Le Christ avant tout

13ᵉ dimanche du temps ordinaire – Année A : Le Christ avant tout (Matthieu 10.37–42)

Lec­tures du jour – 13ᵉ dimanche du temps ordi­naire – 28 juin 2026 – année A

Évan­gile : Mat­thieu 10.37–42

Le Christ avant tout

« Celui qui conser­ve­ra sa vie la per­dra, et celui qui per­dra sa vie à cause de moi la retrou­ve­ra. » (Mat­thieu 10.39, Louis Segond 1910)

Il existe, dans la vie mili­taire, une réa­li­té que cha­cun com­prend intui­ti­ve­ment : au moment déci­sif, il faut savoir où se trouve la prio­ri­té. Une mis­sion ne peut réus­sir si cha­cun agit selon ses pré­fé­rences du moment. Il faut une fidé­li­té qui dépasse les inté­rêts per­son­nels, les habi­tudes et par­fois même les liens les plus chers.

Les paroles de Jésus peuvent d’a­bord sur­prendre : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » Elles ne dimi­nuent pas l’a­mour de la famille. Elles rap­pellent sim­ple­ment qu’au­cune réa­li­té créée ne peut occu­per la place du Créa­teur. Celui qui place le Christ au pre­mier rang n’aime pas moins sa famille ; il apprend à l’ai­mer plus jus­te­ment.

L’a­pôtre Paul nous donne la rai­son pro­fonde de cette fidé­li­té. Par le bap­tême, nous avons été unis à la mort et à la résur­rec­tion du Christ. Notre ancienne vie n’est plus notre point d’ap­pui. Nous appar­te­nons désor­mais à celui qui a don­né sa vie pour nous. La fidé­li­té chré­tienne n’est donc pas un effort soli­taire ; elle est la consé­quence d’une vie nou­velle reçue de Dieu.

La Suna­mite, quant à elle, nous montre que les gestes les plus simples peuvent deve­nir des lieux de béné­dic­tion. Ouvrir sa mai­son au pro­phète, pré­pa­rer une chambre, offrir un repas… Rien d’ex­tra­or­di­naire en appa­rence. Pour­tant, Dieu ins­crit ces actes dans son his­toire du salut.

Il en va sou­vent de même dans notre quo­ti­dien. Une parole de récon­fort, une pré­sence fidèle auprès d’un cama­rade, un ser­vice ren­du sans recher­cher de recon­nais­sance, une déci­sion prise par fidé­li­té à sa conscience chré­tienne peuvent avoir une por­tée que nous ne mesu­re­rons jamais ici-bas.

Le Christ ne pro­met pas une vie facile. Il appelle ses dis­ciples à por­ter leur croix. Mais il pro­met aus­si que celui qui perd sa vie à cause de lui la trou­ve­ra. Cette pro­messe demeure la véri­table espé­rance du croyant, qu’il serve dans une paroisse, dans un hôpi­tal ou sous l’u­ni­forme. Car aucune fidé­li­té offerte au Sei­gneur n’est jamais per­due. Elle est recueillie par celui qui demeure fidèle à son alliance jus­qu’à la fin.

Sei­gneur notre Dieu, Père fidèle, nous te ren­dons grâce parce que tu viens à notre ren­contre avant même que nous sachions te cher­cher. Tu nous appelles à ouvrir notre cœur à ta Parole, à mou­rir avec le Christ au péché et à mar­cher dans la vie nou­velle qu’il nous a acquise. Donne-nous de t’ai­mer plus que tout, afin que nos affec­tions, nos choix et nos enga­ge­ments soient ordon­nés selon ta volon­té. For­ti­fie ceux qui tra­versent l’é­preuve, sou­tiens ceux qui portent leur croix et rends-nous fidèles dans les plus humbles ser­vices. Que toute notre vie rende témoi­gnage à Jésus-Christ, notre Sei­gneur, auquel soient la gloire et l’hon­neur, avec toi et le Saint-Esprit, aux siècles des siècles. Amen.

© Vincent Bru, 25/06/2026

Pour appro­fon­dir : Lire le culte du dimanche