa­tion directe de l’âme humaine.

Hen­ri Blo­cher, Révé­la­tion des ori­gines : le début de la Genèse, Lau­sanne, Presses Bibliques Uni­ver­si­taires, 1979.
Ana­lyse théo­lo­gique influente sur Genèse 1–3, abor­dant la rela­tion entre récit biblique et théo­ries scien­ti­fiques contem­po­raines.

Her­man Bavinck, Refor­med Dog­ma­tics, vol. 2, God and Crea­tion, Grand Rapids, Baker Aca­de­mic, 2004 (tra­duc­tion anglaise de l’édition néer­lan­daise ori­gi­nale Gere­for­meerde Dog­ma­tiek, Kam­pen, 1895–1901).
Bavinck expose la doc­trine réfor­mée de la créa­tion et exa­mine les impli­ca­tions anthro­po­lo­giques et théo­lo­giques de la ques­tion de l’origine de l’homme.

Denis Alexan­der, Crea­tion or Evo­lu­tion : Do We Have to Choose ?, Oxford, Monarch Books, 2008.
Ouvrage repré­sen­tant une ten­ta­tive d’articulation entre évo­lu­tion bio­lo­gique et foi chré­tienne.

Joshua Swa­mi­dass, The Genea­lo­gi­cal Adam and Eve : The Sur­pri­sing Science of Uni­ver­sal Ances­try, Dow­ners Grove, Inter­Var­si­ty Press, 2019.
Pro­po­si­tion d’un modèle conci­liant cer­taines don­nées géné­tiques contem­po­raines avec l’idée d’un Adam his­to­rique.

Cor­ne­lius Van Til, The Defense of the Faith, Phil­lips­burg, Pres­by­te­rian and Refor­med Publi­shing, 1955 (révi­sions ulté­rieures).
Van Til ana­lyse les pré­sup­po­sés phi­lo­so­phiques du natu­ra­lisme et insiste sur la cohé­rence interne de la vision chré­tienne du monde.


Outils pédagogiques

Ques­tions pour ana­ly­ser les pré­sup­po­sés

Lorsque les chré­tiens parlent de l’évolution, dis­cutent-ils d’un méca­nisme bio­lo­gique pré­cis ou d’une vision glo­bale de l’histoire humaine ?

Si Adam n’est qu’une figure sym­bo­lique, com­ment com­prendre les pas­sages du Nou­veau Tes­ta­ment qui opposent Adam et le Christ ?

La doc­trine du péché ori­gi­nel peut-elle être main­te­nue si l’humanité pro­vient d’une popu­la­tion humaine ancienne et non d’un couple ori­gi­nel ?

Les théo­ries scien­ti­fiques sur l’origine bio­lo­gique de l’homme peuvent-elles être inté­grées dans la théo­lo­gie chré­tienne sans modi­fier la struc­ture du récit biblique de la créa­tion, de la chute et de la rédemp­tion ?

Démarche apo­lo­gé­tique

Dans les débats contem­po­rains, plu­sieurs posi­tions chré­tiennes se dis­tinguent concer­nant la rela­tion entre la Bible et l’évolution.

Cer­taines approches consi­dèrent Genèse 1–3 comme un récit sym­bo­lique expri­mant des véri­tés spi­ri­tuelles sur la condi­tion humaine. Cette posi­tion per­met une com­pa­ti­bi­li­té large avec les modèles évo­lu­tion­nistes, mais elle trans­forme pro­fon­dé­ment la doc­trine clas­sique du péché ori­gi­nel.

D’autres posi­tions cherchent à conci­lier l’évolution bio­lo­gique avec l’existence d’un Adam his­to­rique, par exemple en situant Adam au sein d’une popu­la­tion humaine plus large. Ces modèles tentent de pré­ser­ver l’unité de l’humanité tout en inté­grant cer­taines don­nées scien­ti­fiques.

La théo­lo­gie réfor­mée confes­sante adopte géné­ra­le­ment une approche dif­fé­rente. Elle insiste sur la cohé­rence interne de la révé­la­tion biblique : la créa­tion, la chute et la rédemp­tion forment une struc­ture théo­lo­gique indis­so­ciable.

Fon­de­ment biblique

Plu­sieurs pas­sages du Nou­veau Tes­ta­ment relient direc­te­ment la doc­trine du salut à l’histoire d’Adam.

Romains 5 pré­sente Adam comme celui par qui le péché et la mort sont entrés dans le monde.

1 Corin­thiens 15 oppose Adam et le Christ comme deux figures repré­sen­ta­tives de l’humanité.

Ces textes ne pré­sentent pas Adam comme un simple sym­bole. Ils l’inscrivent dans une his­toire réelle qui explique la condi­tion humaine actuelle.

Lien avec les confes­sions de foi réfor­mées

La tra­di­tion réfor­mée a tou­jours affir­mé l’historicité d’Adam et de la chute.

La Confes­sion de foi de La Rochelle (1559) enseigne que l’homme a été créé bon et pur, mais qu’il s’est cor­rom­pu par sa propre faute.

Le Caté­chisme de Hei­del­berg (1563) affirme que la cor­rup­tion de l’humanité pro­vient de la chute de nos pre­miers parents.

La doc­trine réfor­mée sou­ligne éga­le­ment la notion de repré­sen­ta­tion fédé­rale : Adam agit comme chef de l’humanité, et le Christ comme nou­vel Adam qui apporte la rédemp­tion.

Outil péda­go­gique pour groupe ou étude biblique

Com­pa­rer quatre posi­tions chré­tiennes sur la rela­tion entre évo­lu­tion et créa­tion.

Lec­ture sym­bo­lique de Genèse 1–3 dans le pro­tes­tan­tisme libé­ral.

Posi­tion catho­lique : ouver­ture pru­dente à l’évolution tout en affir­mant l’unité de l’humanité et le péché ori­gi­nel.

Modèles d’évolution théiste cher­chant à main­te­nir un Adam his­to­rique.

Posi­tion réfor­mée confes­sante affir­mant l’historicité d’Adam et de la chute.

Pour cha­cune de ces posi­tions, exa­mi­ner les consé­quences pour les doc­trines sui­vantes :

  • l’image de Dieu
  • le péché ori­gi­nel
  • la rela­tion entre Adam et le Christ
  • la struc­ture créa­tion-chute-rédemp­tion.

Cet exer­cice per­met de com­prendre que la ques­tion de l’évolution touche direc­te­ment à l’architecture théo­lo­gique du chris­tia­nisme.


  1. Michael Ruse, Dar­wi­nism as Reli­gion : What Lite­ra­ture Tells Us about Evo­lu­tion, Oxford, Oxford Uni­ver­si­ty Press, 2017. Ruse ana­lyse la manière dont l’évolution a par­fois fonc­tion­né cultu­rel­le­ment comme un récit qua­si reli­gieux. ↩︎
  2. Pour une syn­thèse his­to­rique du débat entre chris­tia­nisme et évo­lu­tion, voir Peter J. Bow­ler, Evo­lu­tion : The His­to­ry of an Idea, Ber­ke­ley, Uni­ver­si­ty of Cali­for­nia Press, 1984. ↩︎
  3. Voir Rudolf Bult­mann, Keryg­ma and Myth, New York, Har­per & Row, 1961, qui pro­pose une lec­ture exis­ten­tiale et non his­to­rique de nom­breux récits bibliques. ↩︎
  4. Pie XII, Huma­ni Gene­ris, ency­clique, Vati­can, 1950, §36–37, auto­ri­sant l’étude de l’évolution concer­nant l’origine du corps humain tout en reje­tant le poly­gé­nisme. ↩︎
  5. Jean-Paul II a affir­mé que l’évolution était plus qu’une hypo­thèse scien­ti­fique. Jean-Paul II, Dis­cours à l’Académie pon­ti­fi­cale des sciences sur l’évolution, 22 octobre 1996. ↩︎
  6. Dans l’encyclique Huma­ni Gene­ris (1950), Pie XII ne se contente pas d’exprimer une pré­fé­rence pour le mono­gé­nisme : il affirme que les fidèles ne peuvent pas adop­ter le poly­gé­nisme, car il est dif­fi­cile de conci­lier cette hypo­thèse avec la doc­trine du péché ori­gi­nel. Le texte dit expli­ci­te­ment : « Les fidèles ne peuvent embras­ser cette opi­nion qui sou­tient que […] Adam repré­sen­te­rait une mul­ti­tude de pre­miers parents. » (Huma­ni Gene­ris, §37) ↩︎
  7. Denis Alexan­der, Crea­tion or Evo­lu­tion : Do We Have to Choose ?, Oxford, Monarch Books, 2008, pro­pose une ten­ta­tive de conci­lia­tion entre évo­lu­tion bio­lo­gique et théo­lo­gie chré­tienne. Voir de-même : Hen­ri Blo­cher, Révé­la­tion des ori­gines, Lau­sanne, Presses Bibliques Uni­ver­si­taires, 1979. ↩︎
  8. Joshua Swa­mi­dass, The Genea­lo­gi­cal Adam and Eve : The Sur­pri­sing Science of Uni­ver­sal Ances­try, Dow­ners Grove, Inter­Var­si­ty Press, 2019. ↩︎
  9. John C. Whit­comb et Hen­ry M. Mor­ris, The Gene­sis Flood, Phi­la­del­phia, Pres­by­te­rian and Refor­med Publi­shing, 1961. Ouvrage fon­da­teur du créa­tion­nisme moderne. ↩︎
  10. Her­man Bavinck, Refor­med Dog­ma­tics, vol. 2, God and Crea­tion, Grand Rapids, Baker Aca­de­mic, 2004 (trad. de l’édition néer­lan­daise Gere­for­meerde Dog­ma­tiek, Kam­pen, 1895–1901), déve­loppe la cohé­rence interne de la doc­trine réfor­mée de la créa­tion et de la chute. ↩︎
  11. Voir Romains 5.12–21 et 1 Corin­thiens 15.21–22, 45–49, où l’apôtre Paul pré­sente Adam et le Christ comme deux chefs repré­sen­ta­tifs de l’humanité. ↩︎
  12. Fran­cis Tur­re­tin, Ins­ti­tutes of Elenc­tic Theo­lo­gy, vol. 1, Phil­lips­burg, Pres­by­te­rian and Refor­med Publi­shing, 1992 (éd. ori­gi­nale latine : Genève, XVIIᵉ siècle), locus VIII sur l’état de l’homme avant la chute. ↩︎
  13. Hen­ri Blo­cher, Révé­la­tion des ori­gines : le début de la Genèse, Lau­sanne, Presses Bibliques Uni­ver­si­taires, 1979. ↩︎

Commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Foedus

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture