Cure d’âme

relation pastorale

Pour lire l’image
Une Bible ouverte et un geste de pré­sence sym­bo­lisent l’écoute et le sou­tien pas­to­ral. Le conseiller n’y occupe pas la place du Sau­veur : la rela­tion doit orien­ter vers la véri­té et res­pec­ter la conscience de l’autre.


Derniers articles

Tous les articles

La rela­tion pas­to­rale est une rela­tion de ser­vice. Le pas­teur, l’aumônier ou l’accompagnateur n’y occupe pas la place du Sau­veur ; il se tient auprès d’une per­sonne pour l’écouter, l’aider à dis­cer­ner et lui rap­pe­ler, lorsque cela convient, les pro­messes et les exi­gences de la Parole de Dieu.

Une telle rela­tion sup­pose la confiance, la dis­cré­tion, le res­pect de la conscience et une juste com­pré­hen­sion des limites du minis­tère. L’accompagnement chré­tien ne doit ni créer une dépen­dance per­son­nelle ni pré­tendre résoudre seul ce qui relève aus­si de la méde­cine, de la psy­cho­lo­gie, du droit ou du tra­vail social. La fidé­li­té pas­to­rale consiste par­fois pré­ci­sé­ment à savoir orien­ter vers d’autres com­pé­tences.

Cette page pré­cise les fon­de­ments bibliques de la rela­tion pas­to­rale, l’écoute, la confi­den­tia­li­té, le dis­cer­ne­ment et les limites néces­saires à un accom­pa­gne­ment véri­ta­ble­ment fra­ter­nel.


Une relation de service et non de domination

La rela­tion pas­to­rale repose sur une asy­mé­trie de res­pon­sa­bi­li­tés, mais cette dif­fé­rence ne donne pas au pas­teur une auto­ri­té sans limites. Celui qui accom­pagne dis­pose par­fois d’une fonc­tion recon­nue, de connais­sances théo­lo­giques et d’une influence réelle sur la per­sonne. Il lui appar­tient donc de rendre son action intel­li­gible et de refu­ser toute emprise. L’exemple du Christ enseigne une auto­ri­té qui se met au ser­vice d’autrui. Le pas­teur ne se sub­sti­tue ni à la conscience, ni à la famille, ni aux ins­ti­tu­tions com­pé­tentes. Son rôle consiste à annon­cer l’Évangile, à écou­ter et à aider la per­sonne à exer­cer devant Dieu son propre dis­cer­ne­ment.


Accueillir la parole et reconnaître la situation

Une ren­contre pas­to­rale ne com­mence pas par l’application d’une for­mule. Il faut iden­ti­fier la demande : une ques­tion doc­tri­nale, un conflit, une souf­france, une faute, un deuil, une déci­sion à prendre. Les mots employés par l’interlocuteur doivent être enten­dus dans leur contexte, sans être immé­dia­te­ment tra­duits en caté­go­ries impo­sées. Les ques­tions ouvertes, la refor­mu­la­tion et la pos­si­bi­li­té de cor­ri­ger une com­pré­hen­sion erro­née favo­risent une rela­tion juste. Le silence peut aus­si avoir une place. Écou­ter n’est pas renon­cer à la véri­té ; c’est s’interdire de pro­non­cer une parole de cor­rec­tion ou de conso­la­tion avant d’avoir suf­fi­sam­ment com­pris son des­ti­na­taire.


Autorité de la Parole et liberté de conscience

Dans une pers­pec­tive réfor­mée confes­sante, l’Écriture consti­tue la norme doc­tri­nale de la foi. Elle ne garan­tit pas l’infaillibilité de chaque inter­pré­ta­tion pas­to­rale, encore moins de chaque conseil pra­tique. Il faut donc dis­tin­guer ce que le texte biblique affirme clai­re­ment, la manière dont une tra­di­tion le com­prend et l’appréciation pru­dente d’une situa­tion per­son­nelle. Une per­sonne accom­pa­gnée peut deman­der les rai­sons d’un conseil, en dis­cu­ter l’application et sol­li­ci­ter un autre avis. Cette liber­té pré­vient la confu­sion entre l’autorité spi­ri­tuelle reçue et l’autorité per­son­nelle reven­di­quée. Le pas­teur doit pou­voir recon­naître son igno­rance, ses erreurs et les limites de son rôle.


Confiance, confidentialité et protection

La dis­cré­tion est une condi­tion impor­tante de la confiance, mais ses limites doivent être expli­quées avec pré­ci­sion. Les obli­ga­tions appli­cables à la confi­den­tia­li­té varient selon le cadre pas­to­ral, ins­ti­tu­tion­nel et juri­dique. Il serait dan­ge­reux de pro­mettre un secret abso­lu­ment sans excep­tion lorsque la loi ou la pro­tec­tion d’une per­sonne vul­né­rable peut impo­ser une démarche par­ti­cu­lière. Il faut aus­si évi­ter les rela­tions ambi­guës, la cap­ta­tion affec­tive, l’usage abu­sif de confi­dences et les conflits d’intérêts. Une rela­tion sûre per­met de cla­ri­fier la fré­quence des entre­tiens, les moyens de contact et les pos­si­bi­li­tés d’orientation. Elle pro­tège aus­si les limites de dis­po­ni­bi­li­té du pas­teur.


Accompagner avec d’autres compétences et savoir conclure

L’accompagnement pas­to­ral peut coexis­ter avec des soins, un sui­vi psy­cho­lo­gique, une média­tion ou une aide sociale. La pré­sence spi­ri­tuelle ne rem­place aucune de ces pra­tiques et ne doit pas être uti­li­sée pour en dis­sua­der auto­ma­ti­que­ment la per­sonne. Lorsque sur­gissent des indices de vio­lences, de dan­ger ou de mala­die, recon­naître la néces­si­té d’un recours appro­prié fait par­tie de la res­pon­sa­bi­li­té pas­to­rale. Il peut éga­le­ment être juste de ter­mi­ner un accom­pa­gne­ment deve­nu inutile ou dépen­dant d’une rela­tion exclu­sive. Une rela­tion bien conduite aide la per­sonne à retrou­ver des res­sources, des liens et une auto­no­mie pro­por­tion­née à sa situa­tion. Sa réus­site ne se mesure pas au nombre d’entretiens.


Articles et approfondissements par thèmes

Ces pro­po­si­tions per­met­tront de docu­men­ter plus pré­ci­sé­ment l’écoute, la res­pon­sa­bi­li­té et les limites de la rela­tion pas­to­rale.

  • Confi­den­tia­li­té pas­to­rale et limites ins­ti­tu­tion­nelles — À paraître. Étu­dier les devoirs de dis­cré­tion et les situa­tions dans les­quelles ils ren­contrent les obli­ga­tions de pro­tec­tion et le droit appli­cable. Dis­tin­guer le cadre de l’Église locale, de l’aumônerie et des ins­ti­tu­tions de soins sans affir­mer des règles uni­ver­selles.
  • Évi­ter l’emprise spi­ri­tuelle dans l’accompagnement — À paraître. Iden­ti­fier les méca­nismes par les­quels une rela­tion d’aide peut deve­nir un exer­cice abu­sif d’autorité. Pro­po­ser des pra­tiques de trans­pa­rence, de col­lé­gia­li­té et de recours per­met­tant de pré­ser­ver le consen­te­ment et la liber­té de conscience.
  • Écou­ter une per­sonne sans anti­ci­per sa réponse — À paraître. Décrire une méthode d’entretien fon­dée sur les ques­tions ouvertes, la refor­mu­la­tion et la dis­tinc­tion entre faits, émo­tions et éva­lua­tions. Mon­trer com­ment l’écoute pré­pare une parole biblique per­ti­nente au lieu de la rem­pla­cer.

Bibliographie sélective

Ouvrages en anglais

  • David Pow­li­son, Spea­king Truth in Love : Coun­sel in Com­mu­ni­ty, New Growth Press, 2005. Entre­tiens, écoute et aide fra­ter­nelle dans la com­mu­nau­té chré­tienne.
  • David Pow­li­son, Seeing with New Eyes : Coun­se­ling and the Human Condi­tion Through the Lens of Scrip­ture, P&R Publi­shing, 2003. Com­pré­hen­sion des per­sonnes et inter­pré­ta­tion pas­to­rale des situa­tions vécues.

Ouvrages en français

  • Jean Cal­vin, Ins­ti­tu­tion de la reli­gion chré­tienne, mise en fran­çais moderne par Marie de Védrines et Paul Wells, Keryg­ma / Excel­sis, 2009. Église, minis­tère et vie chré­tienne.

Les dix derniers articles