Pour lire l’image
Chez Bruegel, l’immense tour domine la ville tout en demeurant inachevée : la puissance humaine s’élève, s’organise, produit, mais ne parvient pas à se donner son propre accomplissement. L’image éclaire ainsi la thèse de l’article : ni la révolution ni le marché ne peuvent devenir des voies de salut. Toute construction humaine reste relative devant la souveraineté de Dieu et la seigneurie du Christ.
La critique du marxisme est nécessaire. Ses erreurs anthropologiques, son matérialisme, sa lecture conflictuelle de l’histoire et les formes révolutionnaires qu’il a engendrées méritent un examen sans complaisance. Mais une erreur peut en cacher une autre : croire qu’il suffirait de réhabiliter le marché, la propriété privée ou la grandeur de l’Occident pour retrouver une société juste. Le libéralisme économique a protégé et produit des biens réels ; l’héritage occidental contient des trésors qu’il serait absurde de mépriser. Aucun de ces biens n’est pourtant un évangile. Le marché ne rachète pas l’homme, la prospérité ne guérit pas le péché et une civilisation ne devient pas juste en se célébrant elle-même. La véritable alternative se situe plus profondément : quelle conception avons-nous de l’homme, de la liberté, de la propriété, de la justice et de l’histoire ? Une réponse chrétienne commence en replaçant toutes ces réalités sous la seigneurie de Jésus-Christ.
Une généalogie séduisante – mais trop simple
Mes propres lectures me rendent particulièrement méfiant envers les tentatives de synthèse entre christianisme et marxisme. J’apprécie chez des auteurs comme Jacques Ellul certaines analyses sociales et critiques de la modernité ; mais lorsqu’une convergence est recherchée entre la foi chrétienne et les présupposés du marxisme, j’y vois surtout une incompatibilité de principes. Cette antithèse doit être maintenue sans transformer pour autant le libéralisme en doctrine de salut.
Les généalogies intellectuelles ont leur utilité. Les idées ont une histoire, elles se transmettent, se transforment, se combinent. Il serait naïf de nier que Marx a exercé une influence immense sur la philosophie politique, la sociologie, l’histoire, l’économie, la théorie critique et une grande partie de la culture intellectuelle du XXe siècle. Mais une généalogie n’est pas encore une démonstration causale. Placer des noms les uns sous les autres dans une pyramide ne suffit pas à établir que chacun procède du précédent, qu’ils poursuivent tous le même projet ni qu’ils seraient ensemble responsables d’un phénomène aussi vaste et imprécis que la « décadence de l’Occident ».
La première correction consiste donc à rendre à Marx sa pensée réelle. Il n’a pas simplement « haï le succès de l’Occident ». Dans le Manifeste du parti communiste, Marx et Engels reconnaissent explicitement la puissance historique de la bourgeoisie et l’ampleur sans précédent des forces productives qu’elle a libérées. Leur critique ne consiste pas à nier la capacité du capitalisme à produire des richesses, mais à interpréter les rapports capitalistes comme des rapports de classe structurés par l’exploitation. Dans Le Capital, la théorie de la plus-value vise précisément à expliquer le profit à partir de la part de travail que Marx considère comme non payée. Et le Manifeste affirme sans ambiguïté la volonté d’abolir non toute possession personnelle, mais la propriété privée bourgeoise comme rapport social de production.
C’est là que la critique chrétienne doit être précise. On peut rejeter l’anthropologie matérialiste de Marx, sa réduction des rapports sociaux à la lutte des classes et sa théorie de l’exploitation sans lui attribuer une caricature qu’il n’aurait pas reconnue. Une réfutation solide commence par accorder à l’adversaire ce qu’il a effectivement dit. Autrement, on remplace l’apologétique par le slogan.
Ce que le marxisme a réellement changé
L’influence du marxisme ne s’est toutefois pas limitée à l’économie politique. Une partie de son histoire intellectuelle consiste précisément dans l’élargissement du champ de la critique. Avec Gramsci, la question n’est plus seulement celle de la propriété des moyens de production ou de la conquête immédiate de l’État. Dans les Cahiers de prison, il analyse l’« hégémonie » comme un mélange de direction intellectuelle et morale, de consentement social et, en dernière instance, de coercition. Dans les sociétés occidentales développées, observe-t-il, le pouvoir se maintient aussi par les institutions de la société civile – écoles, Églises, associations, presse, intellectuels. La transformation révolutionnaire doit donc tenir compte de ce terrain et ne peut être pensée uniquement comme une prise d’assaut de l’appareil d’État.
Il existe ici un noyau réel derrière ce que certains résument maladroitement par l’expression de « conquête culturelle ». Mais il faut résister à l’anachronisme. Gramsci ne fournit pas un manuel secret expliquant comment détruire l’Occident de l’intérieur ; il développe une théorie marxiste de l’hégémonie, du consentement, des intellectuels et de la « guerre de position ». Cette pensée a ensuite exercé une influence considérable sur la théorie politique et culturelle. C’est suffisamment important pour être étudié sans lui ajouter une légende.
Il en va de même de l’École de Francfort. La théorie critique s’inscrit bien, dans son sens historique étroit, dans la tradition marxiste occidentale. Horkheimer, Adorno, Marcuse et leurs interlocuteurs ont déplacé l’analyse vers la culture, l’autorité, la rationalité, la psychologie sociale et les formes modernes de domination. Mais l’École de Francfort n’est pas un bloc doctrinal homogène, encore moins l’état-major d’un complot culturel continu jusqu’à nos débats contemporains. Ses auteurs divergent entre eux, évoluent, empruntent à Freud, Weber, Hegel et d’autres traditions, et leurs héritiers ne forment pas une chaîne de commandement intellectuelle.
Pourquoi la pyramide trompe
Le problème de la pyramide n’est donc pas qu’elle ne contienne aucune relation véritable. Il est qu’elle transforme des relations de nature différente en une seule relation de filiation et de responsabilité. Influence directe, lecture critique, héritage partiel, convergence ponctuelle, appartenance militante, proximité culturelle ou simple voisinage chronologique sont traités comme s’ils signifiaient la même chose.
Or Sartre n’est pas Adorno, Beauvoir n’est pas Gramsci, Foucault n’est pas un théoricien marxiste au même sens que Marx ou Lénine, et les mouvements contemporains ne peuvent être déduits mécaniquement d’un seul arbre généalogique. Il existe des transmissions, des emprunts, des ruptures et parfois des hostilités internes. Une critique sérieuse doit les distinguer. Sans cela, l’expression « marxisme culturel » risque de devenir un concept-valise : elle nomme tout ce que l’on désapprouve sans établir précisément qui a repris quoi, de qui, à quelle date et dans quel but.
Cette exigence de précision ne blanchit pas le marxisme. Elle rend au contraire sa critique plus forte. Car il n’est pas nécessaire de lui attribuer toutes les pathologies de l’Occident pour constater ses erreurs propres : une anthropologie sans Créateur, une vision conflictuelle de l’histoire, une tendance à interpréter le droit et les institutions à travers les rapports de domination, ainsi qu’un horizon d’émancipation qui a souvent pris, dans ses réalisations politiques, une forme coercitive. La question suivante devient alors décisive : si le marxisme ne peut sauver l’homme, le marché le peut-il davantage ?
Le libéralisme ne suffit pas comme réponse
Il faut éviter un faux dilemme. Refuser le marxisme ne conduit pas mécaniquement au libéralisme. Le mot recouvre d’ailleurs plusieurs traditions : libéralisme constitutionnel, attaché à l’État de droit et aux libertés publiques ; libéralisme économique, qui insiste sur la propriété privée et la liberté des échanges ; libéralisme philosophique enfin, qui tend à faire de l’individu autonome le point de départ de l’ordre social. Un chrétien peut reconnaître de grands biens dans les deux premiers sans adopter le troisième comme vision ultime de l’homme.
La propriété privée, la liberté d’entreprendre, la sécurité des contrats, la liberté d’expression et la limitation du pouvoir politique ont rendu de réels services aux sociétés occidentales. Mais le marché est un mécanisme de coordination des échanges, non une source de vérité morale. Un prix indique ce que des agents sont disposés à payer ; il ne dit pas si l’objet désiré est bon, si l’échange est juste ni quelle fin une société doit poursuivre.
Le libéralisme devient idéologique lorsqu’il transforme ces instruments légitimes en principes suprêmes. L’homme est alors pensé comme propriétaire de lui-même, souverain de ses préférences et juge ultime de ses fins. La liberté cesse d’être une condition permettant de rechercher le bien pour devenir le pouvoir de définir soi-même ce qui est bien.
Cette réduction oublie aussi qu’une économie libre dépend de vertus qu’elle ne produit pas nécessairement : confiance, honnêteté, parole tenue, maîtrise de soi, justice, responsabilité familiale, souci du bien commun. Une société peut devenir plus riche tout en devenant moralement plus pauvre. La prospérité n’est pas une preuve de justice et la liberté de choisir ne répond pas encore à la question de savoir ce qu’il faut choisir.
Une critique chrétienne plus radicale
Le christianisme commence ailleurs. Il demande d’abord : qu’est-ce que l’homme devant Dieu ?
L’homme est créé à l’image de Dieu. Sa dignité ne vient donc ni de sa classe, ni de son utilité économique, ni de son autonomie. Calvin en tire une conséquence directe pour notre relation à autrui :
« nous devons considérer l’image de Dieu en tous, à laquelle nous devons tout honneur et dilection. »
– Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, III.7.6.
Cette anthropologie interdit deux réductions. Le marxisme tend à lire l’homme à travers sa position dans les rapports de production ; l’individualisme libéral tend à le penser comme sujet autonome de droits et de préférences. La foi chrétienne le voit d’abord comme créature, image de Dieu, responsable devant son Créateur et appelée à vivre avec d’autres dans des liens qu’elle n’a pas tous choisis.
Elle porte aussi un diagnostic plus profond sur le mal. Le péché ne réside pas seulement dans les structures économiques, comme si une réorganisation de la propriété pouvait produire un homme nouveau. Mais il ne réside pas davantage seulement dans l’État, comme si la liberté des échanges suffisait à discipliner les passions. Le péché traverse le prolétaire et le bourgeois, le gouvernant et le gouverné, l’entrepreneur et le consommateur. Il peut corrompre l’État, l’entreprise, le syndicat, la famille et le marché.
C’est pourquoi la propriété est à la fois réelle et relative. Le huitième commandement présuppose le « tien » et le « mien » : on ne peut voler que ce qui appartient à autrui. Mais le propriétaire chrétien n’est jamais propriétaire absolu. Il demeure intendant de biens reçus de Dieu, tenu à la justice, à la générosité et au service du prochain. Le marxisme absolutise le conflit autour de la propriété ; le matérialisme marchand peut absolutiser la propriété elle-même. L’Écriture refuse les deux idolâtries.
Il en va de même de l’État. Romains 13 lui reconnaît une autorité véritable pour punir le mal et servir la justice ; cette autorité n’est pourtant ni divine en elle-même ni illimitée. L’État n’est pas le rédempteur de la société. Mais le réduire à un simple gardien des contrats ne suffit pas davantage à définir toute la justice politique.
La question décisive devient alors celle de l’histoire. Le marxisme lui attribue une direction immanente vers l’émancipation ; certaines formes de libéralisme lui substituent un récit de progrès par l’extension des marchés, des droits individuels et de la prospérité. La foi chrétienne refuse de baptiser l’un ou l’autre. L’histoire est le théâtre de la providence de Dieu, du péché humain, de ses jugements et de sa grâce.
Augustin l’avait formulé dans une opposition autrement plus profonde que celle du socialisme et du capitalisme :
« Deux amours ont donc fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste. L’une se glorifie en elle-même, l’autre dans le Seigneur. »
– Augustin d’Hippone, La Cité de Dieu, livre XIV, chap. 28 (traduction personnelle à partir du latin).
La ligne de fracture ultime ne passe donc pas entre ceux qui veulent davantage d’État et ceux qui veulent davantage de marché. Elle passe entre l’homme qui entend vivre de lui-même et l’homme qui reconnaît qu’il appartient à Dieu. Cette antithèse traverse toutes les classes et toutes les institutions.
C’est pourquoi la seigneurie du Christ ne peut être enfermée dans la seule sphère privée. Abraham Kuyper l’a exprimé avec une force devenue classique :
« Oh ! aucune parcelle de notre monde de pensée ne peut être hermétiquement séparée des autres ; et il n’est pas un pouce de tout le domaine de notre vie humaine dont le Christ, souverain de tous, ne proclame : « À moi ! » »
– Abraham Kuyper, Souvereiniteit in eigen kring, discours inaugural de la Vrije Universiteit, 20 octobre 1880, p. 35 (traduction personnelle à partir du néerlandais).
Cela ne signifie pas que l’Église doive administrer l’économie ou gouverner l’État. Cela signifie que ni l’économie, ni l’État, ni l’université, ni la culture, ni l’entreprise, ni la conscience individuelle ne sont soustraits à l’autorité morale de Dieu. Le chrétien ne remplace pas le totalitarisme politique par la souveraineté du consommateur. Il confesse la souveraineté du Christ.
Critiquer sans mythologie
Le texte Facebook perçoit donc quelque chose de réel : le marxisme a fourni une critique puissante et durable de l’ordre occidental ; certaines de ses branches ont investi la question culturelle ; des régimes marxistes ont légitimé des coercitions et commis des crimes massifs au nom d’un avenir émancipé. Ces faits ne doivent être ni minimisés ni dissous dans une prudence sans conclusion.
Mais on ne sert pas la vérité en transformant cette histoire en légende généalogique où tous les maux contemporains descendraient d’une poignée de penseurs alignés sous Marx. Et l’on ne sort pas du messianisme marxiste en remplaçant la société sans classes par la société de marché comme horizon du salut.
L’Occident a besoin de retrouver ce qu’il a reçu de meilleur : le respect de la personne, la liberté responsable, l’État de droit, la propriété ordonnée au bien, le devoir de transmission, la limitation des pouvoirs, le sens de la vérité. Mais il se tromperait encore s’il adorait son propre héritage. Une civilisation ne se sauve pas en s’admirant, pas davantage par son PIB, son innovation ou la fluidité de ses échanges.
Le remède au messianisme marxiste n’est donc ni le messianisme du marché ni l’autocélébration de l’Occident. C’est le retour à une conception de l’homme, de la liberté, de la propriété, de la justice et de l’histoire replacée sous la seigneurie de Jésus-Christ. Il ne s’agit pas seulement de savoir quelle idéologie doit gagner. Il s’agit de savoir à qui appartient le monde.
Annexe – Éclairage biblique : liberté, propriété, justice et histoire
La Bible ne propose ni un programme marxiste ni un programme libéral. Elle juge les deux à partir d’un cadre plus fondamental : Dieu est Créateur, l’homme est sa créature, le péché atteint le cœur comme les institutions, et Jésus-Christ est Seigneur de toutes choses.
Genèse 1.26–28 fonde la dignité humaine dans l’image de Dieu. Cette dignité précède la classe sociale, la richesse, la productivité ou l’autonomie individuelle. Genèse 3 explique ensuite pourquoi aucune structure politique ou économique ne peut produire à elle seule un homme nouveau : le désordre est aussi intérieur.
Le huitième commandement interdit le vol (Exode 20.15) et présuppose ainsi la réalité de la propriété. Mais l’Écriture refuse d’en faire un absolu. Psaume 24.1 rappelle que la terre et tout ce qu’elle contient appartiennent à l’Éternel : tout propriétaire demeure intendant. D’où les commandements de justice, de générosité et de protection du faible qui traversent la Loi et les prophètes.
La liberté biblique n’est pas l’autonomie morale. Jésus enseigne que le péché rend esclave (Jean 8.34–36) ; Paul affirme que la liberté chrétienne délivre non pour vivre « selon la chair », mais pour servir par amour (Galates 5.13). La liberté est donc ordonnée au bien.
Romains 13.1–7 reconnaît à l’autorité civile une mission réelle de justice. Mais Actes 5.29 rappelle qu’aucun pouvoir humain n’est absolu et que l’obéissance à Dieu prime sur celle qui est due aux autorités humaines. L’État est serviteur, non sauveur.
Enfin, l’histoire n’aboutit ni à la société sans classes ni au triomphe final du marché. Philippiens 3.20 situe la citoyenneté ultime du chrétien dans les cieux, et Apocalypse 21 place l’espérance dans la nouvelle création accomplie par Dieu. L’eschatologie chrétienne interdit ainsi de demander à une organisation économique ou politique ce que Dieu seul promet d’accomplir.
Pour aller plus loin
Idées essentielles à retenir
- Une influence intellectuelle réelle ne prouve pas à elle seule une responsabilité causale globale dans la « décadence de l’Occident ».
- Le marxisme doit être critiqué pour ses thèses réelles : matérialisme, primat du conflit de classes, espérance politique immanente et, dans certaines traditions, coercition révolutionnaire.
- Le marché, la propriété privée et les libertés publiques sont des biens possibles et des institutions utiles ; ils ne constituent pas une sotériologie.
- Le péché traverse toutes les classes et toutes les institutions. Aucun réaménagement économique ne crée l’homme nouveau.
- La vision chrétienne ordonne liberté, propriété, justice et histoire à la seigneurie de Jésus-Christ.
Questions de réflexion et de discussion
- À quelles conditions peut-on parler sérieusement d’une filiation intellectuelle entre deux auteurs ou deux mouvements ?
- Quelle différence faut-il maintenir entre défendre l’économie de marché et faire du marché le critère ultime du bien ?
- Pourquoi une doctrine chrétienne du péché interdit-elle aussi bien l’utopie révolutionnaire que l’optimisme économique naïf ?
- En quoi la création de l’homme à l’image de Dieu résiste-t-elle à sa réduction à une classe sociale ou à un individu autonome ?
- Quels éléments de l’héritage occidental méritent d’être conservés sans être transformés en objet d’idolâtrie ?
Exercice d’analyse
Prenez une affirmation politique ou économique du type « davantage de marché rend nécessairement une société plus libre » ou « les injustices sociales proviennent avant tout des structures de propriété ». Distinguez le fait observable, l’interprétation, le présupposé anthropologique et la conclusion. Demandez ensuite quelle conception de l’homme, du mal, de la justice et de l’histoire rend l’argument plausible.
Pistes de lecture
- Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste (1848) : pour lire directement la critique marxienne de la bourgeoisie et de la propriété.
- Antonio Gramsci, Cahiers de prison : pour l’hégémonie, la société civile et la « guerre de position ».
- Augustin d’Hippone, La Cité de Dieu, notamment XIV, 28 et XIX : pour une critique chrétienne des messianismes politiques.
- Abraham Kuyper, Souvereiniteit in eigen kring (1880) : pour la seigneurie du Christ et la distinction des sphères de la vie sociale.

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