Les sacrements occupent une place centrale dans la vie de l’Église. Ils ne sont ni de simples symboles pédagogiques, ni des rites magiques produisant automatiquement la grâce. Dans la foi réformée confessante, ils sont des signes visibles et des sceaux efficaces de l’alliance de grâce, institués par le Christ, pour confirmer la promesse de l’Évangile.
Pourquoi seulement deux sacrements ?
La théologie réformée reconnaît uniquement le baptême et la sainte Cène comme sacrements, parce que deux critères sont décisifs :
- Ils ont été expressément institués par le Christ.
- Ils comportent un signe visible accompagné d’une promesse de grâce liée à l’alliance, et ce, pour tous les fidèles.
Le baptême est institué en Matthieu 28.19 ; la Cène en Luc 22.19–20 et 1 Corinthiens 11.23–26. D’autres pratiques ecclésiales peuvent être légitimes et précieuses (ordination, mariage, confession des péchés, onction des malades), mais elles ne répondent pas aux critères stricts d’un sacrement au sens biblique.
Combien de sacrements dans l’Église catholique ? Dans l’Église orthodoxe ?
L’Église catholique reconnaît sept sacrements : baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, onction des malades, ordre, mariage. Cette liste est fixée dogmatiquement au concile de Trente (XVIe siècle).
L’Église orthodoxe parle également traditionnellement de sept « mystères », mais sans la même définition juridique et systématique que dans le catholicisme latin. Le terme « mystère » insiste davantage sur la dimension liturgique et sacramentelle globale de la vie de l’Église.
La différence ne porte pas seulement sur le nombre, mais sur la définition même du sacrement : est-il un moyen de grâce institué par le Christ avec promesse attachée, ou une action sacrée de l’Église participant au mystère du salut ?
Les sacrements dans la théologie de l’alliance
Dans la perspective réformée, les sacrements s’inscrivent dans l’unité de l’alliance de grâce à travers l’histoire du salut. Ils ne sont pas des ajouts tardifs, mais l’accomplissement néotestamentaire de signes plus anciens.
Ainsi, la circoncision correspond au baptême (Colossiens 2.11–12), et la Pâque trouve son accomplissement dans la Cène (1 Corinthiens 5.7–8). Il n’y a pas deux peuples de Dieu ni deux voies de salut, mais une seule alliance, administrée différemment avant et après la venue du Christ.
Les sacrements ne sauvent pas par eux-mêmes ; ils scellent et confirment la promesse déjà reçue par la foi. Ils nourrissent la foi, ils la fortifient, ils la rendent visible dans la communauté rassemblée.
Ils sont donc :
– des signes visibles de réalités invisibles,
– des sceaux de la fidélité de Dieu,
– des moyens ordinaires de grâce dans l’Église visible.
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