Prière sacerdotale du Christ

Dimanche après l’Ascension – Année A : « Père, garde-les en ton nom » (Jean 17.1–11)

Pour lire l’i­mage
La lumière qui des­cend sur le Christ contraste avec l’obscurité entou­rant les dis­ciples. Cette com­po­si­tion rap­pelle que l’Église demeure encore dans le monde de l’épreuve, mais sous l’intercession et la garde du Sei­gneur glo­ri­fié. Le clair-obs­cur sou­ligne à la fois la gra­vi­té de l’heure et l’espérance de la gloire à venir.


Le dimanche après l’Ascension occupe une place sin­gu­lière dans l’année litur­gique. Le Christ est mon­té auprès du Père, mais l’Église attend encore la Pen­te­côte et le don visible de l’Esprit-Saint. Ce temps inter­mé­diaire est mar­qué par la prière, l’espérance et la per­sé­vé­rance. Les dis­ciples ne sont plus sim­ple­ment des témoins du Res­sus­ci­té : ils deviennent l’Église assem­blée dans l’attente de l’accomplissement de la pro­messe.

Dans Actes 1.12–14, les apôtres reviennent du mont des Oli­viers après l’Ascension et demeurent unis dans la prière avec les femmes, Marie la mère de Jésus, et les frères du Sei­gneur. Cette scène mani­feste déjà l’Église nais­sante ras­sem­blée autour de la pro­messe divine. En 1 Pierre 4.13–16, les croyants sont exhor­tés à ne pas avoir honte de souf­frir pour le nom du Christ. La com­mu­nion avec le Sei­gneur glo­ri­fié passe aus­si par la par­ti­ci­pa­tion à ses souf­frances. Enfin, dans Jean 17.1–11, l’Évangile nous fait entendre la prière sacer­do­tale du Christ. Avant sa pas­sion, le Fils remet les siens au Père et prie pour leur fidé­li­té, leur uni­té et leur sanc­ti­fi­ca­tion.

La cou­leur litur­gique de ce dimanche est le blanc, signe de la gloire du Christ res­sus­ci­té et mon­té au ciel. Toute cette litur­gie est tour­née vers la sei­gneu­rie du Christ exal­té à la droite du Père et vers l’attente de l’Esprit pro­mis. Le thème cen­tral est celui de la garde divine : le Christ quitte visi­ble­ment ses dis­ciples, mais il ne les aban­donne pas. Il les confie au Père et conti­nue d’intercéder pour eux.

La théo­lo­gie de l’alliance tra­verse pro­fon­dé­ment ces textes. Ceux que le Père a don­nés au Fils appar­tiennent au peuple de l’alliance nou­velle. L’Église vit désor­mais entre Ascen­sion et Pen­te­côte, entre pro­messe et accom­plis­se­ment final. Elle demeure dans le monde sans appar­te­nir au monde, gar­dée par la Parole et appe­lée à per­sé­vé­rer dans la com­mu­nion des saints jusqu’au retour du Sei­gneur.


Cette page ras­semble les textes bibliques du jour, une médi­ta­tion, une pré­di­ca­tion et des élé­ments litur­giques pour le culte. Elle a pour objec­tif d’aider à la pré­pa­ra­tion et à la célé­bra­tion du culte, mais aus­si à la lec­ture per­son­nelle et com­mu­nau­taire de l’Écriture. L’ensemble du conte­nu est libre de droit et peut être uti­li­sé, adap­té et dif­fu­sé dans un cadre ecclé­sial, pas­to­ral ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

L’architecture de cette page per­met trois niveaux de lec­ture :

  • Lec­teur pres­sé → médi­ta­tion + pré­di­ca­tion → nour­ri
  • Lec­teur enga­gé → ajoute l’exégèse → enra­ci­né
  • Lec­teur for­mé / res­pon­sable → va jusqu’à l’apologétique → équi­pé


Courte méditation

La médi­ta­tion pro­po­sée sur le blog foedus.fr est volon­tai­re­ment courte. Elle s’appuie sur le texte de l’Évangile du jour (sauf indi­ca­tion contraire) et cherche à en faire res­sor­tir une parole cen­trale, acces­sible et direc­te­ment appli­cable à la vie quo­ti­dienne. Elle est accom­pa­gnée d’une prière simple, en écho au mes­sage biblique.

Cette médi­ta­tion peut être reprise telle quelle ou adap­tée libre­ment. Elle se prête par­ti­cu­liè­re­ment bien à un usage per­son­nel, pas­to­ral ou à un par­tage sur les réseaux sociaux (Face­book, X, etc.), sous forme de copier-col­ler.

Ce texte est libre de droit. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.


Entre l’Ascension et la Pen­te­côte, l’Église apprend à attendre. Les dis­ciples sont réunis dans la chambre haute, per­sé­vé­rant dans la prière, tan­dis que le Christ glo­ri­fié inter­cède pour les siens auprès du Père. Rien ne semble encore chan­gé dans le monde, et pour­tant tout est déjà trans­for­mé : le Sei­gneur règne.

Cette attente n’est pas une pas­si­vi­té. Pierre rap­pelle que le chré­tien peut être appe­lé à souf­frir pour le nom du Christ. Mais cette souf­france n’est jamais aban­don­née au vide ou à l’absurde. Le Christ prie pour les siens : « Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés » (Jean 17.11). L’Église demeure dans le monde comme un peuple fra­gile, mais por­té par l’intercession du Fils.

Jean Cal­vin écri­vait : « Tant que Christ inter­cède pour nous, nous ne pou­vons périr. » Cette cer­ti­tude ne sup­prime pas l’épreuve, mais elle donne à l’épreuve une espé­rance.

Dans les temps d’incertitude, d’attente ou de fatigue spi­ri­tuelle, le croyant peut être ten­té de pen­ser que Dieu est silen­cieux. Pour­tant, le Christ glo­ri­fié conti­nue d’agir pour son peuple. Même lorsque l’Église attend encore la conso­la­tion visible, elle demeure déjà gar­dée dans la fidé­li­té de Dieu.

Prière :

Sei­gneur Jésus-Christ, toi qui règnes auprès du Père et inter­cèdes pour ton peuple, garde-nous dans la foi, dans l’unité et dans l’espérance. Apprends-nous à per­sé­vé­rer dans la prière et à attendre avec confiance l’accomplissement de tes pro­messes. Amen.

Vincent Bru, 14/05/2026


Prédication

Les pré­di­ca­tions pro­po­sées sur le blog suivent en prin­cipe une struc­ture simple et éprou­vée : une intro­duc­tion, trois points déve­lop­pés, puis une conclu­sion. Cette pro­gres­sion vise à aider l’écoute, la com­pré­hen­sion et l’appropriation du mes­sage biblique, sans alour­dir le pro­pos ni perdre de vue l’essentiel.

Cette struc­ture n’est ni obli­ga­toire ni rigide. Elle consti­tue un cadre au ser­vice de la Parole, non une contrainte for­melle. Vous pou­vez reprendre cette pré­di­ca­tion telle quelle, l’adapter à votre contexte, ou sim­ple­ment vous en ins­pi­rer pour éla­bo­rer votre propre pro­cla­ma­tion.

La pré­di­ca­tion est pro­po­sée selon deux modèles com­plé­men­taires :

Un cane­vas de pré­di­ca­tion, des­ti­né à ceux qui sou­haitent s’inspirer de la struc­ture en la per­son­na­li­sant lar­ge­ment ;

Une pré­di­ca­tion orale exé­gé­tique, d’environ vingt minutes, direc­te­ment pro­cla­mable, pour ceux qui sou­haitent la lire ou l’adapter légè­re­ment.

Ce texte est libre de droit et peut être uti­li­sé, repro­duit ou adap­té pour un usage pas­to­ral, litur­gique ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

A lire avant tout : Méthode homi­lé­tique et pré­di­ca­tion réfor­mée – Fiches pour pas­teurs et pré­di­ca­teurs laïques


Prédication – canevas

Titre : Gar­dés entre Ascen­sion et Pen­te­côte

Textes : Actes 1.12–14 ; 1 Pierre 4.13–16 ; Jean 17.1–11

Intro­duc­tion

Le dimanche après l’Ascension pos­sède une tona­li­té par­ti­cu­lière. Le Christ est mon­té au ciel. Les dis­ciples ne voient plus le Sei­gneur res­sus­ci­té comme aupa­ra­vant. La Pen­te­côte n’est pas encore venue. L’Église se trouve dans un entre-deux : le Christ règne déjà, mais l’accomplissement visible de son œuvre n’est pas encore mani­fes­té.

Cette situa­tion rejoint sou­vent notre propre expé­rience chré­tienne. Nous croyons au règne du Christ, mais nous demeu­rons dans un monde mar­qué par l’épreuve, l’attente, les oppo­si­tions et par­fois la fatigue spi­ri­tuelle. Les textes du jour répondent pré­ci­sé­ment à cette ten­sion : com­ment vivre entre la pro­messe reçue et son accom­plis­se­ment final ?

Le fil conduc­teur de ces lec­tures pour­rait être for­mu­lé ain­si : le Christ glo­ri­fié garde son peuple dans l’attente, l’épreuve et la com­mu­nion.

I. Une Église qui per­sé­vère dans l’attente

Actes 1.12–14 montre les dis­ciples reve­nus à Jéru­sa­lem après l’Ascension. Ils ne se dis­persent pas. Ils ne cherchent pas immé­dia­te­ment des solu­tions humaines. Ils per­sé­vèrent dans la prière.

Le verbe employé par Luc évoque une fidé­li­té constante, per­sé­vé­rante. L’Église naît dans l’attente et dans la dépen­dance de Dieu.

Il est frap­pant de consta­ter que les dis­ciples ne savent pas encore pré­ci­sé­ment com­ment Dieu va agir. Ils pos­sèdent la pro­messe, mais non encore l’accomplissement visible. Pour­tant ils demeurent ensemble.

Cette attente est pro­fon­dé­ment contraire à notre culture moderne, qui exige l’immédiateté, l’efficacité et le contrôle. L’Écriture nous rap­pelle que cer­tains des moments les plus déci­sifs de l’histoire du salut passent par une attente croyante.

Jean Chry­so­stome remar­quait que les dis­ciples « apprennent d’abord à rece­voir avant d’agir ». L’Église n’est pas maî­tresse de la grâce ; elle la reçoit.

Appli­ca­tion :
Sommes-nous encore capables d’attendre devant Dieu ? Savons-nous per­sé­vé­rer dans la prière même lorsque nous ne voyons pas immé­dia­te­ment les fruits ? Beau­coup de fatigues spi­ri­tuelles viennent de ce que nous vou­lons agir avant d’avoir appris à demeu­rer.

II. Une Église appe­lée à par­ta­ger les souf­frances du Christ

1 Pierre 4.13–16 intro­duit une réa­li­té plus dif­fi­cile encore : l’attente chré­tienne passe aus­si par l’épreuve.

Pierre ne pro­met pas une exis­tence pro­té­gée de toute oppo­si­tion. Il affirme même que souf­frir pour le nom du Christ appar­tient à la voca­tion nor­male de l’Église.

Le para­doxe chré­tien appa­raît ici avec force : « Réjouis­sez-vous » dit Pierre, non parce que la souf­france serait bonne en elle-même, mais parce qu’elle unit le croyant au Christ.

Il faut tou­te­fois évi­ter deux erreurs.

La pre­mière serait de recher­cher arti­fi­ciel­le­ment la souf­france comme preuve de fidé­li­té. Pierre dis­tingue clai­re­ment la souf­france pour le Christ de celle qui pro­vient du péché ou de la folie humaine.

La seconde erreur serait de croire qu’une Église fidèle sera néces­sai­re­ment applau­die par le monde. Le Nou­veau Tes­ta­ment ne nour­rit aucune illu­sion sur la per­ma­nence de la ten­sion entre le Royaume de Dieu et les puis­sances du siècle pré­sent.

Augus­tin écri­vait : « Ce n’est pas la peine qui fait le mar­tyr, mais la cause. »

Le chré­tien souffre par­fois sim­ple­ment parce qu’il refuse de renon­cer à la véri­té, à la fidé­li­té ou à la sain­te­té dans un monde qui pré­fère sou­vent le com­pro­mis.

Appli­ca­tion :
La ques­tion n’est pas seule­ment : « Suis-je en paix avec le monde ? » mais aus­si : « Ma fidé­li­té au Christ demeure-t-elle visible ? » Une Église qui ne ren­contre jamais aucune contra­dic­tion finit sou­vent par ne plus annon­cer grand-chose.

III. Une Église gar­dée par l’intercession du Christ

Le som­met des lec­tures se trouve dans Jean 17. Jésus prie pour les siens avant sa pas­sion.

Cette prière est bou­le­ver­sante parce qu’elle révèle ce que fait le Christ pen­dant même que ses dis­ciples sont encore faibles, fra­giles et incom­pré­hen­sifs : il inter­cède pour eux.

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés. »

Le cœur du texte est là. L’Église ne tient pas d’abord par sa force propre, son intel­li­gence ou son orga­ni­sa­tion. Elle tient parce que le Christ prie pour elle.

Le Sei­gneur annonce même : « Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde. » Les dis­ciples demeurent expo­sés à la haine, au doute et à l’épreuve. Pour­tant ils ne sont pas aban­don­nés.

Le Christ glo­ri­fié demeure le sou­ve­rain sacri­fi­ca­teur de son peuple.

Cal­vin écri­vait : « Tant que Christ inter­cède pour nous, notre salut demeure assu­ré. »

Cette véri­té trans­forme pro­fon­dé­ment notre com­pré­hen­sion de la vie chré­tienne. Nous ne per­sé­vé­rons pas sim­ple­ment parce que nous nous accro­chons à Dieu ; nous per­sé­vé­rons parce que Dieu nous garde en Christ.

L’unité de l’Église elle-même découle de cette œuvre du Christ : « afin qu’ils soient un comme nous ». L’unité chré­tienne véri­table ne repose pas sur une simple stra­té­gie humaine, mais sur la com­mu­nion au Père et au Fils.

Appli­ca­tion :
Dans les périodes de fai­blesse spi­ri­tuelle, de doute ou d’épreuve, le croyant peut oublier cette véri­té fon­da­men­tale : le Christ prie encore pour son peuple. Notre espé­rance ultime ne repose pas sur notre fidé­li­té par­faite, mais sur celle du Sei­gneur glo­ri­fié.

Conclu­sion

Le dimanche après l’Ascension place l’Église dans une pos­ture par­ti­cu­lière : attente, prière, fidé­li­té, espé­rance.

Les dis­ciples attendent.
Pierre appelle à per­sé­vé­rer dans l’épreuve.
Le Christ prie pour les siens.

Nous vivons encore aujourd’hui dans ce même temps entre Ascen­sion et accom­plis­se­ment final. Le Royaume est déjà inau­gu­ré, mais pas encore plei­ne­ment mani­fes­té.

Pour­tant l’Église n’est pas aban­don­née.

Le Christ règne.
Le Christ inter­cède.
Le Christ garde son peuple.

Et c’est pré­ci­sé­ment parce qu’il règne déjà dans la gloire que l’Église peut attendre la Pen­te­côte avec confiance.


Prédication exposition – forme orale (env. 20 mn)

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés »
Jean 17.1–11

Frères et sœurs,

nous vivons dans un monde mar­qué par l’instabilité. Beau­coup de choses changent rapi­de­ment : ins­ti­tu­tions, rela­tions, convic­tions, repères moraux. Même les chré­tiens peuvent par­fois éprou­ver une forme de fatigue inté­rieure. Cer­tains se demandent : l’Église tien­dra-t-elle encore ? Com­ment per­sé­vé­rer dans une socié­té qui devient par­fois étran­gère à l’Évangile ? Com­ment gar­der la foi sans céder au décou­ra­ge­ment ou au com­pro­mis ?

La prière de Jésus en Jean 17 répond pré­ci­sé­ment à cette inquié­tude.

Nous sommes ici dans les der­nières heures avant la croix. Jésus vient d’achever son ensei­gne­ment aux dis­ciples. Judas est déjà enga­gé dans sa tra­hi­son. La pas­sion approche. Et pour­tant, au lieu de par­ler d’abord de lui-même, Jésus prie.

Cette prière est sou­vent appe­lée la « prière sacer­do­tale ». Le Christ appa­raît ici comme le grand média­teur de son peuple. Il parle au Père pour ceux qui lui appar­tiennent.

Et ce qui frappe immé­dia­te­ment, c’est la séré­ni­té du Sei­gneur. La croix approche, mais Jésus ne parle pas comme un homme écra­sé par le chaos. Il parle comme celui qui connaît par­fai­te­ment le des­sein du Père.

« Père, l’heure est venue. »

Dans l’Évangile selon Jean, cette « heure » revient sou­vent. Pen­dant long­temps, Jésus disait : « Mon heure n’est pas encore venue. » Désor­mais elle est là. L’heure de la croix. Mais aus­si l’heure de la glo­ri­fi­ca­tion.

Et cela est déjà un para­doxe pro­fon­dé­ment chré­tien. Pour le monde, la croix est humi­lia­tion, échec, défaite. Pour Jésus, elle est gloire. Pour­quoi ? Parce qu’à la croix le Fils accom­plit par­fai­te­ment l’œuvre du salut. La jus­tice de Dieu et la misé­ri­corde de Dieu s’y ren­contrent.

Nous vivons dans une époque fas­ci­née par la puis­sance visible, l’efficacité immé­diate, l’image vic­to­rieuse. Mais Dieu sauve le monde par un Roi cru­ci­fié.

Jésus dit ensuite :

« Glo­ri­fie ton Fils, afin que ton Fils te glo­ri­fie. »

Le Père glo­ri­fie le Fils, et le Fils glo­ri­fie le Père. Tout est orien­té vers la gloire divine. Non vers la gloire humaine.

C’est une cor­rec­tion impor­tante pour l’Église. Une Église peut cher­cher sa propre visi­bi­li­té, sa propre influence, sa propre réus­site socio­lo­gique. Mais l’Église véri­table existe pour reflé­ter la gloire de Dieu, non pour construire sa propre impor­tance.

Puis Jésus ajoute :

« Selon que tu lui as don­né pou­voir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éter­nelle à tous ceux que tu lui as don­nés. »

Ici appa­raît une véri­té cen­trale de l’Écriture : le salut repose d’abord sur l’initiative de Dieu.

Jésus parle de ceux que le Père lui a don­nés.

Le croyant appar­tient au Christ avant même d’avoir plei­ne­ment conscience de cher­cher Dieu. Cela ne sup­prime pas la res­pon­sa­bi­li­té humaine. L’appel à croire demeure réel et uni­ver­sel. Mais der­rière notre réponse à Dieu se trouve déjà l’œuvre sou­ve­raine de sa grâce.

Cette véri­té humi­lie notre orgueil et for­ti­fie notre espé­rance.

Car si le salut dépen­dait fina­le­ment de la sta­bi­li­té de notre cœur, de notre intel­li­gence ou de notre fidé­li­té par­faite, qui pour­rait tenir ? Mais Jésus parle ici d’un peuple confié au Fils par le Père lui-même.

Puis vient cette défi­ni­tion extra­or­di­naire :

« Or, la vie éter­nelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »

La vie éter­nelle n’est pas seule­ment une durée infi­nie après la mort. Elle com­mence déjà main­te­nant dans la com­mu­nion avec Dieu.

Le mot « connaître » dans la Bible ne désigne pas sim­ple­ment une infor­ma­tion intel­lec­tuelle. Il parle d’une rela­tion vivante, per­son­nelle, réelle.

On peut accu­mu­ler des connais­sances reli­gieuses sans connaître réel­le­ment Dieu. On peut fré­quen­ter l’Église depuis long­temps et pour­tant vivre loin du Sei­gneur inté­rieu­re­ment.

La vraie ques­tion n’est pas seule­ment : « Que sais-tu sur Dieu ? » mais : « Connais-tu réel­le­ment le Christ ? »

Et cette connais­sance trans­forme toute l’existence.

Car connaître Dieu change notre rap­port à la souf­france, à la mort, à la soli­tude, au péché, au temps qui passe.

Jésus pour­suit :

« J’ai ache­vé l’œuvre que tu m’as don­née à faire. »

Pour­tant la croix n’a pas encore eu lieu.

Mais le Christ parle déjà avec la cer­ti­tude de l’obéissance par­faite. Rien ne détour­ne­ra le Fils de sa mis­sion.

Adam avait échoué dans le jar­din.
Israël avait échoué mal­gré la loi.
Les rois avaient échoué.
Les pro­phètes avaient été reje­tés.

Mais le Fils obéit par­fai­te­ment.

Toute l’histoire de l’alliance converge ici. Jésus accom­plit enfin ce que l’homme pécheur était inca­pable d’accomplir.

Puis vient un ver­set immense :

« Glo­ri­fie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. »

Le Christ n’est pas sim­ple­ment un maître spi­ri­tuel ou un pro­phète ins­pi­ré. Il parle ici de sa pré­exis­tence éter­nelle.

Avant la créa­tion du monde, le Fils était auprès du Père.

L’Église a tou­jours confes­sé cette véri­té contre toutes les ten­ta­tives de réduire Jésus à un simple homme reli­gieux excep­tion­nel.

Si le Christ n’est pas véri­ta­ble­ment Dieu, alors il ne peut sau­ver par­fai­te­ment.

Mais parce qu’il est le Fils éter­nel incar­né, son œuvre pos­sède une valeur infi­nie.

Puis Jésus parle des dis­ciples :

« Ils étaient à toi, et tu me les as don­nés ; et ils ont gar­dé ta parole. »

Quand on lit les Évan­giles, cette phrase peut sur­prendre. Les dis­ciples sont encore faibles, lents à com­prendre, sou­vent crain­tifs. Pierre lui-même va bien­tôt tom­ber.

Et pour­tant Jésus parle déjà de ceux qui gardent sa parole.

Pour­quoi ? Parce que le Christ regarde ses dis­ciples non seule­ment selon leur fai­blesse pré­sente, mais selon l’œuvre que Dieu accom­plit en eux.

Voi­là une grande conso­la­tion pour l’Église.

Le Sei­gneur voit par­fai­te­ment nos fai­blesses. Il ne les mini­mise pas. Mais il ne réduit pas non plus son peuple à ses chutes.

Puis Jésus dit :

« C’est pour eux que je prie. »

Quelle phrase bou­le­ver­sante.

Le Fils de Dieu prie pour les siens.

Le Christ inter­cède.

Sou­vent nous par­lons de notre prière vers Dieu. Mais nous oublions par­fois que notre espé­rance repose aus­si sur la prière du Christ pour nous.

Lorsque notre foi vacille.
Lorsque notre prière devient pauvre.
Lorsque nous tra­ver­sons le doute ou l’épuisement spi­ri­tuel.

Le Christ conti­nue d’intercéder.

C’est pour­quoi l’Église tient encore.

Non parce qu’elle serait natu­rel­le­ment forte.
Non parce que les chré­tiens seraient meilleurs que les autres.
Mais parce que le Christ vivant prie pour son peuple.

Et Jésus ajoute :

« Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde. »

Voi­là toute la condi­tion chré­tienne.

Le chré­tien demeure dans le monde sans appar­te­nir au monde.

Il tra­vaille, souffre, aime, sert, pleure comme les autres hommes. Mais son espé­rance ultime n’est plus enra­ci­née ici-bas.

L’Église vit entre Ascen­sion et retour du Christ.

Et dans cet inter­valle, Jésus adresse cette demande au Père :

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés. »

Le verbe « gar­der » tra­verse toute cette prière.

Le monde change.
Les idéo­lo­gies passent.
Les civi­li­sa­tions s’élèvent puis déclinent.
Les ins­ti­tu­tions humaines vacillent.

Mais le Sei­gneur garde les siens.

Cela ne signi­fie pas que les croyants seront épar­gnés de toute épreuve. Les apôtres connaî­tront les per­sé­cu­tions. Plu­sieurs mour­ront mar­tyrs.

Mais rien ne pour­ra arra­cher l’Église de la main du Christ.

Voi­là pour­quoi ce texte apporte une conso­la­tion immense.

Notre sécu­ri­té ultime ne repose pas sur notre capa­ci­té à nous pré­ser­ver nous-mêmes, mais sur la fidé­li­té du Dieu de l’alliance.

Et Jésus ter­mine cette sec­tion par une prière pour l’unité :

« Afin qu’ils soient un comme nous. »

Cette uni­té n’est pas une simple coexis­tence exté­rieure. Elle trouve son modèle dans la com­mu­nion du Père et du Fils.

L’unité véri­table naît de la véri­té par­ta­gée, de la com­mu­nion au Christ, de l’œuvre du Saint-Esprit.

Dans un monde frag­men­té, pola­ri­sé, sou­vent domi­né par les logiques de tri­bu et d’affrontement, l’Église est appe­lée à mani­fes­ter une autre réa­li­té : une com­mu­nion fon­dée sur le Christ cru­ci­fié et res­sus­ci­té.

Frères et sœurs,

ce texte nous conduit fina­le­ment à une ques­tion simple :

Sur quoi repose notre espé­rance ?

Sur nos forces ?
Sur l’avenir des ins­ti­tu­tions humaines ?
Sur nos émo­tions reli­gieuses ?

Ou sur le Christ glo­ri­fié qui inter­cède encore aujourd’hui pour son peuple ?

Le dimanche après l’Ascension nous rap­pelle que le Sei­gneur est invi­sible, mais non absent.

Le Christ règne.
Le Christ prie.
Le Christ garde les siens.

Et c’est pour­quoi l’Église peut conti­nuer d’avancer dans ce monde avec humi­li­té, fidé­li­té et espé­rance.

Amen.


Exégèse

La par­tie exé­gé­tique pro­po­sée sur le blog foedus.fr vise à éclai­rer les textes bibliques du jour de manière rigou­reuse et acces­sible. Pour chaque texte, l’accent est por­té à la fois sur le contexte immé­diat et sur le contexte glo­bal de l’Écriture, afin d’en res­pec­ter la cohé­rence théo­lo­gique et l’inscription dans l’histoire du salut.

L’analyse s’attache par­ti­cu­liè­re­ment aux mots hébreux et grecs les plus signi­fi­ca­tifs, lorsque cela est néces­saire pour com­prendre le sens pré­cis du texte. Elle s’enrichit éga­le­ment de l’apport des Pères de l’Église, des Réfor­ma­teurs, ain­si que de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante contem­po­raine, afin de situer l’interprétation dans la conti­nui­té de la tra­di­tion chré­tienne.

Lorsque cela éclaire uti­le­ment le pas­sage étu­dié, des élé­ments d’archéologie biblique sont éga­le­ment inté­grés, pour repla­cer le texte dans son cadre his­to­rique et cultu­rel sans en faire un simple objet aca­dé­mique.

Cette approche cherche à ser­vir à la fois la com­pré­hen­sion du texte et la foi de l’Église, en met­tant l’exégèse au ser­vice de la pro­cla­ma­tion et de la vie chré­tienne.

La ver­sion de la Bible uti­li­sée ici est la Bible Louis Segond de 1910, qui est libre de droit. Mais je lui pré­fère la ver­sion de 1978 dite « A la Colombe ».


Actes 1.12–14

« Alors ils retour­nèrent à Jéru­sa­lem, de la mon­tagne appe­lée des oli­viers, qui est près de Jéru­sa­lem, à la dis­tance d’un che­min de sab­bat. Quand ils furent arri­vés, ils mon­tèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d’or­di­naire ; c’é­taient Pierre, Jean, Jacques, André, Phi­lippe, Tho­mas, Bar­thé­le­my, Mat­thieu, Jacques fils d’Al­phée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous d’un com­mun accord per­sé­vé­raient dans la prière avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. »

Ce pas­sage ouvre le temps litur­gique situé entre l’Ascension et la Pen­te­côte. Le Christ est mon­té au ciel, mais l’Esprit n’a pas encore été répan­du. L’Église se trouve dans une situa­tion de ten­sion féconde : le Sei­gneur règne déjà dans la gloire, mais la mis­sion uni­ver­selle n’a pas encore com­men­cé publi­que­ment.

Le verbe grec προσκαρτεροῦντες (pros­kar­te­rountes), tra­duit par « per­sé­vé­raient », exprime une fidé­li­té constante, opi­niâtre, durable. L’Église nais­sante n’est pas d’abord décrite par son acti­vi­té mis­sion­naire ou son orga­ni­sa­tion, mais par sa per­sé­vé­rance com­mune dans la prière. Luc sou­ligne éga­le­ment l’unité : « d’un com­mun accord » tra­duit ὁμοθυμαδόν (homo­thy­ma­don), terme fré­quent dans les Actes pour décrire la com­mu­nion spi­ri­tuelle pro­duite par l’Esprit.

La men­tion de la chambre haute rap­pelle plu­sieurs moments déci­sifs : le der­nier repas du Sei­gneur, les appa­ri­tions du Res­sus­ci­té et bien­tôt la Pen­te­côte. Le lieu devient sym­bo­li­que­ment celui de l’attente de l’alliance nou­velle. L’Église vit déjà de la pro­messe avant même la mani­fes­ta­tion visible de sa puis­sance.

Jean Chry­so­stome remarque que les dis­ciples ne cherchent pas immé­dia­te­ment à agir par eux-mêmes, mais « attendent la force d’en haut dans l’humilité de la prière » (Homé­lies sur les Actes, I). Jean Cal­vin sou­ligne que cette per­sé­vé­rance com­mune mani­feste que « l’Église est prin­ci­pa­le­ment édi­fiée par l’invocation du nom de Dieu » (Com­men­taire sur les Actes).

La pré­sence de Marie est sobre­ment men­tion­née, sans exal­ta­tion par­ti­cu­lière. Le texte ne déve­loppe aucune média­tion mariale ; toute l’attention demeure cen­trée sur le Christ glo­ri­fié et sur l’attente de l’Esprit pro­mis.

Archéo­lo­gi­que­ment, les mai­sons de Jéru­sa­lem com­por­taient sou­vent une pièce supé­rieure ser­vant d’espace de récep­tion ou de réunion. Cette « chambre haute » cor­res­pond donc à un cadre his­to­ri­que­ment plau­sible dans le Jéru­sa­lem du Ier siècle.

Dans la théo­lo­gie de l’alliance, ce texte mani­feste le pas­sage entre l’ancienne éco­no­mie et la pleine inau­gu­ra­tion de la nou­velle alliance. Le peuple de Dieu n’est plus défi­ni par Israël selon la chair, mais par ceux que le Christ ras­semble autour de sa pro­messe. L’Église appa­raît déjà comme com­mu­nau­té de l’attente escha­to­lo­gique, vivant de la Parole du Sei­gneur mon­té au ciel.

1 Pierre 4.13–16

« Réjouis­sez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souf­frances de Christ, afin que vous soyez aus­si dans la joie et dans l’al­lé­gresse lorsque sa gloire appa­raî­tra. Si vous êtes outra­gés pour le nom de Christ, vous êtes heu­reux, parce que l’Es­prit de gloire, l’Es­prit de Dieu, repose sur vous. Que nul de vous, en effet, ne souffre comme meur­trier, ou voleur, ou mal­fai­teur, ou comme s’in­gé­rant dans les affaires d’au­trui. Mais si quel­qu’un souffre comme chré­tien, qu’il n’en ait point honte, et que plu­tôt il glo­ri­fie Dieu à cause de ce nom. »

Pierre écrit à des com­mu­nau­tés dis­per­sées et mar­gi­na­li­sées dans un monde païen. Le contexte est celui d’une hos­ti­li­té sociale crois­sante envers les chré­tiens. Le texte ne parle pas encore de per­sé­cu­tions impé­riales sys­té­ma­tiques, mais plu­tôt d’exclusion, d’humiliation et de mépris.

L’expression « part que vous avez aux souf­frances de Christ » tra­duit κοινωνεῖτε τοῖς τοῦ Χριστοῦ παθήμασιν (koinō­neite tois tou Chris­tou pathē­ma­sin). Le croyant par­ti­cipe réel­le­ment aux souf­frances du Christ, non comme œuvre rédemp­trice com­plé­men­taire, mais comme com­mu­nion spi­ri­tuelle avec le Sei­gneur cru­ci­fié.

Le para­doxe chré­tien appa­raît immé­dia­te­ment : souf­frir avec le Christ conduit à la joie future. La gloire à venir éclaire déjà les épreuves pré­sentes. Pierre éta­blit ici une théo­lo­gie pro­fon­dé­ment pas­cale : croix puis gloire.

Le terme « chré­tien » (Χριστιανός) est rare dans le Nou­veau Tes­ta­ment. Il était pro­ba­ble­ment uti­li­sé au départ comme dési­gna­tion péjo­ra­tive. Pierre inverse le stig­mate : por­ter ce nom devient motif de glo­ri­fi­ca­tion de Dieu.

Augus­tin d’Hippone sou­ligne que les souf­frances chré­tiennes n’ont de valeur que lorsqu’elles sont unies au Christ : « Ce n’est pas la peine qui fait le mar­tyr, mais la cause » (Ser­mon 329). Cal­vin insiste lui aus­si sur cette dis­tinc­tion fon­da­men­tale entre souf­france juste et souf­france méri­tée : toute souf­france n’est pas sanc­ti­fiante en elle-même.

L’expression « l’Esprit de gloire repose sur vous » évoque for­te­ment l’Ancien Tes­ta­ment, notam­ment la nuée de la pré­sence divine repo­sant sur le taber­nacle. Le chré­tien per­sé­cu­té devient para­doxa­le­ment lieu de mani­fes­ta­tion de la gloire divine.

Dans la pers­pec­tive de la théo­lo­gie de l’alliance, l’Église par­tage désor­mais le des­tin mes­sia­nique du Ser­vi­teur souf­frant. Le peuple de Dieu est appe­lé à mar­cher dans la fidé­li­té au milieu du monde hos­tile, dans l’attente de la révé­la­tion finale du Royaume.

Jean 17.1–11

« Après avoir ain­si par­lé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, l’heure est venue ! Glo­ri­fie ton Fils, afin que ton Fils te glo­ri­fie, selon que tu lui as don­né pou­voir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éter­nelle à tous ceux que tu lui as don­nés. Or, la vie éter­nelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Je t’ai glo­ri­fié sur la terre, j’ai ache­vé l’œuvre que tu m’as don­née à faire. Et main­te­nant toi, Père, glo­ri­fie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’a­vais auprès de toi avant que le monde fût. J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as don­nés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as don­nés ; et ils ont gar­dé ta parole. Main­te­nant ils ont connu que tout ce que tu m’as don­né vient de toi. Car je leur ai don­né les paroles que tu m’as don­nées ; et ils les ont reçues ; ils ont vrai­ment connu que je suis sor­ti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as don­nés, parce qu’ils sont à toi ; — et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; — et je suis glo­ri­fié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés, afin qu’ils soient un comme nous. »

Cette prière sacer­do­tale consti­tue le som­met théo­lo­gique de l’Évangile selon Jean. Jésus prie à la veille de sa pas­sion. La croix approche, mais elle est déjà com­prise comme glo­ri­fi­ca­tion.

Le mot « gloire » revient constam­ment. Dans Jean, la gloire divine n’est pas seule­ment éclat céleste : elle se mani­feste para­doxa­le­ment dans l’abaissement de la croix. L’« heure » désigne le moment déci­sif où le salut s’accomplit.

L’expression « ceux que tu m’as don­nés » est fon­da­men­tale. Le salut appa­raît ici enra­ci­né dans le des­sein sou­ve­rain du Père. Les croyants appar­te­naient déjà au Père avant d’être don­nés au Fils. La doc­trine de l’élection affleure clai­re­ment dans cette prière.

La défi­ni­tion de la vie éter­nelle est remar­quable : elle consiste d’abord dans la connais­sance de Dieu. Le verbe γινώσκω (ginōskō) désigne une connais­sance rela­tion­nelle, vivante, de com­mu­nion.

Le ver­set 5 affirme expli­ci­te­ment la pré­exis­tence du Christ : « la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût ». Atha­nase d’Alexandrie s’est appuyé sur ce texte dans sa lutte contre l’arianisme pour affir­mer la pleine divi­ni­té du Fils.

Cal­vin voit dans cette prière le fon­de­ment de la sécu­ri­té du croyant : « notre salut est gar­dé dans les mains du Christ qui prie pour nous » (Com­men­taire sur Jean).

Le titre « Père saint » unit trans­cen­dance et proxi­mi­té. Dieu demeure infi­ni­ment saint tout en étant le Père de ceux que le Christ rachète.

La demande d’unité n’est pas sim­ple­ment ins­ti­tu­tion­nelle ou socio­lo­gique. Elle trouve son modèle dans l’unité même du Père et du Fils. L’unité véri­table de l’Église est donc théo­lo­gique avant d’être orga­ni­sa­tion­nelle.

Dans la théo­lo­gie de l’alliance, ce texte révèle le média­teur par­fait de la nou­velle alliance. Le Christ accom­plit plei­ne­ment l’œuvre confiée par le Père, garde les siens, leur révèle le nom divin et inter­cède pour eux comme sou­ve­rain sacri­fi­ca­teur éter­nel.

Syn­thèse cano­nique des trois textes

Ces trois lec­tures forment une uni­té pro­fonde autour du temps situé entre Ascen­sion et Pen­te­côte. Dans les Actes, l’Église attend dans la prière. Dans 1 Pierre, elle apprend à per­sé­vé­rer dans les souf­frances du Christ. Dans Jean 17, elle découvre qu’elle est gar­dée par l’intercession du Fils glo­ri­fié.

Le mou­ve­ment cano­nique est remar­quable : le Christ monte vers le Père, mais il n’abandonne pas son peuple. Son inter­ces­sion fonde la per­sé­vé­rance de l’Église. Celle-ci demeure encore dans le monde, expo­sée à l’épreuve, mais déjà unie au Christ glo­ri­fié.

Les trois textes insistent éga­le­ment sur la com­mu­nion. Com­mu­nion dans la prière (Actes), com­mu­nion dans les souf­frances du Christ (1 Pierre), com­mu­nion dans l’unité divine elle-même (Jean). L’Église appa­raît ain­si comme peuple de l’alliance ras­sem­blé, gar­dé et sanc­ti­fié par Dieu.

Enfin, toute cette litur­gie pré­pare la Pen­te­côte. L’attente des dis­ciples n’est pas vide : elle est déjà rem­plie de la pré­sence invi­sible du Christ res­sus­ci­té qui règne, prie pour les siens et conduit son peuple vers la gloire pro­mise.


Lecture théologique et apologétique

Cette sec­tion pro­pose une lec­ture doc­tri­nale des textes du jour, en lien expli­cite avec la théo­lo­gie de l’alliance. Elle ne vise pas à répé­ter l’exégèse ni la pré­di­ca­tion, mais à offrir un éclai­rage oblique, en met­tant en évi­dence les doc­trines bibliques par­ti­cu­liè­re­ment sol­li­ci­tées par les pas­sages étu­diés.

Il s’agit ici de rap­pe­ler l’enseignement constant de l’Église, et plus spé­cia­le­ment de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante, dans le champ de la théo­lo­gie sys­té­ma­tique : doc­trine de Dieu, du salut, de l’Église, de la grâce, de la mis­sion, ou encore de l’histoire du salut.

Cette lec­ture théo­lo­gique per­met de mon­trer que les textes du jour ne sont pas seule­ment por­teurs d’un mes­sage spi­ri­tuel immé­diat, mais qu’ils s’inscrivent dans une cohé­rence doc­tri­nale pro­fonde. Les pro­messes, les appels et les exhor­ta­tions bibliques prennent alors place dans le cadre plus large de l’alliance, com­prise comme l’œuvre sou­ve­raine de Dieu, accom­plie en Christ et déployée par l’Esprit dans l’histoire.

Cette sec­tion est facul­ta­tive. Elle peut être uti­li­sée pour appro­fon­dir la réflexion, nour­rir l’enseignement caté­ché­tique ou théo­lo­gique, ou ser­vir de repère doc­tri­nal pour la pré­di­ca­tion et la for­ma­tion.


Lec­ture théo­lo­gique

Les textes de ce dimanche après l’Ascension mani­festent avec une par­ti­cu­lière clar­té plu­sieurs grands axes de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante : la sou­ve­rai­ne­té de Dieu dans l’alliance, la média­tion du Christ glo­ri­fié, la per­sé­vé­rance de l’Église dans le monde et la dimen­sion escha­to­lo­gique de la vie chré­tienne.

Dans Jean 17, le Christ parle constam­ment de ceux que « le Père lui a don­nés ». Cette for­mu­la­tion ren­voie à l’élection et à l’alliance de grâce. Le peuple de Dieu n’existe pas d’abord par ini­tia­tive humaine ou par adhé­sion socio­lo­gique, mais par le des­sein sou­ve­rain du Père accom­pli dans le Fils. L’Église est le peuple remis au Christ avant même la fon­da­tion du monde. La théo­lo­gie réfor­mée y voit un fon­de­ment majeur de la sécu­ri­té du salut : le croyant demeure gar­dé non par sa propre constance, mais par la fidé­li­té de Dieu à son alliance.

La chris­to­lo­gie du texte est éga­le­ment déci­sive. Le Christ demande à retrou­ver « la gloire qu’il avait auprès du Père avant que le monde fût ». La pré­exis­tence éter­nelle du Fils appa­raît ici sans ambi­guï­té. Jésus n’est pas seule­ment un maître spi­ri­tuel ou un pro­phète ins­pi­ré ; il est le Verbe éter­nel incar­né. Toute la doc­trine tri­ni­taire clas­sique s’enracine dans ce type de pas­sages johan­niques. Le Père glo­ri­fie le Fils, le Fils révèle le Père, et l’Esprit sera bien­tôt envoyé sur l’Église. L’économie du salut révèle la com­mu­nion éter­nelle des per­sonnes divines.

Les Actes montrent ensuite l’Église vivant de cette pro­messe. Entre Ascen­sion et Pen­te­côte, les dis­ciples ne construisent pas encore une stra­té­gie mis­sion­naire : ils per­sé­vèrent dans la prière. Cette attente sou­ligne une véri­té essen­tielle de la théo­lo­gie de l’alliance : l’Église ne vit jamais de sa propre puis­sance. Elle dépend conti­nuel­le­ment de l’action de Dieu par son Esprit. La mis­sion naît de la pro­messe divine et non d’un simple pro­jet humain.

1 Pierre rap­pelle enfin que l’existence de l’Église dans le monde demeure mar­quée par la croix. Le croyant par­ti­cipe aux souf­frances du Christ avant de par­ti­ci­per plei­ne­ment à sa gloire. La théo­lo­gie réfor­mée clas­sique refuse ici aus­si bien le triom­pha­lisme ecclé­sial que le pes­si­misme déses­pé­ré. L’histoire demeure sous la sou­ve­rai­ne­té du Christ exal­té, mais l’Église pèle­rine conti­nue de vivre dans le com­bat spi­ri­tuel jusqu’à l’accomplissement final du Royaume.

Ces trois textes convergent donc vers une vision pro­fon­dé­ment uni­fiée de l’histoire du salut : le Père donne un peuple au Fils ; le Fils accom­plit par­fai­te­ment l’alliance par son œuvre rédemp­trice ; l’Esprit garde et conduit l’Église dans l’attente du retour du Christ. Toute l’existence chré­tienne se déploie ain­si entre grâce déjà don­née et accom­plis­se­ment encore atten­du.

Lec­ture apo­lo­gé­tique – Jean 17.1–11

Le texte de Jean 17 sus­cite aujourd’hui plu­sieurs formes d’opposition intel­lec­tuelle et idéo­lo­gique.

Une objec­tion rela­ti­viste affirme que Jésus ne serait qu’un maître spi­ri­tuel par­mi d’autres. Pour­tant le texte refuse expli­ci­te­ment cette réduc­tion : « la vie éter­nelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». Jésus ne se pré­sente pas comme un che­min par­mi d’autres expé­riences reli­gieuses pos­sibles, mais comme le révé­la­teur unique du Père. Le rela­ti­visme contem­po­rain pré­tend sou­vent pro­mou­voir la tolé­rance, mais il repose lui-même sur un pré­sup­po­sé dog­ma­tique : aucune véri­té ultime ne pour­rait être connue avec cer­ti­tude. Or cette affir­ma­tion est elle-même une pré­ten­tion abso­lue. Jean 17 pose au contraire que la véri­té ultime se révèle per­son­nel­le­ment en Christ.

Une cri­tique maté­ria­liste consi­dère la prière comme une pro­jec­tion psy­cho­lo­gique ou une conso­la­tion sub­jec­tive. Pour­tant Jean 17 pré­sente la prière non comme un simple exer­cice inté­rieur, mais comme une rela­tion réelle entre le Père et le Fils. La conscience humaine y est com­prise non comme un acci­dent bio­lo­gique fer­mé sur lui-même, mais comme capable de rela­tion avec Dieu. Le maté­ria­lisme contem­po­rain peine d’ailleurs à rendre compte de manière cohé­rente de la ratio­na­li­té, de la conscience morale ou de la quête uni­ver­selle de sens. Si tout n’est fina­le­ment que matière et déter­mi­nisme, alors la véri­té elle-même devient une simple réac­tion neu­ro­chi­mique sans fon­de­ment objec­tif.

Une lec­ture nietz­schéenne pour­rait voir dans cette prière une spi­ri­tua­li­té de fai­blesse et de dépen­dance. Nietzsche dénon­çait le chris­tia­nisme comme une reli­gion hos­tile à la puis­sance et à l’affirmation de soi. Pour­tant Jean 17 pré­sente une tout autre logique : la gloire du Christ passe par le don de soi et non par la domi­na­tion. La croix appa­raît ici non comme échec mais comme vic­toire. La moder­ni­té tar­dive glo­ri­fie sou­vent la volon­té auto­nome et l’auto-construction iden­ti­taire ; mais cette logique pro­duit fré­quem­ment frag­men­ta­tion inté­rieure, soli­tude et épui­se­ment. Le Christ révèle au contraire qu’il existe une liber­té plus pro­fonde : rece­voir sa vie du Père et la don­ner dans l’amour.

Une cri­tique issue du libé­ra­lisme pro­tes­tant consi­dère par­fois les affir­ma­tions de Jean sur la pré­exis­tence du Christ comme des construc­tions théo­lo­giques tar­dives sans valeur his­to­rique réelle. Pour­tant la très haute chris­to­lo­gie de Jean s’inscrit déjà dans les tra­di­tions les plus anciennes du chris­tia­nisme. Les lettres pau­li­niennes elles-mêmes parlent du Christ pré­exis­tant (Phi­lip­piens 2.6–11 ; Colos­siens 1.15–17). La dis­tinc­tion radi­cale entre un « Jésus his­to­rique » pure­ment humain et un « Christ de la foi » fabri­qué par l’Église repose sou­vent davan­tage sur des pré­sup­po­sés ratio­na­listes modernes que sur les don­nées his­to­riques elles-mêmes.

Du côté isla­mique, l’objection prin­ci­pale porte sur la filia­tion divine du Christ et sur la Tri­ni­té. L’islam voit dans l’affirmation chré­tienne une atteinte à l’unicité divine. Pour­tant Jean 17 ne pré­sente pas deux dieux sépa­rés, mais une com­mu­nion éter­nelle entre le Père et le Fils dans l’unité de l’être divin. La doc­trine tri­ni­taire clas­sique cherche pré­ci­sé­ment à main­te­nir simul­ta­né­ment l’unité abso­lue de Dieu et la pleine divi­ni­té du Fils révé­lée dans l’Écriture. Refu­ser cette révé­la­tion au nom d’un mono­théisme abs­trait conduit fina­le­ment à une concep­tion de Dieu beau­coup plus soli­taire et moins rela­tion­nelle que celle révé­lée dans l’Évangile.

Cer­taines idéo­lo­gies contem­po­raines influen­cées par les cou­rants woke ou iden­ti­taires pour­raient éga­le­ment voir dans Jean 17 une pré­ten­tion « excluante » ou « hégé­mo­nique ». Pour­tant l’universalité chré­tienne ne repose pas sur une domi­na­tion eth­nique, sociale ou cultu­relle. Le Christ prie pour un peuple ras­sem­blé à tra­vers les nations. L’unité deman­dée par Jésus dépasse pré­ci­sé­ment les frag­men­ta­tions iden­ti­taires contem­po­raines. Là où beau­coup d’idéologies actuelles tendent à enfer­mer les indi­vi­dus dans des appar­te­nances concur­rentes, l’Évangile appelle à une com­mu­nion fon­dée sur la véri­té et la grâce.

Enfin, le texte demeure pro­fon­dé­ment per­ti­nent aujourd’hui parce qu’il répond à une angoisse contem­po­raine majeure : celle de l’abandon et de la dis­so­lu­tion du sens. Jésus prie : « Père saint, garde-les ». Dans une civi­li­sa­tion mar­quée par l’instabilité per­ma­nente, l’effacement des repères et l’incertitude anthro­po­lo­gique, cette parole conserve une puis­sance sin­gu­lière. L’être humain moderne veut sou­vent l’autonomie abso­lue, mais il conti­nue à cher­cher déses­pé­ré­ment ce qui pour­rait réel­le­ment le gar­der, lui don­ner une iden­ti­té stable et une espé­rance durable. Jean 17 affirme que cette sécu­ri­té ultime ne se trouve ni dans la tech­nique, ni dans l’État, ni dans l’idéologie, mais dans la com­mu­nion avec le Dieu vivant révé­lé en Jésus-Christ.


Outils pédagogiques

Le texte de Jean 17.1–11 se situe à la fin du dis­cours d’adieu de Jésus. Après le der­nier repas et avant son arres­ta­tion, Jésus prie pour ses dis­ciples. Nous sommes à la veille de la croix. Le Christ sait que « l’heure est venue ». Cette prière ouvre le cœur même de la mis­sion du Fils : glo­ri­fier le Père, gar­der les siens et pré­pa­rer l’Église à vivre dans le monde après l’Ascension.

Ques­tions :
– Pour­quoi Jésus prie-t-il pré­ci­sé­ment à ce moment ?
– Que signi­fie « l’heure » dans l’Évangile selon Jean ?
– Pour­quoi Jésus parle-t-il autant de gloire ?
– Que veut dire : « ceux que tu m’as don­nés » ?
– En quoi cette prière pré­pare-t-elle déjà l’Église à la Pen­te­côte ?

Actes 1.12–14 éclaire direc­te­ment l’Évangile : les dis­ciples vivent concrè­te­ment ce que Jésus avait annon­cé. Le Christ est mon­té au ciel, mais les siens demeurent unis dans la prière. 1 Pierre 4.13–16 montre ensuite com­ment l’Église devra vivre dans le monde : fidé­li­té, per­sé­vé­rance et par­fois souf­france pour le nom du Christ.

Ques­tions :
– Quel lien voyez-vous entre la prière de Jésus et la per­sé­vé­rance des dis­ciples dans les Actes ?
– Pour­quoi Pierre relie-t-il souf­france et joie ?
– Com­ment ces textes montrent-ils la conti­nui­té entre le minis­tère de Jésus et celui de l’Église ?
– Quel rôle joue l’Esprit dans ces trois textes ?

Ces lec­tures sont pro­po­sées entre l’Ascension et la Pen­te­côte. L’Église contemple le Christ glo­ri­fié auprès du Père tout en atten­dant le don visible du Saint-Esprit. Ce temps litur­gique enseigne la patience, l’espérance et la dépen­dance envers Dieu.

Ques­tions :
– Pour­quoi l’attente est-elle impor­tante dans la vie chré­tienne ?
– Que signi­fie vivre entre Ascen­sion et Pen­te­côte ?
– Com­ment ces textes pré­parent-ils la mis­sion de l’Église ?

Le psaume asso­cié à ce dimanche est sou­vent un psaume de confiance et d’attente. Il éclaire la fidé­li­té de Dieu envers son peuple et donne à l’assemblée des mots pour prier dans le temps de l’attente.

Ques­tions :
– Com­ment le psaume aide-t-il à entrer dans la prière de Jean 17 ?
– Quels thèmes com­muns retrou­vez-vous entre le psaume et les autres lec­tures ?
– Le psaume exprime-t-il plu­tôt la confiance, la sup­pli­ca­tion ou l’espérance ?

Quelques mots clés :
– « Gloire » (doxa) : mani­fes­ta­tion visible de la pré­sence et de la majes­té de Dieu.
– « Vie éter­nelle » : com­mu­nion vivante avec Dieu dès main­te­nant.
– « Gar­der » : pro­té­ger, pré­ser­ver dans la fidé­li­té.
– « Per­sé­vé­rer » dans Actes : demeu­rer fidè­le­ment atta­ché à la prière.

Ques­tions d’observation :
– Quels mots reviennent plu­sieurs fois dans Jean 17 ?
– Quels contrastes appa­raissent entre « le monde » et « ceux que tu m’as don­nés » ?
– Que révèle la répé­ti­tion du mot « Père » ?
– Pour­quoi Luc insiste-t-il sur l’unité des dis­ciples dans Actes ?

Le mou­ve­ment du texte de Jean 17 pro­gresse ain­si :
Jésus parle de sa propre glo­ri­fi­ca­tion ; puis des dis­ciples confiés par le Père ; enfin de leur pro­tec­tion future dans le monde.

Ques­tions :
– Quel est le centre de la prière de Jésus ?
– Com­ment le texte passe-t-il du Christ aux dis­ciples ?
– Quelle est la der­nière demande impor­tante de Jésus ?

Ces textes mettent en lumière plu­sieurs doc­trines :
Dieu comme Père sou­ve­rain ; le Christ média­teur et inter­ces­seur ; l’Église gar­dée dans le monde ; la vie éter­nelle comme com­mu­nion avec Dieu ; l’espérance de la gloire future.

Dans l’histoire de l’alliance, Jésus accom­plit par­fai­te­ment l’œuvre confiée par le Père. L’Église devient le peuple ras­sem­blé autour du Christ glo­ri­fié et vivant de sa pro­messe.

Ques­tions :
– Com­ment ces textes montrent-ils la fidé­li­té de Dieu à son alliance ?
– Pour­quoi le Christ prie-t-il pour son peuple ?
– Que signi­fie appar­te­nir au Christ aujourd’hui ?

Ques­tions de dis­cus­sion :
– Pour­quoi beau­coup pensent-ils aujourd’hui que la véri­té reli­gieuse est seule­ment sub­jec­tive ?
– Com­ment répondre à l’idée que la foi chré­tienne serait incom­pa­tible avec la souf­france ?
– Pour­quoi la prière reste-t-elle dif­fi­cile dans une culture de l’immédiateté ?
– Peut-on encore par­ler d’unité chré­tienne dans un monde frag­men­té ?

Appro­pria­tion spi­ri­tuelle :
– Qu’est-ce que ce texte révèle du cœur du Christ ?
– Où avons-nous besoin d’apprendre à per­sé­vé­rer davan­tage ?
– Vivons-nous réel­le­ment comme un peuple gar­dé par Dieu ?


Textes liturgiques

Les textes litur­giques pro­po­sés ici sont direc­te­ment ins­pi­rés des lec­tures bibliques du jour. Ils sont conçus pour un culte réfor­mé, dans le res­pect de sa struc­ture, de sa sobrié­té et de sa théo­lo­gie.
Ils peuvent être uti­li­sés tels quels ou adap­tés selon le contexte local (voir le menu « Culte » du site).

Les psaumes et can­tiques sont choi­sis dans le recueil Arc-en-Ciel, lar­ge­ment uti­li­sé dans les Églises réfor­mées fran­co­phones.
Le recueil est dis­po­nible en ligne ici :
https ://www.arc-en-ciel.ch

Les paroles et les musiques des psaumes et can­tiques pro­po­sés sont éga­le­ment acces­sibles sur le blog, dans la sec­tion « Psaumes et can­tiques ».

Salu­ta­tion et invo­ca­tion

Notre secours est dans le nom de l’Éternel,
qui a fait les cieux et la terre.

Grâce, misé­ri­corde et paix vous soient don­nées de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Sei­gneur, dans la com­mu­nion du Saint-Esprit.

Prions.

Dieu éter­nel et tout-puis­sant,
tu as éle­vé ton Fils dans la gloire après sa résur­rec­tion,
et tu ne cesses de gar­der ton Église par son inter­ces­sion.
Accorde-nous, en ce temps entre l’Ascension et la Pen­te­côte,
de per­sé­vé­rer dans la prière,
de demeu­rer fermes dans la foi
et d’attendre avec espé­rance l’accomplissement de tes pro­messes ;
par Jésus-Christ notre Sei­gneur.
Amen.

Ado­ra­tion

Éter­nel notre Dieu,
nous t’adorons pour ta sou­ve­rai­ne­té et ta fidé­li­té.
Le Christ est mon­té auprès de toi,
mais il n’a pas aban­don­né son peuple.
Il règne dans la gloire,
il inter­cède pour les siens
et il conduit son Église jusqu’au jour de son retour.

Tu es le Dieu vivant,
le Père saint qui garde ceux qui lui appar­tiennent.
Tu nous appelles à vivre non selon la peur ou le décou­ra­ge­ment,
mais dans l’espérance de ton Royaume.

À toi soient la gloire, l’honneur et la louange,
au Père, au Fils et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Loi de Dieu

Écou­tons la volon­té de Dieu :

Tu aime­ras le Sei­gneur ton Dieu de tout ton cœur,
de toute ton âme,
de toute ta pen­sée
et de toute ta force.

Et tu aime­ras ton pro­chain comme toi-même.

Le Sei­gneur dit encore :

Si vous m’aimez, gar­dez mes com­man­de­ments.

Confes­sion du péché

Sei­gneur notre Dieu,
nous recon­nais­sons devant toi notre fai­blesse et notre péché.

Nous confes­sons notre manque de confiance,
notre prière dis­traite,
notre dif­fi­cul­té à per­sé­vé­rer dans l’espérance.

Nous cher­chons sou­vent notre propre gloire
plus que la tienne.
Nous crai­gnons le regard du monde
et nous man­quons de fidé­li­té envers le Christ.

Par­donne-nous pour l’amour de ton Fils.
Puri­fie-nous par ton Esprit.
Apprends-nous à demeu­rer dans ta Parole
et à vivre comme un peuple gar­dé par ta grâce.

Amen.

Décla­ra­tion du par­don

Écou­tons la pro­messe de Dieu :

« Si quelqu’un souffre comme chré­tien, qu’il n’en ait point honte, et que plu­tôt il glo­ri­fie Dieu à cause de ce nom. »

Et encore :

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés. »

À tous ceux qui se repentent et mettent leur confiance en Jésus-Christ,
j’annonce le par­don de Dieu,
au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Amen.

Confes­sion de la Foi

Je crois en Dieu le Père tout-puis­sant,
créa­teur du ciel et de la terre.

Je crois en Jésus-Christ,
son Fils unique, notre Sei­gneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la vierge Marie,
a souf­fert sous Ponce Pilate,
a été cru­ci­fié, est mort et a été ense­ve­li,
est des­cen­du aux enfers ;
le troi­sième jour est res­sus­ci­té des morts ;
est mon­té au ciel ;
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puis­sant ;
d’où il vien­dra juger les vivants et les morts.

Je crois au Saint-Esprit,
la sainte Église uni­ver­selle,
la com­mu­nion des saints,
la rémis­sion des péchés,
la résur­rec­tion de la chair
et la vie éter­nelle.

Amen.

Prière d’illumination

Sei­gneur Dieu,
ouvre main­te­nant nos cœurs par ton Esprit-Saint,
afin que nous rece­vions ta Parole avec foi, humi­li­té et obéis­sance.

Que le Christ glo­ri­fié nous parle encore aujourd’hui,
qu’il for­ti­fie son Église
et qu’il nous garde dans la véri­té.

Amen.

Lec­tures bibliques

Actes 1.12–14
1 Pierre 4.13–16
Jean 17.1–11

Courte prière après les lec­tures de la Bible

Sei­gneur, ta Parole est véri­té.
Grave-la dans nos cœurs,
for­ti­fie notre foi
et rends-nous fidèles jusqu’au bout.

Amen.

Thème de la pré­di­ca­tion

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés »
Jean 17.11

Texte pour l’offrande

« Tous d’un com­mun accord per­sé­vé­raient dans la prière. »
Actes 1.14

Que notre offrande soit l’expression de notre recon­nais­sance,
de notre com­mu­nion fra­ter­nelle
et de notre confiance dans la fidé­li­té de Dieu.

Prière après l’offrande

Éter­nel notre Dieu,
reçois ces dons et nos vies tout entières.
Apprends-nous à ser­vir ton Royaume
avec fidé­li­té, sim­pli­ci­té et géné­ro­si­té.

Fais de ton Église un peuple per­sé­vé­rant dans la prière,
ferme dans l’espérance
et joyeux dans le ser­vice.

Par Jésus-Christ notre Sei­gneur.
Amen.

Prière d’intercession

Père saint,
nous te prions pour ton Église répan­due dans le monde.
Garde-la dans la véri­té de l’Évangile.
Sou­tiens les chré­tiens éprou­vés, per­sé­cu­tés ou décou­ra­gés.

Nous te prions pour les pas­teurs, les mis­sion­naires,
les aumô­niers, les anciens et tous ceux qui servent ton peuple.

Nous te confions les nations,
les res­pon­sables poli­tiques et mili­taires,
les lieux de guerre et de vio­lence,
les peuples dépla­cés, les malades, les per­sonnes iso­lées.

Donne à ton Église de demeu­rer fidèle au Christ
sans céder à la peur ni au com­pro­mis.

Nous te remet­tons aus­si ceux que nous por­tons dans le secret de nos cœurs…

Silence.

[Sainte Cène

Intro­duc­tion – Paix

Que la paix du Sei­gneur Jésus-Christ soit avec vous tous.

En ce dimanche après l’Ascension, nous nous appro­chons de la table du Sei­gneur dans la paix que le Christ a acquise par sa croix. Celui qui prie pour les siens auprès du Père nous ras­semble aujourd’hui dans une même com­mu­nion. Selon sa pro­messe, il garde son Église dans le monde et la nour­rit de sa grâce jusqu’au jour de son retour.

Mémen­to

Frères et sœurs,
nous ne célé­brons pas cette Sainte Cène sépa­rés de l’Église uni­ver­selle, mais dans la com­mu­nion des saints, avec tous ceux qui invoquent le nom du Sei­gneur en tous lieux.

Nous nous sou­ve­nons des apôtres per­sé­vé­rant dans la prière après l’Ascension, des témoins fidèles qui ont souf­fert pour le nom du Christ, et de tous ceux qui attendent avec espé­rance la pleine révé­la­tion du Royaume.

Car chaque fois que nous man­geons ce pain et buvons cette coupe, nous annon­çons la mort du Sei­gneur jusqu’à ce qu’il vienne.

Can­tique ou ver­set pré­pa­ra­toire

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as don­nés, afin qu’ils soient un comme nous. »
Jean 17.11

Ou :

Psaume 133 – « Ah ! qu’il est doux pour des frères » (ARC 164)

Prière eucha­ris­tique

Le Sei­gneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Éle­vons nos cœurs.
Nous les éle­vons vers le Sei­gneur.

Ren­dons grâces au Sei­gneur notre Dieu.
Cela est juste et bon.

Il est véri­ta­ble­ment juste et bon,
Père éter­nel et tout-puis­sant,
de te rendre grâces en tout temps et en tous lieux.

Tu as créé toutes choses par ta Parole puis­sante
et tu sou­tiens le monde par ta pro­vi­dence fidèle.

Lorsque l’humanité s’est éloi­gnée de toi,
tu n’as pas aban­don­né ton alliance,
mais tu as par­lé par les pro­phètes
et pré­pa­ré la venue de ton Fils.

En Jésus-Christ,
tu nous as révé­lé ton nom
et don­né la vie éter­nelle.

Lui qui a souf­fert pour nos péchés,
qui est res­sus­ci­té pour notre jus­ti­fi­ca­tion
et qui est mon­té dans la gloire
inter­cède main­te­nant pour son Église.

Avec les apôtres, les mar­tyrs, les anges
et toute l’Église céleste,
nous pro­cla­mons ta sain­te­té :

Saint, saint, saint est le Sei­gneur,
Dieu des armées.
Le ciel et la terre sont rem­plis de ta gloire.
Hosan­na au plus haut des cieux.
Béni soit celui qui vient au nom du Sei­gneur.
Hosan­na au plus haut des cieux.

Père très saint,
nous te ren­dons grâces pour ton Fils bien-aimé,
notre Sei­gneur Jésus-Christ.

La nuit où il fut livré,
il prit du pain ;
et après avoir ren­du grâces,
il le rom­pit et le don­na à ses dis­ciples en disant :

« Pre­nez, man­gez, ceci est mon corps don­né pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. »

De même, après le repas, il prit la coupe et dit :

« Cette coupe est la nou­velle alliance en mon sang, qui est répan­du pour beau­coup pour le par­don des péchés ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boi­rez. »

Ain­si donc, Père très saint,
nous fai­sons mémoire de la mort de ton Fils,
de sa résur­rec­tion glo­rieuse,
de son Ascen­sion auprès de toi
et de son inter­ces­sion pour son peuple.

Nous atten­dons dans l’espérance son retour dans la gloire,
lorsqu’il ras­sem­ble­ra par­fai­te­ment son Église
et que ton Royaume sera plei­ne­ment mani­fes­té.

Envoie main­te­nant ton Saint-Esprit sur nous,
afin qu’en rece­vant ce pain et cette coupe avec foi,
nous ayons véri­ta­ble­ment com­mu­nion au corps et au sang du Christ.

Unis-nous à ton Fils,
for­ti­fie ton Église dans l’unité et la fidé­li­té,
et garde-nous dans ton alliance jusqu’à la fin.

Par Jésus-Christ, avec lui et en lui,
à toi, Père tout-puis­sant,
dans l’unité du Saint-Esprit,
tout hon­neur et toute gloire,
pour les siècles des siècles.

Amen.

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux…

Frac­tion du pain

Le pain que nous rom­pons
est la com­mu­nion au corps du Christ.

La coupe de béné­dic­tion pour laquelle nous ren­dons grâces
est la com­mu­nion au sang du Christ.

Parce qu’il y a un seul pain,
nous qui sommes plu­sieurs, nous for­mons un seul corps.

Prière de com­mu­nion

Sei­gneur,
nous ne venons pas à cette table en nous appuyant sur notre propre jus­tice,
mais sur ta grande misé­ri­corde.

Nous ne sommes pas dignes de recueillir les miettes qui tombent de ta table,
mais tu es le Sei­gneur dont la grâce demeure éter­nel­le­ment.

Nour­ris-nous par ton Esprit de Jésus-Christ lui-même,
afin que nous demeu­rions en lui et lui en nous.

Amen.

Paroles de dis­tri­bu­tion

Le corps du Christ don­né pour vous.
Amen.

Le sang du Christ ver­sé pour vous.
Amen.

Prière finale

Nous te ren­dons grâces, Dieu notre Père,
pour cette com­mu­nion au Christ cru­ci­fié, res­sus­ci­té et glo­ri­fié.

For­ti­fie-nous main­te­nant pour le ser­vice auquel tu nous appelles.

Apprends-nous à per­sé­vé­rer dans la prière,
à demeu­rer fidèles dans l’épreuve
et à vivre dans l’espérance de ton Royaume.

Fais de ton Église un peuple uni dans la véri­té,
gar­dé par la grâce du Christ
et conduit par ton Esprit.

Par Jésus-Christ notre Sei­gneur.
Amen.

Béné­dic­tion

Que le Père éter­nel vous garde dans son alliance.
Que le Fils glo­ri­fié inter­cède pour vous et vous for­ti­fie.
Que le Saint-Esprit vous conduise dans la véri­té et l’espérance.

Et la béné­dic­tion du Dieu tout-puis­sant,
Père, Fils et Saint-Esprit,
demeure sur vous et avec vous pour tou­jours.

Amen.


Psaumes et cantiques

Pour ce dimanche après l’Ascension cen­tré sur Jean 17.1–11 – la prière sacer­do­tale du Christ –, Actes 1.12–14 – l’Église per­sé­vé­rant dans la prière – et 1 Pierre 4.13–16 – la fidé­li­té dans l’épreuve –, plu­sieurs psaumes et can­tiques du recueil Arc-en-Ciel appa­raissent par­ti­cu­liè­re­ment adap­tés par leur pro­fon­deur théo­lo­gique, leur tona­li­té ecclé­siale et leur cohé­rence avec une spi­ri­tua­li­té réfor­mée clas­sique.

Pour l’invocation ou l’ouverture du culte, « Main­te­nant prions le Saint-Esprit » de Mar­tin Luther (1524) convient par­ti­cu­liè­re­ment bien. Ce can­tique de la Réforme, clas­sé A dans le docu­ment, exprime l’attente de l’Esprit entre Ascen­sion et Pen­te­côte et cor­res­pond direc­te­ment à Actes 1.12–14.

« Saint, saint, saint, le Sei­gneur tout-puis­sant » (ARC 863), de Regi­nald Heber (1826), pos­sède éga­le­ment une grande per­ti­nence litur­gique. Sa théo­lo­gie tri­ni­taire et sa majes­té conviennent admi­ra­ble­ment à Jean 17 où le Fils s’adresse au Père dans la gloire céleste.

Pour l’adoration, le Psau­tier de Genève offre plu­sieurs choix par­ti­cu­liè­re­ment solides. « Ton nom Sei­gneur est admi­rable » – Psaume 8 ARC 138 – de Clé­ment Marot (XVIᵉ siècle) sou­ligne la gloire divine et la royau­té du Christ exal­té.

Le Psaume 46 « Dieu est pour nous la for­te­resse » de Clé­ment Marot cor­res­pond très for­te­ment à 1 Pierre 4.13–16 : l’Église per­sé­cu­tée demeure gar­dée par Dieu. Le thème de la pro­tec­tion divine rejoint aus­si la parole du Christ : « Père saint, garde-les en ton nom ».

Le Psaume 133 « Ah ! qu’il est doux pour des frères » (ARC 164), d’après Marot et Bèze, est par­ti­cu­liè­re­ment appro­prié pour mettre en valeur l’unité de l’Église visible dans Actes 1 et deman­dée par le Christ en Jean 17.

Pour la confes­sion du péché, le Psaume 130 « Du fond de ma détresse » de Clé­ment Marot demeure un choix clas­sique et théo­lo­gi­que­ment dense. Son mou­ve­ment allant de la détresse vers l’espérance cor­res­pond bien à l’attente de l’Église entre Ascen­sion et Pen­te­côte.

Après l’annonce du par­don, le Psaume 121 « Vers les monts j’élève mes yeux » convient par­ti­cu­liè­re­ment. Le thème de la garde divine rejoint direc­te­ment Jean 17 : Dieu garde son peuple au milieu du monde.

Pour la consé­cra­tion après la pré­di­ca­tion, « Consacre à ton ser­vice » (ARC 425) de Frances Rid­ley Haver­gal (XIXᵉ siècle) est très adap­té. Le texte répond à l’appel du Christ à vivre pour sa gloire dans le monde.

Le Psaume 127 « Si Dieu ne bâtit la mai­son » consti­tue aus­si un excellent choix de consé­cra­tion ou d’intercession. Il rap­pelle que l’Église ne vit ni par sa propre force ni par son acti­visme, mais par l’œuvre de Dieu seul.

Pour l’intercession, le Psaume 72 « Revêts, Sei­gneur » pos­sède une pro­fon­deur royale et mes­sia­nique par­ti­cu­liè­re­ment per­ti­nente dans le contexte de l’Ascension du Christ.

Enfin, pour la béné­dic­tion ou l’envoi, « Que Dieu nous bénisse » – Psaume 67 – de Clé­ment Marot offre une conclu­sion très cohé­rente avec la mis­sion de l’Église appe­lée à por­ter l’Évangile dans le monde après l’Ascension.

Un dérou­le­ment litur­gique cohé­rent pour­rait donc être :

Invo­ca­tion : « Main­te­nant prions le Saint-Esprit »
Ado­ra­tion : Psaume 8 « Ton nom Sei­gneur est admi­rable »
Confes­sion : Psaume 130 « Du fond de ma détresse »
Grâce : Psaume 121 « Vers les monts »
Avant pré­di­ca­tion : Psaume 133 « Ah ! qu’il est doux pour des frères »
Consé­cra­tion : « Consacre à ton ser­vice » ou Psaume 127
Inter­ces­sion : Psaume 72 « Revêts, Sei­gneur »
Béné­dic­tion : Psaume 67 « Que Dieu nous bénisse »

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