Pasteur priant pour magistrat

Foi chrétienne et pouvoir politique : prier sans sacraliser

Des pas­teurs priant autour de Trump dans le Bureau ovale : pour cer­tains, la preuve d’une « théo­cra­tie évan­gé­lique » aux États-Unis. Pour d’autres, un signe encou­ra­geant du retour de la foi dans la vie publique.La réa­li­té est plus complexe.La Bible demande aux chré­tiens de prier pour les auto­ri­tés. Mais l’Église ne doit jamais deve­nir la cau­tion reli­gieuse du pou­voir. Elle peut recon­naître ce qui est juste dans une déci­sion poli­tique, tout en gar­dant une dis­tance cri­tique et prophétique.Dans cet article, je pro­pose quelques repères issus de la tra­di­tion réfor­mée pour pen­ser cette ques­tion : prière pour les gou­ver­nants, enga­ge­ment des chré­tiens dans la cité, dan­gers de la théo­lo­gie de la pros­pé­ri­té, risques d’une lec­ture apo­ca­lyp­tique de la géo­po­li­tique.

Com­ment prier pour les diri­geants sans sacra­li­ser le pou­voir ?Pour­quoi l’Église ne doit jamais confondre la cité ter­restre avec la Cité de Dieu ?

La scène de pas­teurs priant autour de Trump dans le Bureau ovale a beau­coup cir­cu­lé ces der­niers jours. Elle ali­mente deux récits oppo­sés, tous deux sim­pli­fi­ca­teurs. Cer­tains dénoncent une théo­cra­tie évan­gé­lique qui diri­ge­rait l’Amérique. D’autres pré­sentent cette proxi­mi­té entre pas­teurs et pou­voir comme une vic­toire chré­tienne. La réa­li­té est plus ambi­guë.

Quels sont les faits ? Un groupe de res­pon­sables évan­gé­liques s’est réuni le 5 mars dans le Bureau ovale pour prier autour du pré­sident Donald Trump. Cette pra­tique est deve­nue presque annuelle depuis le retour de Trump au pou­voir. La ren­contre a été orga­ni­sée par Pau­la White-Cain, res­pon­sable du White House Faith Office et télé­van­gé­liste asso­ciée à la très contro­ver­sée théo­lo­gie de pros­pé­ri­té. Une ving­taine de res­pon­sables reli­gieux étaient pré­sents autour du pré­sident. Par­mi eux figurent notam­ment Robert Jef­fress (First Bap­tist Church de Dal­las), Ralph Reed (Faith and Free­dom Coa­li­tion), Gary Bauer (Fami­ly Research Coun­cil) et Samuel Rodri­guez (Natio­nal His­pa­nic Chris­tian Lea­der­ship Confe­rence). La prière prin­ci­pale a été conduite par Tom Mul­lins, pas­teur d’une méga-église en Flo­ride. Il a deman­dé la pro­tec­tion de Dieu pour Trump, pour les sol­dats amé­ri­cains et pour la nation, tout en invo­quant l’idée d’une Amé­rique rede­ve­nant « une nation sous Dieu ».

Un pro­tes­tan­tisme amé­ri­cain plu­riel

Pre­mière remarque. Il faut évi­ter une sim­pli­fi­ca­tion fré­quente dans les com­men­taires euro­péens. Le pro­tes­tan­tisme amé­ri­cain est extrê­me­ment divers. Il ras­semble des tra­di­tions théo­lo­giques très dif­fé­rentes : bap­tistes, réfor­més, luthé­riens, métho­distes, pen­te­cô­tistes, évan­gé­liques indé­pen­dants, sans par­ler des mul­tiples cou­rants internes. Le groupe visible sur cette pho­to ne repré­sente donc qu’une par­tie du pay­sage reli­gieux amé­ri­cain, sou­vent issu du monde évan­gé­lique cha­ris­ma­tique et des méga-églises. Il ne reflète pas l’ensemble du pro­tes­tan­tisme amé­ri­cain, où existent aus­si des voix beau­coup plus cri­tiques, pru­dentes ou théo­lo­gi­que­ment réser­vées vis-à-vis de ce type de proxi­mi­té avec le pou­voir poli­tique.

Prier pour les auto­ri­tés : une pra­tique biblique

Deuxième remarque. D’un point de vue chré­tien clas­sique, prier pour les auto­ri­tés n’a rien de scan­da­leux. L’Écriture demande expli­ci­te­ment d’intercéder pour les diri­geants. L’apôtre Paul exhorte les chré­tiens à faire « des prières, des sup­pli­ca­tions et des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont éle­vés en digni­té » (1 Timo­thée 2.1–2). Deman­der à Dieu sagesse et jus­tice pour ceux qui gou­vernent n’est pas une dérive : c’est une res­pon­sa­bi­li­té chré­tienne.

Une foi appe­lée à éclai­rer la cité

Troi­sième remarque. Il faut ajou­ter un point posi­tif sou­vent oublié dans les cri­tiques contem­po­raines. La foi chré­tienne n’est pas faite pour être relé­guée dans la sphère pri­vée, comme si elle devait res­ter enfer­mée dans un pla­card. Jésus lui-même enseigne que la lumière n’est pas faite pour être cachée, mais pour être pla­cée sur le chan­de­lier afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la mai­son (Mat­thieu 5.15).

Il n’y a donc rien de pro­blé­ma­tique en soi dans le fait que des chré­tiens cherchent à agir dans la vie publique, à conseiller les gou­ver­nants ou à s’engager dans la cité. La tra­di­tion réfor­mée a d’ailleurs tou­jours refu­sé le repli pié­tiste qui vou­drait réduire la foi à la seule vie inté­rieure. Elle recon­naît que les chré­tiens ont une res­pon­sa­bi­li­té dans la socié­té et que leur foi doit aus­si ins­pi­rer leur action publique.

Abra­ham Kuy­per expri­mait cette convic­tion de manière célèbre : « Il n’y a pas un pouce car­ré dans tout le domaine de notre exis­tence humaine dont le Christ, sou­ve­rain sur tout, ne dise : c’est à moi » (Dis­cours d’inauguration de l’Université libre d’Amsterdam, 1880). La foi chré­tienne concerne donc toute la vie, y com­pris la vie sociale et poli­tique.

Là où le bât blesse

Mais il existe aus­si de vrais risques. Lorsque la prière devient un ins­tru­ment de com­mu­ni­ca­tion poli­tique, elle se trans­forme faci­le­ment en mise en scène. Le dan­ger est encore plus net lorsque des déci­sions géo­po­li­tiques com­plexes sont enve­lop­pées d’un lan­gage reli­gieux ou escha­to­lo­gique. Inter­pré­ter un conflit inter­na­tio­nal à la lumière d’Armageddon, ou sug­gé­rer qu’une guerre par­ti­cu­lière s’inscrirait direc­te­ment dans l’accomplissement des pro­phé­ties bibliques, revient à uti­li­ser l’Écriture comme un com­men­taire immé­diat de l’actualité stra­té­gique.

Or la tra­di­tion chré­tienne clas­sique, et en par­ti­cu­lier la tra­di­tion réfor­mée, a tou­jours été beau­coup plus pru­dente. Elle recon­naît que Dieu gou­verne l’histoire par sa pro­vi­dence, mais elle se garde d’identifier trop vite les évé­ne­ments poli­tiques du moment avec l’accomplissement direct d’un plan divin.

Jean Cal­vin rap­pelle par exemple que les magis­trats sont éta­blis par Dieu pour main­te­nir la jus­tice, mais que leur auto­ri­té reste une charge confiée et non une sacra­li­sa­tion du pou­voir. « Les magis­trats sont les ministres de Dieu pour la pro­tec­tion des bons et la puni­tion des méchants » (Jean Cal­vin, Ins­ti­tu­tion de la reli­gion chré­tienne, IV, 20).

Exer­cer son dis­cer­ne­ment

Cela signi­fie que l’Église n’est pas appe­lée à bénir indis­tinc­te­ment toute poli­tique. Elle doit exer­cer un dis­cer­ne­ment. Lorsque cer­taines déci­sions publiques pro­tègent la vie, favo­risent la jus­tice ou cherchent le bien com­mun, il est légi­time de recon­naître qu’elles vont dans le sens de l’ordre moral vou­lu par Dieu. Mais cette recon­nais­sance ne doit jamais se trans­for­mer en sacra­li­sa­tion du pou­voir.

Inver­se­ment, il faut aus­si évi­ter l’excès contraire qui consis­te­rait à soup­çon­ner toute réfé­rence à la foi d’être une mani­pu­la­tion. Il est par­fai­te­ment pos­sible qu’un res­pon­sable poli­tique authen­ti­que­ment chré­tien cherche à lais­ser sa foi éclai­rer ses déci­sions. La pré­sence d’une convic­tion reli­gieuse en poli­tique n’est pas en soi un pro­blème. La ques­tion est plu­tôt de savoir si cette foi demeure humble et consciente de ses limites, ou si elle est uti­li­sée pour légi­ti­mer une ambi­tion poli­tique.

Une dis­tance pro­phé­tique néces­saire

C’est pour­quoi l’Église doit prier pour les gou­ver­nants, certes, mais aus­si gar­der une dis­tance cri­tique et par­fois pro­phé­tique. Elle peut sou­te­nir ce qui est juste et dénon­cer ce qui est injuste, mais elle ne doit jamais deve­nir l’aumônerie d’un pou­voir.

Cette vigi­lance s’explique par une dis­tinc­tion fon­da­men­tale de la pen­sée biblique : celle entre les dif­fé­rentes auto­ri­tés ins­ti­tuées par Dieu. Dans l’Ancien Tes­ta­ment, la royau­té ne devait jamais se confondre ni avec la prê­trise ni avec le pro­phé­tisme. Le roi gou­ver­nait le peuple, le prêtre assu­rait le culte et le pro­phète rap­pe­lait la Parole de Dieu, y com­pris contre le roi lorsque celui-ci s’en écar­tait.

L’histoire d’Israël montre d’ailleurs que les pro­phètes ont sou­vent dû reprendre les rois. Lorsque le roi David abuse de son pou­voir dans l’affaire de Bath-Shé­ba, le pro­phète Nathan vient lui dire : « Tu es cet homme ! » (2 Samuel 12.7). De même, lorsque le roi Ozias tente de s’approprier le rôle sacer­do­tal en entrant dans le Temple pour offrir l’encens, les prêtres s’y opposent fer­me­ment et Dieu le frappe de lèpre (2 Chro­niques 26.16–21). Ces épi­sodes rap­pellent que le pou­voir poli­tique, même légi­time, reste sou­mis à la Parole de Dieu et ne doit jamais s’approprier les fonc­tions spi­ri­tuelles.

Cette logique demeure ins­truc­tive pour les chré­tiens aujourd’hui. L’Église n’est pas appe­lée à exer­cer le pou­voir poli­tique, mais elle ne doit pas non plus se mettre à son ser­vice. Sa voca­tion est d’annoncer la Parole de Dieu et de rap­pe­ler que toute auto­ri­té humaine demeure res­pon­sable devant Dieu.

Cette vigi­lance rejoint aus­si une autre dis­tinc­tion fon­da­men­tale de la pen­sée chré­tienne : celle entre la cité ter­restre et la Cité de Dieu. Aucun État, aucune nation et aucun régime poli­tique ne peuvent être iden­ti­fiés au royaume de Dieu.

Le vrai pro­blème n’est donc pas que des chré­tiens prient pour un pré­sident. Le pro­blème appa­raît lorsque la foi devient un outil poli­tique ou lorsque la poli­tique se pare d’une aura reli­gieuse pour jus­ti­fier ses ambi­tions. Dans les deux cas, le nom de Dieu risque d’être ins­tru­men­ta­li­sé.

L’Église peut prier pour les gou­ver­nants et recon­naître ce qui est juste dans leurs déci­sions. Mais elle ne doit jamais oublier que tout pou­voir humain est pro­vi­soire et res­pon­sable devant Dieu. Sa voca­tion n’est pas de sacra­li­ser la poli­tique. Le Christ seul est Roi, et son Royaume ne se confond avec aucune puis­sance de ce monde.


Annexe 1 – Les pro­blèmes de la théo­lo­gie de la pros­pé­ri­té

La pré­sence de Pau­la White dans l’organisation de cette ren­contre mérite d’être men­tion­née car elle est asso­ciée à ce que l’on appelle com­mu­né­ment la « théo­lo­gie de la pros­pé­ri­té ». Ce cou­rant, très pré­sent dans cer­tains milieux télé­van­gé­liques amé­ri­cains, enseigne que la foi, les décla­ra­tions posi­tives et les dons finan­ciers faits au minis­tère pro­duisent des béné­dic­tions maté­rielles et un suc­cès visible dans la vie du croyant.

Cette approche pose plu­sieurs dif­fi­cul­tés théo­lo­giques majeures.

D’abord, elle tend à trans­for­mer la rela­tion avec Dieu en logique de tran­sac­tion. La béné­dic­tion divine est alors pré­sen­tée comme la consé­quence qua­si méca­nique d’un acte de foi ou d’un don finan­cier, ce qui intro­duit une forme de spi­ri­tua­li­sa­tion du prin­cipe de ren­de­ment. Cette logique s’éloigne for­te­ment de l’enseignement biblique clas­sique sur la grâce.

Ensuite, cette théo­lo­gie tend à asso­cier la béné­dic­tion de Dieu au suc­cès maté­riel ou poli­tique. Or l’Écriture ne pré­sente jamais la pros­pé­ri­té ter­restre comme un signe fiable de la faveur divine. Le Nou­veau Tes­ta­ment rap­pelle au contraire que la vie chré­tienne est mar­quée par l’épreuve, la croix et par­fois la per­sé­cu­tion.

Enfin, cette vision peut encou­ra­ger une forme de sacra­li­sa­tion du pou­voir ou du suc­cès. Si la pros­pé­ri­té et la réus­site sont inter­pré­tées comme des signes directs de la béné­dic­tion divine, il devient ten­tant d’y voir la confir­ma­tion que cer­tains diri­geants ou cer­taines poli­tiques béné­fi­cie­raient d’un man­dat par­ti­cu­lier de Dieu.

La tra­di­tion réfor­mée s’est tou­jours mon­trée très cri­tique envers ce type de lec­ture. Elle rap­pelle que la béné­dic­tion suprême du croyant est l’union avec le Christ et non la réus­site maté­rielle. La pro­vi­dence de Dieu gou­verne toutes choses, mais elle ne se laisse pas réduire à une logique de récom­pense visible.

Annexe 2 – Les risques de l’eschatologie mil­lé­na­riste dis­pen­sa­tio­na­liste

Un second élé­ment sou­vent pré­sent dans cer­tains milieux évan­gé­liques amé­ri­cains concerne l’eschatologie dis­pen­sa­tio­na­liste. Cette approche, appa­rue au XIXᵉ siècle dans le monde anglo-saxon, pro­pose une lec­ture très lit­té­rale et très détaillée des pro­phé­ties bibliques concer­nant la fin des temps.

Dans ce cadre, les évé­ne­ments géo­po­li­tiques contem­po­rains — notam­ment au Moyen-Orient — sont par­fois inter­pré­tés comme des étapes directes de l’accomplissement des pro­phé­ties de l’Apocalypse ou du livre de Daniel. Cette manière de lire l’actualité peut conduire à des inter­pré­ta­tions rapides reliant des déci­sions poli­tiques, des conflits ou des alliances inter­na­tio­nales au scé­na­rio escha­to­lo­gique atten­du.

Le pro­blème métho­do­lo­gique est impor­tant. Lorsqu’une lec­ture pro­phé­tique est appli­quée direc­te­ment à l’actualité poli­tique, elle peut encou­ra­ger ce que cer­tains appellent des « pro­phé­ties auto­réa­li­sa­trices ». Autre­ment dit, l’interprétation reli­gieuse d’un évé­ne­ment peut finir par influen­cer les déci­sions poli­tiques elles-mêmes, créant un cercle où l’on agit en fonc­tion d’une inter­pré­ta­tion pro­phé­tique que l’on croit ensuite voir se confir­mer.

La tra­di­tion réfor­mée adopte une approche beau­coup plus pru­dente. Elle affirme la sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur l’histoire et la cer­ti­tude du retour du Christ, mais elle se garde de trans­for­mer les pro­phé­ties bibliques en calen­drier géo­po­li­tique.

Cette pru­dence repose sur une dis­tinc­tion théo­lo­gique impor­tante. Les décrets de Dieu, c’est-à-dire son plan sou­ve­rain pour l’histoire, demeurent en grande par­tie cachés aux hommes. En revanche, la volon­té pré­cep­tive de Dieu — sa Loi, révé­lée dans l’Écriture — est acces­sible et nor­ma­tive pour la vie humaine.

En d’autres termes, les chré­tiens savent ce que Dieu leur demande : pra­ti­quer la jus­tice, aimer la misé­ri­corde et mar­cher hum­ble­ment avec leur Dieu. Mais ils ne dis­posent pas d’une clé leur per­met­tant d’identifier avec cer­ti­tude les évé­ne­ments poli­tiques contem­po­rains comme l’accomplissement immé­diat d’un plan pro­phé­tique.

Cette dis­tinc­tion pro­tège l’Église d’une ten­ta­tion récur­rente : celle de trans­for­mer l’eschatologie chré­tienne en lec­ture immé­diate de l’actualité poli­tique.


Outils pédagogiques

Ques­tions ouvertes

  1. Pour­quoi la scène de pas­teurs priant pour un pré­sident peut-elle sus­ci­ter des réac­tions oppo­sées chez les chré­tiens et dans l’opinion publique ?
  2. Selon l’Écriture, pour­quoi les chré­tiens sont-ils appe­lés à prier pour les auto­ri­tés poli­tiques ? (1 Timo­thée 2.1–2)
  3. Com­ment la diver­si­té du pro­tes­tan­tisme amé­ri­cain per­met-elle de nuan­cer l’interprétation de cette scène ?
  4. En quoi la tra­di­tion réfor­mée insiste-t-elle sur la dis­tinc­tion entre le pou­voir poli­tique et l’autorité spi­ri­tuelle ?
  5. Pour­quoi est-il impor­tant pour l’Église de gar­der une « dis­tance cri­tique et pro­phé­tique » vis-à-vis du pou­voir poli­tique ?
  6. Com­ment recon­naître qu’une déci­sion poli­tique peut aller dans le sens de la jus­tice vou­lue par Dieu sans pour autant sacra­li­ser le pou­voir ?
  7. Pour­quoi la confu­sion entre la cité ter­restre et la Cité de Dieu consti­tue-t-elle un dan­ger pour la foi chré­tienne ?
  8. Quels risques appa­raissent lorsque des conflits poli­tiques sont inter­pré­tés direc­te­ment à la lumière de pro­phé­ties bibliques ?

Ques­tions de réflexion biblique

  1. Lire 1 Timo­thée 2.1–2. Pour­quoi l’apôtre Paul demande-t-il de prier pour les auto­ri­tés ?
  2. Lire 2 Samuel 12.1–7. Quel rôle joue le pro­phète Nathan face au roi David ? Que nous apprend cet épi­sode sur la rela­tion entre pou­voir poli­tique et parole de Dieu ?
  3. Lire 2 Chro­niques 26.16–21. Pour­quoi le roi Ozias est-il jugé lorsqu’il tente d’assumer un rôle sacer­do­tal ?
  4. Lire Mat­thieu 5.14–16. Que signi­fie concrè­te­ment l’image de la lumière pla­cée sur le chan­de­lier pour la pré­sence des chré­tiens dans la socié­té ?
  5. Lire Jean 18.36. Com­ment la parole de Jésus sur son Royaume aide-t-elle à com­prendre la dis­tinc­tion entre la Cité de Dieu et les puis­sances poli­tiques ?

QCM (véri­fi­ca­tion des connais­sances)

  1. Selon la Bible, les chré­tiens doivent prier pour les auto­ri­tés :
    a) uni­que­ment si ces auto­ri­tés sont chré­tiennes
    b) uni­que­ment lorsqu’elles gou­vernent bien
    c) parce que Dieu peut diri­ger les cœurs des diri­geants
    Réponse atten­due : c
  2. Dans l’Ancien Tes­ta­ment, la royau­té devait res­ter dis­tincte :
    a) de la jus­tice et de la guerre
    b) de la prê­trise et du pro­phé­tisme
    c) de la loi et de la sagesse
    Réponse atten­due : b
  3. Selon la tra­di­tion réfor­mée :
    a) les déci­sions poli­tiques expriment direc­te­ment la volon­té de Dieu
    b) les gou­ver­ne­ments sont inutiles dans le plan de Dieu
    c) les magis­trats exercent une fonc­tion ins­ti­tuée par Dieu mais res­tent res­pon­sables devant lui
    Réponse atten­due : c
  4. Le prin­ci­pal dan­ger évo­qué dans l’article est :
    a) la pré­sence de la foi dans la vie publique
    b) la prière pour les diri­geants
    c) l’instrumentalisation reli­gieuse du pou­voir poli­tique
    Réponse atten­due : c
  5. Dans la pen­sée chré­tienne clas­sique, la Cité de Dieu :
    a) cor­res­pond à un État par­ti­cu­lier
    b) se confond avec une nation chré­tienne
    c) ne se confond avec aucune puis­sance poli­tique ter­restre
    Réponse atten­due : c

Pro­po­si­tions d’animation péda­go­gique

Étude biblique en groupe
Lire les pas­sages bibliques men­tion­nés dans l’article (1 Timo­thée 2, 2 Samuel 12, Mat­thieu 5). Deman­der au groupe de rele­ver ce qu’ils disent sur l’autorité poli­tique, la res­pon­sa­bi­li­té des diri­geants et le rôle du peuple de Dieu.

Débat gui­dé
Divi­ser le groupe en deux équipes.
Pre­mière équipe : argu­men­ter en faveur d’une pré­sence active des chré­tiens dans la vie poli­tique.
Deuxième équipe : mettre en avant les risques de confu­sion entre foi et pou­voir poli­tique.
Conclure en mon­trant com­ment la tra­di­tion réfor­mée cherche à main­te­nir un équi­libre entre enga­ge­ment et dis­cer­ne­ment.

Exer­cice de dis­cer­ne­ment
Pré­sen­ter plu­sieurs situa­tions fic­tives :
un diri­geant invoque Dieu pour jus­ti­fier une guerre,
un chré­tien enga­gé en poli­tique explique que sa foi ins­pire son com­bat pour la jus­tice sociale,
une Église sou­tient publi­que­ment une réforme légis­la­tive.
Deman­der au groupe d’identifier dans chaque cas les points légi­times et les risques pos­sibles.

Objec­tif péda­go­gique

Aider les par­ti­ci­pants à com­prendre trois idées cen­trales :
la légi­ti­mi­té biblique de la prière pour les auto­ri­tés,
la res­pon­sa­bi­li­té des chré­tiens dans la vie publique,
la néces­si­té d’un dis­cer­ne­ment spi­ri­tuel pour évi­ter toute sacra­li­sa­tion du pou­voir poli­tique.

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