Liturgie eucharistique (Hippolyte)


Ver­sion courte : Litur­gie eucha­ris­tique d’Hippolyte1

Sou­hait de paix

Que la paix du Sei­gneur soit avec nous tous ! Étant jus­ti­fiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Sei­gneur Jésus-Christ.

Can­tique de sainte-cène

Prière eucha­ris­tique

L’officiant : En haut les cœurs !

[L’assemblée : Nous les éle­vons vers le Sei­gneur.]

L’officiant : Ren­dons grâces au Sei­gneur, notre Dieu !

[L’assemblée : Cela est juste et bon.]

L’officiant : Nous te ren­dons grâce ô Dieu, par Jésus-Christ, ton ser­vi­teur bien-aimé, que tu as envoyé dans ces temps qui sont les der­niers nous révé­ler ton amour.

Il est lui-même ta Parole insé­pa­rable de toi ; par lui tu as créé toutes choses ; en lui tu as mis toute ton affec­tion.

Tu l’as envoyé du ciel dans notre chair et il s’est mani­fes­té comme ton Fils, né d’une vierge par la puis­sance du Saint-Esprit.

Pour accom­plir ta volon­té et te gagner un peuple saint, il éten­dit les mains sur la croix, souf­frant pour déli­vrer du mal ceux qui croient en toi.

Alors qu’il se livrait lui-même à la souf­france pour détruire la mort, bri­ser les chaînes de l’Ennemi et fou­ler aux pieds la puis­sance des enfers, pour don­ner aux justes la lumière, inau­gu­rer le monde à venir et mani­fes­ter la résur­rec­tion, il prit du pain, te ren­dit grâces et dit : Pre­nez, man­gez, ceci est mon corps, livré pour vous.

De même, il prit la coupe et dit : Ceci est mon sang, ver­sé pour vous. Quand vous faites cela, vous faites mémoire de moi.

Nous sou­ve­nant donc de la mort du Christ et de sa résur­rec­tion, nous pla­çons devant toi ce pain et ce vin, te ren­dant grâces de ce que tu nous per­mets de nous tenir en ta pré­sence et de te ser­vir.

Et nous te prions d’envoyer ton Saint-Esprit sur la célé­bra­tion de ton Église sainte : en ras­sem­blant dans l’unité ceux qui com­mu­nient, rem­plis-les tous de l’Esprit saint pour que leur foi soit affer­mie dans la véri­té et que notre vie te loue et te glo­ri­fie par ton Ser­vi­teur Jésus-Christ.

Par lui te soient ren­dus gloire et hon­neur dans ton Église, main­te­nant et pour les siècles des siècles. L’assemblée chante : Amen.


La com­mu­nion : L’oraison domi­ni­cale

Unis dans le même esprit, nous pou­vons dire avec confiance la prière que nous avons reçue du Sei­gneur :

Notre Père, qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanc­ti­fié.
Que ton règne vienne.
Que ta volon­té soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Par­donne-nous nos offenses, comme nous par­don­nons aus­si à ceux qui nous ont offen­sés.
Et ne nous sou­mets pas à la ten­ta­tion, mais délivre-nous du Mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puis­sance et la gloire, aux siècles des siècles.
Amen.


La com­mu­nion : Frac­tion du pain et pré­sen­ta­tion de la coupe

Le pain que nous rom­pons est la com­mu­nion au corps de notre Sei­gneur Jésus-Christ.

La coupe de béné­dic­tion, pour laquelle nous ren­dons grâces, est la com­mu­nion au sang de notre Sei­gneur Jésus-Christ.


La com­mu­nion : Prière de com­mu­nion

Sei­gneur, je ne suis pas digne de te rece­voir,
mais tu n’as qu’un mot à dire, et le serai gué­ri.

L’officiant com­mu­nie, puis donne la com­mu­nion à ses aides.

Le Sei­gneur dit : Me voi­ci !
Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je me met­trai à table avec lui, et lui avec moi.

Venez, car tout est prêt.


Com­mu­nion des fidèles


Prière finale

Dieu tout-puis­sant, Père de notre Sei­gneur Jésus-Christ,
Nous te remer­cions de nous avoir reçus par grâce au sacre­ment de ton alliance ;
qu’il soit pour nous, non l’occasion d’une fausse sécu­ri­té,
mais celle d’un renou­vel­le­ment de tout notre être et de toute notre vie à ton ser­vice,
par Jésus-Christ, notre Sei­gneur.
Amen.

Can­tique de l’assemblée


Envoi et béné­dic­tion

Que la paix de Dieu, qui sur­passe tout ce qu’on peut com­prendre,
garde vos cœurs et vos pen­sées dans le Christ Jésus.

Que Dieu, tout-puis­sant et misé­ri­cor­dieux, vous bénisse et vous pro­tège, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Amen. [ou L’assemblée chante : Amen.]


  1. La « litur­gie eucha­ris­tique d’Hippolyte » ren­voie à un texte ancien appe­lé la Tra­di­tion apos­to­lique, géné­ra­le­ment attri­bué à Hip­po­lyte de Rome (début du IIIe siècle).
    Mais la ques­tion est plus com­plexe qu’il n’y paraît.
    Le docu­ment : la Tra­di­tion apos­to­lique
    La Tra­di­tion apos­to­lique est un texte litur­gique et dis­ci­pli­naire ancien décri­vant :
    – L’ordination des évêques, pres­bytres et diacres
    – La caté­chèse et le bap­tême
    – L’organisation com­mu­nau­taire
    – Une prière eucha­ris­tique struc­tu­rée
    Ce texte est l’un des témoi­gnages les plus anciens d’une prière eucha­ris­tique rela­ti­ve­ment déve­lop­pée.
    Il nous est par­ve­nu non pas dans un manus­crit grec ori­gi­nal com­plet, mais à tra­vers des ver­sions ulté­rieures (latines, éthio­piennes, coptes, arabes), recons­ti­tuées par les cher­cheurs modernes.
    Est-elle vrai­ment d’Hippolyte ?
    Tra­di­tion­nel­le­ment, on a attri­bué ce texte à Hip­po­lyte de Rome (vers 170–235). Cepen­dant, la recherche contem­po­raine est plus pru­dente :
    – L’attribution directe à Hip­po­lyte est dis­cu­tée.
    – Le texte pour­rait être com­po­site ou avoir subi des révi­sions.
    – Il pour­rait reflé­ter une tra­di­tion litur­gique romaine ou syrienne du IIIe siècle.
    Donc, par­ler de « litur­gie d’Hippolyte » est com­mode, mais his­to­ri­que­ment nuan­cé.
    Conte­nu de la prière eucha­ris­tique dite « d’Hippolyte »
    La prière eucha­ris­tique conte­nue dans la Tra­di­tion apos­to­lique pré­sente :
    – Une action de grâce pour la créa­tion
    – Un rap­pel de l’œuvre du Christ
    – Le récit de l’institution
    – Une invo­ca­tion de l’Esprit (épi­clèse)
    – Une doxo­lo­gie finale
    Ce qui frappe, c’est sa sobrié­té et sa struc­ture claire, cen­trée sur l’économie du salut.
    Il n’y a pas encore :
    – Déve­lop­pe­ment sacri­fi­ciel com­plexe
    – Doc­trine expli­cite de trans­sub­stan­tia­tion
    – Éla­bo­ra­tion médié­vale ulté­rieure
    La prière reste essen­tiel­le­ment une grande action de grâce.
    Impor­tance his­to­rique
    Cette litur­gie est pré­cieuse pour plu­sieurs rai­sons :
    Elle montre que très tôt l’Église avait une struc­ture eucha­ris­tique iden­ti­fiable.
    Elle atteste que le récit de l’institution fai­sait par­tie inté­grante de la prière.
    Elle montre une théo­lo­gie eucha­ris­tique encore sobre et bibli­que­ment struc­tu­rée.
    Au XXe siècle, cette prière a for­te­ment influen­cé les révi­sions litur­giques modernes, notam­ment dans cer­taines Églises catho­liques et pro­tes­tantes.
    Pers­pec­tive réfor­mée
    Du point de vue réfor­mé, la « litur­gie d’Hippolyte » pré­sente un inté­rêt his­to­rique impor­tant :
    – Elle montre que la Cène était enca­drée par une prière solen­nelle et struc­tu­rée.
    – Elle confirme que la dimen­sion d’action de grâce était cen­trale.
    – Elle témoigne d’une com­pré­hen­sion non médié­vale du sacre­ment.
    Cepen­dant, elle ne consti­tue pas une norme contrai­gnante. L’autorité demeure l’Écriture, non une recons­truc­tion litur­gique ancienne.
    La tra­di­tion ancienne éclaire l’histoire de l’Église.
    Elle ne rem­place pas la règle biblique.
    Conclu­sion
    La « litur­gie eucha­ris­tique d’Hippolyte » pro­vient d’un docu­ment ancien, la Tra­di­tion apos­to­lique (IIIe siècle), pro­ba­ble­ment lié au milieu romain pri­mi­tif.
    Elle consti­tue l’un des plus anciens témoi­gnages d’une prière eucha­ris­tique struc­tu­rée.
    Elle montre que :
    – L’Église pri­mi­tive célé­brait la Cène avec ordre et gra­vi­té.
    – La prière eucha­ris­tique était cen­trée sur l’œuvre du Christ.
    – La struc­ture litur­gique exis­tait très tôt.
    Mais elle doit être reçue comme témoin his­to­rique, non comme règle nor­ma­tive supé­rieure à l’Écriture. ↩︎