Moïse portant la Loi

Position sur l’euthanasie

La ques­tion de l’euthanasie engage la concep­tion même de la vie humaine, de la digni­té, de la souf­france et de la mort. Elle ne relève pas seule­ment d’un choix indi­vi­duel ou médi­cal, mais d’une vision glo­bale de l’homme et de la jus­tice. Foe­dus adopte une posi­tion claire, confes­sante et res­pon­sable : l’euthanasie et le sui­cide assis­té consti­tuent une atteinte grave à la digni­té de la vie humaine et ne peuvent être mora­le­ment jus­ti­fiés.

La vie humaine : une digni­té inalié­nable

Foe­dus confesse que la digni­té humaine ne dépend ni de la san­té, ni de l’autonomie, ni de la qua­li­té de vie per­çue.
Elle est fon­dée sur l’imago Dei.
La per­sonne humaine conserve sa digni­té pleine et entière dans la mala­die, la dépen­dance, la souf­france et la proxi­mi­té de la mort.

Toute socié­té qui condi­tionne la digni­té à l’autonomie intro­duit une hié­rar­chie des vies humaines.

La mort : un enne­mi, non une solu­tion

La mort n’est pas un bien à admi­nis­trer, mais un enne­mi vain­cu en Christ.
La foi chré­tienne recon­naît la réa­li­té tra­gique de la souf­france, mais refuse d’en faire un cri­tère de sup­pres­sion de la per­sonne.

Trans­for­mer la mort en réponse thé­ra­peu­tique revient à nier la valeur de la vie pré­ci­sé­ment lorsqu’elle est la plus vul­né­rable.

Eutha­na­sie et inten­tion morale

Foe­dus dis­tingue clai­re­ment :
– sou­la­ger la dou­leur,
– et pro­vo­quer inten­tion­nel­le­ment la mort.

L’euthanasie consiste à poser un acte (ou une omis­sion volon­taire) ayant pour but direct de pro­vo­quer la mort.
À ce titre, elle consti­tue un homi­cide inten­tion­nel, même lorsqu’elle est moti­vée par la com­pas­sion ou le désir de sou­la­ger.

La bonne inten­tion ne jus­ti­fie pas un acte intrin­sè­que­ment injuste.

Soins pal­lia­tifs et accom­pa­gne­ment

Foe­dus affirme la légi­ti­mi­té morale des soins pal­lia­tifs, y com­pris lorsqu’ils peuvent avoir pour effet secon­daire non recher­ché d’abréger la vie.
Sou­la­ger la souf­france, accom­pa­gner la per­sonne, res­pec­ter le pro­ces­sus natu­rel de la mort relèvent d’une éthique du soin, non d’une logique d’élimination.

Refu­ser l’acharnement thé­ra­peu­tique n’équivaut pas à pro­vo­quer la mort.

Auto­no­mie et illu­sion du choix

L’euthanasie est sou­vent pré­sen­tée comme l’expression ultime de la liber­té indi­vi­duelle.
Foe­dus rejette cette concep­tion réduc­trice de l’autonomie.
Le « choix » de mou­rir s’exerce tou­jours dans un contexte de vul­né­ra­bi­li­té, de pres­sion sociale, de soli­tude ou de peur de deve­nir un poids.

Une socié­té qui pro­pose la mort comme option fra­gi­lise les plus faibles et trans­forme sub­ti­le­ment un droit sup­po­sé en devoir impli­cite.

Glis­se­ment éthique inévi­table

L’histoire récente montre que la léga­li­sa­tion de l’euthanasie entraîne des glis­se­ments pré­vi­sibles :
– exten­sion des cri­tères (mala­die, souf­france psy­chique, fatigue de vivre),
– affai­blis­se­ment du consen­te­ment réel,
– pres­sion sur les per­sonnes âgées, han­di­ca­pées ou iso­lées,
– bana­li­sa­tion de la mort admi­nis­trée.

Ce qui est pré­sen­té comme une excep­tion com­pas­sion­nelle devient une norme sociale.

Res­pon­sa­bi­li­té de l’État

Foe­dus affirme que l’État a pour voca­tion pre­mière de pro­té­ger la vie humaine, en par­ti­cu­lier celle des plus vul­né­rables.
La léga­li­sa­tion de l’euthanasie consti­tue une inver­sion de la fonc­tion réga­lienne : l’État cesse de pro­té­ger pour auto­ri­ser la sup­pres­sion.

Dans la ligne théo­no­miste modé­rée, Foe­dus consi­dère que la loi civile doit être éclai­rée par la loi morale, sans neu­tra­li­té morale illu­soire.

Dimen­sion pas­to­rale et espé­rance chré­tienne

Foe­dus recon­naît la pro­fon­deur des angoisses liées à la fin de vie : peur de la dou­leur, de la déchéance, de la soli­tude.
Ces angoisses appellent pré­sence, écoute, accom­pa­gne­ment et espé­rance.

L’Évangile n’offre pas une échap­pa­toire par la mort, mais une espé­rance au cœur de la mort : la résur­rec­tion et la fidé­li­té de Dieu jusqu’au bout.

Posi­tion de Foe­dus

Foe­dus affirme que :
– la vie humaine demeure digne jusqu’à sa fin natu­relle,
– l’euthanasie et le sui­cide assis­té sont mora­le­ment injus­ti­fiables,
– les soins pal­lia­tifs doivent être déve­lop­pés et sou­te­nus,
– la loi civile devrait pro­té­ger la vie humaine et non orga­ni­ser sa sup­pres­sion.

Nous appe­lons à une culture de l’accompagnement, de la soli­da­ri­té et de la fidé­li­té, plu­tôt qu’à une culture de l’élimination.

Fina­li­té

Cette posi­tion vise à défendre les plus vul­né­rables, à pré­ser­ver la confiance dans le soin et à rap­pe­ler que la digni­té humaine ne s’éteint pas avec la fra­gi­li­té. Elle affirme que la véri­table com­pas­sion ne consiste pas à faire mou­rir, mais à res­ter pré­sent jusqu’au bout, dans la véri­té et l’espérance.


En com­plé­ment :
– une FAQ « fin de vie, soins et eutha­na­sie »,
– une table com­pa­ra­tive : soins pal­lia­tifs / eutha­na­sie,
– ou une fiche pas­to­rale d’accompagnement en fin de vie, très pré­cieuse pour les Églises et les familles.