Lectures du jour – 23ᵉ dimanche du temps ordinaire – 6 septembre 2026 – année A
Évangile : Matthieu 18.15–20
Aimer assez pour reprendre et réconcilier
« Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Matthieu 18.20, Louis Segond 1910)
Méditation adaptée à des militaires
Textes du 23e dimanche du Temps ordinaire – Année A, 6 septembre 2026
Ézéchiel 33.7–9
Romains 13.8–10
Matthieu 18.15–20
La figure de la sentinelle parle immédiatement au militaire. Celui qui monte la garde ne choisit ni le secteur, ni la consigne, ni le danger qu’il doit signaler. Il reçoit une mission. Son silence peut exposer les autres ; une alerte lancée sans discernement peut, elle aussi, semer le désordre. Il lui faut veiller, reconnaître et transmettre fidèlement.
Ézéchiel reçoit une responsabilité semblable devant Dieu. Il doit d’abord écouter la parole, puis avertir. Dans la vie militaire, cette articulation rejoint une expérience concrète : la loyauté n’est pas la complaisance. Alerter sur une faute, un risque ou une dérive peut coûter, surtout lorsque la cohésion du groupe semble exiger le silence. Mais une cohésion fondée sur le déni devient fragile et parfois dangereuse.
Romains 13 empêche toutefois de transformer la franchise en brutalité. « L’amour ne fait point de mal au prochain. » Le camarade, le subordonné ou le chef que l’on reprend ne doit pas devenir une cible. La parole juste respecte les faits, la voie hiérarchique pertinente, la confidentialité nécessaire et la dignité de chacun. Elle ne nourrit ni rumeur ni vengeance.
Matthieu 18 offre une discipline de progression : d’abord seul à seul, puis avec des témoins, enfin devant l’instance compétente. Ce principe n’abolit évidemment pas les signalements immédiats exigés lorsqu’une personne est en danger ou lorsqu’une infraction grave est en cause. Mais pour les conflits ordinaires et les fautes susceptibles d’être reconnues, il rappelle qu’on cherche d’abord à gagner une personne, non à constituer un dossier contre elle.
Le militaire chrétien est appelé à une double fidélité : ne pas fermer les yeux devant le mal et ne pas traiter l’autre comme un ennemi à abattre. Cette fidélité exige du courage. Elle exige plus encore la présence du Christ, qui seul peut unir vérité, justice et réconciliation.
Prière
Dieu fidèle, veille sur ceux qui veillent. Donne aux militaires le discernement pour reconnaître le danger, le courage pour rendre compte avec vérité et la maîtrise de soi pour ne pas blesser inutilement. Garde-nous de la fausse camaraderie qui couvre le mal et de la dureté qui humilie. Apprends-nous à respecter la justice, les personnes et les responsabilités confiées. Rends-nous capables d’entendre une correction et de réparer nos fautes. Que le Christ demeure au milieu de nous et fasse de notre service un témoignage de droiture, de charité et de paix. Amen.
© Vincent Bru, 2 septembre 2026
Pour approfondir : Lire le culte du dimanche
