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Le Christ ressuscité sortant du tombeau au matin de Pâques, accueilli par les femmes venues au sépulcre, tandis que les gardes terrifiés gisent au sol. La lumière du Ressuscité illumine la scène et symbolise la victoire de Dieu sur la mort.
Chaque semaine, l’Église reçoit de l’Écriture des passages qui orientent sa prière, sa prédication et sa méditation. Les textes proposés ici s’inscrivent dans la tradition d’un lectionnaire commun, où l’Ancien Testament, l’épître et l’Évangile sont mis en dialogue afin de faire apparaître l’unité du dessein de Dieu. Cette lecture ecclésiale de la Bible rappelle que la Parole de Dieu n’est pas une collection de textes isolés, mais le témoignage cohérent de l’histoire du salut.
Pour ce dimanche, l’Église célèbre Pâques, cœur de l’année liturgique. La résurrection du Christ constitue le pivot de la foi chrétienne : elle confirme l’œuvre de la croix, inaugure la nouvelle création et ouvre l’espérance de la vie éternelle. C’est pourquoi la liturgie est traditionnellement marquée par la couleur blanche, signe de joie, de victoire et de gloire.
Les textes proposés éclairent ensemble le mystère pascal.
Dans l’Évangile selon Matthieu 28.1–10, les femmes découvrent le tombeau vide et reçoivent l’annonce décisive : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité ». L’événement fondateur de la foi chrétienne est proclamé comme une intervention souveraine de Dieu dans l’histoire.
Dans Actes 10.34–43, Pierre témoigne que la résurrection de Jésus constitue le centre de la prédication apostolique : Dieu a relevé celui que les hommes avaient crucifié et l’a établi juge des vivants et des morts.
Enfin, Colossiens 3.1–4 montre la conséquence spirituelle de Pâques : les croyants participent déjà à la vie nouvelle du Ressuscité et sont appelés à chercher « les choses d’en haut ».
Ces textes prennent tout leur sens dans la perspective de la théologie de l’alliance. La résurrection du Christ manifeste l’accomplissement des promesses de Dieu : l’alliance conclue avec Israël trouve son accomplissement en Jésus-Christ, médiateur de la nouvelle alliance. En lui, la victoire sur la mort inaugure le peuple renouvelé de Dieu et ouvre l’accès à la vie nouvelle promise par les Écritures.
Ainsi, les lectures de ce dimanche ne sont pas seulement le souvenir d’un événement passé. Elles proclament que le Christ ressuscité règne aujourd’hui et qu’en lui s’accomplit le dessein de Dieu pour son peuple et pour le monde.
Thème du dimanche
La résurrection du Christ – victoire de Dieu et commencement de la vie nouvelle.
Place dans l’année liturgique
Dimanche de Pâques – sommet de l’année chrétienne.
Couleur liturgique
Blanc (joie, gloire, victoire de la résurrection).
Psaume du jour
Le Psaume du jour est le Psaume 118[117 BJ].1, 2, 16–17, 22–23.
Le Psaume 118 est particulièrement approprié pour le dimanche de Pâques. Ce psaume d’action de grâce célèbre la délivrance que Dieu accorde à son peuple et contient l’annonce : « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle », verset que le Nouveau Testament applique au Christ ressuscité (Mt 21.42 ; Ac 4.11). Il répond directement à l’Évangile de la résurrection (Matthieu 28) et à la proclamation apostolique d’Actes 10. Dans le Psautier de Genève, il appartient au groupe final des psaumes de louange chantés dans les assemblées réformées et s’inscrit dans la tradition pascale de l’Église. Dans le culte, il convient particulièrement pour l’adoration ou la réponse après la prédication, comme chant d’action de grâce pour la victoire du Seigneur. Pour le chanter voir ici.
Cette page rassemble les textes bibliques du jour, une méditation, une prédication et des éléments liturgiques pour le culte. Elle a pour objectif d’aider à la préparation et à la célébration du culte, mais aussi à la lecture personnelle et communautaire de l’Écriture. L’ensemble du contenu est libre de droit et peut être utilisé, adapté et diffusé dans un cadre ecclésial, pastoral ou pédagogique. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
L’architecture de cette page permet trois niveaux de lecture :
- Lecteur pressé → méditation + prédication → nourri
- Lecteur engagé → ajoute l’exégèse → enraciné
- Lecteur formé / responsable → va jusqu’à l’apologétique → équipé
Lectio Reformata
En ce jour de Pâques, l’Église proclame le cœur de l’Évangile : Jésus-Christ est ressuscité. Les lectures de ce jour conduisent l’assemblée à contempler cet événement central sous trois angles complémentaires : l’événement lui-même, le témoignage apostolique et les conséquences pour la vie du croyant.
Lectures du jour
Actes 10.34–43
Colossiens 3.1–4
Matthieu 28.1–10
Que dit le texte ?
Dans l’Évangile selon Matthieu, les femmes se rendent au tombeau au matin du premier jour de la semaine. La scène est saisissante : la terre tremble, un ange roule la pierre, et le message est clair : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité. » Les femmes deviennent les premières messagères de la résurrection. En chemin, Jésus lui-même se présente à elles. Elles tombent à ses pieds et l’adorent. Le Ressuscité les envoie annoncer la nouvelle aux disciples.
Dans le livre des Actes, Pierre proclame cette même vérité dans la maison de Corneille. Il rappelle la vie de Jésus, sa mort sur la croix et surtout sa résurrection : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour. » Les apôtres ne parlent pas d’une idée religieuse, mais d’un événement dont ils sont témoins. Ils ont mangé et bu avec lui après sa résurrection. Pierre annonce ensuite la signification de cet événement : Jésus est le Seigneur établi par Dieu, et quiconque croit en lui reçoit le pardon des péchés.
Enfin, l’épître aux Colossiens montre la conséquence de cette résurrection pour les croyants. Paul affirme : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut. » La résurrection n’est pas seulement un événement passé ; elle transforme déjà la vie de ceux qui appartiennent au Christ. Leur véritable vie est désormais « cachée avec le Christ en Dieu », et elle sera pleinement révélée lorsque le Christ apparaîtra dans la gloire.
Ces trois textes forment un mouvement cohérent : l’Évangile raconte l’événement, les Actes proclament le témoignage apostolique, et l’épître montre la vie nouvelle qui en découle.
Que révèle-t-il de Dieu ?
Ces textes révèlent d’abord la fidélité de Dieu à son alliance. La résurrection de Jésus n’est pas un événement isolé dans l’histoire : elle est l’accomplissement du dessein de Dieu annoncé dans les Écritures. Dieu a promis la délivrance, et il l’accomplit en relevant son Fils d’entre les morts.
Ils révèlent aussi la souveraineté de Dieu sur la mort. La mort semble être la limite ultime de l’existence humaine. Pourtant, en ressuscitant Jésus, Dieu montre que la mort n’est pas le dernier mot de l’histoire. La puissance créatrice qui a appelé le monde à l’existence agit maintenant dans la résurrection.
Ces textes révèlent également la véritable identité de Jésus. Celui qui a été crucifié est désormais reconnu comme Seigneur et juge des vivants et des morts. La résurrection est la confirmation divine de la mission du Christ.
Enfin, ils révèlent le caractère universel du salut. Pierre déclare que Dieu ne fait pas acception de personnes et que le pardon est offert à tous ceux qui croient en Jésus-Christ. L’Évangile ne concerne pas un peuple particulier seulement, mais toutes les nations.
Qu’exige-t-il de moi ?
La résurrection appelle d’abord à la foi. Pierre affirme que « quiconque croit en lui reçoit le pardon des péchés ». Le premier appel du texte est donc simple et direct : croire au Christ ressuscité et mettre en lui sa confiance.
Elle appelle ensuite à une vie transformée. Paul exhorte les croyants à « chercher les choses d’en haut ». Cela signifie orienter sa vie vers Dieu, vivre selon la réalité du Royaume plutôt que selon les valeurs passagères du monde.
La résurrection invite aussi à la mission. Dans l’Évangile, les femmes sont envoyées annoncer la nouvelle. Le témoignage fait partie de la réponse de la foi. Celui qui rencontre le Christ ressuscité ne peut garder cette nouvelle pour lui-même.
Enfin, la résurrection nourrit l’espérance. Paul rappelle que notre vie est encore cachée, mais qu’elle sera manifestée lorsque le Christ apparaîtra. Le croyant vit entre la résurrection déjà accomplie et la gloire encore à venir.
Phrase à retenir
Le Christ est ressuscité : celui qui croit en lui reçoit le pardon et commence déjà la vie nouvelle.
Prière
Seigneur Jésus-Christ,
toi qui es sorti du tombeau et qui règnes pour toujours,
affermis notre foi en ta résurrection.
Apprends-nous à chercher les choses d’en haut
et à vivre déjà de la vie nouvelle que tu donnes.
Garde-nous dans l’espérance du jour
où nous paraîtrons avec toi dans la gloire.
Amen.
Courte méditation
La méditation proposée sur le blog foedus.fr est volontairement courte. Elle s’appuie sur le texte de l’Évangile du jour (sauf indication contraire) et cherche à en faire ressortir une parole centrale, accessible et directement applicable à la vie quotidienne. Elle est accompagnée d’une prière simple, en écho au message biblique.
Cette méditation peut être reprise telle quelle ou adaptée librement. Elle se prête particulièrement bien à un usage personnel, pastoral ou à un partage sur les réseaux sociaux (Facebook, X, etc.), sous forme de copier-coller.
Ce texte est libre de droit. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
Dimanche de Pâques – Année A : Le Christ est ressuscité (Matthieu 28.1–10)
Selon le plan de lecture Soif du Dieu vivant 2026, les textes proposés pour le dimanche 5 avril sont les suivants :
- Matthieu 28.1–10
- Actes 10.34–43
- Colossiens 3.1–4
La pierre est roulée, le tombeau est vide, et l’ange annonce aux femmes : « Il n’est pas ici ; il est ressuscité » (Matthieu 28.6). La résurrection du Christ n’est pas seulement un événement extraordinaire dans l’histoire : elle est la victoire de Dieu sur la mort et le commencement d’un monde nouveau. Là où les disciples ne voyaient qu’une fin tragique, Dieu révèle l’accomplissement de son dessein de salut.
Jean Chrysostome remarque que les femmes quittent le tombeau « avec crainte et avec une grande joie », car la rencontre avec l’œuvre de Dieu produit toujours ces deux sentiments : la crainte devant la puissance divine et la joie devant la grâce qui sauve.
Pour nous aujourd’hui, la résurrection rappelle que la mort n’a pas le dernier mot. En Jésus-Christ, Dieu a ouvert un chemin de vie que rien ne peut fermer. Celui qui a vaincu la mort appelle maintenant ses disciples à vivre dans cette espérance.
Application
Le Christ ressuscité nous invite à quitter les tombeaux de la peur, du découragement et du péché pour marcher dans la vie nouvelle qu’il donne.
Prière
Seigneur Jésus-Christ, toi qui as vaincu la mort et ouvert le chemin de la vie, affermis notre foi et remplis nos cœurs de ta joie. Fais-nous vivre chaque jour dans la lumière de ta résurrection. Amen.
Vincent Bru, 2 avril 2026
Prédication
Les prédications proposées sur le blog suivent en principe une structure simple et éprouvée : une introduction, trois points développés, puis une conclusion. Cette progression vise à aider l’écoute, la compréhension et l’appropriation du message biblique, sans alourdir le propos ni perdre de vue l’essentiel.
Cette structure n’est ni obligatoire ni rigide. Elle constitue un cadre au service de la Parole, non une contrainte formelle. Vous pouvez reprendre cette prédication telle quelle, l’adapter à votre contexte, ou simplement vous en inspirer pour élaborer votre propre proclamation.
La prédication est proposée selon deux modèles complémentaires :
Un canevas de prédication, destiné à ceux qui souhaitent s’inspirer de la structure en la personnalisant largement ;
Une prédication orale exégétique, d’environ vingt minutes, directement proclamable, pour ceux qui souhaitent la lire ou l’adapter légèrement.
Ce texte est libre de droit et peut être utilisé, reproduit ou adapté pour un usage pastoral, liturgique ou pédagogique. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
A lire avant tout : Méthode homilétique et prédication réformée – Fiches pour pasteurs et prédicateurs laïques
Prédication – canevas
Introduction
Le matin de Pâques commence dans le silence d’un tombeau. Les femmes viennent accomplir un geste de fidélité envers Jésus crucifié. Elles pensent trouver un corps, mais elles découvrent un message : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité » (Matthieu 28.6). La résurrection n’est pas simplement un événement étonnant dans l’histoire religieuse ; elle est l’acte par lequel Dieu renverse la mort et inaugure une création nouvelle. Les textes de ce jour nous conduisent à comprendre ce que signifie réellement la résurrection : un événement historique, l’accomplissement du salut et le commencement d’une vie nouvelle pour ceux qui croient.
I. Dieu a réellement ressuscité Jésus
Le récit de Matthieu insiste sur la réalité de l’événement. Le tremblement de terre, l’ange, la pierre roulée, la peur des gardes et le témoignage des femmes ne sont pas des images symboliques mais les signes d’une intervention divine réelle dans l’histoire.
L’ange déclare : « Il n’est pas ici ; il est ressuscité, comme il l’avait dit ». La résurrection confirme la parole de Jésus et manifeste que Dieu approuve son œuvre. Celui que les hommes ont condamné, Dieu l’a relevé.
Actes 10.40 résume cette proclamation apostolique : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester ». La résurrection devient ainsi le cœur de la prédication chrétienne.
Sans la résurrection, la croix resterait une tragédie. Avec la résurrection, elle devient la victoire de Dieu.
Illustration
Dans l’Antiquité, un roi victorieux revenait de la bataille pour annoncer sa victoire à son peuple. De la même manière, la résurrection est l’annonce que la bataille décisive contre le péché et la mort a été remportée.
Application
La foi chrétienne repose sur cet événement. Si Christ n’est pas ressuscité, la foi est vaine. Mais parce qu’il est vivant, l’espérance chrétienne est solide.
II. La résurrection révèle l’accomplissement du salut
Dans le discours de Pierre chez Corneille, l’apôtre déclare que Jésus est « désigné par Dieu comme juge des vivants et des morts » et que « quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés » (Actes 10.42–43).
La résurrection confirme que le sacrifice de la croix a été accepté par Dieu. Elle est le sceau divin apposé sur l’œuvre de Christ.
Les prophètes avaient annoncé cette victoire de Dieu sur la mort. La résurrection montre que toutes les promesses de l’alliance trouvent leur accomplissement en Jésus.
Illustration
On peut comparer la résurrection au lever du soleil après une nuit longue et sombre. La croix semble être la victoire des ténèbres, mais la résurrection révèle que Dieu avait déjà préparé la lumière.
Application
Le pardon des péchés n’est pas une idée abstraite. Il repose sur l’œuvre accomplie du Christ mort et ressuscité.
III. La résurrection inaugure une vie nouvelle
Paul écrit : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut » (Colossiens 3.1).
La résurrection ne concerne pas seulement Jésus ; elle concerne aussi ceux qui lui appartiennent. Par la foi, les croyants participent déjà à cette vie nouvelle.
Paul affirme même : « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». La vie chrétienne est déjà enracinée dans la réalité du Royaume, même si sa gloire n’est pas encore pleinement visible.
Illustration
Une graine enfouie dans la terre semble morte, mais elle contient déjà la vie qui va apparaître. De même, la vie nouvelle donnée par Christ est parfois cachée, mais elle se manifestera pleinement lorsque le Christ reviendra.
Application
La résurrection appelle les croyants à vivre autrement : non plus selon les logiques de ce monde, mais selon la réalité du Royaume de Dieu.
Conclusion
Le matin de Pâques transforme tout. Le tombeau vide annonce que la mort est vaincue, que le salut est accompli et qu’une vie nouvelle est possible.
Les femmes quittent le tombeau « avec crainte et avec une grande joie ». Cette joie demeure aujourd’hui la joie de l’Église.
Le Christ crucifié est vivant. Il est Seigneur. Et parce qu’il est ressuscité, ceux qui croient en lui participent déjà à sa vie et attendent le jour où ils paraîtront avec lui dans la gloire.
Prédication exposition – forme orale (env. 20 mn)
Introduction
Nous vivons dans un monde qui parle beaucoup d’espoir, mais qui doute profondément qu’une vraie victoire sur la mort soit possible. La mort reste la frontière ultime. Les progrès scientifiques peuvent prolonger la vie, mais ils ne peuvent pas abolir la mort. C’est pourquoi la résurrection de Jésus-Christ reste aujourd’hui l’affirmation la plus radicale du christianisme. Elle ne dit pas seulement que Dieu console les hommes ; elle affirme que Dieu a réellement vaincu la mort.
Le passage de Matthieu 28.1–10 nous conduit au matin de Pâques. Nous sommes devant le premier témoignage de la résurrection. Tout l’Évangile de Matthieu conduit à ce moment. Jésus a annoncé plusieurs fois sa mort et sa résurrection. La croix semblait être la fin de l’histoire. Mais Dieu va révéler que la croix n’était pas la défaite du Christ, mais le chemin vers sa victoire.
Le matin où Dieu renverse la mort (v.1–4)
Le récit commence dans le silence du matin. « Après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine ». Nous sommes au début d’un jour ordinaire. Deux femmes viennent au tombeau : Marie-Madeleine et « l’autre Marie ». Elles viennent voir le sépulcre. Elles viennent accomplir un geste de fidélité. Elles pensent trouver un tombeau fermé et un corps mort.
Mais Dieu intervient.
Matthieu raconte qu’« il y eut un grand tremblement de terre ». Dans la Bible, les tremblements de terre accompagnent souvent les interventions directes de Dieu. Au Sinaï, la montagne tremble lorsque Dieu donne la loi (Exode 19). Au moment de la mort de Jésus, la terre avait déjà tremblé (Matthieu 27.51). Maintenant, la terre tremble encore. Dieu agit.
Un ange descend du ciel et roule la pierre. Son apparence est « comme l’éclair » et son vêtement « blanc comme la neige ». Les gardes tremblent et deviennent « comme morts ».
Le contraste est frappant. Ceux qui gardent un mort deviennent comme morts. Celui qui était mort est vivant.
La pierre n’est pas roulée pour permettre à Jésus de sortir. Le Ressuscité n’a pas besoin qu’on lui ouvre un tombeau. La pierre est roulée pour que les témoins puissent voir que le tombeau est vide.
La première proclamation de la résurrection (v.5–7)
L’ange parle aux femmes. Et ses premières paroles sont : « N’ayez pas peur ».
C’est souvent ainsi que Dieu parle quand il agit puissamment. La rencontre avec Dieu provoque la crainte, mais Dieu rassure ceux qui le cherchent.
L’ange ajoute : « Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié ». Cette expression est importante. Le Ressuscité n’est pas un autre que celui qui a été crucifié. Celui qui vit est le même qui a donné sa vie.
Puis vient la phrase centrale : « Il n’est pas ici ; il est ressuscité, comme il l’avait dit ».
Le verbe grec utilisé ici signifie littéralement « il a été relevé ». La résurrection est l’acte de Dieu. Les hommes ont condamné Jésus. Dieu le relève.
L’ange invite les femmes à regarder le lieu où Jésus reposait. La foi chrétienne n’est pas fondée sur une idée ou une impression spirituelle. Elle repose sur un fait : le tombeau est vide.
Puis les femmes reçoivent une mission : « Allez dire à ses disciples qu’il est ressuscité ». La résurrection ne doit pas rester un secret. Elle devient immédiatement un message à annoncer.
L’Évangile commence toujours par une annonce.
La rencontre avec le Christ vivant (v.8–9)
Les femmes quittent le tombeau « avec crainte et avec une grande joie ».
Ces deux sentiments vont souvent ensemble dans la Bible. La crainte devant la puissance de Dieu. La joie devant la grâce qu’il accorde.
Puis Matthieu raconte quelque chose d’extraordinaire : « Jésus vint à leur rencontre ».
Le premier mot que Jésus prononce est simple : « Je vous salue ». Le terme grec peut aussi se traduire par « réjouissez-vous ». La résurrection ouvre un temps de joie.
Les femmes s’approchent et « saisissent ses pieds ». Ce détail est très concret. Elles touchent Jésus. La résurrection n’est pas une apparition spirituelle. Jésus est réellement vivant.
Puis elles l’adorent.
Dans l’Évangile de Matthieu, l’adoration est toujours liée à la reconnaissance de l’autorité divine de Jésus. La résurrection révèle qui il est réellement.
Le Ressuscité envoie ses témoins (v.10)
Jésus répète le message de l’ange : « N’ayez pas peur ».
La résurrection enlève la peur fondamentale de l’humanité : la peur de la mort et du jugement.
Puis Jésus donne une mission : « Allez dire à mes frères ».
C’est une expression étonnante. Les disciples ont abandonné Jésus au moment de la croix. Pourtant Jésus les appelle encore « mes frères ». La résurrection ne vient pas condamner les disciples infidèles ; elle vient les restaurer.
Il leur donne rendez-vous en Galilée. C’est là que le ministère de Jésus avait commencé. C’est là aussi que la mission vers les nations sera confiée aux disciples.
La résurrection marque donc un nouveau commencement.
Conclusion
Le matin de Pâques change tout.
Le tombeau est vide. La mort est vaincue. Celui qui a été crucifié est vivant.
Si Jésus n’est pas ressuscité, la foi chrétienne est une illusion. Mais si Jésus est réellement ressuscité, alors toute l’histoire change de sens.
Cela signifie que la croix n’était pas une défaite mais la victoire de Dieu sur le péché. Cela signifie que la mort n’a pas le dernier mot. Cela signifie que l’espérance chrétienne est fondée sur une réalité.
Et cela signifie aussi que chacun doit répondre à cette nouvelle.
Pour ceux qui croient, la résurrection est une immense consolation. Votre vie est entre les mains du Christ vivant. Même la mort ne pourra pas vous séparer de lui.
Pour ceux qui hésitent encore, la résurrection est une invitation. Le Christ vivant appelle à la foi et à la repentance. Il appelle à quitter les chemins qui conduisent à la mort pour entrer dans la vie qu’il donne.
Le message de Pâques est simple.
Jésus, le crucifié, est vivant.
Et parce qu’il est vivant, l’espérance est possible.
Exégèse
La partie exégétique proposée sur le blog foedus.fr vise à éclairer les textes bibliques du jour de manière rigoureuse et accessible. Pour chaque texte, l’accent est porté à la fois sur le contexte immédiat et sur le contexte global de l’Écriture, afin d’en respecter la cohérence théologique et l’inscription dans l’histoire du salut.
L’analyse s’attache particulièrement aux mots hébreux et grecs les plus significatifs, lorsque cela est nécessaire pour comprendre le sens précis du texte. Elle s’enrichit également de l’apport des Pères de l’Église, des Réformateurs, ainsi que de la théologie réformée confessante contemporaine, afin de situer l’interprétation dans la continuité de la tradition chrétienne.
Lorsque cela éclaire utilement le passage étudié, des éléments d’archéologie biblique sont également intégrés, pour replacer le texte dans son cadre historique et culturel sans en faire un simple objet académique.
Cette approche cherche à servir à la fois la compréhension du texte et la foi de l’Église, en mettant l’exégèse au service de la proclamation et de la vie chrétienne.
La version de la Bible utilisée ici est la Bible Louis Segond, de 1978, version dite « A la Colombe ».
Psaume du jour
Psaume 118 (Bible catholiques Psaume 117).1, 2,16–17, 22–23
1 Célébrez l’Éternel, car il est bon,
Car sa bienveillance dure à toujours !
2Qu’Israël dise :
Car sa bienveillance dure à toujours !
16 La droite de l’Éternel est élevée !
La droite de l’Éternel agit avec puissance !
17Je ne mourrai pas, je vivrai
Et je redirai les œuvres de l’Éternel.
22 La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient
Est devenue la pierre principale, celle de l’angle.
23C’est de l’Éternel que cela est venu :
C’est un miracle à nos yeux.
Ce choix n’est pas arbitraire. Ce psaume appartient au groupe des psaumes du Hallel (Ps 113–118) chantés lors de la Pâque juive. Jésus lui-même les a chantés avec ses disciples lors du dernier repas (Mt 26.30). L’Église primitive a très tôt compris que ce psaume annonçait prophétiquement la résurrection.
Plusieurs versets sont directement liés au mystère pascal.
Le verset 17 proclame :
« Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les œuvres de l’Éternel. »
Le verset 22 déclare :
« La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. »
Ce verset est explicitement appliqué au Christ dans le Nouveau Testament (Mt 21.42 ; Ac 4.11 ; 1 Pi 2.7). Celui qui a été rejeté et crucifié est établi par Dieu comme fondement du salut.
Enfin, le verset 24 donne la tonalité du jour :
« Voici le jour que l’Éternel a fait : qu’il soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie. »
Dans la tradition chrétienne ancienne, ce verset est compris comme une annonce du jour de la résurrection, le jour nouveau inauguré par Dieu.
Ainsi, le Psaume 118 correspond parfaitement aux lectures :
Matthieu 28 : la résurrection du Christ
Actes 10 : la proclamation apostolique
Colossiens 3 : la vie nouvelle du croyant
Le psaume devient alors la réponse liturgique de l’Église : rendre grâce pour la victoire du Seigneur.
Dans le Psautier de Genève, on peut donc chanter Psaume 118 – « Rendez grâce au Seigneur ».
1re lecture (Bible hébraïque)
Actes 10:34–43 NVS78P [34] Alors Pierre ouvrit la bouche et dit : En vérité, je le comprends, pour Dieu il n’y a pas de considération de personnes, [35] mais en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable. [36] Il a envoyé la parole aux fils d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus-Christ ; c’est lui, le Seigneur de tous. [37] Vous savez ce qui est arrivé dans toute la Judée, après avoir commencé en Galilée, à la suite du baptême que Jean a prêché : [38] comment Dieu a oint d’Esprit Saint et de puissance Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient sous l’oppression du diable ; car Dieu était avec lui. [39] Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont fait mourir en le pendant au bois. [40] Dieu l’a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester, [41] non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d’avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après sa résurrection d’entre les morts. [42] Et Jésus nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester qu’il a été lui-même désigné par Dieu comme juge des vivants et des morts. [43] Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés.
Brève introduction
Le passage d’Actes 10.34–43 appartient au discours que Pierre prononce dans la maison du centurion Corneille à Césarée. Cet épisode constitue un tournant majeur dans le livre des Actes : pour la première fois, l’Évangile est explicitement annoncé à des païens incirconcis. Luc montre ainsi comment l’Église comprend progressivement que l’œuvre du Christ dépasse les frontières d’Israël pour atteindre toutes les nations. Le discours de Pierre résume l’Évangile apostolique : ministère de Jésus, mort, résurrection, témoignage apostolique et pardon des péchés.
Exégèse du texte grec
Verset 34
Le texte grec dit : « ἐπ’ ἀληθείας καταλαμβάνομαι ». Le verbe καταλαμβάνομαι signifie « saisir pleinement », « comprendre profondément ». Pierre ne formule pas une idée abstraite : il confesse une compréhension nouvelle que Dieu vient de lui donner. L’expression « οὐκ ἔστιν προσωπολήμπτης ὁ θεός » signifie littéralement « Dieu n’est pas quelqu’un qui reçoit le visage ». L’idiome sémitique indique l’absence de favoritisme fondé sur l’origine, le rang ou l’appartenance ethnique.
Verset 35
« ἐν παντὶ ἔθνει » : « dans toute nation ». Le mot ἔθνος désigne les peuples non juifs. Luc souligne ici l’universalité du salut. Mais l’expression « celui qui le craint et pratique la justice » ne décrit pas une voie de salut par les œuvres ; elle désigne l’attitude de celui qui se tourne vers Dieu avec foi. Corneille lui-même est présenté comme un « craignant Dieu » (Ac 10.2).
Verset 36
« εἰρήνην διὰ Ἰησοῦ Χριστοῦ » : la paix « par Jésus-Christ ». Le terme εἰρήνη renvoie à la paix messianique promise par les prophètes. L’expression « οὗτός ἐστιν πάντων κύριος » affirme la souveraineté universelle du Christ : Jésus n’est pas seulement le Messie d’Israël mais le Seigneur de tous.
Versets 37–38
Pierre rappelle le ministère public de Jésus. Le verbe « ἔχρισεν » (« il a oint ») renvoie directement au titre de « Christ ». Jésus est celui que Dieu a consacré par l’Esprit. L’expression « διῆλθεν εὐεργετῶν » signifie « il allait en faisant le bien ». Luc présente Jésus comme le libérateur de ceux qui sont « opprimés par le diable », soulignant la dimension cosmique de son œuvre.
Verset 39
La phrase « κρεμάσαντες ἐπὶ ξύλου » signifie « l’ayant suspendu à un bois ». Cette formule rappelle Deutéronome 21.23. Luc souligne ainsi la malédiction associée à la crucifixion, thème repris par Paul en Galates 3.13.
Verset 40
« τούτον ὁ θεὸς ἤγειρεν » : « celui-ci, Dieu l’a relevé ». Le verbe ἐγείρω est le terme classique pour la résurrection. La résurrection est présentée comme l’acte souverain de Dieu qui renverse le verdict humain.
Verset 41
La résurrection n’est pas un phénomène public universel mais un événement attesté par des témoins choisis. Le verbe προκεχειροτονημένοις signifie « désignés d’avance ». L’autorité apostolique repose sur cette désignation divine.
Verset 42
Pierre annonce que le Christ est « κριτής ζώντων καὶ νεκρῶν » : juge des vivants et des morts. Cette formule exprime la seigneurie eschatologique du Christ.
Verset 43
Le discours culmine dans l’annonce du pardon : « πᾶς ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν ». L’expression signifie « quiconque croit en lui ». Le salut est offert universellement, mais il est reçu par la foi. L’autorité de cette proclamation est enracinée dans le témoignage des prophètes.
Citations des Pères de l’Église
Jean Chrysostome, dans ses Homélies sur les Actes des Apôtres (Homélie 23), souligne le caractère universel du salut :
« Pierre montre ici que Dieu ne fait pas de distinction entre les peuples, mais qu’il accueille tous ceux qui s’approchent de lui avec foi. Ainsi l’Évangile se révèle destiné à toute la terre. »
Jean Chrysostome, Homélies sur les Actes des Apôtres, Homélie 23, PG 60.
Augustin insiste sur l’unité du salut en Christ :
« Ce n’est pas la nation qui rend quelqu’un agréable à Dieu, mais la foi qui agit par l’amour. Ainsi Dieu rassemble de toutes les nations un seul peuple. »
Augustin, Sermon 62, dans Sermons, PL 38.
Citations des Réformateurs
Jean Calvin écrit dans son commentaire sur ce passage :
« Pierre n’enseigne pas que les hommes puissent mériter la faveur de Dieu par leurs œuvres, mais que Dieu reçoit ceux qui le craignent, parce qu’il les a déjà attirés à lui par sa grâce. »
Jean Calvin, Commentaire sur les Actes des Apôtres, Actes 10.35.
Martin Luther souligne la centralité de la foi :
« Ce passage montre que le pardon des péchés est donné à tous ceux qui croient en Christ. C’est là la somme de l’Évangile et la consolation la plus certaine pour la conscience. »
Martin Luther, Sermons sur les Actes des Apôtres.
Citations de théologiens réformés contemporains
Herman Bavinck explique que l’universalité du salut ne contredit pas l’élection :
« L’Évangile est proclamé à toutes les nations, car le dessein de Dieu embrasse le monde entier. Mais il est reçu par ceux que Dieu appelle efficacement par sa grâce. »
Herman Bavinck, Reformed Dogmatics, vol. 3, Baker Academic, 2006, p. 573 (traduction française).
Apports de l’archéologie biblique
Les fouilles de Césarée maritime ont confirmé l’importance de cette ville comme centre administratif romain en Judée. Une inscription découverte en 1961 mentionne Ponce Pilate comme préfet de Judée. Ce contexte archéologique confirme le cadre historique dans lequel Luc situe l’épisode de Corneille et l’ouverture de l’Évangile au monde romain.
Implications pour la théologie de l’alliance
Ce texte manifeste un moment clé de l’histoire de l’alliance. Dieu avait promis à Abraham : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Gn 12.3). L’épisode de Corneille montre l’accomplissement de cette promesse. L’alliance conclue avec Israël n’est pas abolie mais accomplie et étendue aux nations par Jésus-Christ.
Dans la perspective réformée, ce passage confirme que l’Église n’est pas un peuple parallèle à Israël mais l’extension du peuple de Dieu aux nations. Le Christ, Seigneur de tous, rassemble un seul peuple par la foi, conformément aux promesses prophétiques.
Ainsi, le discours de Pierre à Césarée constitue une proclamation condensée de l’Évangile : Jésus est le Seigneur, mort et ressuscité, juge du monde, et quiconque croit en lui reçoit le pardon des péchés.
2e lecture (Tradition des Apôtres)
Colossiens 3:1–4 NVS78P [1] Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. [2] Pensez à ce qui est en haut, et non à ce qui est sur la terre. [3] Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. [4] Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire.
Brève introduction pour situer le texte
Colossiens 3.1–4 marque un tournant dans l’épître. Après avoir exposé la supériorité absolue du Christ (Col 1–2) et dénoncé les fausses doctrines mêlant légalisme juif, ascétisme et spéculations spirituelles, Paul en vient aux conséquences pratiques de l’union avec le Christ. La morale chrétienne ne repose pas sur des règles extérieures mais sur une réalité ontologique : les croyants participent déjà à la mort et à la résurrection du Christ. Ce passage est l’un des textes les plus concentrés du Nouveau Testament sur la vie nouvelle en Christ.
Exégèse du texte grec
Verset 1
Le texte grec commence par : « Εἰ οὖν συνηγέρθητε τῷ Χριστῷ ».
Le verbe συνηγέρθητε signifie « être ressuscité avec ». Le préfixe συν (« avec ») exprime l’union réelle du croyant avec le Christ. Paul ne parle pas d’une imitation morale mais d’une participation spirituelle à la résurrection.
L’impératif « ζητεῖτε » signifie « recherchez activement ». Le croyant doit orienter sa vie vers « τὰ ἄνω » — « les choses d’en haut ». Cette expression désigne la réalité céleste inaugurée par la résurrection.
« ὅπου ὁ Χριστός ἐστιν ἐν δεξιᾷ τοῦ θεοῦ καθήμενος »
Le Christ est « assis à la droite de Dieu », formule qui renvoie au Psaume 110.1. Elle exprime la seigneurie royale et l’exaltation du Christ.
Verset 2
« τὰ ἄνω φρονεῖτε »
Le verbe φρονέω signifie penser, orienter son esprit, adopter une disposition intérieure. Paul parle d’une orientation profonde de l’intelligence et du cœur.
L’opposition « τὰ ἄνω / τὰ ἐπὶ τῆς γῆς » ne signifie pas un mépris de la création mais un contraste entre la réalité du Royaume de Dieu et les systèmes du monde dominés par le péché.
Verset 3
« ἀπεθάνετε γάρ »
« Vous êtes morts ». Le verbe est à l’aoriste : il décrit un événement déjà accompli. Cette mort renvoie à la participation du croyant à la mort du Christ, thème central chez Paul (Rm 6.3–8).
« ἡ ζωὴ ὑμῶν κέκρυπται »
Le verbe κρύπτω signifie « cacher ». Le parfait indique un état permanent : la vie du croyant est désormais cachée avec le Christ en Dieu. Cette expression évoque une sécurité absolue et une réalité encore invisible.
Verset 4
« ὅταν ὁ Χριστὸς φανερωθῇ »
Le verbe φανερόω signifie « être manifesté ». Il renvoie à la parousie, la révélation finale du Christ.
« ἡ ζωὴ ὑμῶν »
Paul identifie explicitement le Christ comme la vie du croyant. L’existence chrétienne n’est pas simplement inspirée par Jésus : elle est participation à sa vie.
« τότε καὶ ὑμεῖς… ἐν δόξῃ »
La gloire future du croyant est liée à celle du Christ. L’union avec Christ dans la résurrection présente conduit à la participation à sa gloire future.
Explication des mots les plus importants
συνηγέρθητε — ressuscités avec : union mystique avec Christ.
ζητεῖτε — chercher activement : orientation volontaire de la vie.
φρονεῖτε — penser, avoir une disposition intérieure.
κέκρυπται — caché : sécurité et réalité spirituelle invisible.
φανερωθῇ — être manifesté : révélation finale du Christ à la fin des temps.
Citations des Pères de l’Église
Jean Chrysostome commente ainsi ce passage :
« Paul ne dit pas seulement : faites le bien, mais il rappelle d’abord ce que nous sommes devenus. Car celui qui sait qu’il est ressuscité avec le Christ ne peut plus vivre comme auparavant. »
Jean Chrysostome, Homélies sur l’Épître aux Colossiens, Homélie 7, PG 62.
Augustin souligne la dimension spirituelle de cette résurrection :
« La résurrection dont parle l’Apôtre est déjà commencée dans l’âme, lorsque l’homme passe de la mort du péché à la vie de la justice. »
Augustin, Sermon 229, PL 38.
Citations des Réformateurs
Jean Calvin insiste sur l’union avec Christ :
« Toute l’exhortation de Paul repose sur ce fondement : les fidèles sont unis à Christ, de sorte que sa mort et sa résurrection deviennent aussi les leurs. »
Jean Calvin, Commentaire sur l’épître aux Colossiens, Colossiens 3.1.
Calvin ajoute :
« Chercher les choses d’en haut ne signifie pas abandonner le monde, mais vivre dans le monde avec un cœur déjà tourné vers le royaume de Dieu. »
Citations de théologiens réformés contemporains
Herman Bavinck explique la portée doctrinale de ce passage :
« L’union avec Christ est le cœur de la vie chrétienne. Par elle, les croyants participent à sa mort, à sa résurrection et finalement à sa glorification. »
Herman Bavinck, Reformed Dogmatics, vol. 4, Baker Academic, 2008, p. 248 (édition originale anglaise).
Apports de l’archéologie biblique
Les découvertes archéologiques à Colosses et dans la vallée du Lycus montrent l’influence religieuse syncrétique de la région au premier siècle : cultes locaux, traditions juives et spéculations mystiques s’y mêlaient. Le contexte éclaire les avertissements de Paul contre les « philosophies » et les pratiques ascétiques évoquées en Colossiens 2. L’exhortation à chercher « les choses d’en haut » s’oppose à ces spiritualités alternatives.
Implications pour la théologie de l’alliance
Ce texte révèle une dimension fondamentale de l’alliance nouvelle : la participation du peuple de Dieu à la vie du Messie. Dans l’Ancien Testament, l’alliance promettait la vie avec Dieu ; dans le Christ ressuscité, cette promesse devient réalité.
La théologie réformée souligne que l’union avec Christ est le centre de l’économie du salut. Par la foi, les croyants sont incorporés au Christ, et tous les bénéfices de l’alliance — justification, sanctification et glorification — découlent de cette union.
Ainsi Colossiens 3.1–4 décrit la structure même de la vie chrétienne :
une résurrection déjà commencée, une vie cachée en Dieu, et une gloire future qui sera révélée lorsque le Christ apparaîtra.
Évangile
Matthieu 28:1–10 NVS78P [1] Après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie-Madeleine et l’autre Marie allèrent voir le sépulcre. [2] Et voici qu’il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. [3] Son aspect était comme l’éclair et son vêtement blanc comme la neige. [4] Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. [5] Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : Pour vous, n’ayez pas peur, car je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. [6] Il n’est pas ici ; en effet il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez, voyez l’endroit où il était couché, [7] et allez promptement dire à ses disciples qu’il est ressuscité des morts. Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. Voici : je vous l’ai dit. [8] Elles s’éloignèrent promptement du tombeau, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. [9] Et voici que Jésus vint à leur rencontre et dit : Je vous salue. Elles s’approchèrent pour saisir ses pieds et elles l’adorèrent. [10] Alors Jésus leur dit : Soyez sans crainte ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : C’est là qu’ils me verront.
Brève introduction pour situer le texte dans son contexte
Matthieu 28.1–10 constitue le récit de la découverte du tombeau vide et de la première apparition du Christ ressuscité dans l’Évangile selon Matthieu. Ce passage marque l’aboutissement de toute la narration évangélique. La résurrection n’est pas présentée comme un simple miracle supplémentaire, mais comme l’acte décisif par lequel Dieu confirme l’identité messianique de Jésus et inaugure l’ère nouvelle du salut. Chez Matthieu, cet événement possède également une dimension théologique et ecclésiale : les femmes deviennent les premières messagères de la résurrection, et la Galilée est indiquée comme le lieu du rassemblement futur des disciples.
Exégèse du texte grec
Verset 1
Le texte grec dit : « Ὀψὲ δὲ σαββάτων ». L’expression signifie littéralement « tard après le sabbat ». Matthieu précise ensuite : « τῇ ἐπιφωσκούσῃ εἰς μίαν σαββάτων », c’est-à-dire « à l’aube du premier jour de la semaine ». Cette mention situe la résurrection au commencement du jour qui deviendra le jour du Seigneur dans la tradition chrétienne.
Les femmes mentionnées sont « Μαρία ἡ Μαγδαληνὴ καὶ ἡ ἄλλη Μαρία ». Matthieu les avait déjà présentées au moment de la crucifixion (Mt 27.55–56).
Verset 2
« σεισμὸς ἐγένετο μέγας » : « il y eut un grand tremblement de terre ». Matthieu est le seul évangéliste à mentionner ce phénomène. Dans l’Écriture, les tremblements de terre accompagnent souvent les interventions divines (Ex 19.18 ; Mt 27.51).
L’ange « ἀποκυλίσας τὸν λίθον » — « ayant roulé la pierre ». L’action de l’ange n’est pas nécessaire pour permettre la sortie de Jésus, mais pour permettre aux témoins de constater la résurrection.
Verset 3
L’apparence de l’ange est décrite par deux images : « ὡς ἀστραπή » (comme l’éclair) et « λευκὸν ὡς χιών » (blanc comme la neige). Ces images évoquent la gloire céleste.
Verset 4
« ἐσείσθησαν οἱ τηροῦντες » : les gardes « furent secoués ». Le contraste est frappant : les soldats deviennent « comme morts », tandis que celui qui était mort est vivant.
Verset 5
L’ange déclare : « μὴ φοβεῖσθε ὑμεῖς ». La formule distingue les femmes des gardes : la peur est dissipée pour celles qui cherchent Jésus.
L’expression « Ἰησοῦν τὸν ἐσταυρωμένον » — « Jésus le crucifié » — rappelle que le Ressuscité est le même que celui qui a été crucifié.
Verset 6
La proclamation centrale est : « ἠγέρθη ». Ce verbe passif signifie « il a été relevé ». Dans la théologie biblique, ce passif suggère l’action de Dieu : c’est Dieu qui a ressuscité Jésus.
L’ange ajoute : « καθὼς εἶπεν » — « comme il l’avait dit ». La résurrection confirme la parole de Jésus et l’accomplissement du dessein divin.
Verset 7
Les femmes reçoivent une mission : « ταχὺ πορευθεῖσαι » — « allez promptement ». La résurrection conduit immédiatement à l’annonce.
La mention de la Galilée renvoie au début du ministère de Jésus. Matthieu suggère ainsi une continuité entre la mission terrestre de Jésus et la mission future de l’Église.
Verset 8
« φόβου καὶ χαρᾶς μεγάλης » — « crainte et grande joie ». Cette combinaison exprime l’expérience classique de la rencontre avec le divin : crainte révérencielle et joie du salut.
Verset 9
Jésus dit : « χαίρετε ». Le terme signifie à la fois « réjouissez-vous » et « salut ». Les femmes « saisirent ses pieds ». Ce détail souligne la réalité corporelle de la résurrection.
« προσεκύνησαν αὐτῷ » : elles l’adorèrent. Dans l’Évangile de Matthieu, ce verbe désigne l’hommage rendu à Dieu ou au roi messianique.
Verset 10
Jésus appelle les disciples « mes frères » (« τοῖς ἀδελφοῖς μου »). Cette appellation souligne la nouvelle relation inaugurée par la résurrection.
Citations des Pères de l’Église
Jean Chrysostome souligne l’importance du témoignage des femmes :
« Les femmes sont les premières à voir le tombeau vide et à entendre l’annonce de la résurrection. Ainsi Dieu confond la sagesse du monde et montre que la vérité ne dépend pas de la dignité sociale des témoins. »
Jean Chrysostome, Homélies sur l’Évangile de Matthieu, Homélie 90, PG 58.
Augustin commente le contraste entre peur et joie :
« Les femmes tremblent et se réjouissent en même temps, car la crainte appartient à la majesté divine et la joie au salut qu’elle apporte. »
Augustin, Sermon 229N, PL 38.
Citations des Réformateurs
Jean Calvin insiste sur la centralité doctrinale de la résurrection :
« La résurrection du Christ est le fondement de notre foi, car par elle Dieu déclare que le sacrifice offert sur la croix est pleinement suffisant pour le salut. »
Jean Calvin, Commentaire sur l’Évangile selon Matthieu, Matthieu 28.6.
Calvin note aussi :
« Le Christ se manifeste d’abord aux femmes afin que la faiblesse du témoignage humain fasse mieux apparaître la puissance de Dieu. »
Citations de théologiens réformés contemporains
Herman Bavinck écrit :
« La résurrection n’est pas simplement la réanimation d’un cadavre, mais l’entrée de la nature humaine du Christ dans un état de vie glorifiée. »
Herman Bavinck, Reformed Dogmatics, vol. 3, Baker Academic, 2006, p. 444 (édition originale anglaise).
Apports de l’archéologie biblique
Les fouilles autour de Jérusalem ont mis au jour plusieurs tombes juives du premier siècle creusées dans la roche, fermées par de grandes pierres roulantes. Ces découvertes confirment la description évangélique du tombeau de Jésus et du système de fermeture mentionné dans le récit.
Implications pour la théologie de l’alliance
La résurrection de Jésus constitue l’acte par lequel Dieu inaugure pleinement la nouvelle alliance. Dans l’Ancien Testament, les promesses de l’alliance annonçaient la victoire sur la mort et la restauration du peuple de Dieu (És 25.8 ; Os 13.14).
Dans la perspective réformée, la résurrection confirme que le Christ est le médiateur de l’alliance et que son œuvre rédemptrice est accomplie. Elle marque également le commencement de la nouvelle création, dont l’Église est la première manifestation.
Ainsi Matthieu 28.1–10 proclame la vérité centrale de la foi chrétienne : Jésus, le crucifié, est ressuscité. Par cet événement, Dieu ouvre l’histoire nouvelle de l’alliance accomplie et envoie son peuple annoncer au monde la victoire du Ressuscité.
Synthèse canonique des 4 textes
Les trois lectures forment une unité théologique très claire lorsqu’on les lit dans la dynamique canonique de l’Écriture. Elles décrivent trois moments d’une même réalité : l’événement de la résurrection, sa proclamation apostolique et ses conséquences pour la vie des croyants.
Dans l’Évangile (Matthieu 28.1–10), nous sommes devant l’événement fondateur. Le tombeau vide et l’annonce de l’ange proclament que Dieu a relevé Jésus d’entre les morts. La résurrection apparaît comme l’acte souverain par lequel Dieu renverse le verdict de la croix. Celui qui a été rejeté et crucifié est maintenant manifesté comme le Seigneur vivant. La scène possède déjà une dimension missionnaire : les femmes reçoivent la tâche d’annoncer la nouvelle aux disciples. Le matin de Pâques n’est pas seulement une révélation ; c’est le commencement d’un message destiné à être proclamé.
Le texte des Actes (Actes 10.34–43) montre la proclamation apostolique de cet événement. Pierre résume l’Évangile en quatre affirmations : Jésus a vécu et agi avec puissance, il a été crucifié, Dieu l’a ressuscité, et les apôtres sont témoins de cette résurrection. La nouveauté ici est l’ouverture aux nations. Dans la maison de Corneille, Pierre comprend que l’œuvre du Christ dépasse les frontières d’Israël : « en toute nation, celui qui le craint lui est agréable ». La résurrection révèle que Jésus est « Seigneur de tous » et que le pardon des péchés est offert à tous ceux qui croient. L’événement pascal devient ainsi le centre de la mission de l’Église.
Enfin, Colossiens 3.1–4 expose la conséquence existentielle de la résurrection. Paul affirme que les croyants participent déjà à la résurrection du Christ : « vous êtes ressuscités avec le Christ ». L’événement historique devient une réalité spirituelle et éthique. Parce que le Christ est vivant et glorifié, la vie du croyant est désormais orientée vers « les choses d’en haut ». La résurrection inaugure une vie nouvelle qui demeure encore « cachée avec le Christ en Dieu » mais qui sera pleinement révélée lors de son retour.
La synthèse canonique de ces trois textes peut donc se formuler ainsi :
Matthieu annonce l’événement de la résurrection,
Actes proclame le témoignage apostolique et l’universalité du salut,
Colossiens montre la transformation de la vie des croyants par l’union au Christ ressuscité.
Dans la perspective de la théologie de l’alliance, cette progression manifeste l’accomplissement des promesses faites à Abraham : la bénédiction promise à Israël atteint désormais toutes les nations par le Christ ressuscité. L’alliance nouvelle n’est pas seulement un pardon proclamé ; elle est la participation à la vie même du Ressuscité.
Ainsi, les trois textes décrivent le mouvement complet de l’Évangile : Dieu ressuscite le Christ, l’Église annonce cette victoire au monde, et les croyants vivent déjà de la vie nouvelle inaugurée par la résurrection.
Lecture théologique (théologie de l’alliance)
Cette section propose une lecture doctrinale des textes du jour, en lien explicite avec la théologie de l’alliance. Elle ne vise pas à répéter l’exégèse ni la prédication, mais à offrir un éclairage oblique, en mettant en évidence les doctrines bibliques particulièrement sollicitées par les passages étudiés.
Il s’agit ici de rappeler l’enseignement constant de l’Église, et plus spécialement de la théologie réformée confessante, dans le champ de la théologie systématique : doctrine de Dieu, du salut, de l’Église, de la grâce, de la mission, ou encore de l’histoire du salut.
Cette lecture théologique permet de montrer que les textes du jour ne sont pas seulement porteurs d’un message spirituel immédiat, mais qu’ils s’inscrivent dans une cohérence doctrinale profonde. Les promesses, les appels et les exhortations bibliques prennent alors place dans le cadre plus large de l’alliance, comprise comme l’œuvre souveraine de Dieu, accomplie en Christ et déployée par l’Esprit dans l’histoire.
Cette section est facultative. Elle peut être utilisée pour approfondir la réflexion, nourrir l’enseignement catéchétique ou théologique, ou servir de repère doctrinal pour la prédication et la formation.
Les textes de ce dimanche de Pâques (Matthieu 28.1–10 ; Actes 10.34–43 ; Colossiens 3.1–4) se situent au centre de l’histoire du salut. Ils ne décrivent pas seulement un événement extraordinaire dans la vie de Jésus ; ils manifestent l’acte décisif par lequel Dieu accomplit son dessein d’alliance. La résurrection du Christ constitue en effet le point de jonction entre les promesses de l’Ancien Testament et la réalité inaugurée dans la nouvelle alliance.
La doctrine de Dieu apparaît d’abord avec force dans ces textes. La résurrection est explicitement présentée comme l’œuvre souveraine du Père. Pierre déclare : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour » (Ac 10.40). La théologie réformée souligne que la résurrection n’est pas simplement la victoire personnelle de Jésus sur la mort ; elle est l’acte par lequel Dieu atteste publiquement que le sacrifice de la croix est accepté et que le Fils est établi Seigneur. La résurrection révèle ainsi la fidélité de Dieu à son alliance : ce que Dieu promet, il l’accomplit.
La doctrine du salut se trouve également au cœur de ces passages. Dans le discours de Pierre, la résurrection conduit directement à l’annonce du pardon : « quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés » (Ac 10.43). Dans la perspective réformée, la résurrection n’est pas seulement une preuve de la divinité du Christ ; elle est l’acte par lequel Dieu déclare justifié celui qui a porté le péché de son peuple. La justification du croyant repose ainsi sur le Christ mort et ressuscité. Comme l’écrit Paul ailleurs : « il est ressuscité pour notre justification » (Rm 4.25).
La doctrine de l’union avec le Christ apparaît particulièrement dans Colossiens 3.1–4. Paul affirme que les croyants sont déjà « ressuscités avec le Christ ». Cette affirmation exprime une réalité fondamentale de la sotériologie réformée : tous les bienfaits du salut découlent de l’union avec le Christ. Parce que le Christ est ressuscité, ceux qui lui appartiennent participent déjà à sa vie nouvelle. La résurrection n’est donc pas seulement un événement passé ; elle devient le principe d’une existence renouvelée.
La doctrine de l’Église et de la mission est également mise en lumière. Dans Matthieu 28, les femmes reçoivent l’ordre d’annoncer la résurrection aux disciples. Dans Actes 10, Pierre proclame ce même message aux nations. La résurrection transforme ainsi un groupe de disciples dispersés en une communauté envoyée. L’Église naît du témoignage rendu au Christ vivant. Elle n’est pas d’abord une institution religieuse, mais le peuple appelé à proclamer que Jésus est Seigneur.
Ces textes révèlent aussi l’universalité de l’alliance accomplie en Christ. Lorsque Pierre affirme que « Dieu ne fait pas de considération de personnes », il comprend que la promesse faite à Abraham — « toutes les nations seront bénies en toi » — s’accomplit désormais pleinement. La résurrection marque l’ouverture définitive du salut aux nations. L’alliance, d’abord révélée à Israël, atteint maintenant toutes les familles de la terre par la foi en Jésus-Christ.
Enfin, ces passages orientent l’Église vers l’espérance eschatologique. Paul affirme que « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » et qu’elle sera manifestée lorsque le Christ apparaîtra (Col 3.4). La résurrection inaugure ainsi une tension caractéristique de la vie chrétienne : le salut est déjà réel, mais sa pleine manifestation appartient encore à l’avenir. L’Église vit entre la résurrection du Christ et sa manifestation finale.
Ainsi, les textes de ce dimanche révèlent la cohérence doctrinale de l’Évangile. La résurrection manifeste la fidélité de Dieu à son alliance, confirme l’œuvre rédemptrice du Christ, fonde la mission de l’Église et inaugure la vie nouvelle du peuple de Dieu. Dans la perspective de la théologie réformée confessante, elle apparaît comme le cœur de l’histoire du salut : l’acte par lequel Dieu accomplit ses promesses et ouvre pour son peuple la réalité de la nouvelle création.
Lecture apologétique
Le récit de Matthieu 28.1–10 annonce un événement qui se situe au cœur de la foi chrétienne : la résurrection de Jésus-Christ. Mais c’est précisément cette affirmation qui suscite aujourd’hui les objections les plus fortes. Les critiques ne viennent pas seulement du scepticisme moderne ; elles prennent aussi la forme de lectures idéologiques ou religieuses concurrentes. Une lecture apologétique consiste donc à identifier ces objections et à montrer que l’interprétation classique de l’Église demeure intellectuellement et théologiquement solide.
La première objection vient du matérialisme moderne. Selon cette perspective, les miracles sont impossibles parce que la réalité serait entièrement enfermée dans les lois naturelles. La résurrection serait donc une légende ou une projection religieuse des disciples. Mais cette objection repose sur un présupposé philosophique, non sur une démonstration historique. Elle suppose que le surnaturel est impossible avant même d’examiner les données. Or les récits évangéliques présentent des caractéristiques historiquement significatives : la mention de témoins précis, la présence de détails embarrassants (comme le rôle des femmes comme premiers témoins), et la proclamation très précoce de la résurrection dans la prédication apostolique. Le débat ne porte donc pas sur un simple mythe, mais sur un événement revendiqué comme historique.
Une seconde objection provient du relativisme contemporain. Dans cette perspective, les récits religieux seraient des symboles porteurs de sens mais non des affirmations factuelles. La résurrection serait alors une métaphore de l’espérance ou du renouveau spirituel. Mais le texte de Matthieu résiste à cette réduction symbolique. Les femmes voient le tombeau vide, rencontrent Jésus, « saisissent ses pieds » et l’adorent. Le récit insiste sur la réalité corporelle du Ressuscité. L’Évangile ne présente pas une expérience intérieure des disciples, mais la manifestation objective du Christ vivant. Transformer la résurrection en symbole revient à contredire l’intention explicite du texte.
Une critique d’inspiration nietzschéenne attaque la résurrection d’un autre angle. Pour Nietzsche, le christianisme serait une morale de faiblesse, fondée sur le ressentiment et l’illusion d’une compensation future. Dans cette perspective, la résurrection serait une construction destinée à donner un sens à l’échec de la croix. Pourtant le récit évangélique montre l’inverse. La résurrection ne nie pas la réalité de la croix ; elle la confirme et la transforme. Le Ressuscité reste « le crucifié ». La foi chrétienne ne repose pas sur l’évasion hors de la souffrance, mais sur la conviction que Dieu agit précisément à travers elle.
Les critiques issues du syncrétisme religieux prétendent parfois que la résurrection ne serait qu’une variante de mythes anciens de dieux mourants et renaissants. Mais les études historiques ont montré que ces parallèles sont largement superficiels. Les récits païens concernent des cycles mythologiques liés à la nature, alors que la résurrection de Jésus est située dans un cadre historique précis, sous Ponce Pilate, à Jérusalem. L’Évangile affirme un événement unique et irréversible dans l’histoire.
Une objection provenant de l’islam conteste également la résurrection de Jésus après la crucifixion, car le Coran affirme que Jésus n’a pas réellement été crucifié (Coran 4.157). Cependant, la crucifixion de Jésus est l’un des faits les mieux attestés de l’Antiquité. Elle est confirmée non seulement par les Évangiles mais aussi par des sources non chrétiennes comme Tacite ou Josèphe. Si la crucifixion est historiquement certaine, la proclamation de la résurrection par les disciples doit être expliquée. L’hypothèse du tombeau vide et de l’apparition du Ressuscité reste l’explication la plus cohérente pour comprendre la transformation radicale des disciples et l’essor rapide du christianisme.
Une critique fréquente dans le protestantisme libéral affirme que la résurrection serait une expérience de foi des disciples, non un événement historique. Dans cette perspective, Jésus continuerait simplement à vivre dans la mémoire de ses disciples. Mais cette lecture contredit la structure même de la foi apostolique. Dans Actes 10, Pierre affirme que Dieu « l’a ressuscité » et que les apôtres en sont témoins. Le christianisme primitif repose sur un témoignage public concernant un événement réel. Si la résurrection n’est qu’une expérience intérieure, la proclamation apostolique perd son fondement.
Enfin, certaines critiques issues de la pensée contemporaine influencée par le wokisme rejettent l’idée même d’une vérité universelle proclamée par une tradition religieuse particulière. L’annonce que Jésus est Seigneur de tous serait perçue comme une prétention exclusive. Pourtant la résurrection ne fonde pas une domination culturelle ; elle fonde un appel universel au salut. Le message de Pâques annonce que la vie nouvelle offerte en Christ est destinée à toutes les nations. L’universalité du salut n’est pas une exclusion, mais l’ouverture du salut à tous.
Ainsi, les objections modernes reposent souvent sur des présupposés philosophiques ou idéologiques qui précèdent l’examen du texte. Le récit de Matthieu 28 continue pourtant de proposer une affirmation simple et radicale : Dieu a agi dans l’histoire en ressuscitant Jésus d’entre les morts. Si cette affirmation est vraie, elle ne concerne pas seulement le passé. Elle engage toute compréhension de la réalité, de l’histoire et de la destinée humaine.
La pertinence apologétique du texte demeure donc intacte. La résurrection n’est pas seulement un article de foi ; elle est la proclamation que la mort n’a pas le dernier mot et que Dieu inaugure en Jésus-Christ une création nouvelle. Pour cette raison, le message de Pâques continue de contester les visions du monde qui enferment l’homme dans le désespoir, le relativisme ou le matérialisme. Il annonce que la vérité ultime de l’histoire est la vie que Dieu donne en son Fils ressuscité.
Outils pédagogiques
Questions pour analyser les présupposés
- Beaucoup considèrent la résurrection comme un symbole religieux plutôt que comme un événement historique. Quel présupposé sur la nature du monde ou sur l’action de Dieu se cache derrière cette idée ?
- Dans Actes 10, Pierre affirme que les apôtres sont témoins de la résurrection. Pourquoi le christianisme insiste-t-il autant sur le témoignage historique plutôt que sur une simple expérience spirituelle ?
- Si la résurrection est vraie, quelles conséquences cela a‑t-il pour la vision matérialiste selon laquelle la mort est la fin définitive de l’existence ?
- Paul affirme que la vie des croyants est « cachée avec le Christ en Dieu ». Qu’est-ce que cela révèle sur la différence entre la vision chrétienne de l’identité humaine et l’idée moderne selon laquelle l’identité est entièrement construite par l’individu ?
Questions bibliques pour l’étude
- Dans Matthieu 28, pourquoi les femmes deviennent-elles les premières messagères de la résurrection ? Que cela révèle-t-il sur la manière dont Dieu agit dans l’histoire du salut ?
- Dans Actes 10, Pierre résume l’Évangile en quelques phrases. Quels sont les éléments essentiels de cette proclamation ?
- Que signifie concrètement l’expression de Colossiens : « cherchez les choses d’en haut » ?
- Comment les trois textes se complètent-ils pour montrer l’unité du message chrétien ?
Éléments de réponse
La foi chrétienne repose sur l’affirmation que Dieu agit réellement dans l’histoire. La résurrection n’est pas présentée comme une image ou une expérience intérieure, mais comme un événement concret attesté par des témoins. C’est pourquoi Pierre insiste sur le fait que les apôtres ont mangé et bu avec le Christ ressuscité.
Le présupposé matérialiste moderne affirme que le monde est un système fermé où aucune intervention divine n’est possible. La résurrection contredit directement ce présupposé. Elle affirme que le Créateur du monde peut agir dans sa création et vaincre la mort.
La résurrection révèle aussi l’identité véritable de Jésus. Dieu le constitue « juge des vivants et des morts ». La foi chrétienne ne consiste donc pas seulement à admirer l’enseignement de Jésus, mais à reconnaître sa seigneurie.
Enfin, Colossiens montre que la résurrection transforme déjà la vie des croyants. La vie chrétienne ne consiste pas simplement à attendre le ciel après la mort : elle commence dès maintenant par une orientation nouvelle de l’existence vers Dieu.
Lien avec les confessions de foi réformées
Les confessions réformées insistent sur la réalité historique de la résurrection. La Confession de La Rochelle (1559), article 12, affirme que le Christ « est véritablement ressuscité pour notre justification ».
Le Catéchisme de Heidelberg (question 45) enseigne que la résurrection du Christ produit trois effets : elle confirme notre justification, elle nous donne une vie nouvelle dès maintenant, et elle garantit notre propre résurrection future.
Ainsi, la résurrection du Christ est à la fois le fondement du salut, la source de la vie chrétienne et la promesse de la gloire à venir.
Textes liturgiques
Les textes liturgiques proposés ici sont directement inspirés des lectures bibliques du jour. Ils sont conçus pour un culte réformé, dans le respect de sa structure, de sa sobriété et de sa théologie.
Ils peuvent être utilisés tels quels ou adaptés selon le contexte local (voir le menu « Culte » du site).Les psaumes et cantiques sont choisis dans le recueil Arc-en-Ciel, largement utilisé dans les Églises réformées francophones.
Le recueil est disponible en ligne ici :
https ://www.arc-en-ciel.chLes paroles et les musiques des psaumes et cantiques proposés sont également accessibles sur le blog, dans la section « Psaumes et cantiques ».
liturgies
Salutation et invocation
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait les cieux et la terre.
Frères et sœurs, en ce jour de résurrection, nous nous rassemblons pour célébrer le Christ vivant, celui qui a vaincu la mort et qui règne désormais à la droite du Père.
Prions.
Dieu vivant et véritable, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, toi qui as relevé ton Fils d’entre les morts et inauguré une création nouvelle, rassemble-nous aujourd’hui par ton Esprit. Ouvre nos cœurs à ta Parole, affermis notre foi, et fais-nous vivre déjà de la vie du monde à venir. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Adoration
Seigneur Dieu,
nous te louons pour ta puissance et ta fidélité.
Tu as créé le monde par ta Parole,
tu as conduit ton peuple par ton alliance,
et tu as accompli tes promesses en Jésus-Christ.
Lorsque les puissances du mal semblaient triompher,
tu as relevé ton Fils du tombeau.
La pierre a été roulée,
la mort a été vaincue,
et la lumière de la vie éternelle s’est levée sur le monde.
À toi la gloire pour toujours.
Car le Christ est vivant,
il règne à ta droite,
et il conduit son Église dans l’espérance de la résurrection.
Amen.
Loi de Dieu
Écoutons la volonté de Dieu pour notre vie, telle qu’elle nous est rappelée par l’Écriture.
« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. Pensez à ce qui est en haut, et non à ce qui est sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. »
(Colossiens 3.1–3)
Dieu nous appelle à vivre comme des hommes et des femmes renouvelés par la résurrection du Christ.
Confession du péché
Prions.
Seigneur Dieu,
nous reconnaissons devant toi que nous vivons souvent comme si la résurrection n’avait pas eu lieu.
Nos pensées restent attachées aux choses de la terre,
nos cœurs se laissent entraîner par l’égoïsme, la peur et l’orgueil.
Nous oublions que notre vie est cachée avec le Christ en toi.
Nous manquons de foi, de courage et d’amour.
Pardonne nos péchés.
Renouvelle en nous un esprit droit.
Par ton Esprit, apprends-nous à chercher les choses d’en haut et à marcher dans la vie nouvelle que tu nous donnes en Jésus-Christ.
Amen.
Déclaration du pardon
Écoutons la promesse de Dieu.
L’ange dit aux femmes au tombeau :
« N’ayez pas peur… Il n’est pas ici, il est ressuscité. »
En Jésus-Christ, Dieu a vaincu le péché et la mort.
À tous ceux qui se repentent et mettent leur confiance en lui, il accorde le pardon et la vie nouvelle.
Au nom de Jésus-Christ, tes péchés sont pardonnés.
Marche désormais dans la liberté des enfants de Dieu.
Amen.
Confession de la foi
Confessons ensemble la foi de l’Église.
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre.
Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
qui est né de la vierge Marie,
qui a souffert sous Ponce Pilate,
qui a été crucifié, qui est mort et qui a été enseveli,
qui est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
qui est monté au ciel,
qui est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit-Saint,
la sainte Église universelle,
la communion des saints,
la rémission des péchés,
la résurrection de la chair
et la vie éternelle.
Amen.
Prière d’illumination
Seigneur notre Dieu,
ta Parole est une lumière sur notre chemin.
Envoie ton Esprit Saint afin que nous comprenions les Écritures,
que nos cœurs soient ouverts à la vérité de l’Évangile,
et que la résurrection du Christ éclaire toute notre vie.
Amen.
Lectures bibliques
Ancien Testament : Ésaïe 25.6–9
Épître : Colossiens 3.1–4
Évangile : Matthieu 28.1–10
« Heureux ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la gardent. »
Courte prière après les lectures de la Bible
Seigneur Dieu,
nous te remercions pour ta Parole vivante.
Que cette Parole descende maintenant dans nos cœurs,
qu’elle fortifie notre foi,
et qu’elle nous conduise à la joie de la résurrection.
Amen.
Thème de la prédication
Le Christ est ressuscité : une vie nouvelle commence.
(Matthieu 28.1–10)
Texte pour l’offrande
Écoutons la Parole de Dieu :
« Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. »
(Colossiens 3.4)
En reconnaissance pour la grâce reçue, présentons au Seigneur nos offrandes.
Prière après l’offrande
Seigneur notre Dieu,
tout ce que nous avons vient de toi.
Reçois ces offrandes comme un signe de notre reconnaissance.
Qu’elles servent à l’annonce de l’Évangile et au service du prochain,
afin que ton nom soit glorifié.
Par Jésus-Christ notre Seigneur.
Amen.
Prière d’intercession
Seigneur ressuscité,
nous te prions pour ton Église dans le monde entier :
garde-la fidèle à l’Évangile et courageuse dans son témoignage.
Nous te prions pour les peuples de la terre :
accorde la paix là où règnent la guerre et la violence.
Nous te prions pour ceux qui souffrent :
les malades, les personnes seules, les endeuillés,
tous ceux qui vivent dans la peur ou l’incertitude.
Nous te prions pour ceux qui doutent ou qui cherchent la vérité :
qu’ils découvrent la lumière de la résurrection.
Et nous te prions pour nous-mêmes :
apprends-nous à vivre comme des témoins du Christ vivant.
Nous te remettons toutes ces choses au nom de Jésus-Christ,
qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles.
Amen.
Sainte Cène
Introduction – paix et invitation
Que la paix du Seigneur Jésus-Christ soit avec vous.
En ce jour où l’Évangile nous annonce que le tombeau est vide et que le Christ est ressuscité, nous nous souvenons que celui qui est mort pour nos péchés est maintenant vivant pour toujours. Le Ressuscité se tient au milieu de son Église. Par sa croix, il nous a réconciliés avec Dieu ; par sa résurrection, il nous ouvre la vie nouvelle.
C’est pourquoi ceux qui mettent leur confiance en Jésus-Christ, qui cherchent la paix avec Dieu et avec leurs frères, sont invités à venir à cette table. Ici, le Seigneur nourrit son peuple et affermit la foi de ceux qu’il a rachetés.
Approchons-nous donc avec reconnaissance et avec confiance.
Mémento – communion des saints et espérance
Dans cette sainte Cène, nous ne sommes pas seulement rassemblés ici et maintenant. Nous sommes unis à l’Église de tous les temps et de tous les lieux.
Nous sommes en communion avec les croyants qui nous ont précédés dans la foi, avec ceux qui aujourd’hui confessent le nom du Christ à travers le monde, et avec la grande assemblée des rachetés qui attend la résurrection finale.
Car, comme l’écrit l’apôtre : « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ; quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire » (Colossiens 3.3–4).
Ainsi cette table est à la fois mémoire de la croix et anticipation du festin du Royaume.
Verset ou cantique préparatoire
« Christ est ressuscité des morts,
par la mort il a vaincu la mort,
et à ceux qui sont dans les tombeaux
il a donné la vie. »
Ou un cantique de Pâques approprié.
Prière eucharistique
Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.
Élevons nos cœurs.
Nous les élevons vers le Seigneur.
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu.
Cela est juste et bon.
Père saint et éternel,
il est juste et bon de te rendre grâce, toujours et en tous lieux.
Tu es le Dieu créateur :
tu as fait les cieux et la terre,
tu as donné la vie à toutes choses
et tu soutiens le monde par ta parole fidèle.
Lorsque l’humanité s’est éloignée de toi,
tu n’as pas abandonné ton alliance.
Tu as parlé par les prophètes,
tu as conduit ton peuple,
et dans la plénitude des temps tu as envoyé ton Fils.
En Jésus-Christ, le crucifié,
tu as porté le péché du monde.
Et en ce matin de résurrection,
tu l’as relevé d’entre les morts,
afin que la mort ne règne plus sur ceux qui lui appartiennent.
C’est pourquoi, avec l’Église de tous les temps et la multitude des anges,
nous proclamons ta gloire et nous chantons :
Sanctus
Saint, Saint, Saint est le Seigneur, Dieu de l’univers.
Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.
Hosanna au plus haut des cieux.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna au plus haut des cieux.
Transition vers le mémorial
Dieu de grâce, nous nous souvenons maintenant de l’œuvre parfaite de ton Fils, notre Seigneur.
Récit de l’institution
La nuit où il fut livré, le Seigneur Jésus prit du pain ;
après avoir rendu grâce, il le rompit et dit :
« Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites ceci en mémoire de moi. »
De même, après le repas, il prit la coupe et dit :
« Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang.
Faites ceci, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. »
Anamnèse
Ainsi, Père, nous rappelons devant toi la mort de ton Fils pour nos péchés,
sa résurrection glorieuse,
et son exaltation à ta droite.
Nous attendons aussi le jour où il reviendra dans la gloire,
lorsque ceux qui sont cachés avec lui paraîtront avec lui dans la gloire.
Jusqu’à ce jour, nous proclamons :
Christ est mort.
Christ est ressuscité.
Christ reviendra.
Épiclèse
Père très bon,
envoie maintenant ton Esprit Saint sur nous et sur ces dons.
Que, par la foi et par la puissance de ton Esprit,
le pain que nous rompons soit pour nous communion au corps du Christ,
et la coupe que nous bénissons communion à son sang.
Fais de nous un seul corps en lui,
afin que nourris de sa grâce nous marchions dans la vie nouvelle.
Doxologie
Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur,
dans l’unité du Saint-Esprit,
à toi, Père tout-puissant,
soient l’honneur et la gloire pour les siècles des siècles.
Amen.
Notre Père
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié ;
que ton règne vienne ;
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer dans la tentation,
mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Fraction du pain
Le pain que nous rompons est la communion au corps du Christ.
Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes nombreux, nous formons un seul corps, car nous participons tous à un même pain.
Prière de communion
Seigneur Jésus-Christ,
nous ne sommes pas dignes de venir à ta table par nos propres mérites.
Mais nous nous confions en ta grâce seule.
Fortifie notre foi,
pardonne nos péchés,
et fais-nous participer véritablement à ta vie.
Amen.
Distribution
Le corps du Christ, donné pour toi.
Le sang du Christ, versé pour toi.
Prenez et mangez.
Prenez et buvez.
Souvenez-vous et croyez que le Seigneur Jésus-Christ a donné son corps et versé son sang pour le pardon de vos péchés.
Prière finale
Seigneur notre Dieu,
nous te remercions pour ce repas où tu nous as nourris de la vie de ton Fils.
Fortifiés par cette communion,
apprends-nous à chercher les choses d’en haut,
là où le Christ est assis à ta droite.
Fais de nous des témoins de la résurrection,
dans l’espérance du jour où nous paraîtrons avec lui dans la gloire.
Par Jésus-Christ notre Seigneur.
Amen.
Bénédiction
Que le Dieu de paix,
qui a ressuscité d’entre les morts notre Seigneur Jésus-Christ,
vous affermisse dans la foi et dans l’espérance.
Et que la bénédiction du Dieu tout-puissant,
le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
soit avec vous et demeure avec vous pour toujours.
Amen.
[Je vous invite à regagner vos places où nous resterons debout pour recevoir l’exhortation et la bénédiction de la part de Dieu.]
Exhortation
Frères et sœurs,
le tombeau est vide et le Christ est vivant.
Ne vivez plus comme si la mort avait le dernier mot.
Cherchez les choses d’en haut,
marchez dans la vie nouvelle que Dieu vous donne,
et soyez dans le monde des témoins de la résurrection.
Allez dans la paix du Christ.
Bénédiction
Que le Dieu de paix,
qui a ramené d’entre les morts le grand berger des brebis,
notre Seigneur Jésus-Christ,
vous rende capables de toute bonne œuvre pour accomplir sa volonté.
Et que la bénédiction de Dieu tout-puissant,
le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
soit avec vous et demeure avec vous pour toujours.
Amen.
Psaumes et cantiques
Pour ce dimanche de Pâques dont les textes principaux sont Matthieu 28.1–10, Colossiens 3.1–4 et Actes 10, les cantiques doivent exprimer trois dimensions théologiques centrales : la victoire du Christ ressuscité, la vie nouvelle du croyant déjà cachée en Christ, et l’espérance de la gloire à venir. Le choix gagne donc à privilégier les psaumes et cantiques à forte densité doctrinale, enracinés dans la confession classique de l’Église et dans la tradition réformée.
Le Psaume 118 – « Rendez grâce au Seigneur » (Psautier de Genève, Clément Marot et Théodore de Bèze, XVIe siècle) constitue une ouverture particulièrement appropriée. Ce psaume est traditionnellement associé à la victoire messianique et à l’action de grâce du peuple de Dieu. Le verset « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle » est explicitement appliqué au Christ dans le Nouveau Testament. Dans le contexte de Matthieu 28, il souligne que celui que le monde a rejeté et crucifié est désormais exalté par Dieu. Ce psaume établit immédiatement le lien entre l’alliance, l’œuvre du Messie et la joie de la délivrance.
Le Psaume 16 – « Garde-moi, ô mon Dieu » (Clément Marot, XVIe siècle) peut également être chanté dans ce culte. Dans l’interprétation apostolique (Actes 2), ce psaume annonce que Dieu ne laissera pas son Saint voir la corruption. Il devient ainsi un chant prophétique de la résurrection. Chanté dans un culte de Pâques, il rappelle que la résurrection du Christ est l’accomplissement des promesses de l’Ancien Testament et le sceau de l’alliance de grâce.
Parmi les cantiques du recueil Arc-en-ciel, « À toi la gloire, ô Ressuscité » (ARC 471), texte d’Edmond Budry (1854–1932) publié en 1884, s’impose naturellement. Ce cantique célèbre explicitement la résurrection et la seigneurie du Christ. Son intérêt théologique réside dans sa confession claire de la victoire objective du Christ sur la mort et dans sa dimension ecclésiale : l’Église chante la gloire du Ressuscité et proclame qu’il règne. Il correspond parfaitement à la proclamation de Matthieu 28 : « Il n’est pas ici, il est ressuscité ».
Un second cantique particulièrement cohérent avec Colossiens 3.1–4 est « Jésus-Christ est Seigneur » (ARC 295), texte de Pierre Lachat (XXe siècle). Ce chant insiste sur l’exaltation du Christ à la droite de Dieu, thème central du passage de l’épître. Il met en lumière la dimension cosmique de la seigneurie du Christ et rappelle que toute la vie chrétienne est orientée vers celui qui règne dans la gloire.
On peut également proposer « Christ est vraiment ressuscité », chant pascal traditionnel transmis dans la liturgie occidentale depuis le Moyen Âge et repris dans plusieurs recueils protestants. Ce cantique met l’accent sur la proclamation apostolique de la résurrection et sur la victoire du Christ sur la mort, en écho direct à l’annonce de l’ange aux femmes dans l’Évangile.
Enfin, pour la conclusion du culte, un psaume comme le Psaume 103 – « Mon âme, bénis l’Éternel » (Clément Marot, XVIe siècle) est particulièrement adapté. Ce psaume célèbre la miséricorde de Dieu, la rédemption et la restauration de la vie. Chanté après la prédication ou à la fin du culte, il permet de répondre à la proclamation de la résurrection par une action de grâce solennelle et théologiquement riche.
L’ensemble de ces chants forme une cohérence doctrinale forte. Les psaumes rappellent que la résurrection du Christ est l’accomplissement des promesses de l’alliance. Les cantiques confessionnels proclament la victoire du Ressuscité et la seigneurie du Christ. Et l’ensemble du culte conduit l’assemblée à vivre concrètement l’appel de Colossiens : chercher les choses d’en haut, là où le Christ est assis à la droite de Dieu.

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