La Cité de Dieu et la cité terrestre

Immigration et identité nationale

La ques­tion de l’immigration ne peut être trai­tée ni par le sen­ti­men­ta­lisme moral, ni par le repli iden­ti­taire, ni par l’idéologie. Elle engage une vision de l’homme, de la nation, de la jus­tice et de la res­pon­sa­bi­li­té poli­tique. Foe­dus adopte une posi­tion réfor­mée confes­sante, cher­chant à tenir ensemble la digni­té de toute per­sonne humaine, le rôle légi­time de l’État et la réa­li­té des iden­ti­tés his­to­riques.

Digni­té humaine et res­pon­sa­bi­li­té morale

Foe­dus confesse que tout être humain est créé à l’image de Dieu.
Cette digni­té est uni­ver­selle, indé­pen­dante de l’origine, de la langue ou du sta­tut admi­nis­tra­tif.
Toute forme de mépris, de racisme ou de déshu­ma­ni­sa­tion est incom­pa­tible avec la foi chré­tienne.

Cepen­dant, la digni­té humaine ne sup­prime pas les res­pon­sa­bi­li­tés poli­tiques, juri­diques et cultu­relles propres à la vie des nations.

L’étranger dans l’Écriture : accueil et ordre

La Bible appelle à la jus­tice et à la pro­tec­tion de l’étranger, notam­ment du pauvre, du per­sé­cu­té et du vul­né­rable.
Mais cet appel ne s’exerce jamais dans le vide poli­tique.
L’étranger biblique vit dans un cadre légal, res­pecte les lois du pays d’accueil et s’inscrit dans un ordre social exis­tant.

L’hospitalité biblique n’est ni l’effacement des fron­tières, ni la néga­tion des peuples.

Nation, fron­tières et ordre poli­tique

Foe­dus affirme que les nations, les peuples et les fron­tières ne sont pas des construc­tions arbi­traires ou intrin­sè­que­ment injustes.
Ils par­ti­cipent de l’ordre pro­vi­den­tiel par lequel Dieu struc­ture l’histoire humaine.

L’État a pour voca­tion :
– de pro­té­ger la popu­la­tion qu’il gou­verne,
– de main­te­nir l’ordre public,
– de garan­tir la cohé­sion sociale,
– de dis­cer­ner les capa­ci­tés réelles d’accueil et d’intégration.

Une poli­tique migra­toire sans limites ni dis­cer­ne­ment est une démis­sion de l’autorité poli­tique.

Immi­gra­tion et bien com­mun

L’immigration doit être pen­sée à par­tir du bien com­mun réel, et non d’abstractions morales.
Accueillir sans capa­ci­té d’intégration :
– fra­gi­lise les plus pauvres,
– accen­tue les ten­sions sociales,
– détruit la confiance civique,
– nour­rit les replis iden­ti­taires.

La jus­tice exige de consi­dé­rer à la fois la situa­tion des migrants et celle du peuple d’accueil.

Iden­ti­té natio­nale : réa­li­té légi­time

Foe­dus affirme que l’identité natio­nale n’est ni un mythe ni une idole.
Elle est le fruit d’une his­toire, d’une langue, d’une culture, de tra­di­tions et de valeurs par­ta­gées.
La nier revient à pri­ver une socié­té de repères com­muns et à rendre impos­sible toute inté­gra­tion authen­tique.

L’identité natio­nale n’est pas fon­dée sur la race, mais sur une culture et un héri­tage his­to­riques.

Inté­gra­tion et res­pon­sa­bi­li­té

Foe­dus consi­dère que l’intégration est une exi­gence réci­proque.
Celui qui est accueilli est appe­lé à res­pec­ter :
– les lois du pays,
– les ins­ti­tu­tions fon­da­men­tales,
– la culture com­mune,
– les prin­cipes de la vie civique.

L’intégration ne peut être rem­pla­cée par le mul­ti­cul­tu­ra­lisme jux­ta­po­sé, qui frag­mente la socié­té et affai­blit la soli­da­ri­té natio­nale.

Contre le glo­ba­lisme et le natio­na­lisme

Foe­dus rejette deux dérives oppo­sées :
– le glo­ba­lisme, qui nie les nations, les fron­tières et les cultures au nom d’un huma­ni­ta­risme abs­trait ;
– le natio­na­lisme fer­mé, qui abso­lu­tise la nation et exclut l’étranger comme tel.

La foi chré­tienne appelle à aimer le pro­chain sans abo­lir les média­tions concrètes de la vie poli­tique.

Immi­gra­tion et cha­ri­té chré­tienne

La cha­ri­té chré­tienne est per­son­nelle, concrète et libre.
Elle ne se confond pas avec les poli­tiques publiques, qui relèvent de la jus­tice et de la pru­dence.
Exi­ger de l’État une hos­pi­ta­li­té sans limites revient à confondre cha­ri­té et gou­ver­ne­ment.

L’Église est appe­lée à accueillir, accom­pa­gner et secou­rir ; l’État est appe­lé à gou­ver­ner.

La ques­tion cultu­relle et reli­gieuse

Foe­dus affirme que l’immigration mas­sive issue de cultures très éloi­gnées pose des défis réels, notam­ment lorsque :
– les prin­cipes juri­diques sont incom­pa­tibles,
– la liber­té reli­gieuse est contes­tée,
– la culture d’accueil est reje­tée.

Refu­ser de nom­mer ces réa­li­tés est irres­pon­sable et ali­mente les conflits futurs.

Posi­tion de Foe­dus

Foe­dus affirme que :
– toute per­sonne humaine doit être res­pec­tée dans sa digni­té,
– l’État a le droit et le devoir de régu­ler l’immigration,
– l’identité natio­nale est une réa­li­té légi­time à pré­ser­ver,
– l’intégration est une exi­gence néces­saire,
– ni l’ouverture sans limites ni le repli iden­ti­taire ne sont justes.

Nous appe­lons à une poli­tique migra­toire ordon­née, pru­dente et juste, orien­tée vers le bien com­mun et la cohé­sion sociale.

Fina­li­té

Cette posi­tion vise à sor­tir des oppo­si­tions idéo­lo­giques sté­riles. Elle cherche à unir véri­té anthro­po­lo­gique, res­pon­sa­bi­li­té poli­tique et sou­ci réel de l’autre, convain­cue que la jus­tice authen­tique pro­tège à la fois la digni­té humaine et la sta­bi­li­té des peuples.


En com­plé­ment :
– une table com­pa­ra­tive : hos­pi­ta­li­té biblique / huma­ni­ta­risme idéo­lo­gique / natio­na­lisme,
– une FAQ « immi­gra­tion et foi chré­tienne »,
– une charte Foe­dus sur nation, culture et bien com­mun.