Un scribe du Ier siècle écrit sur des rouleaux et feuillets devant une vue de Jérusalem et du Temple, entouré de manuscrits et d’encre.

Quand les Évangiles ont-ils été écrits ? Datations précoces, consensus critique et fiabilité apostolique

Avatar de Vincent Bru

Pour lire l’image

Le scribe, entou­ré de rou­leaux et de feuillets, ne repré­sente pas un évan­gé­liste iden­ti­fié, mais le tra­vail de mise par écrit dans le monde du Ier siècle. Jéru­sa­lem et le Temple à l’arrière-plan rap­pellent l’enjeu chro­no­lo­gique de l’an 70. L’image sug­gère ain­si la ques­tion cen­trale de l’article : ora­li­té, témoi­gnage, enquête et écri­ture ont-ils coexis­té bien plus tôt qu’on ne le sup­pose par­fois ?


Les Évan­giles ont-ils été com­po­sés plu­sieurs décen­nies après Jésus, au terme d’une longue évo­lu­tion des tra­di­tions chré­tiennes, ou leur rédac­tion a‑t-elle com­men­cé alors que les témoins des évé­ne­ments étaient encore nom­breux ? Une date pré­coce rap­proche un texte des faits qu’il rap­porte ; elle ne suf­fit pour­tant pas à démon­trer sa véra­ci­té, encore moins son ins­pi­ra­tion. Inver­se­ment, une rédac­tion pos­té­rieure à l’an 70 ne trans­forme pas auto­ma­ti­que­ment un Évan­gile en légende. Pierre Cour­thial a défen­du une chro­no­lo­gie apos­to­lique par­ti­cu­liè­re­ment haute, en dia­logue notam­ment avec J. A. T. Robin­son, John Wen­ham, Jean Car­mi­gnac et Claude Tres­mon­tant. Plu­sieurs de leurs pro­po­si­tions res­tent mino­ri­taires dans la recherche contem­po­raine ; cer­taines reposent néan­moins sur des argu­ments his­to­riques et lit­té­raires qui méritent exa­men. Il faut donc reprendre le dos­sier sans for­cer les preuves : que savons-nous réel­le­ment de la date des Évan­giles, et que per­mettent – ou ne per­mettent pas – d’en conclure ces dates ?

Quand les Évangiles ont-ils été écrits ? Reprendre le dossier sans forcer les preuves

Pourquoi quelques décennies comptent-elles autant ?

Entre un Évan­gile rédi­gé vers 50 et le même Évan­gile pla­cé vers 85, trente-cinq années seule­ment séparent les deux hypo­thèses. À l’échelle de l’histoire ancienne, l’écart paraît modeste. Pour l’étude des ori­gines chré­tiennes, il est pour­tant consi­dé­rable. Dans le pre­mier scé­na­rio, la rédac­tion se situe à une époque où une part impor­tante de la pre­mière géné­ra­tion chré­tienne est encore vivante. Dans le second, elle appar­tient à une Église qui a déjà tra­ver­sé la guerre judéo-romaine, la des­truc­tion du Temple en 70 et la dis­pa­ri­tion de plu­sieurs figures apos­to­liques.

Il serait cepen­dant fau­tif de faire de la date un cri­tère magique de véri­té. Un témoin peut écrire tôt et se trom­per ; un his­to­rien peut écrire tard et tra­vailler sur d’excellentes sources. La proxi­mi­té chro­no­lo­gique aug­mente cer­taines pos­si­bi­li­tés de contrôle et réduit cer­tains méca­nismes de trans­for­ma­tion de la mémoire, mais elle ne garan­tit pas à elle seule l’exactitude d’un récit. La ques­tion de la data­tion doit donc être dis­tin­guée de trois autres : qui a écrit ? sur quelles sources ? avec quelle rela­tion aux témoins des évé­ne­ments ?

Cette dis­tinc­tion pro­tège éga­le­ment l’apologétique chré­tienne d’un rai­son­ne­ment trop rapide. Si l’on par­ve­nait à éta­blir que Mat­thieu a été écrit en 45, cela ne démon­tre­rait pas par ce seul fait que Jésus est res­sus­ci­té. Et si Mat­thieu devait être daté de 85, cela ne démon­tre­rait pas davan­tage que la résur­rec­tion est une légende tar­dive. La doc­trine chré­tienne de l’inspiration ne repose pas sur un cal­cul chro­no­lo­gique : elle affirme que Dieu a par­lé par des auteurs humains réels, situés dans l’histoire. L’enquête his­to­rique peut donc éclai­rer les condi­tions de trans­mis­sion du témoi­gnage ; elle ne pro­duit pas, à elle seule, l’autorité divine de l’Écriture.

Les dates pro­po­sées dans les intro­duc­tions au Nou­veau Tes­ta­ment sont rare­ment des dates obser­vées. Aucun colo­phon contem­po­rain ne nous dit qu’un Évan­gile fut ache­vé en telle année. Les his­to­riens construisent des four­chettes à par­tir d’indices : dépen­dances lit­té­raires sup­po­sées, situa­tion ecclé­siale reflé­tée par le texte, allu­sions pos­sibles à des évé­ne­ments connus, témoi­gnages patris­tiques, état de la langue, cir­cu­la­tion manus­crite et ter­mi­nus ante quem four­nis par les attes­ta­tions exté­rieures. Cer­taines conclu­sions sont robustes ; d’autres dépendent for­te­ment du modèle adop­té.

La recherche majo­ri­taire situe aujourd’hui Marc autour de la guerre juive et Mat­thieu ain­si que Luc-Actes après 70. Une pré­sen­ta­tion de Yale situe par exemple Mat­thieu dans les années 80 et recon­naît que plu­sieurs indices invo­qués res­tent inter­pré­tables ; Oxford Biblio­gra­phies indique pour Luc une ten­dance moderne autour de 85–95 tout en sou­li­gnant l’absence d’indications fermes. Pour Marc, la four­chette 65–75 demeure un repère clas­sique. Il existe donc bien une posi­tion domi­nante, mais « domi­nante » ne signi­fie pas « direc­te­ment démon­trée » ni « una­ni­me­ment reçue ».

Pierre Courthial : rendre les écrits au temps apostolique

C’est contre une chro­no­lo­gie deve­nue, selon lui, trop faci­le­ment conven­tion­nelle que Pierre Cour­thial reprend la ques­tion dans De Bible en Bible. Son pro­pos ne consiste pas seule­ment à avan­cer quelques dates alter­na­tives. Il s’inscrit dans une concep­tion plus géné­rale de la trans­mis­sion apos­to­lique : l’Église pri­mi­tive n’aurait pas vécu pen­dant des décen­nies d’une tra­di­tion exclu­si­ve­ment orale qui aurait seule­ment été fixée tar­di­ve­ment. La parole pro­cla­mée, la mémo­ri­sa­tion, l’enseignement et l’écrit ont pu fonc­tion­ner ensemble très tôt.

Cette hypo­thèse pos­sède une vrai­sem­blance cultu­relle. Le chris­tia­nisme naît dans un monde juif où l’apprentissage, la mémo­ri­sa­tion des textes, leur com­men­taire et leur trans­mis­sion écrite occupent une place cen­trale. Les dis­ciples de Jésus appar­tiennent aus­si au monde gré­co-romain, dans lequel lettres, notes, docu­ments admi­nis­tra­tifs, ins­crip­tions et œuvres lit­té­raires cir­culent. Oppo­ser sim­ple­ment une longue « période orale » à une tar­dive « période écrite » risque donc de trans­for­mer en étapes suc­ces­sives ce qui a très bien pu coexis­ter.

Cour­thial mobi­lise plu­sieurs auteurs qui, par des voies dif­fé­rentes, ont contes­té les data­tions tar­dives. J. A. T. Robin­son est le cas le plus spec­ta­cu­laire. Dans Reda­ting the New Tes­ta­ment (1976), cet exé­gète angli­can, qui n’appartenait nul­le­ment au conser­va­tisme évan­gé­lique clas­sique, pro­po­sait de repla­cer l’ensemble du Nou­veau Tes­ta­ment avant ou autour de 70. Ses four­chettes com­prennent notam­ment Mat­thieu vers 40–60, Marc vers 45–60, Luc vers 57–60, Actes vers 57–62 et Jean vers 40–65. Le carac­tère radi­cal de cette recons­truc­tion ne doit pas être dis­si­mu­lé : elle demeure très mino­ri­taire. Mais Robin­son deman­dait que les data­tions reçues soient à nou­veau démon­trées livre par livre.

John Wen­ham a lui aus­si défen­du une chro­no­lo­gie synop­tique pré­coce, tout en réexa­mi­nant l’ordre des Évan­giles. Jean Car­mi­gnac et Claude Tres­mon­tant ont sui­vi un autre che­min : celui des sémi­tismes et de l’hypothèse de sources ou de formes sémi­tiques très anciennes der­rière les textes grecs. Ces auteurs ne forment donc pas une école homo­gène. Ils divergent sur les méca­nismes lit­té­raires, les langues ori­gi­nales ou sous-jacentes, l’ordre des Synop­tiques et les dates pré­cises. Les regrou­per n’est légi­time que sur un point : tous contestent, à des degrés divers, la néces­si­té de repous­ser la rédac­tion évan­gé­lique vers la fin du Ier siècle.

La force de la démarche de Cour­thial est de rap­pe­ler que la chro­no­lo­gie n’est pas théo­lo­gi­que­ment neutre au sens où elle serait dépour­vue de pré­sup­po­sés, mais qu’elle ne doit pas non plus être déci­dée par la théo­lo­gie. Un chré­tien confes­sant peut croire que Jésus a réel­le­ment annon­cé la ruine de Jéru­sa­lem ; il n’est donc pas contraint de dater Marc 13 après 70 sous pré­texte qu’une pré­dic­tion véri­table serait impos­sible. Mais il ne peut pas, pour autant, déduire de sa foi que Marc a néces­sai­re­ment été écrit en 50. La pos­si­bi­li­té de la pro­phé­tie retire un inter­dit métho­do­lo­gique ; elle ne four­nit pas une date.


Actes : l’argument chronologique le plus difficile à écarter d’un revers de main

Le livre des Actes four­nit l’un des dos­siers les plus inté­res­sants en faveur d’une data­tion pré­coce. Son récit s’achève à Rome : Paul demeure pri­son­nier, mais il prêche « le royaume de Dieu » et enseigne au sujet de Jésus-Christ « en toute liber­té et sans obs­tacle » (Ac 28.30–31). Le lec­teur n’apprend ni l’issue du pro­cès, ni la mort de Paul, ni celle de Pierre. La per­sé­cu­tion néro­nienne n’est pas racon­tée. La guerre de Judée et la des­truc­tion du Temple n’apparaissent pas davan­tage comme des évé­ne­ments accom­plis.

Pris iso­lé­ment, cha­cun de ces silences est réver­sible. Un auteur choi­sit son point final ; il n’est pas tenu de racon­ter tout ce qu’il sait. Luc peut vou­loir conduire nar­ra­ti­ve­ment l’Évangile depuis Jéru­sa­lem jusqu’à Rome et s’arrêter lorsque la pro­cla­ma­tion atteint sym­bo­li­que­ment le centre impé­rial. La fin des Actes pos­sède ain­si une cohé­rence lit­té­raire réelle. L’argument « Luc ne raconte pas la mort de Paul, donc Paul est encore vivant » n’est pas une démons­tra­tion.

Mais l’accumulation mérite atten­tion. La mort de Jacques, frère de Jean, est racon­tée en Actes 12 ; celle d’Étienne occupe une place consi­dé­rable ; les pro­cès et empri­son­ne­ments de Paul struc­turent toute la der­nière par­tie du livre. Si l’auteur écri­vait après la mort de Paul et connais­sait son sort, son silence demeure his­to­ri­que­ment remar­quable. Plus encore, si Actes forme avec l’Évangile selon Luc une œuvre en deux volumes, une date d’Actes au début des années 60 entraî­ne­rait néces­sai­re­ment une date anté­rieure pour l’Évangile.

Le rai­son­ne­ment peut être for­mu­lé sans le trans­for­mer en cer­ti­tude : Actes s’arrête avec Paul vivant à Rome ; une rédac­tion à ce moment explique natu­rel­le­ment ce point d’arrêt ; une rédac­tion pos­té­rieure reste pos­sible, car une expli­ca­tion lit­té­raire existe. L’hypothèse pré­coce pos­sède donc une réelle éco­no­mie expli­ca­tive, sans consti­tuer à elle seule une preuve contrai­gnante.

L’effet domino : Actes, Luc, puis les sources de Luc

Le pro­logue des Actes ren­voie expli­ci­te­ment au « pre­mier livre » adres­sé à Théo­phile (Ac 1.1), c’est-à-dire à l’Évangile selon Luc. Actes est donc pos­té­rieur à Luc. Si Actes est pla­cé vers 62, Luc doit être anté­rieur.

À son tour, Luc affirme que « plu­sieurs » ont entre­pris de com­po­ser un récit des évé­ne­ments accom­plis par­mi les pre­miers chré­tiens (Lc 1.1). Quelle que soit la solu­tion rete­nue au pro­blème synop­tique, cette phrase atteste un envi­ron­ne­ment docu­men­taire anté­rieur au troi­sième Évan­gile : Luc ne se pré­sente pas comme le pre­mier à écrire. Il dis­tingue les témoins ocu­laires et ser­vi­teurs de la Parole, la trans­mis­sion reçue, les récits déjà com­po­sés et son propre tra­vail d’enquête ordon­née (Lc 1.1–4).

Ce pro­logue inter­dit au mini­mum une repré­sen­ta­tion sim­pliste dans laquelle plu­sieurs décen­nies de tra­di­tion pure­ment orale auraient pré­cé­dé sou­dai­ne­ment l’apparition de l’écrit. Il ne nous dit pas quand furent com­po­sés ces « plu­sieurs » récits, ni s’ils cor­res­pondent à nos Évan­giles cano­niques. Mais il éta­blit que Luc tra­vaille dans un milieu où des mises par écrit existent déjà.


L’an 70 : indice historique ou verrou méthodologique ?

La des­truc­tion du Temple consti­tue le grand pivot de la dis­cus­sion. Jésus annonce dans les Synop­tiques qu’il ne res­te­ra pas pierre sur pierre du sanc­tuaire (Mt 24.2 ; Mc 13.2 ; Lc 21.6). Pour une his­to­rio­gra­phie qui exclut la connais­sance sur­na­tu­relle du futur, la conclu­sion est presque impo­sée : une pré­dic­tion suf­fi­sam­ment pré­cise doit avoir été mise en forme après l’événement. Le rai­son­ne­ment n’est alors pas seule­ment chro­no­lo­gique ; il dépend d’une règle préa­lable sur ce qui peut arri­ver dans l’histoire.

L’apologétique chré­tienne est fon­dée à iden­ti­fier ce pré­sup­po­sé lorsqu’il inter­vient réel­le­ment. Si Jésus est celui que les Évan­giles déclarent qu’il est, la pré­dic­tion de la chute du Temple n’a rien d’impossible. Même sur le seul plan his­to­rique, un obser­va­teur du Ier siècle pou­vait conce­voir un conflit catas­tro­phique entre Rome et la Judée sans pos­sé­der une connais­sance mira­cu­leuse de l’avenir. La pré­sence d’une annonce de juge­ment ne peut donc, à elle seule, ser­vir de ter­mi­nus post quem après 70.

Mais la cri­tique doit res­ter exacte. Les spé­cia­listes qui datent les Synop­tiques après 70 ne rai­sonnent pas tous ain­si. Ils exa­minent aus­si le voca­bu­laire, la forme du dis­cours, les rela­tions lit­té­raires entre Évan­giles et la manière dont Mat­thieu ou Luc semblent retra­vailler leurs sources. Il faut cri­ti­quer le natu­ra­lisme lorsqu’il est pré­sent, non l’inventer lorsqu’une argu­men­ta­tion his­to­rique indé­pen­dante existe.


Carmignac et Tresmontant : lorsque la langue déplace la chronologie

Jean Car­mi­gnac et Claude Tres­mon­tant ont déve­lop­pé une autre ligne d’argumentation : le grec des Évan­giles conser­ve­rait de si nom­breuses struc­tures sémi­tiques qu’il fau­drait envi­sa­ger der­rière lui des textes ou des états rédac­tion­nels hébreux très anciens.

Qu’un texte grec contienne des sémi­tismes peut cepen­dant s’expliquer de plu­sieurs manières : l’auteur peut être un Juif écri­vant un grec mar­qué par sa langue mater­nelle ; il peut imi­ter le style biblique de la Sep­tante ; il peut tra­duire des tra­di­tions orales sémi­tiques ; il peut uti­li­ser des sources écrites hébraïques ou ara­méennes ; enfin, le texte grec entier peut être la tra­duc­tion d’un ori­gi­nal sémi­tique. Ces hypo­thèses ne sont pas équi­va­lentes. Pas­ser de l’observation à la der­nière conclu­sion exige donc une démons­tra­tion sup­plé­men­taire.

Spé­cia­liste de l’hébreu de Qum­rân, Car­mi­gnac entre­prend de rétro­ver­tir les Synop­tiques en hébreu et estime que de nom­breuses dif­fi­cul­tés grecques deviennent natu­relles lorsqu’on sup­pose un sub­strat hébraïque. Dans La Nais­sance des Évan­giles synop­tiques (1984), il dis­tingue plu­sieurs états tex­tuels. Il envi­sage pour le maté­riau mar­cien un état sémi­tique très ancien, qu’il asso­cie à Pierre, puis une tra­duc­tion grecque liée à Marc ; pour Mat­thieu et Luc, il dis­tingue éga­le­ment la ques­tion des sources sémi­tiques de celle des formes grecques. L’important est donc moins de rete­nir un mil­lé­sime unique que de com­prendre son modèle : une docu­men­ta­tion sémi­tique écrite pré­cède sen­si­ble­ment les formes grecques finales.

Claude Tres­mon­tant va plus loin. Dans Le Christ hébreu : la langue et l’âge des Évan­giles (1983), il sou­tient que le grec évan­gé­lique s’explique comme un grec de tra­duc­tion et recons­truit der­rière les quatre Évan­giles une docu­men­ta­tion hébraïque proche des évé­ne­ments. Sa chro­no­lo­gie est radi­ca­le­ment haute : Mat­thieu autour de 30–36, Jean vers 36, Luc entre 40 et 60 et Marc entre 50 et 60. Tous les Évan­giles seraient ain­si anté­rieurs à la des­truc­tion du Temple.

Une rétro­ver­sion réus­sie ne prouve tou­te­fois pas néces­sai­re­ment que le texte grec conser­vé est la tra­duc­tion directe d’un ori­gi­nal hébreu. Un milieu bilingue, une tra­di­tion orale sémi­tique ou l’imprégnation scrip­tu­raire peuvent pro­duire des phé­no­mènes ana­logues. C’est pour­quoi ces chro­no­lo­gies demeurent mino­ri­taires. Leur apport oblige néan­moins à prendre au sérieux l’enracinement sémi­tique des tra­di­tions évan­gé­liques et la pos­si­bi­li­té d’états docu­men­taires plus anciens que les formes cano­niques finales.

Deux propositions catholiques de datation haute

AuteurOuvragePro­po­si­tionNature exacte de la pro­po­si­tionRécep­tion
Jean Car­mi­gnacLa Nais­sance des Évan­giles synop­tiques (1984)états sémi­tiques très pré­coces ; dates variant selon les états tex­tuels, notam­ment env. 42–50 pour la tra­di­tion mar­cienne sémi­tique et années 50–60 pour plu­sieurs formes grecquesdis­tingue sources ou états sémi­tiques et formes grecquesmino­ri­taire ; inté­rêt phi­lo­lo­gique recon­nu, conclu­sions non consen­suelles
Claude Tres­mon­tantLe Christ hébreu (1983)Mat­thieu env. 30–36 ; Jean env. 36 ; Luc env. 40–60 ; Marc env. 50–60les Évan­giles grecs reflé­te­raient une docu­men­ta­tion hébraïque très proche des évé­ne­mentstrès mino­ri­taire dans l’exégèse aca­dé­mique

Note : ces lignes ne consti­tuent pas un « consen­sus catho­lique ». Elles pré­sentent deux auteurs catho­liques du XXe siècle ayant défen­du des chro­no­lo­gies hautes. Les dates de Car­mi­gnac doivent être reliées à l’état tex­tuel pré­cis qu’il envi­sage.


Le problème synoptique : la chronologie dépend aussi de l’ordre des textes

Mat­thieu, Marc et Luc pré­sentent une proxi­mi­té lit­té­raire trop impor­tante pour être expli­quée par la seule mémoire indé­pen­dante de trois auteurs. Ils par­tagent des épi­sodes, des séquences et par­fois des for­mu­la­tions grecques très proches. Le « pro­blème synop­tique » consiste à expli­quer ces rela­tions.

Le modèle aujourd’hui le plus répan­du est la prio­ri­té de Marc : Marc serait le pre­mier Évan­gile ; Mat­thieu et Luc l’auraient uti­li­sé indé­pen­dam­ment, avec d’autres maté­riaux. Dans la forme clas­sique de l’hypothèse des deux sources, Mat­thieu et Luc uti­lisent Marc ain­si qu’une source com­mune hypo­thé­tique, appe­lée Q, pour une par­tie du maté­riau qu’ils par­tagent et qui manque à Marc. Q n’est pas un manus­crit décou­vert : c’est une source recons­truite par infé­rence. Son absence maté­rielle ne réfute pas l’hypothèse ; elle signi­fie seule­ment que son sta­tut épis­té­mique n’est pas celui d’un docu­ment retrou­vé.

D’autres modèles existent. L’hypothèse de Gries­bach place Mat­thieu en pre­mier, puis Luc, Marc uti­li­sant ensuite les deux. L’ordre augus­ti­nien tra­di­tion­nel place Mat­thieu avant Marc, puis Luc. Wen­ham défend lui aus­si une prio­ri­té mat­théenne, avec sa propre recons­truc­tion des dépen­dances. Les pro­po­si­tions de Car­mi­gnac com­pliquent encore le tableau en dis­tin­guant états sémi­tiques et tra­duc­tions grecques.

Principaux modèles synoptiques et conséquences chronologiques

ModèleOrdre sim­pli­fiéSource Q ?Consé­quence pour la data­tion
Prio­ri­té mar­cienne / deux sourcesMarc → Mat­thieu et Lucoui, dans la forme clas­siqueune date tar­dive de Marc entraîne nor­ma­le­ment Mat­thieu et Luc plus tard ; une date haute de Luc tend inver­se­ment à pous­ser Marc vers le haut
Far­rerMarc → Mat­thieu → Lucnonconserve la prio­ri­té de Marc mais sup­prime Q ; Luc dépend direc­te­ment de Mat­thieu
Gries­bach / deux Évan­gilesMat­thieu → Luc → Marcnonper­met une data­tion très pré­coce de Mat­thieu ; Marc devient un texte ulté­rieur uti­li­sant les deux autres
Ordre augus­ti­nienMat­thieu → Marc → Lucnon néces­sairecor­res­pond davan­tage à cer­taines tra­di­tions patris­tiques ; favo­rise une prio­ri­té mat­théenne
Wen­hamprio­ri­té de Mat­thieu, Marc pré­coce, puis Lucnon sous la forme clas­siquecom­pa­tible avec une chro­no­lo­gie synop­tique anté­rieure à 70

On ne peut donc pas dater un Évan­gile indé­pen­dam­ment du modèle de dépen­dance lit­té­raire rete­nu. Le modèle synop­tique agit comme une char­nière entre chro­no­lo­gie rela­tive et chro­no­lo­gie abso­lue.


Le point décisif : l’ancienneté du kérygme précède la date des Évangiles

La dis­cus­sion sur la date de Mat­thieu, Marc, Luc et Jean peut don­ner l’impression que tout dépend de quelques décen­nies dis­pu­tées. C’est oublier une don­née plus ferme : bien avant les dates tar­dives pro­po­sées pour cer­tains Évan­giles, nous pos­sé­dons déjà des écrits chré­tiens qui témoignent du cœur de la pro­cla­ma­tion apos­to­lique.

Les lettres pau­li­niennes géné­ra­le­ment recon­nues comme authen­tiques consti­tuent ici un point d’ancrage. 1 Thes­sa­lo­ni­ciens et 1 Corin­thiens appar­tiennent aux années 50 ; Galates, Phi­lip­piens, Phi­lé­mon, Romains et 2 Corin­thiens se situent éga­le­ment dans la période apos­to­lique. Quelle que soit la solu­tion adop­tée pour les Synop­tiques, le chris­tia­nisme des années 50 confesse déjà Jésus comme Sei­gneur, pro­clame sa mort et sa résur­rec­tion, pra­tique le bap­tême et la Cène, attend son retour et relit les Écri­tures d’Israël à la lumière du Christ.

1 Corinthiens 15 : une tradition antérieure à la lettre elle-même

En 1 Corin­thiens 15.3–7, Paul rap­pelle ce qu’il a lui-même « reçu » et « trans­mis » : Christ est mort pour les péchés selon les Écri­tures, il a été ense­ve­li, il est res­sus­ci­té le troi­sième jour et il est appa­ru à Céphas, aux Douze, à plus de cinq cents frères, à Jacques et aux apôtres.

Les verbes de récep­tion et de trans­mis­sion signalent que Paul ne pré­sente pas cette for­mu­la­tion comme une inven­tion née au moment où il écrit aux Corin­thiens. La tra­di­tion est anté­rieure à la lettre. De nom­breux spé­cia­listes, y com­pris des cher­cheurs qui ne par­tagent pas une doc­trine évan­gé­lique de l’inspiration, la situent très tôt dans l’histoire du mou­ve­ment chré­tien, même si la date exacte de sa for­mu­la­tion ne peut être démon­trée à l’année près.

L’argument doit res­ter pro­por­tion­né. Ce pas­sage ne démontre pas à lui seul que toutes les appa­ri­tions se sont pro­duites exac­te­ment comme chaque Évan­gile les rap­porte. Il éta­blit quelque chose de plus fon­da­men­tal : la mort, l’ensevelissement, la résur­rec­tion et les appa­ri­tions appar­tiennent au noyau de la pro­cla­ma­tion chré­tienne pri­mi­tive, et non à une mytho­lo­gie inven­tée plu­sieurs géné­ra­tions plus tard.


Luc ne se présente pas comme un collecteur de légendes anonymes

Le pro­logue de Luc dis­tingue quatre élé­ments : les évé­ne­ments accom­plis ; ceux qui, « dès le com­men­ce­ment », furent témoins ocu­laires et ser­vi­teurs de la Parole ; la trans­mis­sion de ces évé­ne­ments ; et son propre tra­vail consis­tant à s’informer exac­te­ment et à rédi­ger un récit ordon­né (Lc 1.1–4).

His­to­ri­que­ment, ce texte ne per­met pas de véri­fier par lui-même que Luc a réus­si son enquête. Un auteur peut reven­di­quer l’exactitude sans l’atteindre. Mais il nous ren­seigne direc­te­ment sur la nature du pro­jet lit­té­raire : l’auteur entend rat­ta­cher son récit à une chaîne tes­ti­mo­niale contrô­lable et don­ner à Théo­phile une connais­sance assu­rée de l’enseignement reçu.

Cela importe parce que cer­taines pré­sen­ta­tions popu­laires des Évan­giles les décrivent comme l’aboutissement ano­nyme d’une mémoire com­mu­nau­taire indé­fi­ni­ment mal­léable. Luc, au contraire, connaît la caté­go­rie des témoins du com­men­ce­ment, affirme avoir sui­vi les choses avec soin et connaît plu­sieurs ten­ta­tives écrites anté­rieures. Il faut expli­quer ce témoi­gnage interne plu­tôt que le rem­pla­cer par un modèle théo­rique.


Évaluation réformée : l’histoire sert le témoignage, elle ne fonde pas l’autorité de l’Écriture

Une apo­lo­gé­tique réfor­mée doit refu­ser deux réduc­tions. La pre­mière serait fidéiste : puisque l’Écriture est ins­pi­rée, l’enquête his­to­rique serait inutile. La seconde serait ratio­na­liste : l’Écriture ne pour­rait être crue comme Parole de Dieu qu’après qu’une méthode his­to­rique auto­nome en aurait cer­ti­fié chaque pro­po­si­tion.

La foi réfor­mée ne demande pas de choi­sir entre révé­la­tion et his­toire. Le Dieu qui parle dans l’Écriture est le Dieu qui agit dans l’histoire. L’incarnation, la cru­ci­fixion, le tom­beau vide, les appa­ri­tions et la mis­sion apos­to­lique sont pré­sen­tés comme des évé­ne­ments, non comme des sym­boles intem­po­rels. Il est donc légi­time d’examiner les témoi­gnages, les dates, les sources et les chaînes de trans­mis­sion.

Mais l’autorité de l’Écriture ne dérive pas du ver­dict de l’historien. La Confes­sion de West­mins­ter for­mule ce prin­cipe : l’autorité de l’Écriture Sainte ne dépend pas du témoi­gnage d’un homme ou d’une Église, mais entiè­re­ment de Dieu, son auteur (West­mins­ter I.4). La Confes­sion de La Rochelle affirme pareille­ment que la Parole conte­nue dans les livres cano­niques tient son auto­ri­té de Dieu et non des hommes.

Cela ne trans­forme pas l’enquête his­to­rique en exer­cice déco­ra­tif. Les objec­tions his­to­riques peuvent être exa­mi­nées sur leur propre ter­rain ; les pré­sup­po­sés natu­ra­listes peuvent être iden­ti­fiés ; les don­nées posi­tives peuvent mon­trer que la repré­sen­ta­tion d’un chris­tia­nisme légen­daire tar­dif rend mal compte des sources. Mais la conclu­sion théo­lo­gique est d’un autre ordre : le croyant reçoit l’Écriture comme Parole de Dieu parce que Dieu en est l’auteur, et l’Esprit en atteste la véri­té, non parce qu’une chro­no­lo­gie aca­dé­mique par­ti­cu­lière aurait obte­nu la majo­ri­té des suf­frages.

Cette dis­tinc­tion explique pour­quoi l’apologétique réfor­mée n’a rien à gagner à sur­da­ter arti­fi­ciel­le­ment les textes. Si Robin­son a rai­son sur cer­tains livres, il faut le recon­naître ; si la data­tion majo­ri­taire est meilleure pour d’autres, la foi chré­tienne ne s’effondre pas. L’objectif n’est pas de fabri­quer la chro­no­lo­gie la plus avan­ta­geuse, mais d’établir ce que les preuves per­mettent réel­le­ment de dire.


Conclusion : des textes plus proches des origines que ne le suppose le récit d’une lente invention

Aucune date unique ne peut être impo­sée à tous les écrits du Nou­veau Tes­ta­ment. Les chro­no­lo­gies extrê­me­ment hautes de Tres­mon­tant ou de Jor­dan res­tent mino­ri­taires et com­portent des élé­ments conjec­tu­raux. Car­mi­gnac sou­lève un dos­sier phi­lo­lo­gique sérieux, mais le pas­sage des sémi­tismes à des ori­gi­naux hébreux com­plets et pré­ci­sé­ment datés demeure dis­pu­té. Robin­son et Wen­ham ont mon­tré, cha­cun à sa manière, que les dates cri­tiques reçues pou­vaient être rou­vertes et que l’avant-70 ne devait pas être exclu par conven­tion.

Le cas de Luc-Actes reste par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant. La fin des Actes, l’antériorité néces­saire de Luc et l’existence de plu­sieurs récits déjà men­tion­nés en Luc 1.1 forment un fais­ceau com­pa­tible avec une acti­vi­té écrite pré­coce. Ce fais­ceau n’oblige pas tous les his­to­riens à dater Actes de 62 ; il suf­fit cepen­dant à rendre his­to­ri­que­ment sérieuse l’hypothèse d’une rédac­tion sen­si­ble­ment plus ancienne que cer­taines chro­no­lo­gies domi­nantes.

Plus fon­da­men­ta­le­ment encore, les lettres pau­li­niennes déplacent la ques­tion. Avant même de savoir si Marc date de 55 ou de 70, nous savons que le cœur du kérygme chré­tien est attes­té dans les années 50 et qu’il contient déjà la mort rédemp­trice du Christ, son ense­ve­lis­se­ment, sa résur­rec­tion, ses appa­ri­tions, sa sei­gneu­rie et l’attente de son retour. La théo­rie d’une inven­tion chré­tienne tar­dive ne dis­pose donc pas des longues géné­ra­tions dont elle aurait besoin dans sa forme popu­laire.

Pierre Cour­thial avait rai­son d’attirer l’attention sur un point sou­vent oublié : ora­li­té et écri­ture ne doivent pas être dis­po­sées méca­ni­que­ment en deux périodes suc­ces­sives. Le chris­tia­nisme apos­to­lique est un monde de pré­di­ca­tion, de mémoire, de témoi­gnage et d’écriture. La ques­tion légi­time n’est pas de savoir quand l’Église serait enfin pas­sée de l’oral à l’écrit, mais à quel moment et sous quelles formes ces dif­fé­rents modes de trans­mis­sion ont coexis­té.

La conclu­sion apo­lo­gé­tique peut ain­si être forte sans être exces­sive. Les don­nées ne démontrent pas que chaque livre du Nou­veau Tes­ta­ment a été écrit avant 70. Elles montrent en revanche que les ori­gines docu­men­taires et confes­sion­nelles du chris­tia­nisme remontent pro­fon­dé­ment dans la géné­ra­tion apos­to­lique ; que plu­sieurs argu­ments sérieux per­mettent de dis­cu­ter les data­tions tar­dives de cer­tains écrits ; et que l’hypothèse d’une foi chré­tienne essen­tiel­le­ment créée par des com­mu­nau­tés tar­dives rend mal compte de l’ancienneté des tra­di­tions que nous pos­sé­dons.

Pour le chré­tien réfor­mé, cette conver­gence his­to­rique ne crée pas l’autorité de la Bible. Elle cor­res­pond tou­te­fois à ce que les textes affirment d’eux-mêmes : les apôtres ne pré­tendent pas trans­mettre des mythes pro­gres­si­ve­ment éla­bo­rés, mais rendre témoi­gnage à ce qu’ils ont reçu, vu, enten­du et annon­cé. L’enquête his­to­rique n’est pas le juge de la Parole de Dieu ; elle peut néan­moins mon­trer que cer­taines recons­truc­tions pro­po­sées contre le témoi­gnage apos­to­lique sont moins néces­saires que leur répé­ti­tion sco­laire ne le laisse par­fois pen­ser.


Annexes

Repères de datation : chronologies précoces et critique courante

ÉcritJ. A. T. Robin­sonJohn Wen­hamRepère cri­tique cou­rant
Mat­thieu40–60env. 40env. 80–90
Marc45–60env. 45env. 65–75
Luc57–60années 50env. 80–95
Jean40–65chro­no­lo­gie hauteenv. 90–100
Actes57–62avant/vers 62env. 80–95

Note : Pierre Cour­thial repro­duit dans De Bible en Bible, p. 51, un « Tableau I – Dates des écrits des Apôtres » com­pa­rant notam­ment Robin­son, Wen­ham et James B. Jor­dan. La colonne « repère cri­tique cou­rant » est un ajout rédac­tion­nel et n’appartient pas au tableau de Cour­thial. Les cel­lules de Jor­dan qui n’ont pas été trans­crites avec cer­ti­tude depuis la pho­to­gra­phie four­nie ne sont pas repro­duites ici.

Carmignac, Tresmontant et quelques chronologies précoces

AuteurÉcrit ou état tex­tuelData­tion pro­po­séeRemarque
Jean Car­mi­gnactra­di­tion mar­cienne sémi­tiqueannées 40dis­tingue les états sémi­tiques des formes grecques
Jean Car­mi­gnacMat­thieu hébreuautour de 50hypo­thèse d’un état hébreu anté­rieur à la forme grecque
Jean Car­mi­gnacLuc grecannées 50data­tion liée à son modèle de rétro­ver­sion
Claude Tres­mon­tantMat­thieuenv. 30–36chro­no­lo­gie extrê­me­ment haute et très mino­ri­taire
Claude Tres­mon­tantJeanenv. 36chro­no­lo­gie extrê­me­ment haute et très mino­ri­taire
Claude Tres­mon­tantLucenv. 40–60anté­rieur à 70
Claude Tres­mon­tantMarcenv. 50–60anté­rieur à 70

Bibliographie

  • Pierre Cour­thial, De Bible en Bible, p. 45–55, spé­cia­le­ment le « Tableau I – Dates des écrits des Apôtres », p. 51.
  • Jean Car­mi­gnac, La Nais­sance des Évan­giles synop­tiques, Paris, O.E.I.L., 1984.
  • Claude Tres­mon­tant, Le Christ hébreu : la langue et l’âge des Évan­giles, Paris, O.E.I.L., 1983.
  • J. A. T. Robin­son, Reda­ting the New Tes­ta­ment, Lon­don, SCM Press, 1976.
  • John Wen­ham, Reda­ting Mat­thew, Mark and Luke : A Fresh Assault on the Synop­tic Pro­blem, Lon­don, Hod­der & Stough­ton.
  • Richard Bauck­ham, Jesus and the Eye­wit­nesses, 2e éd., Grand Rapids, Eerd­mans, 2017.
  • Ray­mond E. Brown, An Intro­duc­tion to the New Tes­ta­ment, New York, Dou­ble­day, 1997.
  • Eusèbe de Césa­rée, His­toire ecclé­sias­tique, pas­sages conser­vant Papias ; Iré­née de Lyon, Contre les héré­sies, III, 1.

Pour aller plus loin

Construire une fiche de datation

Pour chaque Évan­gile, dis­tin­guer ter­mi­nus post quem, ter­mi­nus ante quem, dépen­dances lit­té­raires et témoi­gnages externes. Indi­quer à chaque fois ce qui est obser­vé et ce qui est infé­ré.

Comparer les discours sur le Temple

Lire en paral­lèle Mat­thieu 24, Marc 13 et Luc 21. Repé­rer ce qui peut être invo­qué pour une data­tion et dis­tin­guer l’argument his­to­rique du pré­sup­po­sé concer­nant la pos­si­bi­li­té d’une pro­phé­tie véri­table.

Tester les modèles synoptiques

Choi­sir une péri­cope com­mune aux Synop­tiques et com­pa­rer ce que pré­disent les modèles de prio­ri­té mar­cienne, de Far­rer, de Gries­bach et l’ordre augus­ti­nien.

Relire les témoins les plus anciens

Lire ensemble Luc 1.1–4, Actes 1.1–3 et 1 Corin­thiens 15.1–11. La ques­tion direc­trice est simple : quelles convic­tions et quelles tra­di­tions sont déjà attes­tées avant même les dates pro­po­sées pour la rédac­tion finale des Évan­giles ?


Foedus et Semper Reformanda sont proposés gratuitement. Si cet article vous a été utile, vous pouvez contribuer librement aux frais d’hébergement, de maintenance et au travail éditorial.

Commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Foedus

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture