La Cité de Dieu et la cité terrestre

Fon­de­ments nor­ma­tifs de la cité

Toute réflexion poli­tique repose sur un fon­de­ment. Avant de dis­cu­ter des ins­ti­tu­tions, des régimes ou des modèles éco­no­miques, il faut répondre à une ques­tion préa­lable : qu’est-ce qui fait auto­ri­té en matière de justice ?

La moder­ni­té a sou­vent pré­ten­du que la loi pou­vait se fon­der sur la seule volon­té humaine, sur le consen­sus ou sur la pro­cé­dure. Cette pré­ten­tion conduit à l’instabilité nor­ma­tive : ce qui est juste aujourd’hui peut deve­nir injuste demain par simple majorité.

Nous affir­mons que la jus­tice ne naît pas du vote. Elle pré­cède la déci­sion politique.

  1. Loi et Évan­gile
    La loi morale exprime l’ordre vou­lu par Dieu pour la créa­tion. Elle révèle ce qui est juste. L’Évangile annonce le salut. Confondre les deux mène soit au mora­lisme, soit à l’effacement de toute norme. En poli­tique, la loi garde une fonc­tion struc­tu­rante : elle limite le mal et pro­tège la vie commune.
  2. Droit natu­rel
    Il existe un ordre moral ins­crit dans la créa­tion. Cet ordre est acces­sible, au moins par­tiel­le­ment, à la rai­son humaine. Le droit posi­tif n’invente pas la jus­tice : il doit la recon­naître. Sans cette réfé­rence, le droit devient pure tech­nique de pouvoir.
  3. Théo­no­misme modé­ré
    Dieu est Sei­gneur de toute la réa­li­té, y com­pris de la cité. Cela ne signi­fie pas trans­po­ser méca­ni­que­ment la loi mosaïque dans les États contem­po­rains. Cela signi­fie que toute auto­ri­té poli­tique demeure res­pon­sable devant une norme supé­rieure. La neu­tra­li­té morale de l’État est une illusion.

Ces fon­de­ments per­mettent d’éviter deux dérives :
– le posi­ti­visme juri­dique
– la théo­cra­tie simpliste

Ils posent le cadre dans lequel toute autre ques­tion doit être examinée.


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