Islam et christianisme

Islam et christianisme : chercher la vérité sans compromis

Vincent Bru, 3 janvier 2026

Introduction générale

Cette série d’articles se propose d’examiner, de manière rigoureuse et argumentée, les différences fondamentales entre le christianisme biblique et l’islam. Son intention n’est ni polémique ni polémisante. Elle ne vise ni l’attaque des personnes, ni la caricature d’une foi vécue par des millions d’hommes et de femmes. Elle vise la recherche de la vérité, dans un esprit de clarté intellectuelle, d’honnêteté historique et de cohérence théologique.

Toute comparaison honnête suppose toutefois de reconnaître ses présupposés. Cette série assume explicitement les siens. L’approche adoptée est apologétique, au sens classique du terme : elle entend rendre compte rationnellement de la foi chrétienne et répondre aux objections qui lui sont adressées. Elle part d’un présupposé fondamental : la Bible dit vrai, et elle est réellement la Parole de Dieu. Ce présupposé n’est pas présenté comme une hypothèse neutre parmi d’autres, mais comme le point de départ assumé de toute la réflexion.

Cette démarche s’inscrit clairement dans une apologétique présuppositionnaliste, dans la ligne de Cornelius Van Til. Van Til a montré avec force qu’il n’existe pas de terrain intellectuel parfaitement neutre à partir duquel on pourrait juger les religions comme des objets extérieurs. Toute pensée humaine repose sur des présupposés ultimes concernant la vérité, la rationalité, l’histoire, le sens de l’existence et la possibilité même de connaître Dieu. Prétendre évaluer les religions depuis une position de neutralité absolue revient, en réalité, à masquer ses propres présupposés sous couvert d’objectivité.

Dans cette perspective, le christianisme biblique ne s’excuse pas d’avoir des présupposés. Il les confesse. Il affirme que la raison humaine, l’ordre du monde, la cohérence de l’histoire et la possibilité de la vérité ne sont intelligibles que parce qu’ils procèdent d’un Dieu personnel, rationnel et véridique qui se révèle. Comme l’a souligné Van Til, ce n’est pas la foi chrétienne qui a besoin d’être justifiée devant une raison autonome, mais bien la raison autonome qui présuppose, sans l’avouer, des catégories qu’elle ne peut fonder par elle-même.

Cette approche a été précisée et développée, dans un cadre plus pédagogique et pastoral, par John Frame, qui a montré que l’apologétique chrétienne ne se réduit ni à une simple accumulation de preuves, ni à un refus de l’argumentation rationnelle. Elle engage à la fois la norme (la Parole de Dieu), la situation (les faits, l’histoire, le contexte) et la personne (le cœur, les engagements fondamentaux). Autrement dit, la foi chrétienne se présente comme une vision du monde complète, capable de rendre compte à la fois de la vérité objective et de l’expérience humaine concrète.

Dans le même esprit, le philosophe réformé Alvin Plantinga a montré, sur le terrain de l’épistémologie contemporaine, qu’il n’est en rien irrationnel de croire en Dieu ou de tenir la révélation biblique pour vraie. Au contraire, la foi chrétienne peut être comprise comme une croyance « proprement basique », rationnelle sans avoir besoin d’être déduite d’arguments préalables, tout comme nous faisons confiance à notre mémoire, à nos perceptions ou à la réalité du monde extérieur. Ainsi, loin d’être un saut dans l’irrationnel, la foi chrétienne s’inscrit dans une compréhension robuste et cohérente de la rationalité humaine.

Il est toutefois essentiel de souligner que cette critique de la neutralité et du relativisme n’est pas propre au protestantisme réformé. Elle est partagée, sous des formes différentes, par d’autres grandes traditions chrétiennes.

Du côté catholique, Joseph Ratzinger a dénoncé à plusieurs reprises ce qu’il appelait la « dictature du relativisme », c’est-à-dire l’idée selon laquelle aucune vérité ultime ne pourrait être affirmée sans tomber dans l’intolérance. Ratzinger a montré que le relativisme ne conduit pas à la paix intellectuelle ou sociale, mais à une fragilisation de la raison elle-même, incapable de distinguer le vrai du faux, le juste de l’injuste. Pour lui aussi, la foi chrétienne n’est pas l’ennemie de la raison, mais sa purification et son accomplissement.

De même, dans la tradition orthodoxe, Georges Florovsky a critiqué l’illusion d’une pensée théologique ou philosophique détachée de tout enracinement confessionnel. Il a montré que toute théologie repose sur une tradition vivante et sur des présupposés fondamentaux concernant Dieu et la vérité. L’orthodoxie, comme le protestantisme réformé et le catholicisme classique, refuse l’idée que la foi chrétienne devrait se soumettre à un tribunal extérieur et prétendument neutre de la raison moderne.

C’est dans ce cadre large que s’inscrit cette série. Elle ne prétend pas « prouver » le christianisme à partir d’un point de vue surplombant et neutre. Elle cherche à montrer que, lorsque l’on prend au sérieux les présupposés, les sources, l’histoire et la cohérence interne des systèmes religieux, la foi chrétienne biblique se révèle intellectuellement robuste, historiquement fondée et théologiquement cohérente. À l’inverse, les prétentions de l’islam à se présenter comme la continuité ou l’achèvement de la révélation biblique se heurtent, dès l’examen des sources et des doctrines centrales, à des contradictions majeures.

Ainsi comprise, l’apologétique n’est pas un exercice de domination intellectuelle, mais un service rendu à la vérité. Elle ne cherche pas à humilier, mais à clarifier. Elle ne nie pas la sincérité des croyants, mais elle examine la vérité des croyances. Et elle affirme, contre le relativisme ambiant, que la question de la vérité n’est ni dangereuse ni dépassée, mais essentielle.

Présentation de la série et articulation des parties

La série se déploie de manière progressive et structurée. Elle commence par les fondations, puis avance vers les conséquences théologiques, éthiques et sociales.

La première partie traite des sources elles-mêmes : la Bible et le Coran. Elle est volontairement placée en tête, car tout le reste en découle. Avant de comparer Jésus, la croix, le salut, la morale, la politique ou l’eschatologie, il faut savoir de quels textes on parle, comment ils sont apparus, comment ils se présentent eux-mêmes, et quelle autorité ils revendiquent.

Les parties suivantes examineront successivement la personne de Jésus-Christ, la question décisive de la croix, la doctrine du salut, la nature de Dieu (Trinité ou monothéisme non relationnel), la prière, le rapport homme-femme, les prescriptions religieuses, la question de la violence et de la contrainte, le rapport au politique et à la laïcité, puis les fins dernières. Chaque thème est choisi parce qu’il touche un point structurant de la foi et révèle une divergence profonde, et non simplement secondaire.

Ce parcours permettra enfin, dans un dernier temps, d’aborder les points de convergence réels entre christianisme et islam, sans naïveté ni relativisme, en distinguant clairement ce qui peut être partagé de ce qui demeure irréductiblement contradictoire.


Plan détaillé de la série (12 parties)

PARTIE 1 — Bible et Coran : deux modèles de révélation, deux logiques de canon
Objectif
Poser les fondations méthodologiques : de quoi parle-t-on quand on dit « Parole de Dieu », « révélation », « Écriture » ?
Axes

  1. La Bible comme bibliothèque historique : pluralité d’auteurs, genres, contextes, progression de l’alliance.
  2. Canon de l’Ancien Testament : canon hébraïque (Bibles protestantes sans deutérocanoniques).
  3. Canon du Nouveau Testament : reconnaissance progressive, critères (apostolicité, catholicité, orthodoxie), repères historiques (Athanase 367, etc.). Wikipédia+1
  4. Inspiration et autorité : doctrine réformée (Confession de La Rochelle), articulation Écriture/Esprit, inerrance (définition précise, limites, caricatures à éviter). France Mémoire+2Acteurs d’Eglise+2
  5. Coran : apparition au VIIe siècle, nature « récitée », statut doctrinal (débat créé/incréé). Wikipédia
    Livrable article long
    Comparer deux épistémologies : « témoignage historique pluriel » vs « récitation céleste normative », et conséquences sur l’argument du tahrîf.

PARTIE 2 — Jésus-Christ : prophète ou Fils éternel ?
Objectif
Montrer l’incompatibilité des christologies.
Axes

  1. Christologie biblique : incarnation, filiation, seigneurie, médiation.
  2. Jésus (ʿÎsâ) dans le Coran : prophète, messie, mais refus de la filiation divine.
  3. Point pivot : que devient l’adoration du Christ (présente dans le NT) si Jésus n’est qu’un prophète ?
  4. Méthode : comparer textes (Évangiles/épîtres) vs passages coraniques et tafsîr (sans caricature, en citant).
    Livrable fiches
    Objection/Réponse : « Trinité = trois dieux ? » « Fils = procréation ? » etc.

PARTIE 3 — La croix : centre de l’Évangile, point de rupture avec l’islam
Objectif
Faire comprendre que sans croix, il n’y a plus « d’Évangile » au sens apostolique.
Axes

  1. Centralité de la croix et de la résurrection (kérygme).
  2. Négation coranique de la crucifixion (Q 4 :157) et ses lectures (apparence/substitution). Quran.com+1
  3. Problème historique : pourquoi la crucifixion est généralement tenue pour solidement attestée (sources chrétiennes et non chrétiennes, ex. Tacite). Wikipédia
  4. Conséquence sotériologique : si pas de croix, pas d’expiation, pas de justification, pas de réconciliation.
    Livrable TikTok
    « Si tu retires la croix, tu retires le cœur même du christianisme. »

PARTIE 4 — Salut : grâce souveraine ou économie méritoire
Objectif
Comparer les logiques de salut.
Axes

  1. Justification par la foi (grâce, substitution, union à Christ).
  2. Schéma islamique courant : œuvres, miséricorde de Dieu, absence d’assurance au sens réformé.
  3. Anthropologie : péché radical vs défaut/oubli/faiblesse, et conséquences pastorales.
  4. Assurance : fruit de l’Évangile ou « présomption » ?
    Livrable fiches
    « Comment expliquer la grâce sans ‘permis de pécher’ ? »

PARTIE 5 — Dieu : Trinité d’amour ou monothéisme non relationnel
Objectif
Montrer que la Trinité n’est pas un détail, mais la condition même de « Dieu est amour ».
Axes

  1. Dieu éternellement relationnel : amour intra-divin (le Père, le Fils, l’Esprit).
  2. Clarifier : unité de substance, distinction des personnes, pas de tri-théisme.
  3. Critique musulmane : shirk, incompréhension de « Fils ».
  4. Conséquence : quelle « proximité » est possible entre Dieu et l’homme ?
    Livrable article long
    Argument philosophico-théologique : Dieu « amour » par essence, pas seulement par acte.

PARTIE 6 — Prière : relation filiale ou devoir religieux
Objectif
Comparer la prière comme communion vs prière comme obligation.
Axes

  1. Prière chrétienne : Père, confiance, adoption, médiation du Christ.
  2. Prière islamique : normes rituelles, obligation, mérite, dimension communautaire.
  3. Effets spirituels : assurance, paix, liberté, ou crainte et calcul moral (à traiter finement).
  4. Dialogue : points communs (Dieu, louange, demande) et fracture (filiation/assurance/médiation).
    Livrable TikTok
    « Tu pries comme fils, ou comme serviteur en probation ? »

PARTIE 7 — Homme et femme : dignité, ordre, voile
Objectif
Aborder un sujet concret, souvent décisif dans la perception publique.
Axes

  1. Création biblique : image de Dieu homme/femme, dignité égale, vocation.
  2. Textes islamiques et traditions : diversité des pratiques historiques, mais cadre normatif.
  3. Voile : sens religieux, social, politique (pluralité des positions), et différence avec la pudeur chrétienne.
  4. Critère apologétique : liberté de conscience, valeur de la personne, rapport au corps.
    Référence socle (étude historique)
    Leila Ahmed, Women and Gender in Islam. Yale University Press

PARTIE 8 — Loi, pureté, prescriptions : halal, alimentation, et liberté chrétienne
Objectif
Montrer le passage « ombre → accomplissement » dans la Bible.
Axes

  1. Alimentation/pureté : rôle dans l’Ancienne Alliance.
  2. Accomplissement en Christ : nouvelle alliance, fin des marqueurs identitaires rituels.
  3. Halal/haram : logique islamique de normativité quotidienne.
  4. Anthropologie : sainteté comme séparation rituelle vs sainteté comme consécration en Christ (éthique du cœur et de la vocation).
    Livrable fiches
    Réponses à « Mais vous n’avez plus de loi, donc tout est permis ».

PARTIE 9 — Violence, contrainte, expansion : divergences théologiques et éthiques
Objectif
Traiter sans slogan : distinguer doctrine, histoire, et usages politiques.
Axes

  1. Jésus et la contrainte : foi et conscience.
  2. Doctrine du jihad : pluralité interne, développements juridiques.
  3. Christianisme : « guerre juste » (traditions), coercition, et critique interne (notamment protestante).
  4. Apport de Jacques Ellul : critique spirituelle de la violence comme système. Religion-online.org+1
    Références socles jihad
    Peters, Cook. Amazon+1

PARTIE 10 — Politique, laïcité, et souveraineté des sphères (Kuyper)
Objectif
Clarifier : la foi chrétienne n’implique pas théocratie, mais elle n’est pas neutralisation du sacré non plus.
Axes

  1. Distinction des sphères : Église/État/famille/école, etc.
  2. Kuyper : souveraineté des sphères, « Christ Seigneur de tout », implications pour une laïcité non totalitaire. Wikipédia+1
  3. Islam et politique : rapport entre religion, loi, gouvernance (diversité, mais structure juridique forte).
  4. Modernité : tensions islam/État moderne (Hallaq). Columbia University Press

PARTIE 11 — Fins dernières : jugement, paradis, espérance
Objectif
Comparer l’horizon final : communion avec Dieu vs récompense, nature du salut, assurance.
Axes

  1. Jugement dans la Bible : union à Christ, résurrection, renouvellement.
  2. Paradis coranique : descriptions, logique de récompense.
  3. Enjeu : finalité ultime = Dieu lui-même (vision béatifique/communion) ou biens reçus ?
  4. Pastorale : espérance, souffrance, martyr, sens de l’histoire.

PARTIE 12 — Vérité, coexistence, dialogue : convergences, limites, témoignage
Objectif
Préparer la suite « points de convergence » sans relativisme.
Axes

  1. Distinguer respect des personnes et jugement sur les doctrines.
  2. Comment dialoguer : questions, écoute, clarification des termes (Dieu, révélation, salut).
  3. Erreurs symétriques : polémique agressive vs syncrétisme.
  4. Méthode : « convergences réelles » (monothéisme, morale, prière) vs « divergences structurantes » (Christ, croix, Trinité, salut).

Notice bibliographique (Introduction)

1) Réformés confessants et théologiens évangéliques

Apologétique présuppositionnaliste et fondements

  • Cornelius Van Til, The Defense of the Faith
    Ouvrage fondateur de l’apologétique présuppositionnaliste réformée. Essentiel pour comprendre la critique de la neutralité et la notion de présupposés ultimes.
  • Greg L. Bahnsen, Van Til’s Apologetic : Readings and Analysis
    Présentation systématique et pédagogique de la pensée de Van Til.
  • John M. Frame, Apologetics to the Glory of God
    Apologétique réformée intégrant présuppositionnalisme, usage des preuves et souci pastoral.
  • John M. Frame, The Doctrine of the Knowledge of God
    Analyse profonde de la connaissance, de la vérité et de la rationalité dans une perspective biblique.

Foi, raison et vérité

  • Francis Schaeffer, The God Who Is There
    Défense accessible mais rigoureuse de la cohérence intellectuelle du christianisme.
  • Francis Schaeffer, Escape from Reason
    Critique de la séparation moderne entre foi et raison.
  • Alvin Plantinga, Warranted Christian Belief
    Défense philosophique majeure de la rationalité de la foi chrétienne (épistémologie réformée).

Confessions et textes fondateurs

  • Confession de foi de La Rochelle (1559)
    Texte clé pour l’autorité de l’Écriture et la position réformée confessante.
  • Confession de Westminster, chapitres 1 et 2
    Sur l’Écriture, la révélation et la connaissance de Dieu.

2) Catholiques romains classiques

Révélation, vérité et raison

  • Concile Vatican I, Dei Filius
    Texte fondamental sur la connaissance de Dieu, la foi et la raison.
  • Concile Vatican II, Dei Verbum
    Constitution dogmatique sur la révélation divine.
  • Joseph Ratzinger (Benoît XVI), Foi, vérité, tolérance
    Réflexion majeure sur la vérité religieuse face au relativisme moderne.
  • Joseph Ratzinger, Introduction au christianisme
    Exposé classique sur le cœur de la foi chrétienne et sa rationalité.

Philosophie chrétienne et vérité

  • Étienne Gilson, Le philosophe et la théologie
    Rapport entre philosophie, théologie et vérité.
  • Jacques Maritain, De la philosophie chrétienne
    Défense de l’intelligibilité rationnelle de la foi.

3) Tradition orthodoxe

Révélation, connaissance et vérité

  • Georges Florovsky, Bible, Église, Tradition
    Texte fondamental pour comprendre la vision orthodoxe de l’autorité et de la révélation.
  • Georges Florovsky, Les voies de la théologie russe
    Critique de la pensée occidentale moderne et défense d’un enracinement patristique.
  • Jean Meyendorff, Théologie byzantine
    Expose la conception orthodoxe de la vérité, de la tradition et de la connaissance de Dieu.

Foi, expérience et raison

  • Vladimir Lossky, Théologie mystique de l’Église d’Orient
    Vision orthodoxe de la connaissance de Dieu, apophatisme et révélation.
  • Kallistos Ware, L’Église orthodoxe
    Chapitres utiles sur révélation, vérité et autorité.

4) Ouvrages transversaux utiles à l’introduction

  • Lesslie Newbigin, The Gospel in a Pluralist Society
    Réflexion chrétienne majeure sur vérité et pluralisme religieux.
  • Alasdair MacIntyre, After Virtue
    Pour comprendre la crise moderne de la rationalité et du relativisme (cadre culturel).
  • Charles Taylor, A Secular Age
    Contexte philosophique et culturel du discours contemporain sur la foi et la vérité.

Bibliographie acédémique de base (organisée par thèmes)

  1. Canon, formation du NT, histoire du texte biblique
    Bruce M. Metzger, The Canon of the New Testament : Its Origin, Development, and Significance (Oxford, 1987). Persée
    Lee Martin McDonald, The Formation of the Christian Biblical Canon (réf. Standard).
    F. F. Bruce, The Canon of Scripture (réf. Classique).
    Kurt & Barbara Aland, The Text of the New Testament (critique textuelle, manuscrits).
    Emanuel Tov, Textual Criticism of the Hebrew Bible (réf. Majeure).
  2. Confessions réformées, doctrine de l’Écriture
    Confession de foi de La Rochelle (1559), articles sur l’Écriture et l’autorité. France Mémoire+1
    B. B. Warfield, The Inspiration and Authority of the Bible (classique protestant).
    John Murray, Redemption Accomplished and Applied (sotériologie réformée, utile pour les parties 3–4).
  3. Origines du Coran et contexte tardo-antique
    Angelika Neuwirth, The Qur’an and Late Antiquity : A Shared Heritage (Oxford). Oxford University Press
    W. Montgomery Watt, Muhammad at Mecca ; Muhammad at Medina (OUP). Amazon+1
    Fred M. Donner, Muhammad and the Believers (sur les débuts du mouvement).
    The Cambridge Companion / Cambridge History volumes (Islam, Qur’an) selon disponibilité.
  4. Hadith, sunna, formation du droit islamique
    Harald Motzki (éd.), Hadith : Origins and Developments (Routledge). Routledge+1
    Jonathan Brown, Hadith : Muhammad’s Legacy in the Medieval and Modern World (réf. Accessible mais sérieuse).
    OUP / Oxford Islamic Studies entries sur hadith/sunna (repères de définition et histoire). Oxford Research Encyclopedia+1
  5. Jésus historique, crucifixion, sources non chrétiennes
    Tacite, Annales 15.44 (source antique, discussion historique). Wikipédia
    John P. Meier, A Marginal Jew (série majeure, exigeante).
    N. T. Wright, The Resurrection of the Son of God (argumentation massive, côté chrétien).
    Gary Habermas & Michael Licona, The Case for the Resurrection of Jesus (plus apologétique, moins académique, mais utile en fiche).
  6. Christologie et Trinité (classiques + dogmatique)
    Athanase, Sur l’Incarnation (patristique, socle christologique).
    Thomas F. Torrance, Incarnation / The Trinitarian Faith (réformé, solide).
    Herman Bavinck, Reformed Dogmatics (trinité, christologie, révélation).
  7. Femme, voile, genre : histoire et débats
    Leila Ahmed, Women and Gender in Islam (Yale). Yale University Press
    Leila Ahmed, A Quiet Revolution (sur le retour du voile, XXe siècle).
    Ouvrages de synthèse (Oxford/Cambridge) sur femmes et islam (selon angle souhaité).
  8. Jihad, violence, contrainte : histoire et doctrine
    Rudolph Peters, Jihad in Classical and Modern Islam : A Reader. Amazon+1
    David Cook, Understanding Jihad (UC Press). University of California Press+1
    Jacques Ellul, Violence : Reflections from a Christian Perspective. Media.sabda.org
  9. Islam, politique, modernité, pluralisme juridique
    Wael B. Hallaq, The Impossible State : Islam, Politics, and Modernity’s Moral Predicament (Columbia). Columbia University Press
    Anver M. Emon, Religious Pluralism and Islamic Law (Oxford). Amazon+1
    Olivier Roy, La Sainte Ignorance (Points) (pour le cadre sociologique « religion sans culture »). Persée+1
  10. Kuyper, souveraineté des sphères, laïcité chrétienne
    Abraham Kuyper, Lectures on Calvinism (texte de référence, dont « sphere sovereignty »). Christ and Culture
    Études de synthèse sur la souveraineté des sphères (repères). Wikipédia

Bibliographie générale détaillées pour toute la série

I. Bibliographie fondamentale commune à toute la série

(Méthode, vérité, révélation, critique du relativisme)

Théologie réformée confessante – fondations

Calvin, Jean. Institution de la religion chrétienne. Traduction française. Aix-en-Provence : Éditions Kerygma, 2009–2012.

Bavinck, Herman. Dogmatique réformée.
Vol. 1 : La révélation et la connaissance de Dieu. Charols : Excelsis, 2006.
Vol. 3 : Le péché et le salut en Christ. Charols : Excelsis, 2013.

Van Til, Cornelius. La défense de la foi chrétienne. Charols : Excelsis, 2011.

Frame, John M. Apologétique. Une défense de la foi chrétienne. Charols : Excelsis, 2018.

Plantinga, Alvin. Foi chrétienne et rationalité. Genève : Labor et Fides, 2003.

Blocher, Henri. Révélation des origines. Charols : Excelsis, 2001.


Critique du relativisme et de la modernité

Ratzinger, Joseph. Vérité et tolérance. Paris : Parole et Silence, 2005.

Florovsky, Georges. Bible, Église, Tradition. Paris : Cerf, 1992.

MacIntyre, Alasdair. Après la vertu. Paris : PUF, 1997.


Revue réformée (corpus transversal)

La Revue réformée – Fondation de service protestant
https ://larevuereformee.net


Islamologie académique – Coran, révélation, tradition

Neuwirth, Angelika. Le Coran et l’Antiquité tardive. Paris : Cerf, 2021.

Reynolds, Gabriel Said. Le Coran et la Bible. Textes et contextes. Paris : Cerf, 2020.

Watt, W. Montgomery. Islam et christianisme aujourd’hui. Paris : Cerf, 1983.

Watt, W. Montgomery. Mahomet. Paris : Payot, 1989.

Hallaq, Wael B. Introduction au droit musulman. Bruxelles : De Boeck, 2009.

Hallaq, Wael B. The Impossible State. New York : Columbia University Press, 2012.

Nasr, Seyyed Hossein. Islam et spiritualité. Paris : Albin Michel.

Brown, Jonathan A. C. Hadith. Muhammad’s Legacy in the Medieval and Modern World. Oxford : Oneworld, 2009.


II. PARTIE 1 – Bible et Coran : révélation, canon, autorité

Canon et critique textuelle (Bible)

Metzger, Bruce M. Le canon du Nouveau Testament. Paris : Cerf, 1986.

Metzger, Bruce M., et Bart D. Ehrman. Le texte du Nouveau Testament. Genève : Labor et Fides, 2000.

Aland, Kurt, et Barbara Aland. Le texte du Nouveau Testament. Genève : Labor et Fides, 1989.

Tov, Emanuel. Critique textuelle de l’Ancien Testament. Paris : Cerf, 2012.


Coran et révélation islamique

Neuwirth, Angelika. Le Coran et l’Antiquité tardive. Paris : Cerf, 2021.

Reynolds, Gabriel Said. Le Coran et la Bible. Textes et contextes. Paris : Cerf, 2020.

Watt, W. Montgomery. Islam et christianisme aujourd’hui. Paris : Cerf, 1983.


III. PARTIE 2 – Jésus-Christ : prophète ou Fils éternel ?

Christologie biblique

Bauckham, Richard. Jésus et le Dieu d’Israël. Charols : Excelsis, 2010.

Hurtado, Larry W. Jésus-Christ Seigneur. Charols : Excelsis, 2009.

Athanase d’Alexandrie. De l’Incarnation du Verbe. Paris : Cerf, « Sources chrétiennes », 1989.

Hengel, Martin. La crucifixion dans l’Antiquité. Paris : Cerf, 1978.


Jésus dans le Coran

Reynolds, Gabriel Said. Le Coran et la Bible. Paris : Cerf, 2020.

Neuwirth, Angelika. Le Coran comme texte de l’Antiquité tardive. Paris : Cerf, 2021.


IV. PARTIE 3 – La croix et la rédemption

Stott, John. La croix de Jésus-Christ. Charols : Excelsis, 2008.

Bavinck, Herman. Dogmatique réformée, vol. 3. Charols : Excelsis, 2013.

Anselme de Cantorbéry. Pourquoi Dieu s’est fait homme. Paris : Cerf, 1993.


V. PARTIE 4 – Salut : grâce ou œuvres

Paul, Jean-François. La justification par la foi. Charols : Excelsis.

Luther, Martin. De la liberté du chrétien. Genève : Labor et Fides.

Blocher, Henri. Articles sur justification (Revue réformée).


VI. PARTIE 5 – Loi, morale et obéissance

Calvin, Jean. Institution, livre II–III. Kerygma.

Ellul, Jacques. Le fondement théologique du droit. Paris : PUF.

Hallaq, Wael B. Introduction au droit musulman. Bruxelles : De Boeck, 2009.


VII. PARTIE 6 – Homme, femme, corps et voile

Westphal, Merold. Dieu, le genre et la révélation.
Revue réformée, articles sur création et anthropologie.

Mernissi, Fatima. Le harem politique. Paris : Albin Michel.


VIII. PARTIE 7 – Prière et relation à Dieu

Calvin, Jean. Institution, livre III, chap. 20.

Blocher, Henri. Articles sur prière (Revue réformée).

Nasr, Seyyed Hossein. Islam et spiritualité. Paris : Albin Michel.


IX. PARTIE 8 – Violence, contrainte et pouvoir

Ellul, Jacques. Violence. Paris : La Table Ronde.

Augustin. La Cité de Dieu. Paris : Seuil.

Hallaq, Wael B. The Impossible State. New York : Columbia University Press.


X. PARTIE 9 – Politique, laïcité et souveraineté

Kuyper, Abraham. Le calvinisme. Charols : Excelsis.

Ratzinger, Joseph. Église, œcuménisme et politique. Parole et Silence.


XI. PARTIE 10 – Eschatologie et jugement

Bavinck, Herman. Dogmatique réformée, vol. 4.

Blocher, Henri. Articles eschatologiques (Revue réformée).


XII. PARTIE 11–12 – Convergences et limites du dialogue

Chalamet, Christophe. Dialogue interreligieux et vérité. Genève : Labor et Fides.

Ratzinger, Joseph. Foi, vérité, tolérance. Parole et Silence.


ANNEXES

FICHE APOLOGÉTIQUE – INTRODUCTION GÉNÉRALE : Islam et christianisme – cadre, méthode et enjeux

1. Intention de la démarche

Cette série n’a pas pour but la polémique, l’attaque personnelle ou la provocation.
Elle vise la recherche de la vérité, avec sérieux, honnêteté intellectuelle et respect des personnes.

Le dialogue n’est authentique que s’il accepte la confrontation des idées.
Comparer des religions sans jamais poser la question de la vérité revient à faire du relativisme, pas du dialogue.

2. Une approche assumée : apologétique

Cette démarche est apologétique au sens classique :
– expliquer ce que croit réellement le christianisme,
– répondre aux objections qui lui sont adressées,
– montrer la cohérence interne de la foi chrétienne.

L’apologétique ne cherche pas à « gagner un débat », mais à rendre raison de l’espérance chrétienne (1 Pierre 3.15).

3. Le présupposé de départ

Cette série part d’un présupposé fondamental :
la Bible est vraie, et elle est réellement la Parole de Dieu.

Ce présupposé est assumé, non dissimulé.
Il n’existe pas de point de vue neutre : toute vision du monde repose sur des présupposés ultimes (sur Dieu, la vérité, la raison, l’histoire).

Le christianisme biblique ne prétend pas juger la vérité « de l’extérieur », mais confesse que Dieu parle et se révèle.

4. Une approche présuppositionnaliste

Dans la ligne de l’apologétique réformée, cette série adopte une méthode présuppositionnaliste :

– La raison humaine n’est pas autonome ni neutre.
– Toute pensée est enracinée dans une vision du monde.
– La Bible fournit un cadre cohérent pour comprendre Dieu, l’homme, le mal, l’histoire et le salut.

Le but n’est pas de prouver la Bible à partir d’un critère supérieur à elle, mais de montrer qu’elle rend compte de la réalité de manière cohérente et intelligible.

5. Une démarche aussi évidentialiste

Ce présupposé n’exclut pas l’usage de la raison, de l’histoire et des faits.

Au contraire, cette série fera appel :
– aux données historiques,
– à l’étude des textes,
– à la transmission manuscrite,
– à la cohérence doctrinale,
– aux sources juives, chrétiennes et islamiques.

L’objectif est de montrer qu’il n’est pas déraisonnable de partir de la Bible, et que les prétentions concurrentes de l’islam posent de sérieux problèmes historiques et théologiques.

6. Principe méthodologique fondamental

Cette série confronte des sources, pas des individus.

– La Bible et le Coran
– les doctrines centrales
– les structures théologiques
– les conséquences logiques

Elle ne juge ni la sincérité ni la valeur morale des croyants, mais examine les enseignements.

7. Pourquoi commencer par les sources

Tout le reste dépend de ce point.

Avant de parler :
– de Jésus,
– de la croix,
– du salut,
– de la loi,
– de la prière,
– de la violence,
– ou de la politique,

Il faut savoir :
– ce qu’est la Parole de Dieu,
– comment elle est donnée,
– comment elle est transmise,
– et quelle autorité elle revendique.

Comparer le christianisme et l’islam sans comparer la Bible et le Coran revient à discuter des conséquences sans examiner les fondations.

8. Thèse centrale de la série

Le christianisme biblique et l’islam reposent sur des conceptions irréductiblement différentes de la révélation, de Dieu, du Christ et du salut.

Ces différences ne sont pas secondaires.
Elles touchent le cœur même de la foi.

C’est pourquoi l’idée selon laquelle l’islam serait simplement une « suite » ou un « complément » du christianisme ne résiste pas à l’examen sérieux des sources.

9. Objectif pédagogique pour le terrain

À l’issue de cette introduction, l’objectif est que chacun puisse répondre simplement à deux questions :

– Sur quoi repose vraiment le christianisme ?
→ Sur une révélation historique, inscrite dans l’alliance, culminant dans le Christ crucifié et ressuscité.

– Pourquoi le désaccord avec l’islam est-il fondamental ?
→ Parce qu’il ne porte pas sur des détails, mais sur la nature même de la révélation et du salut.

10. Phrase-clef à retenir

« Avant de comparer Jésus, la croix ou le salut, il faut d’abord comparer les sources.
Et quand les sources sont différentes, les conclusions le seront nécessairement aussi. »


FICHE APOLOGÉTIQUE – INTRODUCTION Générale : Dialogue et questions fréquentes

Objectif de la fiche

Aider à dialoguer sans agressivité,
poser un cadre clair,
éviter les faux débats,
et recentrer la discussion sur les vrais enjeux.

1. « Pourquoi comparer l’islam et le christianisme ? Ce sont deux religions différentes. »

Réponse courte
Justement parce qu’elles prétendent toutes deux parler du même Dieu, d’Abraham, de Moïse et de Jésus.

Réponse développée
Si deux religions affirment venir du même Dieu mais enseignent des choses contradictoires sur Jésus, la croix et le salut, alors la question de la vérité se pose nécessairement. Comparer n’est pas attaquer, c’est chercher à comprendre ce qui est vrai.

2. « Tu pars déjà du principe que la Bible est vraie, ce n’est pas neutre. »

Réponse courte
Personne n’est neutre. Tout le monde part de présupposés.

Réponse développée
L’islam part aussi d’un présupposé : que le Coran est la parole finale de Dieu.
La différence, c’est que le christianisme assume son point de départ et accepte de le confronter à l’histoire, aux textes et à la raison, sans demander un « point de vue supérieur » à Dieu lui-même.

3. « Mais la raison doit juger les religions, pas la foi. »

Réponse courte
La raison ne flotte jamais dans le vide : elle repose toujours sur une vision du monde.

Réponse développée
La question n’est pas « raison ou foi », mais : quelle vision du monde rend le mieux compte de la raison, de la morale, de l’histoire et de l’expérience humaine ?
Le christianisme affirme que la raison a du sens parce que le monde a été créé par un Dieu rationnel et personnel.

4. « Pourquoi commencer par la Bible et le Coran ? Parlons plutôt de valeurs. »

Réponse courte
Parce que les valeurs découlent toujours des sources.

Réponse développée
On ne peut pas comparer honnêtement des pratiques ou des valeurs sans examiner ce qui les fonde.
Si la Bible et le Coran n’ont pas la même origine, la même nature et la même autorité, alors les conclusions morales, spirituelles et sociales seront nécessairement différentes.

5. « L’islam dit que la Bible a été corrompue. »

Réponse courte
C’est une affirmation grave… Mais sans preuve historique solide.

Réponse développée
Cette accusation apparaît tardivement et sert surtout à expliquer pourquoi la Bible contredit le Coran sur des points centraux.
Or nous possédons des milliers de manuscrits bibliques, anciens, géographiquement dispersés, qui montrent une transmission remarquablement stable sur les doctrines essentielles.

6. « Tu veux dire que l’islam est faux ? »

Réponse courte
Je dis que ses prétentions à être la continuation du christianisme ne tiennent pas face aux sources.

Réponse développée
Le désaccord n’est pas culturel ou secondaire.
Il porte sur :
– la nature de Dieu,
– l’identité de Jésus,
– la réalité de la croix,
– le sens du salut.

Deux visions contradictoires ne peuvent pas être vraies en même temps.

7. « Mais croire que seule une religion est vraie, c’est dangereux. »

Réponse courte
Ce qui est dangereux, ce n’est pas la vérité, c’est la contrainte.

Réponse développée
Le christianisme biblique distingue clairement vérité et violence.
Jésus ne contraint pas les consciences.
Dire « je crois que ceci est vrai » n’implique pas « je dois forcer les autres à y croire ».

8. « Quel est le but de cette série, au fond ? »

Réponse courte
Clarifier, pas humilier.

Réponse développée
Le but est de permettre un dialogue honnête, fondé sur les textes et la raison, sans confusion ni faux compromis.
On ne peut aimer véritablement sans chercher la vérité.

9. Question-clé à poser dans le dialogue

« Avant de discuter de Jésus ou du salut, acceptons-nous d’examiner ensemble nos sources et ce qu’elles affirment réellement ? »

Cette question recentre presque toujours le débat au bon niveau.

10. Phrase de clôture à retenir

« Si les sources sont différentes, les doctrines le seront aussi.
Et si les doctrines sont contradictoires, la vérité mérite d’être examinée. »


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