Pour lire l’image
L’image illustre la confession du Credo : le Christ est allé jusque dans la profondeur de la mort pour y manifester sa victoire. Dans la perspective de l’alliance, cette descente signifie que la rédemption atteint l’homme jusque dans sa condition la plus radicale, afin de le conduire vers la résurrection.
Que signifie vraiment cette phrase étrange du Credo : « il est descendu aux enfers » ? S’agit-il d’un voyage du Christ dans l’au-delà, ou d’une manière de dire qu’il a porté jusqu’au bout le poids du jugement et de la mort pour nous ? Cet article propose une lecture biblique, patristique et réformée de cette confession ancienne, avec plusieurs annexes pour comprendre l’enfer, l’état intermédiaire et le purgatoire, comme aussi l’origine du Credo.
« Il est descendu aux enfers » (Credo)
Le Symbole des Apôtres affirme que le Christ « a été crucifié, est mort et a été enseveli ; il est descendu aux enfers ; le troisième jour il est ressuscité des morts ». Cette formule a souvent suscité perplexité ou incompréhension. Beaucoup imaginent une sorte de voyage spectaculaire de Jésus dans l’enfer des damnés. D’autres préfèrent traduire plus prudemment : « il est descendu au séjour des morts ». Derrière ces débats se cache une question théologique importante : que s’est-il réellement passé entre la mort du Christ et sa résurrection ? Et pourquoi l’Église ancienne a‑t-elle jugé nécessaire de confesser cet article de foi ?
La tradition chrétienne, dès les premiers siècles, a compris cette descente comme un aspect essentiel de l’œuvre rédemptrice du Christ. Elle manifeste que le Fils de Dieu a réellement partagé la condition humaine jusqu’à la mort, qu’il a pénétré le domaine même où règne la mort afin d’y manifester sa victoire. Pour comprendre ce point, il faut examiner à la fois les fondements bibliques, la réception patristique, l’élaboration médiévale et la relecture de la Réforme.
Fondements bibliques
La formule « descendu aux enfers » ne se trouve pas littéralement dans la Bible. Elle est une synthèse théologique fondée sur plusieurs passages.
Dans Actes 2.27, Pierre cite le Psaume 16 en parlant du Christ :
« Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts (ᾅδης), et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. »
Le terme grec Hadès correspond à l’hébreu Sheol, qui désigne le domaine des morts. Il ne signifie pas nécessairement le lieu de châtiment final, mais la condition des morts avant la résurrection.
Un autre texte souvent invoqué est 1 Pierre 3.18–19 :
« Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes… mis à mort quant à la chair, mais rendu vivant quant à l’Esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison. »
Ce passage a suscité de nombreuses interprétations dans l’histoire de l’Église. Certains y ont vu la proclamation de la victoire du Christ dans le monde des morts.
Enfin Éphésiens 4.9 évoque la descente du Christ :
« Or, que signifie : Il est monté, sinon qu’il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre ? »
Ces textes ne décrivent pas une scène narrative précise. Ils indiquent cependant que la mort du Christ implique une véritable entrée dans le domaine de la mort.
La lecture des Pères de l’Église
Les Pères de l’Église ont largement développé le thème de la « descente aux enfers ». Leur intention était souvent pastorale : montrer que le Christ a réellement vaincu la mort.
Irénée de Lyon écrit ainsi :
« Le Seigneur descendit dans les régions inférieures de la terre pour annoncer la bonne nouvelle aux justes qui l’avaient précédé et pour les délivrer. »
(Irénée de Lyon, Contre les hérésies, IV, 27, 2)
Dans la tradition grecque, cette descente est souvent interprétée comme la libération des justes de l’Ancien Testament.
Jean Chrysostome proclame dans une célèbre homélie pascale :
« L’enfer fut dans l’amertume, car il fut détruit. Il fut dans l’amertume, car il fut tourné en dérision. Il fut dans l’amertume, car il fut dépouillé. »
(Jean Chrysostome, Homélie pascale, IVᵉ siècle)
Augustin adopte une approche plus prudente. Il reconnaît la descente du Christ mais se montre réservé sur les spéculations détaillées :
« Qui pourrait expliquer ce qu’il a fait là-bas ? Mais qu’il y soit allé, cela ne peut être nié, puisque l’Écriture l’atteste. »
(Augustin, Lettre 164, 6)
Chez Augustin apparaît déjà une tendance à limiter les spéculations mythologiques.
La synthèse médiévale : Thomas d’Aquin
Thomas d’Aquin propose une analyse systématique dans la Somme théologique.
« Le Christ est descendu aux enfers pour délivrer les saints Pères, pour confondre les démons et pour manifester sa puissance. »
(Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIIa, q.52, a.1)
Pour Thomas, l’enfer comprend plusieurs « lieux » : le lieu des damnés, le purgatoire et le « sein d’Abraham » où attendaient les justes de l’Ancien Testament. Le Christ n’est pas allé souffrir, mais manifester sa victoire.
Cette construction reflète la théologie médiévale du purgatoire et du limbe.
La Réforme et la redéfinition du sens
Les Réformateurs ont largement revisité cet article du Credo.
Martin Luther conserve l’idée d’une victoire du Christ sur les puissances infernales, mais refuse les spéculations détaillées.
Jean Calvin adopte une interprétation très différente. Pour lui, la descente aux enfers ne désigne pas un événement local dans le monde des morts, mais l’intensité de la souffrance du Christ sur la croix.
Calvin écrit :
« S’il n’eût éprouvé que la mort corporelle, cela eût été inefficace. Il fallait qu’il ressentît aussi la sévérité de la vengeance divine afin de satisfaire la justice de Dieu. »
(Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, II, 16, 10)
Dans cette lecture, « descendre aux enfers » signifie subir la profondeur du jugement divin contre le péché.
Le Catéchisme de Heidelberg reprend cette idée :
« Pourquoi est-il ajouté : il est descendu aux enfers ?
Afin que dans mes plus grandes tentations je sois assuré que mon Seigneur Jésus-Christ m’a délivré de l’angoisse et des tourments de l’enfer. »
(Catéchisme de Heidelberg, Q.44)
Ainsi la Réforme déplace l’accent : l’enfer est expérimenté par le Christ dans sa passion.
Des théologiens réformés contemporains
Plusieurs théologiens réformés modernes ont repris cette réflexion.
Herman Bavinck écrit :
« La descente aux enfers exprime que le Christ a pénétré dans la condition la plus profonde de la mort afin d’en triompher. »
(Herman Bavinck, Dogmatique réformée, vol. 3, Grand Rapids, Baker Academic, 2006, p. 389 ; traduction du néerlandais)
Karl Barth insiste sur la dimension victorieuse :
« Dans sa mort, Jésus-Christ est entré dans la région la plus éloignée de Dieu afin d’y établir sa souveraineté. »
(Karl Barth, Dogmatique, IV/1)
Ces approches cherchent à maintenir la dimension cosmique de la victoire du Christ sans tomber dans les représentations mythologiques.
Pourquoi certains traduisent « séjour des morts »
La traduction classique « il est descendu aux enfers » est en réalité tout à fait correcte, à condition de la comprendre dans son sens théologique traditionnel et non dans le sens moderne du mot « enfer ». Le texte latin du Credo utilise l’expression descendit ad inferos. Le mot inferi signifie littéralement « les régions inférieures », c’est-à-dire le domaine des morts. Il correspond aux termes bibliques Sheol (hébreu) et Hadès (grec), qui désignent le séjour des morts avant le jugement dernier.
Dans ce sens ancien, « les enfers » ne signifient pas le lieu de damnation éternelle. Ils désignent l’ensemble du monde des morts, la condition humaine sous la puissance de la mort. La traduction traditionnelle est donc fidèle à l’usage ancien du mot.
La difficulté vient du fait que, dans la langue française moderne, « l’enfer » au singulier désigne presque toujours le lieu du châtiment final. Dans la théologie biblique, ce lieu correspond plutôt à ce que le Nouveau Testament appelle la géhenne (Matthieu 10.28) ou, après le jugement dernier, « l’étang de feu » (Apocalypse 20.14–15). Cet enfer définitif appartient à l’ordre eschatologique et non à l’état des morts avant la résurrection.
La distinction entre pluriel et singulier est donc importante. Les « enfers » (au pluriel) désignent traditionnellement le royaume des morts, tandis que « l’enfer » (au singulier) renvoie au lieu de condamnation après le jugement dernier.
Dans la perspective réformée, l’interprétation de Jean Calvin permet de conserver la formule traditionnelle sans ambiguïté. Pour Calvin, la descente aux enfers n’est pas un déplacement géographique du Christ dans un lieu souterrain, mais l’expression théologique de la profondeur de sa passion. Sur la croix, le Christ a éprouvé l’angoisse et le jugement que méritait le péché humain. Ainsi, « descendre aux enfers » signifie qu’il a porté pour nous la réalité du jugement divin.
Compris ainsi, l’article du Credo affirme que la rédemption du Christ a atteint la profondeur ultime de la condition humaine : la mort et le jugement.
Lien avec la théologie de l’alliance
Dans une perspective réformée, cet article s’inscrit dans la théologie de l’alliance.
Le Christ accomplit l’alliance de grâce en assumant pleinement la condition humaine. Il partage la mort d’Adam afin d’ouvrir la résurrection au peuple de Dieu.
Ainsi la descente aux enfers manifeste que la rédemption atteint toutes les dimensions de la condition humaine : la souffrance, la mort et même le domaine des morts.
Le Christ ne sauve pas l’homme de l’extérieur. Il descend jusque dans l’abîme pour en libérer son peuple.
Conclusion
L’article « il est descendu aux enfers » n’est donc pas un détail secondaire du Credo. Il exprime la profondeur de l’incarnation et de la rédemption.
Le Fils de Dieu a réellement traversé la mort. Il est entré dans le royaume de la mort pour y manifester sa victoire. Par sa résurrection, il a brisé la puissance de la mort et ouvert la vie éternelle à ceux qui lui appartiennent.
Ainsi la confession de l’Église proclame que la mort n’est plus un territoire étranger à Dieu. Le Christ y est déjà passé.
Annexes
Annexe 1 – Origine du Credo
Le Credo, ou Symbole des Apôtres, est l’une des plus anciennes confessions de foi du christianisme. Son origine remonte aux premiers siècles de l’Église, dans le contexte de la prédication apostolique et de la préparation au baptême. Dès le IIᵉ siècle, les Églises utilisaient de courtes formules résumant l’enseignement essentiel de la foi chrétienne : la confession du Dieu trinitaire, l’incarnation du Christ, sa mort, sa résurrection et l’espérance de la vie éternelle.
Ces formules étaient particulièrement utilisées dans la liturgie baptismale. Le candidat au baptême devait confesser sa foi en répondant à trois questions : crois-tu au Père ? crois-tu au Fils ? crois-tu au Saint-Esprit ? Cette structure trinitaire se retrouve dans le Credo tel que nous le connaissons aujourd’hui.
La forme la plus ancienne du Credo apparaît à Rome au IIᵉ siècle. On parle parfois du « symbole romain ». Cette confession primitive est attestée notamment par Tertullien (vers 200) et par Irénée de Lyon. Elle exprimait déjà les grandes lignes de la foi apostolique face aux premières hérésies, en particulier le gnosticisme qui contestait l’incarnation réelle du Christ.
Au cours des siècles suivants, cette confession s’est progressivement précisée. Certaines expressions ont été ajoutées pour clarifier la doctrine chrétienne, notamment face aux controverses théologiques. La formule « il est descendu aux enfers » apparaît dans certaines versions occidentales du Credo vers le IVᵉ siècle.
Contrairement à une tradition populaire, les apôtres eux-mêmes n’ont pas rédigé ce texte mot pour mot. Cependant, l’Église ancienne considérait qu’il exprimait fidèlement l’enseignement transmis par les apôtres. C’est pourquoi on l’a appelé « Symbole des Apôtres ». Il résume de manière concise la foi biblique confessée par l’Église universelle depuis les origines.
Annexe 2 – Qu’est-ce que l’enfer ?
Dans la Bible, l’enfer correspond au jugement final de Dieu contre le péché. Jésus en parle souvent avec des images fortes : « le feu éternel », « les ténèbres du dehors », « les pleurs et les grincements de dents » (Matthieu 25.41 ; 8.12).
L’enfer n’est pas simplement une souffrance psychologique. Il est la séparation définitive d’avec Dieu. La théologie classique insiste cependant sur un point essentiel : Dieu ne prend pas plaisir à la condamnation des pécheurs (Ézéchiel 18.23).
Annexe 3 – L’état intermédiaire
La théologie chrétienne distingue l’état intermédiaire de la résurrection finale.
Après la mort, les croyants sont « avec le Seigneur » (2 Corinthiens 5.8). Les incrédules demeurent dans l’attente du jugement final.
La résurrection finale aura lieu à la fin des temps, lorsque Dieu renouvellera la création (1 Corinthiens 15).
Annexe 4 – La relation des morts avec les vivants
La Bible interdit toute tentative de communication avec les morts.
Deutéronome 18.10–12 condamne explicitement la nécromancie. Le célèbre épisode de Saül et la médium d’En-Dor (1 Samuel 28) montre justement le caractère illégitime de ces pratiques.
La communion chrétienne concerne les croyants unis au Christ, mais elle ne passe pas par des pratiques spirites. Les morts sont entre les mains de Dieu et attendent la résurrection.
La foi chrétienne ne repose pas sur un dialogue avec les morts, mais sur la promesse de la résurrection.
Annexe 5 – La doctrine catholique du purgatoire
Dans la théologie catholique romaine, le purgatoire désigne un état de purification après la mort pour les croyants qui meurent en état de grâce mais qui ne sont pas encore parfaitement purifiés de leurs péchés. Il ne s’agit pas, dans cette perspective, d’un second salut ni d’une condamnation, mais d’une purification temporaire avant l’entrée dans la vision de Dieu.
Le Catéchisme de l’Église catholique définit ainsi cette doctrine :
« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, subissent après leur mort une purification afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. »
(Catéchisme de l’Église catholique, §1030)
Cette doctrine s’appuie sur plusieurs arguments bibliques que la théologie catholique considère comme convergents. Le texte le plus souvent cité est 2 Maccabées 12.44–45, où Judas Maccabée fait offrir un sacrifice pour les morts afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés. Dans le Nouveau Testament, certains invoquent également 1 Corinthiens 3.15 :
« Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il en subira la perte ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. »
Dans la tradition catholique, ces passages sont interprétés comme indiquant l’existence d’une purification postérieure à la mort.
La doctrine s’est progressivement développée dans la théologie médiévale. Thomas d’Aquin affirme par exemple :
« Certains péchés sont remis dans cette vie seulement, certains dans la vie future, et certains dans l’une et l’autre. »
(Thomas d’Aquin, Somme théologique, Supplément, q.71, a.6)
Dans cette perspective, le purgatoire est un lieu ou un état de purification temporaire, où les âmes sont purifiées des conséquences du péché avant d’entrer dans la béatitude.
Cette doctrine est aussi liée à la pratique des prières pour les morts et à la notion de communion des saints. Les fidèles vivants peuvent intercéder pour les défunts afin d’abréger leur purification.
La Réforme protestante a cependant rejeté la doctrine du purgatoire. Les Réformateurs considéraient qu’elle ne reposait pas sur un fondement scripturaire suffisant et qu’elle risquait de diminuer la suffisance de l’œuvre du Christ.
Jean Calvin écrit ainsi :
« Le purgatoire est une fiction pernicieuse de Satan, qui anéantit la croix du Christ, qui outrage la miséricorde de Dieu et qui renverse notre foi. »
(Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, III, 5, 6)
Dans la théologie réformée, la justification est complète dès cette vie par la foi en Christ. Le croyant qui meurt est immédiatement reçu dans la présence de Dieu. La purification ultime de l’être humain se réalisera lors de la résurrection et de la glorification finale.
Herman Bavinck résume cette perspective en écrivant :
« L’Écriture ne connaît pas un lieu de purification après la mort. La mort met fin au temps de la décision ; ensuite vient le jugement. »
(Herman Bavinck, Reformed Dogmatics, vol. 4, Grand Rapids, Baker Academic, 2008, p. 724 ; traduction du néerlandais)
Ainsi, le débat autour du purgatoire touche directement à des questions centrales de la théologie chrétienne : la nature de la justification, la suffisance du sacrifice du Christ et la compréhension de l’état intermédiaire entre la mort et la résurrection.
Bibliographie sommaire
Irénée de Lyon. Contre les hérésies. Traduction française par Adelin Rousseau et Louis Doutreleau. Paris : Cerf, coll. Sources chrétiennes, 1965–1982.
Jean Chrysostome. Homélie pascale. Dans : Homélies et sermons. Paris : Cerf, coll. Sources chrétiennes, diverses éditions.
Augustin d’Hippone. Lettre 164. Dans : Lettres. Traduction française par divers auteurs. Paris : Desclée de Brouwer / Institut d’Études Augustiniennes.
Thomas d’Aquin. Somme théologique, IIIa pars, question 52 (« La descente du Christ aux enfers »). Traduction française. Paris : Cerf, 1984.
Jean Calvin. Institution de la religion chrétienne. Livre II, chap. 16. Genève : Labor et Fides, édition française moderne.
Catéchisme de Heidelberg. Question 44. Dans : Confessions de foi réformées. Aix-en-Provence : Kerygma / diverses éditions confessionnelles.
Herman Bavinck. Reformed Dogmatics, vol. 3 : Sin and Salvation in Christ. Grand Rapids : Baker Academic, 2006. (ouvrage original en néerlandais).
Louis Berkhof. Systematic Theology. Grand Rapids : Eerdmans, 1938. Chapitre sur l’état intermédiaire et la descente du Christ aux enfers.
Karl Barth. Dogmatique, IV/1. Genève : Labor et Fides, traduction française.
Pierre Marcel. La doctrine chrétienne. Aix-en-Provence : Kerygma, 1988.
Henri Blocher (théologien évangélique). La doctrine du péché et de la rédemption. Vaux-sur-Seine : Édifac, 2001.
Wayne Grudem. Systematic Theology. Grand Rapids : Zondervan, 1994. Discussion critique de l’article « descendu aux enfers ».
Outils pédagogiques
1. Questions pour analyser les présupposés
- Quand on entend l’expression « descendu aux enfers », imagine-t-on spontanément un lieu physique ou une réalité théologique ? Pourquoi ?
- Pourquoi la Bible utilise-t-elle plusieurs mots différents pour parler de la mort : Sheol, Hadès, géhenne ? Que révèle cette diversité ?
- L’idée moderne d’« enfer » correspond-elle réellement à l’usage biblique du mot « enfers » dans le Credo ?
- Pourquoi les Réformateurs ont-ils voulu interpréter cet article de foi à partir de la croix plutôt qu’à partir d’un récit mythologique de descente dans l’au-delà ?
- Quelles conséquences doctrinales découleraient d’une mauvaise compréhension de cet article pour la doctrine de la rédemption ?
2. Questions bibliques pour étude personnelle ou en groupe
- Que signifie le terme « séjour des morts » dans Psaume 16.10 et Actes 2.27 ?
- Comment comprendre 1 Pierre 3.18–20 ? À qui le Christ « prêche-t-il » selon ce texte ?
- Que veut dire Paul lorsqu’il parle des « régions inférieures de la terre » dans Éphésiens 4.9 ?
- Comment la confession de la descente aux enfers éclaire-t-elle la profondeur de la souffrance du Christ selon Matthieu 27.46 ?
- En quoi la résurrection du Christ transforme-t-elle la compréhension chrétienne de la mort (1 Corinthiens 15.54–57) ?
3. Lecture théologique (perspective réformée)
- Pourquoi Calvin interprète-t-il la descente aux enfers comme l’expérience du jugement divin par le Christ ?
- Comment cette interprétation protège-t-elle la doctrine de la suffisance du sacrifice du Christ ?
- Pourquoi la Réforme refuse-t-elle les spéculations sur un « lieu » où le Christ serait allé entre sa mort et sa résurrection ?
4. Lien avec les confessions de foi réformées
Étudier les textes suivants :
Catéchisme de Heidelberg, question 44
Confession de foi de Westminster, chapitre VIII
Institution de la religion chrétienne de Calvin, II.16
Questions :
- Quel réconfort spirituel les confessions tirent-elles de cet article du Credo ?
- Pourquoi cet article est-il important dans la lutte contre le doute et les tentations ?
- Comment cet enseignement s’inscrit-il dans la théologie réformée de l’alliance et de la substitution du Christ ?
5. Exercice de synthèse
Résume en quelques phrases ce que signifie réellement l’article : « Il est descendu aux enfers ».
Puis explique en quoi cette confession renforce la certitude du salut pour le croyant.

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