Psaume 47 – Illustration baroque style Rembrandt

Psaume 47 : Frappez dans vos mains (Arc 47)

Le Psaume 47 est un chant de vic­toire et de joie qui pro­clame la royau­té uni­ver­selle de Dieu. Dans le Psau­tier de Genève, il a été ver­si­fié par Clé­ment Marot et mis en musique sur une mélo­die simple et majes­tueuse des­ti­née au chant de l’assemblée. En le chan­tant, nous confes­sons que le Sei­gneur règne sur toutes les nations et qu’il étend son règne de paix sur son peuple. Chan­tons-le comme une accla­ma­tion de foi et de louange.

Audios

Strophes x3 rapide (orgue)
Strophes x3 lent (haut­bois)
Strophes x3 rapide (pia­no avec paroles)
Inter­pré­ta­tion Suno ai

Paroles

1. Frap­pez dans vos mains,
Vous, tous les humains !
A cris redou­blés,
Peuples assem­blés,
Exul­tez de joie
Car voi­ci le Roi.
Redou­table et doux,
Dieu veille sur vous ;
Son bras sou­ve­rain,
Sa puis­sante main
Étend à jamais
Son règne de paix.

2. Si Dieu a choi­si
Israël pour fils,
S’il l’a secou­ru,
S’il l’a main­te­nu,
C’est pour pro­cla­mer
Par son bien-aimé :
“En moi s’uniront
Toutes les nations ;
Il faut main­te­nant
Que s’ouvre tout grand
Par­tout, pour tou­jours,
Mon règne d’amour !”.

3. Peuple rache­té,
Viens ici chan­ter !
De tes oppres­seurs
Voi­ci le vain­queur !
Fais son­ner du cor,
Dieu est juste et fort.
Chan­tez tous, chan­tez
Sa grande bon­té.
Il vient réta­blir,
Il fait res­plen­dir
Plus haut que les cieux
Le règne de Dieu.



Présentation générale du Psaume 47 (Psautier de Genève)

Auteur du texte (versification)

Le texte fran­çais mis en vers dans le Psau­tier de Genève est l’œuvre de Clé­ment Marot.
Il a ver­si­fié les Psaumes 1 à 50 (avec quelques excep­tions), avant sa mort en 1544.

Mélodie originale

La mélo­die du Psaume 47 appar­tient au cor­pus musi­cal gene­vois du milieu du XVIᵉ siècle.
Elle est géné­ra­le­ment attri­buée à Louis Bour­geois, qui fut res­pon­sable de la plu­part des com­po­si­tions et har­mo­ni­sa­tions entre 1549 et 1551.

Cer­taines mélo­dies plus anciennes sont de Guillaume Franc, mais pour le Psaume 47, l’attribution prin­ci­pale reste Bour­geois.

La mélo­die est :

  • Modale,
  • Sobre,
  • Conçue pour être chan­tée en assem­blée,
  • Syl­la­bique (une note par syl­labe),
  • Sans orne­men­ta­tion, selon l’esprit réfor­mé.

Contenu théologique du psaume

Le Psaume 47 biblique est un psaume de royau­té divine, qui célèbre :

  1. La sou­ve­rai­ne­té uni­ver­selle de Dieu
    Dieu règne sur tous les peuples, non seule­ment sur Israël.
  2. L’appel uni­ver­sel à la louange
    Tous les peuples doivent battre des mains, exul­ter, accla­mer le Sei­gneur.
  3. La mon­tée de Dieu par­mi les accla­ma­tions
    Image litur­gique forte : Dieu monte comme un roi vic­to­rieux.
  4. La théo­lo­gie de l’élection d’Israël
    Dieu choi­sit son peuple, mais c’est pour conduire toutes les nations vers lui.
  5. Une vision pro­phé­tique du règne mes­sia­nique
    Le règne d’amour et de paix qui s’étend “par­tout, pour tou­jours”.

La ver­si­fi­ca­tion fran­çaise du Psau­tier met en avant ce double mou­ve­ment :

  • Le Dieu d’Israël est le Roi de toutes les nations,
  • Son règne est à la fois redou­table et doux,
  • Son élec­tion conduit à une ouver­ture uni­ver­selle.

Analyse vers par vers de ta versification

Strophe 1

« Frappez dans vos mains, / Vous, tous les humains ! »

Reprise directe de l’invitation du Psaume 47 : une accla­ma­tion uni­ver­selle.
La louange n’est pas réser­vée à Israël : toute l’humanité est appe­lée à glo­ri­fier Dieu.

« À cris redoublés, / Peuples assemblés, »

Dimen­sion litur­gique : des peuples réunis pour une célé­bra­tion com­mune.
Cal­vin aimait rap­pe­ler que la louange publique ras­semble des croyants dis­per­sés.

« Exultez de joie / Car voici le Roi. »

La joie est réponse à l’apparition du Roi divin.
Dieu est décrit comme Roi au milieu de son peuple : c’est déjà une tona­li­té mes­sia­nique.

« Redoutable et doux, / Dieu veille sur vous ; »

Deux attri­buts com­plé­men­taires :

  • Redou­table : puis­sance, jus­tice, vic­toire.
  • Doux : bon­té, bien­veillance, pro­tec­tion.

Théo­lo­gie clas­sique réfor­mée : Dieu est majes­té et misé­ri­corde.

« Son bras souverain, / Sa puissante main »

Anthro­po­mor­phisme biblique cou­rant : le “bras” sym­bo­lise la puis­sance, la déli­vrance, l’acte sal­va­teur.

« Étend à jamais / Son règne de paix. »

Thème pro­phé­tique :

  • Un règne éter­nel,
  • Un règne de paix, écho d’Ésaïe 9 et du trône mes­sia­nique.

Le Psaume 47 est ici inter­pré­té dans une pers­pec­tive mes­sia­nique et escha­to­lo­gique.


Strophe 2

« Si Dieu a choisi / Israël pour fils, »

Réfé­rence à l’élection d’Israël comme peuple de Dieu (Exode, Deu­té­ro­nome, Osée).
Le Psau­tier de Genève insiste tou­jours sur l’élection comme ini­tia­tive sou­ve­raine de Dieu.

« S’il l’a secouru, / S’il l’a maintenu, »

Résu­mé de l’histoire du salut : exode, pré­ser­va­tion, alliances.
Dieu garde son peuple mal­gré enne­mis, exils et infi­dé­li­tés.

« C’est pour proclamer / Par son bien-aimé : »

“Allu­sion chris­to­lo­gique impli­cite” typique des Réfor­ma­teurs.
Le “bien-aimé” devient natu­rel­le­ment le Christ, par lequel Dieu parle aux nations.

« ‘En moi s’uniront / Toutes les nations ;’ »

Théo­lo­gie de l’universalité du salut.
Rap­pel d’Ésaïe 2, Ésaïe 11, Éphé­siens 2 : en Christ, les nations s’unissent et sont récon­ci­liées.

« ‘Il faut maintenant / Que s’ouvre tout grand / Partout, pour toujours, / Mon règne d’amour !’ »

Déploie­ment :

  • Main­te­nant : réa­li­sa­tion du règne en cours.
  • Tout grand : ouver­ture totale.
  • Par­tout : uni­ver­sa­li­té.
  • Pour tou­jours : éter­ni­té.
  • Règne d’amour : essence du Royaume mes­sia­nique.

Cette strophe est une lec­ture chré­tienne expli­cite du Psaume 47 :
Dieu choi­sit Israël pour bénir toutes les nations, comme dans l’alliance avec Abra­ham.


Strophe 3

« Peuple racheté, / Viens ici chanter ! »

Appel à l’Église (ou au peuple fidèle).
Le croyant n’est pas spec­ta­teur ; il est invi­té à par­ti­ci­per acti­ve­ment à la louange.

« De tes oppresseurs / Voici le vainqueur ! »

Le roi divin a vain­cu les enne­mis.
Dans la théo­lo­gie réfor­mée, le véri­table enne­mi vain­cu est :

  • Le péché,
  • La mort,
  • Satan,
  • Les forces du mal.

« Fais sonner du cor, / Dieu est juste et fort. »

Ins­tru­ment cultuel de l’Ancien Tes­ta­ment : le cor ou sho­far.
Signe de vic­toire, de pro­cla­ma­tion solen­nelle, de théo­pha­nie.

“Juste et fort” : la jus­tice accom­pagne la puis­sance.
Dieu n’est pas seule­ment fort : il est juste dans sa force.

« Chantez tous, chantez / Sa grande bonté. »

Retour à la louange uni­ver­selle.
La bon­té de Dieu est le conte­nu de la louange.

« Il vient rétablir, / Il fait resplendir »

Dimen­sion escha­to­lo­gique :
Dieu réta­blit ce que le péché détruit.
Dieu illu­mine ce qui était obs­cur.

« Plus haut que les cieux / Le règne de Dieu. »

Clô­ture gran­diose :
Le règne de Dieu trans­cende toute réa­li­té créée.

Le Psau­tier de Genève ter­mine ici sur la gran­deur abso­lue du règne divin, sûr, éter­nel, uni­ver­sel.


En résumé

Le Psaume 47, dans ta ver­si­fi­ca­tion :

  • Glo­ri­fie le Roi divin,
  • Appelle tous les peuples à la louange,
  • Rap­pelle l’élection d’Israël comme moyen de béné­dic­tion uni­ver­selle,
  • Annonce le règne mes­sia­nique qui réunit toutes les nations,
  • Célèbre la vic­toire, la jus­tice et la bon­té de Dieu,
  • Conclut par une vision cos­mique du règne éter­nel du Sei­gneur.

L’ensemble est fidèle au Psau­tier de Genève :
sobre, clair, théo­lo­gi­que­ment solide, orien­té vers la louange com­mu­nau­taire et la contem­pla­tion du règne du Christ.


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