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Le contraste entre l’ombre et la lumière traduit la tension centrale du Psaume 22 : la détresse extrême du juste et la confiance persistante en Dieu. L’image évoque ainsi la souffrance du Messie annoncée dans les psaumes et accomplie dans la Passion du Christ.
Le Psaume 22 est un psaume de lamentation attribué à David, où le juste crie vers Dieu au cœur de la détresse. Il décrit une souffrance profonde, marquée par l’abandon apparent et la moquerie des ennemis. Dans la lecture chrétienne, ce psaume éclaire de manière saisissante la Passion du Christ, qui en reprend les premiers mots sur la croix. Dans le Psautier de Genève, il est chanté comme l’un des grands psaumes de la Passion. Il conduit finalement de la souffrance à la louange, annonçant la victoire de Dieu et la proclamation de son salut aux nations.
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Paroles
- Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu laissé
Sans ton secours, quand je suis oppressé,
Loin de ta face, hélas, quand j’ai poussé
Ma triste plainte ?
Le jour, ô Dieu, je t’invoque avec crainte,
Sans qu’à mes cris réponde ta voix sainte ;
Même la nuit, je gémis sous l’étreinte
De la douleur. - Tu es pourtant le Saint et la splendeur
Qu’Israël loue, et qui fais son bonheur.
Il te plut là qu’on chantât ton honneur,
Ta gloire immense.
Nos pères ont en Toi eu confiance,
Ils ont sur Toi fondé leur assurance,
Et tu leur as donné la délivrance
Par ta bonté. - Ils imploraient, leur fardeau fut ôté ;
Ils espéraient en ta fidélité,
Ils ont reçu, loin d’être rebutés,
Ta grâce prompte.
Et moi, je suis un ver que tout surmonte,
Bien moins qu’un homme, et des hommes la honte ;
Le peuple croit tout ce quʼon lui raconte
Sur moi déjà. - Quiconque voit à quel point tu m’abats
Vient se moquer et ne s’en cache pas ;
Ils font la moue et, de haut et de bas,
Hochent la tête.
« Ah ! disent-ils, il cherche sa retraite
Auprès de Dieu, il lui fait sa requête ;
Que Dieu lui donne une santé parfaite
S’il l’aime tant ! » - Tu m’as tiré de ma mère pourtant,
Et m’as rempli d’espoir en me mettant
Sur sa poitrine ; ainsi j’eus à l’instant
Une nourrice.
Je vis le jour ; ta sainte main tutrice
Me recueillit, sortant de la matrice ;
Tu me prouvas être mon Dieu propice
Quand je suis né. - Ne te tiens pas de moi si éloigné
Quand le péril de si près m’a cerné,
Sans que personne ait voulu me donner
Secours ou grâce.
De forts taureaux m’entourent et menacent ;
Taureaux puissants de Basan, terre grasse,
Pour m’assiéger m’ont suivi à la trace
En me pressant. - Ils rôdent comme un lion menaçant
Après sa proie en fureur rugissant,
Gueule sur moi sans abri languissant
Ouverte toute.
Je suis pareil au tissu qu’on égoutte ;
Mes membres ont leurs jointures dissoutes ;
Comme la cire en moi fond goutte à goutte
Mon coeur fâché. - Mon corps comme la tuile est asséché ;
J’ai le palais à la langue attaché ;
Proche est la tombe où tu veux me coucher,
Réduit en cendre.
Déjà les chiens m’encerclent pour me prendre,
Des criminels je ne peux me défendre
Ils sont venus pour transpercer, pour fendre
Mes pieds, mes mains. - Je peux compter mes os secs et malsains
Au grand plaisir des cruels inhumains
Qui n’ont pour moi que des regards hautains,
Et des critiques.
Soldant mon bien sur la place publique,
Ils se sont dit : reste encor la tunique ; *
Jetons les dés, que le sort nous indique.
Qui donc l’aura. - Mais Toi, Seigneur, Toi, ne t’éloigne pas,
Tu es ma force et ton secours viendra.
Oui, viens encor me prendre entre tes bras *
Qui me rassurent.
Défends mon âme en ces heures si dures
Contre l’épée et toutes ses blessures,
Contre le chien, les griffes, les morsures
De l’enragé. - Toi qui peux seul répondre à l’affligé,
Délivre-moi, reviens me protéger ;
Buffles, lions me tiennent assiégé,
Bêtes cruelles.
J’annoncerai à mes frères fidèles
Ton Nom très haut, tes vertus immortelles
Dans l’assemblée où ta louange est belle,
Parlant ainsi : - Vous tous croyants, louez donc Dieu ici,
Fils de Jacob, louez son nom aussi ;
Vous tous, enfants d’Israël, donnez-lui
Votre âme entière.
Car il entend lʼhomme dans la misère
Et, l’éclairant de sa vive lumière,
Il a montré sa bonté singulière
En sa faveur. - Devant ton bon peuple amassé, Seigneur,
J’irai chanter un hymne en ton honneur
Et m’acquitter des voeux que fit mon coeur
Dans la détresse
Le pauvre vient manger avec largesse
Et, cherchant Dieu, le bénira sans cesse ;
Vous qui n’avez d’espoir qu’en sa promesse,
Vos coeurs vivront. - En y pensant, tous se convertiront,
Ils reviendront à Dieu, le serviront,
De tous pays il se prosterneront,
En ta présence
Car ils sauront qu’à ta Divine essence
Seule appartient règne et magnificence.
Tu es des coeurs humains par excellence
Vrai conquérant. - Avec le riche et les gens de haut rang,
On pourra voir le malade accourant ;
Tous les mortels qui sans Toi sont néant
Te rendront gloire.
Puis leurs enfants prêt à servir, à croire
S’inclineront, et en tout territoire
De père en fils il sera fait mémoire
Du Tout-Puissant. - Dans ce royaume à jamais florissant
On viendra dire à chaque enfant naissant
Ce que Dieu fit pour l’homme en agissant
Dans son histoire.
Les Psaumes de David. Clément Marot. Adaptation en français actuel par Marc-François Gonin. ISBN 2–911069-29–3. Éditions VIDA. 1998. Reproduit avec permission.
Psautier de Genève
Place du psaume dans le Psautier de Genève
Le Psaume 22 appartient au premier livre du Psautier (Psaumes 1–41). Dans le Psautier de Genève du XVIᵉ siècle, il a été versifié principalement par Clément Marot et Théodore de Bèze et mis en musique dans la tradition réformée pour le chant d’assemblée. Il est chanté depuis la Réforme comme un psaume majeur de la Passion, car Jésus lui-même en cite l’ouverture sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27.46).
Genre du psaume
Il s’agit d’un psaume de lamentation individuelle qui se transforme progressivement en psaume de confiance et de louange. La première partie exprime la détresse extrême du fidèle persécuté, entouré d’ennemis et exposé à la moquerie. La seconde partie s’ouvre vers l’espérance : Dieu intervient, délivre et la louange s’étend finalement à toute l’assemblée et même aux nations.
Théologie du psaume
Le Psaume 22 met en lumière le mystère du juste souffrant. Dans l’Ancien Testament, il exprime la prière d’un fidèle persécuté qui se tourne vers Dieu malgré l’apparente absence de secours. Dans la lecture chrétienne, ce psaume devient une prophétie saisissante de la Passion du Christ : les moqueries des ennemis, le partage des vêtements, la souffrance du juste et finalement la proclamation de la victoire de Dieu. La théologie réformée y voit un témoignage remarquable de l’unité de l’Écriture : les souffrances du Messie annoncées dans les psaumes trouvent leur accomplissement dans la croix, et la délivrance finale annonce la résurrection et l’extension du salut aux nations.
Musique originale
Dans le Psautier de Genève, la mélodie du Psaume 22 appartient au répertoire classique du chant réformé du XVIᵉ siècle. Elle est sobre, syllabique et conçue pour le chant d’assemblée, sans effet émotionnel excessif. Comme dans l’ensemble du Psautier genevois, la musique sert avant tout la proclamation du texte biblique afin que toute l’Église puisse chanter la Parole de Dieu ensemble.
Exégèse
Psaumes 22:1–32 NVS78P [1] Au chef de chœur. Sur « Biche de l’aurore ». Psaume de David. [2] Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? Mes paroles plaintives sont loin de me procurer le salut. [3] Mon Dieu ! je crie le jour, et tu ne réponds pas ; La nuit, et je ne garde pas le silence. [4] Pourtant tu es le Saint, Tu sièges au milieu des louanges d’Israël. [5] En toi se confiaient nos pères ; Ils se confiaient, et tu les délivrais. [6] Ils criaient à toi et ils échappaient ; Ils se confiaient en toi et ils n’étaient pas dans la honte. [7] Et moi, je suis un ver et non un homme, Le déshonneur des humains et le méprisé du peuple. [8] Tous ceux qui me voient se moquent de moi, Ils ouvrent les lèvres, hochent la tête : [9] Remets (ton sort à l’Éternel ! L’Éternel le libérera, Il le délivrera, puisqu’il l’aime ! [10] Oui, tu m’as tiré du ventre maternel, Tu m’as confié aux seins de ma mère ; [11] Sur toi, j’ai été jeté dès les entrailles maternelles, Dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu. [12] Ne t’éloigne pas de moi quand la détresse est proche, Quand personne ne vient à mon secours ! [13] De nombreux taureaux m’entourent, Des taureaux de Basan m’environnent. [14] Ils ouvrent contre moi leur gueule, Comme un lion qui déchire et rugit. [15] Je suis comme de l’eau qui s’écoule, Et tous mes os se disloquent ; Mon cœur est comme de la cire, Il se fond au milieu de mes entrailles. [16] Ma force se dessèche comme l’argile, Et ma langue s’attache à mon palais ; Tu me réduis à la poussière de la mort. [17] Car des chiens m’entourent, Une bande de scélérats rôdent autour de moi, Ils ont percé mes mains et mes pieds. [18] Je compte tous mes os. Eux, ils observent, ils arrêtent leurs regards sur moi ; [19] Ils se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique. [20] Et toi, Éternel, ne t’éloigne pas ! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours ! [21] Délivre mon âme de l’épée, Ma vie du pouvoir des chiens ! [22] Sauve-moi de la gueule du lion, Et des cornes du buffle ! Tu m’as répondu ! [23] Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te louerai au milieu de l’assemblée. [24] Vous qui craignez l’Éternel, louez-le ! Vous, toute la descendance de Jacob, glorifiez-le ! Tremblez devant lui, vous, toute la descendance d’Israël ! [25] Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du malheureux, Et il ne lui cache pas sa face ; Mais il l’écoute quand il crie à lui. [26] Tu seras dans la grande assemblée la cause de mes louanges ; J’accomplirai mes vœux en présence de ceux qui te craignent. [27] Les humbles mangeront et se rassasieront, Ils loueront l’Éternel, ceux qui le cherchent. Que votre cœur vive à toujours ! [28] Toutes les extrémités de la terre se souviendront de l’Éternel et se tourneront vers lui ; Toutes les familles des nations se prosterneront devant sa face. [29] Car le règne est à l’Éternel, Il domine sur les nations. [30] Tous les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi ; Devant lui plieront tous ceux qui descendent dans la poussière, Ceux qui ne peuvent conserver leur vie. [31] La postérité lui rendra un culte ; On parlera du Seigneur à la génération (future). [32] On viendra annoncer sa justice Au peuple qui naîtra, car (l’Éternel) a agi.
- Brève introduction pour situer le texte dans son contexte
Le Psaume 22 est l’un des psaumes les plus frappants du Psautier. Attribué à David, il commence par un cri de détresse extrême et se termine par une proclamation de louange universelle. La tradition chrétienne y a très tôt reconnu une prophétie de la Passion du Christ, car plusieurs éléments correspondent précisément aux récits évangéliques de la crucifixion. Jésus lui-même cite le premier verset sur la croix (Mt 27.46 ; Mc 15.34). Ce psaume illustre la dynamique typique des psaumes de lamentation : la plainte, la confiance en Dieu, puis la louange.
- Exégèse détaillée à partir de l’hébreu
Le titre mentionne : « Au chef de chœur. Sur “Biche de l’aurore” ». L’expression hébraïque אַיֶּלֶת הַשַּׁחַר (ʾayyeleṯ hašaḥar) désigne probablement une mélodie connue à l’époque. Elle peut évoquer l’aube après la nuit, ce qui correspond à la structure du psaume : la souffrance puis la délivrance.
Verset 2
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
En hébreu : אֵלִי אֵלִי לָמָה עֲזַבְתָּנִי (ʾēlî ʾēlî lamāh ʿazavtānî).
Le verbe עָזַב (ʿāzav) signifie abandonner, délaisser. Ce cri exprime l’expérience d’une absence apparente de Dieu. Dans la Passion, Jésus reprend ces paroles pour exprimer la profondeur de son humiliation.
Versets 4–6
Le psalmiste rappelle la fidélité historique de Dieu : les pères d’Israël ont crié à Dieu et ont été délivrés. Cette mémoire de l’alliance nourrit l’espérance.
Verset 7
« Je suis un ver et non un homme »
Le mot תּוֹלַעַת (tôlaʿat) signifie ver ou larve. L’image exprime l’humiliation totale et la perte d’honneur social.
Versets 8–9
Les ennemis se moquent et secouent la tête. Le verbe hébreu נוּעַ (nûaʿ) signifie hocher la tête avec mépris. Les Évangiles reprennent cette scène lors de la crucifixion (Mt 27.39).
Versets 13–14
Les ennemis sont comparés à des taureaux de Basan. Basan était une région réputée pour son bétail puissant. L’image évoque des adversaires redoutables.
Versets 15–16
La description physique est remarquable :
« Je suis comme de l’eau qui s’écoule »
« Mon cœur est comme de la cire »
Ces images traduisent l’épuisement et la dissolution des forces vitales.
Verset 17
« Ils ont percé mes mains et mes pieds »
Le texte hébreu massorétique contient une difficulté textuelle. Plusieurs manuscrits anciens, dont la Septante, traduisent « ils ont percé ». Cette lecture correspond à la compréhension chrétienne traditionnelle et s’accorde avec les récits de la crucifixion.
Verset 18
« Je compte tous mes os »
L’image suggère un corps émacié et exposé à la vue des ennemis.
Verset 19
« Ils se partagent mes vêtements »
Ce verset correspond directement à l’action des soldats romains au pied de la croix (Jn 19.24).
Versets 20–22
Le psalmiste implore la délivrance face à la mort.
Versets 23–32
La seconde moitié du psaume change radicalement de ton. La délivrance entraîne une louange publique et universelle.
« Je publierai ton nom parmi mes frères »
L’expression annonce une proclamation dans l’assemblée. L’épître aux Hébreux applique ce verset au Christ ressuscité (He 2.12).
Versets 28–29
« Toutes les extrémités de la terre se souviendront de l’Éternel »
La perspective devient missionnaire et universelle : toutes les nations reconnaîtront le règne de Dieu.
- Explication du sens des mots importants
Abandonner – עָזַב (ʿāzav)
Délaisser, laisser seul dans la détresse.
Ver – תּוֹלַעַת (tôlaʿat)
Image d’extrême humiliation.
Taureaux de Basan
Métaphore d’ennemis puissants et violents.
Percer les mains et les pieds
Image d’une violence extrême, interprétée par les chrétiens comme une annonce de la crucifixion.
Assemblée – קָהָל (qāhāl)
Communauté du peuple de Dieu réunie pour le culte.
- Citations des Pères de l’Église
Justin Martyr considère ce psaume comme une prophétie explicite de la crucifixion :
« Dans le psaume, David annonce que les ennemis du Christ se partageraient ses vêtements et tireraient au sort sa tunique. »
Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon, chap. 97.
Augustin voit dans ce psaume la voix du Christ lui-même :
« Ce psaume parle au nom du Christ. Il est la tête et nous sommes son corps ; ainsi sa plainte devient aussi la nôtre. »
Augustin, Enarrationes in Psalmos, Psaume 21 (numérotation latine).
- Citations des Réformateurs
Jean Calvin explique que David parle ici d’une souffrance qui dépasse sa propre expérience :
« Bien que David parle de ses propres afflictions, il est évident que l’Esprit le conduit à décrire les souffrances du Christ. »
Jean Calvin, Commentaire sur les Psaumes, Psaume 22.
Calvin souligne aussi la structure du psaume :
« La plainte est transformée en louange, afin de montrer que Dieu ne délaisse jamais finalement les siens. »
- Citations de théologiens réformés confessants contemporains
Herman Bavinck souligne le caractère messianique du psaume :
« Le Psaume 22 décrit la souffrance du juste d’une manière si profonde qu’elle trouve son accomplissement ultime dans la Passion du Christ. »
Herman Bavinck, Reformed Dogmatics, vol. 3, Baker Academic, 2006, p. 299 (traduit de l’anglais).
- Apports de l’archéologie biblique
Les découvertes de Qumrân ont confirmé l’existence de variantes anciennes du texte du Psaume 22. Certaines versions soutiennent la traduction « ils ont percé mes mains et mes pieds », ce qui montre que cette lecture était connue dans l’Antiquité. Les pratiques romaines de crucifixion, attestées par l’archéologie et les sources historiques, correspondent à la description de souffrance corporelle évoquée dans ce psaume.
- Implications pour la théologie de l’alliance
Le Psaume 22 montre que la souffrance du juste n’est pas incompatible avec la fidélité de Dieu. Dans la perspective de l’alliance, le peuple de Dieu peut traverser l’épreuve tout en restant attaché à la promesse divine.
Dans la lecture chrétienne, ce psaume trouve son accomplissement en Jésus-Christ. Il est le juste parfait qui souffre pour son peuple. Par sa Passion, il assume la détresse humaine et ouvre la voie à la délivrance. La seconde partie du psaume annonce déjà les fruits de cette œuvre : la louange dans l’assemblée et l’adoration de Dieu par toutes les nations. Ainsi, la souffrance du Serviteur conduit à l’expansion universelle de l’alliance et au salut du peuple de Dieu.
Outils pédagogiques – Psaume 22
Questions pour lire le texte ensemble
- Le psaume commence par un cri d’abandon : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Que révèle cette parole sur la relation du croyant avec Dieu au cœur de l’épreuve ?
- Le psalmiste décrit des ennemis qui se moquent de lui et le méprisent. Comment ces images éclairent-elles les récits de la Passion dans les Évangiles ?
- À partir du verset 23, le psaume change de ton et devient une proclamation de louange. Pourquoi cette transition est-elle importante pour comprendre le message du psaume ?
- Le psaume se termine par l’annonce que toutes les nations reconnaîtront l’œuvre de Dieu. Comment ce passage annonce-t-il l’universalité du salut en Jésus-Christ ?
Question de discernement (analyse des présupposés)
Notre époque considère souvent que la souffrance prouve l’absence de Dieu ou l’inutilité de la foi. Le Psaume 22 affirme au contraire que le croyant peut crier vers Dieu même dans la détresse extrême. Quelles visions du monde opposées se cachent derrière ces deux manières d’interpréter la souffrance ?
Repères bibliques et confessionnels
Dans les Évangiles, Jésus reprend la première phrase du Psaume 22 sur la croix (Matthieu 27.46 ; Marc 15.34). Les premiers chrétiens ont reconnu dans ce psaume une annonce prophétique de la Passion : moqueries des ennemis, partage des vêtements et souffrance du juste.
Jean Calvin souligne dans son commentaire sur les Psaumes que ce texte décrit une détresse réelle vécue par David, mais qu’il trouve son accomplissement parfait dans le Christ, le véritable juste persécuté. La lecture chrétienne du psaume repose ainsi sur l’unité de l’Écriture et sur la conviction que les psaumes annoncent le Messie.
Piste pour un travail en groupe
Lire le Psaume 22 en deux parties :
d’abord les versets 1–22 (la détresse du juste), puis les versets 23–32 (la louange et la victoire). Discuter ensuite de cette question : comment la foi permet-elle de passer du cri de détresse à la proclamation de l’espérance ?
Prière finale
Seigneur notre Dieu,
dans nos moments de détresse nous crions vers toi comme le psalmiste.
Apprends-nous à nous confier en ta fidélité même lorsque nous ne comprenons pas tes voies.
Nous te rendons grâce pour Jésus-Christ, le juste souffrant,
qui a porté notre péché et qui nous ouvre l’espérance de la vie nouvelle.
Amen.

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