Jean-Baptiste désigne la lumière du Christ

3e dimanche de l’Avent – Année C : Jean 1.6–8, 19–28

NB : Les conte­nus théo­lo­giques par­ta­gés sur cette page peuvent être libre­ment uti­li­sés, repris ou adap­tés dans un cadre pas­to­ral ou péda­go­gique. Aucune cita­tion de l’auteur n’est requise. Cette liber­té d’usage vise à favo­ri­ser la dif­fu­sion et l’édification du plus grand nombre.


Ce troi­sième dimanche de l’Avent nous tourne vers la lumière que Dieu fait lever au cœur de notre attente. Les textes de ce jour annoncent la res­tau­ra­tion, la joie et la sanc­ti­fi­ca­tion que le Sei­gneur accorde à son peuple. Par la voix de Jean-Bap­tiste, l’Écriture nous appelle à pré­pa­rer le che­min du Christ, déjà pré­sent au milieu de nous.


Textes de la Bible

Des­crip­tion rapide de chaque lec­ture

Ésaïe 61.1–4,8–111 : Le pro­phète annonce l’onction de l’envoyé de Dieu, por­teur de libé­ra­tion, de conso­la­tion et de res­tau­ra­tion. Dieu pro­met une alliance éter­nelle et la renais­sance de son peuple.
Psaume 126 : Chant du retour de l’exil. Joie, espé­rance, prière pour un renou­vel­le­ment de la déli­vrance.
1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5.16–242 : Appel à la vie spi­ri­tuelle dans la joie, la prière, la vigi­lance et la sain­te­té, dans l’attente du retour du Christ.
Jean 1.6–8,19–283 : Jean-Bap­tiste témoigne qu’il n’est pas la lumière mais la voix qui pré­pare le che­min du Sei­gneur.

Syn­thèse : thème com­mun

Les quatre textes convergent vers une même affir­ma­tion : Dieu fait lever sa lumière au milieu de ceux qui attendent la déli­vrance. L’Éternel visite son peuple, relève les cœurs bri­sés, res­taure la joie, forme un peuple saint dans l’attente du Christ. Ce dimanche est mar­qué par l’espérance active : le salut germe.


Exégèse

Psaume 126 (x2)

Ésaïe 61.1–4, 8–11 – Version NVS78P

1. Struc­ture et dyna­mique du pas­sage

Le texte se divise en deux grands blocs :

A) Ver­sets 1–3 : le dis­cours du « ser­vi­teur oint », inves­ti par l’Esprit pour annon­cer et accom­plir la res­tau­ra­tion.
B) Ver­sets 4, 8–11 : consé­quences col­lec­tives et escha­to­lo­giques de cette œuvre : recons­truc­tion, jus­tice, alliance éter­nelle, joie et épa­nouis­se­ment.

Le mou­ve­ment va du « moi » pro­phé­tique inves­ti par Dieuau peuple res­tau­réà la terre trans­for­mée.
L’Alliance se déploie du centre (le Ser­vi­teur) vers les extré­mi­tés (les nations).


2. Exé­gèse détaillée

Ver­set 1 — L’onction et la mis­sion

« L’Esprit du Sei­gneur, l’Éternel, est sur moi, car l’Éternel m’a don­né l’onction. »

La phrase affirme une inves­ti­ture divine abso­lue. Trois élé­ments fon­da­teurs :
• L’Esprit (רוּחַ, ruach) repose sur le Ser­vi­teur ;
• L’onction (מָשַׁח, mashach) marque une consé­cra­tion royale et pro­phé­tique ;
• La mis­sion est de Dieu : « il m’a envoyé » (שָׁלַח, sha­lach).

Cette voca­tion pro­phé­tique annonce déjà la mis­sion mes­sia­nique. Dans la lec­ture chré­tienne, Jésus cite ce pas­sage pour défi­nir sa propre iden­ti­té (Luc 4.18), ce qui fait de ce texte une clé her­mé­neu­tique majeure.

« Pour por­ter de bonnes nou­velles à ceux qui sont humi­liés ; pour pan­ser ceux qui ont le cœur bri­sé ; pour pro­cla­mer aux cap­tifs leur libé­ra­tion…  »

La mis­sion se décline en six verbes d’action :
• annon­cer (בשׂר, basar)  ;
• pan­ser / gué­rir (חבשׁ, cha­bash)  ;
• pro­cla­mer (קרא, qara)  ;
• libé­rer (דְּרוֹר, deror, terme jubi­léen)  ;
• élar­gir / ouvrir (פְּקַח־קוֹחַ, nuance d’ouverture)  ;
• conso­ler (נחם, nacham).

Ce n’est pas une parole abs­traite : c’est un minis­tère inté­grant res­tau­ra­tion inté­rieure (cœurs bri­sés), sociale (cap­tifs), spi­ri­tuelle (année de grâce).

Ver­set 2 — Année favo­rable et jour de ven­geance

« Pour pro­cla­mer une année favo­rable de la part de l’Éternel et un jour de ven­geance de notre Dieu. »

Deux temps théo­lo­giques sont mis ensemble :

Année favo­rable : réfé­rence directe à l’année du Jubi­lé (Lévi­tique 25), où dettes, escla­vage et pertes étaient annu­lés. C’est l’image d’une res­tau­ra­tion totale de l’Alliance.
Jour de ven­geance : non pas colère arbi­traire, mais réta­blis­se­ment du droit (מִשְׁפָּט, mish­pat), juge­ment des oppres­seurs, puri­fi­ca­tion du peuple.

Ver­set 3 — Échanges sym­bo­liques

« Pour accor­der à ceux de Sion… Splen­deur au lieu de cendre, huile de joie au lieu du deuil, vête­ment de louange au lieu d’un esprit abat­tu. »

Le texte construit trois contrastes :
• cendre → splen­deur
• deuil → joie
• abat­te­ment → louange

Ce sont des échanges : Dieu retire le pas­sé funèbre, il donne l’avenir glo­rieux.

« Afin qu’on les appelle téré­binthes de la jus­tice, plan­ta­tion de l’Éternel, pour ser­vir à sa splen­deur. »

Le peuple res­tau­ré devient lui-même une plan­ta­tion divine, un sym­bole de sta­bi­li­té et de jus­tice.
Les téré­binthes sont des arbres mas­sifs, enra­ci­nés, qua­si­ment indé­ra­ci­nables.
C’est une image d’Alliance : Dieu plante, Dieu fait croître, le peuple mani­feste sa gloire.

Ver­set 4 — Recons­truc­tion

« Ils rebâ­ti­ront sur d’anciennes ruines…  »

La res­tau­ra­tion n’est pas seule­ment inté­rieure : elle est his­to­rique et com­mu­nau­taire.
Trois verbes au plu­riel :
• rebâ­tir
• rele­ver
• réno­ver

Le peuple répa­ré devient un peuple répa­ra­teur.


Ver­set 8 — Décla­ra­tion divine

« Car moi, l’Éternel, j’aime le droit, je hais la rapine avec la per­ver­si­té. »

Le cœur moral de Dieu est affir­mé : jus­tice, équi­té, refus de la vio­lence et de la cor­rup­tion.
La mis­sion du Ser­vi­teur s’enracine dans l’identité de Dieu lui-même.

« Je rétri­bue­rai fidè­le­ment leur acti­vi­té et je conclu­rai avec eux une alliance éter­nelle. »

Le mot hébreu uti­li­sé ici pour alliance est בְּרִית (berith)  :

• elle est éter­nelle (עוֹלָם, ʿolam)  ;
• elle s’accompagne d’une pro­messe de rétri­bu­tion posi­tive (non puni­tive)  ;
• elle exprime la fidé­li­té indé­fec­tible de Dieu envers son peuple res­tau­ré.

Ver­set 9 — Rayon­ne­ment du peuple

« Leur des­cen­dance sera connue par­mi les nations…  »

L’Alliance renou­ve­lée a une dimen­sion mis­sion­naire : la béné­dic­tion reçue devient un témoi­gnage visible.
Le voca­bu­laire rap­pelle Genèse 12 : la des­cen­dance d’Abraham béni­ra les nations.

Ver­set 10 — Joie per­son­nelle du Ser­vi­teur ou du peuple

« Je me réjoui­rai plei­ne­ment en l’Éternel… Car il m’a revê­tu des vête­ments du salut. »

Deux images fortes :

vête­ments du salut (בִּגְדֵי יֶשַׁע, big­dê yéshaʿ)
man­teau de la jus­tice (מְעִיל צְדָקָה, meʿil tse­da­qah)

Le salut est décrit comme un habit de fête ; la jus­tice comme un man­teau solen­nel.
La dimen­sion nup­tiale (« fian­cé », « fian­cée ») évoque l’Alliance comme mariage.

Ver­set 11 — Le germe et le jar­din

« Comme la terre fait sor­tir son germe… Ain­si l’Éternel fera ger­mer jus­tice et louange. »

Le lan­gage agri­cole sou­ligne :
• la crois­sance est divine ;
• le pro­ces­sus est gra­duel mais inévi­table ;
• la fina­li­té est mon­diale : « en pré­sence de toutes les nations ».


3. Mots hébreux clefs et por­tée théo­lo­gique

• רוּחַ (ruach) – Esprit, souffle, prin­cipe vital divin.
• מָשַׁח (mashach) – oindre, consa­crer : racine du mot « Mes­sie » (מָשִׁיחַ).
• דְּרוֹר (deror) – libé­ra­tion jubi­léenne, affran­chis­se­ment total.
• נָחַם (nacham) – conso­ler, sou­la­ger, redon­ner cou­rage.
• צֶדֶק (tse­deq) – jus­tice, équi­té, droi­ture.
• בְּרִית (berith) – alliance, enga­ge­ment durable.
• עוֹלָם (ʿolam) – éter­nel, sans limite.
• צֶמַח / גֶּרֶם (tse­mach / gerem) – germe, crois­sance, image mes­sia­nique.

Ces mots ancrent la res­tau­ra­tion dans le cadre de l’Alliance : un acte sou­ve­rain de Dieu, une trans­for­ma­tion inté­rieure et exté­rieure, une voca­tion com­mu­nau­taire et mis­sion­naire.


4. Témoi­gnages des Pères de l’Église

Iré­née voit dans ce pas­sage la mis­sion de Jésus lui-même : l’onction de l’Esprit, la gué­ri­son des cœurs bri­sés, la res­tau­ra­tion de l’humanité sont pour lui les signes de l’accomplissement des pro­phé­ties. Ésaïe 61 est pour lui une clé de la « réca­pi­tu­la­tion » du salut.

Ori­gène inter­prète la « splen­deur au lieu de cendre » comme le pas­sage de l’âme des ténèbres vers la lumière. Il voit dans les téré­binthes de jus­tice les saints en qui Dieu plante sa Parole.

Augus­tin lit le man­teau de jus­tice comme le Christ lui-même : en revê­tant la jus­tice, le croyant est « revê­tu du Christ ». Le thème nup­tial ren­voie à l’union du Christ et de l’Église.

Cyrille d’Alexandrie sou­ligne la dimen­sion mes­sia­nique : seul le Christ est véri­ta­ble­ment oint par l’Esprit pour accom­plir ces pro­messes.


5. Apports des Réfor­ma­teurs

Luther évoque Ésaïe 61 dans ses ser­mons de Noël et de l’Épiphanie : l’Évangile est ici résu­mé en « échange admi­rable » :
– Christ prend notre deuil,
– il nous donne sa joie ;
– il prend notre cendre,
– il nous donne splen­deur.
Il y voit l’essence même de la grâce.

Cal­vin insiste sur deux points :

  1. La mis­sion du Mes­sie n’est pas poli­tique mais spi­ri­tuelle et totale : gué­rir les cœurs bri­sés, libé­rer les cap­tifs du péché ;
  2. L’Alliance éter­nelle du ver­set 8 montre que Dieu réta­blit son peuple non seule­ment en sur­face mais en pro­fon­deur.
    Pour Cal­vin, les verbes d’action (por­ter, pan­ser, pro­cla­mer, conso­ler) montrent le carac­tère concret du salut : Dieu agit réel­le­ment.

Zwin­gli et la tra­di­tion réfor­mée y voient aus­si une typo­lo­gie forte du minis­tère : le ministre, comme Jean le Bap­tiste, est un témoin de cette lumière et non le Mes­sie lui-même.


1 Thessaloniciens 5.16–24 – Version NVS78P

1. Mou­ve­ment d’ensemble

Ce pas­sage appar­tient à la conclu­sion de la lettre. Paul ras­semble une série d’exhortations brèves, presque comme des « maximes de vie chré­tienne » cen­trées sur trois thèmes :

• la vie inté­rieure : joie, prière, action de grâces (v. 16–18)
• la vie spi­ri­tuelle : dis­cer­ne­ment, accueil de l’Esprit, rap­port aux pro­phé­ties (v. 19–22)
• la vie escha­to­lo­gique : la sanc­ti­fi­ca­tion totale opé­rée par Dieu en vue de l’avènement du Christ (v. 23–24)

Le mou­ve­ment va de l’attitude per­son­nelle → à la par­ti­ci­pa­tion à l’œuvre de l’Esprit → au sceau final de la fidé­li­té de Dieu.


2. Exé­gèse ver­set par ver­set

Ver­set 16 — « Soyez tou­jours joyeux. »

La joie (χαίρετε πάντοτε, chai­rete pan­tote) n’est pas une émo­tion variable : elle est un com­man­de­ment théo­lo­gique fon­dé sur la pré­sence du Christ.
Elle n’est pas liée aux cir­cons­tances du moment mais à la cer­ti­tude du salut.
La tra­duc­tion NVS78P rend bien ce carac­tère abso­lu : « tou­jours ».

Ver­set 17 — « Priez sans cesse. »

Le grec : ἀδιαλείπτως προσεύχεσθε (adia­leiptōs pro­seu­chesthe) signi­fie « de manière inin­ter­rom­pue ».
Il ne s’agit pas d’une prière ver­bale conti­nue, mais d’un état de dépen­dance per­ma­nente, d’un dia­logue inté­rieur.
Le croyant vit « tour­né vers Dieu », pos­ture essen­tielle dans l’Alliance.

Ver­set 18 — « En toute cir­cons­tance, ren­dez grâces…  »

« En toute cir­cons­tance » tra­duit ἐν παντί (en pan­ti), « en tout ».
La gra­ti­tude est la recon­nais­sance que Dieu œuvre même dans ce qui nous échappe.
« Car telle est… La volon­té de Dieu en Christ-Jésus » : la volon­té de Dieu n’est pas d’exiger des per­for­mances, mais d’établir un cli­mat inté­rieur de joie, prière et recon­nais­sance.

Ver­set 19 — « N’éteignez pas l’Esprit. »

Le verbe grec σβέννυμι (sben­ny­mi) signi­fie « éteindre » comme on éteint un feu.
L’image est forte : l’Esprit agit comme une flamme inté­rieure que l’on peut attris­ter, étouf­fer ou empê­cher.
Le texte affirme clai­re­ment la res­pon­sa­bi­li­té humaine dans l’accueil ou le refus de l’Esprit.

Ver­set 20 — « Ne mépri­sez pas les pro­phé­ties. »

La pro­phé­tie dans les pre­mières Églises est dis­cer­ne­ment, parole ins­pi­rée, exhor­ta­tion. La mépri­ser revient à mépri­ser l’action de l’Esprit.
Paul place le cha­risme pro­phé­tique dans un cadre : il doit être reçu, mais pas de façon naïve.

Ver­sets 21–22 — « Exa­mi­nez tout ; rete­nez ce qui est bon ; abs­te­nez-vous du mal. »

Paul arti­cule trois verbes :
• δοκιμάζετε (doki­ma­zete)  : exa­mi­ner, éprou­ver, tes­ter.
• κατέχετε (kate­chete)  : rete­nir, gar­der for­te­ment.
• ἀπέχεσθε (ape­chesthe)  : se tenir loin, s’abstenir.

Le dis­cer­ne­ment est cen­tral : l’Esprit n’abolit pas l’intelligence, il la renou­velle.
Paul indique que les pro­phé­ties doivent être sou­mises à un exa­men spi­ri­tuel avant d’être reçues.

« Sous toutes ses formes » (παντὸς εἴδους, pan­tos eidous)  : toute appa­rence, toute moda­li­té : le mal peut se dégui­ser.

Ver­set 23 — La béné­dic­tion-prière

« Que le Dieu de paix vous sanc­ti­fie lui-même tout entiers…  »

Paul passe de l’exhortation au sou­hait pas­to­ral. Quelques élé­ments clefs :

• « Dieu de paix » : expres­sion carac­té­ris­tique de Paul, dési­gnant Dieu comme res­tau­ra­teur d’harmonie.
• « Sanc­ti­fie… Tout entiers » : ὁλοτελεῖς (holo­te­leis) = tota­le­ment, entiè­re­ment.
• Trip­tyque anthro­po­lo­gique : esprit (πνεῦμα, pneu­ma), âme (ψυχή, psy­chē), corps (σῶμα, sōma).
Ce n’est pas un sché­ma phi­lo­so­phique rigide, mais une manière de dire : « votre être entier ».

« Conser­vé sans reproche » : irré­pro­cha­bi­li­té non comme per­fec­tion morale, mais comme inté­gri­té en Christ.

« À l’avènement de notre Sei­gneur Jésus-Christ » : l’eschatologie est le cadre de toute la vie chré­tienne.

Ver­set 24 — « Celui qui vous a appe­lés est fidèle, et c’est lui qui le fera. »

C’est la clé du pas­sage :
• Dieu appelle ;
• Dieu sanc­ti­fie ;
• Dieu rend irré­pro­chable ;
• Dieu accom­plit.

L’œuvre de sanc­ti­fi­ca­tion est divine de bout en bout. L’être humain coopère, mais ne pro­duit pas la sain­te­té.


3. Mots grecs clefs et por­tée théo­lo­gique

χαίρετε (chai­rete) – soyez joyeux
La joie est un com­man­de­ment sou­te­nu par la pré­sence du Christ res­sus­ci­té.

ἀδιαλείπτως (adia­leiptōs) – sans cesse
Indique une orien­ta­tion conti­nue vers Dieu, plus qu’une action inin­ter­rom­pue.

εὐχαριστεῖτε (eucha­ris­teite) – ren­dez grâces
Le mot ren­voie au cœur même de la pié­té chré­tienne : la recon­nais­sance.

σβέννυμι (sben­ny­mi) – éteindre
L’Esprit est repré­sen­té comme un feu : il peut être étouf­fé par l’incrédulité, la tié­deur ou la négli­gence.

προφητείας (pro­phē­teias) – pro­phé­ties
Non pas pré­dic­tions, mais paroles ins­pi­rées pour édi­fier, cor­ri­ger, for­ti­fier.

δοκιμάζετε (doki­ma­zete) – exa­mi­nez, éprou­vez
La foi n’est pas cré­du­li­té ; elle exa­mine selon l’Évangile.

ὁλοτελεῖς (holo­te­leis) – tout entiers
Vision holis­tique de la per­sonne.

πιστὸς (pis­tos) – fidèle
La fidé­li­té de Dieu est la garan­tie de notre sanc­ti­fi­ca­tion.


4. Cita­tions et pers­pec­tives des Pères de l’Église

Jean Chry­so­stome com­mente : « Paul condense ici la vie chré­tienne : joie per­pé­tuelle, prière conti­nuelle, action de grâce en tout. Celui qui s’y exerce porte en lui le ciel même. »
Pour lui, la joie n’est pas émo­tion mais « la joie de l’âme récon­ci­liée avec Dieu ».

Augus­tin insiste sur « n’éteignez pas l’Esprit » : il explique que le cœur humain peut soit ouvrir, soit fer­mer les portes de sa propre ardeur spi­ri­tuelle. L’Esprit demeure offert, mais ne force pas.

Ambroise lit dans « esprit, âme et corps » la res­tau­ra­tion de toute la per­sonne : le salut touche la tota­li­té de l’humain, non seule­ment l’âme.

Iré­née voit dans « celui qui vous appelle est fidèle » la cer­ti­tude que le des­sein de Dieu ne peut échouer : la fidé­li­té divine garan­tit l’accomplissement final.


5. Apports des Réfor­ma­teurs

Cal­vin sou­ligne que ces exhor­ta­tions ne sont pas des « exi­gences aus­tères » mais « la forme même de la vie régé­né­rée ». Pour lui :
– la joie découle de la jus­ti­fi­ca­tion,
– la prière découle de la dépen­dance,
– la recon­nais­sance découle de la pro­vi­dence.

Il insiste : « Il n’ordonne pas des choses impos­sibles ; il décrit sim­ple­ment ce que Dieu pro­duit en nous par son Esprit. »

Sur « n’éteignez pas l’Esprit », Cal­vin y voit un appel à ne pas mépri­ser les dons spi­ri­tuels, mais aus­si à ne pas tom­ber dans les excès émo­tion­nels : d’où la néces­si­té d’« exa­mi­ner toutes choses ».

Luther met l’accent sur le lien entre joie et foi : « Le chré­tien joyeux est celui dont la conscience est déliée du péché. » Pour lui, la joie est l’un des pre­miers fruits de l’Évangile.

• La tra­di­tion réfor­mée retient sur­tout le point culmi­nant du pas­sage : la fidé­li­té de Dieu. La sanc­ti­fi­ca­tion n’est pas une œuvre humaine, mais une œuvre divine en nous. Notre res­pon­sa­bi­li­té (ne pas éteindre l’Esprit) repose sur l’assurance que « c’est lui qui le fera ».


Jean 1.6–8, 19–28 NVS78P

1. Lec­ture d’ensemble et mou­ve­ment du pas­sage

Ton texte dis­tingue clai­re­ment deux blocs :

• Jean 1.6–8 : pré­sen­ta­tion théo­lo­gique de Jean, l’« homme envoyé par Dieu », qui vient comme témoin de la lumière, mais n’est pas lui-même la lumière.
• Jean 1.19–28 : récit nar­ra­tif du « témoi­gnage de Jean », sous forme d’un inter­ro­ga­toire offi­ciel par des envoyés reli­gieux.

Le mou­ve­ment est remar­quable :

A) Dieu envoie un témoin.
b) Ce témoin a une mis­sion pré­cise : rendre témoi­gnage à la lumière pour sus­ci­ter la foi.
c) Les auto­ri­tés reli­gieuses inter­rogent ce témoin sur son iden­ti­té.
d) Jean se défi­nit par ce qu’il n’est pas (Christ, Élie, le pro­phète) puis par ce qu’il est : la voix qui pré­pare le che­min.
e) Il conclut en dési­gnant un Autre déjà pré­sent « au milieu de vous » mais encore « incon­nu ».

On a donc une dyna­mique de révé­la­tion gra­duelle :
• le témoin > sa mis­sion > sa non-iden­ti­té mes­sia­nique > sa vraie iden­ti­té pro­phé­tique > enfin, le Mes­sie caché au milieu du peuple.

2. Exé­gèse détaillée

« Il y eut un homme envoyé par Dieu, du nom de Jean. Il vint comme témoin pour rendre témoi­gnage à la lumière, afin que tous croient par lui. Il n’était pas la lumière, mais (il vint) pour rendre témoi­gnage à la lumière. » (v. 6–8)

La for­mule « Il y eut un homme » tra­duit le grec ἐγένετο ἄνθρωπος (ege­ne­to anthrō­pos). Jean « arrive » dans l’histoire, là où le Logos « était » dès le com­men­ce­ment (ἦν). On a un contraste dis­cret mais net :
• le Verbe est ;
• Jean advient, sur­git dans le temps.

« Envoyé par Dieu » : par­ti­cipe ἀπεσταλμένος (apes­tal­me­nos). Jean est d’emblée défi­ni comme man­da­taire de Dieu, non comme inno­va­teur reli­gieux. Il s’inscrit dans la grande ligne de l’Alliance où Dieu envoie pro­phètes et ser­vi­teurs à son peuple.

« Comme témoin » : εἰς μαρτυρίαν (eis mar­tyrían). Le texte insiste : Jean est tout entier orien­té vers un acte judi­ciaire de témoi­gnage. Il « rend témoi­gnage à la lumière ». Il n’est pas sujet, mais témoin. Ton texte fran­çais le rend bien en répé­tant « témoin » / « témoi­gnage ».

But de ce témoi­gnage : « afin que tous croient par lui ». La média­tion de Jean est réelle : Dieu passe par des témoins humains pour sus­ci­ter la foi. Mais la foi n’est pas en Jean, elle est « par lui » vers la lumière.

« Il n’était pas la lumière » : la néga­tion est volon­tai­re­ment sou­li­gnée. Jean n’est pas l’objet de la foi, il est le doigt qui montre.

« Voi­ci le témoi­gnage de Jean » (v. 19)

Le nar­ra­teur annonce que ce récit (la scène d’interrogatoire) est pré­ci­sé­ment la « mar­ty­ria » de Jean. Ce n’est pas un détail bio­gra­phique, mais un moment théo­lo­gique majeur : la façon dont il répond aux auto­ri­tés révèle la nature de son témoi­gnage.

« Lorsque les Juifs envoyèrent de Jéru­sa­lem des sacri­fi­ca­teurs et des Lévites pour lui deman­der : Toi, qui es-tu ? »

En Jean, « les Juifs » désigne fré­quem­ment les auto­ri­tés reli­gieuses, plus que l’ensemble du peuple. Ici : prêtres et Lévites, pro­ba­ble­ment man­da­tés par le San­hé­drin. La ques­tion est iden­ti­taire, cen­trée sur la per­sonne de Jean.

« Il confes­sa sans le nier, il confes­sa : Moi, je ne suis pas le Christ. » (v. 20)

Le triple verbe en grec est fort : « Il confes­sa (ὡμολόγησεν) et ne nia point, il confes­sa…  ». La confes­sion de Jean est d’abord… Néga­tive : « Je ne suis pas le Christ. » Il ne s’approprie pas ce qui ne lui est pas don­né. Son témoi­gnage est véri­té dans la mesure où il refuse l’usurpation.

Le v. 21 pour­suit :
« Quoi donc ? Es-tu Élie ? » – allu­sion à Mala­chie 3 et 4, où le retour d’Élie est atten­du avant le grand jour de l’Éternel. Jean répond : « Je ne le suis pas. »
« Es-tu le pro­phète ? » – réfé­rence à Deu­té­ro­nome 18.15 (« un pro­phète comme moi ») inter­pré­té mes­sia­ni­que­ment. Jean répond : « Non. »

Il refuse tous les titres qui foca­li­se­raient sur lui l’attente escha­to­lo­gique. Il se dépouille de toute aura mes­sia­nique. Il se refuse comme centre.

« Qui es-tu ? » (v. 22)

La délé­ga­tion insiste : il faut une réponse. Jean ne peut pas se défi­nir seule­ment néga­ti­ve­ment. Vient alors l’auto-désignation scrip­tu­raire.

« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Ren­dez droit le che­min du Sei­gneur, comme a dit le pro­phète Ésaïe. » (v. 23)

Cita­tion d’Ésaïe 40.3 (dans sa ver­sion LXX). Jean se com­prend lui-même à la lumière de l’Écriture. Trois élé­ments :

• « Je suis la voix » (φωνή, phōnē).
La voix est un ins­tru­ment éphé­mère : elle dis­pa­raît, la Parole reste. Jean accepte d’être un média, non un mes­sage. Il s’efface dans sa fonc­tion.

• « Celui qui crie dans le désert » :
Le désert est lieu de l’Exode, des débuts de l’Alliance, mais aus­si du retour d’exil chez Ésaïe. Jean se situe dans la conti­nui­té des grands mou­ve­ments où Dieu refonde son peuple.

• « Ren­dez droit le che­min du Sei­gneur » :
Appel à la repen­tance, à la rec­ti­fi­ca­tion des che­mins. Le verbe grec εὐθύνατε (eu-thy­nate) évoque le fait de rendre droit, de rec­ti­fier une route pour la venue du roi. L’Alliance se pré­pare par une réforme du cœur.

« Ceux qui avaient été envoyés étaient des Pha­ri­siens. » (v. 24)

La men­tion sou­ligne la sen­si­bi­li­té de ceux qui inter­rogent : atta­chés à la Loi, aux tra­di­tions, sou­cieux d’orthodoxie. L’arrivée d’un pro­phète au Jour­dain, hors du Temple, qui bap­tise, appelle la vigi­lance ins­ti­tu­tion­nelle.

« Pour­quoi donc bap­tises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Élie, ni le pro­phète ? » (v. 25)

Le bap­tême de Jean est per­çu comme un geste escha­to­lo­gique fort : ablu­tion de repen­tance, signe de retour­ne­ment, de puri­fi­ca­tion. Les envoyés posent une ques­tion logique : quel droit a‑t-il d’administrer un tel signe, s’il n’occupe aucun des rôles atten­dus (Mes­sie, Élie, Pro­phète)  ?

« Moi, je bap­tise dans l’eau ; au milieu de vous, il en est un que vous ne connais­sez pas et qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la cour­roie de sa san­dale. » (v. 26–27)

La réponse de Jean fait trois choses :

• Il qua­li­fie son bap­tême : « dans l’eau » (ἐν ὕδατι). C’est un rite exté­rieur, pré­pa­ra­toire, non l’effusion de l’Esprit.
• Il annonce un Autre déjà pré­sent : « au milieu de vous, il en est un que vous ne connais­sez pas ». C’est le point théo­lo­gique cen­tral : le Mes­sie est là, mais igno­ré.
• Il confesse son indi­gni­té : « je ne suis pas digne de délier la cour­roie de sa san­dale. » Même le ser­vice le plus bas (délier la san­dale, tâche d’esclave) lui semble trop éle­vé pour lui. Sa gran­deur tient à son abais­se­ment.

« Cela se pas­sait à Bétha­nie, au-delà du Jour­dain, où Jean bap­ti­sait. » (v. 28)

Loca­li­sa­tion lourde de sens :
• Le Jour­dain est le lieu de pas­sage dans la Terre pro­mise (Josué 3–4).
• Être « au-delà du Jour­dain » ren­voie sym­bo­li­que­ment à un temps de tran­si­tion : le peuple est appe­lé à un nou­veau pas­sage, non plus vers Canaan, mais vers la pleine réa­li­té de l’Alliance en Christ.

3. Mots grecs clefs et enjeux théo­lo­giques

Je te les donne avec trans­lit­té­ra­tion et un rap­pel de leur por­tée.

• ἐγένετο (ege­ne­to) – « il y eut / il advint »
Marque l’entrée dans l’histoire contin­gente, en contraste avec ἦν (ēn, « il était ») pour le Logos. Théo­lo­gi­que­ment : la Révé­la­tion vient de l’éternité dans le temps, mais Jean reste créa­ture, ser­vi­teur.

• ἀπεσταλμένος (apes­tal­me­nos) – « envoyé »
Par­ti­cipe de ἀποστέλλω, d’où « apôtre ». Toute l’identité de Jean tient à l’envoi. Il n’existe pas comme fon­da­teur auto­nome, mais comme délé­gué de Dieu. Dimen­sion d’Alliance : Dieu envoie ses ser­vi­teurs à son peuple.

• μαρτυρία / μαρτυρέω (mar­ty­ria / mar­ty­reō) – « témoi­gnage / rendre témoi­gnage »
Voca­bu­laire judi­ciaire. Le salut ne se déroule pas dans une sphère pri­vée ; il est entou­ré de témoi­gnages objec­tifs. L’Alliance est une his­toire attes­tée, avec témoins humains et divins (cf. Aus­si Jn 5.31–39).

• φῶς (phōs) – « lumière »
Ne désigne pas seule­ment l’enseignement, mais la révé­la­tion per­son­nelle de Dieu en son Fils. Jean n’est pas la lumière ; il est orien­té tout entier vers celle-ci. Dans la théo­lo­gie de l’Alliance, la lumière du Christ dévoile ce que l’ancienne Alliance annon­çait en figures.

• ὁμολογέω (homo­lo­geō) – « confes­ser »
Ici, confes­ser, c’est recon­naître ce qu’on n’est pas. La vraie confes­sion de foi com­mence par renon­cer à occu­per la place de Dieu. Il y a une « théo­lo­gie de l’humilité » : le témoin est juste lorsqu’il se vide de pré­ten­tions.

• φωνή (phōnē) – « voix »
La voix dis­pa­raît, la Parole demeure. Jean se tient du côté de l’ancienne Alliance, qui est annonce, pro­messe, pré­pa­ra­tion. Le Logos incar­né (Jésus) est l’accomplissement défi­ni­tif.

• μέσος (mesos) – « au milieu »
« Au milieu de vous il en est un…  » : pré­sence réelle et pour­tant non recon­nue. C’est tout le drame de l’Alliance en Jean : le Verbe vient chez les siens, et les siens ne le reçoivent pas (1.11).

• ὕδωρ (hydōr) / βαπτίζω (bap­tizō) – « eau » / « bap­ti­ser »
Le bap­tême de Jean se situe au niveau du signe exté­rieur. L’Esprit, la régé­né­ra­tion, vien­dront par celui qui vient après lui. Cela pré­pare la dis­tinc­tion réfor­mée entre signe sacra­men­tel et grâce signi­fiée.

4. Échos des Pères de l’Église

Je te donne quelques lignes de fond, sans longues cita­tions ver­ba­tim.

• Augus­tin, dans ses Trac­ta­tus in Ioan­nem, revient sou­vent sur l’opposition « Parole / voix ». Pour lui :
– Christ est la Parole éter­nelle, sub­stan­tielle,
– Jean est la voix pas­sa­gère qui porte cette Parole jusqu’aux oreilles des hommes.
Il insiste : « La voix sans la Parole ne sert à rien ; la Parole peut se pas­ser de la voix, mais elle se plaît à la prendre pour tou­cher notre fai­blesse. »
Jean est ain­si le sym­bole de tout minis­tère chré­tien : indis­pen­sable comme voix, nul comme conte­nu propre.

• Chry­so­stome voit dans la triple néga­tion de Jean (je ne suis pas le Christ, Élie, le pro­phète) un modèle d’humilité pas­to­rale. Il sou­ligne que Jean avait une grande répu­ta­tion auprès du peuple ; pour­tant, il refuse tout hon­neur qui détour­ne­rait de Jésus. Pour Chry­so­stome, l’interrogatoire révèle déjà une résis­tance : les auto­ri­tés cherchent à « clas­ser » Jean dans leurs caté­go­ries plu­tôt qu’à rece­voir son témoi­gnage.

• Ori­gène lit la phrase « au milieu de vous il en est un que vous ne connais­sez pas » comme aver­tis­se­ment per­ma­nent : le Christ se tient sou­vent au milieu de nous sous des formes que nous n’attendons pas. Il y voit aus­si une cri­tique de la suf­fi­sance reli­gieuse : ceux qui croient tout savoir n’aperçoivent pas la pré­sence réelle de Dieu.

5. Échos des Réfor­ma­teurs

• Cal­vin, dans son Com­men­taire sur Jean, sou­ligne for­te­ment que Jean ne reven­dique que ce que Dieu lui a don­né :
– il reçoit un minis­tère réel (bap­ti­ser, prê­cher),
– mais il refuse toute gloire, toute fonc­tion mes­sia­nique.
Pour Cal­vin, le texte com­bat à la fois la super­sti­tion et le culte des per­sonnes : le vrai minis­tère doit tou­jours rame­ner au Christ seul.
Sur le bap­tême, Cal­vin insiste : le bap­tême de Jean est vrai signe, mais il n’a pas en lui-même la puis­sance de renou­ve­ler le cœur. Il est comme la der­nière « ombre » avant l’entrée en scène de la réa­li­té (Christ et l’Esprit).

• Luther aime reprendre la for­mule « Moi, je ne suis pas le Christ » pour par­ler de la voca­tion du pas­teur et du pré­di­ca­teur. Pour lui, Jean éta­blit une règle :
– le pré­di­ca­teur n’est pas le Sau­veur,
– il ne doit pas pla­cer ses propres idées au centre,
– tout son minis­tère consiste à poin­ter vers Jésus (« voyez l’Agneau de Dieu », v. 29).

Les Réfor­ma­teurs trouvent dans ce texte plu­sieurs prin­cipes majeurs :

  1. Chris­to­cen­trisme de la pré­di­ca­tion : le centre n’est pas la Loi, ni l’Église, ni le ministre, mais le Christ.
  2. Humi­li­té minis­té­rielle : la fidé­li­té consiste à dis­pa­raître der­rière la Parole.
  3. Dis­tinc­tion signe / réa­li­té : le bap­tême d’eau ne sauve pas par lui-même, il pointe vers Celui qui bap­tise du Saint-Esprit.

Questions pour l’étude en groupe

Pour­quoi Jean insiste-t-il autant sur ce qu’il n’est pas ? Que cela nous dit-il sur la véri­table nature du minis­tère dans la com­mu­nau­té de l’alliance ?

Que signi­fie être « la voix » aujourd’hui ? Com­ment évi­ter de se sub­sti­tuer à la Parole ?

Com­ment com­prendre que le Christ se tienne « au milieu » du peuple sans être recon­nu ? Quels paral­lèles peut-on faire avec la vie de l’Église ?

En quoi le bap­tême de Jean pré­pare-t-il la nou­velle alliance et le bap­tême du Saint-Esprit don­né par le Christ ?

Quels sont aujourd’hui les équi­va­lents de la « route à apla­nir » pour accueillir la lumière du Christ ?

Appli­ca­tions pour la vie chré­tienne
• Apprendre l’humilité du témoin : savoir dire « je ne suis pas le Christ » et ren­voyer à lui dans nos paroles et nos actes.
• Déve­lop­per une spi­ri­tua­li­té de vigi­lance : dis­cer­ner la pré­sence du Christ « au milieu » plu­tôt que de la cher­cher ailleurs.
• Accueillir la Parole plu­tôt que la voix : prio­ri­té de l’Écriture, cen­tra­li­té du Christ.
• Com­prendre les signes de l’alliance comme orien­tés vers le Christ : ne pas abso­lu­ti­ser les moyens, mais cher­cher la grâce du Sau­veur.


Développement dans la doctrine biblique de l’alliance

1. Apport de Ésaïe 61.1–4, 8–11 à la théo­lo­gie de l’alliance

Ce texte est l’un des plus riches de tout l’Ancien Tes­ta­ment en matière d’alliance, car il arti­cule clai­re­ment :
• la mis­sion du Mes­sie,
• la res­tau­ra­tion du peuple,
• la pro­messe d’une alliance éter­nelle,
• l’appel à une trans­for­ma­tion du monde.

Voi­ci ses apports essen­tiels.

A. L’alliance s’accomplit par un Mes­sie oint de l’Esprit
Le Ser­vi­teur parle en disant : « L’Esprit du Sei­gneur est sur moi, car l’Éternel m’a don­né l’onction. »
Cela signi­fie :

• L’alliance ne se renou­velle pas par un effort humain, mais par une inter­ven­tion mes­sia­nique.
• L’Esprit est don­né non d’abord au peuple, mais au Mes­sie, qui devient lui-même la source de toutes les res­tau­ra­tions pro­mises.
• Dans la théo­lo­gie biblique, cela anti­cipe la Nou­velle Alliance où l’Esprit est répan­du par l’intermédiaire du Christ.

B. L’alliance pro­duit une res­tau­ra­tion totale
Le texte décrit un ren­ver­se­ment com­plet : cendre → splen­deur, deuil → joie, abat­te­ment → louange.
Dans l’alliance, Dieu replace son peuple dans la digni­té, l’honneur et la joie.
Ce n’est pas une simple conso­la­tion psy­cho­lo­gique :
• c’est un retour à la voca­tion ori­gi­nelle,
• une gué­ri­son des rela­tions,
• une res­tau­ra­tion com­mu­nau­taire (« ils rebâ­ti­ront »).

C. L’alliance est fon­dée sur la jus­tice et le droit de Dieu
« Moi, l’Éternel, j’aime le droit, je hais la rapine. »
La fidé­li­té de Dieu s’exprime tou­jours en cohé­rence avec sa jus­tice. L’alliance n’est pas pure grâce sans exi­gence morale :
• elle inclut une trans­for­ma­tion éthique,
• elle conduit à une vie juste,
• elle s’oppose radi­ca­le­ment à la vio­lence et à la cor­rup­tion.

D. L’alliance devient éter­nelle
Le ver­set 8 affirme expli­ci­te­ment : « Je conclu­rai avec eux une alliance éter­nelle. »
C’est le cœur du pas­sage.

L’alliance n’est plus seule­ment :
• l’alliance d’Abraham (pro­mise),
• l’alliance du Sinaï (condi­tion­nelle),
mais une alliance défi­ni­tive, enra­ci­née dans l’œuvre du Mes­sie.

E. L’alliance a une voca­tion mis­sion­naire
« Toutes les nations ver­ront…  »
La béné­dic­tion accor­dée à Israël devient un témoi­gnage pour les peuples.
C’est l’extension d’Israël à toutes les nations par la jus­tice et la louange qui germent.

Résu­mé : Ésaïe 61 renou­velle la théo­lo­gie de l’alliance en la cen­trant sur le Mes­sie oint par l’Esprit, en pro­met­tant une res­tau­ra­tion totale et une alliance éter­nelle, et en ouvrant la pers­pec­tive mis­sion­naire aux nations.


2. Apport de 1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5.16–24 à la théo­lo­gie de l’alliance

Ce texte, bien que très pas­to­ral, apporte des élé­ments déter­mi­nants pour com­prendre la vie du croyant dans la Nou­velle Alliance.

A. La vie chré­tienne est la vie de l’alliance actua­li­sée par l’Esprit
« N’éteignez pas l’Esprit. »
L’Esprit n’est pas un sup­plé­ment facul­ta­tif, mais le sceau de l’alliance, celui qui rend vivante la rela­tion entre Dieu et son peuple.

Dans l’alliance :
• l’Esprit régé­nère,
• l’Esprit sanc­ti­fie,
• l’Esprit donne la joie,
• l’Esprit rend pos­sible la prière.

Ain­si, la joie, la prière constante et l’action de grâces ne sont pas des pré­re­quis pour appar­te­nir au peuple de Dieu, mais des effets de l’alliance vivante.

B. L’alliance engage la res­pon­sa­bi­li­té du croyant dans le dis­cer­ne­ment
« Exa­mi­nez toutes choses, rete­nez ce qui est bon. »
Dans la Nou­velle Alliance, le peuple ne suit pas aveu­glé­ment :
• il dis­cerne,
• il éprouve les pro­phé­ties,
• il retient ce qui porte le sceau de l’Esprit.

C’est la matu­ri­té de l’alliance : Dieu ne traite pas son peuple en mineur spi­ri­tuel.

C. L’alliance implique la sanc­ti­fi­ca­tion totale
« Que Dieu vous sanc­ti­fie lui-même tout entiers… Esprit, âme et corps. »
L’alliance touche la tota­li­té de la per­sonne :
• iden­ti­té inté­rieure (esprit),
• vie psy­chique (âme),
• exis­tence cor­po­relle (corps).

Loin d’être une idée abs­traite, la sanc­ti­fi­ca­tion est l’œuvre de Dieu dans la per­sonne entière.

D. L’alliance repose enfin sur la fidé­li­té de Dieu
« Celui qui vous a appe­lés est fidèle, et c’est lui qui le fera. »

C’est l’une des affir­ma­tions les plus fortes de la théo­lo­gie de l’alliance dans le Nou­veau Tes­ta­ment :

• Dieu appelle → c’est l’élection
• Dieu sanc­ti­fie → c’est la trans­for­ma­tion
• Dieu garde jusqu’à l’avènement → c’est la pré­ser­va­tion
• Dieu accom­plit → c’est l’assurance finale

Ain­si, la fidé­li­té de Dieu est le fon­de­ment de toute espé­rance chré­tienne.

Résu­mé : 1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5 montre que l’alliance nou­velle est carac­té­ri­sée par une vie trans­for­mée par l’Esprit, un dis­cer­ne­ment actif, une sanc­ti­fi­ca­tion com­plète, et une confiance abso­lue dans la fidé­li­té de Dieu.


3. Apport de Jean 1.6–8, 19–28 à la théo­lo­gie de l’alliance

Ce texte a une impor­tance immense dans la com­pré­hen­sion de l’alliance, car il révèle com­ment Dieu intro­duit la Nou­velle Alliance dans l’histoire.

A. L’alliance avance par des témoins envoyés par Dieu
« Il y eut un homme envoyé par Dieu. »
La struc­ture même de l’alliance est une struc­ture de révé­la­tion :
Dieu parle → par des témoins → à son peuple.

Jean-Bap­tiste est le der­nier témoin de l’ancienne alliance, et le pre­mier héraut de la nou­velle.

B. L’alliance s’accomplit dans une pré­sence mes­sia­nique déjà don­née mais non recon­nue
« Au milieu de vous, il en est un que vous ne connais­sez pas. »

Révé­la­tion essen­tielle :

• Le Mes­sie est pré­sent avant d’être recon­nu.
• L’alliance nou­velle com­mence au cœur même de l’ancienne com­mu­nau­té.
• La non-recon­nais­sance n’annule pas la pré­sence, elle révèle l’endurcissement.

C’est une théo­lo­gie pro­fonde :
La réa­li­té de l’alliance ne dépend pas de la per­cep­tion humaine, mais de l’initiative divine.

C. L’alliance dis­tingue signe exté­rieur et effi­ca­ci­té inté­rieure
Jean bap­tise « dans l’eau ».
Le Christ bap­ti­se­ra « dans l’Esprit ».

C’est une dis­tinc­tion majeure de la théo­lo­gie réfor­mée :

• Le signe est réel (bap­tême d’eau).
• Mais la grâce est don­née par Christ seul (Esprit).
• Le témoin est utile ; le Mes­sie est indis­pen­sable.

D. L’alliance est cen­trée sur la Parole, non sur la voix
Jean se défi­nit comme « la voix ».
La voix pré­pare ; la Parole accom­plit.

La théo­lo­gie de l’alliance y voit un pas­sage :

• L’ancienne alliance annonce,
• La nou­velle accom­plit,
• Le Christ est la Parole défi­ni­tive et l’objet de la foi.

E. L’alliance demande une réponse : repen­tance et recon­nais­sance
« Ren­dez droit le che­min du Sei­gneur. »

La pré­pa­ra­tion inté­rieure est la manière humaine d’entrer dans l’alliance nou­velle.

Résu­mé : Jean 1 montre que la nou­velle alliance arrive par un témoin envoyé, qu’elle se réa­lise par la pré­sence cachée mais réelle du Christ, qu’elle dis­tingue signe et réa­li­té, qu’elle recentre tout sur la Parole incar­née, et qu’elle demande une réponse de foi et de repen­tance.


Conclu­sion géné­rale : ce que les trois textes révèlent ensemble sur l’alliance

Ésaïe 61 révèle l’alliance comme œuvre mes­sia­nique de res­tau­ra­tion et de joie, pro­mise comme éter­nelle.
1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5 montre que l’alliance pro­duit une vie trans­for­mée par l’Esprit et fon­dée sur la fidé­li­té divine.
Jean 1 dévoile que l’alliance nou­velle com­mence par un témoin et s’accomplit par la pré­sence du Christ au milieu de son peuple, par­fois non recon­nue.

Les trois lec­tures forment ain­si une théo­lo­gie com­plète de l’alliance :

Dieu pro­met → Dieu envoie → Dieu agit → Dieu trans­forme → Dieu accom­plit.


Synthèse théologique de l’Avent

À par­tir d’Ésaïe 61, 1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5, Jean 1

L’Avent n’est pas seule­ment l’attente de Noël : c’est l’attente de Dieu en action, dans le temps, dans l’histoire, dans l’alliance. Les trois textes de ce dimanche forment une fresque cohé­rente, pré­sen­tant l’Avent comme un mou­ve­ment en trois temps : la pro­messe, la trans­for­ma­tion, la pré­sence.


1. Ésaïe 61 : L’Avent com­mence par la pro­messe d’une res­tau­ra­tion totale

L’Avent, selon Ésaïe, com­mence avec un Mes­sie inves­ti par l’Esprit, envoyé pour :
• gué­rir,
• libé­rer,
• conso­ler,
• pro­cla­mer une année de grâce,
• rebâ­tir les ruines.

Ain­si, l’Avent n’est pas un simple sou­ve­nir de la nais­sance du Sau­veur.
Il est l’attente active du renou­veau total que Dieu a pro­mis à son peuple.

Le Mes­sie annon­cé est celui qui trans­for­me­ra la cendre en splen­deur, le deuil en joie, l’abattement en louange.
Cette trans­for­ma­tion n’est pas sym­bo­lique : elle est com­mu­nau­taire, sociale, cos­mique.
Elle abou­tit à cette affir­ma­tion capi­tale :
« Je conclu­rai avec eux une alliance éter­nelle. »

Dans la théo­lo­gie de l’Avent, Ésaïe 61 éta­blit donc le fon­de­ment :
Dieu vient pour refaire son peuple.
L’attente chré­tienne est l’attente de cette res­tau­ra­tion divi­ne­ment inau­gu­rée et divi­ne­ment accom­plie.


2. 1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5 : L’Avent trans­forme l’attitude du croyant

Si Ésaïe montre ce que Dieu pro­met au monde, Paul montre ce que l’attente pro­duit dans le croyant :

• joie constante,
• prière inin­ter­rom­pue,
• action de grâces en toute cir­cons­tance,
• ouver­ture à l’Esprit,
• dis­cer­ne­ment,
• rejet du mal,
• sanc­ti­fi­ca­tion de tout l’être.

Autre­ment dit : l’Avent n’est pas pas­sif.
Il ne consiste pas à attendre en spec­ta­teurs, mais à se lais­ser façon­ner par Dieu.
Ce que Dieu a pro­mis en Ésaïe (la res­tau­ra­tion), Paul le décrit désor­mais comme pro­ces­sus inté­rieur dans la vie du croyant :
« Que le Dieu de paix vous sanc­ti­fie lui-même tout entiers. »

L’Avent, pour Paul, est donc :

• une école de joie,
• une dis­ci­pline de prière,
• un exer­cice de dis­cer­ne­ment,
• une sanc­ti­fi­ca­tion active,
• un enra­ci­ne­ment dans la fidé­li­té de Dieu : « c’est lui qui le fera ».

L’attente chré­tienne est ain­si active, vigi­lante, confiante, orien­tée vers l’avènement du Christ.


3. Jean 1 : L’Avent est la recon­nais­sance du Christ déjà pré­sent

Ésaïe annon­çait la venue du Mes­sie.
Paul exhor­tait à vivre dans la lumière de cette venue.
Jean révèle une dimen­sion encore plus pro­fonde :
le Mes­sie est déjà au milieu du peuple, mais non recon­nu.

« Au milieu de vous, il en est un que vous ne connais­sez pas. »

C’est l’un des ver­sets les plus adven­tuels du Nou­veau Tes­ta­ment.

Il affirme deux choses :

A. Le Christ est pré­sent avant d’être recon­nu
L’Avent n’est jamais l’attente d’un absent, mais la recon­nais­sance pro­gres­sive d’un pré­sent caché.
La lumière brille déjà ; l’œil doit s’ouvrir.

B. L’Avent exige un témoin
Jean-Bap­tiste est la voix qui pré­pare, qui pointe, qui désigne.
Il ne pro­duit pas la lumière ; il la montre.
Ain­si, dans l’économie de l’Avent, le peuple de Dieu est tou­jours appe­lé à être témoins, voix, signaux qui dési­gnent le Christ déjà là.

L’essence de l’Avent selon Jean n’est pas :
« Le Christ vien­dra »,
mais :
« Le Christ est déjà au milieu de vous ; voyez-le. »


4. Syn­thèse : L’Avent est la révé­la­tion pro­gres­sive de l’œuvre de Dieu

En croi­sant les trois textes, on obtient une vision com­plète :

Avent selon Ésaïe 61 :
Le Mes­sie vient res­tau­rer.

Il gué­rit, libère, console, recons­truit, donne joie et jus­tice.

Avent selon 1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5 :
Le croyant est trans­for­mé par l’attente.

Joie, prière, dis­cer­ne­ment, sanc­ti­fi­ca­tion, confiance.

Avent selon Jean 1 :
La lumière est déjà là, mais doit être recon­nue.

Le témoin pré­pare, le peuple écoute, la Parole se révèle.

Ces trois textes s’articulent comme trois cercles :
• les pro­messes de Dieu (Ésaïe),
• l’attitude du croyant (Paul),
• la pré­sence du Christ (Jean).

L’Avent devient alors :

une mémoire : Dieu a pro­mis ;
une vigi­lance : Dieu sanc­ti­fie ;
une recon­nais­sance : Dieu est pré­sent.


5. Dimen­sion théo­lo­gique majeure : l’Avent est un acte d’alliance

Dans tous ces textes, l’Avent appa­raît comme une dyna­mique d’alliance.

Dans Ésaïe :
Dieu conclut une alliance éter­nelle.

Dans Paul :
Dieu sanc­ti­fie son peuple tout entier pour l’avènement du Christ.

Dans Jean :
Dieu envoie un témoin ; Dieu rend pré­sente la Parole incar­née.

L’Avent n’est donc pas une attente vague.
C’est l’attente d’un Dieu qui :
pro­met,
agit,
vient,
habite,
trans­forme,
accom­plit.

L’Avent est l’alliance en mou­ve­ment.


Conclu­sion

À par­tir d’Ésaïe, de Paul et de Jean, l’Avent se révèle comme :
• la res­tau­ra­tion pro­mise,
• la sanc­ti­fi­ca­tion en cours,
• la pré­sence déjà don­née.

Il ne s’agit pas d’un simple temps litur­gique :
c’est la res­pi­ra­tion même de la foi chré­tienne,
la ten­sion entre ce que Dieu a pro­mis, ce qu’il accom­plit en nous, et ce qu’il rend visible en son Fils.


Prédication

La lumière au milieu : accueillir le Christ que Dieu nous envoie
Jean 1.6–8, 19–28

Intro­duc­tion
Dans l’Avent, nous médi­tons la venue du Christ. Non pas seule­ment un sou­ve­nir du pas­sé ni une attente loin­taine, mais une venue actuelle : le Sei­gneur se tient au milieu de son peuple. Le texte de Jean nous rap­pelle que Dieu place des témoins sur notre route et qu’il nous appelle à recon­naître sa lumière lorsqu’elle brille, même dis­crè­te­ment. L’histoire de l’alliance n’est pas une idée abs­traite : elle est un mou­ve­ment constant où Dieu se rap­proche de nous et où nous sommes appe­lés à répondre.

I. Dieu envoie des témoins pour pré­pa­rer son peuple
Le texte com­mence par une phrase simple : « Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. »
L’alliance est tou­jours un mou­ve­ment d’initiative divine : Dieu envoie, Dieu appelle, Dieu pré­pare. Jean n’est pas un auto­di­dacte spi­ri­tuel, il n’est pas un génie reli­gieux. Il est un « envoyé », un ser­vi­teur man­da­té.

Illus­tra­tion
Ima­gine une per­sonne qui tient une lampe dans la nuit pour indi­quer la route à ceux qui suivent der­rière. Cette lampe n’est pas la des­ti­na­tion, mais elle rend pos­sible l’avancée. Jean est cette lampe : une lumière seconde, déri­vée, dont la seule fonc­tion est d’indiquer la lumière pre­mière.

Appli­ca­tion
Dieu conti­nue d’envoyer des témoins dans nos vies : des parents, des amis, une Église, des pas­teurs, des paroles enten­dues par­fois en pas­sant. L’alliance n’est pas seule­ment une doc­trine : c’est une his­toire d’appels, de rap­pels, de voix que Dieu place devant nous pour nous pré­pa­rer à accueillir son Fils. Sommes-nous atten­tifs à ces témoins ? Ou les igno­rons-nous comme du bruit de fond ?

II. La gran­deur de Jean est de dire : « Je ne suis pas le Christ »
Lorsque la délé­ga­tion sacer­do­tale inter­roge Jean, il répond par une triple néga­tion :
« Je ne suis pas le Christ. »
« Je ne suis pas Élie. »
« Je ne suis pas le pro­phète. »

Sa confes­sion est d’abord néga­tive. Il est grand parce qu’il refuse de se faire plus grand qu’il n’est. Dans l’alliance, les ministres authen­tiques ne cap­turent pas la lumière pour eux-mêmes ; ils la reflètent.

Illus­tra­tion
Dans un musée, on voit par­fois des pro­jec­teurs si puis­sants que l’on oublie qu’ils ne sont pas l’œuvre à contem­pler : ils éclairent sim­ple­ment la toile. Si quelqu’un s’arrêtait devant le pro­jec­teur pour l’admirer, ce serait une erreur. Jean refuse pré­ci­sé­ment d’être ce « pro­jec­teur ado­ré ». Il détourne les yeux de lui-même pour les tour­ner vers Jésus.

Appli­ca­tion
Nous cher­chons par­fois dans les per­sonnes – un guide, un lea­der, une figure influente – ce que seul le Christ peut offrir. La théo­lo­gie de l’alliance nous rap­pelle que les témoins sont utiles, mais qu’ils ne rem­placent jamais le Sei­gneur. Dans nos rela­tions, dans nos attentes, dans notre vie spi­ri­tuelle, appre­nons à recon­naître ce qui est voix et ce qui est Parole. La voix est un moyen ; la Parole est le but.

III. La voix dans le désert : pré­pa­rer le che­min du Sei­gneur
Jean se défi­nit posi­ti­ve­ment par une phrase : « Moi, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Apla­nis­sez le che­min du Sei­gneur. »
La voix passe, la Parole demeure. Jean appar­tient encore à la dyna­mique de l’ancienne alliance : comme un pro­phète du désert, il appelle le peuple à reve­nir à Dieu, à pré­pa­rer son cœur pour accueillir la pré­sence divine.

Illus­tra­tion
Lorsque l’on pré­pare une route de mon­tagne, il faut enle­ver les pierres, gou­dron­ner les pas­sages, tra­cer un che­min sûr. Sans ce tra­vail pré­pa­ra­toire, même la plus belle route serait impra­ti­cable. Le cœur humain res­semble sou­vent à un ter­rain irré­gu­lier : orgueil, peur, habi­tudes ins­tal­lées, fatigue spi­ri­tuelle. Apla­nir le che­min signi­fie lais­ser Dieu ôter ce qui entrave sa venue.

Appli­ca­tion
Aujourd’hui encore, l’Avent nous appelle à cette pré­pa­ra­tion. Non pas une agi­ta­tion reli­gieuse, mais une dis­po­ni­bi­li­té inté­rieure : recon­naître nos résis­tances, deman­der à Dieu de puri­fier nos pen­sées, retrou­ver la sim­pli­ci­té de la foi. Apla­nir le che­min du Sei­gneur, c’est ouvrir un espace où la Parole peut se faire entendre à nou­veau.

IV. Le point culmi­nant : « Au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connais­sez pas »
Voi­ci la parole la plus sur­pre­nante du texte : « Au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connais­sez pas. »
La lumière est déjà pré­sente, mais elle n’est pas recon­nue. C’est l’un des grands mys­tères de l’alliance : Dieu vient au milieu de son peuple, mais son peuple peut pas­ser à côté.

Illus­tra­tion
Cela res­semble à une scène simple : une per­sonne que tu attends est déjà entrée dans la pièce, mais tu ne l’as pas vue. Tu conti­nues à regar­der vers la porte, alors qu’elle se tient der­rière toi. L’Évangile nous dit : « Le Sau­veur est déjà là, au milieu de vous », mais nos attentes, nos habi­tudes et nos angles morts nous empêchent par­fois de le voir.

Appli­ca­tion
Où le Christ est-il pré­sent aujourd’hui dans ta vie sans que tu ne le recon­naisses ? Dans une épreuve qui te brise mais te rap­proche de lui ? Dans une per­sonne que tu avais sous-esti­mée ? Dans un appel inté­rieur que tu repousses ?
La théo­lo­gie de l’alliance nous enseigne que Dieu marche avec son peuple même lorsqu’il ne le voit pas. Le Christ n’attend pas notre per­cep­tion pour se rendre pré­sent ; il vient, il s’approche, il demeure au milieu.

V. L’alliance accom­plie : du témoin à la lumière
Jean n’est qu’un témoin. Le Christ est la lumière.
Dans la théo­lo­gie de l’alliance, Jean repré­sente la der­nière étape de l’ancienne éco­no­mie : une voix, un signe, un appel. Le Christ inau­gure la nou­velle : la Parole faite chair, la pré­sence réelle de Dieu au sein de son peuple, la lumière véri­table qui éclaire tout homme.

Illus­tra­tion
Une aurore annonce le jour, mais elle n’est pas le jour. Jean est cette aurore ; le Christ est le soleil. La lumière qui se lève ne vient pas des témoins, elle vient de Dieu lui-même.

Appli­ca­tion
C’est vers cette lumière que nous sommes appe­lés : non plus cher­cher les signes, mais accueillir la réa­li­té ; non plus res­ter dans l’ombre de l’attente, mais mar­cher dans la clar­té de sa pré­sence. La lumière dis­sipe la peur, éclaire nos choix, oriente nos affec­tions. Accueillir le Christ, c’est entrer dans la pleine lumière de l’alliance accom­plie.

Conclu­sion
Le mes­sage de Jean est simple et pro­fond : Dieu a fait lever la lumière au milieu de nous. Des témoins nous sont envoyés pour nous y pré­pa­rer, mais la lumière elle-même est déjà pré­sente, humble, dis­crète, réelle.
L’Avent n’est donc pas une attente vide ; c’est une prise de conscience.
La ques­tion n’est pas : « Quand la lumière vien­dra-t-elle ? »
La ques­tion est : « Sa lumière est-elle encore cachée à mes yeux ? »
Que Dieu nous donne la clar­té inté­rieure pour recon­naître son Fils, la voix pour en témoi­gner, et l’humilité de lais­ser toute gloire à la lumière véri­table qui éclaire tout homme.


Textes liturgique (culte réformé)

Appel à l’adoration
Frères et sœurs, appro­chons-nous de Dieu.
Que notre âme se réjouisse en l’Éternel, car il nous revêt des vête­ments du salut et nous éclaire par la lumière de son Fils.
Entrons dans sa pré­sence avec recon­nais­sance et humi­li­té.

Prière d’ouverture
Dieu éter­nel, notre Père, toi qui fais lever ta lumière au milieu de ton peuple, nous venons à toi dans le recueille­ment et l’espérance.
Par ton Esprit, ouvre nos cœurs, apla­nis en nous ce qui t’entrave, et dis­pose nos pen­sées à entendre ta Parole.
Accorde-nous d’être atten­tifs à ta voix et dis­po­nibles à ton appel, afin que ce culte soit un lieu de ren­contre véri­table avec toi, Sei­gneur de l’alliance.
Par Jésus-Christ, notre Sau­veur. Amen.

Lec­ture de la Loi
Notre Sei­gneur a résu­mé la Loi en disant :
« Tu aime­ras le Sei­gneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pen­sée.
Voi­ci le pre­mier com­man­de­ment.
Et le second, qui lui est sem­blable : Tu aime­ras ton pro­chain comme toi-même.
De ces deux com­man­de­ments dépendent toute la Loi et les Pro­phètes. »

Confes­sion des péchés
Dieu de lumière et de véri­té, nous confes­sons devant toi que nos cœurs ne sont pas tou­jours droits devant toi.
Comme le peuple autre­fois, nous pas­sons par­fois à côté de la pré­sence de ton Fils alors qu’il se tient au milieu de nous.
Nos pen­sées sont dis­per­sées, nos che­mins tor­tueux, nos paroles manquent de véri­té.
Par­donne nos péchés, puri­fie-nous de toute injus­tice, et renou­velle en nous un esprit bien dis­po­sé.
Fais de nous un peuple qui recon­naît ta lumière et marche selon ta Parole.
Au nom de Jésus-Christ, nous te prions. Amen.

Annonce du par­don
Écou­tez la Bonne Nou­velle :
« L’Éternel a fait pour nous de grandes choses. »
En Jésus-Christ, lumière véri­table venue dans le monde, le par­don est pro­cla­mé, la grâce est offerte, la paix est don­née.
À tous ceux qui se repentent sin­cè­re­ment et se confient en lui, Dieu accorde sa misé­ri­corde.
Réjouis­sons-nous, car en Christ, nous sommes par­don­nés.
Amen.

Prière d’illumination avant la pré­di­ca­tion
Sei­gneur notre Dieu,
toi qui éclaires tout homme par la lumière de ton Fils,
envoie main­te­nant ton Saint-Esprit sur nous.
Ouvre notre intel­li­gence, puri­fie notre cœur, et rends-nous capables de dis­cer­ner ta véri­té.
Que ta Parole devienne pour nous nour­ri­ture, orien­ta­tion et conso­la­tion.
Fais-nous entendre la voix qui pré­pare le che­min, et donne-nous de recon­naître la pré­sence de ton Fils au milieu de nous.
Par Jésus-Christ. Amen.

Confes­sion de foi (Sym­bole des Apôtres)
Je crois en Dieu, le Père tout-puis­sant, créa­teur du ciel et de la terre.
Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Sei­gneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souf­fert sous Ponce Pilate, a été cru­ci­fié, est mort et a été ense­ve­li,
est des­cen­du aux enfers, est res­sus­ci­té des morts le troi­sième jour,
est mon­té aux cieux, siège à la droite de Dieu le Père tout-puis­sant,
et vien­dra de là pour juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit-Saint,
à la sainte Église uni­ver­selle,
à la com­mu­nion des saints,
à la rémis­sion des péchés,
à la résur­rec­tion de la chair,
et à la vie éter­nelle. Amen.

Prière d’intercession
Dieu de grâce et de lumière,
nous te prions pour ton Église répan­due dans le monde : qu’elle soit fidèle à sa voca­tion de témoin, humble comme Jean-Bap­tiste, confiante dans la puis­sance de ton Fils.
Nous te prions pour ceux qui exercent des res­pon­sa­bi­li­tés civiles : accorde-leur sagesse, jus­tice et inté­gri­té.
Nous te prions pour les per­sonnes qui tra­versent l’épreuve : malades, iso­lées, acca­blées, en recherche de paix. Qu’elles puissent recon­naître ta pré­sence au milieu d’elles.
Nous te prions pour nos familles, nos com­mu­nau­tés, nos rela­tions : mets en nous un esprit de récon­ci­lia­tion, de patience et de véri­té.
Nous te confions notre Église locale : affer­mis son témoi­gnage, renou­velle sa joie, sanc­ti­fie son ser­vice.
Accom­plis en nous les pro­messes de ton alliance, et garde-nous dans l’espérance de la venue de ton Fils.
Par Jésus-Christ, notre Sei­gneur. Amen.

Notre Père
Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanc­ti­fié,
que ton règne vienne,
que ta volon­té soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Par­donne-nous nos offenses,
comme nous par­don­nons aus­si à ceux qui nous ont offen­sés.
Et ne nous laisse pas entrer en ten­ta­tion,
mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puis­sance et la gloire,
aux siècles des siècles. Amen.

Béné­dic­tion
Que le Dieu de paix vous sanc­ti­fie lui-même tout entiers.
Que votre esprit, votre âme et votre corps soient conser­vés irré­pré­hen­sibles lors de l’avènement de notre Sei­gneur Jésus-Christ.
Celui qui vous a appe­lés est fidèle, et c’est lui qui le fera.
Allez dans sa paix. Amen.


Psaumes & Cantiques (Arc-en-ciel)

Psaume 27 – « L’Éternel est ma lumière »
Thème direct de la lumière et de la confiance : par­fai­te­ment adap­té au mes­sage de Jean 1.

Psaume 36 – « En ta lumière nous voyons la lumière »
Excellent lien théo­lo­gique : Christ, lumière véri­table.

Psaume 85 – « Fais-nous voir ton amour »
Psaume de res­tau­ra­tion lié à l’alliance ; belle conso­nance avec Ésaïe 61 et Jean 1.

Psaume 95 – « Venez, chan­tons avec joie »
Appel à l’adoration ; intro­duit bien un culte où Dieu parle et son peuple écoute.

Psaume 100 – « Accla­mez Dieu »
Chant d’entrée lumi­neux, qui place l’assemblée dans la joie de l’alliance.

Psaume 130 – « Des pro­fon­deurs je crie »
Pour la confes­sion des péchés : le lien entre repen­tance, attente et lumière est par­fait.

Can­tiques (Arc-en-Ciel)

Pour l’entrée et la louange

ARC 7–06 – « Peuples, criez de joie »
Convient à la dyna­mique de l’Avent : joie de la venue du Sei­gneur.

ARC 34–03 – « Lumière des hommes, nous mar­chons vers toi »
L’un des meilleurs chants pour un culte sur Jean 1. Thème cen­tral : Christ, lumière véri­table.

ARC 34–05 – « Ô lumière joyeuse »
Ancien hymne de l’Église pri­mi­tive ; très adap­té à la théo­lo­gie de la lumière.

Pour la pré­pa­ra­tion du cœur / repen­tance

ARC 14–08 – « Devant toi, je m’incline »
Beau can­tique de sou­mis­sion et d’humilité, par­fait pour accom­pa­gner Jean-Bap­tiste disant : « Je ne suis pas le Christ. »

ARC 31–10 – « Sei­gneur, que tous s’unissent »
Appel à l’unité et à la puri­fi­ca­tion du cœur.

Pour la réponse à la Parole

ARC 31–27 – « Ta Parole, Sei­gneur, est véri­té »
Idéal après la pré­di­ca­tion : lien entre témoi­gnage, véri­té, lumière.

ARC 31–38 – « Parle, parle, Sei­gneur »
Très adap­té à Jean 1 où la Parole s’incarne et se révèle.

ARC 34–09 – « Christ est lumière »
Res­ponse-hymne sur le thème même du texte.

Pour la Sainte Cène (si célé­brée)

ARC 44–08 – « Pain de vie, corps du Sei­gneur »
Très chris­to­cen­trique, cen­tré sur la pré­sence du Christ au milieu du peuple.

ARC 44–03 – « À ton repas, Sei­gneur Jésus »
Simple, pro­fond, par­fai­te­ment réfor­mé.

Pour l’envoi / béné­dic­tion

ARC 31–24 – « Que la grâce de Dieu notre Père »
Béné­dic­tion chan­tée très connue et fluide.

ARC 31–25 – « Allez dans toutes les nations »
Cor­res­pond au thème du témoi­gnage : comme Jean, l’Église est envoyée.

ARC 34–17 – « Marche en la lumière »
Un can­tique d’envoi magni­fique, direc­te­ment en lien avec Jean 1.

PROPOSITIONS DE PROGRAMMES COMPLETS

Si tu sou­haites un dérou­le­ment prêt-à-chan­ter, voi­ci un exemple cohé­rent :

Entrée : ARC 34–03 – Lumière des hommes
Psaume : Ps 27 – L’Éternel est ma lumière
Confes­sion : ARC 14–08 – Devant toi je m’incline
Réponse à la Parole : ARC 31–27 – Ta Parole, Sei­gneur, est véri­té
Sainte Cène (option)  : ARC 44–08 – Pain de vie
Envoi : ARC 34–17 – Marche en la lumière

  1. Ésaïe 61.1–4, 8–11 NVS78P [1] L’Esprit du Sei­gneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a don­né l’onction. Il m’a envoyé pour por­ter de bonnes nou­velles à ceux qui sont humi­liés ; Pour pan­ser ceux qui ont le cœur bri­sé, Pour pro­cla­mer aux cap­tifs leur libé­ra­tion Et aux pri­son­niers leur élar­gis­se­ment ; [2] Pour pro­cla­mer une année favo­rable de la part de l’Éternel Et un jour de ven­geance de notre Dieu ; Pour conso­ler tous ceux qui sont dans le deuil ; [3] Pour accor­der à ceux de Sion qui sont dans le deuil, Pour leur don­ner de la splen­deur au lieu de cendre, Une huile de joie au lieu du deuil, Un vête­ment de louange au lieu d’un esprit abat­tu, Afin qu’on les appelle téré­binthes de la jus­tice, Plan­ta­tion de l’Éternel, Pour ser­vir à sa splen­deur. [4] Ils rebâ­ti­ront sur d’anciennes ruines, Ils relè­ve­ront d’antiques décombres, Ils réno­ve­ront des villes désertes, Dévas­tées pen­dant des géné­ra­tions. [8] Car moi, l’Éternel, j’aime le droit, Je hais la rapine avec la per­ver­si­té ; Je rétri­bue­rai fidè­le­ment leur acti­vi­té Et je conclu­rai avec eux une alliance éter­nelle. [9] Leur des­cen­dance sera connue par­mi les nations Et leur pro­gé­ni­ture par­mi les peuples ; Tous ceux qui les ver­ront recon­naî­tront Qu’ils sont une des­cen­dance bénie de l’Éternel. [10] Je me réjoui­rai plei­ne­ment en l’Éternel, Mon âme sera ravie d’allégresse en mon Dieu ; Car il m’a revê­tu des vête­ments du salut, Il m’a cou­vert du man­teau de la jus­tice, Comme le fian­cé s’orne d’une parure tel un sacri­fi­ca­teur, Comme la fian­cée se pare de ses atours. [11] En effet, comme la terre fait sor­tir son germe, Et comme un jar­din fait ger­mer ses semences, Ain­si le Sei­gneur, l’Éternel, fera ger­mer la jus­tice et la louange, En pré­sence de toutes les nations. ↩︎
  2. 1 Thes­sa­lo­ni­ciens 5.16–24 NVS78P [16] Soyez tou­jours joyeux. [17] Priez sans cesse. [18] En toute cir­cons­tance, ren­dez grâces ; car telle est à votre égard la volon­té de Dieu en Christ-Jésus. [19] N’éteignez pas l’Esprit ; [20] ne mépri­sez pas les pro­phé­ties ; [21] mais exa­mi­nez toutes choses, rete­nez ce qui est bon ; [22] abs­te­nez-vous du mal sous toutes ses formes. [23] Que le Dieu de paix vous sanc­ti­fie lui-même tout entiers ; que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conser­vé sans reproche à l’avènement de notre Sei­gneur Jésus-Christ ! [24] Celui qui vous a appe­lés est fidèle, et c’est lui qui le fera. ↩︎
  3. Jean 1.6–8, 19–28 NVS78P [6] Il y eut un homme envoyé par Dieu, du nom de Jean. [7] Il vint comme témoin pour rendre témoi­gnage à la lumière, afin que tous croient par lui. [8] Il n’était pas la lumière, mais (il vint) pour rendre témoi­gnage à la lumière. [19] Voi­ci le témoi­gnage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jéru­sa­lem des sacri­fi­ca­teurs et des Lévites pour lui deman­der : [20] Toi, qui es-tu ? Il confes­sa sans le nier, il confes­sa : Moi, je ne suis pas le Christ. [21] Et ils lui deman­dèrent : Quoi donc ? Es-tu Élie ? Et il dit : Je ne le suis pas. Es-tu le pro­phète ? Et il répon­dit : Non. [22] Ils lui dirent alors : Qui es-tu ? Afin que nous don­nions une réponse à ceux qui nous ont envoyés ; que dis-tu de toi-même ? [23] Il dit : Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Ren­dez droit le che­min du Sei­gneur , comme a dit le pro­phète Ésaie. [24] Ceux qui avaient été envoyés étaient des Pha­ri­siens. [25] Ils l’interrogèrent et lui dirent : Pour­quoi donc bap­tises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Élie, ni le pro­phète ? Jean leur répon­dit : [26] Moi, je bap­tise dans l’eau ; au milieu de vous, il en est un que vous ne connais­sez pas et qui vient après moi ; [27] je ne suis pas digne de délier la cour­roie de sa san­dale. [28] Cela se pas­sait à Bétha­nie, au-delà du Jour­dain, où Jean bap­ti­sait. ↩︎

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