Pour lire l’image
Cette illustration met en scène Jésus au cœur de ses disciples, baigné d’une lumière qui tranche avec l’obscurité environnante. Le clair-obscur, inspiré de Rembrandt, symbolise la victoire de la révélation divine sur les ténèbres de la peur et de l’incertitude. Les regards convergent vers le Christ, rappelant que la confiance du croyant ne repose pas sur les circonstances mais sur la parole de celui qui révèle le Père. La lumière qui éclaire son visage invite le lecteur à entendre, aujourd’hui encore, cette exhortation : « Ne craignez pas », car la providence de Dieu veille sur ceux qui lui appartiennent.
Introduction générale
Les textes de ce 12e dimanche du Temps Ordinaire – Année A placent l’assemblée devant une question simple et redoutable : que devient la foi lorsque le témoignage expose au rejet, à l’incompréhension ou à la peur ?
La première lecture, Jérémie 20.10–13, donne la parole au prophète persécuté. Jérémie entend les accusations, connaît la pression de ses adversaires, mais il confesse que le Seigneur demeure avec lui « comme un héros puissant ». L’apôtre Paul, en Romains 5.12–15, élargit encore la perspective : l’histoire humaine est marquée par l’entrée du péché et de la mort en Adam, mais la grâce de Dieu surabonde en Jésus-Christ. L’Évangile, Matthieu 10.26–33, reprend ce combat sous la forme d’un appel direct du Christ : « Ne les craignez donc point. » Le disciple n’est pas appelé à sauver sa réputation, mais à confesser son Seigneur.
Dans le déroulement de l’année liturgique, le Temps Ordinaire n’est pas un temps secondaire. Il manifeste la croissance patiente de l’Église dans la fidélité quotidienne. Après les grandes fêtes du salut, l’assemblée apprend à vivre concrètement de la grâce reçue : croire, obéir, témoigner, persévérer. La couleur liturgique est le vert, signe de croissance, de maturation et d’espérance.
Dans une perspective réformée et alliancielle, ces textes rappellent que Dieu garde son peuple au cœur même de l’opposition. Jérémie annonce déjà la condition du témoin fidèle. Paul montre que le Christ est le nouvel Adam, chef d’une humanité renouvelée par la grâce. Jésus, enfin, appelle ses disciples à vivre publiquement leur appartenance au Royaume. L’alliance de grâce ne retire pas l’Église du combat ; elle lui donne la certitude que sa vie est cachée en Dieu, que sa confession est entendue au ciel, et que la fidélité du Père demeure plus forte que la peur des hommes.
Psaume du jour
Psaume 69 (68) – « Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi »
Le psaume 69 est particulièrement approprié pour accompagner les lectures de ce dimanche. Comme Jérémie, le psalmiste est confronté à l’opposition, au rejet et à la persécution à cause de sa fidélité à Dieu. Plusieurs versets sont appliqués au Christ dans le Nouveau Testament, notamment le zèle pour la maison de Dieu (Jean 2.17), ce qui crée un lien naturel avec l’appel de Jésus à témoigner sans crainte dans Matthieu 10. Il fait également écho à Romains 5 en rappelant que le salut vient de la grâce de Dieu et non de la force humaine.
Dans le Psautier de Genève, le psaume 69 appartient aux grands psaumes de lamentation individuelle. Il exprime la souffrance du juste persécuté tout en affirmant sa confiance dans la délivrance divine. Il occupe une place importante dans la lecture christologique des psaumes, la tradition réformée y voyant souvent une préfiguration des souffrances du Messie.
Dans le culte, ce psaume peut être utilisé après la confession des péchés, car il fait entendre le cri de celui qui cherche la miséricorde de Dieu. Il convient également avant la prédication pour préparer l’assemblée à recevoir une parole exigeante sur le témoignage chrétien. Enfin, chanté après la prédication, il devient une réponse de foi : malgré l’opposition et les épreuves, le peuple de Dieu continue à espérer dans son Seigneur et à proclamer son salut.
Cette page rassemble les textes bibliques du jour, une méditation, une prédication et des éléments liturgiques pour le culte. Elle a pour objectif d’aider à la préparation et à la célébration du culte, mais aussi à la lecture personnelle et communautaire de l’Écriture. L’ensemble du contenu est libre de droit et peut être utilisé, adapté et diffusé dans un cadre ecclésial, pastoral ou pédagogique. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
L’architecture de cette page permet trois niveaux de lecture :
- Lecteur pressé → méditation + prédication → nourri
- Lecteur engagé → ajoute l’exégèse → enraciné
- Lecteur formé / responsable → va jusqu’à l’apologétique → équipé
Courte méditation
La méditation proposée sur le blog foedus.fr est volontairement courte. Elle s’appuie sur le texte de l’Évangile du jour (sauf indication contraire) et cherche à en faire ressortir une parole centrale, accessible et directement applicable à la vie quotidienne. Elle est accompagnée d’une prière simple, en écho au message biblique.
Cette méditation peut être reprise telle quelle ou adaptée librement. Elle se prête particulièrement bien à un usage personnel, pastoral ou à un partage sur les réseaux sociaux (Facebook, X, etc.), sous forme de copier-coller.
Ce texte est libre de droit. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
Jésus ne cherche pas à rassurer ses disciples en leur promettant une vie facile. Au contraire, il leur parle de l’opposition, du rejet et même de la persécution. Pourtant, au cœur de ce discours exigeant revient trois fois la même parole : « Ne craignez pas » (Matthieu 10.26, 28, 31).
Cette exhortation pourrait sembler irréaliste. Comment ne pas avoir peur lorsque l’on se sent seul, incompris ou menacé ? Jérémie lui-même connaissait cette angoisse. Il entendait les murmures de ses ennemis et voyait les pièges qui lui étaient tendus. Pourtant il pouvait affirmer : « L’Éternel est avec moi comme un héros puissant » (Jérémie 20.11).
La réponse de Jésus ne consiste pas à nier les difficultés. Il nous invite plutôt à regarder plus haut. Les hommes peuvent blesser le corps, mais ils ne possèdent pas notre destinée éternelle. Les événements peuvent nous surprendre, mais ils ne surprennent jamais notre Père céleste. Pas même la chute d’un passereau n’échappe à son regard. Combien plus veille-t-il sur ceux qu’il a rachetés en Jésus-Christ.
Cette confiance trouve son fondement dans l’œuvre du Christ. Romains 5 nous rappelle que le péché et la mort sont entrés dans le monde par Adam, mais que la grâce est venue en abondance par Jésus-Christ. Le croyant n’avance donc pas seul dans un monde hostile. Il appartient au nouvel Adam, au Seigneur ressuscité qui a déjà vaincu le péché, la mort et l’enfer.
La peur regarde les circonstances. La foi regarde le Père. La peur contemple les obstacles. La foi contemple les promesses. Et lorsque les deux se rencontrent dans notre cœur, la parole du Christ demeure : « Ne craignez pas. »
Prière
Seigneur notre Dieu, nous confessons que la peur habite souvent nos cœurs. Nous regardons les difficultés, les incertitudes et les menaces plus que nous ne regardons tes promesses. Apprends-nous à nous souvenir que tu es notre Père et que rien n’échappe à ta providence. Fortifie notre foi lorsque nous sommes découragés, relève-nous lorsque nous sommes abattus, et donne-nous la grâce de confesser fidèlement le nom de Jésus-Christ. Que ton Esprit nous conduise dans la confiance et dans la paix. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
© Vincent Bru, 17/06/2026
Méditation pour les militaires
Le métier militaire apprend très tôt que le courage n’est pas l’absence de peur. Celui qui affirme n’avoir jamais peur n’est généralement ni le plus lucide ni le plus expérimenté. Le courage consiste plutôt à accomplir sa mission malgré la peur.
Les paroles de Jésus dans l’Évangile rejoignent cette réalité. Il ne demande pas à ses disciples d’ignorer les dangers. Il leur demande de regarder au-delà des dangers. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps », dit-il. Il rappelle ainsi qu’il existe des réalités plus grandes que notre sécurité immédiate : la vérité, la fidélité, la vocation reçue de Dieu.
Jérémie connaissait lui aussi cette tension. Il était entouré d’adversaires et savait ce que pouvait coûter la fidélité. Pourtant il pouvait déclarer : « L’Éternel est avec moi comme un héros puissant. » Sa confiance ne reposait pas sur ses capacités personnelles mais sur la présence de Dieu.
Dans les armées, beaucoup découvrent que les situations difficiles révèlent ce qui était déjà présent au fond du cœur. Les épreuves ne fabriquent pas toujours le caractère ; elles le dévoilent souvent. L’Évangile nous rappelle alors une vérité essentielle : notre espérance ne repose pas sur notre force mais sur celle du Christ. Le nouvel Adam a déjà remporté la victoire décisive. La grâce est plus forte que le péché, et la vie est plus forte que la mort.
Cette certitude n’enlève pas les responsabilités du service. Elle permet simplement de les porter autrement. Le militaire chrétien sait que son devoir est important, mais il sait aussi que sa vie demeure entre les mains du Père. Aucun ordre, aucun événement, aucune circonstance ne peut le soustraire à cette providence.
Prière
Seigneur des armées, nous te confions tous ceux qui servent aujourd’hui sous les armes. Garde-les dans les responsabilités qui leur sont confiées. Donne-leur le courage lorsque la peur se présente, la sagesse lorsqu’ils doivent décider, la maîtrise d’eux-mêmes dans l’épreuve et la fidélité dans leur mission. Protège leurs familles durant les absences et les séparations. Rappelle-leur que leur vie est entre tes mains et que rien ne peut les arracher à ton regard. Fais d’eux des serviteurs du bien, de la justice et de la paix. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
© Vincent Bru, 17/06/2026
Prédication
Les prédications proposées sur le blog suivent en principe une structure simple et éprouvée : une introduction, trois points développés, puis une conclusion. Cette progression vise à aider l’écoute, la compréhension et l’appropriation du message biblique, sans alourdir le propos ni perdre de vue l’essentiel.
Cette structure n’est ni obligatoire ni rigide. Elle constitue un cadre au service de la Parole, non une contrainte formelle. Vous pouvez reprendre cette prédication telle quelle, l’adapter à votre contexte, ou simplement vous en inspirer pour élaborer votre propre proclamation.
La prédication est proposée selon deux modèles complémentaires :
Un canevas de prédication, destiné à ceux qui souhaitent s’inspirer de la structure en la personnalisant largement ;
Une prédication orale exégétique, d’environ vingt minutes, directement proclamable, pour ceux qui souhaitent la lire ou l’adapter légèrement.
Ce texte est libre de droit et peut être utilisé, reproduit ou adapté pour un usage pastoral, liturgique ou pédagogique. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
A lire avant tout : Méthode homilétique et prédication réformée – Fiches pour pasteurs et prédicateurs laïques
Prédication – canevas
12e dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Matthieu 10.26–33
« Ne les craignez donc point »
Idée centrale
Parce que notre vie est entre les mains du Père, le disciple du Christ peut témoigner sans crainte dans un monde qui lui est parfois hostile.
Question d’ouverture
Qu’est-ce qui gouverne réellement nos vies : la crainte de Dieu ou la crainte des hommes ?
Jésus adresse ces paroles à ses disciples au moment même où il les envoie dans le monde. Il ne leur promet pas le succès, l’approbation ou la tranquillité. Il leur annonce des oppositions. Pourtant, à trois reprises, il leur dit : « Ne craignez pas. »
Pourquoi ?
I. Ne craignez pas, car la vérité de Dieu finira par être manifestée (v. 26–27)
« Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert. »
Les disciples sont appelés à annoncer publiquement ce qu’ils ont reçu du Christ.
Le monde peut ridiculiser l’Évangile.
Les puissants peuvent tenter de le faire taire.
Les modes intellectuelles peuvent le déclarer dépassé.
Mais la vérité de Dieu n’est jamais définitivement enterrée.
Illustration possible : les grands régimes idéologiques du XXe siècle qui prétendaient construire un monde sans Dieu ont largement disparu tandis que l’Évangile continue d’être annoncé sur tous les continents.
Application :
Sommes-nous tentés de cacher notre foi pour éviter les critiques ?
Quelles vérités bibliques avons-nous du mal à assumer publiquement ?
II. Ne craignez pas, car les hommes ne possèdent pas le dernier mot sur notre destinée (v. 28)
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme. »
Jésus remet les choses à leur juste place.
Les hommes disposent d’un pouvoir réel.
Mais ce pouvoir demeure limité.
Ils peuvent blesser.
Ils peuvent exclure.
Ils peuvent persécuter.
Ils ne peuvent pas arracher le croyant à son Seigneur.
Derrière cette parole apparaît toute la doctrine de la souveraineté de Dieu.
Le chrétien n’est pas immortel.
Mais sa vie n’est jamais abandonnée au hasard.
Illustration possible : Jérémie 20.10–13. Le prophète est entouré d’ennemis mais découvre que l’Éternel demeure avec lui comme un héros puissant.
Application :
Quelles peurs exercent aujourd’hui une autorité excessive sur notre cœur ?
Le regard des autres ?
Le rejet ?
L’échec ?
La solitude ?
III. Ne craignez pas, car votre Père vous connaît parfaitement (v. 29–31)
Les passereaux étaient parmi les oiseaux les moins chers du marché.
Pourtant aucun ne tombe à terre sans le Père.
Puis Jésus ajoute :
« Les cheveux de votre tête sont tous comptés. »
Nous touchons ici à la providence.
Dieu ne gouverne pas seulement les grands événements de l’histoire.
Il gouverne aussi les détails de notre existence.
Cette vérité ne supprime pas la souffrance.
Elle lui donne un cadre.
Le croyant ne vit jamais dans un univers abandonné à lui-même.
Illustration possible : les nombreuses situations où, rétrospectivement, nous discernons la main de Dieu dans des événements que nous ne comprenions pas sur le moment.
Application :
Avons-nous réellement confiance dans la providence lorsque nos projets sont contrariés ?
IV. Ne craignez pas, mais confessez le Christ devant les hommes (v. 32–33)
Le passage se termine par un appel à la fidélité.
La question n’est plus seulement : « Que craignons-nous ? »
Elle devient :
« À qui appartenons-nous ? »
Confesser le Christ signifie reconnaître publiquement qu’il est Seigneur.
Le disciple n’est pas appelé à l’agressivité.
Il est appelé à la fidélité.
Romains 5 nous rappelle pourquoi cette fidélité est possible.
Nous appartenons désormais au nouvel Adam.
Nous vivons sous le règne de la grâce.
Notre identité ne dépend plus du jugement du monde mais de l’œuvre du Christ.
Conclusion
Le cœur de ce passage n’est pas un appel à l’héroïsme.
Le cœur de ce passage est une révélation du Père.
Nous pouvons renoncer à la peur parce que Dieu demeure souverain.
Nous pouvons témoigner parce que le Christ nous a rachetés.
Nous pouvons persévérer parce que notre vie est gardée par celui qui compte même les cheveux de notre tête.
La question finale est simple :
Qui gouverne notre cœur aujourd’hui ?
La peur des hommes ?
Ou la confiance dans le Dieu vivant ?
Prédication exposition – forme orale (env. 20 mn)
Ne craignez pas
Matthieu 10.26–33
Frères et sœurs,
Nous vivons dans une époque étrange.
Nous avons probablement plus de moyens de communication que toutes les générations qui nous ont précédés. Nous pouvons publier un message en quelques secondes et le rendre visible au monde entier. Pourtant, beaucoup hésitent à parler. Beaucoup craignent le regard des autres. Beaucoup redoutent d’être jugés, exclus ou moqués.
La peur n’est pas une réalité nouvelle.
Elle accompagne l’humanité depuis la chute.
Et lorsque Jésus envoie ses disciples dans le monde, il sait parfaitement qu’ils auront peur.
Notre passage commence précisément là.
Jésus vient d’annoncer des oppositions, des persécutions, des conflits. Il ne cache rien. Il ne vend pas une illusion religieuse. Il ne promet pas une vie facile.
Et pourtant, au milieu de ces avertissements, une parole revient trois fois :
« Ne craignez pas. »
Le texte avance comme une réponse progressive à la peur humaine.
D’abord, Jésus rappelle que la vérité de Dieu finira toujours par être manifestée.
« Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert. »
Nous vivons dans un monde où le mensonge paraît parfois triompher. Les apparences semblent souvent l’emporter sur la vérité. Les disciples de Jésus pouvaient être tentés de penser que leur message resterait marginal ou étouffé.
Mais Jésus regarde plus loin.
L’histoire ne s’arrête pas à ce que les hommes voient aujourd’hui.
Le jour vient où Dieu révélera tout.
Le jour vient où les faux-semblants tomberont.
Le jour vient où la vérité sera pleinement manifestée.
C’est pourquoi les disciples doivent proclamer ouvertement ce qu’ils ont reçu.
« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour. »
Le christianisme n’est pas une doctrine secrète réservée à quelques initiés.
L’Évangile est une bonne nouvelle destinée à être annoncée publiquement.
L’Église n’est pas appelée à se cacher.
Elle est appelée à témoigner.
Nous devons nous demander honnêtement : avons-nous parfois davantage peur de l’opinion des hommes que confiance dans la vérité de Dieu ?
Combien de fois gardons-nous le silence non parce que nous ignorons quoi dire, mais parce que nous redoutons la réaction des autres ?
Jésus poursuit.
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme. »
Nous arrivons ici au cœur du passage.
La peur naît souvent d’une confusion des perspectives.
Nous accordons aux réalités temporaires une importance ultime.
Nous regardons les hommes comme s’ils détenaient le pouvoir suprême.
Or Jésus remet les choses à leur place.
Les hommes possèdent un pouvoir réel.
Ils peuvent faire souffrir.
Ils peuvent exclure.
Ils peuvent condamner.
Ils peuvent même tuer.
Mais leur pouvoir demeure limité.
Ils ne sont pas Dieu.
Ils ne possèdent pas notre destinée éternelle.
Ils ne contrôlent pas notre avenir ultime.
Ils ne décident pas de notre salut.
Seul Dieu possède cette autorité.
Nous retrouvons ici l’un des grands thèmes de toute l’Écriture : la crainte de Dieu libère de la crainte des hommes.
Lorsque Dieu devient petit à nos yeux, les hommes deviennent immenses.
Lorsque Dieu retrouve sa place véritable, les hommes retrouvent la leur.
Cette parole devait réconforter les premiers disciples.
Elle a soutenu les martyrs.
Elle a soutenu les prophètes.
Elle a soutenu Jérémie lorsqu’il entendait autour de lui : « Épouvante de tous côtés ! »
Elle soutient encore aujourd’hui les croyants qui vivent sous la pression, la moquerie ou parfois la persécution.
Mais Jésus ne s’arrête pas là.
Il ajoute quelque chose d’extraordinaire.
« Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. »
Nous passons du Dieu souverain au Père aimant.
Le même Dieu qui gouverne l’univers connaît les détails les plus infimes de notre existence.
Le passereau représentait l’un des oiseaux les moins coûteux du marché.
Pourtant aucun n’échappe au regard de Dieu.
Puis Jésus ajoute :
« Les cheveux de votre tête sont tous comptés. »
Il ne dit pas simplement que Dieu connaît leur nombre.
Il dit qu’ils sont comptés.
Autrement dit, rien n’échappe à sa providence.
Nous touchons ici à une doctrine profondément réformée et profondément biblique.
Dieu n’est pas un spectateur de l’histoire.
Il n’observe pas le monde de loin.
Il gouverne.
Il dirige.
Il soutient.
Il préserve.
Même lorsque nous ne comprenons pas ses voies.
Même lorsque les circonstances nous déconcertent.
Même lorsque la souffrance obscurcit notre regard.
Pour beaucoup, la providence est une idée abstraite.
Dans la Bible, elle est une source de consolation.
Parce que si notre Père gouverne jusqu’à la chute d’un passereau, alors aucune larme, aucune épreuve, aucune séparation, aucune inquiétude n’échappe à sa main.
Voilà pourquoi Jésus peut conclure :
« Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux. »
Nous ne sommes pas abandonnés dans un univers froid.
Nous sommes connus.
Nous sommes aimés.
Nous sommes gardés.
Enfin, Jésus conduit ses disciples vers une décision.
« Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père. »
Le texte débouche sur la fidélité.
La question n’est plus seulement : « Ai-je peur ? »
La question devient : « À qui est-ce que j’appartiens ? »
Confesser le Christ signifie reconnaître publiquement qu’il est Seigneur.
Cela ne signifie pas être agressif.
Cela ne signifie pas rechercher le conflit.
Cela signifie demeurer fidèle.
Le chrétien ne témoigne pas parce qu’il est courageux par nature.
Il témoigne parce qu’il appartient au Christ.
Et c’est ici que l’épître aux Romains éclaire notre passage.
Paul nous rappelle que deux hommes se tiennent à la tête de deux humanités.
Adam et Christ.
Par Adam sont venus le péché et la mort.
Par Christ sont venus la grâce et la vie.
Le croyant appartient désormais au nouvel Adam.
Sa sécurité ultime ne repose plus sur ses performances, ses capacités ou sa réputation.
Elle repose sur l’œuvre accomplie de Jésus-Christ.
Voilà pourquoi il peut témoigner.
Voilà pourquoi il peut persévérer.
Voilà pourquoi il peut affronter les difficultés sans désespoir.
Parce qu’il sait à qui il appartient.
Frères et sœurs,
Le monde continuera de changer.
Les idéologies passeront.
Les puissances humaines apparaîtront puis disparaîtront.
Les modes intellectuelles se succéderont.
Mais le Christ demeure.
Et sa parole demeure.
Aujourd’hui encore il nous dit :
« Ne craignez pas. »
Non parce qu’il n’existe aucun danger.
Non parce que la souffrance serait imaginaire.
Mais parce que notre Père demeure souverain.
Parce que le Christ a vaincu le péché et la mort.
Parce que notre vie est entre ses mains.
Et parce qu’aucune puissance de ce monde ne peut arracher ses enfants à son amour.
Amen.
Exégèse
La partie exégétique proposée sur le blog foedus.fr vise à éclairer les textes bibliques du jour de manière rigoureuse et accessible. Pour chaque texte, l’accent est porté à la fois sur le contexte immédiat et sur le contexte global de l’Écriture, afin d’en respecter la cohérence théologique et l’inscription dans l’histoire du salut.
L’analyse s’attache particulièrement aux mots hébreux et grecs les plus significatifs, lorsque cela est nécessaire pour comprendre le sens précis du texte. Elle s’enrichit également de l’apport des Pères de l’Église, des Réformateurs, ainsi que de la théologie réformée confessante contemporaine, afin de situer l’interprétation dans la continuité de la tradition chrétienne.
Lorsque cela éclaire utilement le passage étudié, des éléments d’archéologie biblique sont également intégrés, pour replacer le texte dans son cadre historique et culturel sans en faire un simple objet académique.
Cette approche cherche à servir à la fois la compréhension du texte et la foi de l’Église, en mettant l’exégèse au service de la proclamation et de la vie chrétienne.
La version de la Bible utilisée ici est la Bible Louis Segond de 1910, qui est libre de droit. Mais je lui préfère la version de 1978 dite « A la Colombe ».
Jérémie 20.10–13
Introduction
Jérémie 20 appartient à la section souvent appelée les « confessions de Jérémie » (Jérémie 11–20). Le prophète vient d’être humilié publiquement par Pashhur, responsable du Temple (Jérémie 20.1–6). Le passage de ce dimanche nous fait entrer dans le combat intérieur d’un homme fidèle à Dieu mais accablé par l’opposition. Nous découvrons ici la tension entre la peur humaine et la confiance en la souveraineté divine.
Texte (Louis Segond 1910)
« Car j’apprends les mauvais propos de plusieurs : Épouvante de tous côtés ! Dénoncez-le ! dénonçons-le ! Tous ceux qui étaient en paix avec moi observent si je chancelle : Peut-être se laissera-t-il séduire, nous serons maîtres de lui, et nous tirerons vengeance de lui !
Mais l’Éternel est avec moi comme un héros puissant ; c’est pourquoi mes persécuteurs chancellent et n’auront pas le dessus ; ils seront couverts de honte pour n’avoir pas réussi : ce sera une confusion éternelle qui ne s’oubliera point.
L’Éternel des armées éprouve le juste, il voit les reins et les cœurs ; je verrai ta vengeance s’exercer sur eux, car c’est à toi que je confie ma cause.
Chantez à l’Éternel, louez l’Éternel ! Car il délivre l’âme du malheureux de la main des méchants. »
Exégèse
L’expression « Épouvante de tous côtés » traduit l’hébreu magor missabib. Cette formule est devenue un véritable refrain dans le livre de Jérémie. Le prophète se sent encerclé par la menace. Le danger n’est pas seulement extérieur ; il provient également de ceux qui étaient autrefois ses amis.
L’expression « observent si je chancelle » traduit l’attente malveillante de ses adversaires. Ils espèrent sa chute morale, spirituelle ou prophétique.
Le contraste est saisissant au verset 11. Après avoir décrit sa peur, Jérémie affirme : « l’Éternel est avec moi comme un héros puissant ». Le terme hébreu gibbor désigne un guerrier redoutable. Le salut ne repose pas sur la force du prophète mais sur la présence de Dieu.
Au verset 12, Dieu est présenté comme celui qui « éprouve le juste ». Le verbe hébreu évoque l’action du métallurgiste qui teste un métal par le feu. Dieu examine les profondeurs de l’être humain.
Enfin, le texte se termine par un appel à la louange. La lamentation débouche sur l’adoration. La foi ne nie pas la souffrance mais elle refuse de lui accorder le dernier mot.
Les mots importants
Magor missabib – « terreur de tous côtés », expression caractéristique du sentiment d’encerclement.
Gibbor – héros, guerrier puissant.
Reins et cœur – dans l’anthropologie hébraïque, les reins représentent les motivations profondes et le cœur le centre de la personne.
Les Pères de l’Église
Augustin voit dans Jérémie une figure du Christ persécuté par les siens mais soutenu par le Père.
Jean Chrysostome souligne que les ennemis du juste ne cherchent pas seulement à le faire souffrir mais à provoquer sa chute.
Les Réformateurs
Calvin souligne que Jérémie demeure un homme véritablement éprouvé. La foi n’abolit pas la peur ; elle permet de la combattre par la confiance dans les promesses divines.
Archéologie et contexte historique
Les prophètes de Juda exerçaient leur ministère dans un contexte de crise politique majeure précédant la chute de Jérusalem en 586 av. J.-C. Les tensions religieuses et nationales rendaient leur mission particulièrement dangereuse.
Théologie de l’alliance
Jérémie apparaît ici comme le serviteur fidèle de l’alliance. Malgré le rejet de la parole divine par le peuple, Dieu demeure fidèle à ses promesses. La sécurité du prophète ne repose pas sur l’approbation des hommes mais sur la fidélité du Dieu de l’alliance.
Romains 5.12–15
Introduction
Romains 5 constitue l’un des sommets de la théologie paulinienne. Paul y met en parallèle Adam et Jésus-Christ. À travers eux, il présente deux humanités, deux règnes et deux destinées.
Texte (Louis Segond 1910)
« C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché…
Car jusqu’à la loi le péché était dans le monde. Or, le péché n’est pas imputé, quand il n’y a point de loi.
Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir.
Mais il n’en est pas du don gratuit comme de l’offense ; car, si par l’offense d’un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. »
Exégèse
Paul établit une comparaison entre Adam et Christ.
Le mot grec hamartia (« péché ») désigne ici une puissance qui est entrée dans le monde à travers la désobéissance d’Adam.
La mort apparaît comme la conséquence du péché. Elle n’est pas présentée comme un phénomène naturel mais comme un intrus dans la création.
Lorsque Paul affirme qu’Adam est la « figure » (typos) de celui qui devait venir, il ne parle pas d’une simple ressemblance. Adam agit comme représentant de l’humanité ancienne, tandis que Christ agit comme représentant de l’humanité nouvelle.
Le contraste culmine au verset 15. Le péché d’un seul homme a entraîné la mort pour tous ; l’obéissance du Christ apporte une grâce plus abondante encore.
Les mots importants
Hamartia – le péché comme puissance de rébellion.
Thanatos – la mort.
Typos – figure, modèle annonciateur.
Charis – la grâce gratuite de Dieu.
Les Pères de l’Église
Irénée développe ici sa doctrine de la récapitulation : le Christ reprend et restaure ce qu’Adam avait perdu.
Augustin s’appuie largement sur ce texte pour exposer la transmission du péché originel.
Les Réformateurs
Calvin voit dans ce passage le fondement biblique de la solidarité fédérale de l’humanité avec Adam et avec Christ. Adam est chef de l’alliance de création ; Christ est chef de l’alliance de grâce.
Archéologie et contexte
Le monde gréco-romain connaissait diverses explications du mal. Paul se distingue en enracinant l’histoire humaine dans un événement réel : la chute d’Adam.
Théologie de l’alliance
Ce texte est fondamental pour la théologie réformée de l’alliance. Adam agit comme représentant de l’humanité dans l’alliance des œuvres. Christ agit comme médiateur de l’alliance de grâce. Le salut repose sur une nouvelle tête fédérale : Jésus-Christ.
Matthieu 10.26–33
Introduction
Le chapitre 10 de Matthieu constitue le discours missionnaire de Jésus. Les disciples sont envoyés dans un monde hostile. Le Seigneur ne leur promet pas une vie facile mais leur donne les raisons de ne pas craindre.
Texte (Louis Segond 1910)
« Ne les craignez donc point ; car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour ; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne.
Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père.
Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux.
C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ;
mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. »
Exégèse
Trois fois Jésus répète : « Ne craignez pas ».
La première raison est eschatologique : la vérité sera révélée au dernier jour.
La deuxième raison est théologique : les hommes peuvent tuer le corps mais ne possèdent aucun pouvoir ultime sur l’âme.
La troisième raison est providentielle : même la chute d’un passereau échappe à aucun regard du Père.
Le verbe grec homologeō (« confesser ») signifie reconnaître publiquement son appartenance au Christ.
L’expression « les cheveux de votre tête sont tous comptés » souligne l’étendue de la providence divine jusque dans les détails les plus infimes.
Les mots importants
Phobeisthe – craindre.
Psychē – l’âme, la vie véritable.
Homologeō – confesser publiquement.
Patēr – le Père, terme central dans ce passage.
Les Pères de l’Église
Chrysostome souligne que Jésus ne supprime pas le danger mais transforme la manière de l’affronter.
Augustin voit dans cette exhortation un encouragement aux martyrs de l’Église.
Les Réformateurs
Calvin insiste sur la providence divine. Si Dieu gouverne jusqu’à la chute d’un passereau, aucun événement de la vie du croyant n’échappe à sa main.
Archéologie et contexte
Les toits plats des maisons palestiniennes servaient fréquemment à diffuser des annonces publiques. L’image évoque donc une proclamation ouverte et courageuse de l’Évangile.
Théologie de l’alliance
Le disciple appartient à son Père céleste. Son identité fondamentale ne dépend pas du jugement des hommes mais de son adoption en Christ. La fidélité publique au Christ est la marque visible de l’appartenance au peuple de l’alliance.
Synthèse canonique des trois textes
Ces trois lectures racontent une seule histoire.
Jérémie représente le témoin fidèle persécuté. Matthieu montre le Christ appelant ses disciples à suivre ce même chemin. Romains révèle pourquoi cette fidélité est possible : le nouvel Adam a inauguré une humanité nouvelle sous le règne de la grâce.
Jérémie connaît la peur mais découvre que Dieu est avec lui comme un héros puissant. Les disciples de Matthieu connaissent la menace mais apprennent que leur Père gouverne même la chute d’un passereau. Paul explique que cette confiance repose sur l’œuvre objective du Christ, vainqueur du péché et de la mort introduits par Adam.
Le fil conducteur est donc celui de la fidélité dans un monde hostile. L’homme ancien vit sous le règne de la peur, du péché et de la mort. L’homme nouveau vit sous le règne de la grâce, de la providence et de l’espérance.
Dans la théologie de l’alliance, Jérémie est le serviteur fidèle de l’ancienne administration de l’alliance de grâce. Jésus forme le peuple messianique de la nouvelle alliance. Paul dévoile le fondement ultime de cette alliance : l’œuvre du nouvel Adam, Jésus-Christ.
Ainsi, du prophète persécuté à l’apôtre missionnaire, en passant par l’enseignement du Seigneur, l’Écriture proclame une même vérité : parce que Dieu demeure souverain, parce que le Christ a vaincu le péché et la mort, le peuple de l’alliance peut vivre et témoigner sans crainte au milieu du monde.
Lecture théologique (théologie de l’alliance) et apologétique
Cette section propose une lecture doctrinale des textes du jour, en lien explicite avec la théologie de l’alliance. Elle ne vise pas à répéter l’exégèse ni la prédication, mais à offrir un éclairage oblique, en mettant en évidence les doctrines bibliques particulièrement sollicitées par les passages étudiés.
Il s’agit ici de rappeler l’enseignement constant de l’Église, et plus spécialement de la théologie réformée confessante, dans le champ de la théologie systématique : doctrine de Dieu, du salut, de l’Église, de la grâce, de la mission, ou encore de l’histoire du salut.
Cette lecture théologique permet de montrer que les textes du jour ne sont pas seulement porteurs d’un message spirituel immédiat, mais qu’ils s’inscrivent dans une cohérence doctrinale profonde. Les promesses, les appels et les exhortations bibliques prennent alors place dans le cadre plus large de l’alliance, comprise comme l’œuvre souveraine de Dieu, accomplie en Christ et déployée par l’Esprit dans l’histoire.
Cette section est facultative. Elle peut être utilisée pour approfondir la réflexion, nourrir l’enseignement catéchétique ou théologique, ou servir de repère doctrinal pour la prédication et la formation.
Lecture théologique
Les textes de ce dimanche mettent en lumière une doctrine centrale de l’Écriture : la souveraineté de Dieu dans l’histoire du salut et dans la vie de son peuple. Jérémie, Paul et Jésus parlent chacun depuis un contexte différent, mais tous conduisent vers une même certitude : l’alliance de grâce repose sur l’initiative et la fidélité de Dieu, non sur la force des hommes.
Romains 5 constitue ici la clé doctrinale de l’ensemble. Paul rappelle que l’humanité ne se comprend pas d’abord à partir des individus isolés mais à partir de deux chefs fédéraux : Adam et Christ. Adam représente l’humanité déchue ; Christ représente l’humanité réconciliée. Cette structure fédérale est au cœur de la théologie réformée de l’alliance. L’histoire du salut n’est pas une succession d’expériences religieuses individuelles ; elle est le déploiement du dessein de Dieu à travers les alliances conclues avec son peuple et accomplies en Jésus-Christ.
Cette perspective éclaire également l’Évangile. Si Jésus peut dire : « Ne craignez pas », ce n’est pas parce que les dangers seraient illusoires. C’est parce que les disciples appartiennent désormais au Royaume du nouvel Adam. Leur existence est placée sous la providence du Père. La doctrine de la providence apparaît ici dans toute son ampleur : aucun passereau ne tombe à terre sans la volonté du Père, et même les cheveux de notre tête sont comptés. La souveraineté divine ne s’exerce pas seulement sur les grands événements de l’histoire ; elle s’étend aux détails les plus infimes de la création.
Le texte souligne également la doctrine de l’Église. L’Église n’est pas une communauté protégée du conflit. Elle est une communauté envoyée dans le monde. Dès l’origine, le peuple de l’alliance est un peuple témoin. Jérémie l’était sous l’ancienne administration de l’alliance ; les apôtres le seront sous la nouvelle. La mission n’est donc pas un supplément facultatif de la vie chrétienne ; elle appartient à l’identité même du peuple de Dieu.
Ces textes mettent aussi en évidence la doctrine de la persévérance des saints. Jérémie demeure fidèle malgré les menaces. Les disciples sont appelés à confesser le Christ devant les hommes. Cette fidélité n’est pas le produit d’une force morale autonome. Elle procède de l’œuvre de la grâce. Celui qui a été uni au Christ par la foi reçoit également la force de persévérer dans le témoignage.
Enfin, ces lectures rappellent la dimension eschatologique de l’alliance. Jésus affirme que ce qui est caché sera révélé. Le jugement dernier demeure l’horizon ultime de l’histoire. La vérité n’est pas décidée par l’opinion dominante d’une époque mais par le verdict de Dieu. La fidélité présente du croyant trouve ainsi son sens dans la manifestation future du Royaume.
Au fond, ces textes enseignent que l’histoire humaine se déroule entre deux hommes – Adam et Christ –, sous le gouvernement du Père, par l’action du Saint-Esprit, jusqu’à la révélation finale du Royaume. C’est précisément cette vision de l’histoire que la théologie de l’alliance cherche à mettre en lumière.
Lecture apologétique
Matthieu 10.26–33
Le texte de Matthieu 10 heurte plusieurs présupposés dominants de la culture contemporaine. Il mérite donc d’être examiné non seulement comme parole pastorale mais aussi comme affirmation publique de vérité.
La première objection provient du matérialisme contemporain. Jésus distingue le corps et l’âme : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme. » Le matérialiste répondra que l’âme n’existe pas et que l’homme n’est qu’un organisme biologique complexe. Pourtant cette réduction rencontre rapidement ses limites. Si l’homme n’est qu’un assemblage de matière, il devient difficile de justifier objectivement la dignité humaine, la liberté morale, la responsabilité ou même la valeur de la vérité. La vision biblique affirme au contraire que l’homme possède une dimension spirituelle irréductible. Elle explique pourquoi les êtres humains continuent spontanément à poser des questions de sens, de justice, de vérité et d’éternité que la matière seule ne peut produire.
Une seconde objection provient du relativisme. Jésus parle comme celui qui possède la vérité et qui exige une confession publique de sa personne. Le relativiste préférera dire que toutes les croyances se valent et qu’aucune ne devrait prétendre à une vérité universelle. Pourtant cette affirmation est elle-même une prétention universelle. Dire que personne ne possède la vérité revient déjà à affirmer une vérité supposée valable pour tous. Le relativisme ne supprime pas les vérités absolues ; il en remplace simplement le contenu. Le Christ, lui, ne propose pas une opinion parmi d’autres. Il revendique une autorité qui repose sur sa personne et sur sa résurrection.
Une troisième objection peut venir de certaines formes de protestantisme libéral. Selon cette lecture, Jésus ne parlerait pas ici d’un jugement réel ou d’une vérité objective mais d’une expérience religieuse intérieure. Cependant le texte résiste à cette interprétation. Jésus parle du Père, du jugement, de la confession publique et du reniement. Nous sommes dans le domaine des réalités objectives et non de simples symboles psychologiques. Le christianisme biblique repose sur des événements réels et sur des affirmations historiques concernant Dieu et son action dans le monde.
Une quatrième objection peut provenir de l’islam. Celui-ci reconnaît Jésus comme prophète mais refuse qu’il soit le Fils éternel de Dieu. Or, dans ce passage, Jésus déclare que la destinée éternelle des hommes dépend de leur relation à sa propre personne : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père. » Aucun simple prophète biblique n’a jamais parlé ainsi. Jésus se place au centre du jugement final. Le texte oblige donc à choisir : soit Jésus possède réellement une autorité divine, soit il formule une prétention qu’aucun prophète authentique n’aurait pu revendiquer.
Une cinquième objection pourrait être formulée dans une perspective nietzschéenne. Nietzsche voyait souvent dans le christianisme une morale de faiblesse fondée sur la peur. Pourtant le texte dit exactement l’inverse. Jésus ne demande pas à ses disciples de fuir le conflit mais d’affronter l’opposition. Il ne les invite pas à se réfugier dans le confort mais à témoigner publiquement malgré les risques. Le courage chrétien ne repose pas sur la volonté de puissance mais sur la confiance dans la souveraineté de Dieu. Il s’agit d’une forme de force morale différente de celle exaltée par Nietzsche, mais certainement pas d’une capitulation devant le monde.
Enfin, certaines idéologies contemporaines marquées par le wokisme considèrent souvent l’identité comme déterminée principalement par l’appartenance à un groupe social, ethnique ou sexuel. Jésus opère ici un déplacement radical. L’identité fondamentale de l’être humain ne se trouve ni dans sa classe, ni dans son origine, ni dans son genre, mais dans sa relation à Dieu. Le croyant reçoit sa valeur du regard du Père. « Vous valez plus que beaucoup de passereaux. » La dignité humaine n’est pas construite socialement ; elle est reçue du Créateur.
Ainsi, derrière les débats contemporains, la question demeure celle que pose implicitement le texte : qui possède l’autorité ultime pour définir la réalité, l’homme ou Dieu ? Jésus répond sans ambiguïté. La peur des hommes n’est vaincue que lorsque l’on reconnaît que le dernier mot appartient au Père céleste. C’est précisément cette conviction qui rend possible un témoignage libre au milieu d’une culture souvent hostile ou indifférente à l’Évangile.
Outils pédagogiques
12e dimanche du Temps Ordinaire – Année A
Jérémie 20.10–13 – Romains 5.12–15 – Matthieu 10.26–33
Psaume 69
Contexte du texte de l’Évangile
Matthieu 10 se situe dans le discours missionnaire de Jésus. Après avoir appelé les Douze et leur avoir confié une mission, Jésus les prépare aux difficultés qu’ils rencontreront. Le passage étudié vient après l’annonce des persécutions et avant l’affirmation que le Christ apporte une division entre ceux qui le suivent et ceux qui le rejettent. Les disciples sont envoyés dans un monde qui ne les accueillera pas toujours favorablement. L’enjeu principal du texte est donc la fidélité au Christ malgré la peur.
Questions :
– Pourquoi Jésus parle-t-il de la peur à ses disciples ?
– Quels dangers ou oppositions annonce-t-il ?
– Que signifie « confesser le Christ devant les hommes » ?
– Pourquoi Jésus parle-t-il des passereaux et des cheveux de notre tête ?
– Quelle image de Dieu ce passage révèle-t-il ?
Lien avec les autres lectures bibliques du jour
Jérémie vit personnellement ce que Jésus annonce aux disciples. Il est rejeté, surveillé et menacé, mais il demeure fidèle parce qu’il sait que l’Éternel est avec lui.
Romains 5 montre le fondement profond de cette fidélité. Les croyants appartiennent désormais à une humanité nouvelle en Jésus-Christ. Leur espérance ne repose plus sur Adam, mais sur le Christ.
Le psaume 69 exprime le cri du juste persécuté qui remet sa cause à Dieu. Il anticipe à la fois l’expérience de Jérémie et celle du Christ.
Questions :
– Quelles ressemblances voyez-vous entre Jérémie et les disciples de Jésus ?
– Comment Romains 5 explique-t-il la confiance du chrétien face à la peur ?
– Pourquoi le psaume 69 convient-il particulièrement à ces lectures ?
– Quel fil conducteur relie les quatre textes ?
Place des textes dans l’année liturgique
Nous sommes dans le Temps Ordinaire. Après les grandes célébrations de Pâques, de l’Ascension et de la Pentecôte, l’Église apprend à vivre concrètement comme peuple du Christ dans le monde.
Les textes de ce dimanche rappellent que la vie chrétienne n’est pas une fuite hors du monde mais une fidélité au sein du monde. Le disciple doit apprendre à témoigner, à persévérer et à faire confiance à la providence de Dieu.
Questions :
– Pourquoi ces textes sont-ils particulièrement adaptés au Temps Ordinaire ?
– En quoi la vie chrétienne quotidienne exige-t-elle du courage ?
– Comment la providence de Dieu soutient-elle la persévérance des croyants ?
Éclairage du psaume 69
Le psaume 69 est le cri d’un juste accablé par l’opposition et l’injustice. Il exprime à la fois la souffrance, la supplication et la confiance.
Son lien avec les autres lectures est évident : Jérémie est persécuté, Jésus prépare ses disciples à l’opposition et Paul rappelle que le salut vient de la grâce du Christ.
Dans le culte, ce psaume peut servir de confession, de prière d’intercession ou de réponse à la prédication.
Questions :
– Quels sentiments dominent dans le psaume ?
– Comment ce psaume prépare-t-il à entendre l’Évangile ?
– Pourquoi l’Église a‑t-elle souvent lu ce psaume comme annonçant le Christ ?
Questions d’exégèse
Le verbe grec traduit par « craindre » (phobeō) revient plusieurs fois dans le passage. Jésus oppose deux craintes : la peur des hommes et la crainte de Dieu.
Le verbe « confesser » (homologeō) signifie reconnaître publiquement son appartenance au Christ.
Le mot « Père » apparaît comme le fondement de la confiance du disciple.
Questions :
– Combien de fois Jésus dit-il : « Ne craignez pas » ?
– Quels contrastes voyez-vous dans le texte ?
– Pourquoi Jésus parle-t-il du corps et de l’âme ?
– Quelle est la fonction de l’image des passereaux ?
– Quel lien existe entre la providence de Dieu et la fidélité du disciple ?
Structure du texte
Le passage progresse en trois mouvements.
Premièrement, Jésus affirme que la vérité de Dieu sera révélée (v. 26–27).
Deuxièmement, il redéfinit ce qu’il faut craindre réellement (v. 28).
Troisièmement, il fonde la confiance du croyant dans la providence du Père et appelle à la confession publique de la foi (v. 29–33).
Questions :
– Quel est le point culminant du passage ?
– Comment chaque section prépare-t-elle la suivante ?
– Pourquoi le texte se termine-t-il par la confession du Christ devant les hommes ?
Lecture théologique
Ce passage met en lumière plusieurs doctrines importantes.
La doctrine de Dieu : le Père gouverne souverainement toute chose.
La christologie : Jésus se présente comme celui dont dépend la destinée éternelle des hommes.
Le salut : les croyants vivent sous la grâce du Christ et non sous la condamnation d’Adam.
L’Église : elle est un peuple témoin envoyé dans le monde.
La mission : le témoignage public fait partie de la vocation chrétienne.
L’espérance : le jugement final révélera la vérité.
Dans l’histoire de l’alliance, ces textes montrent la continuité entre les prophètes persécutés, le Christ fidèle et l’Église appelée à poursuivre ce témoignage.
Questions :
– Que révèle ce texte de la souveraineté de Dieu ?
– Comment le Christ se situe-t-il au centre du passage ?
– Quelle mission est confiée aux disciples ?
– Comment ce texte s’inscrit-il dans l’histoire de l’alliance ?
Approche apologétique (questions de discussion)
Notre époque affirme souvent que toute vérité est relative.
Le texte affirme au contraire qu’une vérité ultime sera révélée.
Le matérialisme réduit souvent l’homme à son corps.
Jésus distingue le corps et l’âme.
Le pluralisme religieux considère généralement toutes les croyances comme équivalentes.
Jésus affirme que la relation à sa propre personne est décisive.
Questions :
– Pourquoi la notion de vérité dérange-t-elle souvent aujourd’hui ?
– L’homme est-il seulement un être biologique ?
– Pourquoi Jésus demande-t-il une confession publique de sa personne ?
– Que répond ce texte à l’idée selon laquelle toutes les croyances se valent ?
Appropriation spirituelle
– Que ce texte révèle-t-il du caractère de Dieu ?
– Quelle peur devrais-je remettre aujourd’hui entre les mains du Père ?
– Comment puis-je confesser plus fidèlement le Christ dans ma vie quotidienne ?
Textes liturgiques
Les textes liturgiques proposés ici sont directement inspirés des lectures bibliques du jour. Ils sont conçus pour un culte réformé, dans le respect de sa structure, de sa sobriété et de sa théologie.
Ils peuvent être utilisés tels quels ou adaptés selon le contexte local (voir le menu « Culte » du site).Les psaumes et cantiques sont choisis dans le recueil Arc-en-Ciel, largement utilisé dans les Églises réformées francophones.
Le recueil est disponible en ligne ici :
https ://www.arc-en-ciel.chLes paroles et les musiques des psaumes et cantiques proposés sont également accessibles sur le blog, dans la section « Psaumes et cantiques ».
LITURGIE DU 12e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE A
Jérémie 20.10–13 – Romains 5.12–15 – Matthieu 10.26–33
Salutation et invocation
Notre secours est dans le nom de l’Éternel,
qui a fait les cieux et la terre.
Grâce, miséricorde et paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur.
Prions :
Dieu tout-puissant, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, tu connais nos peurs, nos combats et nos fragilités. Par ton Saint-Esprit, rassemble ton peuple, ouvre nos cœurs à ta Parole et conduis-nous dans la confiance. Que tout ce qui sera dit, chanté et entendu aujourd’hui serve à ta gloire et à l’édification de ton Église. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Adoration
Éternel notre Dieu, nous t’adorons car tu règnes sur toutes choses. Aucun événement n’échappe à ta providence. Tu gouvernes les nations, tu soutiens ton Église et tu veilles sur chacun de tes enfants.
Tu es le Dieu de l’alliance, fidèle de génération en génération. Lorsque les hommes chancellent, tu demeures. Lorsque nos cœurs s’inquiètent, tu restes le même.
Nous te bénissons pour Jésus-Christ, le nouvel Adam, par qui la grâce a surabondé là où le péché abondait. À toi soient l’honneur, la gloire et l’adoration aux siècles des siècles. Amen.
Loi de Dieu
Écoutons la volonté de Dieu :
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là.
Confession du péché
Seigneur notre Dieu,
nous confessons que nous avons souvent davantage craint les hommes que toi.
Nous avons gardé le silence lorsque nous aurions dû témoigner.
Nous avons cherché l’approbation du monde plus que ta volonté.
Nous avons douté de ta providence lorsque les épreuves sont venues.
Pardonne nos infidélités, nos peurs et notre manque de confiance.
Renouvelle-nous par ton Esprit afin que nous vivions dans la liberté des enfants de Dieu.
Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Déclaration du pardon
Écoutons la promesse de Dieu :
« Mais il n’en est pas du don gratuit comme de l’offense ; car, si par l’offense d’un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. » (Romains 5.15)
À tous ceux qui se repentent et mettent leur confiance en Jésus-Christ, j’annonce le pardon des péchés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Confession de foi
Je crois en Dieu le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre.
Je crois en Jésus-Christ,
son Fils unique, notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté au ciel,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint-Esprit,
la sainte Église universelle,
la communion des saints,
la rémission des péchés,
la résurrection de la chair
et la vie éternelle.
Amen.
Prière d’illumination
Seigneur, ouvre maintenant nos oreilles afin que nous entendions ta voix. Ouvre notre intelligence afin que nous comprenions les Écritures. Ouvre notre cœur afin que nous recevions avec foi la Parole de vie. Par ton Esprit, fais-nous connaître davantage le Christ et fortifie notre confiance en toi. Amen.
Lectures bibliques
Jérémie 20.10–13
Romains 5.12–15
Matthieu 10.26–33
Prière après les lectures
Béni sois-tu, Seigneur, pour ta Parole vivante. Grave-la dans nos cœurs. Que nous ne soyons pas seulement des auditeurs, mais des disciples fidèles de Jésus-Christ. Amen.
Thème de la prédication
« Ne craignez pas : votre vie est entre les mains du Père »
(Matthieu 10.26–33)
Texte pour l’offrande
Tout ce que nous possédons vient de Dieu. Nous apportons nos offrandes avec reconnaissance, en réponse à sa grâce abondante manifestée en Jésus-Christ.
Prière après l’offrande
Seigneur, reçois ces dons et nos vies avec eux. Utilise-les pour l’annonce de l’Évangile, le secours des personnes dans le besoin et l’édification de ton Église. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Prière d’intercession
Père céleste,
nous te prions pour ton Église dispersée dans le monde. Donne-lui le courage de témoigner fidèlement au Christ.
Nous te prions pour ceux qui souffrent de la persécution à cause de leur foi. Soutiens-les par ton Esprit.
Nous te prions pour les autorités civiles et militaires, afin qu’elles exercent leurs responsabilités avec justice et sagesse.
Nous te prions pour les malades, les personnes seules, les familles éprouvées et tous ceux qui traversent l’angoisse ou la peur.
Nous te prions pour notre communauté. Fais de nous un peuple fidèle, humble et confiant.
Nous te remettons ces prières au nom de Jésus-Christ. Amen.
Sainte Cène
Introduction
Que la paix du Seigneur soit avec vous.
Le Christ nous appelle aujourd’hui à ne pas craindre, car nous sommes réconciliés avec Dieu par son sacrifice. Approchons-nous donc avec confiance de sa table, non à cause de nos mérites, mais à cause de sa grâce.
Mémento
Nous nous souvenons aujourd’hui de tous ceux qui nous ont précédés dans la foi. Avec l’Église de tous les temps et de tous les lieux, nous attendons le jour où le Seigneur rassemblera définitivement son peuple dans son Royaume.
Verset préparatoire
« Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux. » (Matthieu 10.31)
Prière eucharistique
Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.
Élevons nos cœurs.
Nous les élevons vers le Seigneur.
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu.
Cela est juste et bon.
Oui, il est juste de te rendre grâce, Dieu notre Père.
Tu as créé toutes choses par ta sagesse et ta puissance. Malgré la chute d’Adam et notre désobéissance, tu n’as pas abandonné ton peuple. Dans ton amour, tu as envoyé ton Fils unique, Jésus-Christ, le nouvel Adam, afin qu’il porte notre condamnation et nous accorde la vie éternelle.
Avec les anges et toute l’Église céleste, nous proclamons :
Saint, Saint, Saint est le Seigneur,
Dieu des armées.
Toute la terre est remplie de sa gloire.
Hosanna au plus haut des cieux.
Nous te rendons grâce pour Jésus-Christ notre Seigneur.
La nuit où il fut livré, il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. »
De même, après le repas, il prit la coupe et dit : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. »
Nous faisons mémoire de sa mort, nous proclamons sa résurrection et nous attendons son retour dans la gloire.
Envoie maintenant ton Saint-Esprit sur nous. Fais que ce pain et cette coupe soient pour nous communion véritable au corps et au sang du Christ, afin que nourris par lui nous vivions dans la foi, l’espérance et l’amour.
À toi, Père, avec le Fils et le Saint-Esprit, soient toute gloire, tout honneur et toute louange, maintenant et pour les siècles des siècles.
Amen.
Notre Père
Notre Père qui es aux cieux…
Fraction du pain
Le pain que nous rompons est la communion au corps du Christ.
Parce qu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs formons un seul corps.
Coupe de bénédiction
La coupe de bénédiction que nous bénissons est la communion au sang du Christ.
Prière de communion
Seigneur, nous ne sommes pas dignes de venir à ta table par nos propres mérites. Mais nous nous confions dans ta miséricorde seule. Nourris-nous de ton Fils par la foi et fortifie-nous pour ton service. Amen.
Paroles de distribution
Le corps du Christ donné pour vous.
Le sang du Christ versé pour vous.
Prière finale
Nous te rendons grâce, Seigneur, pour cette communion au Christ. Fortifie-nous maintenant pour vivre dans le monde comme tes témoins. Lorsque la peur nous assaille, rappelle-nous que notre vie est entre tes mains. Fais-nous marcher dans l’espérance jusqu’au jour où nous verrons ton Royaume pleinement manifesté. Amen.
Exhortation
Frères et sœurs, allez dans la paix du Christ. Ne craignez pas les hommes. Confessez votre Seigneur avec humilité et courage. Souvenez-vous que votre Père veille sur vous et que rien ne peut vous séparer de son amour manifesté en Jésus-Christ.
Bénédiction
Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ,
l’amour de Dieu le Père
et la communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous,
maintenant et pour toujours.
Amen.
Psaumes et cantiques
Pour ce 12e dimanche du Temps Ordinaire, marqué par Jérémie 20.10–13, Romains 5.12–15 et Matthieu 10.26–33, il me semble judicieux de privilégier des chants qui mettent en valeur la souveraineté de Dieu, la confiance dans sa providence, la fidélité au témoignage chrétien et la victoire de la grâce sur le péché.
Comme psaume d’entrée ou d’adoration, le Psaume 69 s’impose naturellement. Il est le psaume du jour et exprime la prière du juste persécuté qui remet sa cause entre les mains de Dieu. Son lien avec Jérémie est évident, mais aussi avec le Christ souffrant auquel plusieurs versets sont appliqués dans le Nouveau Testament.
Le Psaume 27 – L’Éternel est ma lumière et mon salut constitue également un excellent choix. Son thème central est précisément la confiance en Dieu face à l’adversité : « De qui aurais-je peur ? » Il fait directement écho au triple « Ne craignez pas » de l’Évangile.
Pour la confession de foi ou après la prédication, le cantique Arc-en-Ciel 277 – À Dieu soit la gloire (Fanny Crosby, 1875) peut être retenu. Malgré son origine évangélique, il demeure centré sur l’œuvre objective du Christ et sur la rédemption accomplie. Il s’accorde bien avec Romains 5 et l’opposition entre Adam et le Christ.
Le cantique Arc-en-Ciel 271 – Louange et gloire à ton nom offre une forte tonalité trinitaire et doxologique. Il convient particulièrement à une liturgie centrée sur la souveraineté du Père et l’œuvre du Christ.
Pour répondre à la prédication, le très classique Arc-en-Ciel 602 – Peuple de Dieu, marche joyeux (Edmond Budry, XIXe siècle) est particulièrement pertinent. Son thème est celui du témoignage chrétien et de la marche fidèle dans le monde. Il prolonge naturellement l’appel de Jésus à confesser son nom devant les hommes.
Pour la Sainte Cène, le cantique Arc-en-Ciel 589 – Nous qui mangeons le pain mérite d’être privilégié. Il développe la communion au Christ et l’unité de l’Église dans une perspective sobre et biblique, très compatible avec la tradition réformée.
Comme chant d’envoi, Arc-en-Ciel 882 – Que la grâce de Dieu soit sur toi peut être utilisé, mais si l’on souhaite rester dans un registre plus classique et plus fortement enraciné dans la tradition réformée, je privilégierais un retour à un psaume du Psautier de Genève, notamment le Psaume 27, dont les derniers versets constituent une véritable exhortation à la confiance et à la persévérance.
Si je devais construire l’ensemble du culte, je choisirais :
Psaume d’entrée : Psaume 27 – L’Éternel est ma lumière et mon salut
Après la confession du pardon : Psaume 69 – Sauve-moi, ô Dieu
Après la prédication : Arc-en-Ciel 602 – Peuple de Dieu, marche joyeux
Sainte Cène : Arc-en-Ciel 589 – Nous qui mangeons le pain
Envoi : Psaume 27 (dernières strophes)
Cet ensemble présente une forte cohérence théologique : la peur des hommes, la fidélité du témoin, la providence du Père, la grâce du nouvel Adam et l’espérance du peuple de l’alliance. Il demeure également très proche de la sensibilité réformée classique, centrée sur la Parole, la grâce souveraine et la fidélité de Dieu.

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