Cette page rassemble des prises de position doctrinales et théologiques sur les grandes questions religieuses et ecclésiales contemporaines. Elle ne vise ni la polémique gratuite, ni le consensus mou, mais la clarté. Dialoguer n’a de sens que si l’on sait qui l’on est, ce que l’on croit, et pourquoi on le croit. Toute discussion qui commence par l’effacement des différences se termine dans la confusion.
La foi chrétienne ne se définit pas par opposition, mais par confession : confession de la révélation de Dieu en Jésus-Christ, de l’autorité normative de l’Écriture, et de la souveraineté de Dieu dans l’histoire du salut. À partir de là seulement, le dialogue est possible — et honnête.
Israël, l’Église et les nations
La relation entre Israël, l’Église et les nations est d’abord une question biblique, avant d’être historique ou politique. L’Écriture enseigne l’unité du dessein de Dieu : une seule alliance de grâce, déployée dans l’histoire, culminant en Jésus-Christ.
L’Église n’a pas remplacé Israël comme si Dieu avait renié ses promesses ; elle est greffée sur l’olivier franc (Romains 11). Israël demeure un acteur du plan de Dieu, mais aucun peuple n’est sauvé en dehors du Messie. Toute théologie qui absolutise Israël au détriment du Christ, ou qui nie toute continuité entre Israël et l’Église, tombe dans une lecture déséquilibrée de l’Écriture.
La tentation inverse — effacer toute spécificité d’Israël — est tout aussi problématique. La théologie biblique oblige à tenir ensemble élection, accomplissement et universalité de l’Évangile.
Islam et christianisme
Le dialogue islamo-chrétien ne peut être sérieux que s’il commence par un constat lucide : l’islam et le christianisme ne confessent pas le même Dieu, au sens théologique strict. Le Dieu biblique est Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit ; Jésus-Christ y est confessé comme Fils éternel de Dieu, vrai Dieu et vrai homme. L’islam rejette explicitement ces affirmations centrales.
Parler de « foi abrahamique commune » sans qualifier les divergences doctrinales majeures relève d’une simplification trompeuse. Le respect des personnes n’implique pas la relativisation de la vérité. Le chrétien est appelé à témoigner avec charité, mais aussi avec fidélité, sans céder au syncrétisme ni à la peur du conflit intellectuel.
Positions œcuméniques
L’unité chrétienne est un impératif biblique, mais elle n’est jamais définie comme une unité sans vérité. L’Écriture lie toujours l’unité à la confession commune de la foi apostolique.
Un œcuménisme fondé sur des formulations volontairement ambiguës, des silences doctrinaux ou des compromis sur l’autorité de l’Écriture produit une unité institutionnelle fragile, mais une désintégration théologique profonde. À l’inverse, une fidélité confessionnelle rigide sans amour fraternel trahit également l’Évangile.
La position réformée confessante affirme que l’unité véritable est une unité dans la vérité révélée, reçue, confessée et transmise.
Réformés confessants et évangéliques
Le monde évangélique est pluriel. Il a souvent rendu un témoignage courageux sur la centralité de la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’urgence de l’évangélisation. Ces points de convergence sont réels et doivent être reconnus.
Cependant, une foi réduite à l’expérience individuelle, détachée des confessions historiques, des sacrements et de l’Église visible, tend à s’appauvrir théologiquement. Le subjectivisme, le pragmatisme ecclésial et la méfiance envers la doctrine produisent à terme une instabilité spirituelle.
La tradition réformée confessante rappelle que la foi chrétienne est à la fois personnelle et ecclésiale, vécue et enseignée, reçue et transmise.
Protestantisme classique et libéralisme théologique
Le libéralisme théologique repose sur une supposition majeure : la raison humaine moderne serait juge de la révélation biblique. Ce présupposé, souvent implicite, conduit à relativiser les miracles, la résurrection, le péché, la substitution pénale et parfois même l’existence d’un Dieu personnel.
Sous couvert d’adaptation culturelle, le libéralisme finit par transformer le christianisme en morale humaniste religieusement colorée. Le protestantisme classique, au contraire, confesse une révélation objective, reçue et non produite, devant laquelle l’Église elle-même est appelée à se soumettre.
Protestantisme classique et néo-orthodoxie
La néo-orthodoxie a cherché à réagir aux excès du libéralisme en réaffirmant la transcendance de Dieu et la centralité de la Parole. Cette tentative mérite d’être comprise historiquement.
Mais en dissociant parfois la Parole de Dieu de l’Écriture comme texte inspiré, elle introduit une incertitude fondamentale : la Bible devient lieu possible de révélation, sans être en elle-même Parole normative. Le protestantisme classique refuse cette séparation et maintient que Dieu parle réellement et durablement par l’Écriture inspirée.
Une vigilance permanente
Le dialogue interreligieux et intra-chrétien n’est pas un luxe académique : il engage la fidélité de l’Église à sa mission. Toute époque produit ses propres confusions, ses fausses évidences et ses pressions idéologiques. Le devoir de l’Église n’est pas de suivre l’air du temps, mais d’examiner toute chose à la lumière de la Parole de Dieu.
La charité sans vérité devient complaisance. La vérité sans charité devient dureté. L’enjeu est de tenir les deux, sans trahir ni l’Évangile, ni le prochain.
Signature doctrinale
Ce site s’inscrit dans la foi chrétienne réformée confessante.
Il confesse l’autorité souveraine de la Sainte Écriture, la centralité exclusive de Jésus-Christ, et l’unité du dessein de Dieu envers Israël, l’Église et les nations.
Il affirme la nécessité du dialogue sans relativisme, de l’unité sans compromis doctrinal, et du respect sans syncrétisme.
Il refuse toute redéfinition moderne de la foi chrétienne qui subordonnerait la révélation biblique aux idéologies, aux cultures ou à l’esprit du temps.
Sa ligne est celle d’une fidélité lucide, ferme et charitable à l’Évangile reçu, confessé et transmis.
