De l’utilité et de la nécessité des confessions de foi – Vincent Bru

Les Confes­sions de Foi ne sont pas une option. Sans elles, il n’est guère pos­sible d’é­ta­blir de manière claire et pré­cise la dif­fé­rence entre l’or­tho­doxie et l’hé­ré­sie.

Le mot héré­sie vient du mot « choix » : Est héré­tique celui qui choi­sit dans la Bible ce qu’il estime impor­tant au détri­ment de tout le reste. Mar­cion, par exemple, au début de l’aire chré­tienne, était héré­tique parce qu’il oppo­sait le Dieu de l’An­cien Tes­ta­ment, le Dieu Créa­teur, au Dieu Sau­veur du Nou­veau Tes­ta­ment. Tech­ni­que­ment, il avait fini par se consti­tuer son propre canon dans l’É­cri­ture Sainte, un canon dans le Canon. Une petite bible taillée à son image, tout impré­gné qu’il était de l’hé­ré­sie gnos­tique. Il est le père de tous les héré­tiques en un sens. Rien de nou­veau sous le soleil…

Car c’est ce que font tous les chefs de sectes… Les héré­tiques. Ils éta­blissent un choix dans la Tra­di­tion, dans la Bible, dans notre Héri­tage chré­tien.

Le pro­tes­tan­tisme libé­ral pro­cède aus­si de la sorte puisque les libé­raux ont la fâcheuse ten­dance à sau­ter à pieds joints par-des­sus les pas­sages mira­cu­leux de la Bible ou dont les exi­gences morales leurs semblent trop strictes pour l’homme moderne. Cer­tains choi­sissent de ne pas croire au dogme de la Tri­ni­té. D’autres refusent l’i­dée de la sub­sti­tu­tion pénale de la soté­rio­lo­gie et de la chris­to­lo­gie clas­siques. Leur Bible se réduit par­fois à quelques leçons de sagesse et à l’a­mour du pro­chain. Mais est-ce cela l’É­van­gile ? Il n’est cer­tai­ne­ment pas que cela !

Voi­la pour­quoi ils nous faut reve­nir sans cesse aux confes­sions de foi de l’É­glise ancienne et de la Réforme, car elles occupent une fonc­tion magis­té­rielle, en tant que normes nor­mées (nor­mae nor­ma­tae) à la dif­fé­rence de l’É­cri­ture Sainte qui seule est la norme nor­mante (nor­ma nor­mans).

Pour un réfor­mé fran­çais le mini­mum c’est de confes­ser le Cre­do (ou Sym­bole des Apôtres) et le sym­bole de Nicée, ain­si que les trois for­mules d’u­ni­té que sont :

  • La Bel­gi­ca - et pour la France plus pré­ci­sé­ment La Confes­sion de Foi de La Rochelle (1559) – ou Gal­li­ca­na
  • Le Caté­chisme de Hei­del­berg
  • Les Canons de Dor­drecht

Il existe aus­si des décla­ra­tions de foi plus récentes qu’ils nous faut bien connaître car elles prennent posi­tion sur des sujets brû­lants d’ac­tua­li­té (idéo­lo­gie woke, fémi­nisme radi­cal, théo­ries du genre, iner­rance de la Bible, homo­sexua­li­té, etc.).

Tout ceci est à votre dis­po­si­tion en texte inté­gral dans la rubrique Confes­sions.

Grâce à ce moule, à cette règle, à ce garde-fou que consti­tuent les confes­sions de foi il est pos­sible de se main­te­nir sur le droit che­min de la véri­té de la Sainte Écri­ture en évi­tant les pièges du rela­ti­visme et de l’in­di­vi­dua­lisme.

On parle sou­vent du Sola Scrip­tu­ra comme l’un des prin­cipes majeurs de la Réfor­ma­tion. Mais il est néces­saire de lui adjoindre de manière indis­so­ciable le Tota Scrip­tu­ra qui signi­fie toute l’É­cri­ture.

Il faut aus­si consi­dé­rer de manière posi­tive le mot catho­lique qui signi­fie pré­ci­sé­ment la même chose : kat holos (en grec), qui veut dire selon le tout, la tota­li­té de la révé­la­tion et de la véri­té de la Parole de Dieu et de la vraie Tra­di­tion de l’É­glise.

La Tra­di­tion n’est pas uni­que­ment quelque chose qui regarde l’É­glise romaine catho­lique. Les pro­tes­tants clas­siques que nous sommes se réclament de la vraie Tra­di­tion de l’É­glise, celle qui découle du texte biblique. Les Pères de l’É­glise sont aus­si nôtres, les théo­lo­giens de l’É­glise médié­vale, ceux de la Réforme évi­dem­ment mais aus­si les post-Réfor­ma­teurs jus­qu’à l’é­poque contem­po­raine.

Le cri­tère pour consi­dé­rer un théo­lo­gien ou un ensei­gne­ment ou une pra­tique comme étant nôtre, c’est la réfé­rence expli­cite à la Tra­di­tion du christ et des Apôtres et à la Bible hébraïque (Tota Scrip­tu­ra), et la conti­nui­té avec la vraie Tra­di­tion de l’É­glise.

La for­mule qui est la nôtre, parce que nous la fai­sons notre c’est : « Eccle­sia refor­ma­ta, sem­per refor­man­da secun­dum ver­bi Dei ». Les trois der­niers mots sont essen­tiels !


Je cite ici Pierre Cour­thial :

Solus contra mun­dum ! Ou : de la véri­table « catho­li­ci­té » de l’É­glise !

A pro­pos de « Je crois la sainte Église uni­ver­selle (=« catho­lique ») » (Sym­bole des Apôtres)

Le mot grec katho­li­cos vient … de la jux­ta­po­si­tion de deux mots : kath = selon, et holos = le tout.

Au sens qua­li­ta­tif, qui est le sens prin­ci­pal et prio­ri­taire, entraî­nant le sens quan­ti­ta­tif, spa­tial ou tem­po­rel, « catho­lique » signi­fie « selon le Tout de la Révé­la­tion nor­ma­tive qu’est, pour l’É­glises la sainte Écri­ture ».  

Nous devons, certes, croire à l’u­ni­ver­sa­li­té de l’É­glise dans l’es­pace, et à la conti­nui­té et per­pé­tui­té de l’É­glise dans le temps, mais nous devons croire, d’a­bord et sur­tout, à la catho­li­ci­té de l’É­glise de Dieu dont la pre­mière obéis­sance est d’être, et de res­ter fidèle à la tota­li­té de la parole de Dieu.

Lorsque saint Atha­nase se trou­vait solus contra mun­dumseul face au monde – et à l’É­glise uni­ver­selle ! – (avec quelques-uns tout de même), c’est lui qui était catho­liqueen affir­mant fer­me­ment, « selon le tout de l’É­cri­ture », la divi­ni­té de la Per­sonne de Jésus-Christ, consub­stan­tielle à la Per­sonne du Père, vrai­ment Dieu et vrai­ment homme, alors que l”« uni­vers », qui l’en­tou­rait et le per­sé­cu­tait sans relâche, était héré­ti­que, évêques en tête, puis­qu’a­rien.

Être « catho­lique », c’est res­pec­ter le tout insé­pa­rable du texte de l’É­cri­ture, dans l’a­do­ra­tion de Celui qui en est l’Au­teur pre­mier et sou­ve­rain ; c’est refu­ser de « choi­sir » dans l’É­cri­ture ; c’est refu­ser l’hé­ré­sie(en grec l’aïre­sis = le choix ; du verbe aïre­tizô – à l’ao­riste : hére­ti­sa – = choi­sir).

Aus­si le « SOLA SCRIPTURA » (= la norme, c’est LA SEULE ÉCRITURE) doit-il être accom­pa­gné du « TOTA SCRIPTURA » (= la norme, c’est L’ÉCRITURE DANS SA TOTALITÉ). Selon l’É­cri­ture sainte, pas plus (SOLA), pas moins (TOTA).

Le mot oppo­sé au mot catho­lique est le mot héré­tiqueEt vice ver­sa.

Pierre Cour­thial, La Foi Réfor­mée en France, pp. 15s.

Voir à ce sujet la rubrique Héri­tage théo­lo­gique. Avec nos théo­lo­giens.

Le cli­vage avec le pro­tes­tan­tisme moder­niste ici. Et encore ici.

Pas­teur Vincent Bru, 05/12/2023


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