La résurrection du Christ au matin de Pâques

Dimanche de Pâques – Année A : Le Christ est ressuscité (Matthieu 28.1–10)

Pour lire l’i­mage
Le Christ res­sus­ci­té sor­tant du tom­beau au matin de Pâques, accueilli par les femmes venues au sépulcre, tan­dis que les gardes ter­ri­fiés gisent au sol. La lumière du Res­sus­ci­té illu­mine la scène et sym­bo­lise la vic­toire de Dieu sur la mort.


Chaque semaine, l’Église reçoit de l’Écriture des pas­sages qui orientent sa prière, sa pré­di­ca­tion et sa médi­ta­tion. Les textes pro­po­sés ici s’inscrivent dans la tra­di­tion d’un lec­tion­naire com­mun, où l’Ancien Tes­ta­ment, l’épître et l’Évangile sont mis en dia­logue afin de faire appa­raître l’unité du des­sein de Dieu. Cette lec­ture ecclé­siale de la Bible rap­pelle que la Parole de Dieu n’est pas une col­lec­tion de textes iso­lés, mais le témoi­gnage cohé­rent de l’histoire du salut.

Pour ce dimanche, l’Église célèbre Pâques, cœur de l’année litur­gique. La résur­rec­tion du Christ consti­tue le pivot de la foi chré­tienne : elle confirme l’œuvre de la croix, inau­gure la nou­velle créa­tion et ouvre l’espérance de la vie éter­nelle. C’est pour­quoi la litur­gie est tra­di­tion­nel­le­ment mar­quée par la cou­leur blanche, signe de joie, de vic­toire et de gloire.

Les textes pro­po­sés éclairent ensemble le mys­tère pas­cal.
Dans l’Évangile selon Mat­thieu 28.1–10, les femmes découvrent le tom­beau vide et reçoivent l’annonce déci­sive : « Il n’est pas ici, car il est res­sus­ci­té ». L’événement fon­da­teur de la foi chré­tienne est pro­cla­mé comme une inter­ven­tion sou­ve­raine de Dieu dans l’histoire.
Dans Actes 10.34–43, Pierre témoigne que la résur­rec­tion de Jésus consti­tue le centre de la pré­di­ca­tion apos­to­lique : Dieu a rele­vé celui que les hommes avaient cru­ci­fié et l’a éta­bli juge des vivants et des morts.
Enfin, Colos­siens 3.1–4 montre la consé­quence spi­ri­tuelle de Pâques : les croyants par­ti­cipent déjà à la vie nou­velle du Res­sus­ci­té et sont appe­lés à cher­cher « les choses d’en haut ».

Ces textes prennent tout leur sens dans la pers­pec­tive de la théo­lo­gie de l’alliance. La résur­rec­tion du Christ mani­feste l’accomplissement des pro­messes de Dieu : l’alliance conclue avec Israël trouve son accom­plis­se­ment en Jésus-Christ, média­teur de la nou­velle alliance. En lui, la vic­toire sur la mort inau­gure le peuple renou­ve­lé de Dieu et ouvre l’accès à la vie nou­velle pro­mise par les Écri­tures.

Ain­si, les lec­tures de ce dimanche ne sont pas seule­ment le sou­ve­nir d’un évé­ne­ment pas­sé. Elles pro­clament que le Christ res­sus­ci­té règne aujourd’hui et qu’en lui s’accomplit le des­sein de Dieu pour son peuple et pour le monde.


Thème du dimanche

La résur­rec­tion du Christ – vic­toire de Dieu et com­men­ce­ment de la vie nou­velle.

Place dans l’année litur­gique

Dimanche de Pâques – som­met de l’année chré­tienne.

Cou­leur litur­gique

Blanc (joie, gloire, vic­toire de la résur­rec­tion).


Psaume du jour

Le Psaume du jour est le Psaume 118[117 BJ].1, 2, 16–17, 22–23.

Le Psaume 118 est par­ti­cu­liè­re­ment appro­prié pour le dimanche de Pâques. Ce psaume d’action de grâce célèbre la déli­vrance que Dieu accorde à son peuple et contient l’annonce : « La pierre qu’ont reje­tée ceux qui bâtis­saient est deve­nue la prin­ci­pale de l’angle », ver­set que le Nou­veau Tes­ta­ment applique au Christ res­sus­ci­té (Mt 21.42 ; Ac 4.11). Il répond direc­te­ment à l’Évangile de la résur­rec­tion (Mat­thieu 28) et à la pro­cla­ma­tion apos­to­lique d’Actes 10. Dans le Psau­tier de Genève, il appar­tient au groupe final des psaumes de louange chan­tés dans les assem­blées réfor­mées et s’inscrit dans la tra­di­tion pas­cale de l’Église. Dans le culte, il convient par­ti­cu­liè­re­ment pour l’adoration ou la réponse après la pré­di­ca­tion, comme chant d’action de grâce pour la vic­toire du Sei­gneur. Pour le chan­ter voir ici.


Cette page ras­semble les textes bibliques du jour, une médi­ta­tion, une pré­di­ca­tion et des élé­ments litur­giques pour le culte. Elle a pour objec­tif d’aider à la pré­pa­ra­tion et à la célé­bra­tion du culte, mais aus­si à la lec­ture per­son­nelle et com­mu­nau­taire de l’Écriture. L’ensemble du conte­nu est libre de droit et peut être uti­li­sé, adap­té et dif­fu­sé dans un cadre ecclé­sial, pas­to­ral ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

L’architecture de cette page per­met trois niveaux de lec­ture :

  • Lec­teur pres­sé → médi­ta­tion + pré­di­ca­tion → nour­ri
  • Lec­teur enga­gé → ajoute l’exégèse → enra­ci­né
  • Lec­teur for­mé / res­pon­sable → va jusqu’à l’apologétique → équi­pé


Lectio Reformata

En ce jour de Pâques, l’Église pro­clame le cœur de l’Évangile : Jésus-Christ est res­sus­ci­té. Les lec­tures de ce jour conduisent l’assemblée à contem­pler cet évé­ne­ment cen­tral sous trois angles com­plé­men­taires : l’événement lui-même, le témoi­gnage apos­to­lique et les consé­quences pour la vie du croyant.

Lec­tures du jour

Actes 10.34–43
Colos­siens 3.1–4
Mat­thieu 28.1–10

Que dit le texte ?

Dans l’Évangile selon Mat­thieu, les femmes se rendent au tom­beau au matin du pre­mier jour de la semaine. La scène est sai­sis­sante : la terre tremble, un ange roule la pierre, et le mes­sage est clair : « Il n’est pas ici, car il est res­sus­ci­té. » Les femmes deviennent les pre­mières mes­sa­gères de la résur­rec­tion. En che­min, Jésus lui-même se pré­sente à elles. Elles tombent à ses pieds et l’adorent. Le Res­sus­ci­té les envoie annon­cer la nou­velle aux dis­ciples.

Dans le livre des Actes, Pierre pro­clame cette même véri­té dans la mai­son de Cor­neille. Il rap­pelle la vie de Jésus, sa mort sur la croix et sur­tout sa résur­rec­tion : « Dieu l’a res­sus­ci­té le troi­sième jour. » Les apôtres ne parlent pas d’une idée reli­gieuse, mais d’un évé­ne­ment dont ils sont témoins. Ils ont man­gé et bu avec lui après sa résur­rec­tion. Pierre annonce ensuite la signi­fi­ca­tion de cet évé­ne­ment : Jésus est le Sei­gneur éta­bli par Dieu, et qui­conque croit en lui reçoit le par­don des péchés.

Enfin, l’épître aux Colos­siens montre la consé­quence de cette résur­rec­tion pour les croyants. Paul affirme : « Si donc vous êtes res­sus­ci­tés avec le Christ, cher­chez les choses d’en haut. » La résur­rec­tion n’est pas seule­ment un évé­ne­ment pas­sé ; elle trans­forme déjà la vie de ceux qui appar­tiennent au Christ. Leur véri­table vie est désor­mais « cachée avec le Christ en Dieu », et elle sera plei­ne­ment révé­lée lorsque le Christ appa­raî­tra dans la gloire.

Ces trois textes forment un mou­ve­ment cohé­rent : l’Évangile raconte l’événement, les Actes pro­clament le témoi­gnage apos­to­lique, et l’épître montre la vie nou­velle qui en découle.

Que révèle-t-il de Dieu ?

Ces textes révèlent d’abord la fidé­li­té de Dieu à son alliance. La résur­rec­tion de Jésus n’est pas un évé­ne­ment iso­lé dans l’histoire : elle est l’accomplissement du des­sein de Dieu annon­cé dans les Écri­tures. Dieu a pro­mis la déli­vrance, et il l’accomplit en rele­vant son Fils d’entre les morts.

Ils révèlent aus­si la sou­ve­rai­ne­té de Dieu sur la mort. La mort semble être la limite ultime de l’existence humaine. Pour­tant, en res­sus­ci­tant Jésus, Dieu montre que la mort n’est pas le der­nier mot de l’histoire. La puis­sance créa­trice qui a appe­lé le monde à l’existence agit main­te­nant dans la résur­rec­tion.

Ces textes révèlent éga­le­ment la véri­table iden­ti­té de Jésus. Celui qui a été cru­ci­fié est désor­mais recon­nu comme Sei­gneur et juge des vivants et des morts. La résur­rec­tion est la confir­ma­tion divine de la mis­sion du Christ.

Enfin, ils révèlent le carac­tère uni­ver­sel du salut. Pierre déclare que Dieu ne fait pas accep­tion de per­sonnes et que le par­don est offert à tous ceux qui croient en Jésus-Christ. L’Évangile ne concerne pas un peuple par­ti­cu­lier seule­ment, mais toutes les nations.

Qu’exige-t-il de moi ?

La résur­rec­tion appelle d’abord à la foi. Pierre affirme que « qui­conque croit en lui reçoit le par­don des péchés ». Le pre­mier appel du texte est donc simple et direct : croire au Christ res­sus­ci­té et mettre en lui sa confiance.

Elle appelle ensuite à une vie trans­for­mée. Paul exhorte les croyants à « cher­cher les choses d’en haut ». Cela signi­fie orien­ter sa vie vers Dieu, vivre selon la réa­li­té du Royaume plu­tôt que selon les valeurs pas­sa­gères du monde.

La résur­rec­tion invite aus­si à la mis­sion. Dans l’Évangile, les femmes sont envoyées annon­cer la nou­velle. Le témoi­gnage fait par­tie de la réponse de la foi. Celui qui ren­contre le Christ res­sus­ci­té ne peut gar­der cette nou­velle pour lui-même.

Enfin, la résur­rec­tion nour­rit l’espérance. Paul rap­pelle que notre vie est encore cachée, mais qu’elle sera mani­fes­tée lorsque le Christ appa­raî­tra. Le croyant vit entre la résur­rec­tion déjà accom­plie et la gloire encore à venir.

Phrase à rete­nir

Le Christ est res­sus­ci­té : celui qui croit en lui reçoit le par­don et com­mence déjà la vie nou­velle.

Prière

Sei­gneur Jésus-Christ,
toi qui es sor­ti du tom­beau et qui règnes pour tou­jours,
affer­mis notre foi en ta résur­rec­tion.
Apprends-nous à cher­cher les choses d’en haut
et à vivre déjà de la vie nou­velle que tu donnes.
Garde-nous dans l’espérance du jour
où nous paraî­trons avec toi dans la gloire.
Amen.


Courte méditation

La médi­ta­tion pro­po­sée sur le blog foedus.fr est volon­tai­re­ment courte. Elle s’appuie sur le texte de l’Évangile du jour (sauf indi­ca­tion contraire) et cherche à en faire res­sor­tir une parole cen­trale, acces­sible et direc­te­ment appli­cable à la vie quo­ti­dienne. Elle est accom­pa­gnée d’une prière simple, en écho au mes­sage biblique.

Cette médi­ta­tion peut être reprise telle quelle ou adap­tée libre­ment. Elle se prête par­ti­cu­liè­re­ment bien à un usage per­son­nel, pas­to­ral ou à un par­tage sur les réseaux sociaux (Face­book, X, etc.), sous forme de copier-col­ler.

Ce texte est libre de droit. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.


Dimanche de Pâques – Année A : Le Christ est res­sus­ci­té (Mat­thieu 28.1–10)

Selon le plan de lec­ture Soif du Dieu vivant 2026, les textes pro­po­sés pour le dimanche 5 avril sont les sui­vants :

  • Mat­thieu 28.1–10
  • Actes 10.34–43
  • Colos­siens 3.1–4

La pierre est rou­lée, le tom­beau est vide, et l’ange annonce aux femmes : « Il n’est pas ici ; il est res­sus­ci­té » (Mat­thieu 28.6). La résur­rec­tion du Christ n’est pas seule­ment un évé­ne­ment extra­or­di­naire dans l’histoire : elle est la vic­toire de Dieu sur la mort et le com­men­ce­ment d’un monde nou­veau. Là où les dis­ciples ne voyaient qu’une fin tra­gique, Dieu révèle l’accomplissement de son des­sein de salut.

Jean Chry­so­stome remarque que les femmes quittent le tom­beau « avec crainte et avec une grande joie », car la ren­contre avec l’œuvre de Dieu pro­duit tou­jours ces deux sen­ti­ments : la crainte devant la puis­sance divine et la joie devant la grâce qui sauve.

Pour nous aujourd’hui, la résur­rec­tion rap­pelle que la mort n’a pas le der­nier mot. En Jésus-Christ, Dieu a ouvert un che­min de vie que rien ne peut fer­mer. Celui qui a vain­cu la mort appelle main­te­nant ses dis­ciples à vivre dans cette espé­rance.

Appli­ca­tion
Le Christ res­sus­ci­té nous invite à quit­ter les tom­beaux de la peur, du décou­ra­ge­ment et du péché pour mar­cher dans la vie nou­velle qu’il donne.

Prière
Sei­gneur Jésus-Christ, toi qui as vain­cu la mort et ouvert le che­min de la vie, affer­mis notre foi et rem­plis nos cœurs de ta joie. Fais-nous vivre chaque jour dans la lumière de ta résur­rec­tion. Amen.

Vincent Bru, 2 avril 2026


Prédication

Les pré­di­ca­tions pro­po­sées sur le blog suivent en prin­cipe une struc­ture simple et éprou­vée : une intro­duc­tion, trois points déve­lop­pés, puis une conclu­sion. Cette pro­gres­sion vise à aider l’écoute, la com­pré­hen­sion et l’appropriation du mes­sage biblique, sans alour­dir le pro­pos ni perdre de vue l’essentiel.

Cette struc­ture n’est ni obli­ga­toire ni rigide. Elle consti­tue un cadre au ser­vice de la Parole, non une contrainte for­melle. Vous pou­vez reprendre cette pré­di­ca­tion telle quelle, l’adapter à votre contexte, ou sim­ple­ment vous en ins­pi­rer pour éla­bo­rer votre propre pro­cla­ma­tion.

La pré­di­ca­tion est pro­po­sée selon deux modèles com­plé­men­taires :

Un cane­vas de pré­di­ca­tion, des­ti­né à ceux qui sou­haitent s’inspirer de la struc­ture en la per­son­na­li­sant lar­ge­ment ;

Une pré­di­ca­tion orale exé­gé­tique, d’environ vingt minutes, direc­te­ment pro­cla­mable, pour ceux qui sou­haitent la lire ou l’adapter légè­re­ment.

Ce texte est libre de droit et peut être uti­li­sé, repro­duit ou adap­té pour un usage pas­to­ral, litur­gique ou péda­go­gique. Vous pou­vez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.

A lire avant tout : Méthode homi­lé­tique et pré­di­ca­tion réfor­mée – Fiches pour pas­teurs et pré­di­ca­teurs laïques


Prédication – canevas

Intro­duc­tion

Le matin de Pâques com­mence dans le silence d’un tom­beau. Les femmes viennent accom­plir un geste de fidé­li­té envers Jésus cru­ci­fié. Elles pensent trou­ver un corps, mais elles découvrent un mes­sage : « Il n’est pas ici, car il est res­sus­ci­té » (Mat­thieu 28.6). La résur­rec­tion n’est pas sim­ple­ment un évé­ne­ment éton­nant dans l’histoire reli­gieuse ; elle est l’acte par lequel Dieu ren­verse la mort et inau­gure une créa­tion nou­velle. Les textes de ce jour nous conduisent à com­prendre ce que signi­fie réel­le­ment la résur­rec­tion : un évé­ne­ment his­to­rique, l’accomplissement du salut et le com­men­ce­ment d’une vie nou­velle pour ceux qui croient.

I. Dieu a réel­le­ment res­sus­ci­té Jésus

Le récit de Mat­thieu insiste sur la réa­li­té de l’événement. Le trem­ble­ment de terre, l’ange, la pierre rou­lée, la peur des gardes et le témoi­gnage des femmes ne sont pas des images sym­bo­liques mais les signes d’une inter­ven­tion divine réelle dans l’histoire.

L’ange déclare : « Il n’est pas ici ; il est res­sus­ci­té, comme il l’avait dit ». La résur­rec­tion confirme la parole de Jésus et mani­feste que Dieu approuve son œuvre. Celui que les hommes ont condam­né, Dieu l’a rele­vé.

Actes 10.40 résume cette pro­cla­ma­tion apos­to­lique : « Dieu l’a res­sus­ci­té le troi­sième jour et lui a don­né de se mani­fes­ter ». La résur­rec­tion devient ain­si le cœur de la pré­di­ca­tion chré­tienne.

Sans la résur­rec­tion, la croix res­te­rait une tra­gé­die. Avec la résur­rec­tion, elle devient la vic­toire de Dieu.

Illus­tra­tion

Dans l’Antiquité, un roi vic­to­rieux reve­nait de la bataille pour annon­cer sa vic­toire à son peuple. De la même manière, la résur­rec­tion est l’annonce que la bataille déci­sive contre le péché et la mort a été rem­por­tée.

Appli­ca­tion

La foi chré­tienne repose sur cet évé­ne­ment. Si Christ n’est pas res­sus­ci­té, la foi est vaine. Mais parce qu’il est vivant, l’espérance chré­tienne est solide.

II. La résur­rec­tion révèle l’accomplissement du salut

Dans le dis­cours de Pierre chez Cor­neille, l’apôtre déclare que Jésus est « dési­gné par Dieu comme juge des vivants et des morts » et que « qui­conque croit en lui reçoit par son nom le par­don des péchés » (Actes 10.42–43).

La résur­rec­tion confirme que le sacri­fice de la croix a été accep­té par Dieu. Elle est le sceau divin appo­sé sur l’œuvre de Christ.

Les pro­phètes avaient annon­cé cette vic­toire de Dieu sur la mort. La résur­rec­tion montre que toutes les pro­messes de l’alliance trouvent leur accom­plis­se­ment en Jésus.

Illus­tra­tion

On peut com­pa­rer la résur­rec­tion au lever du soleil après une nuit longue et sombre. La croix semble être la vic­toire des ténèbres, mais la résur­rec­tion révèle que Dieu avait déjà pré­pa­ré la lumière.

Appli­ca­tion

Le par­don des péchés n’est pas une idée abs­traite. Il repose sur l’œuvre accom­plie du Christ mort et res­sus­ci­té.

III. La résur­rec­tion inau­gure une vie nou­velle

Paul écrit : « Si donc vous êtes res­sus­ci­tés avec le Christ, cher­chez les choses d’en haut » (Colos­siens 3.1).

La résur­rec­tion ne concerne pas seule­ment Jésus ; elle concerne aus­si ceux qui lui appar­tiennent. Par la foi, les croyants par­ti­cipent déjà à cette vie nou­velle.

Paul affirme même : « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». La vie chré­tienne est déjà enra­ci­née dans la réa­li­té du Royaume, même si sa gloire n’est pas encore plei­ne­ment visible.

Illus­tra­tion

Une graine enfouie dans la terre semble morte, mais elle contient déjà la vie qui va appa­raître. De même, la vie nou­velle don­née par Christ est par­fois cachée, mais elle se mani­fes­te­ra plei­ne­ment lorsque le Christ revien­dra.

Appli­ca­tion

La résur­rec­tion appelle les croyants à vivre autre­ment : non plus selon les logiques de ce monde, mais selon la réa­li­té du Royaume de Dieu.

Conclu­sion

Le matin de Pâques trans­forme tout. Le tom­beau vide annonce que la mort est vain­cue, que le salut est accom­pli et qu’une vie nou­velle est pos­sible.

Les femmes quittent le tom­beau « avec crainte et avec une grande joie ». Cette joie demeure aujourd’hui la joie de l’Église.

Le Christ cru­ci­fié est vivant. Il est Sei­gneur. Et parce qu’il est res­sus­ci­té, ceux qui croient en lui par­ti­cipent déjà à sa vie et attendent le jour où ils paraî­tront avec lui dans la gloire.


Prédication exposition – forme orale (env. 20 mn)

Intro­duc­tion

Nous vivons dans un monde qui parle beau­coup d’espoir, mais qui doute pro­fon­dé­ment qu’une vraie vic­toire sur la mort soit pos­sible. La mort reste la fron­tière ultime. Les pro­grès scien­ti­fiques peuvent pro­lon­ger la vie, mais ils ne peuvent pas abo­lir la mort. C’est pour­quoi la résur­rec­tion de Jésus-Christ reste aujourd’hui l’affirmation la plus radi­cale du chris­tia­nisme. Elle ne dit pas seule­ment que Dieu console les hommes ; elle affirme que Dieu a réel­le­ment vain­cu la mort.

Le pas­sage de Mat­thieu 28.1–10 nous conduit au matin de Pâques. Nous sommes devant le pre­mier témoi­gnage de la résur­rec­tion. Tout l’Évangile de Mat­thieu conduit à ce moment. Jésus a annon­cé plu­sieurs fois sa mort et sa résur­rec­tion. La croix sem­blait être la fin de l’histoire. Mais Dieu va révé­ler que la croix n’était pas la défaite du Christ, mais le che­min vers sa vic­toire.

Le matin où Dieu ren­verse la mort (v.1–4)

Le récit com­mence dans le silence du matin. « Après le sab­bat, à l’aube du pre­mier jour de la semaine ». Nous sommes au début d’un jour ordi­naire. Deux femmes viennent au tom­beau : Marie-Made­leine et « l’autre Marie ». Elles viennent voir le sépulcre. Elles viennent accom­plir un geste de fidé­li­té. Elles pensent trou­ver un tom­beau fer­mé et un corps mort.

Mais Dieu inter­vient.

Mat­thieu raconte qu’« il y eut un grand trem­ble­ment de terre ». Dans la Bible, les trem­ble­ments de terre accom­pagnent sou­vent les inter­ven­tions directes de Dieu. Au Sinaï, la mon­tagne tremble lorsque Dieu donne la loi (Exode 19). Au moment de la mort de Jésus, la terre avait déjà trem­blé (Mat­thieu 27.51). Main­te­nant, la terre tremble encore. Dieu agit.

Un ange des­cend du ciel et roule la pierre. Son appa­rence est « comme l’éclair » et son vête­ment « blanc comme la neige ». Les gardes tremblent et deviennent « comme morts ».

Le contraste est frap­pant. Ceux qui gardent un mort deviennent comme morts. Celui qui était mort est vivant.

La pierre n’est pas rou­lée pour per­mettre à Jésus de sor­tir. Le Res­sus­ci­té n’a pas besoin qu’on lui ouvre un tom­beau. La pierre est rou­lée pour que les témoins puissent voir que le tom­beau est vide.

La pre­mière pro­cla­ma­tion de la résur­rec­tion (v.5–7)

L’ange parle aux femmes. Et ses pre­mières paroles sont : « N’ayez pas peur ».

C’est sou­vent ain­si que Dieu parle quand il agit puis­sam­ment. La ren­contre avec Dieu pro­voque la crainte, mais Dieu ras­sure ceux qui le cherchent.

L’ange ajoute : « Je sais que vous cher­chez Jésus, le cru­ci­fié ». Cette expres­sion est impor­tante. Le Res­sus­ci­té n’est pas un autre que celui qui a été cru­ci­fié. Celui qui vit est le même qui a don­né sa vie.

Puis vient la phrase cen­trale : « Il n’est pas ici ; il est res­sus­ci­té, comme il l’avait dit ».

Le verbe grec uti­li­sé ici signi­fie lit­té­ra­le­ment « il a été rele­vé ». La résur­rec­tion est l’acte de Dieu. Les hommes ont condam­né Jésus. Dieu le relève.

L’ange invite les femmes à regar­der le lieu où Jésus repo­sait. La foi chré­tienne n’est pas fon­dée sur une idée ou une impres­sion spi­ri­tuelle. Elle repose sur un fait : le tom­beau est vide.

Puis les femmes reçoivent une mis­sion : « Allez dire à ses dis­ciples qu’il est res­sus­ci­té ». La résur­rec­tion ne doit pas res­ter un secret. Elle devient immé­dia­te­ment un mes­sage à annon­cer.

L’Évangile com­mence tou­jours par une annonce.

La ren­contre avec le Christ vivant (v.8–9)

Les femmes quittent le tom­beau « avec crainte et avec une grande joie ».

Ces deux sen­ti­ments vont sou­vent ensemble dans la Bible. La crainte devant la puis­sance de Dieu. La joie devant la grâce qu’il accorde.

Puis Mat­thieu raconte quelque chose d’extraordinaire : « Jésus vint à leur ren­contre ».

Le pre­mier mot que Jésus pro­nonce est simple : « Je vous salue ». Le terme grec peut aus­si se tra­duire par « réjouis­sez-vous ». La résur­rec­tion ouvre un temps de joie.

Les femmes s’approchent et « sai­sissent ses pieds ». Ce détail est très concret. Elles touchent Jésus. La résur­rec­tion n’est pas une appa­ri­tion spi­ri­tuelle. Jésus est réel­le­ment vivant.

Puis elles l’adorent.

Dans l’Évangile de Mat­thieu, l’adoration est tou­jours liée à la recon­nais­sance de l’autorité divine de Jésus. La résur­rec­tion révèle qui il est réel­le­ment.

Le Res­sus­ci­té envoie ses témoins (v.10)

Jésus répète le mes­sage de l’ange : « N’ayez pas peur ».

La résur­rec­tion enlève la peur fon­da­men­tale de l’humanité : la peur de la mort et du juge­ment.

Puis Jésus donne une mis­sion : « Allez dire à mes frères ».

C’est une expres­sion éton­nante. Les dis­ciples ont aban­don­né Jésus au moment de la croix. Pour­tant Jésus les appelle encore « mes frères ». La résur­rec­tion ne vient pas condam­ner les dis­ciples infi­dèles ; elle vient les res­tau­rer.

Il leur donne ren­dez-vous en Gali­lée. C’est là que le minis­tère de Jésus avait com­men­cé. C’est là aus­si que la mis­sion vers les nations sera confiée aux dis­ciples.

La résur­rec­tion marque donc un nou­veau com­men­ce­ment.

Conclu­sion

Le matin de Pâques change tout.

Le tom­beau est vide. La mort est vain­cue. Celui qui a été cru­ci­fié est vivant.

Si Jésus n’est pas res­sus­ci­té, la foi chré­tienne est une illu­sion. Mais si Jésus est réel­le­ment res­sus­ci­té, alors toute l’histoire change de sens.

Cela signi­fie que la croix n’était pas une défaite mais la vic­toire de Dieu sur le péché. Cela signi­fie que la mort n’a pas le der­nier mot. Cela signi­fie que l’espérance chré­tienne est fon­dée sur une réa­li­té.

Et cela signi­fie aus­si que cha­cun doit répondre à cette nou­velle.

Pour ceux qui croient, la résur­rec­tion est une immense conso­la­tion. Votre vie est entre les mains du Christ vivant. Même la mort ne pour­ra pas vous sépa­rer de lui.

Pour ceux qui hésitent encore, la résur­rec­tion est une invi­ta­tion. Le Christ vivant appelle à la foi et à la repen­tance. Il appelle à quit­ter les che­mins qui conduisent à la mort pour entrer dans la vie qu’il donne.

Le mes­sage de Pâques est simple.

Jésus, le cru­ci­fié, est vivant.
Et parce qu’il est vivant, l’espérance est pos­sible.


Exégèse

La par­tie exé­gé­tique pro­po­sée sur le blog foedus.fr vise à éclai­rer les textes bibliques du jour de manière rigou­reuse et acces­sible. Pour chaque texte, l’accent est por­té à la fois sur le contexte immé­diat et sur le contexte glo­bal de l’Écriture, afin d’en res­pec­ter la cohé­rence théo­lo­gique et l’inscription dans l’histoire du salut.

L’analyse s’attache par­ti­cu­liè­re­ment aux mots hébreux et grecs les plus signi­fi­ca­tifs, lorsque cela est néces­saire pour com­prendre le sens pré­cis du texte. Elle s’enrichit éga­le­ment de l’apport des Pères de l’Église, des Réfor­ma­teurs, ain­si que de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante contem­po­raine, afin de situer l’interprétation dans la conti­nui­té de la tra­di­tion chré­tienne.

Lorsque cela éclaire uti­le­ment le pas­sage étu­dié, des élé­ments d’archéologie biblique sont éga­le­ment inté­grés, pour repla­cer le texte dans son cadre his­to­rique et cultu­rel sans en faire un simple objet aca­dé­mique.

Cette approche cherche à ser­vir à la fois la com­pré­hen­sion du texte et la foi de l’Église, en met­tant l’exégèse au ser­vice de la pro­cla­ma­tion et de la vie chré­tienne.

La ver­sion de la Bible uti­li­sée ici est la Bible Louis Segond, de 1978, ver­sion dite « A la Colombe ».

Psaume du jour

Psaume 118 (Bible catho­liques Psaume 117).1, 2,16–17, 22–23

1 Célé­brez l’É­ter­nel, car il est bon,
Car sa bien­veillance dure à tou­jours !
2Qu’Israël dise :
Car sa bien­veillance dure à tou­jours !
16 La droite de l’É­ter­nel est éle­vée !
La droite de l’É­ter­nel agit avec puis­sance !
17Je ne mour­rai pas, je vivrai
Et je redi­rai les œuvres de l’É­ter­nel.
22 La pierre qu’ont reje­tée ceux qui bâtis­saient
Est deve­nue la pierre prin­ci­pale, celle de l’angle.
23C’est de l’É­ter­nel que cela est venu :
C’est un miracle à nos yeux.


Ce choix n’est pas arbi­traire. Ce psaume appar­tient au groupe des psaumes du Hal­lel (Ps 113–118) chan­tés lors de la Pâque juive. Jésus lui-même les a chan­tés avec ses dis­ciples lors du der­nier repas (Mt 26.30). L’Église pri­mi­tive a très tôt com­pris que ce psaume annon­çait pro­phé­ti­que­ment la résur­rec­tion.

Plu­sieurs ver­sets sont direc­te­ment liés au mys­tère pas­cal.

Le ver­set 17 pro­clame :
« Je ne mour­rai pas, je vivrai, et je racon­te­rai les œuvres de l’Éternel. »

Le ver­set 22 déclare :
« La pierre qu’ont reje­tée ceux qui bâtis­saient est deve­nue la prin­ci­pale de l’angle. »

Ce ver­set est expli­ci­te­ment appli­qué au Christ dans le Nou­veau Tes­ta­ment (Mt 21.42 ; Ac 4.11 ; 1 Pi 2.7). Celui qui a été reje­té et cru­ci­fié est éta­bli par Dieu comme fon­de­ment du salut.

Enfin, le ver­set 24 donne la tona­li­té du jour :
« Voi­ci le jour que l’Éternel a fait : qu’il soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie. »

Dans la tra­di­tion chré­tienne ancienne, ce ver­set est com­pris comme une annonce du jour de la résur­rec­tion, le jour nou­veau inau­gu­ré par Dieu.

Ain­si, le Psaume 118 cor­res­pond par­fai­te­ment aux lec­tures :

Mat­thieu 28 : la résur­rec­tion du Christ
Actes 10 : la pro­cla­ma­tion apos­to­lique
Colos­siens 3 : la vie nou­velle du croyant

Le psaume devient alors la réponse litur­gique de l’Église : rendre grâce pour la vic­toire du Sei­gneur.

Dans le Psau­tier de Genève, on peut donc chan­ter Psaume 118 – « Ren­dez grâce au Sei­gneur ».


1re lecture (Bible hébraïque)

Actes 10:34–43 NVS78P [34] Alors Pierre ouvrit la bouche et dit : En véri­té, je le com­prends, pour Dieu il n’y a pas de consi­dé­ra­tion de per­sonnes, [35] mais en toute nation celui qui le craint et qui pra­tique la jus­tice lui est agréable. [36] Il a envoyé la parole aux fils d’Is­raël, en leur annon­çant la bonne nou­velle de la paix par Jésus-Christ ; c’est lui, le Sei­gneur de tous. [37] Vous savez ce qui est arri­vé dans toute la Judée, après avoir com­men­cé en Gali­lée, à la suite du bap­tême que Jean a prê­ché : [38] com­ment Dieu a oint d’Es­prit Saint et de puis­sance Jésus de Naza­reth, qui allait de lieu en lieu en fai­sant le bien et en gué­ris­sant tous ceux qui étaient sous l’op­pres­sion du diable ; car Dieu était avec lui. [39] Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jéru­sa­lem. Ils l’ont fait mou­rir en le pen­dant au bois. [40] Dieu l’a res­sus­ci­té le troi­sième jour et lui a don­né de se mani­fes­ter, [41] non à tout le peuple, mais aux témoins choi­sis d’a­vance par Dieu, à nous qui avons man­gé et bu avec lui, après sa résur­rec­tion d’entre les morts. [42] Et Jésus nous a com­man­dé de prê­cher au peuple et d’at­tes­ter qu’il a été lui-même dési­gné par Dieu comme juge des vivants et des morts. [43] Tous les pro­phètes rendent de lui le témoi­gnage que qui­conque croit en lui reçoit par son nom le par­don des péchés.


Brève intro­duc­tion

Le pas­sage d’Actes 10.34–43 appar­tient au dis­cours que Pierre pro­nonce dans la mai­son du cen­tu­rion Cor­neille à Césa­rée. Cet épi­sode consti­tue un tour­nant majeur dans le livre des Actes : pour la pre­mière fois, l’Évangile est expli­ci­te­ment annon­cé à des païens incir­con­cis. Luc montre ain­si com­ment l’Église com­prend pro­gres­si­ve­ment que l’œuvre du Christ dépasse les fron­tières d’Israël pour atteindre toutes les nations. Le dis­cours de Pierre résume l’Évangile apos­to­lique : minis­tère de Jésus, mort, résur­rec­tion, témoi­gnage apos­to­lique et par­don des péchés.

Exé­gèse du texte grec

Ver­set 34
Le texte grec dit : « ἐπ’ ἀληθείας καταλαμβάνομαι ». Le verbe καταλαμβάνομαι signi­fie « sai­sir plei­ne­ment », « com­prendre pro­fon­dé­ment ». Pierre ne for­mule pas une idée abs­traite : il confesse une com­pré­hen­sion nou­velle que Dieu vient de lui don­ner. L’expression « οὐκ ἔστιν προσωπολήμπτης ὁ θεός » signi­fie lit­té­ra­le­ment « Dieu n’est pas quelqu’un qui reçoit le visage ». L’idiome sémi­tique indique l’absence de favo­ri­tisme fon­dé sur l’origine, le rang ou l’appartenance eth­nique.

Ver­set 35
« ἐν παντὶ ἔθνει » : « dans toute nation ». Le mot ἔθνος désigne les peuples non juifs. Luc sou­ligne ici l’universalité du salut. Mais l’expression « celui qui le craint et pra­tique la jus­tice » ne décrit pas une voie de salut par les œuvres ; elle désigne l’attitude de celui qui se tourne vers Dieu avec foi. Cor­neille lui-même est pré­sen­té comme un « crai­gnant Dieu » (Ac 10.2).

Ver­set 36
« εἰρήνην διὰ Ἰησοῦ Χριστοῦ » : la paix « par Jésus-Christ ». Le terme εἰρήνη ren­voie à la paix mes­sia­nique pro­mise par les pro­phètes. L’expression « οὗτός ἐστιν πάντων κύριος » affirme la sou­ve­rai­ne­té uni­ver­selle du Christ : Jésus n’est pas seule­ment le Mes­sie d’Israël mais le Sei­gneur de tous.

Ver­sets 37–38
Pierre rap­pelle le minis­tère public de Jésus. Le verbe « ἔχρισεν » (« il a oint ») ren­voie direc­te­ment au titre de « Christ ». Jésus est celui que Dieu a consa­cré par l’Esprit. L’expression « διῆλθεν εὐεργετῶν » signi­fie « il allait en fai­sant le bien ». Luc pré­sente Jésus comme le libé­ra­teur de ceux qui sont « oppri­més par le diable », sou­li­gnant la dimen­sion cos­mique de son œuvre.

Ver­set 39
La phrase « κρεμάσαντες ἐπὶ ξύλου » signi­fie « l’ayant sus­pen­du à un bois ». Cette for­mule rap­pelle Deu­té­ro­nome 21.23. Luc sou­ligne ain­si la malé­dic­tion asso­ciée à la cru­ci­fixion, thème repris par Paul en Galates 3.13.

Ver­set 40
« τούτον ὁ θεὸς ἤγειρεν » : « celui-ci, Dieu l’a rele­vé ». Le verbe ἐγείρω est le terme clas­sique pour la résur­rec­tion. La résur­rec­tion est pré­sen­tée comme l’acte sou­ve­rain de Dieu qui ren­verse le ver­dict humain.

Ver­set 41
La résur­rec­tion n’est pas un phé­no­mène public uni­ver­sel mais un évé­ne­ment attes­té par des témoins choi­sis. Le verbe προκεχειροτονημένοις signi­fie « dési­gnés d’avance ». L’autorité apos­to­lique repose sur cette dési­gna­tion divine.

Ver­set 42
Pierre annonce que le Christ est « κριτής ζώντων καὶ νεκρῶν » : juge des vivants et des morts. Cette for­mule exprime la sei­gneu­rie escha­to­lo­gique du Christ.

Ver­set 43
Le dis­cours culmine dans l’annonce du par­don : « πᾶς ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν ». L’expression signi­fie « qui­conque croit en lui ». Le salut est offert uni­ver­sel­le­ment, mais il est reçu par la foi. L’autorité de cette pro­cla­ma­tion est enra­ci­née dans le témoi­gnage des pro­phètes.

Cita­tions des Pères de l’Église

Jean Chry­so­stome, dans ses Homé­lies sur les Actes des Apôtres (Homé­lie 23), sou­ligne le carac­tère uni­ver­sel du salut :
« Pierre montre ici que Dieu ne fait pas de dis­tinc­tion entre les peuples, mais qu’il accueille tous ceux qui s’approchent de lui avec foi. Ain­si l’Évangile se révèle des­ti­né à toute la terre. »
Jean Chry­so­stome, Homé­lies sur les Actes des Apôtres, Homé­lie 23, PG 60.

Augus­tin insiste sur l’unité du salut en Christ :
« Ce n’est pas la nation qui rend quelqu’un agréable à Dieu, mais la foi qui agit par l’amour. Ain­si Dieu ras­semble de toutes les nations un seul peuple. »
Augus­tin, Ser­mon 62, dans Ser­mons, PL 38.

Cita­tions des Réfor­ma­teurs

Jean Cal­vin écrit dans son com­men­taire sur ce pas­sage :
« Pierre n’enseigne pas que les hommes puissent méri­ter la faveur de Dieu par leurs œuvres, mais que Dieu reçoit ceux qui le craignent, parce qu’il les a déjà atti­rés à lui par sa grâce. »
Jean Cal­vin, Com­men­taire sur les Actes des Apôtres, Actes 10.35.

Mar­tin Luther sou­ligne la cen­tra­li­té de la foi :
« Ce pas­sage montre que le par­don des péchés est don­né à tous ceux qui croient en Christ. C’est là la somme de l’Évangile et la conso­la­tion la plus cer­taine pour la conscience. »
Mar­tin Luther, Ser­mons sur les Actes des Apôtres.

Cita­tions de théo­lo­giens réfor­més contem­po­rains

Her­man Bavinck explique que l’universalité du salut ne contre­dit pas l’élection :
« L’Évangile est pro­cla­mé à toutes les nations, car le des­sein de Dieu embrasse le monde entier. Mais il est reçu par ceux que Dieu appelle effi­ca­ce­ment par sa grâce. »
Her­man Bavinck, Refor­med Dog­ma­tics, vol. 3, Baker Aca­de­mic, 2006, p. 573 (tra­duc­tion fran­çaise).

Apports de l’archéologie biblique

Les fouilles de Césa­rée mari­time ont confir­mé l’importance de cette ville comme centre admi­nis­tra­tif romain en Judée. Une ins­crip­tion décou­verte en 1961 men­tionne Ponce Pilate comme pré­fet de Judée. Ce contexte archéo­lo­gique confirme le cadre his­to­rique dans lequel Luc situe l’épisode de Cor­neille et l’ouverture de l’Évangile au monde romain.

Impli­ca­tions pour la théo­lo­gie de l’alliance

Ce texte mani­feste un moment clé de l’histoire de l’alliance. Dieu avait pro­mis à Abra­ham : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Gn 12.3). L’épisode de Cor­neille montre l’accomplissement de cette pro­messe. L’alliance conclue avec Israël n’est pas abo­lie mais accom­plie et éten­due aux nations par Jésus-Christ.

Dans la pers­pec­tive réfor­mée, ce pas­sage confirme que l’Église n’est pas un peuple paral­lèle à Israël mais l’extension du peuple de Dieu aux nations. Le Christ, Sei­gneur de tous, ras­semble un seul peuple par la foi, confor­mé­ment aux pro­messes pro­phé­tiques.

Ain­si, le dis­cours de Pierre à Césa­rée consti­tue une pro­cla­ma­tion conden­sée de l’Évangile : Jésus est le Sei­gneur, mort et res­sus­ci­té, juge du monde, et qui­conque croit en lui reçoit le par­don des péchés.


2e lecture (Tradition des Apôtres)

Colos­siens 3:1–4 NVS78P [1] Si donc vous êtes res­sus­ci­tés avec le Christ, cher­chez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. [2] Pen­sez à ce qui est en haut, et non à ce qui est sur la terre. [3] Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. [4] Quand le Christ, votre vie, paraî­tra, alors vous paraî­trez aus­si avec lui dans la gloire.


Brève intro­duc­tion pour situer le texte

Colos­siens 3.1–4 marque un tour­nant dans l’épître. Après avoir expo­sé la supé­rio­ri­té abso­lue du Christ (Col 1–2) et dénon­cé les fausses doc­trines mêlant léga­lisme juif, ascé­tisme et spé­cu­la­tions spi­ri­tuelles, Paul en vient aux consé­quences pra­tiques de l’union avec le Christ. La morale chré­tienne ne repose pas sur des règles exté­rieures mais sur une réa­li­té onto­lo­gique : les croyants par­ti­cipent déjà à la mort et à la résur­rec­tion du Christ. Ce pas­sage est l’un des textes les plus concen­trés du Nou­veau Tes­ta­ment sur la vie nou­velle en Christ.

Exé­gèse du texte grec

Ver­set 1

Le texte grec com­mence par : « Εἰ οὖν συνηγέρθητε τῷ Χριστῷ ».
Le verbe συνηγέρθητε signi­fie « être res­sus­ci­té avec ». Le pré­fixe συν (« avec ») exprime l’union réelle du croyant avec le Christ. Paul ne parle pas d’une imi­ta­tion morale mais d’une par­ti­ci­pa­tion spi­ri­tuelle à la résur­rec­tion.

L’impératif « ζητεῖτε » signi­fie « recher­chez acti­ve­ment ». Le croyant doit orien­ter sa vie vers « τὰ ἄνω » — « les choses d’en haut ». Cette expres­sion désigne la réa­li­té céleste inau­gu­rée par la résur­rec­tion.

« ὅπου ὁ Χριστός ἐστιν ἐν δεξιᾷ τοῦ θεοῦ καθήμενος »
Le Christ est « assis à la droite de Dieu », for­mule qui ren­voie au Psaume 110.1. Elle exprime la sei­gneu­rie royale et l’exaltation du Christ.

Ver­set 2

« τὰ ἄνω φρονεῖτε »
Le verbe φρονέω signi­fie pen­ser, orien­ter son esprit, adop­ter une dis­po­si­tion inté­rieure. Paul parle d’une orien­ta­tion pro­fonde de l’intelligence et du cœur.

L’opposition « τὰ ἄνω / τὰ ἐπὶ τῆς γῆς » ne signi­fie pas un mépris de la créa­tion mais un contraste entre la réa­li­té du Royaume de Dieu et les sys­tèmes du monde domi­nés par le péché.

Ver­set 3

« ἀπεθάνετε γάρ »
« Vous êtes morts ». Le verbe est à l’aoriste : il décrit un évé­ne­ment déjà accom­pli. Cette mort ren­voie à la par­ti­ci­pa­tion du croyant à la mort du Christ, thème cen­tral chez Paul (Rm 6.3–8).

« ἡ ζωὴ ὑμῶν κέκρυπται »
Le verbe κρύπτω signi­fie « cacher ». Le par­fait indique un état per­ma­nent : la vie du croyant est désor­mais cachée avec le Christ en Dieu. Cette expres­sion évoque une sécu­ri­té abso­lue et une réa­li­té encore invi­sible.

Ver­set 4

« ὅταν ὁ Χριστὸς φανερωθῇ »
Le verbe φανερόω signi­fie « être mani­fes­té ». Il ren­voie à la parou­sie, la révé­la­tion finale du Christ.

« ἡ ζωὴ ὑμῶν »
Paul iden­ti­fie expli­ci­te­ment le Christ comme la vie du croyant. L’existence chré­tienne n’est pas sim­ple­ment ins­pi­rée par Jésus : elle est par­ti­ci­pa­tion à sa vie.

« τότε καὶ ὑμεῖς… ἐν δόξῃ »
La gloire future du croyant est liée à celle du Christ. L’union avec Christ dans la résur­rec­tion pré­sente conduit à la par­ti­ci­pa­tion à sa gloire future.

Expli­ca­tion des mots les plus impor­tants

συνηγέρθητε — res­sus­ci­tés avec : union mys­tique avec Christ.
ζητεῖτε — cher­cher acti­ve­ment : orien­ta­tion volon­taire de la vie.
φρονεῖτε — pen­ser, avoir une dis­po­si­tion inté­rieure.
κέκρυπται — caché : sécu­ri­té et réa­li­té spi­ri­tuelle invi­sible.
φανερωθῇ — être mani­fes­té : révé­la­tion finale du Christ à la fin des temps.

Cita­tions des Pères de l’Église

Jean Chry­so­stome com­mente ain­si ce pas­sage :
« Paul ne dit pas seule­ment : faites le bien, mais il rap­pelle d’abord ce que nous sommes deve­nus. Car celui qui sait qu’il est res­sus­ci­té avec le Christ ne peut plus vivre comme aupa­ra­vant. »
Jean Chry­so­stome, Homé­lies sur l’Épître aux Colos­siens, Homé­lie 7, PG 62.

Augus­tin sou­ligne la dimen­sion spi­ri­tuelle de cette résur­rec­tion :
« La résur­rec­tion dont parle l’Apôtre est déjà com­men­cée dans l’âme, lorsque l’homme passe de la mort du péché à la vie de la jus­tice. »
Augus­tin, Ser­mon 229, PL 38.

Cita­tions des Réfor­ma­teurs

Jean Cal­vin insiste sur l’union avec Christ :
« Toute l’exhortation de Paul repose sur ce fon­de­ment : les fidèles sont unis à Christ, de sorte que sa mort et sa résur­rec­tion deviennent aus­si les leurs. »
Jean Cal­vin, Com­men­taire sur l’épître aux Colos­siens, Colos­siens 3.1.

Cal­vin ajoute :
« Cher­cher les choses d’en haut ne signi­fie pas aban­don­ner le monde, mais vivre dans le monde avec un cœur déjà tour­né vers le royaume de Dieu. »

Cita­tions de théo­lo­giens réfor­més contem­po­rains

Her­man Bavinck explique la por­tée doc­tri­nale de ce pas­sage :
« L’union avec Christ est le cœur de la vie chré­tienne. Par elle, les croyants par­ti­cipent à sa mort, à sa résur­rec­tion et fina­le­ment à sa glo­ri­fi­ca­tion. »
Her­man Bavinck, Refor­med Dog­ma­tics, vol. 4, Baker Aca­de­mic, 2008, p. 248 (édi­tion ori­gi­nale anglaise).

Apports de l’archéologie biblique

Les décou­vertes archéo­lo­giques à Colosses et dans la val­lée du Lycus montrent l’influence reli­gieuse syn­cré­tique de la région au pre­mier siècle : cultes locaux, tra­di­tions juives et spé­cu­la­tions mys­tiques s’y mêlaient. Le contexte éclaire les aver­tis­se­ments de Paul contre les « phi­lo­so­phies » et les pra­tiques ascé­tiques évo­quées en Colos­siens 2. L’exhortation à cher­cher « les choses d’en haut » s’oppose à ces spi­ri­tua­li­tés alter­na­tives.

Impli­ca­tions pour la théo­lo­gie de l’alliance

Ce texte révèle une dimen­sion fon­da­men­tale de l’alliance nou­velle : la par­ti­ci­pa­tion du peuple de Dieu à la vie du Mes­sie. Dans l’Ancien Tes­ta­ment, l’alliance pro­met­tait la vie avec Dieu ; dans le Christ res­sus­ci­té, cette pro­messe devient réa­li­té.

La théo­lo­gie réfor­mée sou­ligne que l’union avec Christ est le centre de l’économie du salut. Par la foi, les croyants sont incor­po­rés au Christ, et tous les béné­fices de l’alliance — jus­ti­fi­ca­tion, sanc­ti­fi­ca­tion et glo­ri­fi­ca­tion — découlent de cette union.

Ain­si Colos­siens 3.1–4 décrit la struc­ture même de la vie chré­tienne :
une résur­rec­tion déjà com­men­cée, une vie cachée en Dieu, et une gloire future qui sera révé­lée lorsque le Christ appa­raî­tra.


Évangile

Mat­thieu 28:1–10 NVS78P [1] Après le sab­bat, à l’aube du pre­mier jour de la semaine, Marie-Made­leine et l’autre Marie allèrent voir le sépulcre. [2] Et voi­ci qu’il y eut un grand trem­ble­ment de terre ; car un ange du Sei­gneur des­cen­dit du ciel, vint rou­ler la pierre et s’as­sit des­sus. [3] Son aspect était comme l’é­clair et son vête­ment blanc comme la neige. [4] Les gardes trem­blèrent de peur, et devinrent comme morts. [5] Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : Pour vous, n’ayez pas peur, car je sais que vous cher­chez Jésus, le cru­ci­fié. [6] Il n’est pas ici ; en effet il est res­sus­ci­té, comme il l’a­vait dit. Venez, voyez l’en­droit où il était cou­ché, [7] et allez promp­te­ment dire à ses dis­ciples qu’il est res­sus­ci­té des morts. Il vous pré­cède en Gali­lée ; c’est là que vous le ver­rez. Voi­ci : je vous l’ai dit. [8] Elles s’é­loi­gnèrent promp­te­ment du tom­beau, avec crainte et avec une grande joie, et elles cou­rurent por­ter la nou­velle aux dis­ciples. [9] Et voi­ci que Jésus vint à leur ren­contre et dit : Je vous salue. Elles s’ap­pro­chèrent pour sai­sir ses pieds et elles l’a­do­rèrent. [10] Alors Jésus leur dit : Soyez sans crainte ; allez dire à mes frères de se rendre en Gali­lée : C’est là qu’ils me ver­ront.


Brève intro­duc­tion pour situer le texte dans son contexte

Mat­thieu 28.1–10 consti­tue le récit de la décou­verte du tom­beau vide et de la pre­mière appa­ri­tion du Christ res­sus­ci­té dans l’Évangile selon Mat­thieu. Ce pas­sage marque l’aboutissement de toute la nar­ra­tion évan­gé­lique. La résur­rec­tion n’est pas pré­sen­tée comme un simple miracle sup­plé­men­taire, mais comme l’acte déci­sif par lequel Dieu confirme l’identité mes­sia­nique de Jésus et inau­gure l’ère nou­velle du salut. Chez Mat­thieu, cet évé­ne­ment pos­sède éga­le­ment une dimen­sion théo­lo­gique et ecclé­siale : les femmes deviennent les pre­mières mes­sa­gères de la résur­rec­tion, et la Gali­lée est indi­quée comme le lieu du ras­sem­ble­ment futur des dis­ciples.

Exé­gèse du texte grec

Ver­set 1

Le texte grec dit : « Ὀψὲ δὲ σαββάτων ». L’expression signi­fie lit­té­ra­le­ment « tard après le sab­bat ». Mat­thieu pré­cise ensuite : « τῇ ἐπιφωσκούσῃ εἰς μίαν σαββάτων », c’est-à-dire « à l’aube du pre­mier jour de la semaine ». Cette men­tion situe la résur­rec­tion au com­men­ce­ment du jour qui devien­dra le jour du Sei­gneur dans la tra­di­tion chré­tienne.

Les femmes men­tion­nées sont « Μαρία ἡ Μαγδαληνὴ καὶ ἡ ἄλλη Μαρία ». Mat­thieu les avait déjà pré­sen­tées au moment de la cru­ci­fixion (Mt 27.55–56).

Ver­set 2

« σεισμὸς ἐγένετο μέγας » : « il y eut un grand trem­ble­ment de terre ». Mat­thieu est le seul évan­gé­liste à men­tion­ner ce phé­no­mène. Dans l’Écriture, les trem­ble­ments de terre accom­pagnent sou­vent les inter­ven­tions divines (Ex 19.18 ; Mt 27.51).

L’ange « ἀποκυλίσας τὸν λίθον » — « ayant rou­lé la pierre ». L’action de l’ange n’est pas néces­saire pour per­mettre la sor­tie de Jésus, mais pour per­mettre aux témoins de consta­ter la résur­rec­tion.

Ver­set 3

L’apparence de l’ange est décrite par deux images : « ὡς ἀστραπή » (comme l’éclair) et « λευκὸν ὡς χιών » (blanc comme la neige). Ces images évoquent la gloire céleste.

Ver­set 4

« ἐσείσθησαν οἱ τηροῦντες » : les gardes « furent secoués ». Le contraste est frap­pant : les sol­dats deviennent « comme morts », tan­dis que celui qui était mort est vivant.

Ver­set 5

L’ange déclare : « μὴ φοβεῖσθε ὑμεῖς ». La for­mule dis­tingue les femmes des gardes : la peur est dis­si­pée pour celles qui cherchent Jésus.

L’expression « Ἰησοῦν τὸν ἐσταυρωμένον » — « Jésus le cru­ci­fié » — rap­pelle que le Res­sus­ci­té est le même que celui qui a été cru­ci­fié.

Ver­set 6

La pro­cla­ma­tion cen­trale est : « ἠγέρθη ». Ce verbe pas­sif signi­fie « il a été rele­vé ». Dans la théo­lo­gie biblique, ce pas­sif sug­gère l’action de Dieu : c’est Dieu qui a res­sus­ci­té Jésus.

L’ange ajoute : « καθὼς εἶπεν » — « comme il l’avait dit ». La résur­rec­tion confirme la parole de Jésus et l’accomplissement du des­sein divin.

Ver­set 7

Les femmes reçoivent une mis­sion : « ταχὺ πορευθεῖσαι » — « allez promp­te­ment ». La résur­rec­tion conduit immé­dia­te­ment à l’annonce.

La men­tion de la Gali­lée ren­voie au début du minis­tère de Jésus. Mat­thieu sug­gère ain­si une conti­nui­té entre la mis­sion ter­restre de Jésus et la mis­sion future de l’Église.

Ver­set 8

« φόβου καὶ χαρᾶς μεγάλης » — « crainte et grande joie ». Cette com­bi­nai­son exprime l’expérience clas­sique de la ren­contre avec le divin : crainte révé­ren­cielle et joie du salut.

Ver­set 9

Jésus dit : « χαίρετε ». Le terme signi­fie à la fois « réjouis­sez-vous » et « salut ». Les femmes « sai­sirent ses pieds ». Ce détail sou­ligne la réa­li­té cor­po­relle de la résur­rec­tion.

« προσεκύνησαν αὐτῷ » : elles l’adorèrent. Dans l’Évangile de Mat­thieu, ce verbe désigne l’hommage ren­du à Dieu ou au roi mes­sia­nique.

Ver­set 10

Jésus appelle les dis­ciples « mes frères » (« τοῖς ἀδελφοῖς μου »). Cette appel­la­tion sou­ligne la nou­velle rela­tion inau­gu­rée par la résur­rec­tion.

Cita­tions des Pères de l’Église

Jean Chry­so­stome sou­ligne l’importance du témoi­gnage des femmes :
« Les femmes sont les pre­mières à voir le tom­beau vide et à entendre l’annonce de la résur­rec­tion. Ain­si Dieu confond la sagesse du monde et montre que la véri­té ne dépend pas de la digni­té sociale des témoins. »
Jean Chry­so­stome, Homé­lies sur l’Évangile de Mat­thieu, Homé­lie 90, PG 58.

Augus­tin com­mente le contraste entre peur et joie :
« Les femmes tremblent et se réjouissent en même temps, car la crainte appar­tient à la majes­té divine et la joie au salut qu’elle apporte. »
Augus­tin, Ser­mon 229N, PL 38.

Cita­tions des Réfor­ma­teurs

Jean Cal­vin insiste sur la cen­tra­li­té doc­tri­nale de la résur­rec­tion :
« La résur­rec­tion du Christ est le fon­de­ment de notre foi, car par elle Dieu déclare que le sacri­fice offert sur la croix est plei­ne­ment suf­fi­sant pour le salut. »
Jean Cal­vin, Com­men­taire sur l’Évangile selon Mat­thieu, Mat­thieu 28.6.

Cal­vin note aus­si :
« Le Christ se mani­feste d’abord aux femmes afin que la fai­blesse du témoi­gnage humain fasse mieux appa­raître la puis­sance de Dieu. »

Cita­tions de théo­lo­giens réfor­més contem­po­rains

Her­man Bavinck écrit :
« La résur­rec­tion n’est pas sim­ple­ment la réani­ma­tion d’un cadavre, mais l’entrée de la nature humaine du Christ dans un état de vie glo­ri­fiée. »
Her­man Bavinck, Refor­med Dog­ma­tics, vol. 3, Baker Aca­de­mic, 2006, p. 444 (édi­tion ori­gi­nale anglaise).

Apports de l’archéologie biblique

Les fouilles autour de Jéru­sa­lem ont mis au jour plu­sieurs tombes juives du pre­mier siècle creu­sées dans la roche, fer­mées par de grandes pierres rou­lantes. Ces décou­vertes confirment la des­crip­tion évan­gé­lique du tom­beau de Jésus et du sys­tème de fer­me­ture men­tion­né dans le récit.

Impli­ca­tions pour la théo­lo­gie de l’alliance

La résur­rec­tion de Jésus consti­tue l’acte par lequel Dieu inau­gure plei­ne­ment la nou­velle alliance. Dans l’Ancien Tes­ta­ment, les pro­messes de l’alliance annon­çaient la vic­toire sur la mort et la res­tau­ra­tion du peuple de Dieu (És 25.8 ; Os 13.14).

Dans la pers­pec­tive réfor­mée, la résur­rec­tion confirme que le Christ est le média­teur de l’alliance et que son œuvre rédemp­trice est accom­plie. Elle marque éga­le­ment le com­men­ce­ment de la nou­velle créa­tion, dont l’Église est la pre­mière mani­fes­ta­tion.

Ain­si Mat­thieu 28.1–10 pro­clame la véri­té cen­trale de la foi chré­tienne : Jésus, le cru­ci­fié, est res­sus­ci­té. Par cet évé­ne­ment, Dieu ouvre l’histoire nou­velle de l’alliance accom­plie et envoie son peuple annon­cer au monde la vic­toire du Res­sus­ci­té.


Synthèse canonique des 4 textes

Les trois lec­tures forment une uni­té théo­lo­gique très claire lorsqu’on les lit dans la dyna­mique cano­nique de l’Écriture. Elles décrivent trois moments d’une même réa­li­té : l’événement de la résur­rec­tion, sa pro­cla­ma­tion apos­to­lique et ses consé­quences pour la vie des croyants.

Dans l’Évangile (Mat­thieu 28.1–10), nous sommes devant l’événement fon­da­teur. Le tom­beau vide et l’annonce de l’ange pro­clament que Dieu a rele­vé Jésus d’entre les morts. La résur­rec­tion appa­raît comme l’acte sou­ve­rain par lequel Dieu ren­verse le ver­dict de la croix. Celui qui a été reje­té et cru­ci­fié est main­te­nant mani­fes­té comme le Sei­gneur vivant. La scène pos­sède déjà une dimen­sion mis­sion­naire : les femmes reçoivent la tâche d’annoncer la nou­velle aux dis­ciples. Le matin de Pâques n’est pas seule­ment une révé­la­tion ; c’est le com­men­ce­ment d’un mes­sage des­ti­né à être pro­cla­mé.

Le texte des Actes (Actes 10.34–43) montre la pro­cla­ma­tion apos­to­lique de cet évé­ne­ment. Pierre résume l’Évangile en quatre affir­ma­tions : Jésus a vécu et agi avec puis­sance, il a été cru­ci­fié, Dieu l’a res­sus­ci­té, et les apôtres sont témoins de cette résur­rec­tion. La nou­veau­té ici est l’ouverture aux nations. Dans la mai­son de Cor­neille, Pierre com­prend que l’œuvre du Christ dépasse les fron­tières d’Israël : « en toute nation, celui qui le craint lui est agréable ». La résur­rec­tion révèle que Jésus est « Sei­gneur de tous » et que le par­don des péchés est offert à tous ceux qui croient. L’événement pas­cal devient ain­si le centre de la mis­sion de l’Église.

Enfin, Colos­siens 3.1–4 expose la consé­quence exis­ten­tielle de la résur­rec­tion. Paul affirme que les croyants par­ti­cipent déjà à la résur­rec­tion du Christ : « vous êtes res­sus­ci­tés avec le Christ ». L’événement his­to­rique devient une réa­li­té spi­ri­tuelle et éthique. Parce que le Christ est vivant et glo­ri­fié, la vie du croyant est désor­mais orien­tée vers « les choses d’en haut ». La résur­rec­tion inau­gure une vie nou­velle qui demeure encore « cachée avec le Christ en Dieu » mais qui sera plei­ne­ment révé­lée lors de son retour.

La syn­thèse cano­nique de ces trois textes peut donc se for­mu­ler ain­si :
Mat­thieu annonce l’événement de la résur­rec­tion,
Actes pro­clame le témoi­gnage apos­to­lique et l’universalité du salut,
Colos­siens montre la trans­for­ma­tion de la vie des croyants par l’union au Christ res­sus­ci­té.

Dans la pers­pec­tive de la théo­lo­gie de l’alliance, cette pro­gres­sion mani­feste l’accomplissement des pro­messes faites à Abra­ham : la béné­dic­tion pro­mise à Israël atteint désor­mais toutes les nations par le Christ res­sus­ci­té. L’alliance nou­velle n’est pas seule­ment un par­don pro­cla­mé ; elle est la par­ti­ci­pa­tion à la vie même du Res­sus­ci­té.

Ain­si, les trois textes décrivent le mou­ve­ment com­plet de l’Évangile : Dieu res­sus­cite le Christ, l’Église annonce cette vic­toire au monde, et les croyants vivent déjà de la vie nou­velle inau­gu­rée par la résur­rec­tion.


Lecture théologique (théologie de l’alliance)

Cette sec­tion pro­pose une lec­ture doc­tri­nale des textes du jour, en lien expli­cite avec la théo­lo­gie de l’alliance. Elle ne vise pas à répé­ter l’exégèse ni la pré­di­ca­tion, mais à offrir un éclai­rage oblique, en met­tant en évi­dence les doc­trines bibliques par­ti­cu­liè­re­ment sol­li­ci­tées par les pas­sages étu­diés.

Il s’agit ici de rap­pe­ler l’enseignement constant de l’Église, et plus spé­cia­le­ment de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante, dans le champ de la théo­lo­gie sys­té­ma­tique : doc­trine de Dieu, du salut, de l’Église, de la grâce, de la mis­sion, ou encore de l’histoire du salut.

Cette lec­ture théo­lo­gique per­met de mon­trer que les textes du jour ne sont pas seule­ment por­teurs d’un mes­sage spi­ri­tuel immé­diat, mais qu’ils s’inscrivent dans une cohé­rence doc­tri­nale pro­fonde. Les pro­messes, les appels et les exhor­ta­tions bibliques prennent alors place dans le cadre plus large de l’alliance, com­prise comme l’œuvre sou­ve­raine de Dieu, accom­plie en Christ et déployée par l’Esprit dans l’histoire.

Cette sec­tion est facul­ta­tive. Elle peut être uti­li­sée pour appro­fon­dir la réflexion, nour­rir l’enseignement caté­ché­tique ou théo­lo­gique, ou ser­vir de repère doc­tri­nal pour la pré­di­ca­tion et la for­ma­tion.


Les textes de ce dimanche de Pâques (Mat­thieu 28.1–10 ; Actes 10.34–43 ; Colos­siens 3.1–4) se situent au centre de l’histoire du salut. Ils ne décrivent pas seule­ment un évé­ne­ment extra­or­di­naire dans la vie de Jésus ; ils mani­festent l’acte déci­sif par lequel Dieu accom­plit son des­sein d’alliance. La résur­rec­tion du Christ consti­tue en effet le point de jonc­tion entre les pro­messes de l’Ancien Tes­ta­ment et la réa­li­té inau­gu­rée dans la nou­velle alliance.

La doc­trine de Dieu appa­raît d’abord avec force dans ces textes. La résur­rec­tion est expli­ci­te­ment pré­sen­tée comme l’œuvre sou­ve­raine du Père. Pierre déclare : « Dieu l’a res­sus­ci­té le troi­sième jour » (Ac 10.40). La théo­lo­gie réfor­mée sou­ligne que la résur­rec­tion n’est pas sim­ple­ment la vic­toire per­son­nelle de Jésus sur la mort ; elle est l’acte par lequel Dieu atteste publi­que­ment que le sacri­fice de la croix est accep­té et que le Fils est éta­bli Sei­gneur. La résur­rec­tion révèle ain­si la fidé­li­té de Dieu à son alliance : ce que Dieu pro­met, il l’accomplit.

La doc­trine du salut se trouve éga­le­ment au cœur de ces pas­sages. Dans le dis­cours de Pierre, la résur­rec­tion conduit direc­te­ment à l’annonce du par­don : « qui­conque croit en lui reçoit par son nom le par­don des péchés » (Ac 10.43). Dans la pers­pec­tive réfor­mée, la résur­rec­tion n’est pas seule­ment une preuve de la divi­ni­té du Christ ; elle est l’acte par lequel Dieu déclare jus­ti­fié celui qui a por­té le péché de son peuple. La jus­ti­fi­ca­tion du croyant repose ain­si sur le Christ mort et res­sus­ci­té. Comme l’écrit Paul ailleurs : « il est res­sus­ci­té pour notre jus­ti­fi­ca­tion » (Rm 4.25).

La doc­trine de l’union avec le Christ appa­raît par­ti­cu­liè­re­ment dans Colos­siens 3.1–4. Paul affirme que les croyants sont déjà « res­sus­ci­tés avec le Christ ». Cette affir­ma­tion exprime une réa­li­té fon­da­men­tale de la soté­rio­lo­gie réfor­mée : tous les bien­faits du salut découlent de l’union avec le Christ. Parce que le Christ est res­sus­ci­té, ceux qui lui appar­tiennent par­ti­cipent déjà à sa vie nou­velle. La résur­rec­tion n’est donc pas seule­ment un évé­ne­ment pas­sé ; elle devient le prin­cipe d’une exis­tence renou­ve­lée.

La doc­trine de l’Église et de la mis­sion est éga­le­ment mise en lumière. Dans Mat­thieu 28, les femmes reçoivent l’ordre d’annoncer la résur­rec­tion aux dis­ciples. Dans Actes 10, Pierre pro­clame ce même mes­sage aux nations. La résur­rec­tion trans­forme ain­si un groupe de dis­ciples dis­per­sés en une com­mu­nau­té envoyée. L’Église naît du témoi­gnage ren­du au Christ vivant. Elle n’est pas d’abord une ins­ti­tu­tion reli­gieuse, mais le peuple appe­lé à pro­cla­mer que Jésus est Sei­gneur.

Ces textes révèlent aus­si l’universalité de l’alliance accom­plie en Christ. Lorsque Pierre affirme que « Dieu ne fait pas de consi­dé­ra­tion de per­sonnes », il com­prend que la pro­messe faite à Abra­ham — « toutes les nations seront bénies en toi » — s’accomplit désor­mais plei­ne­ment. La résur­rec­tion marque l’ouverture défi­ni­tive du salut aux nations. L’alliance, d’abord révé­lée à Israël, atteint main­te­nant toutes les familles de la terre par la foi en Jésus-Christ.

Enfin, ces pas­sages orientent l’Église vers l’espérance escha­to­lo­gique. Paul affirme que « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » et qu’elle sera mani­fes­tée lorsque le Christ appa­raî­tra (Col 3.4). La résur­rec­tion inau­gure ain­si une ten­sion carac­té­ris­tique de la vie chré­tienne : le salut est déjà réel, mais sa pleine mani­fes­ta­tion appar­tient encore à l’avenir. L’Église vit entre la résur­rec­tion du Christ et sa mani­fes­ta­tion finale.

Ain­si, les textes de ce dimanche révèlent la cohé­rence doc­tri­nale de l’Évangile. La résur­rec­tion mani­feste la fidé­li­té de Dieu à son alliance, confirme l’œuvre rédemp­trice du Christ, fonde la mis­sion de l’Église et inau­gure la vie nou­velle du peuple de Dieu. Dans la pers­pec­tive de la théo­lo­gie réfor­mée confes­sante, elle appa­raît comme le cœur de l’histoire du salut : l’acte par lequel Dieu accom­plit ses pro­messes et ouvre pour son peuple la réa­li­té de la nou­velle créa­tion.


Lecture apologétique

Le récit de Mat­thieu 28.1–10 annonce un évé­ne­ment qui se situe au cœur de la foi chré­tienne : la résur­rec­tion de Jésus-Christ. Mais c’est pré­ci­sé­ment cette affir­ma­tion qui sus­cite aujourd’hui les objec­tions les plus fortes. Les cri­tiques ne viennent pas seule­ment du scep­ti­cisme moderne ; elles prennent aus­si la forme de lec­tures idéo­lo­giques ou reli­gieuses concur­rentes. Une lec­ture apo­lo­gé­tique consiste donc à iden­ti­fier ces objec­tions et à mon­trer que l’interprétation clas­sique de l’Église demeure intel­lec­tuel­le­ment et théo­lo­gi­que­ment solide.

La pre­mière objec­tion vient du maté­ria­lisme moderne. Selon cette pers­pec­tive, les miracles sont impos­sibles parce que la réa­li­té serait entiè­re­ment enfer­mée dans les lois natu­relles. La résur­rec­tion serait donc une légende ou une pro­jec­tion reli­gieuse des dis­ciples. Mais cette objec­tion repose sur un pré­sup­po­sé phi­lo­so­phique, non sur une démons­tra­tion his­to­rique. Elle sup­pose que le sur­na­tu­rel est impos­sible avant même d’examiner les don­nées. Or les récits évan­gé­liques pré­sentent des carac­té­ris­tiques his­to­ri­que­ment signi­fi­ca­tives : la men­tion de témoins pré­cis, la pré­sence de détails embar­ras­sants (comme le rôle des femmes comme pre­miers témoins), et la pro­cla­ma­tion très pré­coce de la résur­rec­tion dans la pré­di­ca­tion apos­to­lique. Le débat ne porte donc pas sur un simple mythe, mais sur un évé­ne­ment reven­di­qué comme his­to­rique.

Une seconde objec­tion pro­vient du rela­ti­visme contem­po­rain. Dans cette pers­pec­tive, les récits reli­gieux seraient des sym­boles por­teurs de sens mais non des affir­ma­tions fac­tuelles. La résur­rec­tion serait alors une méta­phore de l’espérance ou du renou­veau spi­ri­tuel. Mais le texte de Mat­thieu résiste à cette réduc­tion sym­bo­lique. Les femmes voient le tom­beau vide, ren­contrent Jésus, « sai­sissent ses pieds » et l’adorent. Le récit insiste sur la réa­li­té cor­po­relle du Res­sus­ci­té. L’Évangile ne pré­sente pas une expé­rience inté­rieure des dis­ciples, mais la mani­fes­ta­tion objec­tive du Christ vivant. Trans­for­mer la résur­rec­tion en sym­bole revient à contre­dire l’intention expli­cite du texte.

Une cri­tique d’inspiration nietz­schéenne attaque la résur­rec­tion d’un autre angle. Pour Nietzsche, le chris­tia­nisme serait une morale de fai­blesse, fon­dée sur le res­sen­ti­ment et l’illusion d’une com­pen­sa­tion future. Dans cette pers­pec­tive, la résur­rec­tion serait une construc­tion des­ti­née à don­ner un sens à l’échec de la croix. Pour­tant le récit évan­gé­lique montre l’inverse. La résur­rec­tion ne nie pas la réa­li­té de la croix ; elle la confirme et la trans­forme. Le Res­sus­ci­té reste « le cru­ci­fié ». La foi chré­tienne ne repose pas sur l’évasion hors de la souf­france, mais sur la convic­tion que Dieu agit pré­ci­sé­ment à tra­vers elle.

Les cri­tiques issues du syn­cré­tisme reli­gieux pré­tendent par­fois que la résur­rec­tion ne serait qu’une variante de mythes anciens de dieux mou­rants et renais­sants. Mais les études his­to­riques ont mon­tré que ces paral­lèles sont lar­ge­ment super­fi­ciels. Les récits païens concernent des cycles mytho­lo­giques liés à la nature, alors que la résur­rec­tion de Jésus est située dans un cadre his­to­rique pré­cis, sous Ponce Pilate, à Jéru­sa­lem. L’Évangile affirme un évé­ne­ment unique et irré­ver­sible dans l’histoire.

Une objec­tion pro­ve­nant de l’islam conteste éga­le­ment la résur­rec­tion de Jésus après la cru­ci­fixion, car le Coran affirme que Jésus n’a pas réel­le­ment été cru­ci­fié (Coran 4.157). Cepen­dant, la cru­ci­fixion de Jésus est l’un des faits les mieux attes­tés de l’Antiquité. Elle est confir­mée non seule­ment par les Évan­giles mais aus­si par des sources non chré­tiennes comme Tacite ou Josèphe. Si la cru­ci­fixion est his­to­ri­que­ment cer­taine, la pro­cla­ma­tion de la résur­rec­tion par les dis­ciples doit être expli­quée. L’hypothèse du tom­beau vide et de l’apparition du Res­sus­ci­té reste l’explication la plus cohé­rente pour com­prendre la trans­for­ma­tion radi­cale des dis­ciples et l’essor rapide du chris­tia­nisme.

Une cri­tique fré­quente dans le pro­tes­tan­tisme libé­ral affirme que la résur­rec­tion serait une expé­rience de foi des dis­ciples, non un évé­ne­ment his­to­rique. Dans cette pers­pec­tive, Jésus conti­nue­rait sim­ple­ment à vivre dans la mémoire de ses dis­ciples. Mais cette lec­ture contre­dit la struc­ture même de la foi apos­to­lique. Dans Actes 10, Pierre affirme que Dieu « l’a res­sus­ci­té » et que les apôtres en sont témoins. Le chris­tia­nisme pri­mi­tif repose sur un témoi­gnage public concer­nant un évé­ne­ment réel. Si la résur­rec­tion n’est qu’une expé­rience inté­rieure, la pro­cla­ma­tion apos­to­lique perd son fon­de­ment.

Enfin, cer­taines cri­tiques issues de la pen­sée contem­po­raine influen­cée par le wokisme rejettent l’idée même d’une véri­té uni­ver­selle pro­cla­mée par une tra­di­tion reli­gieuse par­ti­cu­lière. L’annonce que Jésus est Sei­gneur de tous serait per­çue comme une pré­ten­tion exclu­sive. Pour­tant la résur­rec­tion ne fonde pas une domi­na­tion cultu­relle ; elle fonde un appel uni­ver­sel au salut. Le mes­sage de Pâques annonce que la vie nou­velle offerte en Christ est des­ti­née à toutes les nations. L’universalité du salut n’est pas une exclu­sion, mais l’ouverture du salut à tous.

Ain­si, les objec­tions modernes reposent sou­vent sur des pré­sup­po­sés phi­lo­so­phiques ou idéo­lo­giques qui pré­cèdent l’examen du texte. Le récit de Mat­thieu 28 conti­nue pour­tant de pro­po­ser une affir­ma­tion simple et radi­cale : Dieu a agi dans l’histoire en res­sus­ci­tant Jésus d’entre les morts. Si cette affir­ma­tion est vraie, elle ne concerne pas seule­ment le pas­sé. Elle engage toute com­pré­hen­sion de la réa­li­té, de l’histoire et de la des­ti­née humaine.

La per­ti­nence apo­lo­gé­tique du texte demeure donc intacte. La résur­rec­tion n’est pas seule­ment un article de foi ; elle est la pro­cla­ma­tion que la mort n’a pas le der­nier mot et que Dieu inau­gure en Jésus-Christ une créa­tion nou­velle. Pour cette rai­son, le mes­sage de Pâques conti­nue de contes­ter les visions du monde qui enferment l’homme dans le déses­poir, le rela­ti­visme ou le maté­ria­lisme. Il annonce que la véri­té ultime de l’histoire est la vie que Dieu donne en son Fils res­sus­ci­té.


Outils pédagogiques

Ques­tions pour ana­ly­ser les pré­sup­po­sés

  1. Beau­coup consi­dèrent la résur­rec­tion comme un sym­bole reli­gieux plu­tôt que comme un évé­ne­ment his­to­rique. Quel pré­sup­po­sé sur la nature du monde ou sur l’action de Dieu se cache der­rière cette idée ?
  2. Dans Actes 10, Pierre affirme que les apôtres sont témoins de la résur­rec­tion. Pour­quoi le chris­tia­nisme insiste-t-il autant sur le témoi­gnage his­to­rique plu­tôt que sur une simple expé­rience spi­ri­tuelle ?
  3. Si la résur­rec­tion est vraie, quelles consé­quences cela a‑t-il pour la vision maté­ria­liste selon laquelle la mort est la fin défi­ni­tive de l’existence ?
  4. Paul affirme que la vie des croyants est « cachée avec le Christ en Dieu ». Qu’est-ce que cela révèle sur la dif­fé­rence entre la vision chré­tienne de l’identité humaine et l’idée moderne selon laquelle l’identité est entiè­re­ment construite par l’individu ?

Ques­tions bibliques pour l’étude

  1. Dans Mat­thieu 28, pour­quoi les femmes deviennent-elles les pre­mières mes­sa­gères de la résur­rec­tion ? Que cela révèle-t-il sur la manière dont Dieu agit dans l’histoire du salut ?
  2. Dans Actes 10, Pierre résume l’Évangile en quelques phrases. Quels sont les élé­ments essen­tiels de cette pro­cla­ma­tion ?
  3. Que signi­fie concrè­te­ment l’expression de Colos­siens : « cher­chez les choses d’en haut » ?
  4. Com­ment les trois textes se com­plètent-ils pour mon­trer l’unité du mes­sage chré­tien ?

Élé­ments de réponse

La foi chré­tienne repose sur l’affirmation que Dieu agit réel­le­ment dans l’histoire. La résur­rec­tion n’est pas pré­sen­tée comme une image ou une expé­rience inté­rieure, mais comme un évé­ne­ment concret attes­té par des témoins. C’est pour­quoi Pierre insiste sur le fait que les apôtres ont man­gé et bu avec le Christ res­sus­ci­té.

Le pré­sup­po­sé maté­ria­liste moderne affirme que le monde est un sys­tème fer­mé où aucune inter­ven­tion divine n’est pos­sible. La résur­rec­tion contre­dit direc­te­ment ce pré­sup­po­sé. Elle affirme que le Créa­teur du monde peut agir dans sa créa­tion et vaincre la mort.

La résur­rec­tion révèle aus­si l’identité véri­table de Jésus. Dieu le consti­tue « juge des vivants et des morts ». La foi chré­tienne ne consiste donc pas seule­ment à admi­rer l’enseignement de Jésus, mais à recon­naître sa sei­gneu­rie.

Enfin, Colos­siens montre que la résur­rec­tion trans­forme déjà la vie des croyants. La vie chré­tienne ne consiste pas sim­ple­ment à attendre le ciel après la mort : elle com­mence dès main­te­nant par une orien­ta­tion nou­velle de l’existence vers Dieu.

Lien avec les confes­sions de foi réfor­mées

Les confes­sions réfor­mées insistent sur la réa­li­té his­to­rique de la résur­rec­tion. La Confes­sion de La Rochelle (1559), article 12, affirme que le Christ « est véri­ta­ble­ment res­sus­ci­té pour notre jus­ti­fi­ca­tion ».

Le Caté­chisme de Hei­del­berg (ques­tion 45) enseigne que la résur­rec­tion du Christ pro­duit trois effets : elle confirme notre jus­ti­fi­ca­tion, elle nous donne une vie nou­velle dès main­te­nant, et elle garan­tit notre propre résur­rec­tion future.

Ain­si, la résur­rec­tion du Christ est à la fois le fon­de­ment du salut, la source de la vie chré­tienne et la pro­messe de la gloire à venir.


Textes liturgiques

Les textes litur­giques pro­po­sés ici sont direc­te­ment ins­pi­rés des lec­tures bibliques du jour. Ils sont conçus pour un culte réfor­mé, dans le res­pect de sa struc­ture, de sa sobrié­té et de sa théo­lo­gie.
Ils peuvent être uti­li­sés tels quels ou adap­tés selon le contexte local (voir le menu « Culte » du site).

Les psaumes et can­tiques sont choi­sis dans le recueil Arc-en-Ciel, lar­ge­ment uti­li­sé dans les Églises réfor­mées fran­co­phones.
Le recueil est dis­po­nible en ligne ici :
https ://www.arc-en-ciel.ch

Les paroles et les musiques des psaumes et can­tiques pro­po­sés sont éga­le­ment acces­sibles sur le blog, dans la sec­tion « Psaumes et can­tiques ».

liturgies

Salu­ta­tion et invo­ca­tion

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Notre secours est dans le nom du Sei­gneur, qui a fait les cieux et la terre.
Frères et sœurs, en ce jour de résur­rec­tion, nous nous ras­sem­blons pour célé­brer le Christ vivant, celui qui a vain­cu la mort et qui règne désor­mais à la droite du Père.

Prions.
Dieu vivant et véri­table, Père de notre Sei­gneur Jésus-Christ, toi qui as rele­vé ton Fils d’entre les morts et inau­gu­ré une créa­tion nou­velle, ras­semble-nous aujourd’hui par ton Esprit. Ouvre nos cœurs à ta Parole, affer­mis notre foi, et fais-nous vivre déjà de la vie du monde à venir. Par Jésus-Christ notre Sei­gneur. Amen.

Ado­ra­tion

Sei­gneur Dieu,
nous te louons pour ta puis­sance et ta fidé­li­té.
Tu as créé le monde par ta Parole,
tu as conduit ton peuple par ton alliance,
et tu as accom­pli tes pro­messes en Jésus-Christ.

Lorsque les puis­sances du mal sem­blaient triom­pher,
tu as rele­vé ton Fils du tom­beau.
La pierre a été rou­lée,
la mort a été vain­cue,
et la lumière de la vie éter­nelle s’est levée sur le monde.

À toi la gloire pour tou­jours.
Car le Christ est vivant,
il règne à ta droite,
et il conduit son Église dans l’espérance de la résur­rec­tion.
Amen.

Loi de Dieu

Écou­tons la volon­té de Dieu pour notre vie, telle qu’elle nous est rap­pe­lée par l’Écriture.

« Si donc vous êtes res­sus­ci­tés avec le Christ, cher­chez les choses d’en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu. Pen­sez à ce qui est en haut, et non à ce qui est sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. »
(Colos­siens 3.1–3)

Dieu nous appelle à vivre comme des hommes et des femmes renou­ve­lés par la résur­rec­tion du Christ.

Confes­sion du péché

Prions.

Sei­gneur Dieu,
nous recon­nais­sons devant toi que nous vivons sou­vent comme si la résur­rec­tion n’avait pas eu lieu.
Nos pen­sées res­tent atta­chées aux choses de la terre,
nos cœurs se laissent entraî­ner par l’égoïsme, la peur et l’orgueil.

Nous oublions que notre vie est cachée avec le Christ en toi.
Nous man­quons de foi, de cou­rage et d’amour.

Par­donne nos péchés.
Renou­velle en nous un esprit droit.
Par ton Esprit, apprends-nous à cher­cher les choses d’en haut et à mar­cher dans la vie nou­velle que tu nous donnes en Jésus-Christ.
Amen.

Décla­ra­tion du par­don

Écou­tons la pro­messe de Dieu.

L’ange dit aux femmes au tom­beau :
« N’ayez pas peur… Il n’est pas ici, il est res­sus­ci­té. »

En Jésus-Christ, Dieu a vain­cu le péché et la mort.
À tous ceux qui se repentent et mettent leur confiance en lui, il accorde le par­don et la vie nou­velle.

Au nom de Jésus-Christ, tes péchés sont par­don­nés.
Marche désor­mais dans la liber­té des enfants de Dieu.

Amen.

Confes­sion de la foi

Confes­sons ensemble la foi de l’Église.

Je crois en Dieu, le Père tout-puis­sant,
créa­teur du ciel et de la terre.

Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Sei­gneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
qui est né de la vierge Marie,
qui a souf­fert sous Ponce Pilate,
qui a été cru­ci­fié, qui est mort et qui a été ense­ve­li,
qui est des­cen­du aux enfers,
le troi­sième jour est res­sus­ci­té des morts,
qui est mon­té au ciel,
qui est assis à la droite de Dieu le Père tout-puis­sant,
d’où il vien­dra juger les vivants et les morts.

Je crois en l’Esprit-Saint,
la sainte Église uni­ver­selle,
la com­mu­nion des saints,
la rémis­sion des péchés,
la résur­rec­tion de la chair
et la vie éter­nelle.
Amen.

Prière d’illumination

Sei­gneur notre Dieu,
ta Parole est une lumière sur notre che­min.
Envoie ton Esprit Saint afin que nous com­pre­nions les Écri­tures,
que nos cœurs soient ouverts à la véri­té de l’Évangile,
et que la résur­rec­tion du Christ éclaire toute notre vie.
Amen.

Lec­tures bibliques

Ancien Tes­ta­ment : Ésaïe 25.6–9
Épître : Colos­siens 3.1–4
Évan­gile : Mat­thieu 28.1–10

« Heu­reux ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la gardent. »

Courte prière après les lec­tures de la Bible

Sei­gneur Dieu,
nous te remer­cions pour ta Parole vivante.
Que cette Parole des­cende main­te­nant dans nos cœurs,
qu’elle for­ti­fie notre foi,
et qu’elle nous conduise à la joie de la résur­rec­tion.
Amen.

Thème de la pré­di­ca­tion

Le Christ est res­sus­ci­té : une vie nou­velle com­mence.

(Mat­thieu 28.1–10)

Texte pour l’offrande

Écou­tons la Parole de Dieu :

« Quand le Christ, votre vie, paraî­tra, alors vous paraî­trez aus­si avec lui dans la gloire. »
(Colos­siens 3.4)

En recon­nais­sance pour la grâce reçue, pré­sen­tons au Sei­gneur nos offrandes.

Prière après l’offrande

Sei­gneur notre Dieu,
tout ce que nous avons vient de toi.
Reçois ces offrandes comme un signe de notre recon­nais­sance.
Qu’elles servent à l’annonce de l’Évangile et au ser­vice du pro­chain,
afin que ton nom soit glo­ri­fié.
Par Jésus-Christ notre Sei­gneur.
Amen.

Prière d’intercession

Sei­gneur res­sus­ci­té,
nous te prions pour ton Église dans le monde entier :
garde-la fidèle à l’Évangile et cou­ra­geuse dans son témoi­gnage.

Nous te prions pour les peuples de la terre :
accorde la paix là où règnent la guerre et la vio­lence.

Nous te prions pour ceux qui souffrent :
les malades, les per­sonnes seules, les endeuillés,
tous ceux qui vivent dans la peur ou l’incertitude.

Nous te prions pour ceux qui doutent ou qui cherchent la véri­té :
qu’ils découvrent la lumière de la résur­rec­tion.

Et nous te prions pour nous-mêmes :
apprends-nous à vivre comme des témoins du Christ vivant.

Nous te remet­tons toutes ces choses au nom de Jésus-Christ,
qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles.
Amen.


Sainte Cène

Intro­duc­tion – paix et invi­ta­tion

Que la paix du Sei­gneur Jésus-Christ soit avec vous.

En ce jour où l’Évangile nous annonce que le tom­beau est vide et que le Christ est res­sus­ci­té, nous nous sou­ve­nons que celui qui est mort pour nos péchés est main­te­nant vivant pour tou­jours. Le Res­sus­ci­té se tient au milieu de son Église. Par sa croix, il nous a récon­ci­liés avec Dieu ; par sa résur­rec­tion, il nous ouvre la vie nou­velle.

C’est pour­quoi ceux qui mettent leur confiance en Jésus-Christ, qui cherchent la paix avec Dieu et avec leurs frères, sont invi­tés à venir à cette table. Ici, le Sei­gneur nour­rit son peuple et affer­mit la foi de ceux qu’il a rache­tés.

Appro­chons-nous donc avec recon­nais­sance et avec confiance.

Mémen­to – com­mu­nion des saints et espé­rance

Dans cette sainte Cène, nous ne sommes pas seule­ment ras­sem­blés ici et main­te­nant. Nous sommes unis à l’Église de tous les temps et de tous les lieux.

Nous sommes en com­mu­nion avec les croyants qui nous ont pré­cé­dés dans la foi, avec ceux qui aujourd’hui confessent le nom du Christ à tra­vers le monde, et avec la grande assem­blée des rache­tés qui attend la résur­rec­tion finale.

Car, comme l’écrit l’apôtre : « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ; quand le Christ, votre vie, paraî­tra, alors vous paraî­trez aus­si avec lui dans la gloire » (Colos­siens 3.3–4).

Ain­si cette table est à la fois mémoire de la croix et anti­ci­pa­tion du fes­tin du Royaume.

Ver­set ou can­tique pré­pa­ra­toire

« Christ est res­sus­ci­té des morts,
par la mort il a vain­cu la mort,
et à ceux qui sont dans les tom­beaux
il a don­né la vie. »

Ou un can­tique de Pâques appro­prié.

Prière eucha­ris­tique

Le Sei­gneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Éle­vons nos cœurs.
Nous les éle­vons vers le Sei­gneur.

Ren­dons grâce au Sei­gneur notre Dieu.
Cela est juste et bon.

Père saint et éter­nel,
il est juste et bon de te rendre grâce, tou­jours et en tous lieux.

Tu es le Dieu créa­teur :
tu as fait les cieux et la terre,
tu as don­né la vie à toutes choses
et tu sou­tiens le monde par ta parole fidèle.

Lorsque l’humanité s’est éloi­gnée de toi,
tu n’as pas aban­don­né ton alliance.
Tu as par­lé par les pro­phètes,
tu as conduit ton peuple,
et dans la plé­ni­tude des temps tu as envoyé ton Fils.

En Jésus-Christ, le cru­ci­fié,
tu as por­té le péché du monde.
Et en ce matin de résur­rec­tion,
tu l’as rele­vé d’entre les morts,
afin que la mort ne règne plus sur ceux qui lui appar­tiennent.

C’est pour­quoi, avec l’Église de tous les temps et la mul­ti­tude des anges,
nous pro­cla­mons ta gloire et nous chan­tons :

Sanc­tus

Saint, Saint, Saint est le Sei­gneur, Dieu de l’univers.
Le ciel et la terre sont rem­plis de ta gloire.
Hosan­na au plus haut des cieux.
Béni soit celui qui vient au nom du Sei­gneur.
Hosan­na au plus haut des cieux.

Tran­si­tion vers le mémo­rial

Dieu de grâce, nous nous sou­ve­nons main­te­nant de l’œuvre par­faite de ton Fils, notre Sei­gneur.

Récit de l’institution

La nuit où il fut livré, le Sei­gneur Jésus prit du pain ;
après avoir ren­du grâce, il le rom­pit et dit :

« Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites ceci en mémoire de moi. »

De même, après le repas, il prit la coupe et dit :

« Cette coupe est la nou­velle alliance en mon sang.
Faites ceci, toutes les fois que vous en boi­rez, en mémoire de moi. »

Ana­mnèse

Ain­si, Père, nous rap­pe­lons devant toi la mort de ton Fils pour nos péchés,
sa résur­rec­tion glo­rieuse,
et son exal­ta­tion à ta droite.

Nous atten­dons aus­si le jour où il revien­dra dans la gloire,
lorsque ceux qui sont cachés avec lui paraî­tront avec lui dans la gloire.

Jusqu’à ce jour, nous pro­cla­mons :
Christ est mort.
Christ est res­sus­ci­té.
Christ revien­dra.

Épi­clèse

Père très bon,
envoie main­te­nant ton Esprit Saint sur nous et sur ces dons.

Que, par la foi et par la puis­sance de ton Esprit,
le pain que nous rom­pons soit pour nous com­mu­nion au corps du Christ,
et la coupe que nous bénis­sons com­mu­nion à son sang.

Fais de nous un seul corps en lui,
afin que nour­ris de sa grâce nous mar­chions dans la vie nou­velle.

Doxo­lo­gie

Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Sei­gneur,
dans l’unité du Saint-Esprit,
à toi, Père tout-puis­sant,
soient l’honneur et la gloire pour les siècles des siècles.

Amen.

Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanc­ti­fié ;
que ton règne vienne ;
que ta volon­té soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Par­donne-nous nos offenses,
comme nous par­don­nons aus­si à ceux qui nous ont offen­sés.

Et ne nous laisse pas entrer dans la ten­ta­tion,
mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puis­sance et la gloire,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Frac­tion du pain

Le pain que nous rom­pons est la com­mu­nion au corps du Christ.
Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes nom­breux, nous for­mons un seul corps, car nous par­ti­ci­pons tous à un même pain.

Prière de com­mu­nion

Sei­gneur Jésus-Christ,
nous ne sommes pas dignes de venir à ta table par nos propres mérites.
Mais nous nous confions en ta grâce seule.

For­ti­fie notre foi,
par­donne nos péchés,
et fais-nous par­ti­ci­per véri­ta­ble­ment à ta vie.

Amen.

Dis­tri­bu­tion

Le corps du Christ, don­né pour toi.
Le sang du Christ, ver­sé pour toi.

Pre­nez et man­gez.
Pre­nez et buvez.
Sou­ve­nez-vous et croyez que le Sei­gneur Jésus-Christ a don­né son corps et ver­sé son sang pour le par­don de vos péchés.

Prière finale

Sei­gneur notre Dieu,
nous te remer­cions pour ce repas où tu nous as nour­ris de la vie de ton Fils.

For­ti­fiés par cette com­mu­nion,
apprends-nous à cher­cher les choses d’en haut,
là où le Christ est assis à ta droite.

Fais de nous des témoins de la résur­rec­tion,
dans l’espérance du jour où nous paraî­trons avec lui dans la gloire.

Par Jésus-Christ notre Sei­gneur.
Amen.

Béné­dic­tion

Que le Dieu de paix,
qui a res­sus­ci­té d’entre les morts notre Sei­gneur Jésus-Christ,
vous affer­misse dans la foi et dans l’espérance.

Et que la béné­dic­tion du Dieu tout-puis­sant,
le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
soit avec vous et demeure avec vous pour tou­jours.

Amen.

[Je vous invite à rega­gner vos places où nous res­te­rons debout pour rece­voir l’ex­hor­ta­tion et la béné­dic­tion de la part de Dieu.]


Exhor­ta­tion

Frères et sœurs,
le tom­beau est vide et le Christ est vivant.
Ne vivez plus comme si la mort avait le der­nier mot.

Cher­chez les choses d’en haut,
mar­chez dans la vie nou­velle que Dieu vous donne,
et soyez dans le monde des témoins de la résur­rec­tion.

Allez dans la paix du Christ.

Béné­dic­tion

Que le Dieu de paix,
qui a rame­né d’entre les morts le grand ber­ger des bre­bis,
notre Sei­gneur Jésus-Christ,
vous rende capables de toute bonne œuvre pour accom­plir sa volon­té.

Et que la béné­dic­tion de Dieu tout-puis­sant,
le Père, le Fils et le Saint-Esprit,
soit avec vous et demeure avec vous pour tou­jours.

Amen.


Psaumes et cantiques

Pour ce dimanche de Pâques dont les textes prin­ci­paux sont Mat­thieu 28.1–10, Colos­siens 3.1–4 et Actes 10, les can­tiques doivent expri­mer trois dimen­sions théo­lo­giques cen­trales : la vic­toire du Christ res­sus­ci­té, la vie nou­velle du croyant déjà cachée en Christ, et l’espérance de la gloire à venir. Le choix gagne donc à pri­vi­lé­gier les psaumes et can­tiques à forte den­si­té doc­tri­nale, enra­ci­nés dans la confes­sion clas­sique de l’Église et dans la tra­di­tion réfor­mée.

Le Psaume 118 – « Ren­dez grâce au Sei­gneur » (Psau­tier de Genève, Clé­ment Marot et Théo­dore de Bèze, XVIe siècle) consti­tue une ouver­ture par­ti­cu­liè­re­ment appro­priée. Ce psaume est tra­di­tion­nel­le­ment asso­cié à la vic­toire mes­sia­nique et à l’action de grâce du peuple de Dieu. Le ver­set « La pierre qu’ont reje­tée ceux qui bâtis­saient est deve­nue la prin­ci­pale de l’angle » est expli­ci­te­ment appli­qué au Christ dans le Nou­veau Tes­ta­ment. Dans le contexte de Mat­thieu 28, il sou­ligne que celui que le monde a reje­té et cru­ci­fié est désor­mais exal­té par Dieu. Ce psaume éta­blit immé­dia­te­ment le lien entre l’alliance, l’œuvre du Mes­sie et la joie de la déli­vrance.

Le Psaume 16 – « Garde-moi, ô mon Dieu » (Clé­ment Marot, XVIe siècle) peut éga­le­ment être chan­té dans ce culte. Dans l’interprétation apos­to­lique (Actes 2), ce psaume annonce que Dieu ne lais­se­ra pas son Saint voir la cor­rup­tion. Il devient ain­si un chant pro­phé­tique de la résur­rec­tion. Chan­té dans un culte de Pâques, il rap­pelle que la résur­rec­tion du Christ est l’accomplissement des pro­messes de l’Ancien Tes­ta­ment et le sceau de l’alliance de grâce.

Par­mi les can­tiques du recueil Arc-en-ciel, « À toi la gloire, ô Res­sus­ci­té » (ARC 471), texte d’Edmond Budry (1854–1932) publié en 1884, s’impose natu­rel­le­ment. Ce can­tique célèbre expli­ci­te­ment la résur­rec­tion et la sei­gneu­rie du Christ. Son inté­rêt théo­lo­gique réside dans sa confes­sion claire de la vic­toire objec­tive du Christ sur la mort et dans sa dimen­sion ecclé­siale : l’Église chante la gloire du Res­sus­ci­té et pro­clame qu’il règne. Il cor­res­pond par­fai­te­ment à la pro­cla­ma­tion de Mat­thieu 28 : « Il n’est pas ici, il est res­sus­ci­té ».

Un second can­tique par­ti­cu­liè­re­ment cohé­rent avec Colos­siens 3.1–4 est « Jésus-Christ est Sei­gneur » (ARC 295), texte de Pierre Lachat (XXe siècle). Ce chant insiste sur l’exaltation du Christ à la droite de Dieu, thème cen­tral du pas­sage de l’épître. Il met en lumière la dimen­sion cos­mique de la sei­gneu­rie du Christ et rap­pelle que toute la vie chré­tienne est orien­tée vers celui qui règne dans la gloire.

On peut éga­le­ment pro­po­ser « Christ est vrai­ment res­sus­ci­té », chant pas­cal tra­di­tion­nel trans­mis dans la litur­gie occi­den­tale depuis le Moyen Âge et repris dans plu­sieurs recueils pro­tes­tants. Ce can­tique met l’accent sur la pro­cla­ma­tion apos­to­lique de la résur­rec­tion et sur la vic­toire du Christ sur la mort, en écho direct à l’annonce de l’ange aux femmes dans l’Évangile.

Enfin, pour la conclu­sion du culte, un psaume comme le Psaume 103 – « Mon âme, bénis l’Éternel » (Clé­ment Marot, XVIe siècle) est par­ti­cu­liè­re­ment adap­té. Ce psaume célèbre la misé­ri­corde de Dieu, la rédemp­tion et la res­tau­ra­tion de la vie. Chan­té après la pré­di­ca­tion ou à la fin du culte, il per­met de répondre à la pro­cla­ma­tion de la résur­rec­tion par une action de grâce solen­nelle et théo­lo­gi­que­ment riche.

L’ensemble de ces chants forme une cohé­rence doc­tri­nale forte. Les psaumes rap­pellent que la résur­rec­tion du Christ est l’accomplissement des pro­messes de l’alliance. Les can­tiques confes­sion­nels pro­clament la vic­toire du Res­sus­ci­té et la sei­gneu­rie du Christ. Et l’ensemble du culte conduit l’assemblée à vivre concrè­te­ment l’appel de Colos­siens : cher­cher les choses d’en haut, là où le Christ est assis à la droite de Dieu.

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