Le trésor du Royaume

17e dimanche du Temps ordinaire – Année A : Le Royaume, trésor incomparable (Matthieu 13.44–52)

Pour lire l’i­mage
Le coffre ouvert, rem­pli de pièces d’or et domi­né par une perle lumi­neuse, repré­sente la valeur incom­pa­rable du Royaume des cieux. La lumière du cou­chant sou­ligne que les richesses visibles ne prennent leur véri­table sens qu’à la lumière du Christ. L’image invite à recon­naître en lui le tré­sor suprême, pour lequel tout autre bien retrouve sa juste place.


Ce dimanche 26 juillet 2026, l’Église célèbre le 17e dimanche du Temps ordi­naire – Année A. La cou­leur litur­gique est le vert, signe de crois­sance, de per­sé­vé­rance et de matu­ra­tion dans la vie chré­tienne. Les lec­tures pro­po­sées sont 1 Rois 3.5, 7–12, Romains 8.28–30 et Mat­thieu 13.44–52.

Ces trois pas­sages nous placent devant une même ques­tion : qu’est-ce qui pos­sède une valeur assez grande pour orien­ter toute une exis­tence ? À Gabaon, Salo­mon ne demande ni une longue vie, ni la richesse, ni la mort de ses enne­mis. Conscient de sa fai­blesse, il demande à Dieu « un cœur intel­li­gent » afin de dis­cer­ner le bien du mal et de gou­ver­ner jus­te­ment le peuple qui lui est confié. La sagesse véri­table com­mence ain­si par la recon­nais­sance de notre dépen­dance envers Dieu.

Dans l’Évangile, Jésus-Christ révèle la valeur incom­pa­rable du Royaume des cieux. Il est sem­blable à un tré­sor caché dans un champ ou à une perle de grand prix. Celui qui le découvre com­prend que rien ne peut lui être com­pa­ré. Il vend tout, non par contrainte, mais dans la joie, parce qu’il a trou­vé un bien infi­ni­ment supé­rieur à tout ce qu’il aban­donne. Le Royaume n’est donc pas un élé­ment sup­plé­men­taire ajou­té à une vie déjà rem­plie. Il est la réa­li­té sou­ve­raine à par­tir de laquelle toute chose reçoit désor­mais sa juste place.

La para­bole du filet rap­pelle tou­te­fois que la révé­la­tion du Royaume com­porte éga­le­ment une dimen­sion de juge­ment. Dieu ras­semble, dis­tingue et conduit son œuvre vers son accom­plis­se­ment. Le temps pré­sent demeure celui de l’appel, de la patience et de la grâce ; mais il avance vers le jour où paraî­tra la véri­té de chaque cœur.

Paul contemple cette même œuvre du point de vue du des­sein éter­nel de Dieu. Ceux qu’il a connus d’avance, il les a aus­si pré­des­ti­nés à être sem­blables à l’image de son Fils ; ceux qu’il a appe­lés, il les a jus­ti­fiés ; ceux qu’il a jus­ti­fiés, il les a glo­ri­fiés. L’assurance chré­tienne ne repose donc pas sur la force de notre atta­che­ment à Dieu, mais sur la fer­me­té de son des­sein de grâce. Toutes choses concourent au bien de ceux qui l’aiment parce que leur his­toire demeure conte­nue dans sa Pro­vi­dence.

Dans l’histoire de l’alliance, ces lec­tures mani­festent l’unité de l’œuvre divine. Dieu donne la sagesse au roi appe­lé à conduire son peuple. Il révèle en Jésus-Christ le Royaume pro­mis, plus pré­cieux que tous les biens du monde. Il ras­semble enfin un peuple qu’il conforme à l’image de son Fils et conduit jusqu’à la gloire. Salo­mon reçoit la sagesse néces­saire à une royau­té encore impar­faite ; Jésus-Christ est lui-même la sagesse de Dieu et le Roi par­fait de l’alliance. En lui, nous ne décou­vrons pas seule­ment un tré­sor : nous rece­vons le Royaume et sommes inté­grés au des­sein éter­nel de Dieu.

Ce dimanche nous invite donc à deman­der un cœur capable de dis­cer­ner, à recon­naître en Jésus-Christ le tré­sor suprême et à nous confier dans la fidé­li­té de Dieu. La vraie sagesse consiste à esti­mer chaque chose à sa juste valeur. Or rien ne vaut le Royaume de Dieu, rien ne sur­passe la com­mu­nion avec le Christ, et rien ne peut faire échouer le des­sein de grâce par lequel Dieu conduit son peuple vers la gloire.

Le Psaume du jour

Le Psaume 119.129–136, selon la numé­ro­ta­tion pro­tes­tante, célèbre la puis­sance éclai­rante de la Parole de Dieu : « La révé­la­tion de tes paroles éclaire, elle donne de l’intelligence aux simples » (v. 130). Il répond direc­te­ment à la prière de Salo­mon pour rece­voir un cœur intel­li­gent et pré­pare l’assemblée à dis­cer­ner la valeur incom­pa­rable du Royaume annon­cé par Jésus-Christ. Dans le Psau­tier de Genève, le Psaume 119 occupe une place majeure comme longue médi­ta­tion sur la Loi, reçue non comme un far­deau, mais comme la parole vivi­fiante du Dieu de l’alliance. Cette sec­tion peut être chan­tée ou lue avant les lec­tures bibliques, comme prière d’illumination, ou après la pré­di­ca­tion, comme réponse de foi et désir d’obéissance.


Cette page ras­semble les textes bibliques du jour, une médi­ta­tion, une pré­di­ca­tion et des élé­ments litur­giques pour le culte. Elle a pour objec­tif d’aider à la pré­pa­ra­tion et à la célé­bra­tion du culte, mais aus­si à la lec­ture per­son­nelle et com­mu­nau­taire de l’Écriture. L’ensemble du conte­nu est libre de droit et peut être uti­li­sé, adap­té et dif­fu­sé dans un cadre ecclé­sial, pas­to­ral ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

L’architecture de cette page per­met trois niveaux de lec­ture :

  • Lec­teur pres­sé → médi­ta­tion + pré­di­ca­tion → nour­ri
  • Lec­teur enga­gé → ajoute l’exégèse → enra­ci­né
  • Lec­teur for­mé / res­pon­sable → va jusqu’à l’apologétique → équi­pé


Courte méditation

La médi­ta­tion pro­po­sée sur le blog foedus.fr est volon­tai­re­ment courte. Elle s’appuie sur le texte de l’Évangile du jour (sauf indi­ca­tion contraire) et cherche à en faire res­sor­tir une parole cen­trale, acces­sible et direc­te­ment appli­cable à la vie quo­ti­dienne. Elle est accom­pa­gnée d’une prière simple, en écho au mes­sage biblique.

Cette médi­ta­tion peut être reprise telle quelle ou adap­tée libre­ment. Elle se prête par­ti­cu­liè­re­ment bien à un usage per­son­nel, pas­to­ral ou à un par­tage sur les réseaux sociaux (Face­book, X, etc.), sous forme de copier-col­ler.

Ce texte est libre de droit. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.


Textes de ce dimanche 26 juillet 2026

17e dimanche du Temps ordi­naire – Année A

1 Rois 3.5, 7–12
Psaume 119.129–136
Romains 8.28–30
Mat­thieu 13.44–52

Il est frap­pant de consta­ter que Dieu ne répond pas tou­jours aux ques­tions que nous nous posons, mais qu’il répond sou­vent à celles que nous devrions nous poser.

Nous deman­dons volon­tiers davan­tage de sécu­ri­té, davan­tage de moyens, davan­tage de temps ou davan­tage de réus­site. Salo­mon aurait pu faire de même. Il venait de mon­ter sur le trône d’un grand royaume. Les défis étaient immenses. Pour­tant, il demande une seule chose : un cœur capable d’é­cou­ter Dieu.

Quelques siècles plus tard, Jésus conduit cette sagesse jus­qu’à son accom­plis­se­ment. Le Royaume des cieux res­semble à un tré­sor caché. Celui qui le découvre com­prend sou­dain que tout le reste change de valeur. Rien n’est néces­sai­re­ment mau­vais dans ce qu’il pos­sé­dait aupa­ra­vant. Mais tout devient désor­mais secon­daire devant la beau­té du Royaume.

Cette décou­verte ne pro­duit pas la tris­tesse mais la joie. L’homme vend tout « dans sa joie ». La foi chré­tienne n’est pas d’a­bord une suc­ces­sion de renon­ce­ments ; elle est la décou­verte d’une richesse infi­ni­ment plus grande que toutes celles aux­quelles nous étions atta­chés.

Paul éclaire enfin cette joie par une cer­ti­tude pro­fonde. Si nous pou­vons mar­cher à la suite du Christ, ce n’est pas parce que nous sommes par­ti­cu­liè­re­ment solides ou per­sé­vé­rants. C’est parce que Dieu pour­suit fidè­le­ment son œuvre en nous. Celui qui nous appelle ne cesse jamais de nous conduire vers le but qu’il s’est fixé : nous rendre conformes à l’i­mage de son Fils.

Nous igno­rons ce que nous réserve cette semaine. Cer­taines jour­nées appor­te­ront peut-être des joies, d’autres des inquié­tudes ou des décep­tions. Mais une ques­tion demeure au-des­sus de toutes les autres : où est mon tré­sor ? Si le Christ est réel­le­ment deve­nu notre bien suprême, alors aucune cir­cons­tance ne pour­ra fina­le­ment nous pri­ver de la richesse essen­tielle que Dieu nous a don­née.

Prière

Sei­gneur notre Dieu, accorde-nous un cœur qui sache écou­ter ta voix avant toutes les autres. Garde-nous de recher­cher les richesses qui passent en oubliant le Royaume qui demeure éter­nel­le­ment. Donne-nous de recon­naître chaque jour en Jésus-Christ le tré­sor incom­pa­rable que tu offres à ton peuple. Lorsque les épreuves obs­cur­cissent notre route, for­ti­fie notre confiance dans ta Pro­vi­dence et rap­pelle-nous que rien ne peut empê­cher l’ac­com­plis­se­ment de ton des­sein de grâce. Fais-nous gran­dir dans la sagesse, la foi et l’es­pé­rance jus­qu’au jour où nous contem­ple­rons plei­ne­ment la gloire de ton Royaume. Amen.

© Vincent Bru, 20 juillet 2026


Méditation adaptée à des militaires

Textes de ce dimanche 26 juillet 2026

17e dimanche du Temps ordi­naire – Année A

1 Rois 3.5, 7–12
Psaume 119.129–136
Romains 8.28–30
Mat­thieu 13.44–52

La vie mili­taire apprend très vite à dis­tin­guer l’es­sen­tiel de l’ac­ces­soire. Dans l’ur­gence, sous la fatigue ou face au dan­ger, les prio­ri­tés deviennent plus claires. Ce qui parais­sait impor­tant quelques heures aupa­ra­vant peut sou­dain perdre toute valeur.

Les lec­tures de ce dimanche nous invitent à exer­cer ce même dis­cer­ne­ment dans notre vie spi­ri­tuelle.

Salo­mon aurait pu deman­der une armée plus puis­sante, des fron­tières mieux pro­té­gées ou une longue sta­bi­li­té poli­tique. Il demande un cœur capable d’é­cou­ter Dieu. Il com­prend qu’un chef sans sagesse peut pos­sé­der tous les moyens maté­riels et conduire mal­gré tout son peuple au désastre.

Jésus reprend cette même logique lors­qu’il parle du tré­sor caché et de la perle de grand prix. Un mili­taire sait ce qu’est un enga­ge­ment total lors­qu’une mis­sion l’exige. Le Christ nous rap­pelle qu’il existe une réa­li­té qui mérite un enga­ge­ment plus pro­fond encore : le Royaume des cieux. Ce n’est pas un idéal abs­trait, mais la sei­gneu­rie du Christ sur toute notre exis­tence.

Paul ajoute enfin une parole de récon­fort pré­cieuse pour ceux dont la voca­tion les conduit par­fois loin de leur famille, dans l’in­cer­ti­tude ou au contact de la souf­france. Notre sécu­ri­té ultime ne dépend ni des cir­cons­tances, ni de nos propres capa­ci­tés. Celui qui nous a appe­lés pour­suit son œuvre avec une fidé­li­té par­faite. Même lorsque nous ne com­pre­nons pas le che­min qu’il nous fait par­cou­rir, sa Pro­vi­dence demeure à l’œuvre.

Dans les armées, on apprend que la confiance est indis­pen­sable. Une mis­sion ne peut réus­sir si cha­cun agit selon son propre juge­ment en igno­rant son chef. La vie chré­tienne connaît une réa­li­té com­pa­rable, mais infi­ni­ment plus pro­fonde. Dieu ne nous demande pas une obéis­sance aveugle ; il nous invite à faire confiance à celui dont la sagesse est par­faite et dont les des­seins sont tou­jours justes.

Que cette semaine soit l’oc­ca­sion de deman­der, comme Salo­mon, non d’a­bord davan­tage de moyens, mais un cœur qui écoute. Car le plus grand équi­pe­ment d’un dis­ciple du Christ demeure une foi éclai­rée par la Parole de Dieu.

Prière

Sei­gneur notre Dieu, nous te confions tous ceux qui servent notre pays, en France comme au loin. Donne-leur un cœur atten­tif à ta volon­té, du cou­rage dans les res­pon­sa­bi­li­tés qui leur sont confiées et de la sagesse dans les déci­sions qu’ils doivent prendre. Sou­tiens ceux qui connaissent la soli­tude, l’in­quié­tude ou l’é­preuve. Garde-les dans ta paix et rap­pelle-leur que rien n’é­chappe à ta Pro­vi­dence. Fais de cha­cun de nous des témoins fidèles du Christ, capables de recher­cher avant toute chose ton Royaume et de mar­cher avec confiance jus­qu’au jour où nous entre­rons dans ta gloire. Par Jésus-Christ notre Sei­gneur. Amen.

© Vincent Bru, 20 juillet 2026


Prédication

Les pré­di­ca­tions pro­po­sées sur le blog suivent en prin­cipe une struc­ture simple et éprou­vée : une intro­duc­tion, trois points déve­lop­pés, puis une conclu­sion. Cette pro­gres­sion vise à aider l’écoute, la com­pré­hen­sion et l’appropriation du mes­sage biblique, sans alour­dir le pro­pos ni perdre de vue l’essentiel.

Cette struc­ture n’est ni obli­ga­toire ni rigide. Elle consti­tue un cadre au ser­vice de la Parole, non une contrainte for­melle. Vous pou­vez reprendre cette pré­di­ca­tion telle quelle, l’adapter à votre contexte, ou sim­ple­ment vous en ins­pi­rer pour éla­bo­rer votre propre pro­cla­ma­tion.

La pré­di­ca­tion est pro­po­sée selon deux modèles com­plé­men­taires :

Un cane­vas de pré­di­ca­tion, des­ti­né à ceux qui sou­haitent s’inspirer de la struc­ture en la per­son­na­li­sant lar­ge­ment ;

Une pré­di­ca­tion orale exé­gé­tique, d’environ vingt minutes, direc­te­ment pro­cla­mable, pour ceux qui sou­haitent la lire ou l’adapter légè­re­ment.

Ce texte est libre de droit et peut être uti­li­sé, repro­duit ou adap­té pour un usage pas­to­ral, litur­gique ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

A lire avant tout : Méthode homi­lé­tique et pré­di­ca­tion réfor­mée – Fiches pour pas­teurs et pré­di­ca­teurs laïques


Prédication – canevas

Texte prin­ci­pal

Mat­thieu 13.44–52

Pro­po­si­tion cen­trale

Le Royaume des cieux pos­sède une valeur si incom­pa­rable que celui qui découvre véri­ta­ble­ment Jésus-Christ réor­ga­nise toute son exis­tence autour de lui.

Intro­duc­tion

Nous fai­sons constam­ment des choix. Cer­tains sont ano­dins, d’autres orientent toute une vie : un mariage, une voca­tion, un enga­ge­ment, un démé­na­ge­ment, une conver­sion. Chaque déci­sion révèle ce que nous esti­mons le plus pré­cieux.

Les textes de ce dimanche posent une ques­tion simple mais déci­sive : qu’est-ce qui vaut vrai­ment la peine d’être recher­ché ?

Salo­mon répond en deman­dant la sagesse plu­tôt que la richesse. Paul répond en contem­plant le des­sein éter­nel de Dieu. Jésus répond en racon­tant l’his­toire d’un homme qui découvre un tré­sor et d’un mar­chand qui trouve une perle incom­pa­rable.

Le Royaume de Dieu est ce tré­sor.

I. La vraie sagesse consiste à recon­naître la valeur du Royaume

Exé­gèse

Les deux pre­mières para­boles reposent sur la même idée : lors­qu’une per­sonne découvre le Royaume, toute son échelle de valeurs est bou­le­ver­sée.

Le tré­sor n’a pas chan­gé de valeur.

C’est le regard de celui qui le découvre qui change.

Salo­mon avait déjà com­pris ce prin­cipe lors­qu’il deman­da un cœur qui écoute plu­tôt que les richesses.

Illus­tra­tion pos­sible

Une per­sonne qui découvre un dia­mant authen­tique au milieu de pierres ordi­naires ne regarde plus jamais ces pierres de la même manière.

Appli­ca­tion

Nos prio­ri­tés révèlent notre véri­table tré­sor.

Notre emploi du temps.

Notre argent.

Nos inquié­tudes.

Nos pro­jets.

Tout cela montre ce qui occupe réel­le­ment la pre­mière place.

II. La décou­verte du Royaume pro­duit une joie qui trans­forme toute la vie

Exé­gèse

Jésus pré­cise que l’homme vend tout dans sa joie.

Le chris­tia­nisme n’est pas pré­sen­té comme une suc­ces­sion de sacri­fices pénibles.

La joie pré­cède le renon­ce­ment.

Parce que le Royaume est infi­ni­ment plus pré­cieux, tout le reste trouve désor­mais sa juste place.

Illus­tra­tion pos­sible

Un marin accepte volon­tiers de quit­ter le port lors­qu’il sait vers quel rivage il navigue. L’es­pé­rance rend le départ pos­sible.

Appli­ca­tion

Le Christ ne retire jamais sans don­ner davan­tage.

Les renon­ce­ments chré­tiens ne sont pas une perte défi­ni­tive.

Ils sont la consé­quence d’une décou­verte infi­ni­ment meilleure.

III. Celui qui appar­tient au Royaume vit dans la confiance jus­qu’au jour du juge­ment

Exé­gèse

La para­bole du filet rap­pelle que l’his­toire avance vers un juge­ment véri­table.

Romains 8 montre cepen­dant que ceux que Dieu a appe­lés sont conduits jus­qu’à la gloire.

L’es­pé­rance chré­tienne repose donc sur la fidé­li­té de Dieu.

Illus­tra­tion pos­sible

Un enfant marche avec confiance lors­qu’il tient la main de son père, non parce qu’il connaît par­fai­te­ment le che­min, mais parce qu’il connaît celui qui le conduit.

Appli­ca­tion

Le croyant peut tra­ver­ser les incer­ti­tudes de la vie avec assu­rance.

Sa sécu­ri­té ultime ne dépend pas des cir­cons­tances mais du des­sein sou­ve­rain de Dieu.

Élé­ments d’exé­gèse à déve­lop­per ora­le­ment

Le tré­sor caché et son contexte his­to­rique.

La perle de grand prix et le com­merce antique.

Le « cœur qui écoute » deman­dé par Salo­mon.

La chaîne du salut en Romains 8.28–30.

Le lien entre sagesse, Royaume et Pro­vi­dence.

Conclu­sion

Le Royaume des cieux n’est pas un com­plé­ment appor­té à une vie déjà réus­sie. Il est le bien suprême qui donne leur véri­table valeur à toutes les autres réa­li­tés.

La ques­tion que les lec­tures nous adressent est donc per­son­nelle : où est mon tré­sor ?

Celui qui découvre le Christ découvre une richesse que rien ni per­sonne ne pour­ra lui enle­ver. C’est pour­quoi il peut mar­cher avec confiance, deman­der chaque jour la sagesse de Dieu et vivre dans la joie de celui qui appar­tient déjà au Royaume des cieux.


Prédication exposition – forme orale (env. 20 mn)

Mat­thieu 13.44–52

Le Royaume qui vaut plus que tout

Intro­duc­tion

Frères et sœurs,

Il y a des évé­ne­ments qui obligent un homme à rééva­luer toute sa vie.

Une nais­sance. Un deuil. Une mala­die. Une guerre. Une ren­contre inat­ten­due. En quelques ins­tants, ce qui parais­sait essen­tiel devient secon­daire, et ce qui sem­blait secon­daire devient sou­dain déci­sif.

Nous fai­sons tous l’ex­pé­rience de ces bou­le­ver­se­ments. Ils révèlent ce qui compte vrai­ment.

Les lec­tures de ce dimanche nous conduisent pré­ci­sé­ment sur ce ter­rain.

Dans la pre­mière lec­ture, Dieu demande à Salo­mon ce qu’il désire rece­voir. Le jeune roi aurait pu deman­der une armée plus puis­sante, un règne plus long, des richesses immenses ou la vic­toire sur ses enne­mis. Au lieu de cela, il demande un cœur qui écoute. Il com­prend que la vraie richesse n’est pas de pos­sé­der davan­tage, mais de dis­cer­ner la volon­té de Dieu.

Le psaume pour­suit cette même réflexion. La Parole de Dieu éclaire le che­min du croyant. Elle donne l’in­tel­li­gence aux simples. Elle apprend à dis­tin­guer ce qui passe de ce qui demeure.

Puis l’a­pôtre Paul nous conduit encore plus loin. Il nous rap­pelle que toute notre exis­tence est por­tée par le des­sein éter­nel de Dieu. Rien n’é­chappe à sa Pro­vi­dence. Ceux qu’il appelle, il les conduit jus­qu’à la gloire.

Enfin, Jésus ras­semble tous ces ensei­gne­ments dans quatre courtes para­boles.

Elles sont très simples.

Un homme découvre un tré­sor.

Un mar­chand trouve une perle excep­tion­nelle.

Des pêcheurs remontent un filet.

Un maître de mai­son ouvre son tré­sor.

Quatre images de la vie quo­ti­dienne.

Pour­tant, cha­cune ouvre une fenêtre sur le Royaume des cieux.

Et Jésus nous pose une ques­tion qui tra­verse les siècles.

Qu’est-ce qui pos­sède réel­le­ment de la valeur ?

Car c’est tou­jours cette ques­tion qui oriente notre exis­tence.

Nous ne vivons jamais en fonc­tion de ce que nous affir­mons croire.

Nous vivons en fonc­tion de ce que nous consi­dé­rons comme notre véri­table tré­sor.

Si notre tré­sor est l’argent, toute notre vie s’or­ga­ni­se­ra autour de l’argent.

Si notre tré­sor est la réus­site, nous sacri­fie­rons beau­coup pour réus­sir.

Si notre tré­sor est notre répu­ta­tion, nous pas­se­rons notre temps à pro­té­ger notre image.

Mais si notre tré­sor est le Christ, alors toute notre exis­tence pren­dra une direc­tion nou­velle.

Voi­là le sujet de cette pré­di­ca­tion.

Nous allons suivre le mou­ve­ment même du texte.

Dans les deux pre­mières para­boles, Jésus nous montre la valeur incom­pa­rable du Royaume.

Dans la troi­sième, il nous révèle la gra­vi­té de la déci­sion qu’il faut prendre aujourd’­hui.

Enfin, dans la qua­trième, il montre la res­pon­sa­bi­li­té de ceux qui ont reçu cette révé­la­tion.

Le texte pro­gresse ain­si natu­rel­le­ment.

Décou­vrir.

Choi­sir.

Per­sé­vé­rer.

Trans­mettre.

C’est aus­si le che­min de toute la vie chré­tienne.

I. Le trésor caché – La découverte qui bouleverse toute une vie

Mat­thieu 13.44

« Le royaume des cieux est encore sem­blable à un tré­sor caché dans un champ. L’homme qui l’a trou­vé le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ. »

Jésus com­mence par une scène extrê­me­ment simple.

Un homme tra­vaille dans un champ.

Il ne cherche pas un tré­sor.

Il tra­vaille.

Puis sou­dain, tout change.

Sous la terre appa­raît un coffre oublié depuis long­temps.

Pour com­prendre la force de cette image, il faut se rap­pe­ler le contexte du Proche-Orient antique. Les banques n’existent pas. Les inva­sions sont fré­quentes. Lors­qu’une armée approche, beau­coup enterrent leurs biens les plus pré­cieux avec l’es­poir de reve­nir les récu­pé­rer plus tard. Mais cer­tains meurent pen­dant la guerre, d’autres sont dépor­tés, d’autres encore oublient l’en­droit exact où ils avaient caché leurs richesses. Des tré­sors demeurent ain­si enfouis pen­dant des géné­ra­tions.

Les audi­teurs de Jésus connaissent par­fai­te­ment cette réa­li­té.

Ils com­prennent immé­dia­te­ment qu’une telle décou­verte peut trans­for­mer l’exis­tence d’un homme.

Mais Jésus ne raconte pas cette his­toire pour par­ler d’argent.

Il parle du Royaume des cieux.

Le pre­mier ensei­gne­ment est donc très simple.

Le Royaume existe avant même que nous le décou­vrions.

Le tré­sor n’ap­pa­raît pas parce que l’homme le cherche.

Il était déjà là.

C’est une véri­té fon­da­men­tale de l’É­van­gile.

Dieu n’at­tend pas que l’homme invente le salut.

Le Royaume est déjà pré­sent parce que Dieu l’a éta­bli en son Fils.

La grâce pré­cède tou­jours notre réponse.

Nous retrou­vons ici exac­te­ment ce que Paul affirme dans l’é­pître aux Romains.

« Ceux qu’il a connus d’a­vance, il les a aus­si pré­des­ti­nés… »

Avant notre foi, il y a l’œuvre de Dieu.

Avant notre recherche, il y a son appel.

Avant notre amour, il y a son amour.

C’est pour­quoi la conver­sion n’est jamais la décou­verte d’une véri­té que nous aurions fabri­quée.

C’est la décou­verte émer­veillée d’une réa­li­té qui nous pré­cé­dait.

Voi­là pour­quoi tant de croyants racontent leur conver­sion avec les mêmes mots.

Ils disent sou­vent : « J’ai l’im­pres­sion que Dieu m’at­ten­dait depuis long­temps. »

Et c’est exac­te­ment cela.

Le tré­sor était déjà dans le champ.

Mais il y a un deuxième ensei­gne­ment.

L’homme recon­naît immé­dia­te­ment la valeur de ce qu’il vient de trou­ver.

Tout le monde n’au­rait pas fait la même chose.

Un autre aurait pu refer­mer le coffre et repar­tir.

Parce qu’un tré­sor n’a de valeur que pour celui qui sait le recon­naître.

C’est ici que nous retrou­vons la pre­mière lec­ture.

Pour­quoi Salo­mon demande-t-il la sagesse ?

Parce que la sagesse per­met pré­ci­sé­ment de dis­cer­ner ce qui pos­sède une véri­table valeur.

Le cœur qui écoute est un cœur qui apprend à juger selon Dieu.

Il ne confond plus l’es­sen­tiel avec l’ac­ces­soire.

Il ne prend plus l’é­phé­mère pour l’é­ter­nel.

Voi­là pour­quoi Jésus com­mence par cette para­bole.

Le Royaume ne peut être reçu que par celui dont Dieu ouvre les yeux.

Sans cette grâce, le tré­sor reste enfoui.

On peut pas­ser toute sa vie au-des­sus du champ sans jamais com­prendre ce qui s’y trouve.

N’est-ce pas ce qui s’est pro­duit avec beau­coup de contem­po­rains de Jésus ?

Ils ont vu le Christ.

Ils ont enten­du sa parole.

Ils ont assis­té à ses miracles.

Pour­tant ils n’ont rien recon­nu.

Le tré­sor était devant eux.

Ils ne l’ont pas vu.

Aujourd’­hui encore, deux per­sonnes peuvent entendre exac­te­ment le même Évan­gile.

L’une repart inchan­gée.

L’autre découvre le Christ comme la plus grande richesse de son exis­tence.

La dif­fé­rence ne réside pas dans l’in­tel­li­gence natu­relle.

Elle réside dans l’œuvre de Dieu qui ouvre les yeux du cœur.

Frères et sœurs, deman­dons-nous alors :

Que voyons-nous lorsque nous regar­dons Jésus-Christ ?

Voyons-nous seule­ment un grand maître reli­gieux ?

Un exemple moral ?

Une figure his­to­rique ?

Ou bien recon­nais­sons-nous en lui le tré­sor incom­pa­rable dans lequel Dieu nous donne tout ce qui est néces­saire au salut ?

Car c’est seule­ment lorsque le Christ devient notre tré­sor que toute notre exis­tence com­mence véri­ta­ble­ment à être trans­for­mée.

Le récit com­porte ensuite un détail que nous lisons sou­vent trop rapi­de­ment.

« Il le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ. »

Pen­dant long­temps, cer­tains lec­teurs ont vou­lu dis­cu­ter la léga­li­té du geste de cet homme. Pour­quoi cache-t-il de nou­veau le tré­sor ? Pour­quoi n’a­ver­tit-il pas immé­dia­te­ment le pro­prié­taire du champ ?

Mais Jésus ne raconte pas une leçon de droit immo­bi­lier.

Comme dans toutes les para­boles, chaque détail sert le mou­ve­ment prin­ci­pal du récit.

Or le point cen­tral est ailleurs.

L’homme com­prend immé­dia­te­ment que ce tré­sor vaut davan­tage que tout ce qu’il pos­sède.

Il rentre chez lui.

Il fait l’in­ven­taire de tous ses biens.

Puis il vend tout.

Remar­quons bien que Jésus ne dit pas qu’il aban­donne quelques biens.

Ni la moi­tié.

Ni ce qui lui est deve­nu inutile.

Il vend tout.

Pour­quoi ?

Parce qu’il a enfin trou­vé ce qui donne sa véri­table valeur au reste.

Et c’est ici que beau­coup se trompent en lisant cette para­bole.

Ils ima­ginent que Jésus enseigne le salut par les œuvres.

Comme si l’homme ache­tait le Royaume en payant le prix de ses sacri­fices.

Mais ce n’est abso­lu­ment pas ce que dit le texte.

Car qu’a­chète-t-il ?

Il n’a­chète pas le tré­sor.

Il achète le champ.

Le tré­sor est infi­ni­ment supé­rieur au prix payé.

Autre­ment dit, même après avoir ven­du tout ce qu’il pos­sède, il reçoit encore infi­ni­ment davan­tage.

Voi­là exac­te­ment ce qu’est la grâce.

Nous ne pou­vons jamais ache­ter le Royaume.

Nous ne pou­vons jamais payer le prix de notre salut.

Le Christ a payé ce prix à notre place.

Ce que Jésus décrit ici n’est donc pas la condi­tion du salut.

Il décrit la consé­quence de la décou­verte du salut.

Le renon­ce­ment ne pro­duit pas le Royaume.

Le Royaume pro­duit le renon­ce­ment.

C’est très dif­fé­rent.

L’homme vend tout parce qu’il a déjà com­pris la valeur du tré­sor.

La grâce pré­cède tou­jours l’o­béis­sance.

La décou­verte pré­cède tou­jours le renon­ce­ment.

C’est exac­te­ment ce que nous obser­vons dans toute la Sainte Écri­ture.

Abra­ham quitte son pays parce que Dieu l’a appe­lé.

Moïse conduit Israël parce que Dieu s’est révé­lé à lui.

Les dis­ciples quittent leurs filets parce qu’ils ont ren­con­tré Jésus.

Paul aban­donne ses pri­vi­lèges reli­gieux parce qu’il consi­dère désor­mais toutes choses « comme une perte à cause de l’ex­cel­lence de la connais­sance de Jésus-Christ » (Phi­lip­piens 3.8).

La vie chré­tienne ne com­mence donc jamais par un sacri­fice.

Elle com­mence par une ren­contre.

Lorsque cette ren­contre est véri­table, tout le reste change natu­rel­le­ment de place.

Et Jésus ajoute alors un mot extra­or­di­naire.

« Dans sa joie… »

Nous aurions peut-être écrit :

« Avec cou­rage… »

« Avec déter­mi­na­tion… »

« Mal­gré la dif­fi­cul­té… »

Mais Jésus dit :

« Dans sa joie. »

Voi­là sans doute l’un des ver­sets les plus libé­ra­teurs de cette para­bole.

Le chris­tia­nisme n’est pas la reli­gion des visages fer­més.

Le dis­ciple ne renonce pas au monde avec amer­tume.

Il renonce avec joie.

Pour­quoi ?

Parce qu’il ne regarde plus ce qu’il aban­donne.

Il regarde ce qu’il reçoit.

Celui qui contemple uni­que­ment ce qu’il perd fini­ra tou­jours par trou­ver l’o­béis­sance trop coû­teuse.

Mais celui qui contemple le Christ découvre rapi­de­ment qu’au­cun renon­ce­ment ne peut être com­pa­ré à la richesse qu’il reçoit en lui.

Pen­sons aux paroles de l’a­pôtre Paul.

Après avoir énu­mé­ré tous ses pri­vi­lèges reli­gieux, toute sa réus­site, toute sa répu­ta­tion, il conclut :

« Je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’ex­cel­lence de la connais­sance de Jésus-Christ mon Sei­gneur » (Ph 3.8).

Voi­là exac­te­ment la joie du tré­sor caché.

Paul n’est pas deve­nu pauvre.

Il est deve­nu infi­ni­ment plus riche.

Frères et sœurs, cette parole nous oblige à nous exa­mi­ner.

Si suivre le Christ nous paraît seule­ment une suc­ces­sion de pri­va­tions, n’est-ce pas le signe que nous contem­plons davan­tage ce que nous quit­tons que celui que nous sui­vons ?

Car plus le Christ gran­dit devant nos yeux, plus les renon­ce­ments perdent de leur poids.

Ce n’est pas la force de notre volon­té qui explique cela.

C’est la beau­té du tré­sor.

Voi­là pour­quoi l’É­glise ne com­mence jamais par annon­cer des exi­gences morales.

Elle annonce d’a­bord Jésus-Christ.

Car c’est seule­ment lors­qu’un homme découvre le Roi que le Royaume devient pour lui le bien le plus pré­cieux.

II. La perle de grand prix – La quête qui trouve enfin son accomplissement

Mat­thieu 13.45–46

« Le royaume des cieux est encore sem­blable à un mar­chand qui cherche de belles perles. Il a trou­vé une perle de grand prix ; et il est allé vendre tout ce qu’il avait, et l’a ache­tée. »

À pre­mière vue, cette seconde para­bole semble répé­ter exac­te­ment la pre­mière.

Un homme trouve quelque chose d’une valeur excep­tion­nelle.

Il vend tout.

Il l’ac­quiert.

L’en­sei­gne­ment paraît iden­tique.

Et pour­tant, Jésus modi­fie plu­sieurs détails essen­tiels.

Le pre­mier homme ne cher­chait rien.

Le second cherche depuis long­temps.

Il est mar­chand.

C’est un pro­fes­sion­nel.

Il connaît les perles.

Il en a vu des cen­taines, peut-être des mil­liers.

Il sait dis­tin­guer une pierre ordi­naire d’une perle excep­tion­nelle.

Toute sa vie est une recherche.

Puis un jour, il trouve enfin celle qui dépasse toutes les autres.

Pour­quoi Jésus raconte-t-il cette seconde his­toire ?

Parce que tous ceux qui viennent au Christ n’empruntent pas le même che­min.

Cer­tains res­semblent au pre­mier homme.

Ils ne cher­chaient pas Dieu.

Ils ne pen­saient même pas à lui.

Puis, presque à leur insu, Dieu vient bou­le­ver­ser leur exis­tence.

Pen­sons à Saul de Tarse.

Il ne cher­chait cer­tai­ne­ment pas Jésus.

Il cher­chait à détruire l’É­glise.

Pour­tant, sur le che­min de Damas, le Christ res­sus­ci­té vient à sa ren­contre.

Sa vie entière bas­cule.

Mais d’autres res­semblent davan­tage au mar­chand.

Depuis long­temps, ils cherchent.

Ils cherchent le sens de leur vie.

Ils cherchent la véri­té.

Ils cherchent une paix qu’ils ne trouvent nulle part.

Ils passent d’une phi­lo­so­phie à une autre.

D’une spi­ri­tua­li­té à une autre.

D’une expé­rience à une autre.

Et par­fois cette recherche dure des années.

Pen­sons à Jus­tin Mar­tyr.

Avant de deve­nir chré­tien, il par­court les grandes écoles phi­lo­so­phiques de son temps.

Il étu­die les stoï­ciens.

Les péri­pa­té­ti­ciens.

Les pytha­go­ri­ciens.

Les pla­to­ni­ciens.

Il cherche sin­cè­re­ment la véri­té.

Puis il ren­contre l’É­van­gile.

Et il com­prend enfin que ce qu’il pour­sui­vait depuis tou­jours se trouve en Jésus-Christ.

Pen­sons aus­si à Augus­tin.

Quelle longue quête !

Il cherche dans les plai­sirs.

Dans la car­rière.

Dans la rhé­to­rique.

Dans le mani­chéisme.

Dans le néo­pla­to­nisme.

Et lors­qu’il entend enfin l’ap­pel de Dieu, il peut écrire cette phrase célèbre :

« Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est sans repos jus­qu’à ce qu’il repose en toi. »

Toute sa recherche trouve enfin son terme.

Frères et sœurs,

nous ren­con­trons encore aujourd’­hui ces deux caté­go­ries de per­sonnes.

Cer­tains sont sai­sis presque sou­dai­ne­ment par la grâce.

D’autres avancent len­te­ment, par­fois pen­dant des années.

Mais remar­quez bien que Jésus ne met jamais en concur­rence ces deux che­mins.

L’es­sen­tiel n’est pas la manière dont on arrive au Christ.

L’es­sen­tiel est d’ar­ri­ver au Christ.

Car, dans les deux para­boles, la conclu­sion est exac­te­ment la même.

La décou­verte du Royaume pro­duit une réor­ga­ni­sa­tion com­plète de l’exis­tence.

Le mar­chand vend tout.

Pour­quoi ?

Parce que toutes les autres perles ont per­du leur valeur rela­tive.

Atten­tion.

Jésus ne dit pas qu’elles deviennent sans valeur.

Il dit qu’elles ne peuvent plus être com­pa­rées à celle qu’il vient de trou­ver.

Voi­là une dis­tinc­tion essen­tielle.

Le chris­tia­nisme ne méprise pas la créa­tion.

Il ne méprise pas le tra­vail.

Il ne méprise pas la famille.

Il ne méprise pas les joies légi­times que Dieu accorde.

Mais il refuse de leur don­ner la pre­mière place.

Tout devient secon­daire devant le Christ.

C’est exac­te­ment ce que Paul exprime lors­qu’il écrit :

« Je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’ex­cel­lence de la connais­sance de Jésus-Christ mon Sei­gneur » (Ph 3.8).

Remar­quons encore une dif­fé­rence.

Dans la pre­mière para­bole, l’homme découvre un tré­sor caché.

Dans la seconde, le mar­chand recon­naît immé­dia­te­ment la valeur de la perle.

Pour­quoi ?

Parce qu’il a été for­mé à dis­cer­ner.

De même, cer­tains croyants ont été pré­pa­rés pro­gres­si­ve­ment par Dieu.

Toute leur his­toire, toutes leurs ques­tions, toutes leurs lec­tures, toutes leurs décep­tions les condui­saient sans qu’ils le sachent vers cette ren­contre déci­sive.

Ils découvrent alors que toutes leurs recherches trou­vaient leur véri­table réponse dans la per­sonne du Christ.

Il y a ici un immense encou­ra­ge­ment.

Peut-être prions-nous depuis long­temps pour un proche.

Peut-être avons-nous l’im­pres­sion qu’il cherche sans jamais trou­ver.

Cette para­bole nous rap­pelle que Dieu conduit par­fois une âme par des che­mins très longs.

Le mar­chand ne découvre pas la perle au pre­mier mar­ché.

Mais lors­qu’il la découvre enfin, toute son his­toire prend sou­dain son sens.

Dieu sait conduire les cher­cheurs sin­cères jus­qu’au Christ.

Et lors­qu’ils le ren­contrent, ils com­prennent que celui qu’ils cher­chaient depuis tou­jours les atten­dait depuis toute éter­ni­té.

III. Le filet jeté dans la mer – L’urgence d’une décision avant le jugement

Mat­thieu 13.47–50

« Le royaume des cieux est encore sem­blable à un filet jeté dans la mer et ramas­sant des pois­sons de toute espèce. Quand il est rem­pli, les pêcheurs le tirent ; et, après s’être assis sur le rivage, ils mettent dans des vases ce qui est bon, et ils jettent ce qui est mau­vais. Il en sera de même à la fin du monde. Les anges vien­dront sépa­rer les méchants d’a­vec les justes, et ils les jet­te­ront dans la four­naise ardente, où il y aura des pleurs et des grin­ce­ments de dents. »

Après deux para­boles pleines de joie, le ton change brus­que­ment.

Jésus nous conduit du tré­sor au juge­ment.

Du bon­heur de la décou­verte à la gra­vi­té de la déci­sion.

Le chan­ge­ment peut sur­prendre.

Pour­tant, il est pro­fon­dé­ment logique.

Car si le Royaume est réel­le­ment le plus grand des tré­sors, alors la manière dont nous répon­dons à son appel devient la ques­tion la plus impor­tante de notre exis­tence.

Jésus prend l’exemple d’un grand filet de pêche.

Les dis­ciples connaissent par­fai­te­ment cette scène.

Plu­sieurs d’entre eux ont exer­cé ce métier sur les rives du lac de Gali­lée.

Le mot grec σαγήνη (sagè­nè) désigne un immense filet traî­nant qui ratisse lar­ge­ment les eaux.

Contrai­re­ment à d’autres tech­niques de pêche, il ne choi­sit pas ce qu’il cap­ture.

Tout entre dans le filet.

Les bons pois­sons.

Les mau­vais.

Les grands.

Les petits.

Ce n’est qu’une fois arri­vé sur le rivage que com­mence le tri.

L’i­mage est d’une grande sim­pli­ci­té.

Aujourd’­hui, l’É­van­gile est annon­cé à tous.

L’É­glise ras­semble des hommes et des femmes d’o­ri­gines très dif­fé­rentes.

Elle accueille des croyants mûrs, des nou­veaux conver­tis, des cher­cheurs, des per­sonnes encore hési­tantes.

Vue de l’ex­té­rieur, cette diver­si­té peut par­fois sem­bler dérou­tante.

Mais Jésus nous dit que cette situa­tion est nor­male.

Le temps pré­sent est celui de l’ap­pel uni­ver­sel.

Le juge­ment n’a pas encore eu lieu.

Nous retrou­vons ici un thème déjà déve­lop­pé quelques ver­sets aupa­ra­vant dans la para­bole de l’i­vraie.

Le bon grain et l’i­vraie poussent ensemble jus­qu’à la mois­son.

Le filet ras­semble toutes sortes de pois­sons jus­qu’au rivage.

Dans les deux cas, le même ensei­gne­ment appa­raît.

Dieu seul pos­sède le droit et la capa­ci­té de pro­non­cer le juge­ment défi­ni­tif.

Cette véri­té mérite d’être enten­due aujourd’­hui.

L’É­glise n’est jamais appe­lée à se sub­sti­tuer au juge­ment de Dieu.

Elle annonce fidè­le­ment l’É­van­gile.

Elle exerce, lorsque cela est néces­saire, la dis­ci­pline ecclé­sias­tique confor­mé­ment à la Sainte Écri­ture.

Mais elle ne pré­tend jamais connaître défi­ni­ti­ve­ment l’é­tat éter­nel des cœurs.

Com­bien de fois la Pro­vi­dence a‑t-elle déjoué les juge­ments humains !

Pen­sons au bri­gand sur la croix.

Jus­qu’aux der­nières heures de sa vie, per­sonne n’au­rait ima­gi­né qu’il entre­rait le pre­mier au para­dis avec le Christ.

Pen­sons encore à Saul de Tarse.

Qui aurait cru que le per­sé­cu­teur devien­drait l’a­pôtre des nations ?

Inver­se­ment, com­bien parais­saient proches du Royaume sans jamais véri­ta­ble­ment connaître le Sei­gneur !

Le juge­ment appar­tient à Dieu parce que lui seul connaît par­fai­te­ment les cœurs.

Mais il ne faut pas édul­co­rer la seconde par­tie de la para­bole.

Jésus parle clai­re­ment d’une sépa­ra­tion.

Notre époque pré­fère sou­vent rete­nir les images du tré­sor et de la perle, beau­coup moins celles du filet et du juge­ment.

Pour­tant, elles appar­tiennent au même dis­cours.

On ne peut accueillir les unes et faire dis­pa­raître les autres.

Le même Jésus qui révèle l’im­men­si­té de la grâce annonce aus­si la réa­li­té du juge­ment der­nier.

Il ne le fait jamais pour satis­faire une curio­si­té sur l’a­ve­nir.

Il le fait pour appe­ler ses audi­teurs à la repen­tance.

Car tant que le filet est encore dans la mer, le temps de la grâce demeure ouvert.

Mais lors­qu’il est remon­té sur le rivage, vient le temps du dis­cer­ne­ment défi­ni­tif.

L’É­cri­ture affirme constam­ment cette double réa­li­té.

Aujourd’­hui est le temps favo­rable.

Aujourd’­hui est le jour du salut.

L’ap­pel de l’É­van­gile reten­tit encore.

Mais il ne reten­ti­ra pas indé­fi­ni­ment dans l’his­toire.

Cette parole donne une pro­fon­deur nou­velle aux deux pre­mières para­boles.

Pour­quoi vendre tout pour acqué­rir le tré­sor ?

Pour­quoi aban­don­ner toutes les autres perles pour celle qui sur­passe toutes les autres ?

Parce qu’il s’a­git d’une déci­sion qui engage l’é­ter­ni­té.

Jésus ne cherche pas à faire peur.

Il cherche à réveiller.

Il aime suf­fi­sam­ment ses audi­teurs pour leur dire la véri­té.

Le véri­table amour pas­to­ral ne consiste jamais à cacher ce que Dieu révèle.

Il consiste à annon­cer tout le conseil de Dieu.

La grâce est gra­tuite.

Le Royaume est offert.

Le Christ accueille tous ceux qui viennent à lui.

Mais cette grâce appelle une réponse.

Per­sonne ne demeure éter­nel­le­ment dans l’in­dé­ci­sion.

Frères et sœurs,

la ques­tion n’est donc pas seule­ment :

« Le Royaume est-il pré­cieux ? »

La ques­tion devient :

« Ai-je réel­le­ment répon­du à l’ap­pel du Roi ? »

Car un jour, le filet sera tiré sur le rivage.

Et ce jour-là, ce ne seront plus nos paroles qui par­le­ront pour nous, mais la réa­li­té de notre com­mu­nion avec Jésus-Christ.

C’est pour­quoi l’É­glise annonce aujourd’­hui avec une même fidé­li­té la grâce sou­ve­raine de Dieu et l’ur­gence de la foi.

L’une ne va jamais sans l’autre.

IV. Le maître de maison – La responsabilité de ceux qui ont compris

Mat­thieu 13.51–52

« Avez-vous com­pris toutes ces choses ? — Oui, répon­dirent-ils. Et il leur dit : C’est pour­quoi, tout scribe ins­truit de ce qui regarde le royaume des cieux est sem­blable à un maître de mai­son qui tire de son tré­sor des choses nou­velles et des choses anciennes. »

Après avoir par­lé de la joie du Royaume et de la gra­vi­té du juge­ment, Jésus ter­mine son dis­cours d’une manière inat­ten­due.

Il pose une ques­tion.

« Avez-vous com­pris toutes ces choses ? »

Ce n’est pas une simple véri­fi­ca­tion de connais­sances.

Dans la Sainte Écri­ture, com­prendre signi­fie bien davan­tage qu’as­si­mi­ler des infor­ma­tions.

Com­prendre, c’est accueillir la véri­té de Dieu de telle manière qu’elle trans­forme toute l’exis­tence.

Les dis­ciples répondent :

« Oui. »

Nous savons, en lisant les Évan­giles, que leur com­pré­hen­sion demeure encore impar­faite.

Ils auront encore beau­coup à apprendre.

Ils connaî­tront le doute.

Ils connaî­tront la peur.

Ils aban­don­ne­ront même Jésus au moment de sa pas­sion.

Pour­tant, quelque chose de déci­sif a déjà com­men­cé.

Ils ont recon­nu en lui le Mes­sie.

Ils sont entrés dans l’é­cole du Royaume.

Et c’est pré­ci­sé­ment à eux que Jésus confie main­te­nant une mis­sion.

Il parle d’un scribe deve­nu dis­ciple du Royaume.

Cette image est extra­or­di­naire.

Dans le judaïsme, le scribe est l’homme des Écri­tures.

Il copie les textes sacrés.

Il les étu­die.

Il les enseigne.

Jésus ne sup­prime donc pas cette voca­tion.

Il la renou­velle.

Le véri­table doc­teur de la Loi n’est plus seule­ment celui qui connaît les textes anciens.

C’est celui qui les com­prend désor­mais à la lumière du Christ.

Autre­ment dit, Jésus ne rompt pas avec l’An­cien Tes­ta­ment.

Il en révèle l’ac­com­plis­se­ment.

Toute la Sainte Écri­ture converge vers lui.

Voi­là pour­quoi le maître de mai­son tire de son tré­sor des choses nou­velles et des choses anciennes.

Les choses anciennes sont la Loi, les Pro­phètes, les Psaumes, toutes les pro­messes de l’al­liance.

Les choses nou­velles sont leur accom­plis­se­ment en Jésus-Christ.

Il ne s’a­git pas de deux tré­sors dif­fé­rents.

Il s’a­git d’un seul et même tré­sor contem­plé à la lumière de la venue du Mes­sie.

Cette image résume admi­ra­ble­ment toute la théo­lo­gie de Mat­thieu.

Dès les pre­mières pages de son Évan­gile, il répète sans cesse :

« Afin que s’ac­com­plisse ce qui avait été annon­cé par le pro­phète… »

Le Christ n’ef­face pas les pro­messes.

Il les accom­plit.

Frères et sœurs,

voi­là pour­quoi l’É­glise réfor­mée a tou­jours tenu ensemble les deux Tes­ta­ments.

Nous ne lisons jamais l’An­cien Tes­ta­ment comme un livre dépas­sé.

Nous ne lisons jamais le Nou­veau Tes­ta­ment comme s’il avait sur­gi sans racines.

Nous confes­sons une seule his­toire du salut.

Un seul Dieu.

Une seule alliance de grâce.

Un seul peuple de Dieu.

Un seul Sau­veur.

Depuis Abra­ham jus­qu’à l’A­po­ca­lypse, toute la révé­la­tion conduit au Christ.

Cette der­nière para­bole s’a­dresse donc tout par­ti­cu­liè­re­ment à ceux qui enseignent.

Pas­teurs.

Caté­chètes.

Parents.

Res­pon­sables de groupes bibliques.

Anciens.

Mais, d’une cer­taine manière, elle concerne tous les chré­tiens.

Car cha­cun reçoit la res­pon­sa­bi­li­té de trans­mettre ce qu’il a reçu.

Nous ne sommes pas pro­prié­taires du tré­sor.

Nous en sommes les inten­dants.

Quelle immense res­pon­sa­bi­li­té !

Il est tou­jours ten­tant d’an­non­cer seule­ment ce qui plaît.

Seule­ment les pas­sages les plus faciles.

Seule­ment les thèmes les plus popu­laires.

Mais Jésus demande autre chose.

Le maître de mai­son ouvre tout son tré­sor.

Il ne choi­sit pas quelques pièces.

Il donne toute la richesse de la mai­son.

C’est pour­quoi la pré­di­ca­tion fidèle ne peut jamais se limi­ter à quelques idées favo­rites.

Elle doit annon­cer tout le conseil de Dieu.

Elle doit pro­cla­mer la grâce sans affai­blir l’ap­pel à la conver­sion.

Elle doit annon­cer la conso­la­tion sans faire dis­pa­raître la sain­te­té de Dieu.

Elle doit par­ler de la misé­ri­corde sans taire le juge­ment.

Elle doit annon­cer le Christ dans toute la Sainte Écri­ture.

C’est ain­si que l’É­glise demeure véri­ta­ble­ment l’É­glise du Royaume.

Et remar­quons enfin une der­nière chose.

Le tré­sor dont parle Jésus au début du pas­sage devient main­te­nant le tré­sor du maître de mai­son.

Autre­ment dit, celui qui découvre le Royaume devient à son tour capable d’en­ri­chir les autres.

Le tré­sor reçu devient un tré­sor par­ta­gé.

Il en est tou­jours ain­si dans l’É­van­gile.

La grâce ne s’ar­rête jamais à celui qui la reçoit.

Elle fait de lui un témoin.

Elle fait de lui un ser­vi­teur.

Elle fait de lui un ambas­sa­deur du Royaume.

Voi­là la voca­tion de l’É­glise.

Rece­voir le tré­sor.

Vivre du tré­sor.

Puis ouvrir lar­ge­ment ce tré­sor afin que d’autres découvrent à leur tour la richesse incom­pa­rable de Jésus-Christ.

Conclu­sion

Frères et sœurs,

Reve­nons une der­nière fois à la ques­tion qui tra­verse toutes ces lec­tures.

Qu’est-ce qui pos­sède réel­le­ment de la valeur ?

Salo­mon répond :

« Donne-moi un cœur qui écoute. »

Le psal­miste répond :

« Ta parole éclaire mon che­min. »

Paul répond :

« Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. »

Et Jésus répond :

« Le Royaume des cieux est sem­blable à un tré­sor caché. »

Autre­ment dit, les quatre textes parlent d’une seule réa­li­té.

Ils nous apprennent à regar­der notre exis­tence avec les yeux de Dieu.

Le monde nous apprend à accu­mu­ler.

Le Christ nous apprend à dis­cer­ner.

Le monde nous demande ce que nous pos­sé­dons.

Le Christ nous demande ce qui pos­sède notre cœur.

Le monde admire la réus­site visible.

Dieu regarde la fidé­li­té.

Le monde cherche la sécu­ri­té dans les richesses qui passent.

Dieu nous donne une espé­rance qui ne peut jamais être détruite.

Voi­là pour­quoi ces para­boles demeurent d’une éton­nante actua­li­té.

Notre époque offre une mul­ti­tude de tré­sors.

La réus­site pro­fes­sion­nelle.

La consom­ma­tion.

Le confort.

La tech­no­lo­gie.

L’i­mage de soi.

Le pou­voir.

La recon­nais­sance.

Aucun de ces biens n’est mau­vais en lui-même.

Mais tous deviennent des idoles lors­qu’ils pré­tendent occu­per la place qui revient au Christ seul.

Jésus ne demande donc pas sim­ple­ment :

« Que pos­sé­dez-vous ? »

Il demande :

« Quel est votre tré­sor ? »

Car là où est notre tré­sor, là aus­si sera notre cœur.

Et c’est fina­le­ment notre cœur qui déter­mine toute notre exis­tence.

Frères et sœurs,

la bonne nou­velle de l’É­van­gile n’est pas que Dieu nous demande de tout aban­don­ner.

La bonne nou­velle est qu’il nous donne infi­ni­ment davan­tage.

Il nous donne son Fils.

Il nous donne son Royaume.

Il nous donne le par­don.

Il nous donne son Esprit.

Il nous donne l’es­pé­rance de la résur­rec­tion.

Il nous donne une place dans sa famille.

Il nous donne une gloire qui ne pas­se­ra jamais.

Com­ment pour­rions-nous com­pa­rer ces richesses avec celles que le monde pro­met sans jamais pou­voir les conser­ver ?

Les pre­miers dis­ciples avaient com­pris cela.

Ils ont quit­té leurs filets.

Non parce qu’ils mépri­saient leur métier.

Mais parce qu’ils avaient ren­con­tré le Sei­gneur des filets.

Mat­thieu a quit­té son bureau de péage.

Non parce que l’argent serait mau­vais en lui-même.

Mais parce qu’il avait trou­vé une richesse infi­ni­ment supé­rieure.

Paul a aban­don­né ses pri­vi­lèges reli­gieux.

Non parce qu’ils étaient sans valeur.

Mais parce qu’il avait ren­con­tré Jésus-Christ.

Chaque géné­ra­tion de croyants est appe­lée à refaire cette même décou­verte.

Le Christ ne demande jamais une simple amé­lio­ra­tion morale.

Il appelle des hommes et des femmes à entrer dans son Royaume.

À vivre sous son auto­ri­té.

À mar­cher dans sa lumière.

À attendre son retour.

Alors, lorsque nous quit­te­rons cette assem­blée, ne rete­nons pas seule­ment la beau­té des images employées par Jésus.

Rete­nons sur­tout la ques­tion qu’elles nous adressent.

Qu’est-ce qui vaut réel­le­ment la peine de vivre ?

Et si, par la grâce de Dieu, notre réponse est :

« Jésus-Christ est mon tré­sor »,

alors toute notre vie rece­vra un centre nou­veau.

Nos joies seront plus pro­fondes.

Nos épreuves auront un sens.

Nos renon­ce­ments devien­dront pos­sibles.

Notre espé­rance demeu­re­ra ferme.

Car celui qui pos­sède le Christ pos­sède déjà le Royaume.

Et celui qui pos­sède le Royaume pos­sède une richesse que ni la mort, ni le temps, ni les hommes ne pour­ront jamais lui enle­ver.

Amen.


Exégèse

La par­tie exé­gé­tique pro­po­sée sur le blog foedus.fr vise à éclai­rer les textes bibliques du jour de manière rigou­reuse et acces­sible. Pour chaque texte, l’accent est por­té à la fois sur le contexte immé­diat et sur le contexte glo­bal de l’Écriture, afin d’en res­pec­ter la cohé­rence théo­lo­gique et l’inscription dans l’histoire du salut.

L’analyse s’attache par­ti­cu­liè­re­ment aux mots hébreux et grecs les plus signi­fi­ca­tifs, lorsque cela est néces­saire pour com­prendre le sens pré­cis du texte. Elle s’enrichit éga­le­ment de l’apport des Pères de l’Église, des Réfor­ma­teurs, ain­si que de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante contem­po­raine, afin de situer l’interprétation dans la conti­nui­té de la tra­di­tion chré­tienne.

Lorsque cela éclaire uti­le­ment le pas­sage étu­dié, des élé­ments d’archéologie biblique sont éga­le­ment inté­grés, pour repla­cer le texte dans son cadre his­to­rique et cultu­rel sans en faire un simple objet aca­dé­mique.

Cette approche cherche à ser­vir à la fois la com­pré­hen­sion du texte et la foi de l’Église, en met­tant l’exégèse au ser­vice de la pro­cla­ma­tion et de la vie chré­tienne.

La ver­sion de la Bible uti­li­sée ici est la Bible Louis Segond de 1910, qui est libre de droit. Mais je lui pré­fère la ver­sion de 1978 dite « A la Colombe ».


1 Rois 3.5, 7–12 – Un cœur qui écoute

Texte biblique (Louis Segond 1910)

« À Gabaon, l’É­ter­nel appa­rut en songe à Salo­mon pen­dant la nuit, et Dieu lui dit : Demande ce que tu veux que je te donne.

Main­te­nant, Éter­nel mon Dieu, tu as fait régner ton ser­vi­teur à la place de David, mon père ; et moi je ne suis qu’un jeune homme, je n’ai point d’ex­pé­rience.

Ton ser­vi­teur est au milieu du peuple que tu as choi­si, peuple immense, qui ne peut être ni comp­té ni nom­bré, à cause de sa mul­ti­tude.

Accorde donc à ton ser­vi­teur un cœur intel­li­gent pour juger ton peuple, pour dis­cer­ner le bien du mal ! Car qui pour­rait juger ton peuple, ce peuple si nom­breux ?

Cette demande de Salo­mon plut au Sei­gneur.

Et Dieu lui dit : Puisque c’est là ce que tu demandes, puisque tu ne demandes pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes enne­mis, et que tu demandes de l’in­tel­li­gence pour exer­cer la jus­tice,

voi­ci, j’a­gi­rai selon ta parole. Je te don­ne­rai un cœur sage et intel­li­gent, de telle sorte qu’il n’y aura eu per­sonne avant toi et qu’on ne ver­ra jamais per­sonne de sem­blable à toi. »

Intro­duc­tion géné­rale

Ce récit ouvre véri­ta­ble­ment le règne per­son­nel de Salo­mon. Après la mort de David et les pre­mières mesures des­ti­nées à assu­rer la sta­bi­li­té du royaume, le jeune roi se rend à Gabaon, où se trouve alors le prin­ci­pal haut lieu du culte. C’est là que Dieu vient à sa ren­contre.

Le pas­sage ne raconte pas sim­ple­ment un épi­sode remar­quable de la vie de Salo­mon. Il répond à une ques­tion essen­tielle : de quoi un roi a‑t-il réel­le­ment besoin pour gou­ver­ner le peuple de Dieu ? La réponse sur­prend. Ni la puis­sance, ni la richesse, ni la lon­gé­vi­té ne sont pré­sen­tées comme prio­ri­taires. La pre­mière qua­li­té du roi est un cœur capable d’é­cou­ter Dieu afin de rendre une jus­tice conforme à sa volon­té.

Contexte lit­té­raire

Le pre­mier livre des Rois raconte la tran­si­tion entre le règne de David et celui de Salo­mon. Les cha­pitres pré­cé­dents montrent les dif­fi­cul­tés liées à cette suc­ces­sion. Le cha­pitre 3 marque un tour­nant : après l’ins­tal­la­tion poli­tique vient la fon­da­tion spi­ri­tuelle du règne.

Le célèbre juge­ment entre les deux femmes reven­di­quant le même enfant (1 Rois 3.16–28) illus­tre­ra immé­dia­te­ment la sagesse que Dieu vient d’ac­cor­der à son ser­vi­teur.

Contexte his­to­rique

Au Xe siècle avant Jésus-Christ, Israël connaît une période excep­tion­nelle de sta­bi­li­té poli­tique. Le royaume est uni et rela­ti­ve­ment pros­père. Mais cette pros­pé­ri­té fait naître un dan­ger : croire que la réus­site dépend avant tout des capa­ci­tés humaines.

Le texte rap­pelle au contraire que la véri­table auto­ri­té pro­cède de Dieu. Le roi n’est pas pro­prié­taire du peuple ; il en est le ser­vi­teur.

Struc­ture du pas­sage

Le récit se déve­loppe en quatre mou­ve­ments.

Le Sei­gneur prend l’i­ni­tia­tive en invi­tant Salo­mon à deman­der ce qu’il désire.

Salo­mon confesse hum­ble­ment son insuf­fi­sance.

Il for­mule une demande entiè­re­ment tour­née vers le ser­vice du peuple.

Dieu accueille favo­ra­ble­ment cette prière et pro­met de lui accor­der une sagesse incom­pa­rable.

Lec­ture détaillée du texte

Le récit com­mence par une ini­tia­tive entiè­re­ment divine. C’est Dieu qui parle le pre­mier : « Demande ce que tu veux que je te donne. » Cette invi­ta­tion mani­feste déjà la grâce. Avant même que Salo­mon ne for­mule sa demande, Dieu se révèle dis­po­sé à bénir son ser­vi­teur.

La pre­mière réponse de Salo­mon n’est pas une requête mais une confes­sion. Il rap­pelle la fidé­li­té de Dieu envers David, recon­naît que son acces­sion au trône pro­cède de cette fidé­li­té et avoue sa propre inex­pé­rience. L’ex­pres­sion « je ne suis qu’un jeune homme » tra­duit moins un âge pré­cis qu’un sen­ti­ment d’in­suf­fi­sance devant une tâche immense.

Cette humi­li­té contraste for­te­ment avec les sou­ve­rains des nations voi­sines, qui cher­chaient volon­tiers à magni­fier leur puis­sance per­son­nelle.

Le cœur de la prière appa­raît ensuite dans la demande d’un « cœur intel­li­gent ». Le texte hébreu emploie l’ex­pres­sion לֵב שֹׁמֵעַ (lev sho­méaʿ), lit­té­ra­le­ment « un cœur qui écoute ». La sagesse biblique ne consiste donc pas d’a­bord à accu­mu­ler des connais­sances. Elle naît d’une écoute atten­tive de Dieu, qui per­met ensuite de dis­cer­ner le bien du mal et de rendre une jus­tice fidèle à l’al­liance.

Cette pré­ci­sion éclaire toute la théo­lo­gie de la sagesse dans l’An­cien Tes­ta­ment. La véri­table intel­li­gence n’est jamais auto­nome ; elle demeure enra­ci­née dans la crainte du Sei­gneur.

Dieu répond enfin en sou­li­gnant ce que Salo­mon n’a pas deman­dé. Le contraste est volon­taire. Longue vie, richesse et vic­toire mili­taire repré­sentent les aspi­ra­tions ordi­naires des sou­ve­rains. Salo­mon, lui, a recher­ché d’a­bord ce qui per­met­tra d’ac­com­plir fidè­le­ment sa voca­tion.

C’est pré­ci­sé­ment cette orien­ta­tion qui plaît au Sei­gneur.

Les prin­ci­paux mots hébreux

Le terme le plus impor­tant du pas­sage est l’ex­pres­sion לֵב שֹׁמֵעַ (lev sho­méaʿ), lit­té­ra­le­ment « un cœur qui écoute ». En hébreu, le cœur (lev) n’est pas prin­ci­pa­le­ment le siège des sen­ti­ments, comme dans notre culture moderne. Il désigne le centre de la per­sonne : l’in­tel­li­gence, la volon­té, le dis­cer­ne­ment et les déci­sions. Quant au par­ti­cipe sho­méaʿ, déri­vé du verbe sha­maʿ, il signi­fie écou­ter, entendre avec atten­tion, mais aus­si obéir. Salo­mon ne demande donc pas une intel­li­gence brillante ; il demande un cœur capable d’é­cou­ter Dieu afin de gou­ver­ner selon sa volon­té.

Le verbe שָׁפַט (sha­phat), « juger », pos­sède éga­le­ment une por­tée plus large que notre idée moderne de rendre une sen­tence judi­ciaire. Il désigne l’en­semble de l’exer­cice du gou­ver­ne­ment : rendre jus­tice, pro­té­ger les faibles, main­te­nir la paix et admi­nis­trer fidè­le­ment le peuple de Dieu.

Enfin, l’ex­pres­sion « dis­cer­ner le bien du mal » évoque une capa­ci­té de juge­ment moral. Gou­ver­ner ne consiste pas sim­ple­ment à appli­quer des règles, mais à exer­cer un dis­cer­ne­ment conforme à la jus­tice de Dieu.

Théo­lo­gie de l’al­liance

Ce récit prend tout son sens dans le cadre de l’al­liance davi­dique. Dieu avait pro­mis à David une des­cen­dance appe­lée à régner sur Israël (2 Samuel 7). Salo­mon est le pre­mier béné­fi­ciaire de cette pro­messe. Pour­tant, le texte rap­pelle que l’é­lec­tion royale n’ac­corde aucune auto­no­mie. Le roi demeure entiè­re­ment dépen­dant de Dieu.

Le récit pré­pare ain­si la figure du véri­table Fils de David. Salo­mon reçoit la sagesse ; Jésus-Christ est lui-même « la sagesse de Dieu » (1 Corin­thiens 1.24). Salo­mon doit deman­der un cœur qui écoute ; le Christ vit dans une obéis­sance par­faite au Père. Salo­mon rend une jus­tice remar­quable mais limi­tée ; Jésus-Christ exerce une jus­tice par­faite, sans erreur ni cor­rup­tion.

Cette conti­nui­té montre que l’al­liance davi­dique trouve son accom­plis­se­ment non dans la gran­deur du royaume de Salo­mon, mais dans le règne éter­nel du Mes­sie.

His­toire de l’in­ter­pré­ta­tion

Les Pères de l’É­glise ont sou­vent vu dans cette prière un modèle de l’hu­mi­li­té chré­tienne. Avant de gou­ver­ner les autres, le croyant doit recon­naître sa propre pau­vre­té devant Dieu.

Les Réfor­ma­teurs sou­lignent quant à eux que toute véri­table sagesse pro­cède de la grâce divine. Jean Cal­vin remarque que Salo­mon ne cherche pas les biens exté­rieurs mais ce qui lui per­met­tra d’ac­com­plir fidè­le­ment la voca­tion que Dieu lui a confiée. La prière devient ain­si un modèle pour tous ceux qui exercent une res­pon­sa­bi­li­té dans l’É­glise ou dans la socié­té : deman­der d’a­bord la capa­ci­té de ser­vir plu­tôt que les avan­tages atta­chés à la fonc­tion.

Appli­ca­tions pas­to­rales

Le texte ren­verse spon­ta­né­ment notre manière d’é­va­luer les béné­dic­tions de Dieu. Nous deman­dons volon­tiers la san­té, la réus­site ou la sécu­ri­té. Ces demandes sont légi­times, mais Dieu nous enseigne ici à recher­cher d’a­bord ce qui nous per­met­tra de vivre fidè­le­ment notre voca­tion.

Cette prière concerne éga­le­ment tous les croyants. Cha­cun reçoit une res­pon­sa­bi­li­té : une famille, une pro­fes­sion, un minis­tère, une mis­sion, une charge dans l’É­glise ou dans la socié­té. Dans cha­cune de ces situa­tions, nous avons besoin d’un cœur qui écoute davan­tage que d’une intel­li­gence sim­ple­ment humaine.

Enfin, cette page invite à une pro­fonde humi­li­té. La sagesse biblique com­mence lorsque nous ces­sons de nous croire suf­fi­sants. Celui qui recon­naît son besoin de Dieu est déjà entré sur le che­min de la véri­table sagesse.

Conclu­sion

Le jeune Salo­mon inau­gure son règne en confes­sant son insuf­fi­sance. Dieu répond en lui don­nant un cœur qui écoute. Cette sagesse annonce déjà Jésus-Christ, Roi par­fait et véri­table Sagesse de Dieu. En lui, tous ceux qui demandent avec foi reçoivent non seule­ment le dis­cer­ne­ment néces­saire pour mar­cher selon la volon­té de Dieu, mais aus­si la grâce de par­ti­ci­per au Royaume que les lec­tures de ce dimanche révèlent comme le tré­sor suprême.


Romains 8.28–30 – Le dessein souverain de Dieu

Texte biblique (Louis Segond 1910)

« Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appe­lés selon son des­sein.

Car ceux qu’il a connus d’a­vance, il les a aus­si pré­des­ti­nés à être sem­blables à l’i­mage de son Fils, afin que son Fils fût le pre­mier-né entre plu­sieurs frères.

Et ceux qu’il a pré­des­ti­nés, il les a aus­si appe­lés ; et ceux qu’il a appe­lés, il les a aus­si jus­ti­fiés ; et ceux qu’il a jus­ti­fiés, il les a aus­si glo­ri­fiés. »

Intro­duc­tion géné­rale

Ces trois ver­sets consti­tuent l’un des som­mets théo­lo­giques de l’é­pître aux Romains. Ils concluent la grande médi­ta­tion de Paul sur la vie nou­velle dans l’Es­prit com­men­cée au cha­pitre 8. L’a­pôtre vient d’é­vo­quer les souf­frances du temps pré­sent, les gémis­se­ments de la créa­tion et l’in­ter­ces­sion du Saint-Esprit en faveur des croyants. Il répond main­te­nant à une ques­tion fon­da­men­tale : sur quoi repose notre espé­rance au milieu des épreuves ?

La réponse n’est pas d’a­bord psy­cho­lo­gique mais théo­lo­gique. La cer­ti­tude chré­tienne repose sur le des­sein éter­nel de Dieu. Si notre salut dépen­dait fina­le­ment de nos propres forces, aucune assu­rance durable ne serait pos­sible. Mais il dépend du Dieu qui accom­plit fidè­le­ment ce qu’il a décré­té.

Contexte lit­té­raire

L’é­pître aux Romains expose l’É­van­gile de manière sys­té­ma­tique. Après avoir démon­tré la culpa­bi­li­té uni­ver­selle de l’hu­ma­ni­té (Romains 1–3), Paul pré­sente la jus­ti­fi­ca­tion par la foi, puis les consé­quences de cette grâce dans la vie du croyant.

Le cha­pitre 8 décrit la vie conduite par le Saint-Esprit et conduit pro­gres­si­ve­ment vers une cer­ti­tude abso­lue : rien ne pour­ra sépa­rer les croyants de l’a­mour de Dieu mani­fes­té en Jésus-Christ. Les ver­sets 28 à 30 consti­tuent le fon­de­ment doc­tri­nal de cette assu­rance.

Contexte his­to­rique

Paul écrit pro­ba­ble­ment depuis Corinthe vers les années 56–58. Il s’a­dresse à une Église com­po­sée de croyants d’o­ri­gine juive et païenne. Beau­coup connaissent déjà l’op­po­si­tion, l’in­cer­ti­tude et les dif­fi­cul­tés. L’a­pôtre ne mini­mise jamais ces réa­li­tés. Il affirme cepen­dant qu’elles ne peuvent empê­cher Dieu d’ac­com­plir son œuvre de salut.

Struc­ture du pas­sage

Le texte s’or­ga­nise en trois affir­ma­tions suc­ces­sives.

Le ver­set 28 affirme la Pro­vi­dence sou­ve­raine de Dieu dans l’his­toire de ceux qui lui appar­tiennent.

Le ver­set 29 révèle le but ultime de cette Pro­vi­dence : confor­mer les croyants à l’i­mage du Christ.

Le ver­set 30 déroule ce que les théo­lo­giens ont sou­vent appe­lé la « chaîne d’or du salut », mon­trant l’u­ni­té par­faite de l’œuvre de Dieu depuis son décret éter­nel jus­qu’à la glo­ri­fi­ca­tion finale.

Lec­ture détaillée du texte

Paul com­mence par une affir­ma­tion d’une extra­or­di­naire por­tée : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Cette pro­messe n’en­seigne pas que toutes les choses sont bonnes en elles-mêmes. La souf­france, le mal, la mala­die ou la per­sé­cu­tion demeurent des réa­li­tés dou­lou­reuses. Mais Dieu exerce sur elles une sou­ve­rai­ne­té telle qu’au­cune ne peut fina­le­ment faire échouer son des­sein.

L’ex­pres­sion « appe­lés selon son des­sein » pré­cise immé­dia­te­ment que cette pro­messe concerne ceux que Dieu a effec­ti­ve­ment appe­lés à la com­mu­nion avec son Fils. L’as­su­rance chré­tienne repose sur l’i­ni­tia­tive divine avant de repo­ser sur la réponse humaine.

Paul remonte ensuite à l’o­ri­gine même du salut. Ceux que Dieu « a connus d’a­vance » ne sont pas sim­ple­ment ceux dont il aurait pré­vu les déci­sions futures. Dans le lan­gage biblique, connaître signi­fie sou­vent aimer, choi­sir et entrer en rela­tion d’al­liance. Le regard de Dieu sur son peuple est un regard d’a­mour libre et sou­ve­rain.

Le but de cette élec­tion est clai­re­ment énon­cé : être ren­dus conformes à l’i­mage du Fils. Le salut ne consiste pas seule­ment à être déli­vré du juge­ment ; il vise une trans­for­ma­tion pro­gres­sive jus­qu’à la pleine res­sem­blance avec Jésus-Christ.

Enfin, le ver­set 30 déroule la suc­ces­sion des actes divins : pré­des­ti­na­tion, appel, jus­ti­fi­ca­tion, glo­ri­fi­ca­tion. Paul les pré­sente comme un tout indi­vi­sible. Celui qui com­mence l’œuvre du salut en assure lui-même l’ac­com­plis­se­ment jus­qu’à son terme.

Les prin­ci­paux mots grecs

Le verbe συνεργεῖ (syner­gei), tra­duit par « concourent », exprime l’i­dée d’une action coor­don­née. Paul n’en­seigne pas que les évé­ne­ments pos­sèdent en eux-mêmes une force béné­fique. C’est Dieu qui fait coopé­rer toutes les cir­cons­tances à l’ac­com­plis­se­ment de son des­sein. Sa Pro­vi­dence gou­verne l’his­toire jusque dans les évé­ne­ments que nous ne com­pre­nons pas.

Le verbe προέγνω (proe­gnō), « il a connus d’a­vance », ne désigne pas une simple pres­cience intel­lec­tuelle. Dans la Sainte Écri­ture, « connaître » signi­fie sou­vent aimer, choi­sir et entrer en com­mu­nion. Paul reprend ici le lan­gage de l’al­liance : Dieu a posé son regard d’a­mour sur son peuple avant même la créa­tion du monde.

Le verbe προώρισεν (proō­ri­sen), « il a pré­des­ti­nés », signi­fie lit­té­ra­le­ment « déter­mi­ner d’a­vance ». La pré­des­ti­na­tion n’est pas pré­sen­tée comme une doc­trine abs­traite des­ti­née à satis­faire une curio­si­té spé­cu­la­tive. Elle mani­feste la sta­bi­li­té du salut : ce que Dieu a réso­lu dans son conseil éter­nel, il l’ac­com­plit fidè­le­ment dans l’his­toire.

Enfin, le verbe ἐδόξασεν (edoxa­sen), « il a glo­ri­fiés », est employé au pas­sé alors que la glo­ri­fi­ca­tion appar­tient encore à l’a­ve­nir. Paul uti­lise ce temps pour sou­li­gner la cer­ti­tude abso­lue de cette pro­messe. Ce que Dieu a décré­té est si assu­ré qu’il peut déjà être décrit comme accom­pli.

Théo­lo­gie de l’al­liance

Ce pas­sage exprime avec une remar­quable den­si­té la fidé­li­té de Dieu à son alliance de grâce. Depuis l’é­lec­tion jus­qu’à la glo­ri­fi­ca­tion, c’est tou­jours le Sei­gneur qui agit. Le salut appa­raît comme une œuvre entiè­re­ment divine, com­men­cée dans l’é­ter­ni­té et conduite jus­qu’à son accom­plis­se­ment final.

L’ob­jec­tif de cette œuvre n’est pas seule­ment le par­don des péchés. Dieu veut res­tau­rer en son peuple l’i­mage qu’il avait don­née à l’hu­ma­ni­té lors de la créa­tion. Cette res­tau­ra­tion trouve son modèle par­fait en Jésus-Christ, véri­table image du Père et nou­vel Adam.

La chaîne du salut décrite par Paul mani­feste ain­si l’u­ni­té de l’his­toire de la rédemp­tion. Le décret éter­nel, l’ap­pel de l’É­van­gile, la jus­ti­fi­ca­tion par la foi, la sanc­ti­fi­ca­tion pré­sente et la glo­ri­fi­ca­tion future appar­tiennent à une seule et même œuvre de grâce.

His­toire de l’in­ter­pré­ta­tion

Ce pas­sage a occu­pé une place majeure dans l’his­toire de la théo­lo­gie chré­tienne. Augus­tin d’Hip­pone y voit la démons­tra­tion que le salut repose entiè­re­ment sur la grâce pré­ve­nante de Dieu.

Les Réfor­ma­teurs repren­dront cette lec­ture. Jean Cal­vin sou­ligne que Paul veut ici affer­mir la conscience des croyants. La doc­trine de l’é­lec­tion n’est pas don­née pour nour­rir des spé­cu­la­tions sur les décrets cachés de Dieu, mais pour conduire les fidèles à une pleine assu­rance en contem­plant la fidé­li­té de leur Sei­gneur.

La tra­di­tion réfor­mée confes­sante ver­ra dans cette « chaîne d’or » l’un des fon­de­ments bibliques les plus solides de la per­sé­vé­rance des saints : celui que Dieu jus­ti­fie, il ne l’a­ban­donne jamais avant de le conduire jus­qu’à la gloire.

Appli­ca­tions pas­to­rales

Ce texte apporte un pro­fond récon­fort à tous ceux qui tra­versent l’é­preuve. Il ne pro­met pas une exis­tence facile, mais il affirme qu’au­cune souf­france n’é­chappe au gou­ver­ne­ment de Dieu. Même lorsque nous ne dis­cer­nons pas son œuvre, le Sei­gneur pour­suit son des­sein avec une par­faite sagesse.

Il invite éga­le­ment à l’hu­mi­li­té. Notre salut ne repose ni sur nos mérites, ni sur notre constance, ni sur notre capa­ci­té à demeu­rer fidèles. Notre espé­rance est fon­dée sur la fidé­li­té de Dieu, infi­ni­ment plus stable que notre propre cœur.

Enfin, ce pas­sage éclaire notre voca­tion quo­ti­dienne. Si Dieu nous conforme pro­gres­si­ve­ment à l’i­mage de son Fils, chaque cir­cons­tance devient une occa­sion de gran­dir dans la res­sem­blance avec le Christ. La Pro­vi­dence ne vise pas d’a­bord notre confort, mais notre sanc­ti­fi­ca­tion.

Conclu­sion

Au milieu des incer­ti­tudes de l’his­toire, Paul dirige les regards vers le des­sein immuable de Dieu. Celui qui a appe­lé son peuple ne renon­ce­ra jamais à son œuvre. Cette cer­ti­tude pré­pare admi­ra­ble­ment l’É­van­gile du jour : si le Royaume mérite que l’on vende tout pour l’ob­te­nir, c’est parce que Dieu lui-même conduit infailli­ble­ment les siens jus­qu’à l’hé­ri­tage qu’il leur a pré­pa­ré de toute éter­ni­té.


Matthieu 13.44–52 – Le Royaume, trésor incomparable

Texte biblique (Louis Segond 1910)

« Le royaume des cieux est encore sem­blable à un tré­sor caché dans un champ. L’homme qui l’a trou­vé le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ.

Le royaume des cieux est encore sem­blable à un mar­chand qui cherche de belles perles.

Il a trou­vé une perle de grand prix ; et il est allé vendre tout ce qu’il avait, et l’a ache­tée.

Le royaume des cieux est encore sem­blable à un filet jeté dans la mer et ramas­sant des pois­sons de toute espèce.

Quand il est rem­pli, les pêcheurs le tirent ; et, après s’être assis sur le rivage, ils mettent dans des vases ce qui est bon, et ils jettent ce qui est mau­vais.

Il en sera de même à la fin du monde. Les anges vien­dront sépa­rer les méchants d’a­vec les justes,

et ils les jet­te­ront dans la four­naise ardente, où il y aura des pleurs et des grin­ce­ments de dents.

Avez-vous com­pris toutes ces choses ? — Oui, répon­dirent-ils.

Et il leur dit : C’est pour­quoi, tout scribe ins­truit de ce qui regarde le royaume des cieux est sem­blable à un maître de mai­son qui tire de son tré­sor des choses nou­velles et des choses anciennes. »

Intro­duc­tion géné­rale

Ces quatre courtes para­boles concluent le grand dis­cours en para­boles de Mat­thieu 13. Après avoir décrit la crois­sance mys­té­rieuse du Royaume des cieux, Jésus en révèle main­te­nant la valeur, son issue finale et la res­pon­sa­bi­li­té de ceux qui en reçoivent l’in­tel­li­gence.

Les deux pre­mières para­boles parlent de la décou­verte du Royaume. La troi­sième annonce le juge­ment der­nier. La der­nière décrit la mis­sion des dis­ciples appe­lés à trans­mettre fidè­le­ment l’en­sei­gne­ment reçu. Ensemble, elles offrent une syn­thèse remar­quable de la vie chré­tienne : décou­vrir, choi­sir, per­sé­vé­rer et trans­mettre.

Contexte lit­té­raire

Le cha­pitre 13 occupe une place char­nière dans le pre­mier Évan­gile. Face au rejet crois­sant des auto­ri­tés reli­gieuses, Jésus com­mence à ensei­gner les foules par des para­boles. Elles révèlent les mys­tères du Royaume à ceux qui écoutent avec foi, tout en lais­sant dans leur aveu­gle­ment ceux qui refusent d’en­tendre.

Notre pas­sage consti­tue la conclu­sion de cet ensemble. Il répond impli­ci­te­ment à une ques­tion : une fois le Royaume révé­lé, quelle atti­tude adop­ter ?

Contexte his­to­rique

Au pre­mier siècle, la décou­verte d’un tré­sor enfoui n’a­vait rien d’in­vrai­sem­blable. Les guerres fré­quentes condui­saient sou­vent les familles à enter­rer leurs richesses en espé­rant les récu­pé­rer plus tard. Si leur pro­prié­taire mou­rait, ces biens demeu­raient par­fois cachés durant des années.

Les perles repré­sen­taient quant à elles les objets les plus pré­cieux du com­merce antique. Les grands négo­ciants par­cou­raient d’im­menses dis­tances pour acqué­rir les plus belles.

Le filet décrit ici cor­res­pond pro­ba­ble­ment à la grande senne uti­li­sée sur les rives du lac de Gali­lée. Elle rete­nait indis­tinc­te­ment toutes sortes de pois­sons avant qu’un tri ne soit effec­tué sur le rivage.

Struc­ture du pas­sage

Le texte pro­gresse en quatre tableaux.

Les para­boles du tré­sor caché et de la perle montrent la valeur incom­pa­rable du Royaume.

La para­bole du filet annonce le juge­ment final.

Le dia­logue avec les dis­ciples sou­ligne leur res­pon­sa­bi­li­té.

Enfin, l’i­mage du maître de mai­son conclut le dis­cours en décri­vant la mis­sion de ceux qui enseignent fidè­le­ment les Écri­tures.

Lec­ture détaillée du texte

Les deux pre­mières para­boles pré­sentent une struc­ture presque iden­tique. Dans cha­cune d’elles, une décou­verte conduit immé­dia­te­ment à une déci­sion radi­cale.

Dans la pre­mière, un homme découvre presque par sur­prise un tré­sor caché. Rien ne lais­sait pré­voir cette ren­contre. Pour­tant, dès qu’il com­prend la valeur de ce qu’il vient de trou­ver, toute son exis­tence change. Il vend tout ce qu’il pos­sède afin d’ac­qué­rir le champ.

Dans la seconde, le mar­chand recherche acti­ve­ment de belles perles. Sa décou­verte est le fruit d’une quête. Mais, comme dans la pre­mière para­bole, une seule perle dépasse désor­mais toutes les autres. Elle jus­ti­fie l’a­ban­don volon­taire de tout le reste.

Les deux récits se com­plètent admi­ra­ble­ment. Cer­tains ren­contrent le Christ alors qu’ils ne le cher­chaient pas ; d’autres le découvrent au terme d’une longue recherche. Dans les deux cas, la consé­quence demeure iden­tique : celui qui com­prend réel­le­ment la valeur du Royaume réor­ga­nise toute sa vie autour de cette décou­verte.

Le détail le plus frap­pant est peut-être l’ex­pres­sion « dans sa joie ». Jésus ne décrit pas un sacri­fice dou­lou­reux. L’homme aban­donne beau­coup, mais il reçoit infi­ni­ment davan­tage. La renon­cia­tion chré­tienne ne pro­cède pas d’un mépris des biens créés ; elle découle de la décou­verte d’un bien infi­ni­ment supé­rieur.

La para­bole du filet intro­duit ensuite une note plus solen­nelle. Le Royaume ras­semble aujourd’­hui des hommes de toute ori­gine, mais cette situa­tion demeure pro­vi­soire. À la fin des temps, Dieu accom­pli­ra lui-même la sépa­ra­tion défi­ni­tive entre les justes et les méchants. Le juge­ment appar­tient au Sei­gneur seul. Les dis­ciples ne sont jamais appe­lés à anti­ci­per ce juge­ment, mais à annon­cer fidè­le­ment l’É­van­gile.

Les deux der­niers ver­sets apportent une conclu­sion sou­vent négli­gée. Jésus demande à ses dis­ciples : « Avez-vous com­pris toutes ces choses ? » Leur réponse posi­tive ne marque pas la fin de leur appren­tis­sage ; elle inau­gure leur mis­sion.

Le « scribe ins­truit pour le Royaume des cieux » est com­pa­ré à un maître de mai­son qui tire de son tré­sor « des choses nou­velles et des choses anciennes ». Jésus ne rejette pas l’An­cien Tes­ta­ment ; il en révèle l’ac­com­plis­se­ment. Le dis­ciple est appe­lé à trans­mettre toute la richesse de la révé­la­tion divine, en mon­trant com­ment les pro­messes anciennes trouvent leur pleine signi­fi­ca­tion dans la per­sonne et l’œuvre du Christ.

Les prin­ci­paux mots grecs

L’ex­pres­sion βασιλεία τῶν οὐρανῶν (basi­leia tōn ouranōn), « Royaume des cieux », est propre à l’É­van­gile selon Mat­thieu. Elle ne désigne pas un lieu, mais le règne sou­ve­rain de Dieu. Ce Royaume est déjà pré­sent dans la venue du Christ, tout en atten­dant sa pleine mani­fes­ta­tion lors de son retour.

Le mot θησαυρός (thē­sau­ros), « tré­sor », évoque ce qui pos­sède une valeur incom­pa­rable. Jésus ne com­pare pas le Royaume à un tré­sor parce qu’il pro­cu­re­rait sim­ple­ment des avan­tages ; il affirme que le Royaume est le bien suprême devant lequel toutes les autres richesses deviennent rela­tives.

Le terme μαργαρίτης (mar­ga­ritēs), « perle », désigne un objet d’une valeur excep­tion­nelle. L’i­mage sou­ligne l’u­ni­ci­té du Royaume : il ne s’a­git pas d’un bien par­mi d’autres, mais de celui qui sur­passe tous les autres.

Enfin, le mot σαγήνη (sagēnē), « filet », désigne une grande senne traî­nante recueillant indis­tinc­te­ment toutes sortes de pois­sons. L’i­mage met en évi­dence le carac­tère uni­ver­sel de l’ap­pel de l’É­van­gile avant le juge­ment défi­ni­tif.

Théo­lo­gie de l’al­liance

Ces para­boles révèlent l’ac­com­plis­se­ment des pro­messes de l’An­cienne Alliance. Depuis Abra­ham, Dieu pré­pare un Royaume des­ti­né à bénir toutes les nations. En Jésus-Christ, ce Royaume devient plei­ne­ment visible.

Le tré­sor n’est pas une réa­li­té dif­fé­rente de l’al­liance ; il en est l’ac­com­plis­se­ment. Toutes les pro­messes faites aux patriarches, à David et aux pro­phètes convergent vers la venue du Roi mes­sia­nique. Entrer dans le Royaume, c’est entrer dans la com­mu­nion avec le Christ, héri­tier de toutes les pro­messes.

La para­bole du filet rap­pelle éga­le­ment que l’al­liance visible ne se confond jamais avec le salut défi­ni­tif. Comme dans l’An­cien Tes­ta­ment où Israël ras­sem­blait croyants fidèles et infi­dèles, l’É­glise visible ras­semble aujourd’­hui des hommes de toute condi­tion. La sépa­ra­tion défi­ni­tive appar­tient au juge­ment sou­ve­rain de Dieu.

Enfin, la der­nière para­bole montre la conti­nui­té entre l’An­cienne et la Nou­velle Alliance. Le dis­ciple n’op­pose pas les deux Tes­ta­ments. Il puise dans « les choses anciennes » — la Loi, les Pro­phètes et les Écrits — pour annon­cer « les choses nou­velles » révé­lées en Jésus-Christ. Toute l’É­cri­ture témoigne du même des­sein rédemp­teur.

His­toire de l’in­ter­pré­ta­tion

Les Pères de l’É­glise ont sou­vent iden­ti­fié le tré­sor caché au Christ lui-même ou à l’É­van­gile qui révèle le salut. Ils sou­lignent que la joie de celui qui trouve ce tré­sor mani­feste la supé­rio­ri­té des biens éter­nels sur les richesses ter­restres.

Les Réfor­ma­teurs insistent davan­tage sur la gra­tui­té du salut. Le fait de « vendre tout » ne signi­fie pas que l’homme achète le Royaume par ses mérites. Il exprime la foi qui renonce à toute autre confiance pour rece­voir gra­tui­te­ment ce que Dieu offre en Jésus-Christ. Jean Cal­vin sou­ligne que le Royaume est d’un prix infi­ni, mais qu’il demeure un don de la grâce ; les renon­ce­ments du croyant sont la consé­quence de cette grâce, jamais sa condi­tion.

Appli­ca­tions pas­to­rales

Ces para­boles inter­rogent notre échelle de valeurs. Beau­coup recon­naissent que le Christ est pré­cieux, mais conti­nuent à orga­ni­ser leur exis­tence autour d’autres prio­ri­tés : la réus­site, la sécu­ri­té, le confort ou la recon­nais­sance. Jésus nous demande si le Royaume occupe réel­le­ment la pre­mière place.

Le texte encou­rage éga­le­ment ceux qui cherchent encore. Cer­tains découvrent le Christ presque à l’im­pro­viste, d’autres après une longue quête spi­ri­tuelle. L’es­sen­tiel n’est pas la manière dont la ren­contre se pro­duit, mais la réponse don­née à cette décou­verte.

La para­bole du filet appelle enfin à la vigi­lance et à l’hu­mi­li­té. Nous annon­çons l’É­van­gile à tous sans pré­tendre connaître le juge­ment final. Dieu seul connaît les cœurs ; notre mis­sion consiste à pro­cla­mer fidè­le­ment la Bonne Nou­velle.

Les ensei­gnants de l’É­glise reçoivent enfin une res­pon­sa­bi­li­té par­ti­cu­lière. Comme le maître de mai­son, ils doivent pui­ser sans cesse dans tout le tré­sor des Écri­tures afin d’é­di­fier le peuple de Dieu. Une pré­di­ca­tion fidèle ne choi­sit pas entre l’An­cien et le Nou­veau Tes­ta­ment ; elle montre leur pro­fonde uni­té en Jésus-Christ.

Conclu­sion

Ces quatre para­boles conduisent au cœur même de la foi chré­tienne. Le Royaume révé­lé par Jésus-Christ vaut infi­ni­ment plus que tout ce que le monde peut offrir. Celui qui le découvre ne perd rien d’es­sen­tiel en renon­çant au reste ; il reçoit le bien suprême. Mais cette grâce appelle une réponse : accueillir le Roi, per­sé­vé­rer jus­qu’au juge­ment final et trans­mettre fidè­le­ment aux géné­ra­tions sui­vantes le tré­sor de toute la Sainte Écri­ture.

Synthèse canonique

Les trois lec­tures de ce dimanche forment une remar­quable uni­té théo­lo­gique. Elles répondent toutes à une même ques­tion : quelle est la véri­table richesse de l’homme devant Dieu ?

Dans 1 Rois 3, Salo­mon reçoit la pos­si­bi­li­té de deman­der ce qu’il désire. Au lieu de recher­cher les biens habi­tuel­le­ment convoi­tés – richesse, puis­sance ou lon­gé­vi­té –, il demande un cœur qui écoute afin de gou­ver­ner le peuple selon la jus­tice de Dieu. La sagesse appa­raît déjà comme un don de la grâce et non comme une conquête de l’in­tel­li­gence humaine.

Dans Mat­thieu 13, Jésus conduit cette révé­la­tion à son accom­plis­se­ment. La véri­table sagesse consiste désor­mais à recon­naître la valeur infi­nie du Royaume des cieux. Celui qui découvre ce Royaume com­prend que tout le reste devient secon­daire. Les deux pre­mières para­boles répondent direc­te­ment à la demande de Salo­mon : le cœur vrai­ment sage est celui qui sait dis­cer­ner le bien suprême.

Enfin, Romains 8 dévoile l’o­ri­gine pro­fonde de cette sagesse. Si le croyant peut recon­naître le Royaume comme le tré­sor suprême, c’est parce que Dieu lui-même l’a appe­lé selon son des­sein éter­nel. La décou­verte du tré­sor ne résulte pas seule­ment d’une déci­sion humaine ; elle s’ins­crit dans l’œuvre sou­ve­raine du Dieu qui appelle, jus­ti­fie et glo­ri­fie son peuple.

La pro­gres­sion est remar­quable.

Dans l’An­cienne Alliance, Dieu donne au roi la sagesse néces­saire pour gou­ver­ner son peuple.

Dans l’É­van­gile, cette sagesse atteint son accom­plis­se­ment en Jésus-Christ, qui révèle le Royaume comme le bien suprême.

Dans l’É­pître, Paul montre que cette entrée dans le Royaume repose elle-même sur l’i­ni­tia­tive sou­ve­raine de Dieu.

Ain­si, les trois textes convergent vers une même confes­sion : Dieu donne tout ce qui est néces­saire au salut. Il donne un cœur capable d’é­cou­ter, il révèle le Royaume en son Fils et il conduit infailli­ble­ment les siens jus­qu’à la gloire.

Cette uni­té trouve son centre en Jésus-Christ.

Salo­mon est un roi sage, mais sa sagesse demeure impar­faite et son règne connaî­tra de graves infi­dé­li­tés. Jésus-Christ est le Fils de David par­fai­te­ment obéis­sant, la sagesse incar­née annon­cée par les pro­phètes. Il ne révèle pas seule­ment le Royaume ; il en est le Roi. Il n’in­vite pas sim­ple­ment à recher­cher un tré­sor ; il est lui-même le tré­sor dans lequel se trouvent « tous les tré­sors de la sagesse et de la connais­sance » (Colos­siens 2.3).

La para­bole du tré­sor caché prend alors une pro­fon­deur nou­velle. Le Royaume vaut que l’on aban­donne tout parce qu’il donne le Christ lui-même. Ce renon­ce­ment n’est jamais une perte défi­ni­tive ; il est l’en­trée dans la véri­table richesse pro­mise depuis les patriarches.

La théo­lo­gie de l’al­liance appa­raît ici avec une grande clar­té. Depuis Abra­ham, Dieu pré­pare un peuple appe­lé à vivre sous son règne. Avec David, il pro­met un roi dont le royaume sera éter­nel. Avec Salo­mon, il montre que ce règne exige une sagesse venant d’en haut. En Jésus-Christ, toutes ces pro­messes trouvent leur accom­plis­se­ment. Le Roi est venu, le Royaume est inau­gu­ré et les croyants sont appe­lés à vivre dès main­te­nant sous son auto­ri­té en atten­dant sa mani­fes­ta­tion glo­rieuse.

Ces textes invitent enfin cha­cun à un exa­men per­son­nel. Où se trouve notre véri­table tré­sor ? Qu’est-ce qui oriente nos déci­sions, nos prio­ri­tés et nos espé­rances ? La réponse à cette ques­tion révèle tou­jours le royaume auquel appar­tient notre cœur.

Celui qui a décou­vert le Christ ne renonce pas à tout parce qu’il méprise la créa­tion. Il renonce à toute pré­ten­tion d’au­to­no­mie parce qu’il a trou­vé infi­ni­ment meilleur. C’est pour­quoi la joie accom­pagne tou­jours la véri­table conver­sion. Le Royaume des cieux n’ap­pau­vrit pas l’homme ; il lui fait décou­vrir la richesse que Dieu avait pré­pa­rée pour lui depuis toute éter­ni­té.


Lecture théologique et apologétique

Cette sec­tion pro­pose une lec­ture doc­tri­nale des textes du jour, en lien expli­cite avec la théo­lo­gie de l’alliance. Elle ne vise pas à répé­ter l’exégèse ni la pré­di­ca­tion, mais à offrir un éclai­rage oblique, en met­tant en évi­dence les doc­trines bibliques par­ti­cu­liè­re­ment sol­li­ci­tées par les pas­sages étu­diés.

Il s’agit ici de rap­pe­ler l’enseignement constant de l’Église, et plus spé­cia­le­ment de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante, dans le champ de la théo­lo­gie sys­té­ma­tique : doc­trine de Dieu, du salut, de l’Église, de la grâce, de la mis­sion, ou encore de l’histoire du salut.

Cette lec­ture théo­lo­gique per­met de mon­trer que les textes du jour ne sont pas seule­ment por­teurs d’un mes­sage spi­ri­tuel immé­diat, mais qu’ils s’inscrivent dans une cohé­rence doc­tri­nale pro­fonde. Les pro­messes, les appels et les exhor­ta­tions bibliques prennent alors place dans le cadre plus large de l’alliance, com­prise comme l’œuvre sou­ve­raine de Dieu, accom­plie en Christ et déployée par l’Esprit dans l’histoire.

Cette sec­tion est facul­ta­tive. Elle peut être uti­li­sée pour appro­fon­dir la réflexion, nour­rir l’enseignement caté­ché­tique ou théo­lo­gique, ou ser­vir de repère doc­tri­nal pour la pré­di­ca­tion et la for­ma­tion.


Lecture théologique

Les lec­tures de ce dimanche mani­festent l’u­ni­té pro­fonde de l’his­toire du salut. Elles ne pré­sentent pas seule­ment quelques exhor­ta­tions spi­ri­tuelles indé­pen­dantes, mais révèlent le déploie­ment d’un même des­sein de grâce, depuis l’An­cienne Alliance jus­qu’à son accom­plis­se­ment en Jésus-Christ.

La pre­mière lec­ture montre que la véri­table sagesse est un don de Dieu. Salo­mon ne fonde pas son règne sur sa propre intel­li­gence mais sur la grâce divine. Cette sagesse n’est pas sim­ple­ment une qua­li­té humaine ; elle est la capa­ci­té de dis­cer­ner la volon­té de Dieu afin de gou­ver­ner selon son alliance. Dès l’An­cien Tes­ta­ment, Dieu pré­pare ain­si son peuple à recon­naître que le salut dépend tou­jours de son ini­tia­tive sou­ve­raine.

Cette sagesse trouve son accom­plis­se­ment en Jésus-Christ. Dans l’É­van­gile, le Royaume des cieux appa­raît comme le bien suprême, le tré­sor caché et la perle de grand prix. Le Christ ne révèle pas seule­ment une nou­velle doc­trine : il inau­gure le Royaume pro­mis par les pro­phètes et accom­plit toutes les pro­messes de l’al­liance de grâce. En lui se trouvent la véri­table sagesse, la véri­table richesse et le véri­table héri­tage du peuple de Dieu.

L’é­pître aux Romains éclaire le fon­de­ment de cette révé­la­tion. Si le croyant peut recon­naître la valeur incom­pa­rable du Royaume, ce n’est pas d’a­bord en rai­son de sa propre intel­li­gence, mais parce que Dieu agit sou­ve­rai­ne­ment. Ceux qu’il appelle, il les jus­ti­fie ; ceux qu’il jus­ti­fie, il les glo­ri­fie. L’œuvre du salut forme un tout cohé­rent qui pro­cède entiè­re­ment de la grâce divine. L’i­ni­tia­tive appar­tient à Dieu, l’ac­com­plis­se­ment est assu­ré en Christ et l’ap­pli­ca­tion est réa­li­sée par le Saint-Esprit.

Cette pers­pec­tive éclaire éga­le­ment la doc­trine de l’É­glise. Celle-ci n’est pas une com­mu­nau­té ras­sem­blée autour de valeurs reli­gieuses com­munes, mais le peuple de la nou­velle alliance, consti­tué par l’ap­pel effi­cace de Dieu et char­gé de témoi­gner du Royaume jus­qu’au retour du Christ. Les dis­ciples deviennent les inten­dants du tré­sor reçu, appe­lés à trans­mettre fidè­le­ment les richesses des Écri­tures anciennes et nou­velles.

Enfin, ces textes orientent toute l’es­pé­rance chré­tienne. Le Royaume est déjà pré­sent dans la per­sonne du Christ, mais il attend encore sa pleine mani­fes­ta­tion. Les croyants vivent donc dans cette ten­sion féconde entre le « déjà » et le « pas encore ». Ayant décou­vert le tré­sor incom­pa­rable du Royaume, ils avancent avec confiance vers l’ac­com­plis­se­ment défi­ni­tif des pro­messes de Dieu, cer­tains que celui qui a com­men­cé en eux son œuvre la mène­ra jus­qu’à son terme, pour la gloire du Père, par le Fils, dans la puis­sance du Saint-Esprit.

Lecture apologétique

Les para­boles du tré­sor caché et de la perle de grand prix posent une ques­tion qui demeure pro­fon­dé­ment actuelle : existe-t-il un bien ayant une valeur objec­tive et abso­lue, ou toute valeur dépend-elle uni­que­ment des pré­fé­rences indi­vi­duelles ?

Le rela­ti­visme contem­po­rain répond que cha­cun construit libre­ment son propre sys­tème de valeurs. Ce qui consti­tue un tré­sor pour l’un ne l’est pas néces­sai­re­ment pour l’autre. Le pré­sup­po­sé est qu’il n’existe aucune véri­té uni­ver­selle capable de s’im­po­ser à tous. Jésus affirme exac­te­ment l’in­verse. Le Royaume des cieux pos­sède une valeur intrin­sèque qui ne dépend pas du regard humain. L’homme découvre le tré­sor ; il ne le crée pas. La véri­té pré­cède donc notre juge­ment. La foi chré­tienne ne consiste pas à inven­ter un sens à l’exis­tence, mais à recon­naître une réa­li­té que Dieu a révé­lée.

Le maté­ria­lisme consi­dère que seules les réa­li­tés visibles et mesu­rables pos­sèdent une véri­table valeur. Dans cette pers­pec­tive, vendre tous ses biens pour acqué­rir un Royaume invi­sible appa­raît comme une folie. Pour­tant, Jésus inverse l’ordre habi­tuel des prio­ri­tés. Les richesses maté­rielles sont réelles mais pro­vi­soires ; le Royaume est invi­sible aujourd’­hui, mais éter­nel. La ques­tion n’est donc pas de nier la valeur des biens ter­restres, mais de leur rendre leur juste place face à ce qui demeure.

L’indi­vi­dua­lisme contem­po­rain affirme que cha­cun peut défi­nir libre­ment le sens de sa vie. Les para­boles montrent au contraire qu’une décou­verte authen­tique trans­forme objec­ti­ve­ment l’exis­tence. Celui qui ren­contre le Christ ne conserve pas sim­ple­ment les mêmes prio­ri­tés en y ajou­tant une dimen­sion reli­gieuse. Toute son échelle de valeurs est réor­don­née autour du Royaume de Dieu. La conver­sion n’est pas un sup­plé­ment spi­ri­tuel ; elle est un chan­ge­ment pro­fond de pers­pec­tive.

Le libé­ra­lisme pro­tes­tant tend par­fois à réduire le Royaume à un idéal moral ou à un pro­jet de trans­for­ma­tion sociale. Or les para­boles parlent d’a­bord d’une réa­li­té que Dieu inau­gure sou­ve­rai­ne­ment en Jésus-Christ. Les consé­quences éthiques sont bien réelles, mais elles découlent de la ren­contre avec le Roi. Le Royaume n’est pas seule­ment un pro­gramme de jus­tice ; il est le règne vivant du Christ res­sus­ci­té.

Enfin, la cri­tique his­to­rique scep­tique peut voir dans ces para­boles de simples récits sym­bo­liques expri­mant les convic­tions reli­gieuses des pre­mières com­mu­nau­tés chré­tiennes. Pour­tant, leur cohé­rence avec l’en­semble de l’É­van­gile de Mat­thieu, leur enra­ci­ne­ment dans les pro­messes de l’An­cien Tes­ta­ment et leur accom­plis­se­ment dans la per­sonne même de Jésus mani­festent une remar­quable uni­té. Elles ne pro­posent pas une phi­lo­so­phie par­mi d’autres ; elles révèlent l’a­bou­tis­se­ment de l’his­toire du salut.

Ces para­boles invitent ain­si chaque géné­ra­tion à s’in­ter­ro­ger. Le véri­table enjeu n’est pas seule­ment de savoir ce que nous pos­sé­dons, mais ce qui pos­sède notre cœur. Si le Christ est réel­le­ment le tré­sor incom­pa­rable annon­cé par l’É­cri­ture, alors il mérite non une place par­mi d’autres, mais la pre­mière place. C’est pré­ci­sé­ment cette affir­ma­tion qui demeure aujourd’­hui encore le point de diver­gence fon­da­men­tal entre la foi chré­tienne clas­sique et les grandes visions concur­rentes de l’homme et du monde.


Outils pédagogiques

Contexte du texte de l’É­van­gile

Les para­boles du tré­sor caché, de la perle de grand prix, du filet et du maître de mai­son concluent le grand dis­cours en para­boles de Mat­thieu 13. Celui-ci inter­vient à un moment char­nière du minis­tère de Jésus. Les oppo­si­tions se mul­ti­plient, tan­dis que les dis­ciples com­mencent à per­ce­voir pro­gres­si­ve­ment l’i­den­ti­té véri­table de leur Maître.

Les para­boles ne servent pas seule­ment à illus­trer une véri­té. Elles révèlent les mys­tères du Royaume à ceux qui reçoivent la Parole avec foi, tout en lais­sant dans leur aveu­gle­ment ceux qui refusent d’é­cou­ter. Ce der­nier ensemble de para­boles répond ain­si à une ques­tion fon­da­men­tale : com­ment faut-il répondre lorsque le Royaume est révé­lé ?

Lien avec les autres lec­tures

Les trois lec­tures se répondent de manière remar­quable.

Dans 1 Rois 3, Salo­mon demande la sagesse néces­saire pour dis­cer­ner selon Dieu.

Le Psaume 119.129–136 célèbre la Parole qui éclaire et donne l’in­tel­li­gence.

Dans Romains 8.28–30, Paul montre que Dieu conduit sou­ve­rai­ne­ment ceux qu’il appelle jus­qu’à leur glo­ri­fi­ca­tion.

Enfin, Mat­thieu 13.44–52 révèle l’ob­jet même de cette sagesse : recon­naître que le Royaume des cieux pos­sède une valeur infi­ni­ment supé­rieure à tout ce que le monde peut offrir.

Ain­si, la sagesse deman­dée par Salo­mon conduit à recon­naître le tré­sor annon­cé par Jésus, tan­dis que la Pro­vi­dence décrite par Paul garan­tit que ceux qui appar­tiennent au Royaume seront conduits jus­qu’à son accom­plis­se­ment.

Place dans l’an­née litur­gique

Le 17ᵉ dimanche du Temps ordi­naire appar­tient à la longue période où l’É­glise médite l’en­sei­gne­ment public de Jésus. Après les para­boles de la semence, de l’i­vraie et du grain de mou­tarde, ces der­nières para­boles invitent désor­mais l’as­sem­blée à répondre per­son­nel­le­ment à l’ap­pel du Royaume.

L’ac­cent n’est plus seule­ment mis sur la crois­sance du Royaume, mais sur sa valeur incom­pa­rable et sur la déci­sion qu’il appelle.

Éclai­rage du psaume

Le Psaume 119.129–136 consti­tue une remar­quable prière d’illu­mi­na­tion.

Le psal­miste demande à Dieu de lui ouvrir l’in­tel­li­gence afin de com­prendre sa Parole. Cette demande rejoint direc­te­ment celle de Salo­mon et pré­pare le croyant à recon­naître en Jésus-Christ le tré­sor annon­cé par les para­boles.

La sagesse biblique consiste tou­jours à rece­voir la lumière de la Parole avant de prendre ses déci­sions.

Ques­tions d’exé­gèse

Pour­quoi Jésus emploie-t-il deux para­boles presque iden­tiques (le tré­sor et la perle) ?

Que signi­fie le fait que l’un des hommes cherche tan­dis que l’autre découvre presque par hasard ?

Pour­quoi Jésus insiste-t-il sur la joie de celui qui vend tout ?

Le Royaume s’a­chète-t-il réel­le­ment ?

Quel est le lien entre les deux pre­mières para­boles et celle du filet ?

Pour­quoi Jésus ter­mine-t-il par l’i­mage du maître de mai­son ?

Que repré­sentent « les choses anciennes » et « les choses nou­velles » ?

Struc­ture du texte

Le pas­sage pro­gresse selon un mou­ve­ment très cohé­rent.

La valeur incom­pa­rable du Royaume (vv. 44–46).

La res­pon­sa­bi­li­té de répondre aujourd’­hui à l’ap­pel de Dieu avant le juge­ment (vv. 47–50).

La mis­sion de trans­mettre fidè­le­ment toute la révé­la­tion de Dieu (vv. 51–52).

Cette pro­gres­sion conduit le lec­teur de la décou­verte du Royaume jus­qu’à la res­pon­sa­bi­li­té mis­sion­naire de l’É­glise.

Lec­ture théo­lo­gique

Ces para­boles mani­festent l’u­ni­té de toute l’his­toire de la rédemp­tion.

Le Royaume annon­cé par Jésus accom­plit les pro­messes faites à Abra­ham, déve­lop­pées sous David et pré­pa­rées par toute l’An­cienne Alliance.

Le tré­sor n’est pas une réa­li­té nou­velle sur­gis­sant sans racines ; il est l’ac­com­plis­se­ment du des­sein éter­nel de Dieu.

Le Christ appa­raît ain­si comme le véri­table Roi pro­mis, la sagesse par­faite que Salo­mon ne fai­sait qu’an­non­cer, et celui par qui Dieu conduit son peuple jus­qu’à la gloire annon­cée en Romains 8.

Approche apo­lo­gé­tique par ques­tions

Pour­quoi tant de per­sonnes ne recon­naissent-elles pas la valeur du Christ ?

Le chris­tia­nisme demande-t-il de renon­cer à tout ou de rece­voir un bien infi­ni­ment supé­rieur ?

Le Royaume de Dieu limite-t-il la liber­té ou lui donne-t-il son véri­table accom­plis­se­ment ?

Com­ment conci­lier l’a­mour de Dieu et la réa­li­té du juge­ment annon­cée dans la para­bole du filet ?

Pour­quoi Jésus parle-t-il encore aujourd’­hui de véri­té, alors que notre époque pri­vi­lé­gie sou­vent le rela­ti­visme ?

Appro­pria­tion spi­ri­tuelle

Quel est aujourd’­hui mon véri­table tré­sor ?

Quelles réa­li­tés occupent concrè­te­ment la pre­mière place dans ma vie ?

Est-ce que je demande à Dieu un cœur qui écoute, comme Salo­mon ?

Les épreuves me font-elles perdre confiance, ou Romains 8 nour­rit-il mon espé­rance ?

Com­ment puis-je trans­mettre à mon tour le tré­sor de la Sainte Écri­ture autour de moi, dans ma famille, mon Église ou mon tra­vail ?


Textes liturgiques

Les textes litur­giques pro­po­sés ici sont direc­te­ment ins­pi­rés des lec­tures bibliques du jour. Ils sont conçus pour un culte réfor­mé, dans le res­pect de sa struc­ture, de sa sobrié­té et de sa théo­lo­gie.
Ils peuvent être uti­li­sés tels quels ou adap­tés selon le contexte local (voir le menu « Culte » du site).

Les psaumes et can­tiques sont choi­sis dans le recueil Arc-en-Ciel, lar­ge­ment uti­li­sé dans les Églises réfor­mées fran­co­phones.
Le recueil est dis­po­nible en ligne ici :
https ://www.arc-en-ciel.ch

Les paroles et les musiques des psaumes et can­tiques pro­po­sés sont éga­le­ment acces­sibles sur le blog, dans la sec­tion « Psaumes et can­tiques ».

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Frères et sœurs,

Que la grâce et la paix vous soient don­nées de la part de Dieu notre Père et du Sei­gneur Jésus-Christ.

Nous sommes réunis pour ado­rer le Dieu vivant, écou­ter sa Parole, lui rendre grâce et répondre à son appel. En ce 17ᵉ dimanche du Temps ordi­naire, les Saintes Écri­tures nous invitent à recher­cher avant toute chose le Royaume de Dieu, à deman­der la sagesse qui vient d’en haut et à pla­cer notre confiance dans la Pro­vi­dence du Sei­gneur.

Levons nos cœurs vers celui qui seul est notre véri­table tré­sor.

Parole d’ap­pel

« Le royaume des cieux est encore sem­blable à un tré­sor caché dans un champ. L’homme qui l’a trou­vé le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ. »

Mat­thieu 13.44

Salu­ta­tion

Notre secours est dans le nom de l’É­ter­nel,

qui a fait les cieux et la terre.

L’É­ter­nel soit avec vous.

Et avec votre esprit.

Louange

Éter­nel notre Dieu,

nous te bénis­sons parce que tu t’es fait connaître dans ta Parole et plus encore en ton Fils Jésus-Christ.

Tu ne nous aban­donnes pas à nos propres che­mins, mais tu viens à notre ren­contre, tu nous appelles dans ta grâce et tu nous fais décou­vrir le Royaume qui sur­passe toutes les richesses de ce monde.

Nous te louons pour ta sagesse infi­nie, pour ta fidé­li­té qui tra­verse les géné­ra­tions et pour ton amour qui ne change jamais.

À toi soient la gloire, la puis­sance et l’hon­neur, main­te­nant et pour les siècles des siècles.

Amen.

Prière de confes­sion des péchés

Sei­gneur notre Dieu,

nous confes­sons que notre cœur se laisse trop faci­le­ment séduire par des tré­sors qui passent.

Nous recher­chons sou­vent notre sécu­ri­té dans nos propres forces, notre recon­nais­sance dans le regard des autres ou notre espé­rance dans des biens qui ne demeurent pas.

Nous man­quons de sagesse pour dis­cer­ner ce qui est véri­ta­ble­ment essen­tiel.

Nous avons besoin du cœur qui écoute que Salo­mon deman­dait, de la lumière de ta Parole chan­tée par le psal­miste et de la confiance que l’a­pôtre Paul place en ta Pro­vi­dence.

Par­donne-nous pour l’a­mour désor­don­né que nous por­tons aux choses pas­sa­gères.

Recentre notre vie sur Jésus-Christ, le Roi de ton Royaume.

Par ton Saint-Esprit, renou­velle notre intel­li­gence, puri­fie notre volon­té et fais gran­dir en nous la joie de ceux qui ont décou­vert le tré­sor incom­pa­rable de l’É­van­gile.

Nous te le deman­dons au nom de Jésus-Christ.

Amen.

Annonce de la grâce

Écou­tons la pro­messe de Dieu :

« Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appe­lés selon son des­sein. »

Romains 8.28

À tous ceux qui se repentent et mettent leur confiance en Jésus-Christ, j’an­nonce que Dieu accorde le par­don des péchés, la paix avec lui et la vie éter­nelle.

En Jésus-Christ, nous sommes récon­ci­liés avec Dieu.

Amen.

Prière d’illu­mi­na­tion

Sei­gneur,

ouvre notre intel­li­gence par ton Saint-Esprit.

Donne-nous un cœur qui écoute ta Parole avec foi.

Que les Saintes Écri­tures éclairent notre esprit, reprennent notre conscience, for­ti­fient notre espé­rance et nous conduisent tou­jours davan­tage vers ton Fils.

Fais-nous recon­naître aujourd’­hui encore la valeur incom­pa­rable de ton Royaume.

Par Jésus-Christ notre Sei­gneur.

Amen.

Lec­tures bibliques

Pre­mière lec­ture

1 Rois 3.5, 7–12

Lec­ture du pre­mier livre des Rois.

(Lec­ture du texte.)

L’É­ter­nel, nous avons enten­du ta Parole.

Nous ren­dons grâces à Dieu.

Psaume

Psaume 119.129–136 (numé­ro­ta­tion pro­tes­tante)

Lec­ture alter­née ou chant du Psaume.

Deuxième lec­ture

Romains 8.28–30

Lec­ture de la lettre de l’a­pôtre Paul aux Romains.

(Lec­ture du texte.)

L’É­ter­nel, nous avons enten­du ta Parole.

Nous ren­dons grâces à Dieu.

Évan­gile

Mat­thieu 13.44–52

Évan­gile de notre Sei­gneur Jésus-Christ selon saint Mat­thieu.

(Lec­ture du texte.)

Heu­reux ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la gardent.

Amen.

Confes­sion de foi

Confes­sons ensemble la foi de l’É­glise uni­ver­selle.

Sym­bole des Apôtres

Je crois en Dieu,
le Père tout-puis­sant,
créa­teur du ciel et de la terre.

Je crois en Jésus-Christ,
son Fils unique, notre Sei­gneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la vierge Marie,
a souf­fert sous Ponce Pilate,
a été cru­ci­fié,
est mort,
a été ense­ve­li,
est des­cen­du aux enfers.
Le troi­sième jour,
il est res­sus­ci­té des morts,
est mon­té au ciel,
il est assis à la droite de Dieu,
le Père tout-puis­sant,
d’où il vien­dra juger les vivants et les morts.

Je crois au Saint-Esprit,
la sainte Église uni­ver­selle,
la com­mu­nion des saints,
la rémis­sion des péchés,
la résur­rec­tion de la chair
et la vie éter­nelle.

Amen.

Prière d’in­ter­ces­sion

Prions.

Dieu notre Père,

Nous te ren­dons grâce pour la sagesse que tu accordes à ceux qui la demandent avec foi. Donne à ton Église des pas­teurs, des anciens, des diacres et des témoins fidèles, capables d’an­non­cer avec cou­rage et humi­li­té le Royaume de ton Fils.

Nous te prions pour les res­pon­sables des nations. Accorde-leur un cœur qui écoute, sem­blable à celui que Salo­mon deman­dait. Qu’ils recherchent la jus­tice, la paix et le bien com­mun plu­tôt que leurs inté­rêts par­ti­cu­liers.

Nous te confions celles et ceux qui exercent des res­pon­sa­bi­li­tés dans les armées, les ser­vices de secours et toutes les mis­sions de pro­tec­tion. Donne-leur dis­cer­ne­ment, cou­rage et inté­gri­té. Sou­tiens par­ti­cu­liè­re­ment ceux qui sont loin de leurs familles, enga­gés en opé­ra­tion ou confron­tés à la vio­lence et à la souf­france.

Nous te prions pour les malades, les per­sonnes âgées, les per­sonnes iso­lées, les familles éprou­vées par le deuil ou l’in­quié­tude. Fais-leur connaître la conso­la­tion qui vient de ton Évan­gile et la cer­ti­tude que rien ne peut les sépa­rer de ton amour mani­fes­té en Jésus-Christ.

Nous te prions enfin pour cha­cun de nous. Détourne nos cœurs des faux tré­sors qui passent et fais gran­dir en nous le désir de ton Royaume. Que notre vie tout entière rende témoi­gnage à la joie de ceux qui ont trou­vé en Jésus-Christ le tré­sor incom­pa­rable.

Nous te pré­sen­tons ces prières au nom de celui qui nous a appris à dire :

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanc­ti­fié ;
que ton règne vienne ;
que ta volon­té soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’­hui notre pain de ce jour.

Par­donne-nous nos offenses,
comme nous par­don­nons aus­si à ceux qui nous ont offen­sés.

Ne nous laisse pas entrer en ten­ta­tion,
mais délivre-nous du Mal.

Car c’est à toi qu’ap­par­tiennent
le règne,
la puis­sance
et la gloire,
aux siècles des siècles.

Amen.

Offrande

Rece­vons main­te­nant l’of­frande comme un acte de recon­nais­sance envers Dieu.

Ce que nous appor­tons aujourd’­hui ne consti­tue pas le prix de sa grâce ; c’est la réponse recon­nais­sante de ceux qui ont décou­vert en Jésus-Christ le tré­sor qui sur­passe toutes les richesses du monde.

Envoi

Frères et sœurs,

Vous avez enten­du aujourd’­hui que le Royaume des cieux est sem­blable à un tré­sor caché et à une perle de grand prix.

Ne retour­nons pas à nos occu­pa­tions comme si rien n’a­vait chan­gé.

Deman­dons au Sei­gneur un cœur qui écoute, comme Salo­mon.

Mar­chons dans la confiance, comme nous y invite l’a­pôtre Paul.

Cher­chons avant toute chose le Royaume et la jus­tice de Dieu.

Et que notre vie tout entière rende témoi­gnage à la joie de ceux qui ont trou­vé en Jésus-Christ le tré­sor incom­pa­rable.

Béné­dic­tion

Rece­vez la béné­dic­tion du Sei­gneur.

Que le Dieu de toute grâce vous accorde un cœur rem­pli de sa sagesse.

Qu’il affer­misse votre foi lorsque viennent les épreuves.

Qu’il dirige vos pas dans les voies de son Royaume.

Qu’il vous garde dans son amour jus­qu’au jour où vous contem­ple­rez la gloire de son Fils.

Et que la grâce du Sei­gneur Jésus-Christ,
l’a­mour de Dieu le Père
et la com­mu­nion du Saint-Esprit

soient avec vous tous.

Amen.


Psaumes et cantiques

Psaumes pro­po­sés

Le Psaume 119.129–136 (numé­ro­ta­tion pro­tes­tante) s’im­pose natu­rel­le­ment comme pre­mier choix. Il est le psaume pré­vu par le lec­tion­naire et répond direc­te­ment à la demande de Salo­mon d’un « cœur qui écoute ». Il célèbre la lumière de la Parole de Dieu, source de sagesse et de dis­cer­ne­ment. Dans le Psau­tier de Genève, il occupe une place cen­trale comme grande médi­ta­tion sur la Loi du Sei­gneur et convient par­ti­cu­liè­re­ment avant les lec­tures ou comme prière d’illu­mi­na­tion.

Le Psaume 111 du Psau­tier de Genève consti­tue une excel­lente réponse aux lec­tures. Son thème est la sagesse qui com­mence dans la crainte de l’É­ter­nel. Il fait écho à 1 Rois 3, où Salo­mon demande la sagesse, et pré­pare l’as­sem­blée à recon­naître en Jésus-Christ le véri­table tré­sor du Royaume. Il est par­ti­cu­liè­re­ment adap­té après la confes­sion des péchés ou avant la pré­di­ca­tion.

Le Psaume 16 du Psau­tier de Genève exprime la confiance du croyant qui recon­naît Dieu comme son unique héri­tage : « L’É­ter­nel est la part de mon héri­tage. » Il rejoint les para­boles du tré­sor caché et de la perle de grand prix, en rap­pe­lant que la com­mu­nion avec Dieu vaut plus que toutes les richesses ter­restres. Il convient comme chant de consé­cra­tion après la pré­di­ca­tion.

Le Psaume 146 – Loué sois-tu (ARC 146), de Clé­ment Marot (XVIᵉ siècle), clas­sé A, célèbre la fidé­li­té de Dieu et invite à pla­cer son espé­rance en lui plu­tôt qu’en la puis­sance des hommes. Son lien avec Romains 8 est par­ti­cu­liè­re­ment fort : le Sei­gneur demeure fidèle à son des­sein de grâce. Il peut accom­pa­gner l’ou­ver­ture du culte ou l’ac­tion de grâce.

Can­tiques pro­po­sés

Main­te­nant prions le Saint-Esprit, de Mar­tin Luther (1524), clas­sé A, est par­ti­cu­liè­re­ment indi­qué comme chant d’in­vo­ca­tion. Il demande l’œuvre du Saint-Esprit pour com­prendre les Écri­tures, rejoi­gnant la prière de Salo­mon et le Psaume 119. Il pré­pare admi­ra­ble­ment l’as­sem­blée à l’é­coute de la Parole.

Grand Dieu, nous te bénis­sons (ARC 243), d’I­gnaz Franz (XVIIIᵉ siècle), clas­sé A, est un grand can­tique d’a­do­ra­tion cen­tré sur la gloire de Dieu. Il convient par­fai­te­ment à l’ou­ver­ture du culte en réponse à la sou­ve­rai­ne­té divine mani­fes­tée dans les trois lec­tures.

À toi la gloire (ARC 471), d’Ed­mond Budry (1884), clas­sé A, célèbre la vic­toire du Christ res­sus­ci­té. Bien qu’as­so­cié à Pâques, il exprime avec force la royau­té du Christ et la cer­ti­tude de son Royaume. Il peut être chan­té après la pré­di­ca­tion ou comme chant d’en­voi.

Saint, saint, saint, le Sei­gneur tout-puis­sant (ARC 863), de Regi­nald Heber (1826), clas­sé A, exalte la sain­te­té et la sou­ve­rai­ne­té de Dieu. Sa richesse doc­tri­nale en fait un excellent chant d’a­do­ra­tion, par­ti­cu­liè­re­ment en har­mo­nie avec la révé­la­tion du Royaume des cieux.

Choix litur­gique recom­man­dé

Pour l’in­vo­ca­tion : Main­te­nant prions le Saint-Esprit.

Pour l’a­do­ra­tion : Grand Dieu, nous te bénis­sons ou Saint, saint, saint, le Sei­gneur tout-puis­sant.

Avant les lec­tures : Psaume 119.129–136.

Après la pré­di­ca­tion : Psaume 16 ou À toi la gloire.

Pour l’en­voi : Psaume 146 – Loué sois-tu, qui rap­pelle que notre espé­rance demeure dans le Sei­gneur seul et qu’il conduit fidè­le­ment son peuple vers l’ac­com­plis­se­ment de son Royaume.

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