Question sur la différence sexuée

“Mâle et femelle il les créa” : une anthropologie face au constructivisme

Une vidéo diffusée sur la page Facebook de France Culture affirme, sous un ton apparemment pédagogique et serein, que « la science hésite » lorsqu’il s’agit de distinguer homme et femme. L’émission met en avant la complexité biologique, la diversité des situations intersexuées et la distinction entre sexe et genre, en suggérant que nos certitudes traditionnelles seraient peut-être dépassées.

Le message est présenté comme une mise à jour scientifique : ce que nous pensions évident ne le serait plus. La différence sexuelle ne serait pas aussi claire qu’on le croit. La réalité varierait selon les expériences vécues. L’identité ne se réduirait pas au corps.

L’objection implicite est forte : si la science montre de la complexité, alors la distinction homme/femme ne serait plus une structure stable mais une construction parmi d’autres. Et si chacun vit une réalité différente, le « réel » lui-même serait en partie produit par ces vécus.

Ce type de discours se diffuse largement, non sous la forme d’un manifeste idéologique, mais sous celle d’une explication scientifique accessible et apparemment neutre. C’est précisément ce qui lui donne sa force persuasive.

Il mérite donc examen. Non pour caricaturer les chercheurs ou nier les données biologiques, mais pour clarifier ce qui relève de la description scientifique, ce qui relève de l’interprétation philosophique, et ce qui, éventuellement, relève d’un glissement vers une thèse normative.

La question n’est pas de savoir si la biologie est complexe — elle l’est.
La question est de savoir ce que cette complexité signifie réellement.

C’est ce point qu’il faut examiner avec rigueur.

Lien Facebook (France Culture)

Pour situer cette réponse dans une démarche plus large, voir la page Position apologétique, qui explicite la méthode, les présupposés et l’intention générale de cette approche.


L’objection formulée

Titre exact
« Sexe et genre, quand la science questionne nos certitudes »

Support
France Culture – émission Le Fil sciences
Diffusion relayée sur la page Facebook officielle de France Culture

Date
Diffusion radio : 2023 (chronique scientifique)
Diffusion Facebook : post vidéo récent (2026)

Auteur(s) / intervenants
Évelyne Heyer (biologiste, anthropologie génétique)
Présentation / animation : France Culture

Lien source
Page Facebook officielle de France Culture (vidéo relayée)
Site France Culture – émission « Le Fil sciences »


Résumé de l’objection

L’émission affirme que la distinction homme/femme, souvent perçue comme évidente, serait plus complexe qu’on ne le croit. Elle met en avant :

– l’existence de variations biologiques (intersexuation, anomalies chromosomiques),
– la distinction entre sexe (biologique) et genre (social),
– l’idée que les rôles sexués sont en partie construits culturellement.

Le cadrage suggère que « la science hésite » et que nos certitudes sur la différence sexuelle méritent d’être réévaluées.

Ce qui est explicitement contesté :

– la simplicité de la binarité sexuelle,
– l’idée que la distinction homme/femme serait purement évidente et sans zone grise,
– une compréhension strictement biologique et stable de l’identité.

Ce que l’objection cherche à relativiser :

– la solidité ontologique de la différenciation sexuelle,
– l’idée que le corps sexué suffise à fonder l’identité,
– la conception d’une structure naturelle normative indépendante des constructions sociales.


Principaux arguments avancés

Argument 1
La biologie du sexe est plus complexe qu’un simple schéma binaire ; il existe des variations du développement sexuel et des situations intersexuées.

Argument 2
Le genre renvoie à des rôles, attentes et représentations sociales qui varient selon les cultures et les époques.

Argument 3
La distinction entre sexe biologique et genre social montre que certaines certitudes traditionnelles reposent sur des simplifications.

(Présentés ici sans réponse ni jugement.)


Auteur et autorité

Formation et domaine de compétence
Évelyne Heyer est biologiste, professeure en anthropologie génétique au Muséum national d’Histoire naturelle.
Elle est spécialiste de génétique des populations et d’évolution humaine.

Champ d’expertise réel
– génétique humaine
– évolution des populations
– interaction entre biologie et culture

Limites éventuelles par rapport au sujet traité
– Elle n’est pas philosophe de l’anthropologie.
– Elle n’est pas spécialiste des gender studies ou de la théorie queer.
– Les questions ontologiques (nature de l’identité, statut du réel, signification du corps) relèvent de la philosophie, non de la génétique.

Cela ne remet pas en cause sa compétence scientifique, mais clarifie les niveaux d’autorité.


Sources mobilisées

Sources primaires évoquées dans l’émission
– données biologiques sur les variations du développement sexuel
– travaux en génétique et endocrinologie
– statistiques médicales sur l’intersexuation

Sources secondaires implicites ou mobilisées dans le cadre médiatique
– distinction conceptuelle sexe/genre issue des sciences sociales
– références générales aux débats contemporains sur le genre

Nature des sources
– scientifiques (biologie, génétique, médecine)
– sociologiques (construction des rôles)
– journalistiques (cadrage médiatique)

Aucune référence explicite à des textes fondateurs de la théorie queer n’est mentionnée dans le cadre scientifique de l’émission, mais le contexte culturel dans lequel elle s’inscrit est celui des débats contemporains sur le genre.


Éléments de réponse

Analyse des présupposés

Présupposés philosophiques, méthodologiques ou théologiques

Dans l’émission « Sexe et genre, quand la science questionne nos certitudes » (France Culture, Le Fil sciences, 10/1 025), le cadrage annonce d’emblée que « la science hésite » sur la différence femme/homme et que la société assigne des rôles.

Ce cadrage suppose généralement (même sans le dire) :

  • Une épistémologie où la « complexité » biologique tend à relativiser les catégories naturelles
  • Une distinction sexe/genre utilisée non seulement comme outil descriptif, mais comme levier critique sur l’évidence des catégories homme/femme
  • Un passage facile du descriptif (variations biologiques) au normatif (ce que la société « doit » reconnaître)

Cadre idéologique identifiable

  • Naturalisme méthodologique (la science comme arbitre principal du discours public)
  • Constructivisme sociologique modéré (rôles sociaux comme déterminants majeurs) avec risque de dérive vers un constructivisme fort (les catégories elles-mêmes comme constructions)
  • Soupçon envers l’« évidence » du sens commun (démarche de déconstruction)

Intention générale de l’auteur (telle que suggérée par le cadrage)

  • Informer, vulgariser
  • Mais aussi « déplacer » les certitudes (le chapeau de l’émission est programmatique : « détrompez-vous »).

Liste explicite des présupposés

Présupposé n°1
La complexité biologique (variations, atypies) affaiblit la robustesse des catégories homme/femme dans le discours public.

Présupposé n°2
La distinction sexe/genre est “si importante” qu’elle doit reconfigurer la manière dont on pense l’identité et les normes sociales.

Présupposé n°3
Le fait que “la société assigne un rôle” indique que les catégories sexuées sont largement produites socialement (au moins dans leur signification).

Contestation critique des présupposés

En quoi sont-ils discutables ou non démontrés

  • La complexité biologique ne prouve pas l’instabilité ontologique des catégories : elle prouve l’existence de variations autour d’une structure.
  • Dire « la science hésite » est souvent un effet rhétorique : la biologie n’ « hésite » pas sur l’existence du dimorphisme sexuel humain, elle documente des cas limites et des différences de critères (chromosomes, gonades, phénotype).

Où relèvent-ils d’options philosophiques plutôt que de faits

  • Passer de « variations » à « catégories socialement construites » est un saut philosophique (thèse sur la nature du réel), pas une conclusion imposée par les données.
  • Faire de la catégorie « genre » un principe explicatif premier est une option d’interprétation : on peut aussi lire les rôles comme des expressions culturelles d’une nature sexuée, parfois justes, parfois déformées.

Quelles alternatives interprétatives existent

  • Réalisme classique : distinguer les niveaux (biologique / social) sans dissocier l’identité du corps ni dissoudre la structure.
  • Approche prudente : reconnaître des situations médicales difficiles (DSD/intersexuation) sans les transformer en argument contre la binarité sexuelle générale.

Impact sur le raisonnement

Comment ces présupposés orientent la lecture des données

  • Les cas atypiques deviennent « preuve » que la catégorie serait incertaine, au lieu d’être compris comme exceptions au sein d’un ordre.
  • Le social devient la grille explicative dominante : ce qui était d’abord descriptif se charge d’une portée normative (ce que la société doit considérer comme « réel »).

Où ils produisent des raccourcis logiques

  • Complexité ≠ indétermination
  • Exception ≠ abolition de la structure
  • Description scientifique ≠ prescription anthropologique

En quoi ils conditionnent la conclusion

Si l’on pose dès le départ que l’évidence « homme/femme » doit être « déconstruite », alors toute donnée complexe sera lue comme allant dans ce sens, même si elle ne l’implique pas.

Réponses argumentées aux objections

1. Réponse point par point (faits, interprétations, conclusions)

La clarté intellectuelle exige une discipline simple mais décisive : ne pas confondre les niveaux.
Un fait n’est pas une interprétation.
Une interprétation n’est pas une conclusion ontologique.

C’est précisément cette confusion des niveaux qui alimente le glissement contemporain.

Variations du développement sexuel

Fait

Il existe des variations du développement sexuel (DSD), des situations d’ambiguïté anatomique, des discordances entre chromosomes, gonades et phénotype. La biologie humaine ne se réduit pas à un schéma simplifié enseigné à l’école primaire.

Ce fait est reconnu par la médecine et ne pose aucun problème à une anthropologie sérieuse.

Interprétation légitime

La biologie du sexe mobilise plusieurs critères : génétiques, endocriniens, morphologiques.
Dans certains cas rares, ces critères ne sont pas parfaitement alignés.

On peut donc affirmer :

– que le sexe biologique n’est pas défini par un seul marqueur isolé ;
– que des situations médicales complexes exigent prudence et discernement ;
– que la réalité empirique est plus riche que les simplifications pédagogiques.

Cette interprétation est scientifique et méthodologiquement saine.

Conclusion abusive

“Donc homme/femme n’est pas une structure réelle.”

Ce saut est logiquement invalide.

Pourquoi ?

Parce que l’existence d’exceptions ou de discordances internes n’abolit pas la structure générale d’un système.

Il existe des anomalies cardiaques.
Cela ne signifie pas que le cœur n’a pas une structure normale identifiable.

De même :

– L’existence de cas limites n’implique pas l’inexistence de la norme.
– Une variation n’implique pas l’indétermination ontologique.
– Une complexité n’implique pas l’absence de structure.

Le glissement consiste à transformer une donnée marginale en clé d’interprétation du tout.

C’est une généralisation abusive.

Variabilité historique des rôles

Fait

Les rôles masculins et féminins ont varié selon les cultures et les époques.

Ce qui était considéré comme “masculin” au XVIIe siècle ne l’est pas nécessairement aujourd’hui. Les codes vestimentaires, professionnels, familiaux évoluent.

Ce fait est incontestable.

Interprétation légitime

Une part des rôles sexués est conventionnelle.

Certaines attentes sociales relèvent :

– de coutumes ;
– de structures économiques ;
– de traditions culturelles ;
– de contextes historiques.

Il est parfaitement légitime, y compris d’un point de vue chrétien, de critiquer des stéréotypes injustes ou arbitraires.

La Bible elle-même ne sacralise pas les codes culturels.

Conclusion abusive

“Donc le sexe biologique n’a pas de signification structurante.”

Ici encore, le saut est illégitime.

Que les expressions culturelles varient ne signifie pas que la réalité biologique soit neutre ou insignifiante.

La variabilité des formes n’implique pas l’inexistence du fond.

Il existe des manières multiples d’exprimer la masculinité ou la féminité.
Cela ne signifie pas que la différence sexuée soit vide de contenu ontologique.

Confondre “expression variable” et “réalité inexistante” est une erreur de catégorie.

Assignation sociale et injustice

Fait

Les sociétés assignent parfois des rôles injustes.
Certaines cultures ont opprimé les femmes.
Des attentes sociales ont enfermé des individus dans des modèles rigides.

Ce constat moral est légitime.

Interprétation légitime

On peut et on doit critiquer :

– la domination injuste ;
– les stéréotypes oppressifs ;
– les inégalités arbitraires.

Une anthropologie chrétienne cohérente reconnaît que la chute a introduit des désordres relationnels (Genèse 3). L’injustice sociale n’est pas un mythe.

Conclusion abusive

Transformer toute différence sexuée en produit du pouvoir ou du discours.

C’est ici que la critique morale devient idéologie.

Si toute distinction est analysée exclusivement comme effet de domination, alors :

– la différence elle-même devient suspecte ;
– la structure créée est assimilée à l’oppression ;
– le réel est réduit à une construction politique.

Mais dénoncer l’abus n’implique pas nier la réalité.

Il y a une différence fondamentale entre :

– dire qu’une structure peut être mal utilisée ;
– dire que la structure elle-même est oppressive.

La première affirmation relève d’une critique morale.
La seconde relève d’une thèse ontologique.

Et ce sont deux choses différentes.

Le point décisif

Dans chacun des trois cas, le schéma est identique :

  1. Un fait empirique réel.
  2. Une interprétation prudente et méthodologiquement valide.
  3. Un saut ontologique ou normatif qui dépasse les données.

C’est ce troisième moment qu’il faut interroger.

Car la science n’impose pas ce saut.
Elle ne l’exige pas.
Elle ne le démontre pas.

Ce saut relève d’une option philosophique.

La vigilance apologétique consiste précisément à :

  • Reconnaître les faits sans les nier ;
  • Accepter les interprétations prudentes ;
  • Refuser les conclusions qui dépassent les données.

La rigueur intellectuelle n’est pas une crispation.
C’est un refus de confondre niveaux d’analyse.

Et c’est dans cette distinction que se joue la différence entre science, philosophie et idéologie.

2. Création, chute et garde-fous réalistes : une réponse théologique structurée

Le débat contemporain sur le sexe et le genre souffre souvent d’une confusion fondamentale : on traite comme équivalentes la structure de la création et les déformations historiques qui l’affectent.

Or la Bible tient ensemble deux affirmations qu’il ne faut jamais séparer.

D’une part, la différence sexuée appartient à l’ordre créé. « Dieu créa l’homme à son image… mâle et femelle il les créa » (Genèse 1.27). Jésus lui-même fonde son enseignement sur cette structure : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme ? » (Matthieu 19.4–6). La distinction homme/femme n’est pas une convention tardive : elle est enracinée dans l’acte créateur.

D’autre part, la Bible décrit un monde marqué par la chute. L’injustice, la domination, les stéréotypes oppressifs, les usages abusifs du pouvoir ne relèvent pas de la création mais du péché. Paul parle de ceux qui « ont changé la vérité de Dieu en mensonge » (Romains 1.25). Le désordre moral ne doit pas être confondu avec l’ordre ontologique.

C’est ici que se situe le point décisif.

Il est légitime de critiquer les stéréotypes culturels. Il est juste de dénoncer les injustices faites aux femmes ou aux hommes. Il est nécessaire d’accompagner avec prudence les situations biologiques complexes.

Mais on ne corrige pas les abus en niant la structure. On ne soigne pas le péché en dissolvant la création.

Jean Chrysostome, commentant Genèse 1, souligne simplement que Moïse « annonce plus clairement » que Dieu créa l’humanité « mâle et femelle » : il s’agit d’un fait de création, non d’une construction discursive. La tradition chrétienne a constamment tenu cette distinction : l’ordre créé demeure bon, même si les usages humains sont souvent désordonnés.

La Confession de foi de Westminster (1647), en affirmant qu’il ne peut y avoir de mariage qu’entre un seul homme et une seule femme (chap. 24.1), ne fait pas œuvre de biologie mais de théologie : elle stabilise une anthropologie fondée sur la création, distincte des pratiques sociales variables.

Henri Blocher, dans La Revue réformée (n° 295), apporte un éclairage précieux : il reconnaît que l’être humain possède une grande plasticité culturelle — il y a là une part de vérité — mais il rappelle qu’il subsiste des « constantes établies par le Créateur ». Autrement dit : la culture module, elle ne crée pas l’être.

Appliqué au discours médiatique contemporain, cela permet une réponse claire à l’argument « la science hésite ».

Oui, la biologie humaine connaît des situations complexes.
Oui, des critères multiples peuvent entrer en tension dans certains cas.
Mais non, cela ne signifie pas que la distinction homme/femme soit une fiction sociale.

La complexité ne supprime pas la structure.
L’exception ne détruit pas la règle.
La description scientifique n’abolit pas l’anthropologie créationnelle.

La théologie chrétienne n’est pas en guerre contre la science.
Elle rappelle simplement que la science décrit le réel, tandis que l’ontologie et l’éthique demandent un fondement plus profond.

C’est ce fondement — création, chute, rédemption — qui empêche de transformer une donnée descriptive en révolution anthropologique.


3. Du constat scientifique au constructivisme ontologique : analyse d’un glissement

Dans l’émission évoquée, un enchaînement rhétorique se met en place de manière subtile mais identifiable.

Première étape : un constat scientifique légitime.
La biologie du sexe mobilise plusieurs critères (chromosomes, gonades, hormones, phénotype). Il existe des situations où ces critères ne sont pas parfaitement alignés. La réalité humaine est plus complexe qu’un schéma simpliste.

Jusqu’ici, rien de problématique.

Deuxième étape : mise en tension des catégories traditionnelles.
Le discours suggère que si la biologie connaît des cas limites, alors la distinction homme/femme ne serait plus aussi stable qu’on le croyait. L’expression « la science hésite » produit un effet puissant : elle instille l’idée d’une indétermination fondamentale.

Or la science n’hésite pas sur l’existence du dimorphisme sexuel humain. Elle documente des cas atypiques à l’intérieur d’un système structuré.

Troisième étape : ouverture vers un cadre constructiviste.
La distinction sexe/genre est alors introduite comme clé d’interprétation. Le genre serait socialement construit ; la société “assigne” des rôles ; les catégories seraient historiquement variables.

À ce stade, on change de registre.

On passe du descriptif au normatif.

Car si l’on affirme que la distinction homme/femme n’est pas ontologiquement stable mais socialement produite, alors les normes qui s’y rattachent deviennent négociables. Ce n’est plus une description du réel ; c’est une proposition anthropologique.

C’est ici que le glissement se produit :

complexité biologique
→ relativisation des catégories
→ reconfiguration de l’identité
→ transformation des normes sociales

Le problème n’est pas la reconnaissance des cas atypiques.
Le problème est l’extension indue de ces cas à l’ensemble de la structure.

En logique, on appelle cela une généralisation abusive : tirer d’une situation marginale une conclusion sur la nature du tout.

En philosophie, on parlera d’un saut ontologique : transformer une observation empirique en thèse sur l’être.

En théologie, on parlera d’un risque d’inversion : substituer une construction humaine à l’ordre créé.

La vigilance intellectuelle consiste donc à maintenir les distinctions nécessaires :

– Variation biologique ne signifie pas absence de structure.
– Construction sociale des rôles ne signifie pas construction du sexe.
– Critique des stéréotypes ne signifie pas dissolution de l’anthropologie.

Une anthropologie réaliste peut intégrer les données scientifiques contemporaines sans céder au constructivisme fort.

Elle dira :

Oui, la réalité est complexe.
Oui, la culture influence.
Mais non, le corps sexué n’est pas une fiction.
Et non, la différence homme/femme n’est pas un pur effet de discours.

La question n’est pas de savoir si la science questionne certaines simplifications.
La question est de savoir si l’on respecte les limites de ce que la science peut réellement conclure.

C’est précisément là que se joue la frontière entre rigueur et idéologie.


4. Un débat ancien : réalisme et nominalisme

Le débat contemporain sur le sexe et le genre peut donner l’impression d’être inédit. En réalité, il s’inscrit dans une controverse beaucoup plus ancienne : celle du réalisme contre le nominalisme.

1. Le cœur du désaccord : les universaux

La question médiévale était la suivante :
Les catégories générales — “humanité”, “justice”, “nature”, “homme”, “femme” — correspondent-elles à une réalité objective, ou ne sont-elles que des noms que nous donnons à des phénomènes individuels ?

Le réalisme affirme que les universaux renvoient à quelque chose de réel.
Le nominalisme soutient que ce ne sont que des constructions linguistiques.

Appliqué au débat actuel :

– Le réalisme dira : la différence homme/femme correspond à une structure ontologique réelle.
– Le nominalisme dira : “homme” et “femme” sont des catégories construites pour classer des réalités multiples.

On voit immédiatement l’enjeu.

Si les catégories ne sont que des noms, elles peuvent être redéfinies à volonté.
Si elles renvoient à une structure réelle, elles résistent à nos reconstructions.

2. La tradition chrétienne et le réalisme

La tradition chrétienne classique — patristique, médiévale et réformée — s’inscrit fondamentalement du côté du réalisme.

Pourquoi ?

Parce que la foi biblique repose sur plusieurs affirmations incompatibles avec un nominalisme radical :

  1. La création possède un ordre réel, voulu par Dieu.
    Genèse 1 ne décrit pas une projection humaine, mais un acte divin structurant le réel.
  2. Les catégories ne sont pas arbitraires.
    Lorsque l’Écriture parle d’“homme”, de “femme”, de “mariage”, elle ne parle pas de simples conventions culturelles, mais de réalités créées.
  3. La vérité correspond au réel.
    La pensée chrétienne classique affirme l’adéquation entre l’intellect et la chose (adaequatio rei et intellectus). Si le réel n’a pas de structure stable, la vérité devient purement relative.
  4. L’Incarnation elle-même suppose un réalisme.
    Le Fils de Dieu assume une nature humaine réelle, non une catégorie linguistique flottante.
3. La Réforme et le réalisme

La foi réformée confessante ne rompt pas avec ce réalisme ; elle l’approfondit dans une théologie de la création et de l’alliance.

Les confessions réformées présupposent :

– un ordre créationnel objectif,
– une loi morale enracinée dans la nature créée,
– une distinction claire entre création et chute.

La Réforme n’est pas nominaliste au sens ontologique.
Elle peut être prudente sur certains universaux philosophiques abstraits, mais elle maintient fermement que la création possède une structure réelle et intelligible.

C’est pourquoi la tradition réformée peut reconnaître :

– la diversité culturelle,
– la complexité des situations humaines,
– l’existence de désordres et de souffrances,

sans pour autant dissoudre les catégories fondamentales de l’anthropologie.

4. Pourquoi cela éclaire le débat sur le genre

Lorsque le débat contemporain affirme que les catégories homme/femme seraient principalement des constructions discursives, il adopte, consciemment ou non, une posture proche du nominalisme.

Lorsque l’on affirme que ces catégories correspondent à une réalité créée, structurée et intelligible, on adopte une posture réaliste.

Le désaccord n’est donc pas seulement scientifique ou sociologique.
Il est métaphysique.

Il porte sur la nature du réel.

5. Pourquoi le réalisme protège la dignité humaine

Le réalisme n’est pas une rigidité abstraite.

Il protège plusieurs biens essentiels :

– La stabilité de la vérité.
– La possibilité d’un langage commun.
– La cohérence morale.
– L’enracinement du corps dans l’identité personnelle.

Si les catégories deviennent entièrement malléables, la norme devient pouvoir.
Si le réel possède une structure, la liberté humaine s’exerce à l’intérieur d’un monde intelligible.

La tradition chrétienne, et en particulier la foi réformée confessante, se tient du côté du réalisme non par conservatisme culturel, mais parce qu’elle confesse un Dieu créateur dont l’œuvre n’est pas illusion.

Le monde n’est pas un texte que nous écrivons.
Il est une création que nous recevons.

Et c’est précisément cette réception qui fonde à la fois la vérité et la responsabilité.


Conclusion : rigueur, création et responsabilité intellectuelle

Le débat contemporain sur le sexe et le genre ne se joue pas d’abord au niveau des microscopes ou des laboratoires. Il se joue au niveau des interprétations.

La science décrit.
La philosophie interprète.
L’idéologie prescrit.

Dans l’émission analysée, des données biologiques réelles sont évoquées : complexité des critères sexuels, situations intersexuées, interaction entre culture et biologie. Ces éléments ne doivent ni être niés ni minimisés.

Mais une question demeure : que signifient-ils ?

Si l’on respecte les limites de la méthode scientifique, ces données montrent une réalité structurée mais nuancée. Elles n’imposent pas la conclusion selon laquelle la distinction homme/femme serait une construction arbitraire. Elles n’exigent pas une refondation ontologique de l’identité.

C’est ici que la théologie chrétienne apporte une clarté salutaire.

Elle rappelle que :

– La différence sexuée appartient à l’ordre créé.
– Les injustices et stéréotypes appartiennent à l’ordre du péché.
– Corriger le second ne suppose pas d’abolir le premier.

Confondre création et chute conduit à une erreur majeure : on traite comme oppressif ce qui relève de la structure même du réel.

La foi chrétienne n’a jamais craint la complexité du monde. Elle sait que la nature humaine est marquée par des tensions, des blessures et des situations limites. Mais elle affirme aussi que le réel n’est pas malléable à volonté.

« Mâle et femelle il les créa » n’est pas un slogan culturel.
C’est une affirmation ontologique.

La véritable question n’est donc pas : la science montre-t-elle de la complexité ?
La question est : avons-nous le droit de transformer cette complexité en indétermination ?

Refuser le constructivisme ontologique ne revient pas à nier les personnes.
Cela revient à protéger le réel contre sa dissolution.

Et protéger le réel, c’est protéger la possibilité même du dialogue, de la justice et de la vérité.

Car si le réel devient construction, alors il n’y a plus rien qui résiste à nos interprétations.

Or le réel résiste.
Et cette résistance est une grâce.


Annexe 1 – 1 % de la population serait intersexuée ?

On entend souvent : « 1 % de la population serait intersexuée, donc le sexe n’est pas binaire. »

Attention au raccourci.

Le chiffre de 1 % (ou 1,7 %) vient d’une définition très large qui inclut toutes sortes de variations chromosomiques ou hormonales, même chez des personnes clairement identifiées homme ou femme à la naissance.

Si l’on parle strictement d’ambiguïté anatomique réelle à la naissance, les estimations médicales sont beaucoup plus basses (de l’ordre de 0,02 à 0,05 %).

Surtout : l’existence de variations biologiques ne supprime pas la structure générale.

Il existe des anomalies cardiaques, cela ne signifie pas que le cœur n’a pas une structure normale.

De même, les situations intersexuées sont des variations du système sexuel humain, pas l’existence d’un “troisième sexe” reproductif.

La science décrit une réalité complexe.

Elle ne dit pas que le sexe serait une pure construction sociale.

Complexité ≠ indétermination.

Exception ≠ abolition de la règle.


Annexe 2 – Principaux théoriciens de l’idéologie du genre

Le débat actuel ne surgit pas dans le vide. Il s’inscrit dans un courant intellectuel identifiable, souvent désigné sous le nom de « gender studies » ou « théorie queer ». Ces courants ne sont pas homogènes, mais plusieurs figures structurantes ont profondément influencé le paysage académique et culturel.

Il est important de les rappeler, car l’article répond indirectement – et parfois directement – à leurs cadres conceptuels.

  1. Michel Foucault (1926–1984)

Philosophe français, figure majeure du post-structuralisme.

Ouvrage clé : Histoire de la sexualité (1976–1984).

Thèse centrale :

– Les catégories sexuelles ne sont pas simplement naturelles ; elles sont produites par des dispositifs de savoir et de pouvoir.
– La sexualité est une construction historique liée à des mécanismes disciplinaires.

Apport au débat :

Foucault ne nie pas la biologie, mais il déplace la question vers l’analyse des discours et des structures de pouvoir qui produisent les catégories.

Point critique :

Le risque est de réduire les distinctions sexuelles à des effets de pouvoir, au détriment d’une ontologie stable.

  1. Judith Butler (née en 1956)

Philosophe américaine, figure centrale de la théorie queer.

Ouvrage clé : Gender Trouble (1990).

Thèse centrale :

– Le genre est performatif.
– Les catégories homme/femme sont produites par des normes sociales répétées.
– L’identité sexuelle n’est pas donnée mais constituée par des actes discursifs.

Butler va plus loin que la simple distinction sexe/genre. Elle remet en question la stabilité même de la catégorie « sexe ».

Point critique :

Le passage du descriptif (rôles sociaux) à l’ontologique (construction des catégories) constitue un saut philosophique majeur.

  1. Gayle Rubin (née en 1949)

Anthropologue américaine.

Texte fondateur : “The Traffic in Women” (1975).

Thèse centrale :

– Il faut distinguer système sexe/genre et sexualité.
– Le genre est une organisation sociale de la différence biologique.

Rubin conserve l’idée d’une base biologique mais insiste sur la structuration sociale.

  1. Monique Wittig (1935–2003)

Écrivaine et théoricienne féministe française.

Thèse centrale :

– Les catégories homme/femme sont des constructions politiques.
– Le sexe lui-même est un produit du régime hétérosexuel.

Elle radicalise la critique en contestant la naturalité du sexe.

  1. Paul B. Preciado (né en 1970)

Philosophe contemporain.

Ouvrage : Testo Junkie.

Thèse centrale :

– Le corps est un site technopolitique.
– Les identités de genre peuvent être reconfigurées par des technologies hormonales et discursives.

Ici, la dimension biopolitique devient centrale.

Ce qui les unit

Malgré leurs différences, ces auteurs partagent plusieurs points communs :

– Une méfiance envers l’évidence naturaliste.
– Une analyse des catégories sexuelles comme historiquement construites.
– Une attention aux rapports de pouvoir dans la production des normes.
– Une tendance à dissocier identité et corporéité.

Ce cadre théorique constitue l’arrière-plan intellectuel dans lequel s’inscrivent de nombreux débats médiatiques contemporains.

Ce à quoi l’article répond

L’article ne répond pas à une caricature.

Il répond à un ensemble de thèses bien identifiées :

– La distinction sexe/genre comme outil critique.
– La performativité du genre.
– La relativisation des catégories naturelles.
– La substitution du discours au réel.

Le point décisif n’est pas la reconnaissance des influences sociales.
Le point décisif est la question ontologique :

Les catégories homme/femme correspondent-elles à une structure créée ou sont-elles principalement produites par des discours et des systèmes sociaux ?

Clarification importante

Il serait faux de dire que toute personne utilisant le terme « genre » adhère à ces théories dans leur version forte.

Mais il serait tout aussi faux de prétendre que ces cadres théoriques n’exercent aucune influence sur le débat public.

La vigilance intellectuelle consiste à :

– identifier les présupposés,
– distinguer les niveaux d’analyse,
– refuser les glissements implicites.

Conclusion de l’annexe

Le débat sur le sexe et le genre ne se limite pas à une discussion biologique.

Il s’inscrit dans une tradition philosophique identifiable.

Comprendre les auteurs structurants permet d’éviter deux erreurs :

– l’épouvantail caricatural ;
– l’innocence naïve face aux cadres théoriques en jeu.

L’apologétique chrétienne n’a pas pour vocation d’attaquer des personnes,
mais d’examiner des idées.

Et les idées ont une généalogie.


Notice bibliographique

Ouvrages favorables (au cadrage “genre” fort ou à la déconstruction)

Judith Butler (repère majeur, cadrage philosophique)
Qui a peur du genre ? (ouvrage où Butler répond aux critiques et défend le concept de genre contre l’“épouvantail” antigenre).

Corpus “queer theory” (repère d’ensemble)
Présentation synthétique du champ “théorie queer” (concepts, orientation générale, auteurs structurants). https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_queer

Approches en sciences sociales (repères théoriques sur le concept de genre)
Irène Théry, “Le genre : identité des personnes ou modalité des relations sociales ?” (discussion conceptuelle sur les usages du terme “genre” en sciences sociales). https://journals.openedition.org/rfp/1923

Ouvrages critiques sérieux (sur les usages idéologiques de la science du sexe/genre)

Réformés francophones (La Revue réforméé)

  • Henri Blocher, « La théorie du genre. Pour une évaluation théologique » (numéro 295, 2020/3, PDF). Https ://larevuereformee.net/wp-content/uploads/2023/02/lrr295.pdf
  • François de Muizon (éditorial / cadrage anthropologique du débat, PDF du numéro 278). Https ://larevuereformee.net/wp-content/uploads/2018/05/LRR-278.pdf
  • Article en ligne (Revue réformée) : « Amour et altérité à l’heure des discours sur le genre » (critique de la dissociation de la personne en « sexes » multiples). Https ://larevuereformee.net/articlerr/n278/amour-et-alterite-a-lheure-des-discours-sur-le-genre
  • Sommaire du n°295 (repérage du dossier « genre » et auteurs). Https ://larevuereformee.net/articlerr/n295

Littérature réformée américaine / évangélique réformée (critique de l’arrière-plan philosophique : “expressive individualism”, modern self, etc.)

Carl R. Trueman, The Rise and Triumph of the Modern Self (ouvrage pivot côté réformé anglophone sur l’arrière-plan philosophique des révolutions sexuelles et identitaires). Repères critiques et résumés :https ://www.modernreformation.org/resources/book-reviews/-the-rise-and-triumph-of-the-modern-self-by-carl-r-truemanhttps ://www.thegospelcoalition.org/themelios/review/the-rise-and-triumph-of-the-modern-self-cultural-amnesia-expressive-individualism-and-the-road-to-sexual-revolution/

Nota : Trueman est souvent utile pour l’objectif « descriptif → normatif », car il montre comment des thèses anthropologiques implicites (sur le « moi ») précèdent les conclusions culturelles sur sexe/genre.

Catholiques en France (critiques anthropologiques et culturelles, souvent via “anthropologie classique” / “loi naturelle”)

Revue La Nef (dossier/numéro abordant « théorie du genre » et « wokisme » comme étapes d’une déconstruction anthropologique). PDF : https ://lanef.net/wp-content/uploads/2023/02/LaNef-356-Mars-2023.pdf

Pour situer sociologiquement les critiques catholiques “antigenre” (sources académiques, utiles pour ne pas caricaturer)

Chapitre OpenEdition : « La lutte contre la ‘théorie du genre’ en France… » (mise en perspective des acteurs, rhétoriques et stratégies). Https ://books.openedition.org/pul/27880 ?lang=enArticle de sociologie des mobilisations catholiques (PDF) : https ://amiens-sociologie.fr/wp-content/uploads/2020/12/Manifs-de-cathos.pdf

Critiques épistémologiques du « descriptif → normatif » (repères utiles, même non confessionnels)

Études de communication : analyse de la façon dont certains cadres sémiotiques comprennent « dIfférence des sexes » comme « effets de discours » (utile pour identifier le saut philosophique). Https ://shs.cairn.info/revue-etudes-de-communication-2017-1-page-111Cahier de débat (Persee) : « Malaises dans le genre » (montre qu’il n’existe pas une « théorie » unique mais des recherches multiples, utile pour objectiver le terrain). Https ://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_2015_num_46_4_4303

Articles de référence

Objet analysé
France Culture, “Sexe et genre, quand la science questionne nos certitudes” (notice et description). https://library.em-lyon.com/Default/doc/RADIOFRANCE/8b0af778-b8a9-4601-86f2-eb9b4d351edc_5/sexe-et-genre-quand-la-science-questionne-nos-certitudes

Priscille Touraille (interaction social/biologique mobilisée dans ce type de débat)
Ouvrage de Touraille (sur dimorphisme sexuel, contraintes sociales et effets biologiques à long terme) : https://www.editions-msh.fr/livre/hommes-grands-femmes-petites-une-evolution-couteuse/

Complément utile (protestant francophone hors Revue réformée)

Réforme, « Au-delà de l’identité sexuelle, la question du genre » (article d’opinion qui illustre un cadrage protestant francophone plus conciliant, bon pour présenter le spectre des positions). Https ://www.reforme.net/opinions/opinion-au-dela-de-lidentite-sexuelle-la-question-du-genre/


Outils pédagogiques

Sexe, genre et réalisme : discerner sans caricaturer

I. Questions ouvertes (discussion en groupe)

Quelle est la différence entre un fait scientifique, une interprétation et une conclusion philosophique ?

Pourquoi l’existence d’exceptions ne supprime-t-elle pas nécessairement une structure générale ?

En quoi la distinction sexe/genre peut-elle être utile ? Où peut-elle devenir problématique ?

Quelle est la différence entre critiquer un abus social et nier une structure ontologique ?

Pourquoi le débat actuel peut-il être lu comme une reprise du conflit réalisme / nominalisme ?

Comment articuler compassion pastorale et clarté anthropologique ?

En quoi la doctrine de la création protège-t-elle la dignité humaine ?

Que signifie concrètement : “La science décrit, la philosophie interprète” ?

II. QCM de vérification des acquis

  1. L’existence de variations du développement sexuel signifie :
    A. Que le sexe n’existe pas
    B. Que la biologie est complexe
    C. Que les catégories homme/femme sont purement sociales
    D. Que toute norme doit être abandonnée

✔ Bonne réponse : B

  1. Affirmer que les rôles sociaux varient historiquement implique :
    A. Que la différence sexuée est fictive
    B. Que toute différence est oppressive
    C. Qu’une part des rôles est conventionnelle
    D. Que la biologie est sans importance

✔ Bonne réponse : C

  1. Le réalisme affirme que :
    A. Les catégories sont purement linguistiques
    B. Le réel possède une structure indépendante de nos discours
    C. Tout est construit socialement
    D. La culture ne joue aucun rôle

✔ Bonne réponse : B

  1. Le nominalisme radical tend à affirmer que :
    A. Les universaux correspondent à des réalités objectives
    B. Les catégories sont essentiellement des noms
    C. Le corps possède une signification intrinsèque
    D. La nature humaine est stable

✔ Bonne réponse : B

III. Schéma synthétique (à reproduire au tableau)

Fait

Interprétation légitime

Conclusion possible

⚠ Danger :
Fait → Conclusion ontologique directe (saut illégitime)

Exemple :

Variations biologiques

Indétermination sexuelle

Abolition des catégories

IV. Atelier d’analyse critique

Diviser le groupe en trois équipes :

Équipe 1 :
Analysez un extrait médiatique et identifiez les faits.

Équipe 2 :
Repérez les interprétations philosophiques implicites.

Équipe 3 :
Identifiez les conclusions normatives éventuelles.

Puis comparez les résultats.

V. Repères théologiques à mémoriser

Création : structure réelle et bonne.

Chute : désordre moral et relationnel.

Rédemption : restauration, non dissolution de la création.

Distinction : abus ≠ structure.

Vérité : adéquation au réel.

VI. Exercice de discernement

Reformuler cette phrase en distinguant les niveaux :

“La science hésite sur la différence homme/femme.”

→ Que dit réellement la science ?
→ Quelle est l’interprétation philosophique ?
→ Quelle conclusion normative pourrait en être tirée ?
→ Est-elle justifiée ?

VII. Application personnelle

Suis-je tenté de nier les faits biologiques par réaction culturelle ?

Suis-je tenté de nier les injustices sociales par réaction conservatrice ?

Comment tenir ensemble vérité et charité ?

VIII. Objectif pédagogique

À l’issue du travail, chacun doit être capable de :

– distinguer description et idéologie,
– expliquer le débat réalisme / nominalisme,
– formuler une réponse chrétienne sans caricature,
– dialoguer sans confusion des niveaux..

Phrase à mémoriser
La foi chrétienne ne craint pas les objections, car elle ne repose pas sur l’ignorance, mais sur la vérité reçue et comprise.


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