Saint Jean Chrysostome

Saint Jean Chrysostome (344–407)

Jean Chry­so­stome (en grec ancien : Ἰωάννης ὁ Χρυσόστομος), né à Antioche (aujourd’­hui Anta­kya en Tur­quie) entre 344 et 349Note 1, et mort en 407 près de Coma­na, a été arche­vêque de Constan­ti­nople. Il est consi­dé­ré comme un des Pères de l’É­glise.

C’est à la pré­di­ca­tion qu’il consacre l’essentiel de son immense acti­vi­té lit­té­raire— elle occupe dix-huit volumes dans la Patro­lo­gie grecque —. Son élo­quence brillante et éner­gique est à l’o­ri­gine de son épi­thète grecque de χρυσόστομος (chrysó­sto­mos), qui signi­fie lit­té­ra­le­ment « à la bouche d’or ». Sa rigueur et son zèle réfor­ma­teur face aux puis­sants de son temps qui riva­li­saient d’intrigues basses et cou­pables l’ont conduit à l’exil et à la mort1. On lui doit l’ana­phore qui consti­tue le cœur de la plus célé­brée des Divines Litur­gies dans les Églises ortho­doxes.

À la fois saint, père de l’Église ortho­doxedoc­teur de l’Église catho­lique romaine et de l’Église copte, Jean Chry­so­stome est fêté le 13 novembre, le 27 jan­vier (trans­la­tion de ses reliques), le 30 jan­vier (fête des Trois Hié­rarques) dans l’Église ortho­doxe, le 13 sep­tembre dans l’Église catho­lique.

Biographie

Sa famille, chré­tienne, appar­tient à la bour­geoi­sie d’Antioche. Son père, Secon­dus, offi­cier dans l’ar­mée syrienne, perd la vie tan­dis que Jean est encore enfant. Il est alors éle­vé par sa mère, Anthu­sa2. Deve­nu ado­les­cent, il aurait reçu, selon cer­tains auteurs chré­tiens du ve siècle, l’en­sei­gne­ment du célèbre ora­teur et pro­fes­seur de rhé­to­rique Liba­nios3, mais ce n’est nul­le­ment assu­ré, bien qu’il ait été cer­tai­ne­ment for­mé à la rhé­to­rique. Ayant assi­mi­lé tout l’essentiel de la culture grecque clas­sique, il entre au bar­reau, « mar­che­pied de tous les postes enviables4. » Il témoigne avoir mené une jeu­nesse dis­si­pée et avoir été « enchaî­né par les appé­tits du monde » (Du Sacer­doce, I, 3), pour s’ac­cu­ser ensuite d’a­voir été gour­met, ama­teur d’é­lo­quence judi­ciaire et de théâtre.

Vers les années 369–372, vers l’âge de 24 ans, Jean s’in­té­res­sant plus qu’à toute autre chose à l’Écriture sainte, demande le bap­tême5, après avoir ren­con­tré l’é­vêque Mélèce. Antioche étant alors un centre théo­lo­gique impor­tant, Jean devient l’é­lève de Fla­vien et de Dio­dore de Tarse, maître incon­tes­té de l’é­poque. C’est auprès de ce grand exé­gète qu’il devient sen­sible au sens lit­té­ral des textes sacrés, se méfiant quelque peu des inter­pré­ta­tions allé­go­ri­santes de l’é­cole théo­lo­gique d’A­lexan­drie. Aimant par­ti­cu­liè­re­ment l’é­van­gile de saint Mat­thieu et les épîtres de Paul, il ne ces­se­ra de les relire jus­qu’à sa mort. Ces médi­ta­tions éveillent en lui un goût cer­tain pour la soli­tude et l’as­cèse : il renonce tou­te­fois à par­tir pour le désert, afin de ne pas attris­ter sa mère6. Réso­lu néan­moins à deve­nir moine, il s’ins­talle seul dans une petite mai­son, vivant en ermite aux portes de la ville. Ordon­né lec­teur par Mélèce, l’é­vêque d’An­tioche, il se consacre à la théo­lo­gie. Mais l’ap­pel du désert finit par triom­pher : en 374, à la mort de sa mère, Jean renonce à ce monde qu’il aimait tant ; il se retire d’abord dans un couvent pen­dant quatre ans, puis s’a­ven­ture, non sans appré­hen­sion, dans les lieux arides du désert. Il y découvre alors que les plus « durs tra­vaux » ne sont pas les tra­vaux phy­siques, tels que « bêcher, por­ter du bois et de l’eau et faire toutes sortes de tra­vaux de ce genre » (De com­punc­tione ad Deme­trium, I,6), mais de se por­ter et de se sup­por­ter soi-même, ain­si que le rap­pel inces­sant de ses maux et de ses fai­blesses. Au bout de quelques années, en 380, il revient à Antioche en pré­di­ca­teur de l’ascé­tisme : « J’ai sou­vent prié, dit-il à cette époque, pour que dis­pa­raisse le besoin de monas­tère, et pour qu’advienne dans les villes une telle atti­tude de bon­té que per­sonne n’eut jamais besoin de s’enfuir au désert. » Durant l’hi­ver 380–381, il est ordon­né diacre par Mélèce, soit l’an­née du Concile œcu­mé­nique de Constan­ti­nople. En 386, Fla­vien, suc­ces­seur de Mélèce, lui confère le sacer­doce7. Le minis­tère prin­ci­pal de Jean devient alors la pré­di­ca­tion ain­si que la direc­tion spi­ri­tuelle. Dès l’année sui­vante, en 387, une émeute éclate à Antioche8 à la suite d’une forte levée d’impôts ; une délé­ga­tion de citoyens aisés demande des allè­ge­ments ou des délais, mais cette démarche paci­fique se trans­forme dans la foule en sédi­tion accom­pa­gnée de vio­lences. On coupe les cor­dons des lampes qui éclai­raient les bains, on abîme les images peintes sur bois, et on s’attaque aux sta­tues de bronze qui repré­sen­taient l’empereur Théo­dose et Fla­cil­la, son épouse défunte, ain­si que ses fils Hono­rius et Arca­dius : c’est un véri­table crime de lèse-majes­té qui oblige l’évêque Fla­vien à par­tir pour Constan­ti­nople afin d’implorer la grâce de l’empereur. Jean Chry­so­stome reste seul à Antioche face à la popu­la­tion désem­pa­rée ; il pro­nonce alors les célèbres homé­lies inti­tu­lées Sur les sta­tues9. Fla­vien à son retour est por­teur d’un res­crit de par­don, mais les cou­pables voient leurs biens confis­qués et leurs familles sont chas­sées de leur mai­son10.

Jean pour­suit son tra­vail d’é­cri­ture, et rédige de nom­breux trai­tés, entre autres, À une jeune veuveDe la Per­sé­vé­rance dans le veu­vageConso­la­tion à Sta­gireSur les coha­bi­ta­tions illi­cites entre moines et moniales, et sur l’é­du­ca­tion. Il acquiert une cer­taine célé­bri­té grâce à son talent d’o­ra­teur : des fidèles prennent des notes de ses homé­liesNote 2. Dans son Dia­logue sur le sacer­doce (IV, 3), influen­cé par les idées de Gré­goire de Nazianze, il décrit ain­si l’i­déal qui est le sien :

« La parole, voi­là l’ins­tru­ment du méde­cin des âmes. Elle rem­place tout : régime, chan­ge­ment d’air, remèdes. C’est elle qui cau­té­rise ; c’est elle qui ampute. Quand elle manque, tout manque. C’est elle qui relève l’âme bat­tue, dégonfle la colère, retranche l’i­nu­tile, comble les vides, et fait, en un mot, tout ce qui importe à la san­té spi­ri­tuelle. Quand il s’a­git de la conduite de la vie, l’exemple est le meilleur des entraî­ne­ments ; mais pour gué­rir l’âme du poi­son de l’er­reur, il faut la parole, non seule­ment quand on a à main­te­nir la foi du trou­peau, mais encore quand on a à com­battre les enne­mis du dehors. »

— Dia­logue sur le sacer­doce (trad. B. H. Van­den­ber­ghe), Namur, Le livre de l’es­pé­rance, 1958, « IV, 3 », p. 9.

Dans le même ouvrage (VI, 5), à pro­pos du mona­chisme, Jean écrit que ce n’est pas la seule voie menant à la per­fec­tion. Si le moine, menant une vie recluse, éloi­gnée des ten­ta­tions, peut plus faci­le­ment atteindre son but, Jean juge plus méri­tante encore la voie du prêtre, qui se consacre au milieu des périls du monde au salut de son pro­chain : « Le moine qui met­trait ses tra­vaux et ses sueurs en com­pa­rai­son avec le sacer­doce tel qu’il doit être exer­cé, y ver­rait autant de dif­fé­rence qu’entre les condi­tions de sujet et d’empereur. »

En 397, Nec­tairearche­vêque de Constan­ti­nople, perd la vie. Au terme d’une bataille de suc­ces­sion achar­née, l’empereur Arca­dius choi­sit Jean. Dans ses pré­di­ca­tions, il prêche assis sur l’ambon du lec­teur, au milieu du public qui se presse autour de lui. La réédu­ca­tion morale de la socié­té et du peuple s’impose à lui avec force ; il constate une déchéance géné­rale, l’abandon muet des exi­gences et des idéaux, non seule­ment par­mi les fidèles, mais aus­si dans le cler­gé : « Des hommes per­vers, dit Jean Chry­so­stome, pleins de vices et d’infamies, se sont empa­rés des églises avec vio­lence, les digni­tés saintes sont deve­nues des charges vénales11. » Il s’é­lève alors avec une grande force contre la cor­rup­tion des mœurs et la vie licen­cieuse des grands, ce qui lui attire beau­coup de haines vio­lentes. Il des­ti­tue les prêtres ou les évêques qu’il juge indignes, par­mi les­quels l’é­vêque d’Éphèse, et ramène de force à leur couvent les moines vaga­bonds. Il s’at­taque éga­le­ment aux héré­tiques, aux juifs12 et aux païens : « Les juifs et les païens doivent apprendre que les chré­tiens sont les sau­veurs, les pro­tec­teurs, les chefs et les maîtres de la cité » (Homé­lies sur les sta­tues, I, 12). Il tient un lan­gage sévère à l’é­gard des chré­tiens judaï­sants qui par­ti­cipent aux fêtes juives et suivent les offices reli­gieux à la syna­gogue, mais aus­si à l’égard des juifs, en qui il voit les adver­saires de l’Évan­gile de Jésus : il réaf­firme ain­si l’opposition théo­lo­gique entre le judaïsme et le chris­tia­nisme que réité­raient depuis plu­sieurs siècles les Pères de l’Église13.

Il impose son auto­ri­té aux dio­cèses d’Asie Mineure alen­tour. Répu­gnant à ses devoirs de repré­sen­ta­tion, il prend seul ses repas et impose un mode de vie fru­gal et aus­tère à son entou­rage.

S’il jouit au départ de la faveur du couple impé­rial, il s’at­tire rapi­de­ment l’i­ni­mi­tié des classes supé­rieures et des évêques par ses cri­tiques sévères de leur mode de vie non conforme à l’i­déal évan­gé­lique. Lorsque Jean ordonne le retour des reliques de saint Pho­cas, l’im­pé­ra­trice Eudoxie, épouse d’Ar­ca­dius, se charge en per­sonne de por­ter la châsse à tra­vers la ville, ce dont Jean la remer­cie ensuite vive­ment dans une homé­lie14. Mais de la part de l’impératrice, ce n’est là qu’une ruse hypo­crite pour se conci­lier Chry­so­stome[Infor­ma­tion dou­teuse]. En 399, l’influence de Jean par­vient à sau­ver, dans un pre­mier temps, l’eunuque Fla­vius Eutro­piuscham­bel­lan et favo­ri de l’empereur, dis­gra­cié et réfu­gié dans la cathé­drale, et qui avait pour­tant été un temps par­mi ses adver­sairesNote 3. Mais Fla­vius Eutro­pius est déca­pi­té peu après. Cepen­dant, l’i­ni­mi­tié de la cour impé­riale va crois­sant. Jean finit par bles­ser vive­ment Eudoxie en lui repro­chant l’ac­ca­pa­re­ment d’une somme appar­te­nant à la veuve Cal­li­trope et des biens d’une autre veuve15 : dans un ser­mon pro­non­cé quelques jours aupa­ra­vant16, il avait com­pa­ré l’im­pé­ra­trice à Héro­diade et à l’in­fâme reine Jéza­bel de l’Ancien Tes­ta­ment17.

En 402, Jean est mêlé à l’af­faire de Théo­philepatriarche d’A­lexan­drie, accu­sé publi­que­ment de tyran­nie et d’in­jus­tice par un groupe de moines égyp­tiens, accu­sés d’être dis­ciples d’Ori­gène. Ces der­niers font appel à Jean, qui tente de se récu­ser, mais doit fina­le­ment accep­ter de pré­si­der un synode, convo­qué par l’empereur, devant lequel Théo­phile est cen­sé se pré­sen­ter. Théo­phile engage alors la lutte contre son juge, en ras­sem­blant tous les mécon­tents. Par­mi les adver­saires de Jean figurent Acace de BéroéSévé­rien de Gaba­la, et Antio­chus de Pto­lé­maïs18. Arri­vant fina­le­ment à Constan­ti­nople en juin 403, Théo­phile est accom­pa­gné de vingt-neuf évêques égyp­tiens. L’af­faire se retourne alors contre Jean : il est convo­qué par ces évêques pour répondre des accu­sa­tions for­mu­lées contre lui au Concile du Chêne, près de Chal­cé­doine. Jean est alors dépo­sé et condam­né, condam­na­tion rati­fiée par l’empereur Fla­vius Arca­dius. Dans une homé­lie, il exprime sa confiance dans le juge suprême, le Christ :

« Nom­breuses sont les vagues, et puis­sant est le flot ; mais nous ne crai­gnons pas d’être sub­mer­gés car nous sommes sur le roc. Que la mer fasse rage, ce roc ne sau­rait être ébran­lé. Que les vagues s’amoncellent, le navire de Jésus ne peut som­brer. Et qu’ai-je à craindre, dites-moi ? La mort ? Mais je dis avec l’apôtre : Le Christ est ma vie et mou­rir m’est un gain. L’exil ? La Terre est au Sei­gneur avec tout ce qu’elle contient. La perte des biens ter­restres ? Je n’ai rien appor­té en ce monde et n’en dois rien empor­ter. »

— Jean Chry­so­stome, Homé­lie avant l’exil.

Il est aus­si­tôt rap­pe­lé à la demande de l’im­pé­ra­trice qui, à la suite d’un mys­té­rieux acci­dent — une fausse couche de l’im­pé­ra­trice — y voit un aver­tis­se­ment du Ciel. Cepen­dant, les accu­sa­tions reprennent contre lui. Quand la ten­sion avec la cour est à son comble, Jean se montre peu diplo­mate, com­men­çant un ser­mon par une allu­sion à Héro­diade récla­mant la tête de Jean le Bap­tiste : « De nou­veau Héro­diade est en démence. De nou­veau elle danse. De nou­veau elle réclame la tête de Jean sur un platNote 4. » La veille de Pâques, alors que Jean dans le bap­tis­tère s’apprête à bap­ti­ser les caté­chu­mènes, les sol­dats font éva­cuer l’église à coups d’épée, le sang coule, et Jean est traî­né bru­ta­le­ment, sur ordre de l’empereur, dans ses appar­te­ments19. Fina­le­ment, il est une deuxième fois condam­né et exi­lé à Cucu­sus, en Armé­nie, au milieu d’une popu­la­tion pri­mi­tive et de bri­gands, et dans les rigueurs d’un cli­mat mal­sain20. Il est rem­pla­cé au siège patriar­cal le 26 juin 404 par un vieillard, Arsace, auquel suc­cède très vite Atti­cus, un enne­mi de Jean. N’ayant plus rien à espé­rer des évêques qui se font les ins­tru­ments dociles de la ven­geance d’Eudoxie et de Théo­phile, il implore la pro­tec­tion du pape Inno­cent Ier qui condamne et casse ces nomi­na­tions21. En butte à d’autres accu­sa­tions calom­nieuses, après l’incendie de l’église Sainte Sophie et de la curie, Jean reçoit le sou­tien de plu­sieurs de ses par­ti­sans qui plaident son inno­cence auprès du pape22. Peu de temps après, Jean doit se réfu­gier au châ­teau d’A­ra­bisse pour fuir une incur­sion des Isau­riens. L’É­glise romaine reste jusqu’au bout fidèle au patriarche Jean. Le pape Inno­cent Ier lui écrit dans son exil pour le conso­ler. Il condamne le Concile du Chêne qui l’a­vait dépo­sé et recon­naît Jean comme seul patriarche légi­time de Constan­ti­nople23. De là, Jean Chry­so­stome exprime au pape sa pro­fonde recon­nais­sance pour les efforts accom­plis pour lui rendre son titre légi­time d’évêque de Constan­ti­nople : « Chaque jour, par les yeux de la cha­ri­té, nous contem­plons et votre force, et votre sin­cère affec­tion, et votre constance immuable […] Plus, en effet, les flots s’élèvent, plus les écueils cachés se mul­ti­plient, plus les vents se déchaînent, plus votre vigi­lance aug­mente. Ni la lon­gueur de l’espace, ni l’intervalle du temps, ni les com­pli­ca­tions inces­santes des évé­ne­ments ne vous peuvent las­ser, pareil aux bons pilotes qui ne sont jamais plus en éveil que lorsque le nau­frage est mena­çant. Voi­là ce qui me comble de gra­ti­tude24. »

Cepen­dant, sa renom­mée va gran­dis­sant. Devant l’af­flux des visi­teurs qui viennent à lui, en 407, il est condam­né sur ordre impé­rial, à une relé­ga­tion dans un lieu désert aux confins de l’empire, à Pithyos, sur la mer Noire. Il est for­cé de faire à pied de longues marches sous l’ardeur du soleil. Affai­bli par la mala­die, Jean meurt le 14 sep­tembre 407 au cours du voyage près de Coma­na dans le Pont. Ses der­nières paroles furent sa doxo­lo­gie cou­tu­mière : « Gloire à Dieu pour tout. Amen » (« Δόξα τῷ Θεῷ πάντων ἕνεκεν. Ἀμήν / Doxa to Theô pan­tôn ene­ken. Amen »).

Reliques

En 438, l’empereur Théo­dose II fait rapa­trier les restes de Jean à Constan­ti­nople ; ils sont triom­pha­le­ment dépo­sés dans l’église des Saints-Apôtres. Cette trans­la­tion est com­mé­mo­rée dans l’É­glise ortho­doxe le 27 jan­vier25. Empor­tées d’a­bord à Venise par les croi­sés de la Qua­trième croi­sade (1204), puis trans­fé­rées à Rome, où elles ont été véné­rées durant près de 800 ans sous l’au­tel d’une cha­pelle dans la basi­lique Saint-Pierre de Rome à la Cité du Vati­can, elles ont fina­le­ment été res­ti­tuées le 27 novembre 2004 par le pape Jean-Paul II au patriarche œcu­mé­nique Bar­tho­lo­mée Ier, en signe de récon­ci­lia­tion entre catho­liques et ortho­doxes, et sont depuis lors conser­vées et véné­rées à l’église Saint-Georges du Pha­nar à Istan­bul.

Jean Chrysostome et l’Église orthodoxe

Dépo­sé, exi­lé de son vivant par l’au­to­ri­té poli­tique, Jean Chry­so­stome est un des saints les plus mar­quants de l’É­glise ortho­doxe. Sa mémoire est célé­brée trois jours dans l’an­née : le 13 novembre pour sa fête, le 27 jan­vier pour la trans­la­tion de ses reliques et le 30 jan­vier pour la fête des « Trois saints Hié­rarques »25.

Sur le plan liturgique

L’Église ortho­doxe uti­lise actuel­le­ment trois litur­gies eucha­ris­tiques : celle de saint Basile (uti­li­sée une dizaine de fois dans l’an­née, par­ti­cu­liè­re­ment durant le Grand Carême et pour la Saint-Basile), la litur­gie des saints dons pré­sanc­ti­fiés (en semaine, durant le Grand Carême), et la litur­gie de saint Jean Chry­so­stome, uti­li­sée tout le reste de l’an­née. Quelques églises locales uti­lisent encore aus­si la litur­gie de saint Jacques.

Sur le plan théologique

Si l’É­glise ortho­doxe se défi­nit sou­vent comme l’É­glise des Pères, sou­li­gnant la conti­nui­té dans la trans­mis­sion de la foi, elle désigne sous le vocable des « Trois saints Hié­rarques »Note 5 trois Pères qui, cha­cun sous un aspect par­ti­cu­lier, ont par­ti­cu­liè­re­ment comp­té au ive siècle : Gré­goire de NazianzeBasile de Césa­rée et Jean Chry­so­stome. Cette réunion de saints si dif­fé­rents les uns des autres par cer­tains aspects, a pour but de mon­trer que l’u­ni­té de l’É­glise se fait dans la foi unique, et non dans l’u­ni­for­mi­té.

Doctrine morale et théologique

Jean Chry­so­stome a déve­lop­pé une phi­lo­so­phie chré­tienne qui pro­pose un idéal de per­fec­tion. Cette per­fec­tion consiste dans la coïn­ci­dence entre ortho­doxie et ortho­praxie. C’est un leit­mo­tiv de sa pré­di­ca­tion depuis le début de sa vie pas­to­rale jusqu’à son exil : il défi­nit en effet la ver­tu (en grec ancien : ἀρετή) comme « l’exactitude des croyances vraies » (ἡ τῶν ἀληθῶν δογμάτων ἀκρίβεια) et « la droi­ture de la vie » (ἡ κατὰ τὸν βίον ὀρθότης)26. Aux temps apos­to­liques, c’est Antioche qui, par la cha­ri­té exem­plaire de ses habi­tants et la fer­me­té de leur foi chré­tienne face aux héré­sies, don­na un modèle de cette per­fec­tion et de cette pure­té doc­tri­nale27.

Éthique et sotériologie

Jean Chry­so­stome n’est pas un mora­liste pur ; son éthique, fon­dée sur l’action de Dieu, est constam­ment mise en rela­tion avec la soté­rio­lo­gie28 : c’est dire que ses exhor­ta­tions à la cha­ri­té, à la misé­ri­corde, à la phi­lan­thro­pie sont au cœur de sa théo­lo­gie, en rela­tion avec ses idées sur les croyants comme corps du Christ et sur l’éco­no­mie du salut. Ain­si, dans ses homé­lies, Jean Chry­so­stome entre­croise en per­ma­nence deux thèmes : la gloire de Dieu et l’a­mour du pro­chain. S’il prêche sur le « sacre­ment de l’au­tel » (l’eucha­ris­tie), c’est pour conti­nuer sur le « sacre­ment du frère » (l’ex­pres­sion est de lui), et sur la res­pon­sa­bi­li­té des riches en faveur des plus pauvres pour assu­rer leur propre salut. Il met dans la bouche du Christ ces paroles : « J’ai jeû­né à cause de toi, j’ai encore faim à cause de toi ; j’ai eu soif sur la croix, j’ai encore soif dans la per­sonne des pauvres afin que par tous ces motifs je puisse t’attirer à moi et te rendre humain pour ton propre salut »29,30. S’il parle du Christ res­sus­ci­tant, c’est pour sou­li­gner qu’il res­sus­cite « nu », et qu’à son exemple, il n’est nul besoin d’être enter­ré dans de luxueuses étoffes, mieux vaut les vendre pour sou­te­nir les misé­reux et se déli­vrer ain­si de l’amour-propre et de la vani­té31. Fidèle à ces lignes de conduite, il emploie l’argent reçu des dons ou même de la vente de tré­sors de l’Église à la res­tau­ra­tion ou à la fon­da­tion d’hos­pices pour les malades ou les per­sonnes sans res­sources. Au ser­vice de son peuple, l’évêque se veut ambas­sa­deur des pauvres, don­nant l’exemple de la cha­ri­té pas­to­rale, sur le modèle de saint Pierre, que Chry­so­stome appelle « le cory­phée du chœur des apôtres, le fon­de­ment de l’Église32. » Lui-même rece­vra plus tard le titre de « Jean l’aumônier »33.

Le critère de l’intention

Pour Jean Chry­so­stome, les pas­sions sont sources de divi­sion et d’asservissement ; il conjure donc les chré­tiens de « résis­ter à leur entraî­ne­ment, et au lieu de s’imposer volon­tai­re­ment cette amère ser­vi­tude, de les com­battre avec cou­rage et de for­ti­fier leur esprit par la crainte du Sei­gneur34,35. »

Il consacre à l’orgueil le trai­té inti­tu­lé Sur la vaine gloire et l’éducation des enfants. Ce péché par excel­lence affecte les Pha­ri­siens et menace même les prêtres. Jean s’indigne de l’attitude osten­ta­toire de cer­tains fidèles : le riche fait l’aumône pour être remar­qué, et d’autres vont à l’église pour faire éta­lage de leurs toi­lettes. À la van­tar­dise, l’orgueil et la témé­ri­té du Pha­ri­sien s’oppose la dis­po­si­tion inté­rieure du Publi­cain ou du Bon Lar­ron qui, dans un élan de foi humble, ont été sau­vés. Car « c’est la beau­té inté­rieure que Dieu cherche36. » Pour Jean Chry­so­stome, cette dis­po­si­tion inté­rieure ou inten­tion (en grec ancien : προαίρεσις / proaï­re­sis) prime sur les cir­cons­tances exté­rieures et sur la réa­li­té des bonnes œuvres accom­plies par le chré­tien. Ce cri­tère de l’inten­tion s’applique à tout com­por­te­ment et tout état : le mariage est pré­sen­té comme un état ambi­gu, il peut évi­ter la débauche, mais deve­nir aus­si une source de per­di­tion « à cause de l’intention de ceux qui s’en servent pour mal agir » ; de même le tri­bu­nal offre la séré­ni­té d’un port si les juges tranchent en toute équi­té, mais devient un écueil si ces magis­trats jugent en haine des accu­sés36. Seule cette dis­po­si­tion inté­rieure offre une juste appré­cia­tion de la réa­li­té.

Par­mi les pas­sions, Jean Chry­so­stome étu­die éga­le­ment la colère qu’il assi­mile à la vio­lence du feu ou de la tem­pête pour ses effets per­ni­cieux. Mais s’il la condamne, il observe aus­si que nous pou­vons la maî­tri­ser puisque nous ne nous y aban­don­nons pas en face de per­son­nages que nous redou­tons37. Il apporte même des res­tric­tions à cette condam­na­tion en com­men­tant le psaume 4 : « Le pro­phète David ne pros­crit pas l’emportement, car il peut nous ser­vir contre ceux qui s’adonnent à l’injustice et la négli­gence ; il n’en a qu’à la colère injuste et à l’emportement dérai­son­nable. » Cette pas­sion se révèle même par­fois utile « si nous savons nous en ser­vir avec l’opportunisme conve­nable ; elle est oppor­tune quand nous ne cher­chons pas à nous ven­ger mais à répri­mer les rebelles et à conver­tir les indo­lents », et Jean cite, entre autres, la colère de Paul contre les Corin­thiens et contre Ély­mas, ou la colère de Pierre contre Ana­nie et Saphire38.

Les vertus

Aban­don­né à sa propre fai­blesse, l’homme est expo­sé à la chute, comme l’a été Pierre au moment de son renie­ment. Mais par l’effet d’un repen­tir sin­cère, il apprend à connaître les limites humaines et acquiert alors les ver­tus d’humi­li­té, de modes­tie et de misé­ri­corde qui pré­servent de l’orgueil. C’est pour­quoi Jean Chry­so­stome pro­pose le repen­tir de saint Pierre en modèle à tous les chré­tiens39. Par­mi les thèmes majeurs de sa pré­di­ca­tion, Jean sou­ligne aus­si l’importance de l’aumône et de la cha­ri­té, ain­si que l’espé­rance du salut comme il le montre à tra­vers l’évocation de la bien­heu­reuse Péla­gie d’An­tioche40.

Comme beau­coup de Pères de l’É­gliseNote 6, Jean Chry­so­stome traite aus­si le pro­blème de la chas­te­té (en grec ancien : παρθενία / par­the­nia), notion qui occupe une place impor­tante dans ses œuvres. Homme de son temps, il voit la chas­te­té mépri­sée par le monde païen. Dans son Homé­lie sur la chas­te­té, il pro­pose comme héros de la pure­té et de la maî­trise des sens les per­son­nages de Joseph l’Égyptien, résis­tant à la séduc­tion de la femme de Puti­pharSuzanne et les vieillards, et Job pour son abs­ti­nence sexuelle et sa fuite devant les occa­sions de pécher. À l’inverse, David est puni pour avoir com­mis l’adultère avec Beth­sa­bée41. De façon géné­rale, Jean Chry­so­stome conçoit la chas­te­té comme l’évitement de la concu­pis­cence, elle est l’antidote de la convoi­tise et délivre de la ser­vi­tude des plai­sirs illi­cites. Nous sommes en effet, selon les mots de saint Paul, « les membres du Christ » et notre corps est « le temple de l’Esprit saint »42. Cette chas­te­té concerne aus­si le mariage où Jean veut voir un « monas­tère laïc43 » : à des époux chré­tiens qui mènent une vie mora­le­ment irré­pro­chable et adon­née à ses devoirs, il accorde le titre de « vierges ». C’est en effet la vie évan­gé­lique qui est l’essentiel de cette chas­te­té qu’il pro­clame vraie et admi­rable44.

Le sacerdoce céleste du Christ

Dans ses homé­lies sur l’Épître aux Hébreux, Jean Chry­so­stome affirme que le Christ est prêtre éter­nel de la nou­velle alliance, et qu’après sa glo­ri­fi­ca­tion, il « siège au Ciel à la droite » du Père ; il convient d’écarter toute déter­mi­na­tion spa­tiale de l’acception de ces mots45. Ils signi­fient que le Christ est à éga­li­té de digni­té avec le Père. Quant au fait d’être « assis », cela ne peut pas carac­té­ri­ser la posi­tion d’un prêtre, qui exerce son sacer­doce debout. Si l’épître aux Hébreux men­tionne le Christ comme « ministre du sanc­tuaire et inter­ces­seur », c’est, dit Jean Chry­so­stome, par une condes­cen­dance — au sens grec de συγκατάβασις — de l’auteur de cette épître pour se mettre à notre por­tée ; Jean rejette donc toute idée d’offrande sacri­fi­cielle du Christ en majes­té au ciel46 : le sacri­fice de la croix ayant eu lieu dans sa per­fec­tion une fois pour toutes, n’a pas à être renou­ve­lé. Et par « inter­ces­sion céleste », il faut entendre l’intensité de l’amour du Christ pour nous qui peut désor­mais cau­ser notre salut47,48.

Œuvres

Jean Chry­so­stome a beau­coup prê­ché, beau­coup écrit. Si nombre d’œuvres, qui lui étaient autre­fois faus­se­ment attri­buées, ont été ren­dues à leur légi­time auteur, le nombre de ses œuvres authen­tiques n’en reste pas moins consi­dé­rable. On divise ses écrits dans le Cla­vis Patrum Græ­co­rum (4305–5197) en plu­sieurs groupes, les numé­ros 4305–4620 recou­vrant à peu près les écrits authen­tiques (dubia : 4333.5 et 8–9, 4336.2, 4356, 4366–4367, 4395–4399, 4417, 4445–4451, 4513–4554 ; spu­ria : 4322, 4333.7, 4343, 4350, 4354, 4408, 4500).

Traités et Dialogues

Jean Chry­so­stome est l’auteur d’un trai­té de morale qui adopte le genre lit­té­raire de l’éloge (ἐγκώμιον) inti­tu­lé Sur la vir­gi­ni­té, et dont la rédac­tion pour­rait remon­ter aux années de son dia­co­nat, vers 38249. Il repose sur l’exégèse de la Pre­mière épître aux Corin­thiens, cha­pitre VII de saint Paul. L’éloge de la vir­gi­ni­té semble concer­ner les femmes ayant fait vœu de céli­bat consa­cré. L’ouvrage a sans doute été des­ti­né sous forme d’homélie à des cercles fémi­nins ascé­tiques d’Antioche50. On y trouve l’écho des débats contem­po­rains sur le bien-fon­dé de la voca­tion mona­chique. Le trai­té met en garde contre les dévia­tions de la foi et contre la condam­na­tion du mariage qui peuvent entraî­ner de fausses voca­tions, des rup­tures de vœux ou au contraire un ascé­tisme dérai­son­nable : Jean Chry­so­stome vise sans doute sur ce point l’héré­sie encra­tiste50. Le sens ultime du trai­té répond à la des­ti­née escha­to­lo­gique de l’homme ; la vie ascé­tique et vir­gi­nale a pour but de retrou­ver une nature angé­lique (ἀγγελική πολιτεία)51.

Le dia­logue entre Basile et Jean Chry­so­stome inti­tu­lé Sur le sacer­doce est un hymne à la gran­deur du sacer­doce chré­tien et un appel à la digni­té de son exer­cice52. Qu’il s’agisse du diacre, du prêtre ou de l’évêque — Jean parle indif­fé­rem­ment de l’un ou de l’autre —, le sacer­doce est un : il tient toute sa réa­li­té du Christ, et c’est du Christ qu’il revêt les hommes. Trois sortes de fonc­tions lui sont asso­ciées : l’évêque est le pas­teur du trou­peau, le chef des fidèles ; en second lieu, il est le ἱερεύς / hie­reus, celui qui célèbre les saints mys­tères et l’Eucha­ris­tie, et à ce titre sa charge, appe­lée en grec ἱερωσύνη / hie­ro­sy­nè, a quelque chose de sacré comme l’étymologie du mot sacer­doce le signale aus­si ; la table de l’autel où est offert le sacri­fice de l’Eucharistie et la messe sont ain­si des réa­li­tés célestes53 ; enfin, en tant que gar­dien de la doc­trine, dont il doit assu­rer la trans­mis­sion, le prêtre ins­truit le peuple ; cette troi­sième charge c’est la διδασκαλία / didas­kalía. La grâce de l’Esprit a confé­ré au prêtre des pou­voirs véri­ta­ble­ment célestes (ἐξουσία)54. Le prêtre a reçu l’ordination par l’imposition des mains, selon le rite en usage dès le pre­mier siècle, et il ne sau­rait être ques­tion pour les femmes de minis­tère sacer­do­tal : Jean Chry­so­stome rap­pelle que la loi divine est for­melle à ce sujet55.

Homélies et catéchèses

Jean Chry­so­stome a pro­duit un vaste ensemble d’environ 900 homé­lies, au point que son nom se confond avec l’histoire même de la pré­di­ca­tion patris­tique, nul autre ora­teur ne le sur­pas­sant en habi­le­té rhé­to­rique, en élo­quence et en vigueur dans le plai­doyer pour la jus­tice sociale, son thème favo­ri durant toute sa car­rière de pré­di­ca­teur56. Ses homé­lies com­portent par­fois des invec­tives à côté des­quelles pâlissent les plus vio­lentes dia­tribes de Cicé­ron contre Antoine. À Antioche, Jean prê­chait habi­tuel­le­ment debout au milieu de l’église la plus ancienne, appe­lée la Palaia, au milieu d’une foule com­pacte qui se pres­sait autour de lui et réagis­sait au ser­mon comme à un spec­tacle, avec des applau­dis­se­ments ou des excla­ma­tions, com­por­te­ment jugé incon­ve­nant par l’orateur.
Les homé­lies de saint Jean Chry­so­stome qui nous ont été trans­mises sou­lèvent bien des pro­blèmes, compte tenu de pro­bables inter­ven­tions étran­gères de la part de col­lec­tion­neurs ou même de faus­saires. On sait aus­si par Eusèbe et Pos­si­dius que des tachy­graphes pre­naient en notes ces homé­lies en y inté­grant des remarques sans rap­port avec la théo­lo­gie57. Dans le meilleur des cas, les homé­lies étaient dic­tées, pro­non­cées et relues par les soins de saint Jean Chry­so­stome.

Style et méthode

Les pré­di­ca­teurs du ive siècle, comme AmbroiseAugus­tin d’Hip­poneJérôme de Stri­don et Jean Chry­so­stome lui-même ont prô­né l’emploi d’un style acces­sible au plus grand nombre58. Ses homé­lies authen­tiques sont en effet mar­quées par la pure­té d’un style lim­pide, l’élégance et la pro­fon­deur59, mais aus­si par sa méthode d’exégèse et ses pro­cé­dés ora­toires. Cette méthode, défi­nie par Jean Chry­so­stome lui-même comme la péda­go­gie du Christ à l’égard de la Sama­ri­taine, consiste à par­tir tou­jours des réa­li­tés tem­po­relles pour faire com­prendre les réa­li­tés spi­ri­tuelles ; cet effort du pré­di­ca­teur qui des­cend pour se mettre à la por­tée de son audi­toire et le conduire du bas vers le haut, a été tra­duit par condes­cen­dance (en grec ancien : συγκατάβασις / syn­gatá­ba­sis) par Ber­trand de Mar­ge­rie60. Cette συγκατάβασις imite l’adaptation de Dieu aux capa­ci­tés limi­tées de l’être humain, selon la défi­ni­tion même de saint Jean Chry­so­stome :

« Qu’est-ce donc que la συγκατάβασις ? Elle a lieu lorsque Dieu n’apparaît pas tel qu’il est, mais lorsqu’il se montre tel qu’est capable de le voir celui qui le contemple, mesu­rant sa mani­fes­ta­tion à la fai­blesse de la vue de ses contem­pla­teurs61. »

Ain­si Jean adapte-t-il constam­ment son exé­gèse à la situa­tion immé­diate et concrète ain­si qu’à son audi­toire, à l’imitation du Dieu de la Genèse, du Christ et de saint Paul62. Il use de ques­tions rhé­to­riques comme pour inci­ter au dia­logue. Il « pré­fère, dit-il, la cor­rec­tion des cou­pables à la noblesse des expres­sions63 ». Et pour cet avan­ce­ment spi­ri­tuel des âmes dont il a la charge, il mêle les sup­pli­ca­tions les plus ardentes aux reproches les plus sévères, sans craindre le blâme ou la déser­tion de l’auditoire. Au rai­son­ne­ment concep­tuel, inadap­té à cer­taines réa­li­tés théo­lo­giques, il pré­fère le carac­tère poé­tique du lan­gage, ce qui lui per­met de tenir ensemble des véri­tés appa­rem­ment incon­ci­liables selon la logique humaine64.
Par­mi ses pro­cé­dés sty­lis­tiques, il emploie en par­ti­cu­lier les exem­pla (en grec : ὑποδείγματα) ou les com­pa­rai­sons (συγκρίσεις) tirés de l’histoire impé­riale récente en vue de mieux per­sua­der son audi­toire en sus­ci­tant chez lui de l’indignation ou des sen­sa­tions fortes65. Il arrive que ces exem­pla sug­gèrent, par une allu­sion cachée, la cri­tique d’une per­sonne réelle, par exemple l’empereur Constan­tin Ier ou l’impératrice Eusé­bie66 : à tra­vers ces his­toires scan­da­leuses de la vie du palais pleine d’intrigues et de meurtres, Jean Chry­so­stome se livrait à une cri­tique sub­ver­sive des aber­ra­tions du pou­voir tem­po­rel à Constan­ti­nople ; elle devait à la longue se retour­ner contre son auteur67.

Sujets des homélies

Une seule homé­lie est consa­crée à la fête de l’Épi­pha­nie68, elle suit celle de Noël pro­non­cée à Antioche en 385 pour jus­ti­fier la légi­ti­mi­té de la fête de Noël, incon­nue jusque-là en Orient69. Jean Chry­so­stome explique qu’il y a deux épi­pha­nies, la mani­fes­ta­tion du Christ à la foule au moment de son bap­tême dans le Jour­dain et le deuxième avè­ne­ment du Christ, qui est à venir. Déve­lop­pant le sens de la parole de Paul70 sur « la grâce salu­taire et édu­ca­trice », il montre que « le salut n’est pas le fruit de notre ver­tu, mais que tous nous avons été sau­vés par la grâce divine, […] par le Fils mono­gène, par la Croix, par le bain de la régé­né­ra­tion71. »
À Antioche, dans les années 390, l’illustre pré­di­ca­teur com­pose 90 homé­lies sur l’évan­gile de Mat­thieu : il donne de chaque séquence une exé­gèse aus­si rigou­reuse que pos­sible et dégage de ces ana­lyses des valeurs morales qu’il engage à pra­ti­quer72. Par­mi elles, l’homélie 56 in Mat­thaeum73 offre l’un des plus anciens et des plus impor­tants com­men­taires qui ait été conser­vé sur la Trans­fi­gu­ra­tion. Chaque péri­cope est ana­ly­sée non de manière iso­lée, mais « selon la signi­fi­ca­tion qu’elle reçoit de sa posi­tion et de sa fonc­tion dans la trame du récit évan­gé­lique tout entier72. » La fin de cette homé­lie est consa­crée à la condam­na­tion de l’appât du gain et en par­ti­cu­lier de l’usure.

Jean Chry­so­stome est l’auteur de plu­sieurs homé­lies Sur la Pro­vi­dence, notion qui donne toute sa cohé­rence au plan divin qui mène l’homme, depuis les com­men­ce­ments jusqu’aux fins der­nières. Il est éga­le­ment l’auteur de la remar­quable homé­lie caté­ché­tique lue à la fin des matines du dimanche de Pâques74 dans les églises ortho­doxes d’Orient. C’est durant cette période de Pâques que pre­nait place l’initiation chré­tienne des néo­phytes ; dans sa caté­chèse sur les nom­breuses grâces du bap­tême75, Jean Chry­so­stome pré­sente le caté­chu­mène une fois bap­ti­sé comme un enfant et un ami de Dieu, un citoyen du Royaume qui porte la robe royale, comme un temple et un ins­tru­ment de l’Esprit76. Il entre dans une vie nou­velle, digni­té dont il faut prendre conscience et cher­cher à amas­ser des tré­sors dans le ciel ; la caté­chèse bap­tis­male de Jean Chry­so­stome débouche ain­si sur les appli­ca­tions pra­tiques de la morale chré­tienne : prière et culte, cha­ri­té et aumône, jeûne, tra­vail des mains77.

À la fin de l’année 386, il inau­gure la série des huit homé­lies Adver­sus Judaeos dans les­quelles il met en garde ses audi­teurs contre les pièges de la syna­gogue, assi­mi­lée au théâtre avec tout ce qu’un tel lieu sup­pose de dépor­te­ments et d’impiété78 : « La syna­gogue est un mau­vais lieu où afflue tout ce qu’il y a de plus dépra­vé ; c’est un ren­dez-vous pour les pros­ti­tuées et pour les effé­mi­nés. C’est que la syna­gogue ne vaut pas mieux que le théâtre, j’en prends à témoin le Pro­phèteNote 7. Que dit le Pro­phète ? Ton front est deve­nu celui d’une pros­ti­tuée, tu n’as plus rou­gi devant per­sonne […] Les démons habitent et les âmes mêmes des juifs et les lieux dans les­quels ils se ras­semblent79. »

En mora­liste et comme pas­teur d’âmes, Jean Chry­so­stome eut tou­jours à cœur de sous­traire la popu­la­tion à ce qu’il consi­dé­rait comme la cor­rup­tion qui s’affichait dans Antioche comme à Constan­ti­nople80 ; il sou­hai­tait la tenir à l’écart « des vani­tés du cirque et du théâtre qui cher­chaient à prendre pos­ses­sion des sens pour cap­ti­ver le cœur81. » Les spec­tacles, et en par­ti­cu­lier la pan­to­mime, sont alors consi­dé­rés comme une apos­ta­sie et un retour aux idoles. Les riches monu­ments qui ornaient l’Hip­po­drome de Constan­ti­nople rap­pe­laient en effet le paga­nisme : « C’est la per­sis­tance de ce sym­bo­lisme païen, bien plus encore que la fri­vo­li­té de ces amu­se­ments, qui valut aux théâtres et aux cirques de l’empire, depuis le De Spec­ta­cu­lis de Ter­tul­lien, tant de dia­tribes des pères de l’ÉgliseNote 8 », écrit Alfred Ram­baud82,83. Par­mi les nom­breuses homé­lies constan­ti­no­po­li­taines de Jean Chry­so­stome, l’une des plus célèbres est l’Homé­lie contre les spec­taclesNote 9, pro­non­cée le 3 juillet 39984. La veille de ce jour, une course de chars fut ensan­glan­tée par un acci­dent qui cau­sa la mort d’un jeune homme qui fut écra­sé. L’homélie stig­ma­tise vio­lem­ment les spec­tacles scé­niques et ces courses de chars à l’hip­po­drome, aux­quelles saint Jean Chry­so­stome reproche de pro­fa­ner le ven­dre­di, jour consa­cré au sou­ve­nir de la Croix, jour de jeûne et de prière85. À la pro­di­gieuse dis­si­pa­tion de temps, de main-d’œuvre et d’argent qu’entraînent le théâtre licen­cieux et la pro­fes­sion infâme de comé­dien ou d’histrion — qui rece­vaient dis­tinc­tions et lar­gesses —, Jean Chry­so­stome ajoute le reproche d’impudicité, poi­son qui détruit la chas­te­té, désho­nore la nature et perd les âmes86,87. Les dia­tribes de Jean Chry­so­stome contre le théâtre licen­cieux, agent de cor­rup­tion et de déchris­tia­ni­sa­tion, ont fini par être enten­dues : Arca­dius fut obli­gé de sévir. En août 399, il publia une loi inter­di­sant le dimanche les jeux du cirque et du théâtre88. Contrai­re­ment à Bos­suet qui condam­ne­ra le théâtre sans dis­tinc­tion, saint Jean Chry­so­stome ne tombe pas dans cet excès : « Je ne vais pas si loin ; qu’il sub­siste, pour­vu que vous n’y alliez pas, ce sera plus beau que de le détruire », écrit-il89,90.

Lettres d’exil

238 lettres de Jean Chry­so­stome, écrites entre 404 et sa mort en 407, nous ont été conser­véesNote 10 et sont consi­dé­rées comme authen­tiques ; 17 sont adres­sées à sainte Olym­pias, cette grande dame deve­nue dia­co­nesse de l’Église de Constan­ti­nople, et 221 à divers cor­res­pon­dants91. Jean tenait un compte soi­gneux de ses lettres, sans pour autant son­ger à leur publi­ca­tion92. Cette cor­res­pon­dance d’exil apporte un émou­vant témoi­gnage humain sur la vie de Jean à cette époque : ses rela­tions avec ses amis se dis­tendent en rai­son des « dif­fi­cul­tés crois­santes à trou­ver des mes­sa­gers à par­tir de 405 quand les bri­gands isau­riens se font mena­çants autour de Cucuse » ; les dan­gers sont extrêmes, et dans la lettre XV écrite d’Arabisse, en 406, Jean aver­tit Olym­pias de « n’envoyer per­sonne dans ce pays ; autre­ment celui que vous enver­riez cour­rait risque d’être égor­gé93. »

Liturgie

Même si elle n’est pas direc­te­ment de saint Jean Chry­so­stome, la litur­gie habi­tuelle de l’Église ortho­doxe porte son nom94.

Postérité

Recon­nu offi­ciel­le­ment comme doc­teur de l’Église au concile de Chal­cé­doine en 451, saint Jean Chry­so­stome gagne en impor­tance au fil des siècles pour appa­raître comme modèle d’exégète et de pré­di­ca­teur, auto­ri­té presqu’absolue en matière de foi jusqu’à être qua­li­fié de « vraie bouche d’or de l’Esprit saint95. » Son sou­ve­nir vit dans les arts aus­si bien que dans la culture :

Albrecht Dürer, vers 1497, avec La Péni­tence de saint Chry­so­stome, et Lucas Cra­nach l’An­cien en 1509, avec La Péni­tence de saint Jean Chry­so­stome, deux gra­vures sur cuivre, ont repré­sen­té l’é­pi­sode de sa vie où il fait péni­tence dans le désert96.

Ste­van Sto­ja­no­vić Mokran­jacSer­gueï Rach­ma­ni­novPio­tr Tchaï­kovs­ki, et Arvo Pärt (Lita­ny) entre autres, ont mis en musique la litur­gie de saint Jean Chry­so­stome. Ivan Rebroff débu­tait tous les réci­tals qu’il don­nait dans des églises par un chant a cap­pel­la extrait de la litur­gie de saint Jean Chry­so­stome.

Dans le film Le Rouge et le Noir (1954), Julien Sorel (joué par Gérard Phi­lipe), sémi­na­riste, cite saint Jean Chry­so­stome.

Un quar­tier de la ville de Lévis (Qué­bec) porte le nom de Saint-Jean-Chry­so­stome. Ce quar­tier compte plus de 21 000 habi­tants. En Rus­sie, la ville de Zla­tooust (161 000 habi­tants) est aus­si bap­ti­sée en son hon­neur.

Dans Le Deuxième SexeSimone De Beau­voir attri­bue à Chry­so­stome la phrase sui­vante : « En toutes bêtes sau­vages, il ne s’en trouve pas de plus nui­sante que la femme »97 qui s’a­vère être apo­crypheNote 11.

Dans le lan­gage cou­rant, un « saint Jean bouche d’or » est une per­sonne qui s’ex­prime avec élo­quence ou qui parle fran­che­ment et net­te­ment98. Son élo­quence et la force ora­toire de sa pré­di­ca­tion invi­tant à mou­rir pour Dieu sont les rai­sons pour les­quelles le poète Georges Bras­sens l’a évo­qué dans la chan­son Mou­rir pour des idées99.

Éditions modernes[

Traités

  • Conso­la­tion à Sta­gire (trad. Eli­sa­beth Mathieu-Gau­ché), 2003 (thèse)
  • Exhor­ta­tions à Théo­dore.
  • Sur le sacer­doce (Dia­logue et homé­lie) (trad. A.-M. Malin­grey), 1980 (pré­sen­ta­tion en ligne [archive])
  • Apo­lo­gie de la vie monas­tique.
  • Com­pa­rai­son du soli­taire et du roi.
  • Trai­té de la com­ponc­tion.
  • Trai­té des coha­bi­ta­tions illi­cites.
  • La Vir­gi­ni­té (trad. Ber­nard Grillet, préf. Her­bert Musu­rillo, S.J.), 1966 (pré­sen­ta­tion en ligne [archive]).
  • Trai­tés contre les secondes noces.
  • Trai­tés polé­miques.

Homélies, sermons et discours

Sur l’An­cien Tes­ta­ment

  • Ser­mons sur la Genèse (trad. du grec ancien par Lau­rence Brot­tier), Paris, CERF, coll. « Sources chré­tiennes », octobre 1998, 410 p. (ISBN 2–204-05996‑Xlire en ligne [archive]).
  • Com­men­taire sur Job (trad. du grec ancien par Hen­ri Sor­lin), vol. 1, Paris, CERF, coll. « Sources chré­tiennes », jan­vier 1998, 372 p. (ISBN 2–204-03007–4).
  • Com­men­taire sur Job (trad. du grec ancien par Hen­ri Sor­lin), vol. 2, Paris, CERF, coll. « Sources chré­tiennes », novembre 1988, 312 p. (ISBN 2–204-03050–3), chap. XV-XLII.
  • (grc) Homé­lies sur Ozias (trad. du grec ancien par Jean Dumor­tier), Paris, CERF, coll. « Sources chré­tiennes », jan­vier 1981, 256 p. (ISBN 2–204-01687‑X).
  • Com­men­taire sur Isaïe, Homé­lies sur Ozias, David, Anne, Synopse de l’Ancien Tes­ta­ment (trad. du grec ancien par Jean-Bap­tiste Jean­nin), La Caverne du Pèle­rin, avril 2021, 272 p. (lire en ligne [archive])

Sur le Nou­veau Tes­ta­ment

  • Homé­lies sur l’é­van­gile de saint Mat­thieu, tra­duc­tion par M. Jean­nin, Bar-Le-Duc, 1865100,101,102.
  • Com­men­taires sur les Actes des Apôtres, édi­tions Artège, 2013.
  • Com­men­taire sur l’Évangile selon saint Jean : édi­tion abré­gée, éta­blie et pré­sen­tée par Jacques de Pen­thos (trad. du grec ancien), Per­pi­gnan, Artège, juin 2012, 499 p. (ISBN 978–2‑36040–097‑3).
  • Homé­lies sur les épîtres de saint Paul : Lettres aux Corin­thiens (préf. édi­tion abré­gée, éta­blie et pré­sen­tée par Jacques de Pen­thos), vol. 1, Paris, Édi­tions Fran­çois-Xavier de Gui­bert, coll. « Reli­gion », jan­vier 2009, 350 p. (ISBN 978–2‑7554–0322‑0).
  • Homé­lies sur les épîtres de saint Paul : Lettre aux Romains, Lettre aux Éphé­siens (trad. du grec ancien, préf. édi­tion abré­gée, éta­blie et pré­sen­tée par Jacques de Pen­thos), vol. 2, Paris, Fran­çois-Xavier de Gui­bert, coll. « Reli­gion », mars 2009, 286 p. (ISBN 978–2‑7554–0327‑5).
  • Homé­lies sur les épîtres de saint Paul : Lettre aux Galates, Lettre aux Phi­lip­piens, Lettre aux Colos­siens, Lettres aux Thes­sa­lo­ni­ciens (trad. du grec ancien, préf. édi­tion abré­gée, éta­blie et pré­sen­tée par Jacques de Pen­thos), vol. 3, Paris, Fran­çois-Xavier de Gui­bert, coll. « Reli­gion », mai 2009, 264 p. (ISBN 978–2‑7554–0328‑2).
  • Homé­lies sur les épîtres de saint Paul : Lettres à Timo­thée, Lettre à Tite, Lettre à Phi­lé­mon (trad. du grec ancien, préf. édi­tion abré­gée, éta­blie et pré­sen­tée par Jacques de Pen­thos), vol. 4, Paris, Fran­çois-Xavier de Gui­bert, coll. « Reli­gion », juin 2009, 274 p. (ISBN 978–2‑7554–0329‑9lire en ligne [archive]).
  • Com­men­taire sur les Actes des apôtres, Saint Jean Chry­so­stome (trad. du grec ancien, préf. édi­tion abré­gée, éta­blie et pré­sen­tée par Jacques de Pen­thos), Per­pi­gnan, Édi­tions Artège, 2013, 337 p. (ISBN 978–2360402106).

Sur Dieu

Lettres

Un exemple par­ti­cu­lier est la série des Lettres à Olym­pias :

Bibliographie

Ouvrages

  • Gode­froy Her­mantLa Vie de Saint Jean Chry­so­stome, Patriarche de Constan­ti­nople, et Doc­teur de l’É­glise, divi­sée en douze livres, dont les neuf pre­miers contiennent l’His­toire de sa Vie, et les trois der­niers repré­sentent son Esprit et sa conduite, avec Appro­ba­tion et Pri­vi­lège, à Lyon chez Jean-Mathieu Mar­tin, der­nière édi­tion, 1683, petit in‑8°, XIV + 1058 p.
  • Dom Chry­so­sto­mus Baur o.s.b., S. Jean Chry­so­stome et ses œuvres dans l’his­toire lit­té­raire : Essai pré­sen­té à l’oc­ca­sion du XVe cen­te­naire de Saint Jean Chry­so­stome, Paris, Albert Fon­te­moing édi­teur, 1907, XII-312 p. (lire en ligne [archive])
  • Hans von Cam­pen­hau­sen, Les Pères grecs, Seuil, coll. « Livre de vie », 2001 (1re éd. 1963), 250 p. (ISBN 978–2020516730).
  • J.-M. Le Mayeur et al.His­toire du Chris­tia­nisme, tome 2, Nais­sance d’une chré­tien­té, Des­clée de Brou­wer, 1995, p. 481–497.
  • Dia­co­nie Apos­to­lique, La Divine Litur­gie de saint Jean Chry­so­stome, Édi­tions de Che­ve­togne, juillet 2012.
  • Cathe­rine Broc-Schme­zer, Les figures fémi­nines du Nou­veau Tes­ta­ment dans l’œuvre de Jean Chry­so­stome : Exé­gèse et pas­to­rale, Paris, Ins­ti­tut d’é­tudes augus­ti­niennes, coll. « Col­lec­tion des études augus­ti­niennes », novembre 2010, 581 p. (ISBN 978–2‑85121–230‑6).
  • Jean Chry­so­stome (trad. du grec ancien, préf. Lau­rence Brot­tier), Les Pro­pos sur la contri­tion de Jean Chry­so­stome : Le des­tin d’é­crits de jeu­nesse mécon­nus, Paris, CERF, coll. « Patri­moine chris­tia­nisme », jan­vier 2010, 452 p. (ISBN 978–2‑204–08971‑5).
  • Rudolf Brändl, Gilles Dori­val, Charles Chau­vin, Jean Chry­so­stome : Saint Jean Bouche d’or, 349–407, Cerf, 2003 (ISBN 2204070238)
  • Col­lec­tif, La Divine litur­gie de saint Jean Chry­so­stome, Cerf, (Caté­chèse ortho­doxe), 1986 (ISBN 2204024279).
  • (en) Mar­ga­ret M. Mit­chell, The Hea­ven­ly Trum­pet : John Chry­so­stom and the Art of Pau­line Inter­pre­ta­tion, vol. 40, Tübin­gen, Mohr Sie­beck, coll. « Her­me­neu­tische Unter­su­chun­gen zur Theo­lo­gie », 2000, 612 p. (ISBN 9780664225100OCLC 49527186lire en ligne [archive])
  • Jacques de Pen­thos, Saint Jean Chry­so­stome, Com­men­taire sur l’é­van­gile selon Saint Mat­thieu, Édit. Artège, 2012 (ISBN 2360401173).
  • Jacques de Pen­thos, Saint Jean Chry­so­stome, Com­men­taire sur l’é­van­gile de Saint Jean, Édit. Artège, 2012 (ISBN 2360400975).
  • Jacques de Pen­thos, Saint Jean Chry­so­stome, Homé­lies sur les épîtres de saint Paul : Tome 1, Lettres aux Corin­thiensÉdi­tions Fran­çois-Xavier de Gui­bert, 2009 (ISBN 2755403225) ; Tome 2, Lettre aux Romains – Lettre aux Ephé­siens, Édi­tions Fran­çois-Xavier de Gui­bert, 2009 (ISBN 2755403276) ; Tome 3, Lettre aux Galates, Lettre aux Phi­lip­piens, Lettre aux Colos­siens, Lettres aux Thes­sa­lo­ni­ciens, Édi­tions Fran­çois-Xavier de Gui­bert, 2009 (ISBN 2755403284) ; Tome 4, Lettres à Timo­thée, Lettre à Tite, Lettre à Phi­lé­mon, Lettre aux Hébreux, Édi­tions Fran­çois-Xavier de Gui­bert, 2009 (ISBN 2755403292).
  • Jacques de Pen­thos, Saint Jean Chry­so­stome, Com­men­taire sur les actes des apôtres, Édit. Artège, 2013 (ISBN 2360402102).
  • Jean-Yves Leloup (dir.) (trad. Robert Fla­ce­lière), Homé­lies de Jean Chry­so­stome sur l’in­com­pré­hen­si­bi­li­té de Dieu, Albin Michel, Édi­tions du Cerf, 1993, 182 p. (ISBN 978–2226063915).
  • Anne-Marie Malin­greyLettres à Olym­pias sui­vi de Vie ano­nyme d’O­lym­pias, Col­lec­tion « Sources chré­tiennes » – textes grecs no 13-bis, Cerf, 1968 (ISBN 2204036129).
  • Aimé Puech, Saint Jean Chry­so­stome et les mœurs de son temps, Paris, Hachette, 1891, 358 p. (lire en ligne [archive])
  • Hen­riette Dacier, Saint Jean Chry­so­stome et la femme chré­tienne au ive siècle de l’Église grecque, Paris, H. Falque, 1907, 384 p. (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Lau­rence Brot­tier, Ser­mons sur la Genèse, Cerf, Col­lec­tion « Sources chré­tiennes » – textes grecs no 433, Cerf, 1998 (ISBN 978–2204059961).
  • Lau­rence Brot­tier, Figures de l’é­vêque idéal : Jean Chry­so­stome, Jean Damas­cène, Belles Lettres, 2004 (ISBN 978–2251339450).
  • Louis Dou­tre­leau, Auguste Pié­da­gnel, Trois caté­chèses bap­tis­males, Col­lec­tion « Sources chré­tiennes » – textes grecs no 366, Cerf, 1990 (ISBN 2204042315).

Articles

Sur la bio­gra­phie

  • Mar­tin Jugie, « Saint Jean Chry­so­stome et la pri­mau­té du Pape », Échos d’O­rient, t. 11, no 71,‎ 1908, p. 193–202. (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Sur les homé­lies et les trai­tés

  • Jules Par­goire, « Les homé­lies de saint Jean Chry­so­stome en juillet 399 », Échos d’O­rient, t. 3, no 3,‎ 1900, p. 151–162. (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Bru­no Van­den­ber­ghe, « Saint Jean Chry­so­stome et les spec­tacles », Zeit­schrift Für Reli­gions- Und Geis­tes­ges­chichte, vol. 7, no 1,‎ 1955, p. 34–46 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean Sau­ter, « Huit caté­chèses inédites de Jean Chry­so­stome », Revue de Théo­lo­gie et de Phi­lo­so­phie, vol. 8, no 3,‎ 1958, p. 218–221 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Ber­nard Grillet, « Jean Chry­so­stome et le trai­té Sur la vir­gi­ni­té », Bul­le­tin de l’As­so­cia­tion Guillaume Budé : Lettres d’hu­ma­ni­té, no 25,‎ décembre 1966, p. 458–464 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Antoine Wen­ger, « Une homé­lie inédite de Jean Chry­so­stome sur l’É­pi­pha­nie », Revue des études byzan­tines, t. 29,‎ 1971, p. 117–135. (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Hen­ri de Lubac, S.J., « Le Dia­logue sur le Sacer­doce de saint Jean Chry­so­stome », Nou­velle Revue théo­lo­gique, vol. 100, no 6,‎ 1978, p. 822–831 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Mau­rice Sachot, « Le réem­ploi de l’ho­mé­lie 56 in Mat­thaeum de Jean Chry­so­stome (BHGa 1984) dans deux homé­lies byzan­tines sur la Trans­fi­gu­ra­tion (BHG 1980k et a1985) », Revue des Sciences Reli­gieuses, t. 57, no 2,‎ 1983, p. 123–146. (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Lau­rence Brot­tier, « L’image d’Antioche dans les homé­lies Sur les sta­tues de Jean Chry­so­stome », Revue des Études grecques, vol. 106, nos 506–508,‎ juillet-décembre 1993, p. 619–635 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Sur le style et la doc­trine

  • Joseph Lécuyer, c.s.sp., « Le sacer­doce céleste du Christ selon Chry­so­stome », Nou­velle Revue théo­lo­gique, vol. 72, no 6,‎ 1950, p. 561–579 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Joseph Lécuyer, « Saint Pierre dans l’enseignement de saint Jean Chry­so­stome à Constan­ti­nople », Gre­go­ria­num, vol. 49, no 1,‎ 1968, p. 113–133 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Lau­rence Brot­tier, « Le port, la tem­pête et le nau­frage. Sur quelques méta­phores para­doxales employées par Jean Chry­so­stome », Revue des Sciences Reli­gieuses, t. 68, no 2,‎ 1994, p. 145–158. (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Lau­rence Brot­tier, « De l’É­glise hors de l’É­glise au ciel anti­ci­pé. Sur quelques para­doxes chry­so­sto­miens », Revue d’his­toire et de phi­lo­so­phie reli­gieuses, vol. 76e année, no 3,‎ juillet-sep­tembre 1996, p. 277–292. (lire en ligne [archive])
  • M.G. de Durand, « La colère chez Saint Jean Chry­so­stome », Revue des Sciences Reli­gieuses, t. 67, no 1,‎ 1993, p. 61–77 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Rudolf Brändle, « Jean Chry­so­stome : l’importance de Mat­thieu 25, 31–46 pour son éthique », Vigi­liae Chris­tia­nae, vol. 31, no 1,‎ mars 1977, p. 47–52 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Andr­zej Wacho­wicz, « La notion de Par­the­nia chez Jean Chry­so­stome », Revue d’é­thique et de théo­lo­gie morale, vol. 2, no 244,‎ 2007, p. 9–30 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Cathe­rine Broc-Schme­zer, « Théo­lo­gie et phi­lo­so­phie en pré­di­ca­tion : le cas de Jean Chry­so­stome », Revue des Sciences phi­lo­so­phiques et théo­lo­giques, vol. 97, nos 2–3,‎ avril-sep­tembre 2013, p. 187–212 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Chris­tian R. Raschle, « Jean Chry­so­stome et les exem­pla tirés de l’histoire impé­riale récente », Dia­logues d’his­toire ancienne, vol. Dis­cours poli­tique et His­toire dans l’Antiquité, no Sup­plé­ment n°8,‎ 2013, p. 355–377 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Guillaume Bady, « Des lettres comme des flo­cons de neige ? : Le fait épis­to­laire dans la Cor­res­pon­dance d’exil de Jean Chry­so­stome », Col­lec­tion de la Mai­son de l’O­rient médi­ter­ra­néen ancien. Série lit­té­raire et phi­lo­so­phique, Lyon, vol. La lettre gré­co-latine, un genre lit­té­raire ?, no 52,‎ 2014, p. 165–188. (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Sur l’influence et la pos­té­ri­té

  • Gil­van Ven­tu­ra da Sil­va, « Jean Chry­so­stome et la chris­tia­ni­sa­tion de la cité antique », Revue Fran­çaise d’Histoire des Idées poli­tiques, no 31,‎ 1er semestre 2010, p. 39–56 (lire en ligne [archive])Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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