Ne craignez pas – Jésus enseigne ses disciples (Matthieu 10.26-33)

12e dimanche du Temps Ordinaire – Année A : Ne craignez pas les hommes, confessez le Christ devant le Père (Matthieu 10.26–33)

Pour lire l’i­mage
Cette illus­tra­tion met en scène Jésus au cœur de ses dis­ciples, bai­gné d’une lumière qui tranche avec l’obs­cu­ri­té envi­ron­nante. Le clair-obs­cur, ins­pi­ré de Rem­brandt, sym­bo­lise la vic­toire de la révé­la­tion divine sur les ténèbres de la peur et de l’in­cer­ti­tude. Les regards convergent vers le Christ, rap­pe­lant que la confiance du croyant ne repose pas sur les cir­cons­tances mais sur la parole de celui qui révèle le Père. La lumière qui éclaire son visage invite le lec­teur à entendre, aujourd’­hui encore, cette exhor­ta­tion : « Ne crai­gnez pas », car la pro­vi­dence de Dieu veille sur ceux qui lui appar­tiennent.


Intro­duc­tion géné­rale

Les textes de ce 12e dimanche du Temps Ordi­naire – Année A placent l’assemblée devant une ques­tion simple et redou­table : que devient la foi lorsque le témoi­gnage expose au rejet, à l’incompréhension ou à la peur ?

La pre­mière lec­ture, Jéré­mie 20.10–13, donne la parole au pro­phète per­sé­cu­té. Jéré­mie entend les accu­sa­tions, connaît la pres­sion de ses adver­saires, mais il confesse que le Sei­gneur demeure avec lui « comme un héros puis­sant ». L’apôtre Paul, en Romains 5.12–15, élar­git encore la pers­pec­tive : l’histoire humaine est mar­quée par l’entrée du péché et de la mort en Adam, mais la grâce de Dieu sur­abonde en Jésus-Christ. L’Évangile, Mat­thieu 10.26–33, reprend ce com­bat sous la forme d’un appel direct du Christ : « Ne les crai­gnez donc point. » Le dis­ciple n’est pas appe­lé à sau­ver sa répu­ta­tion, mais à confes­ser son Sei­gneur.

Dans le dérou­le­ment de l’année litur­gique, le Temps Ordi­naire n’est pas un temps secon­daire. Il mani­feste la crois­sance patiente de l’Église dans la fidé­li­té quo­ti­dienne. Après les grandes fêtes du salut, l’assemblée apprend à vivre concrè­te­ment de la grâce reçue : croire, obéir, témoi­gner, per­sé­vé­rer. La cou­leur litur­gique est le vert, signe de crois­sance, de matu­ra­tion et d’espérance.

Dans une pers­pec­tive réfor­mée et allian­cielle, ces textes rap­pellent que Dieu garde son peuple au cœur même de l’opposition. Jéré­mie annonce déjà la condi­tion du témoin fidèle. Paul montre que le Christ est le nou­vel Adam, chef d’une huma­ni­té renou­ve­lée par la grâce. Jésus, enfin, appelle ses dis­ciples à vivre publi­que­ment leur appar­te­nance au Royaume. L’alliance de grâce ne retire pas l’Église du com­bat ; elle lui donne la cer­ti­tude que sa vie est cachée en Dieu, que sa confes­sion est enten­due au ciel, et que la fidé­li­té du Père demeure plus forte que la peur des hommes.


Psaume du jour

Psaume 69 (68) – « Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi »

Le psaume 69 est par­ti­cu­liè­re­ment appro­prié pour accom­pa­gner les lec­tures de ce dimanche. Comme Jéré­mie, le psal­miste est confron­té à l’op­po­si­tion, au rejet et à la per­sé­cu­tion à cause de sa fidé­li­té à Dieu. Plu­sieurs ver­sets sont appli­qués au Christ dans le Nou­veau Tes­ta­ment, notam­ment le zèle pour la mai­son de Dieu (Jean 2.17), ce qui crée un lien natu­rel avec l’ap­pel de Jésus à témoi­gner sans crainte dans Mat­thieu 10. Il fait éga­le­ment écho à Romains 5 en rap­pe­lant que le salut vient de la grâce de Dieu et non de la force humaine.

Dans le Psau­tier de Genève, le psaume 69 appar­tient aux grands psaumes de lamen­ta­tion indi­vi­duelle. Il exprime la souf­france du juste per­sé­cu­té tout en affir­mant sa confiance dans la déli­vrance divine. Il occupe une place impor­tante dans la lec­ture chris­to­lo­gique des psaumes, la tra­di­tion réfor­mée y voyant sou­vent une pré­fi­gu­ra­tion des souf­frances du Mes­sie.

Dans le culte, ce psaume peut être uti­li­sé après la confes­sion des péchés, car il fait entendre le cri de celui qui cherche la misé­ri­corde de Dieu. Il convient éga­le­ment avant la pré­di­ca­tion pour pré­pa­rer l’as­sem­blée à rece­voir une parole exi­geante sur le témoi­gnage chré­tien. Enfin, chan­té après la pré­di­ca­tion, il devient une réponse de foi : mal­gré l’op­po­si­tion et les épreuves, le peuple de Dieu conti­nue à espé­rer dans son Sei­gneur et à pro­cla­mer son salut.


Cette page ras­semble les textes bibliques du jour, une médi­ta­tion, une pré­di­ca­tion et des élé­ments litur­giques pour le culte. Elle a pour objec­tif d’aider à la pré­pa­ra­tion et à la célé­bra­tion du culte, mais aus­si à la lec­ture per­son­nelle et com­mu­nau­taire de l’Écriture. L’ensemble du conte­nu est libre de droit et peut être uti­li­sé, adap­té et dif­fu­sé dans un cadre ecclé­sial, pas­to­ral ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

L’architecture de cette page per­met trois niveaux de lec­ture :

  • Lec­teur pres­sé → médi­ta­tion + pré­di­ca­tion → nour­ri
  • Lec­teur enga­gé → ajoute l’exégèse → enra­ci­né
  • Lec­teur for­mé / res­pon­sable → va jusqu’à l’apologétique → équi­pé


Courte méditation

La médi­ta­tion pro­po­sée sur le blog foedus.fr est volon­tai­re­ment courte. Elle s’appuie sur le texte de l’Évangile du jour (sauf indi­ca­tion contraire) et cherche à en faire res­sor­tir une parole cen­trale, acces­sible et direc­te­ment appli­cable à la vie quo­ti­dienne. Elle est accom­pa­gnée d’une prière simple, en écho au mes­sage biblique.

Cette médi­ta­tion peut être reprise telle quelle ou adap­tée libre­ment. Elle se prête par­ti­cu­liè­re­ment bien à un usage per­son­nel, pas­to­ral ou à un par­tage sur les réseaux sociaux (Face­book, X, etc.), sous forme de copier-col­ler.

Ce texte est libre de droit. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.


Jésus ne cherche pas à ras­su­rer ses dis­ciples en leur pro­met­tant une vie facile. Au contraire, il leur parle de l’op­po­si­tion, du rejet et même de la per­sé­cu­tion. Pour­tant, au cœur de ce dis­cours exi­geant revient trois fois la même parole : « Ne crai­gnez pas » (Mat­thieu 10.26, 28, 31).

Cette exhor­ta­tion pour­rait sem­bler irréa­liste. Com­ment ne pas avoir peur lorsque l’on se sent seul, incom­pris ou mena­cé ? Jéré­mie lui-même connais­sait cette angoisse. Il enten­dait les mur­mures de ses enne­mis et voyait les pièges qui lui étaient ten­dus. Pour­tant il pou­vait affir­mer : « L’É­ter­nel est avec moi comme un héros puis­sant » (Jéré­mie 20.11).

La réponse de Jésus ne consiste pas à nier les dif­fi­cul­tés. Il nous invite plu­tôt à regar­der plus haut. Les hommes peuvent bles­ser le corps, mais ils ne pos­sèdent pas notre des­ti­née éter­nelle. Les évé­ne­ments peuvent nous sur­prendre, mais ils ne sur­prennent jamais notre Père céleste. Pas même la chute d’un pas­se­reau n’é­chappe à son regard. Com­bien plus veille-t-il sur ceux qu’il a rache­tés en Jésus-Christ.

Cette confiance trouve son fon­de­ment dans l’œuvre du Christ. Romains 5 nous rap­pelle que le péché et la mort sont entrés dans le monde par Adam, mais que la grâce est venue en abon­dance par Jésus-Christ. Le croyant n’a­vance donc pas seul dans un monde hos­tile. Il appar­tient au nou­vel Adam, au Sei­gneur res­sus­ci­té qui a déjà vain­cu le péché, la mort et l’en­fer.

La peur regarde les cir­cons­tances. La foi regarde le Père. La peur contemple les obs­tacles. La foi contemple les pro­messes. Et lorsque les deux se ren­contrent dans notre cœur, la parole du Christ demeure : « Ne crai­gnez pas. »

Prière

Sei­gneur notre Dieu, nous confes­sons que la peur habite sou­vent nos cœurs. Nous regar­dons les dif­fi­cul­tés, les incer­ti­tudes et les menaces plus que nous ne regar­dons tes pro­messes. Apprends-nous à nous sou­ve­nir que tu es notre Père et que rien n’é­chappe à ta pro­vi­dence. For­ti­fie notre foi lorsque nous sommes décou­ra­gés, relève-nous lorsque nous sommes abat­tus, et donne-nous la grâce de confes­ser fidè­le­ment le nom de Jésus-Christ. Que ton Esprit nous conduise dans la confiance et dans la paix. Par Jésus-Christ notre Sei­gneur. Amen.

© Vincent Bru, 17/06/2026


Méditation pour les militaires

Le métier mili­taire apprend très tôt que le cou­rage n’est pas l’ab­sence de peur. Celui qui affirme n’a­voir jamais peur n’est géné­ra­le­ment ni le plus lucide ni le plus expé­ri­men­té. Le cou­rage consiste plu­tôt à accom­plir sa mis­sion mal­gré la peur.

Les paroles de Jésus dans l’É­van­gile rejoignent cette réa­li­té. Il ne demande pas à ses dis­ciples d’i­gno­rer les dan­gers. Il leur demande de regar­der au-delà des dan­gers. « Ne crai­gnez pas ceux qui tuent le corps », dit-il. Il rap­pelle ain­si qu’il existe des réa­li­tés plus grandes que notre sécu­ri­té immé­diate : la véri­té, la fidé­li­té, la voca­tion reçue de Dieu.

Jéré­mie connais­sait lui aus­si cette ten­sion. Il était entou­ré d’ad­ver­saires et savait ce que pou­vait coû­ter la fidé­li­té. Pour­tant il pou­vait décla­rer : « L’É­ter­nel est avec moi comme un héros puis­sant. » Sa confiance ne repo­sait pas sur ses capa­ci­tés per­son­nelles mais sur la pré­sence de Dieu.

Dans les armées, beau­coup découvrent que les situa­tions dif­fi­ciles révèlent ce qui était déjà pré­sent au fond du cœur. Les épreuves ne fabriquent pas tou­jours le carac­tère ; elles le dévoilent sou­vent. L’É­van­gile nous rap­pelle alors une véri­té essen­tielle : notre espé­rance ne repose pas sur notre force mais sur celle du Christ. Le nou­vel Adam a déjà rem­por­té la vic­toire déci­sive. La grâce est plus forte que le péché, et la vie est plus forte que la mort.

Cette cer­ti­tude n’en­lève pas les res­pon­sa­bi­li­tés du ser­vice. Elle per­met sim­ple­ment de les por­ter autre­ment. Le mili­taire chré­tien sait que son devoir est impor­tant, mais il sait aus­si que sa vie demeure entre les mains du Père. Aucun ordre, aucun évé­ne­ment, aucune cir­cons­tance ne peut le sous­traire à cette pro­vi­dence.

Prière

Sei­gneur des armées, nous te confions tous ceux qui servent aujourd’­hui sous les armes. Garde-les dans les res­pon­sa­bi­li­tés qui leur sont confiées. Donne-leur le cou­rage lorsque la peur se pré­sente, la sagesse lors­qu’ils doivent déci­der, la maî­trise d’eux-mêmes dans l’é­preuve et la fidé­li­té dans leur mis­sion. Pro­tège leurs familles durant les absences et les sépa­ra­tions. Rap­pelle-leur que leur vie est entre tes mains et que rien ne peut les arra­cher à ton regard. Fais d’eux des ser­vi­teurs du bien, de la jus­tice et de la paix. Par Jésus-Christ notre Sei­gneur. Amen.

© Vincent Bru, 17/06/2026


Prédication

Les pré­di­ca­tions pro­po­sées sur le blog suivent en prin­cipe une struc­ture simple et éprou­vée : une intro­duc­tion, trois points déve­lop­pés, puis une conclu­sion. Cette pro­gres­sion vise à aider l’écoute, la com­pré­hen­sion et l’appropriation du mes­sage biblique, sans alour­dir le pro­pos ni perdre de vue l’essentiel.

Cette struc­ture n’est ni obli­ga­toire ni rigide. Elle consti­tue un cadre au ser­vice de la Parole, non une contrainte for­melle. Vous pou­vez reprendre cette pré­di­ca­tion telle quelle, l’adapter à votre contexte, ou sim­ple­ment vous en ins­pi­rer pour éla­bo­rer votre propre pro­cla­ma­tion.

La pré­di­ca­tion est pro­po­sée selon deux modèles com­plé­men­taires :

Un cane­vas de pré­di­ca­tion, des­ti­né à ceux qui sou­haitent s’inspirer de la struc­ture en la per­son­na­li­sant lar­ge­ment ;

Une pré­di­ca­tion orale exé­gé­tique, d’environ vingt minutes, direc­te­ment pro­cla­mable, pour ceux qui sou­haitent la lire ou l’adapter légè­re­ment.

Ce texte est libre de droit et peut être uti­li­sé, repro­duit ou adap­té pour un usage pas­to­ral, litur­gique ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

A lire avant tout : Méthode homi­lé­tique et pré­di­ca­tion réfor­mée – Fiches pour pas­teurs et pré­di­ca­teurs laïques


Prédication – canevas

12e dimanche du Temps Ordi­naire – Année A

Mat­thieu 10.26–33
« Ne les crai­gnez donc point »

Idée cen­trale

Parce que notre vie est entre les mains du Père, le dis­ciple du Christ peut témoi­gner sans crainte dans un monde qui lui est par­fois hos­tile.

Ques­tion d’ou­ver­ture

Qu’est-ce qui gou­verne réel­le­ment nos vies : la crainte de Dieu ou la crainte des hommes ?

Jésus adresse ces paroles à ses dis­ciples au moment même où il les envoie dans le monde. Il ne leur pro­met pas le suc­cès, l’ap­pro­ba­tion ou la tran­quilli­té. Il leur annonce des oppo­si­tions. Pour­tant, à trois reprises, il leur dit : « Ne crai­gnez pas. »

Pour­quoi ?

I. Ne crai­gnez pas, car la véri­té de Dieu fini­ra par être mani­fes­tée (v. 26–27)

« Il n’y a rien de caché qui ne doive être décou­vert. »

Les dis­ciples sont appe­lés à annon­cer publi­que­ment ce qu’ils ont reçu du Christ.

Le monde peut ridi­cu­li­ser l’É­van­gile.
Les puis­sants peuvent ten­ter de le faire taire.
Les modes intel­lec­tuelles peuvent le décla­rer dépas­sé.

Mais la véri­té de Dieu n’est jamais défi­ni­ti­ve­ment enter­rée.

Illus­tra­tion pos­sible : les grands régimes idéo­lo­giques du XXe siècle qui pré­ten­daient construire un monde sans Dieu ont lar­ge­ment dis­pa­ru tan­dis que l’É­van­gile conti­nue d’être annon­cé sur tous les conti­nents.

Appli­ca­tion :

Sommes-nous ten­tés de cacher notre foi pour évi­ter les cri­tiques ?
Quelles véri­tés bibliques avons-nous du mal à assu­mer publi­que­ment ?

II. Ne crai­gnez pas, car les hommes ne pos­sèdent pas le der­nier mot sur notre des­ti­née (v. 28)

« Ne crai­gnez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme. »

Jésus remet les choses à leur juste place.

Les hommes dis­posent d’un pou­voir réel.
Mais ce pou­voir demeure limi­té.

Ils peuvent bles­ser.
Ils peuvent exclure.
Ils peuvent per­sé­cu­ter.

Ils ne peuvent pas arra­cher le croyant à son Sei­gneur.

Der­rière cette parole appa­raît toute la doc­trine de la sou­ve­rai­ne­té de Dieu.

Le chré­tien n’est pas immor­tel.
Mais sa vie n’est jamais aban­don­née au hasard.

Illus­tra­tion pos­sible : Jéré­mie 20.10–13. Le pro­phète est entou­ré d’en­ne­mis mais découvre que l’É­ter­nel demeure avec lui comme un héros puis­sant.

Appli­ca­tion :

Quelles peurs exercent aujourd’­hui une auto­ri­té exces­sive sur notre cœur ?
Le regard des autres ?
Le rejet ?
L’é­chec ?
La soli­tude ?

III. Ne crai­gnez pas, car votre Père vous connaît par­fai­te­ment (v. 29–31)

Les pas­se­reaux étaient par­mi les oiseaux les moins chers du mar­ché.

Pour­tant aucun ne tombe à terre sans le Père.

Puis Jésus ajoute :

« Les che­veux de votre tête sont tous comp­tés. »

Nous tou­chons ici à la pro­vi­dence.

Dieu ne gou­verne pas seule­ment les grands évé­ne­ments de l’his­toire.
Il gou­verne aus­si les détails de notre exis­tence.

Cette véri­té ne sup­prime pas la souf­france.
Elle lui donne un cadre.

Le croyant ne vit jamais dans un uni­vers aban­don­né à lui-même.

Illus­tra­tion pos­sible : les nom­breuses situa­tions où, rétros­pec­ti­ve­ment, nous dis­cer­nons la main de Dieu dans des évé­ne­ments que nous ne com­pre­nions pas sur le moment.

Appli­ca­tion :

Avons-nous réel­le­ment confiance dans la pro­vi­dence lorsque nos pro­jets sont contra­riés ?

IV. Ne crai­gnez pas, mais confes­sez le Christ devant les hommes (v. 32–33)

Le pas­sage se ter­mine par un appel à la fidé­li­té.

La ques­tion n’est plus seule­ment : « Que crai­gnons-nous ? »

Elle devient :

« À qui appar­te­nons-nous ? »

Confes­ser le Christ signi­fie recon­naître publi­que­ment qu’il est Sei­gneur.

Le dis­ciple n’est pas appe­lé à l’a­gres­si­vi­té.
Il est appe­lé à la fidé­li­té.

Romains 5 nous rap­pelle pour­quoi cette fidé­li­té est pos­sible.

Nous appar­te­nons désor­mais au nou­vel Adam.
Nous vivons sous le règne de la grâce.
Notre iden­ti­té ne dépend plus du juge­ment du monde mais de l’œuvre du Christ.

Conclu­sion

Le cœur de ce pas­sage n’est pas un appel à l’hé­roïsme.

Le cœur de ce pas­sage est une révé­la­tion du Père.

Nous pou­vons renon­cer à la peur parce que Dieu demeure sou­ve­rain.

Nous pou­vons témoi­gner parce que le Christ nous a rache­tés.

Nous pou­vons per­sé­vé­rer parce que notre vie est gar­dée par celui qui compte même les che­veux de notre tête.

La ques­tion finale est simple :

Qui gou­verne notre cœur aujourd’­hui ?

La peur des hommes ?

Ou la confiance dans le Dieu vivant ?


Prédication exposition – forme orale (env. 20 mn)

Ne crai­gnez pas
Mat­thieu 10.26–33

Frères et sœurs,

Nous vivons dans une époque étrange.

Nous avons pro­ba­ble­ment plus de moyens de com­mu­ni­ca­tion que toutes les géné­ra­tions qui nous ont pré­cé­dés. Nous pou­vons publier un mes­sage en quelques secondes et le rendre visible au monde entier. Pour­tant, beau­coup hésitent à par­ler. Beau­coup craignent le regard des autres. Beau­coup redoutent d’être jugés, exclus ou moqués.

La peur n’est pas une réa­li­té nou­velle.

Elle accom­pagne l’hu­ma­ni­té depuis la chute.

Et lorsque Jésus envoie ses dis­ciples dans le monde, il sait par­fai­te­ment qu’ils auront peur.

Notre pas­sage com­mence pré­ci­sé­ment là.

Jésus vient d’an­non­cer des oppo­si­tions, des per­sé­cu­tions, des conflits. Il ne cache rien. Il ne vend pas une illu­sion reli­gieuse. Il ne pro­met pas une vie facile.

Et pour­tant, au milieu de ces aver­tis­se­ments, une parole revient trois fois :

« Ne crai­gnez pas. »

Le texte avance comme une réponse pro­gres­sive à la peur humaine.

D’a­bord, Jésus rap­pelle que la véri­té de Dieu fini­ra tou­jours par être mani­fes­tée.

« Il n’y a rien de caché qui ne doive être décou­vert. »

Nous vivons dans un monde où le men­songe paraît par­fois triom­pher. Les appa­rences semblent sou­vent l’emporter sur la véri­té. Les dis­ciples de Jésus pou­vaient être ten­tés de pen­ser que leur mes­sage res­te­rait mar­gi­nal ou étouf­fé.

Mais Jésus regarde plus loin.

L’his­toire ne s’ar­rête pas à ce que les hommes voient aujourd’­hui.

Le jour vient où Dieu révé­le­ra tout.

Le jour vient où les faux-sem­blants tom­be­ront.

Le jour vient où la véri­té sera plei­ne­ment mani­fes­tée.

C’est pour­quoi les dis­ciples doivent pro­cla­mer ouver­te­ment ce qu’ils ont reçu.

« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour. »

Le chris­tia­nisme n’est pas une doc­trine secrète réser­vée à quelques ini­tiés.

L’É­van­gile est une bonne nou­velle des­ti­née à être annon­cée publi­que­ment.

L’É­glise n’est pas appe­lée à se cacher.

Elle est appe­lée à témoi­gner.

Nous devons nous deman­der hon­nê­te­ment : avons-nous par­fois davan­tage peur de l’o­pi­nion des hommes que confiance dans la véri­té de Dieu ?

Com­bien de fois gar­dons-nous le silence non parce que nous igno­rons quoi dire, mais parce que nous redou­tons la réac­tion des autres ?

Jésus pour­suit.

« Ne crai­gnez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme. »

Nous arri­vons ici au cœur du pas­sage.

La peur naît sou­vent d’une confu­sion des pers­pec­tives.

Nous accor­dons aux réa­li­tés tem­po­raires une impor­tance ultime.

Nous regar­dons les hommes comme s’ils déte­naient le pou­voir suprême.

Or Jésus remet les choses à leur place.

Les hommes pos­sèdent un pou­voir réel.

Ils peuvent faire souf­frir.

Ils peuvent exclure.

Ils peuvent condam­ner.

Ils peuvent même tuer.

Mais leur pou­voir demeure limi­té.

Ils ne sont pas Dieu.

Ils ne pos­sèdent pas notre des­ti­née éter­nelle.

Ils ne contrôlent pas notre ave­nir ultime.

Ils ne décident pas de notre salut.

Seul Dieu pos­sède cette auto­ri­té.

Nous retrou­vons ici l’un des grands thèmes de toute l’É­cri­ture : la crainte de Dieu libère de la crainte des hommes.

Lorsque Dieu devient petit à nos yeux, les hommes deviennent immenses.

Lorsque Dieu retrouve sa place véri­table, les hommes retrouvent la leur.

Cette parole devait récon­for­ter les pre­miers dis­ciples.

Elle a sou­te­nu les mar­tyrs.

Elle a sou­te­nu les pro­phètes.

Elle a sou­te­nu Jéré­mie lors­qu’il enten­dait autour de lui : « Épou­vante de tous côtés ! »

Elle sou­tient encore aujourd’­hui les croyants qui vivent sous la pres­sion, la moque­rie ou par­fois la per­sé­cu­tion.

Mais Jésus ne s’ar­rête pas là.

Il ajoute quelque chose d’ex­tra­or­di­naire.

« Ne vend-on pas deux pas­se­reaux pour un sou ? Cepen­dant il n’en tombe pas un à terre sans la volon­té de votre Père. »

Nous pas­sons du Dieu sou­ve­rain au Père aimant.

Le même Dieu qui gou­verne l’u­ni­vers connaît les détails les plus infimes de notre exis­tence.

Le pas­se­reau repré­sen­tait l’un des oiseaux les moins coû­teux du mar­ché.

Pour­tant aucun n’é­chappe au regard de Dieu.

Puis Jésus ajoute :

« Les che­veux de votre tête sont tous comp­tés. »

Il ne dit pas sim­ple­ment que Dieu connaît leur nombre.

Il dit qu’ils sont comp­tés.

Autre­ment dit, rien n’é­chappe à sa pro­vi­dence.

Nous tou­chons ici à une doc­trine pro­fon­dé­ment réfor­mée et pro­fon­dé­ment biblique.

Dieu n’est pas un spec­ta­teur de l’his­toire.

Il n’ob­serve pas le monde de loin.

Il gou­verne.

Il dirige.

Il sou­tient.

Il pré­serve.

Même lorsque nous ne com­pre­nons pas ses voies.

Même lorsque les cir­cons­tances nous décon­certent.

Même lorsque la souf­france obs­cur­cit notre regard.

Pour beau­coup, la pro­vi­dence est une idée abs­traite.

Dans la Bible, elle est une source de conso­la­tion.

Parce que si notre Père gou­verne jus­qu’à la chute d’un pas­se­reau, alors aucune larme, aucune épreuve, aucune sépa­ra­tion, aucune inquié­tude n’é­chappe à sa main.

Voi­là pour­quoi Jésus peut conclure :

« Ne crai­gnez donc point : vous valez plus que beau­coup de pas­se­reaux. »

Nous ne sommes pas aban­don­nés dans un uni­vers froid.

Nous sommes connus.

Nous sommes aimés.

Nous sommes gar­dés.

Enfin, Jésus conduit ses dis­ciples vers une déci­sion.

« Qui­conque me confes­se­ra devant les hommes, je le confes­se­rai aus­si devant mon Père. »

Le texte débouche sur la fidé­li­té.

La ques­tion n’est plus seule­ment : « Ai-je peur ? »

La ques­tion devient : « À qui est-ce que j’ap­par­tiens ? »

Confes­ser le Christ signi­fie recon­naître publi­que­ment qu’il est Sei­gneur.

Cela ne signi­fie pas être agres­sif.

Cela ne signi­fie pas recher­cher le conflit.

Cela signi­fie demeu­rer fidèle.

Le chré­tien ne témoigne pas parce qu’il est cou­ra­geux par nature.

Il témoigne parce qu’il appar­tient au Christ.

Et c’est ici que l’é­pître aux Romains éclaire notre pas­sage.

Paul nous rap­pelle que deux hommes se tiennent à la tête de deux huma­ni­tés.

Adam et Christ.

Par Adam sont venus le péché et la mort.

Par Christ sont venus la grâce et la vie.

Le croyant appar­tient désor­mais au nou­vel Adam.

Sa sécu­ri­té ultime ne repose plus sur ses per­for­mances, ses capa­ci­tés ou sa répu­ta­tion.

Elle repose sur l’œuvre accom­plie de Jésus-Christ.

Voi­là pour­quoi il peut témoi­gner.

Voi­là pour­quoi il peut per­sé­vé­rer.

Voi­là pour­quoi il peut affron­ter les dif­fi­cul­tés sans déses­poir.

Parce qu’il sait à qui il appar­tient.

Frères et sœurs,

Le monde conti­nue­ra de chan­ger.

Les idéo­lo­gies pas­se­ront.

Les puis­sances humaines appa­raî­tront puis dis­pa­raî­tront.

Les modes intel­lec­tuelles se suc­cé­de­ront.

Mais le Christ demeure.

Et sa parole demeure.

Aujourd’­hui encore il nous dit :

« Ne crai­gnez pas. »

Non parce qu’il n’existe aucun dan­ger.

Non parce que la souf­france serait ima­gi­naire.

Mais parce que notre Père demeure sou­ve­rain.

Parce que le Christ a vain­cu le péché et la mort.

Parce que notre vie est entre ses mains.

Et parce qu’au­cune puis­sance de ce monde ne peut arra­cher ses enfants à son amour.

Amen.


Exégèse

La par­tie exé­gé­tique pro­po­sée sur le blog foedus.fr vise à éclai­rer les textes bibliques du jour de manière rigou­reuse et acces­sible. Pour chaque texte, l’accent est por­té à la fois sur le contexte immé­diat et sur le contexte glo­bal de l’Écriture, afin d’en res­pec­ter la cohé­rence théo­lo­gique et l’inscription dans l’histoire du salut.

L’analyse s’attache par­ti­cu­liè­re­ment aux mots hébreux et grecs les plus signi­fi­ca­tifs, lorsque cela est néces­saire pour com­prendre le sens pré­cis du texte. Elle s’enrichit éga­le­ment de l’apport des Pères de l’Église, des Réfor­ma­teurs, ain­si que de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante contem­po­raine, afin de situer l’interprétation dans la conti­nui­té de la tra­di­tion chré­tienne.

Lorsque cela éclaire uti­le­ment le pas­sage étu­dié, des élé­ments d’archéologie biblique sont éga­le­ment inté­grés, pour repla­cer le texte dans son cadre his­to­rique et cultu­rel sans en faire un simple objet aca­dé­mique.

Cette approche cherche à ser­vir à la fois la com­pré­hen­sion du texte et la foi de l’Église, en met­tant l’exégèse au ser­vice de la pro­cla­ma­tion et de la vie chré­tienne.

La ver­sion de la Bible uti­li­sée ici est la Bible Louis Segond de 1910, qui est libre de droit. Mais je lui pré­fère la ver­sion de 1978 dite « A la Colombe ».


Jérémie 20.10–13

Intro­duc­tion

Jéré­mie 20 appar­tient à la sec­tion sou­vent appe­lée les « confes­sions de Jéré­mie » (Jéré­mie 11–20). Le pro­phète vient d’être humi­lié publi­que­ment par Pash­hur, res­pon­sable du Temple (Jéré­mie 20.1–6). Le pas­sage de ce dimanche nous fait entrer dans le com­bat inté­rieur d’un homme fidèle à Dieu mais acca­blé par l’op­po­si­tion. Nous décou­vrons ici la ten­sion entre la peur humaine et la confiance en la sou­ve­rai­ne­té divine.

Texte (Louis Segond 1910)

« Car j’ap­prends les mau­vais pro­pos de plu­sieurs : Épou­vante de tous côtés ! Dénon­cez-le ! dénon­çons-le ! Tous ceux qui étaient en paix avec moi observent si je chan­celle : Peut-être se lais­se­ra-t-il séduire, nous serons maîtres de lui, et nous tire­rons ven­geance de lui !

Mais l’É­ter­nel est avec moi comme un héros puis­sant ; c’est pour­quoi mes per­sé­cu­teurs chan­cellent et n’au­ront pas le des­sus ; ils seront cou­verts de honte pour n’a­voir pas réus­si : ce sera une confu­sion éter­nelle qui ne s’ou­blie­ra point.

L’É­ter­nel des armées éprouve le juste, il voit les reins et les cœurs ; je ver­rai ta ven­geance s’exer­cer sur eux, car c’est à toi que je confie ma cause.

Chan­tez à l’É­ter­nel, louez l’É­ter­nel ! Car il délivre l’âme du mal­heu­reux de la main des méchants. »

Exé­gèse

L’ex­pres­sion « Épou­vante de tous côtés » tra­duit l’hé­breu magor mis­sa­bib. Cette for­mule est deve­nue un véri­table refrain dans le livre de Jéré­mie. Le pro­phète se sent encer­clé par la menace. Le dan­ger n’est pas seule­ment exté­rieur ; il pro­vient éga­le­ment de ceux qui étaient autre­fois ses amis.

L’ex­pres­sion « observent si je chan­celle » tra­duit l’at­tente mal­veillante de ses adver­saires. Ils espèrent sa chute morale, spi­ri­tuelle ou pro­phé­tique.

Le contraste est sai­sis­sant au ver­set 11. Après avoir décrit sa peur, Jéré­mie affirme : « l’É­ter­nel est avec moi comme un héros puis­sant ». Le terme hébreu gib­bor désigne un guer­rier redou­table. Le salut ne repose pas sur la force du pro­phète mais sur la pré­sence de Dieu.

Au ver­set 12, Dieu est pré­sen­té comme celui qui « éprouve le juste ». Le verbe hébreu évoque l’ac­tion du métal­lur­giste qui teste un métal par le feu. Dieu exa­mine les pro­fon­deurs de l’être humain.

Enfin, le texte se ter­mine par un appel à la louange. La lamen­ta­tion débouche sur l’a­do­ra­tion. La foi ne nie pas la souf­france mais elle refuse de lui accor­der le der­nier mot.

Les mots impor­tants

Magor mis­sa­bib – « ter­reur de tous côtés », expres­sion carac­té­ris­tique du sen­ti­ment d’en­cer­cle­ment.

Gib­bor – héros, guer­rier puis­sant.

Reins et cœur – dans l’an­thro­po­lo­gie hébraïque, les reins repré­sentent les moti­va­tions pro­fondes et le cœur le centre de la per­sonne.

Les Pères de l’É­glise

Augus­tin voit dans Jéré­mie une figure du Christ per­sé­cu­té par les siens mais sou­te­nu par le Père.

Jean Chry­so­stome sou­ligne que les enne­mis du juste ne cherchent pas seule­ment à le faire souf­frir mais à pro­vo­quer sa chute.

Les Réfor­ma­teurs

Cal­vin sou­ligne que Jéré­mie demeure un homme véri­ta­ble­ment éprou­vé. La foi n’a­bo­lit pas la peur ; elle per­met de la com­battre par la confiance dans les pro­messes divines.

Archéo­lo­gie et contexte his­to­rique

Les pro­phètes de Juda exer­çaient leur minis­tère dans un contexte de crise poli­tique majeure pré­cé­dant la chute de Jéru­sa­lem en 586 av. J.-C. Les ten­sions reli­gieuses et natio­nales ren­daient leur mis­sion par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reuse.

Théo­lo­gie de l’al­liance

Jéré­mie appa­raît ici comme le ser­vi­teur fidèle de l’al­liance. Mal­gré le rejet de la parole divine par le peuple, Dieu demeure fidèle à ses pro­messes. La sécu­ri­té du pro­phète ne repose pas sur l’ap­pro­ba­tion des hommes mais sur la fidé­li­té du Dieu de l’al­liance.

Romains 5.12–15

Intro­duc­tion

Romains 5 consti­tue l’un des som­mets de la théo­lo­gie pau­li­nienne. Paul y met en paral­lèle Adam et Jésus-Christ. À tra­vers eux, il pré­sente deux huma­ni­tés, deux règnes et deux des­ti­nées.

Texte (Louis Segond 1910)

« C’est pour­quoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ain­si la mort s’est éten­due sur tous les hommes, parce que tous ont péché…

Car jus­qu’à la loi le péché était dans le monde. Or, le péché n’est pas impu­té, quand il n’y a point de loi.

Cepen­dant la mort a régné depuis Adam jus­qu’à Moïse, même sur ceux qui n’a­vaient pas péché par une trans­gres­sion sem­blable à celle d’A­dam, lequel est la figure de celui qui devait venir.

Mais il n’en est pas du don gra­tuit comme de l’of­fense ; car, si par l’of­fense d’un seul il en est beau­coup qui sont morts, à plus forte rai­son la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abon­dam­ment répan­dus sur beau­coup. »

Exé­gèse

Paul éta­blit une com­pa­rai­son entre Adam et Christ.

Le mot grec hamar­tia (« péché ») désigne ici une puis­sance qui est entrée dans le monde à tra­vers la déso­béis­sance d’A­dam.

La mort appa­raît comme la consé­quence du péché. Elle n’est pas pré­sen­tée comme un phé­no­mène natu­rel mais comme un intrus dans la créa­tion.

Lorsque Paul affirme qu’A­dam est la « figure » (typos) de celui qui devait venir, il ne parle pas d’une simple res­sem­blance. Adam agit comme repré­sen­tant de l’hu­ma­ni­té ancienne, tan­dis que Christ agit comme repré­sen­tant de l’hu­ma­ni­té nou­velle.

Le contraste culmine au ver­set 15. Le péché d’un seul homme a entraî­né la mort pour tous ; l’o­béis­sance du Christ apporte une grâce plus abon­dante encore.

Les mots impor­tants

Hamar­tia – le péché comme puis­sance de rébel­lion.

Tha­na­tos – la mort.

Typos – figure, modèle annon­cia­teur.

Cha­ris – la grâce gra­tuite de Dieu.

Les Pères de l’É­glise

Iré­née déve­loppe ici sa doc­trine de la réca­pi­tu­la­tion : le Christ reprend et res­taure ce qu’A­dam avait per­du.

Augus­tin s’ap­puie lar­ge­ment sur ce texte pour expo­ser la trans­mis­sion du péché ori­gi­nel.

Les Réfor­ma­teurs

Cal­vin voit dans ce pas­sage le fon­de­ment biblique de la soli­da­ri­té fédé­rale de l’hu­ma­ni­té avec Adam et avec Christ. Adam est chef de l’al­liance de créa­tion ; Christ est chef de l’al­liance de grâce.

Archéo­lo­gie et contexte

Le monde gré­co-romain connais­sait diverses expli­ca­tions du mal. Paul se dis­tingue en enra­ci­nant l’his­toire humaine dans un évé­ne­ment réel : la chute d’A­dam.

Théo­lo­gie de l’al­liance

Ce texte est fon­da­men­tal pour la théo­lo­gie réfor­mée de l’al­liance. Adam agit comme repré­sen­tant de l’hu­ma­ni­té dans l’al­liance des œuvres. Christ agit comme média­teur de l’al­liance de grâce. Le salut repose sur une nou­velle tête fédé­rale : Jésus-Christ.

Matthieu 10.26–33

Intro­duc­tion

Le cha­pitre 10 de Mat­thieu consti­tue le dis­cours mis­sion­naire de Jésus. Les dis­ciples sont envoyés dans un monde hos­tile. Le Sei­gneur ne leur pro­met pas une vie facile mais leur donne les rai­sons de ne pas craindre.

Texte (Louis Segond 1910)

« Ne les crai­gnez donc point ; car il n’y a rien de caché qui ne doive être décou­vert, ni de secret qui ne doive être connu.

Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour ; et ce qui vous est dit à l’o­reille, prê­chez-le sur les toits.

Ne crai­gnez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; crai­gnez plu­tôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.

Ne vend-on pas deux pas­se­reaux pour un sou ? Cepen­dant, il n’en tombe pas un à terre sans la volon­té de votre Père.

Et même les che­veux de votre tête sont tous comp­tés.

Ne crai­gnez donc point : vous valez plus que beau­coup de pas­se­reaux.

C’est pour­quoi, qui­conque me confes­se­ra devant les hommes, je le confes­se­rai aus­si devant mon Père qui est dans les cieux ;

mais qui­conque me renie­ra devant les hommes, je le renie­rai aus­si devant mon Père qui est dans les cieux. »

Exé­gèse

Trois fois Jésus répète : « Ne crai­gnez pas ».

La pre­mière rai­son est escha­to­lo­gique : la véri­té sera révé­lée au der­nier jour.

La deuxième rai­son est théo­lo­gique : les hommes peuvent tuer le corps mais ne pos­sèdent aucun pou­voir ultime sur l’âme.

La troi­sième rai­son est pro­vi­den­tielle : même la chute d’un pas­se­reau échappe à aucun regard du Père.

Le verbe grec homo­lo­geō (« confes­ser ») signi­fie recon­naître publi­que­ment son appar­te­nance au Christ.

L’ex­pres­sion « les che­veux de votre tête sont tous comp­tés » sou­ligne l’é­ten­due de la pro­vi­dence divine jusque dans les détails les plus infimes.

Les mots impor­tants

Pho­beisthe – craindre.

Psy­chē – l’âme, la vie véri­table.

Homo­lo­geō – confes­ser publi­que­ment.

Patēr – le Père, terme cen­tral dans ce pas­sage.

Les Pères de l’É­glise

Chry­so­stome sou­ligne que Jésus ne sup­prime pas le dan­ger mais trans­forme la manière de l’af­fron­ter.

Augus­tin voit dans cette exhor­ta­tion un encou­ra­ge­ment aux mar­tyrs de l’É­glise.

Les Réfor­ma­teurs

Cal­vin insiste sur la pro­vi­dence divine. Si Dieu gou­verne jus­qu’à la chute d’un pas­se­reau, aucun évé­ne­ment de la vie du croyant n’é­chappe à sa main.

Archéo­lo­gie et contexte

Les toits plats des mai­sons pales­ti­niennes ser­vaient fré­quem­ment à dif­fu­ser des annonces publiques. L’i­mage évoque donc une pro­cla­ma­tion ouverte et cou­ra­geuse de l’É­van­gile.

Théo­lo­gie de l’al­liance

Le dis­ciple appar­tient à son Père céleste. Son iden­ti­té fon­da­men­tale ne dépend pas du juge­ment des hommes mais de son adop­tion en Christ. La fidé­li­té publique au Christ est la marque visible de l’ap­par­te­nance au peuple de l’al­liance.

Synthèse canonique des trois textes

Ces trois lec­tures racontent une seule his­toire.

Jéré­mie repré­sente le témoin fidèle per­sé­cu­té. Mat­thieu montre le Christ appe­lant ses dis­ciples à suivre ce même che­min. Romains révèle pour­quoi cette fidé­li­té est pos­sible : le nou­vel Adam a inau­gu­ré une huma­ni­té nou­velle sous le règne de la grâce.

Jéré­mie connaît la peur mais découvre que Dieu est avec lui comme un héros puis­sant. Les dis­ciples de Mat­thieu connaissent la menace mais apprennent que leur Père gou­verne même la chute d’un pas­se­reau. Paul explique que cette confiance repose sur l’œuvre objec­tive du Christ, vain­queur du péché et de la mort intro­duits par Adam.

Le fil conduc­teur est donc celui de la fidé­li­té dans un monde hos­tile. L’homme ancien vit sous le règne de la peur, du péché et de la mort. L’homme nou­veau vit sous le règne de la grâce, de la pro­vi­dence et de l’es­pé­rance.

Dans la théo­lo­gie de l’al­liance, Jéré­mie est le ser­vi­teur fidèle de l’an­cienne admi­nis­tra­tion de l’al­liance de grâce. Jésus forme le peuple mes­sia­nique de la nou­velle alliance. Paul dévoile le fon­de­ment ultime de cette alliance : l’œuvre du nou­vel Adam, Jésus-Christ.

Ain­si, du pro­phète per­sé­cu­té à l’a­pôtre mis­sion­naire, en pas­sant par l’en­sei­gne­ment du Sei­gneur, l’É­cri­ture pro­clame une même véri­té : parce que Dieu demeure sou­ve­rain, parce que le Christ a vain­cu le péché et la mort, le peuple de l’al­liance peut vivre et témoi­gner sans crainte au milieu du monde.


Lecture théologique (théologie de l’alliance) et apologétique

Cette sec­tion pro­pose une lec­ture doc­tri­nale des textes du jour, en lien expli­cite avec la théo­lo­gie de l’alliance. Elle ne vise pas à répé­ter l’exégèse ni la pré­di­ca­tion, mais à offrir un éclai­rage oblique, en met­tant en évi­dence les doc­trines bibliques par­ti­cu­liè­re­ment sol­li­ci­tées par les pas­sages étu­diés.

Il s’agit ici de rap­pe­ler l’enseignement constant de l’Église, et plus spé­cia­le­ment de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante, dans le champ de la théo­lo­gie sys­té­ma­tique : doc­trine de Dieu, du salut, de l’Église, de la grâce, de la mis­sion, ou encore de l’histoire du salut.

Cette lec­ture théo­lo­gique per­met de mon­trer que les textes du jour ne sont pas seule­ment por­teurs d’un mes­sage spi­ri­tuel immé­diat, mais qu’ils s’inscrivent dans une cohé­rence doc­tri­nale pro­fonde. Les pro­messes, les appels et les exhor­ta­tions bibliques prennent alors place dans le cadre plus large de l’alliance, com­prise comme l’œuvre sou­ve­raine de Dieu, accom­plie en Christ et déployée par l’Esprit dans l’histoire.

Cette sec­tion est facul­ta­tive. Elle peut être uti­li­sée pour appro­fon­dir la réflexion, nour­rir l’enseignement caté­ché­tique ou théo­lo­gique, ou ser­vir de repère doc­tri­nal pour la pré­di­ca­tion et la for­ma­tion.


Lecture théologique

Les textes de ce dimanche mettent en lumière une doc­trine cen­trale de l’É­cri­ture : la sou­ve­rai­ne­té de Dieu dans l’his­toire du salut et dans la vie de son peuple. Jéré­mie, Paul et Jésus parlent cha­cun depuis un contexte dif­fé­rent, mais tous conduisent vers une même cer­ti­tude : l’al­liance de grâce repose sur l’i­ni­tia­tive et la fidé­li­té de Dieu, non sur la force des hommes.

Romains 5 consti­tue ici la clé doc­tri­nale de l’en­semble. Paul rap­pelle que l’hu­ma­ni­té ne se com­prend pas d’a­bord à par­tir des indi­vi­dus iso­lés mais à par­tir de deux chefs fédé­raux : Adam et Christ. Adam repré­sente l’hu­ma­ni­té déchue ; Christ repré­sente l’hu­ma­ni­té récon­ci­liée. Cette struc­ture fédé­rale est au cœur de la théo­lo­gie réfor­mée de l’al­liance. L’his­toire du salut n’est pas une suc­ces­sion d’ex­pé­riences reli­gieuses indi­vi­duelles ; elle est le déploie­ment du des­sein de Dieu à tra­vers les alliances conclues avec son peuple et accom­plies en Jésus-Christ.

Cette pers­pec­tive éclaire éga­le­ment l’É­van­gile. Si Jésus peut dire : « Ne crai­gnez pas », ce n’est pas parce que les dan­gers seraient illu­soires. C’est parce que les dis­ciples appar­tiennent désor­mais au Royaume du nou­vel Adam. Leur exis­tence est pla­cée sous la pro­vi­dence du Père. La doc­trine de la pro­vi­dence appa­raît ici dans toute son ampleur : aucun pas­se­reau ne tombe à terre sans la volon­té du Père, et même les che­veux de notre tête sont comp­tés. La sou­ve­rai­ne­té divine ne s’exerce pas seule­ment sur les grands évé­ne­ments de l’his­toire ; elle s’é­tend aux détails les plus infimes de la créa­tion.

Le texte sou­ligne éga­le­ment la doc­trine de l’É­glise. L’É­glise n’est pas une com­mu­nau­té pro­té­gée du conflit. Elle est une com­mu­nau­té envoyée dans le monde. Dès l’o­ri­gine, le peuple de l’al­liance est un peuple témoin. Jéré­mie l’é­tait sous l’an­cienne admi­nis­tra­tion de l’al­liance ; les apôtres le seront sous la nou­velle. La mis­sion n’est donc pas un sup­plé­ment facul­ta­tif de la vie chré­tienne ; elle appar­tient à l’i­den­ti­té même du peuple de Dieu.

Ces textes mettent aus­si en évi­dence la doc­trine de la per­sé­vé­rance des saints. Jéré­mie demeure fidèle mal­gré les menaces. Les dis­ciples sont appe­lés à confes­ser le Christ devant les hommes. Cette fidé­li­té n’est pas le pro­duit d’une force morale auto­nome. Elle pro­cède de l’œuvre de la grâce. Celui qui a été uni au Christ par la foi reçoit éga­le­ment la force de per­sé­vé­rer dans le témoi­gnage.

Enfin, ces lec­tures rap­pellent la dimen­sion escha­to­lo­gique de l’al­liance. Jésus affirme que ce qui est caché sera révé­lé. Le juge­ment der­nier demeure l’ho­ri­zon ultime de l’his­toire. La véri­té n’est pas déci­dée par l’o­pi­nion domi­nante d’une époque mais par le ver­dict de Dieu. La fidé­li­té pré­sente du croyant trouve ain­si son sens dans la mani­fes­ta­tion future du Royaume.

Au fond, ces textes enseignent que l’his­toire humaine se déroule entre deux hommes – Adam et Christ –, sous le gou­ver­ne­ment du Père, par l’ac­tion du Saint-Esprit, jus­qu’à la révé­la­tion finale du Royaume. C’est pré­ci­sé­ment cette vision de l’his­toire que la théo­lo­gie de l’al­liance cherche à mettre en lumière.

Lecture apologétique

Mat­thieu 10.26–33

Le texte de Mat­thieu 10 heurte plu­sieurs pré­sup­po­sés domi­nants de la culture contem­po­raine. Il mérite donc d’être exa­mi­né non seule­ment comme parole pas­to­rale mais aus­si comme affir­ma­tion publique de véri­té.

La pre­mière objec­tion pro­vient du maté­ria­lisme contem­po­rain. Jésus dis­tingue le corps et l’âme : « Ne crai­gnez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme. » Le maté­ria­liste répon­dra que l’âme n’existe pas et que l’homme n’est qu’un orga­nisme bio­lo­gique com­plexe. Pour­tant cette réduc­tion ren­contre rapi­de­ment ses limites. Si l’homme n’est qu’un assem­blage de matière, il devient dif­fi­cile de jus­ti­fier objec­ti­ve­ment la digni­té humaine, la liber­té morale, la res­pon­sa­bi­li­té ou même la valeur de la véri­té. La vision biblique affirme au contraire que l’homme pos­sède une dimen­sion spi­ri­tuelle irré­duc­tible. Elle explique pour­quoi les êtres humains conti­nuent spon­ta­né­ment à poser des ques­tions de sens, de jus­tice, de véri­té et d’é­ter­ni­té que la matière seule ne peut pro­duire.

Une seconde objec­tion pro­vient du rela­ti­visme. Jésus parle comme celui qui pos­sède la véri­té et qui exige une confes­sion publique de sa per­sonne. Le rela­ti­viste pré­fé­re­ra dire que toutes les croyances se valent et qu’au­cune ne devrait pré­tendre à une véri­té uni­ver­selle. Pour­tant cette affir­ma­tion est elle-même une pré­ten­tion uni­ver­selle. Dire que per­sonne ne pos­sède la véri­té revient déjà à affir­mer une véri­té sup­po­sée valable pour tous. Le rela­ti­visme ne sup­prime pas les véri­tés abso­lues ; il en rem­place sim­ple­ment le conte­nu. Le Christ, lui, ne pro­pose pas une opi­nion par­mi d’autres. Il reven­dique une auto­ri­té qui repose sur sa per­sonne et sur sa résur­rec­tion.

Une troi­sième objec­tion peut venir de cer­taines formes de pro­tes­tan­tisme libé­ral. Selon cette lec­ture, Jésus ne par­le­rait pas ici d’un juge­ment réel ou d’une véri­té objec­tive mais d’une expé­rience reli­gieuse inté­rieure. Cepen­dant le texte résiste à cette inter­pré­ta­tion. Jésus parle du Père, du juge­ment, de la confes­sion publique et du renie­ment. Nous sommes dans le domaine des réa­li­tés objec­tives et non de simples sym­boles psy­cho­lo­giques. Le chris­tia­nisme biblique repose sur des évé­ne­ments réels et sur des affir­ma­tions his­to­riques concer­nant Dieu et son action dans le monde.

Une qua­trième objec­tion peut pro­ve­nir de l’is­lam. Celui-ci recon­naît Jésus comme pro­phète mais refuse qu’il soit le Fils éter­nel de Dieu. Or, dans ce pas­sage, Jésus déclare que la des­ti­née éter­nelle des hommes dépend de leur rela­tion à sa propre per­sonne : « Qui­conque me confes­se­ra devant les hommes, je le confes­se­rai aus­si devant mon Père. » Aucun simple pro­phète biblique n’a jamais par­lé ain­si. Jésus se place au centre du juge­ment final. Le texte oblige donc à choi­sir : soit Jésus pos­sède réel­le­ment une auto­ri­té divine, soit il for­mule une pré­ten­tion qu’au­cun pro­phète authen­tique n’au­rait pu reven­di­quer.

Une cin­quième objec­tion pour­rait être for­mu­lée dans une pers­pec­tive nietz­schéenne. Nietzsche voyait sou­vent dans le chris­tia­nisme une morale de fai­blesse fon­dée sur la peur. Pour­tant le texte dit exac­te­ment l’in­verse. Jésus ne demande pas à ses dis­ciples de fuir le conflit mais d’af­fron­ter l’op­po­si­tion. Il ne les invite pas à se réfu­gier dans le confort mais à témoi­gner publi­que­ment mal­gré les risques. Le cou­rage chré­tien ne repose pas sur la volon­té de puis­sance mais sur la confiance dans la sou­ve­rai­ne­té de Dieu. Il s’a­git d’une forme de force morale dif­fé­rente de celle exal­tée par Nietzsche, mais cer­tai­ne­ment pas d’une capi­tu­la­tion devant le monde.

Enfin, cer­taines idéo­lo­gies contem­po­raines mar­quées par le wokisme consi­dèrent sou­vent l’i­den­ti­té comme déter­mi­née prin­ci­pa­le­ment par l’ap­par­te­nance à un groupe social, eth­nique ou sexuel. Jésus opère ici un dépla­ce­ment radi­cal. L’i­den­ti­té fon­da­men­tale de l’être humain ne se trouve ni dans sa classe, ni dans son ori­gine, ni dans son genre, mais dans sa rela­tion à Dieu. Le croyant reçoit sa valeur du regard du Père. « Vous valez plus que beau­coup de pas­se­reaux. » La digni­té humaine n’est pas construite socia­le­ment ; elle est reçue du Créa­teur.

Ain­si, der­rière les débats contem­po­rains, la ques­tion demeure celle que pose impli­ci­te­ment le texte : qui pos­sède l’au­to­ri­té ultime pour défi­nir la réa­li­té, l’homme ou Dieu ? Jésus répond sans ambi­guï­té. La peur des hommes n’est vain­cue que lorsque l’on recon­naît que le der­nier mot appar­tient au Père céleste. C’est pré­ci­sé­ment cette convic­tion qui rend pos­sible un témoi­gnage libre au milieu d’une culture sou­vent hos­tile ou indif­fé­rente à l’É­van­gile.


Outils pédagogiques

12e dimanche du Temps Ordi­naire – Année A
Jéré­mie 20.10–13 – Romains 5.12–15 – Mat­thieu 10.26–33
Psaume 69

Contexte du texte de l’Évangile

Mat­thieu 10 se situe dans le dis­cours mis­sion­naire de Jésus. Après avoir appe­lé les Douze et leur avoir confié une mis­sion, Jésus les pré­pare aux dif­fi­cul­tés qu’ils ren­con­tre­ront. Le pas­sage étu­dié vient après l’an­nonce des per­sé­cu­tions et avant l’af­fir­ma­tion que le Christ apporte une divi­sion entre ceux qui le suivent et ceux qui le rejettent. Les dis­ciples sont envoyés dans un monde qui ne les accueille­ra pas tou­jours favo­ra­ble­ment. L’en­jeu prin­ci­pal du texte est donc la fidé­li­té au Christ mal­gré la peur.

Ques­tions :

– Pour­quoi Jésus parle-t-il de la peur à ses dis­ciples ?
– Quels dan­gers ou oppo­si­tions annonce-t-il ?
– Que signi­fie « confes­ser le Christ devant les hommes » ?
– Pour­quoi Jésus parle-t-il des pas­se­reaux et des che­veux de notre tête ?
– Quelle image de Dieu ce pas­sage révèle-t-il ?

Lien avec les autres lectures bibliques du jour

Jéré­mie vit per­son­nel­le­ment ce que Jésus annonce aux dis­ciples. Il est reje­té, sur­veillé et mena­cé, mais il demeure fidèle parce qu’il sait que l’É­ter­nel est avec lui.

Romains 5 montre le fon­de­ment pro­fond de cette fidé­li­té. Les croyants appar­tiennent désor­mais à une huma­ni­té nou­velle en Jésus-Christ. Leur espé­rance ne repose plus sur Adam, mais sur le Christ.

Le psaume 69 exprime le cri du juste per­sé­cu­té qui remet sa cause à Dieu. Il anti­cipe à la fois l’ex­pé­rience de Jéré­mie et celle du Christ.

Ques­tions :

– Quelles res­sem­blances voyez-vous entre Jéré­mie et les dis­ciples de Jésus ?
– Com­ment Romains 5 explique-t-il la confiance du chré­tien face à la peur ?
– Pour­quoi le psaume 69 convient-il par­ti­cu­liè­re­ment à ces lec­tures ?
– Quel fil conduc­teur relie les quatre textes ?

Place des textes dans l’année liturgique

Nous sommes dans le Temps Ordi­naire. Après les grandes célé­bra­tions de Pâques, de l’As­cen­sion et de la Pen­te­côte, l’É­glise apprend à vivre concrè­te­ment comme peuple du Christ dans le monde.

Les textes de ce dimanche rap­pellent que la vie chré­tienne n’est pas une fuite hors du monde mais une fidé­li­té au sein du monde. Le dis­ciple doit apprendre à témoi­gner, à per­sé­vé­rer et à faire confiance à la pro­vi­dence de Dieu.

Ques­tions :

– Pour­quoi ces textes sont-ils par­ti­cu­liè­re­ment adap­tés au Temps Ordi­naire ?
– En quoi la vie chré­tienne quo­ti­dienne exige-t-elle du cou­rage ?
– Com­ment la pro­vi­dence de Dieu sou­tient-elle la per­sé­vé­rance des croyants ?

Éclairage du psaume 69

Le psaume 69 est le cri d’un juste acca­blé par l’op­po­si­tion et l’in­jus­tice. Il exprime à la fois la souf­france, la sup­pli­ca­tion et la confiance.

Son lien avec les autres lec­tures est évident : Jéré­mie est per­sé­cu­té, Jésus pré­pare ses dis­ciples à l’op­po­si­tion et Paul rap­pelle que le salut vient de la grâce du Christ.

Dans le culte, ce psaume peut ser­vir de confes­sion, de prière d’in­ter­ces­sion ou de réponse à la pré­di­ca­tion.

Ques­tions :

– Quels sen­ti­ments dominent dans le psaume ?
– Com­ment ce psaume pré­pare-t-il à entendre l’É­van­gile ?
– Pour­quoi l’É­glise a‑t-elle sou­vent lu ce psaume comme annon­çant le Christ ?

Questions d’exégèse

Le verbe grec tra­duit par « craindre » (pho­beō) revient plu­sieurs fois dans le pas­sage. Jésus oppose deux craintes : la peur des hommes et la crainte de Dieu.

Le verbe « confes­ser » (homo­lo­geō) signi­fie recon­naître publi­que­ment son appar­te­nance au Christ.

Le mot « Père » appa­raît comme le fon­de­ment de la confiance du dis­ciple.

Ques­tions :

– Com­bien de fois Jésus dit-il : « Ne crai­gnez pas » ?
– Quels contrastes voyez-vous dans le texte ?
– Pour­quoi Jésus parle-t-il du corps et de l’âme ?
– Quelle est la fonc­tion de l’i­mage des pas­se­reaux ?
– Quel lien existe entre la pro­vi­dence de Dieu et la fidé­li­té du dis­ciple ?

Structure du texte

Le pas­sage pro­gresse en trois mou­ve­ments.

Pre­miè­re­ment, Jésus affirme que la véri­té de Dieu sera révé­lée (v. 26–27).

Deuxiè­me­ment, il redé­fi­nit ce qu’il faut craindre réel­le­ment (v. 28).

Troi­siè­me­ment, il fonde la confiance du croyant dans la pro­vi­dence du Père et appelle à la confes­sion publique de la foi (v. 29–33).

Ques­tions :

– Quel est le point culmi­nant du pas­sage ?
– Com­ment chaque sec­tion pré­pare-t-elle la sui­vante ?
– Pour­quoi le texte se ter­mine-t-il par la confes­sion du Christ devant les hommes ?

Lecture théologique

Ce pas­sage met en lumière plu­sieurs doc­trines impor­tantes.

La doc­trine de Dieu : le Père gou­verne sou­ve­rai­ne­ment toute chose.

La chris­to­lo­gie : Jésus se pré­sente comme celui dont dépend la des­ti­née éter­nelle des hommes.

Le salut : les croyants vivent sous la grâce du Christ et non sous la condam­na­tion d’A­dam.

L’É­glise : elle est un peuple témoin envoyé dans le monde.

La mis­sion : le témoi­gnage public fait par­tie de la voca­tion chré­tienne.

L’es­pé­rance : le juge­ment final révé­le­ra la véri­té.

Dans l’his­toire de l’al­liance, ces textes montrent la conti­nui­té entre les pro­phètes per­sé­cu­tés, le Christ fidèle et l’É­glise appe­lée à pour­suivre ce témoi­gnage.

Ques­tions :

– Que révèle ce texte de la sou­ve­rai­ne­té de Dieu ?
– Com­ment le Christ se situe-t-il au centre du pas­sage ?
– Quelle mis­sion est confiée aux dis­ciples ?
– Com­ment ce texte s’ins­crit-il dans l’his­toire de l’al­liance ?

Approche apologétique (questions de discussion)

Notre époque affirme sou­vent que toute véri­té est rela­tive.

Le texte affirme au contraire qu’une véri­té ultime sera révé­lée.

Le maté­ria­lisme réduit sou­vent l’homme à son corps.

Jésus dis­tingue le corps et l’âme.

Le plu­ra­lisme reli­gieux consi­dère géné­ra­le­ment toutes les croyances comme équi­va­lentes.

Jésus affirme que la rela­tion à sa propre per­sonne est déci­sive.

Ques­tions :

– Pour­quoi la notion de véri­té dérange-t-elle sou­vent aujourd’­hui ?
– L’homme est-il seule­ment un être bio­lo­gique ?
– Pour­quoi Jésus demande-t-il une confes­sion publique de sa per­sonne ?
– Que répond ce texte à l’i­dée selon laquelle toutes les croyances se valent ?

Appropriation spirituelle

– Que ce texte révèle-t-il du carac­tère de Dieu ?
– Quelle peur devrais-je remettre aujourd’­hui entre les mains du Père ?
– Com­ment puis-je confes­ser plus fidè­le­ment le Christ dans ma vie quo­ti­dienne ?


Textes liturgiques

Les textes litur­giques pro­po­sés ici sont direc­te­ment ins­pi­rés des lec­tures bibliques du jour. Ils sont conçus pour un culte réfor­mé, dans le res­pect de sa struc­ture, de sa sobrié­té et de sa théo­lo­gie.
Ils peuvent être uti­li­sés tels quels ou adap­tés selon le contexte local (voir le menu « Culte » du site).

Les psaumes et can­tiques sont choi­sis dans le recueil Arc-en-Ciel, lar­ge­ment uti­li­sé dans les Églises réfor­mées fran­co­phones.
Le recueil est dis­po­nible en ligne ici :
https ://www.arc-en-ciel.ch

Les paroles et les musiques des psaumes et can­tiques pro­po­sés sont éga­le­ment acces­sibles sur le blog, dans la sec­tion « Psaumes et can­tiques ».

LITURGIE DU 12e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE A
Jéré­mie 20.10–13 – Romains 5.12–15 – Mat­thieu 10.26–33

Salu­ta­tion et invo­ca­tion

Notre secours est dans le nom de l’É­ter­nel,
qui a fait les cieux et la terre.

Grâce, misé­ri­corde et paix vous soient don­nées de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sei­gneur.

Prions :

Dieu tout-puis­sant, Père de notre Sei­gneur Jésus-Christ, tu connais nos peurs, nos com­bats et nos fra­gi­li­tés. Par ton Saint-Esprit, ras­semble ton peuple, ouvre nos cœurs à ta Parole et conduis-nous dans la confiance. Que tout ce qui sera dit, chan­té et enten­du aujourd’­hui serve à ta gloire et à l’é­di­fi­ca­tion de ton Église. Par Jésus-Christ notre Sei­gneur. Amen.

Ado­ra­tion

Éter­nel notre Dieu, nous t’a­do­rons car tu règnes sur toutes choses. Aucun évé­ne­ment n’é­chappe à ta pro­vi­dence. Tu gou­vernes les nations, tu sou­tiens ton Église et tu veilles sur cha­cun de tes enfants.

Tu es le Dieu de l’al­liance, fidèle de géné­ra­tion en géné­ra­tion. Lorsque les hommes chan­cellent, tu demeures. Lorsque nos cœurs s’in­quiètent, tu restes le même.

Nous te bénis­sons pour Jésus-Christ, le nou­vel Adam, par qui la grâce a sur­abon­dé là où le péché abon­dait. À toi soient l’hon­neur, la gloire et l’a­do­ra­tion aux siècles des siècles. Amen.

Loi de Dieu

Écou­tons la volon­té de Dieu :

Tu aime­ras le Sei­gneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pen­sée et de toute ta force.

Tu aime­ras ton pro­chain comme toi-même.

Il n’y a pas d’autre com­man­de­ment plus grand que ceux-là.

Confes­sion du péché

Sei­gneur notre Dieu,

nous confes­sons que nous avons sou­vent davan­tage craint les hommes que toi.

Nous avons gar­dé le silence lorsque nous aurions dû témoi­gner.

Nous avons cher­ché l’ap­pro­ba­tion du monde plus que ta volon­té.

Nous avons dou­té de ta pro­vi­dence lorsque les épreuves sont venues.

Par­donne nos infi­dé­li­tés, nos peurs et notre manque de confiance.

Renou­velle-nous par ton Esprit afin que nous vivions dans la liber­té des enfants de Dieu.

Par Jésus-Christ notre Sei­gneur. Amen.

Décla­ra­tion du par­don

Écou­tons la pro­messe de Dieu :

« Mais il n’en est pas du don gra­tuit comme de l’of­fense ; car, si par l’of­fense d’un seul il en est beau­coup qui sont morts, à plus forte rai­son la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abon­dam­ment répan­dus sur beau­coup. » (Romains 5.15)

À tous ceux qui se repentent et mettent leur confiance en Jésus-Christ, j’an­nonce le par­don des péchés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Confes­sion de foi

Je crois en Dieu le Père tout-puis­sant,
créa­teur du ciel et de la terre.

Je crois en Jésus-Christ,
son Fils unique, notre Sei­gneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la vierge Marie,
a souf­fert sous Ponce Pilate,
a été cru­ci­fié, est mort et a été ense­ve­li,
est des­cen­du aux enfers,
le troi­sième jour est res­sus­ci­té des morts,
est mon­té au ciel,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puis­sant,
d’où il vien­dra juger les vivants et les morts.

Je crois au Saint-Esprit,
la sainte Église uni­ver­selle,
la com­mu­nion des saints,
la rémis­sion des péchés,
la résur­rec­tion de la chair
et la vie éter­nelle.
Amen.

Prière d’illu­mi­na­tion

Sei­gneur, ouvre main­te­nant nos oreilles afin que nous enten­dions ta voix. Ouvre notre intel­li­gence afin que nous com­pre­nions les Écri­tures. Ouvre notre cœur afin que nous rece­vions avec foi la Parole de vie. Par ton Esprit, fais-nous connaître davan­tage le Christ et for­ti­fie notre confiance en toi. Amen.

Lec­tures bibliques

Jéré­mie 20.10–13

Romains 5.12–15

Mat­thieu 10.26–33

Prière après les lec­tures

Béni sois-tu, Sei­gneur, pour ta Parole vivante. Grave-la dans nos cœurs. Que nous ne soyons pas seule­ment des audi­teurs, mais des dis­ciples fidèles de Jésus-Christ. Amen.

Thème de la pré­di­ca­tion

« Ne crai­gnez pas : votre vie est entre les mains du Père »
(Mat­thieu 10.26–33)

Texte pour l’of­frande

Tout ce que nous pos­sé­dons vient de Dieu. Nous appor­tons nos offrandes avec recon­nais­sance, en réponse à sa grâce abon­dante mani­fes­tée en Jésus-Christ.

Prière après l’of­frande

Sei­gneur, reçois ces dons et nos vies avec eux. Uti­lise-les pour l’an­nonce de l’É­van­gile, le secours des per­sonnes dans le besoin et l’é­di­fi­ca­tion de ton Église. Par Jésus-Christ notre Sei­gneur. Amen.

Prière d’in­ter­ces­sion

Père céleste,

nous te prions pour ton Église dis­per­sée dans le monde. Donne-lui le cou­rage de témoi­gner fidè­le­ment au Christ.

Nous te prions pour ceux qui souffrent de la per­sé­cu­tion à cause de leur foi. Sou­tiens-les par ton Esprit.

Nous te prions pour les auto­ri­tés civiles et mili­taires, afin qu’elles exercent leurs res­pon­sa­bi­li­tés avec jus­tice et sagesse.

Nous te prions pour les malades, les per­sonnes seules, les familles éprou­vées et tous ceux qui tra­versent l’an­goisse ou la peur.

Nous te prions pour notre com­mu­nau­té. Fais de nous un peuple fidèle, humble et confiant.

Nous te remet­tons ces prières au nom de Jésus-Christ. Amen.

Sainte Cène

Intro­duc­tion

Que la paix du Sei­gneur soit avec vous.

Le Christ nous appelle aujourd’­hui à ne pas craindre, car nous sommes récon­ci­liés avec Dieu par son sacri­fice. Appro­chons-nous donc avec confiance de sa table, non à cause de nos mérites, mais à cause de sa grâce.

Mémen­to

Nous nous sou­ve­nons aujourd’­hui de tous ceux qui nous ont pré­cé­dés dans la foi. Avec l’É­glise de tous les temps et de tous les lieux, nous atten­dons le jour où le Sei­gneur ras­sem­ble­ra défi­ni­ti­ve­ment son peuple dans son Royaume.

Ver­set pré­pa­ra­toire

« Ne crai­gnez donc point : vous valez plus que beau­coup de pas­se­reaux. » (Mat­thieu 10.31)

Prière eucha­ris­tique

Le Sei­gneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Éle­vons nos cœurs.
Nous les éle­vons vers le Sei­gneur.

Ren­dons grâce au Sei­gneur notre Dieu.
Cela est juste et bon.

Oui, il est juste de te rendre grâce, Dieu notre Père.

Tu as créé toutes choses par ta sagesse et ta puis­sance. Mal­gré la chute d’A­dam et notre déso­béis­sance, tu n’as pas aban­don­né ton peuple. Dans ton amour, tu as envoyé ton Fils unique, Jésus-Christ, le nou­vel Adam, afin qu’il porte notre condam­na­tion et nous accorde la vie éter­nelle.

Avec les anges et toute l’É­glise céleste, nous pro­cla­mons :

Saint, Saint, Saint est le Sei­gneur,
Dieu des armées.
Toute la terre est rem­plie de sa gloire.
Hosan­na au plus haut des cieux.

Nous te ren­dons grâce pour Jésus-Christ notre Sei­gneur.

La nuit où il fut livré, il prit du pain ; après avoir ren­du grâce, il le rom­pit et dit : « Pre­nez, man­gez, ceci est mon corps don­né pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. »

De même, après le repas, il prit la coupe et dit : « Cette coupe est la nou­velle alliance en mon sang ; faites ceci toutes les fois que vous en boi­rez, en mémoire de moi. »

Nous fai­sons mémoire de sa mort, nous pro­cla­mons sa résur­rec­tion et nous atten­dons son retour dans la gloire.

Envoie main­te­nant ton Saint-Esprit sur nous. Fais que ce pain et cette coupe soient pour nous com­mu­nion véri­table au corps et au sang du Christ, afin que nour­ris par lui nous vivions dans la foi, l’es­pé­rance et l’a­mour.

À toi, Père, avec le Fils et le Saint-Esprit, soient toute gloire, tout hon­neur et toute louange, main­te­nant et pour les siècles des siècles.

Amen.

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux…

Frac­tion du pain

Le pain que nous rom­pons est la com­mu­nion au corps du Christ.

Parce qu’il y a un seul pain, nous qui sommes plu­sieurs for­mons un seul corps.

Coupe de béné­dic­tion

La coupe de béné­dic­tion que nous bénis­sons est la com­mu­nion au sang du Christ.

Prière de com­mu­nion

Sei­gneur, nous ne sommes pas dignes de venir à ta table par nos propres mérites. Mais nous nous confions dans ta misé­ri­corde seule. Nour­ris-nous de ton Fils par la foi et for­ti­fie-nous pour ton ser­vice. Amen.

Paroles de dis­tri­bu­tion

Le corps du Christ don­né pour vous.

Le sang du Christ ver­sé pour vous.

Prière finale

Nous te ren­dons grâce, Sei­gneur, pour cette com­mu­nion au Christ. For­ti­fie-nous main­te­nant pour vivre dans le monde comme tes témoins. Lorsque la peur nous assaille, rap­pelle-nous que notre vie est entre tes mains. Fais-nous mar­cher dans l’es­pé­rance jus­qu’au jour où nous ver­rons ton Royaume plei­ne­ment mani­fes­té. Amen.

Exhor­ta­tion

Frères et sœurs, allez dans la paix du Christ. Ne crai­gnez pas les hommes. Confes­sez votre Sei­gneur avec humi­li­té et cou­rage. Sou­ve­nez-vous que votre Père veille sur vous et que rien ne peut vous sépa­rer de son amour mani­fes­té en Jésus-Christ.

Béné­dic­tion

Que la grâce du Sei­gneur Jésus-Christ,
l’a­mour de Dieu le Père
et la com­mu­nion du Saint-Esprit
soient avec vous tous,
main­te­nant et pour tou­jours.

Amen.


Psaumes et cantiques

Pour ce 12e dimanche du Temps Ordi­naire, mar­qué par Jéré­mie 20.10–13, Romains 5.12–15 et Mat­thieu 10.26–33, il me semble judi­cieux de pri­vi­lé­gier des chants qui mettent en valeur la sou­ve­rai­ne­té de Dieu, la confiance dans sa pro­vi­dence, la fidé­li­té au témoi­gnage chré­tien et la vic­toire de la grâce sur le péché.

Comme psaume d’en­trée ou d’a­do­ra­tion, le Psaume 69 s’im­pose natu­rel­le­ment. Il est le psaume du jour et exprime la prière du juste per­sé­cu­té qui remet sa cause entre les mains de Dieu. Son lien avec Jéré­mie est évident, mais aus­si avec le Christ souf­frant auquel plu­sieurs ver­sets sont appli­qués dans le Nou­veau Tes­ta­ment.

Le Psaume 27 – L’É­ter­nel est ma lumière et mon salut consti­tue éga­le­ment un excellent choix. Son thème cen­tral est pré­ci­sé­ment la confiance en Dieu face à l’ad­ver­si­té : « De qui aurais-je peur ? » Il fait direc­te­ment écho au triple « Ne crai­gnez pas » de l’É­van­gile.

Pour la confes­sion de foi ou après la pré­di­ca­tion, le can­tique Arc-en-Ciel 277 – À Dieu soit la gloire (Fan­ny Cros­by, 1875) peut être rete­nu. Mal­gré son ori­gine évan­gé­lique, il demeure cen­tré sur l’œuvre objec­tive du Christ et sur la rédemp­tion accom­plie. Il s’ac­corde bien avec Romains 5 et l’op­po­si­tion entre Adam et le Christ.

Le can­tique Arc-en-Ciel 271 – Louange et gloire à ton nom offre une forte tona­li­té tri­ni­taire et doxo­lo­gique. Il convient par­ti­cu­liè­re­ment à une litur­gie cen­trée sur la sou­ve­rai­ne­té du Père et l’œuvre du Christ.

Pour répondre à la pré­di­ca­tion, le très clas­sique Arc-en-Ciel 602 – Peuple de Dieu, marche joyeux (Edmond Budry, XIXe siècle) est par­ti­cu­liè­re­ment per­ti­nent. Son thème est celui du témoi­gnage chré­tien et de la marche fidèle dans le monde. Il pro­longe natu­rel­le­ment l’ap­pel de Jésus à confes­ser son nom devant les hommes.

Pour la Sainte Cène, le can­tique Arc-en-Ciel 589 – Nous qui man­geons le pain mérite d’être pri­vi­lé­gié. Il déve­loppe la com­mu­nion au Christ et l’u­ni­té de l’É­glise dans une pers­pec­tive sobre et biblique, très com­pa­tible avec la tra­di­tion réfor­mée.

Comme chant d’en­voi, Arc-en-Ciel 882 – Que la grâce de Dieu soit sur toi peut être uti­li­sé, mais si l’on sou­haite res­ter dans un registre plus clas­sique et plus for­te­ment enra­ci­né dans la tra­di­tion réfor­mée, je pri­vi­lé­gie­rais un retour à un psaume du Psau­tier de Genève, notam­ment le Psaume 27, dont les der­niers ver­sets consti­tuent une véri­table exhor­ta­tion à la confiance et à la per­sé­vé­rance.

Si je devais construire l’en­semble du culte, je choi­si­rais :

Psaume d’en­trée : Psaume 27 – L’É­ter­nel est ma lumière et mon salut

Après la confes­sion du par­don : Psaume 69 – Sauve-moi, ô Dieu

Après la pré­di­ca­tion : Arc-en-Ciel 602 – Peuple de Dieu, marche joyeux

Sainte Cène : Arc-en-Ciel 589 – Nous qui man­geons le pain

Envoi : Psaume 27 (der­nières strophes)

Cet ensemble pré­sente une forte cohé­rence théo­lo­gique : la peur des hommes, la fidé­li­té du témoin, la pro­vi­dence du Père, la grâce du nou­vel Adam et l’es­pé­rance du peuple de l’al­liance. Il demeure éga­le­ment très proche de la sen­si­bi­li­té réfor­mée clas­sique, cen­trée sur la Parole, la grâce sou­ve­raine et la fidé­li­té de Dieu.

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