1er dimanche du Carême
Année A
Couleur liturgique : Violet
Introduction générale
Nous entrons dans le temps du Carême. Quarante jours pour apprendre à regarder la vérité en face. Vérité sur Dieu, vérité sur l’homme, vérité sur nous-mêmes. Ce premier dimanche pose le diagnostic fondamental : l’homme chute, le Christ tient ferme. Adam cède à la tentation ; Jésus résiste au Tentateur. L’histoire du salut commence dans un jardin et s’ouvre à nouveau dans un désert.
Textes du jour
Genèse 2.7-9 ; 3.1-7a
Psaume 51
Romains 5.12-19
Matthieu 4.1-11
Thème général
Le thème central est celui de la tentation et de l’obéissance. Le premier Adam, placé dans l’abondance du jardin, succombe à la parole du serpent. Le second Adam, conduit par l’Esprit dans l’aridité du désert, demeure fidèle à la Parole de Dieu. Là où le péché est entré par la désobéissance, la justice vient par l’obéissance d’un seul.
Place dans l’année liturgique
Le Carême ouvre un chemin de préparation vers Pâques. Il ne s’agit pas d’un moralisme spirituel, mais d’un retour à l’Évangile. L’Église commence par rappeler la racine du mal : la rupture de confiance envers Dieu. Avant de contempler la croix et la résurrection, nous devons comprendre pourquoi elles étaient nécessaires. Ce premier dimanche établit donc le contraste entre l’ancienne humanité en Adam et l’humanité nouvelle en Christ.
Couleur liturgique
Le violet marque la pénitence, l’humilité et l’attente. Il exprime la gravité du péché, mais aussi l’espérance d’un renouveau. Ce n’est pas la couleur du désespoir, mais celle d’une sobriété lucide.
Théologie de l’alliance
Les textes articulent clairement la structure fédérale de l’Écriture. En Genèse, Adam agit comme chef d’alliance : sa désobéissance entraîne toute sa descendance. Romains 5 explicite cette solidarité : « par un seul homme le péché est entré dans le monde… » et « par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes ». L’humanité n’est jamais isolée ; elle est représentée.
Dans le désert, Jésus assume le rôle du véritable chef d’alliance. Il ne répond pas au diable par l’autonomie, mais par la Parole écrite. Il restaure l’obéissance là où Adam a échoué. Le Psaume 51 donne la voix du pécheur repentant : reconnaissance du péché, appel à la grâce, demande d’un cœur renouvelé.
Ainsi, ce dimanche nous place devant deux têtes, deux alliances, deux issues : condamnation en Adam, justification en Christ. Le Carême n’est pas d’abord un effort humain ; il est un retour au seul Médiateur fidèle.
Cette page rassemble les textes bibliques du jour, une méditation, une prédication et des éléments liturgiques pour le culte. Elle a pour objectif d’aider à la préparation et à la célébration du culte, mais aussi à la lecture personnelle et communautaire de l’Écriture. L’ensemble du contenu est libre de droit et peut être utilisé, adapté et diffusé dans un cadre ecclésial, pastoral ou pédagogique. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
L’architecture de cette page permet trois niveaux de lecture :
- Lecteur pressé → méditation + prédication → nourri
- Lecteur engagé → ajoute l’exégèse → enraciné
- Lecteur formé / responsable → va jusqu’à l’apologétique → équipé
Voir aussi les pages :
Courte méditation
La méditation proposée sur le blog foedus.fr est volontairement courte. Elle s’appuie sur le texte de l’Évangile du jour (sauf indication contraire) et cherche à en faire ressortir une parole centrale, accessible et directement applicable à la vie quotidienne. Elle est accompagnée d’une prière simple, en écho au message biblique.
Cette méditation peut être reprise telle quelle ou adaptée librement. Elle se prête particulièrement bien à un usage personnel, pastoral ou à un partage sur les réseaux sociaux (Facebook, X, etc.), sous forme de copier-coller.
Ce texte est libre de droit. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
1er dimanche du Carême – Année A
Textes bibliques du dimanche
Genèse 2.7-9 ; 3.1-7a
Psaume 51
Romains 5.12-19
Matthieu 4.1-11
Jésus est conduit au désert après son baptême. Là où Adam a cédé dans un jardin d’abondance, le Fils demeure fidèle dans la faim et la solitude. Il répond au Tentateur par l’Écriture : Deutéronome à la bouche, confiance au cœur (Matthieu 4.1-11). La victoire ne vient ni par la force ni par le spectaculaire, mais par une obéissance simple et ferme.
Augustin, dans un Sermon sur le Carême (Sermon 162, PL 38), rappelle que le Christ a voulu être tenté pour nous apprendre à combattre. Il n’ignore pas l’épreuve ; il la traverse en chef et en représentant.
Aujourd’hui, nos déserts prennent d’autres formes : fatigue, doute, orgueil spirituel. La question demeure : à quelle parole nous attachons-nous ?
Seigneur Jésus, nouvel Adam fidèle, apprends-moi à aimer ta Parole plus que mes appétits. Donne-moi, dans l’épreuve, un cœur ferme et confiant. Amen.
Vincent Bru, 20 février 2026
Prédication
Les prédications proposées sur le blog suivent en principe une structure simple et éprouvée : une introduction, trois points développés, puis une conclusion. Cette progression vise à aider l’écoute, la compréhension et l’appropriation du message biblique, sans alourdir le propos ni perdre de vue l’essentiel.
Cette structure n’est ni obligatoire ni rigide. Elle constitue un cadre au service de la Parole, non une contrainte formelle. Vous pouvez reprendre cette prédication telle quelle, l’adapter à votre contexte, ou simplement vous en inspirer pour élaborer votre propre proclamation.
La prédication est proposée selon deux modèles complémentaires :
Un canevas de prédication, destiné à ceux qui souhaitent s’inspirer de la structure en la personnalisant largement ;
Une prédication orale exégétique, d’environ vingt minutes, directement proclamable, pour ceux qui souhaitent la lire ou l’adapter légèrement.
Ce texte est libre de droit et peut être utilisé, reproduit ou adapté pour un usage pastoral, liturgique ou pédagogique. Vous pouvez citer l’auteur ou non, selon votre usage et votre contexte.
A lire avant tout : Méthode homilétique et prédication réformée – Fiches pour pasteurs et prédicateurs laïques
Prédication – canevas
Introduction
Nous sommes au seuil du Carême. L’Église ne commence pas par des exhortations morales, mais par un diagnostic théologique. Genèse 2–3, Psaume 51, Romains 5.12-19, Matthieu 4.1-11 : quatre textes, une seule question. Sous quelle tête vivons-nous ? Adam ou le Christ ?
Le fil conducteur est clair : désobéissance d’un seul, obéissance d’un seul. Chute dans un jardin, victoire dans un désert.
I. Créés pour la vie, tombés par la défiance
Genèse 2.7 : l’homme est formé de la poussière et animé par le souffle divin. Dignité et dépendance.
Deux arbres au centre : vie et connaissance du bien et du mal. Le commandement n’est pas arbitraire ; il structure la relation d’alliance.
Genèse 3 : la tentation commence par une question sur la Parole. « Dieu a-t-il réellement dit ? » Le péché n’est pas d’abord une transgression alimentaire ; il est une revendication d’autonomie morale.
Structure du péché :
– suspicion envers Dieu,
– altération de la Parole,
– désir autonome,
– honte et rupture.
Point doctrinal : alliance des œuvres. Adam agit comme représentant. Sa chute engage tous.
Application : nos chutes commencent rarement par un acte spectaculaire. Elles commencent par une relativisation de la Parole.
II. Un cœur brisé, une recréation nécessaire
Psaume 51 : David ne minimise pas. Il remonte à la racine : « Je suis né dans la faute. »
Il justifie Dieu avant de se justifier lui-même. Voilà le vrai repentir.
Il demande plus qu’un pardon extérieur : « Crée en moi un cœur pur. » Même verbe que Genèse 1. Il faut une recréation.
Point doctrinal : corruption radicale. Le problème n’est pas périphérique, mais intérieur.
Application : sans vérité sur le péché, pas de joie du salut. La grâce ne devient précieuse que pour le cœur brisé.
III. Le nouvel Adam dans le désert
Matthieu 4 : Jésus est conduit par l’Esprit. L’épreuve est voulue.
Trois tentations, trois réponses : « Il est écrit. »
Il refuse :
– le pain sans dépendance,
– le miracle sans confiance,
– le royaume sans croix.
Il reprend les textes du Deutéronome : là où Israël a échoué, il obéit.
Romains 5 éclaire l’enjeu :
– par un seul homme, condamnation ;
– par un seul homme, justification.
La tentation n’est pas seulement un exemple moral. Elle fait partie de l’obéissance active du Christ. Il obéit pour nous.
Point doctrinal : imputation. Sa justice est donnée à ceux qui sont en lui.
Conclusion
Deux humanités, deux solidarités. En Adam : mort, honte, condamnation. En Christ : vie, justice, règne.
Le Carême n’est pas une tentative de devenir meilleur par nos propres forces. Il est un appel à quitter Adam pour être uni au Christ.
La vraie question n’est pas : suis-je assez fort pour résister ?
Mais : suis-je uni à celui qui a déjà vaincu ?
Prédication thématique – forme orale (env. 20 mn)
Introduction
Nous vivons dans un monde de tentations permanentes. Tentation de réussir vite. Tentation d’éviter la souffrance. Tentation de paraître plus fort que nous ne le sommes.
On nous dit : prouve qui tu es. Défends-toi. Imposes-toi.
Les textes de ce dimanche nous ramènent à l’origine. Dans la Genèse, Adam succombe à la tentation. Dans le Psaume 51, David confesse son péché. Dans Romains 5, Paul nous dit qu’un seul homme a entraîné tous les autres dans la chute.
Et dans l’Évangile, nous voyons un autre homme. Jésus. Conduit au désert. Tenté. Mais fidèle.
Aujourd’hui, nous regardons le désert. Et nous découvrons que c’est là que commence notre salut.
Premier point : La tentation touche notre identité
Le diable commence ainsi : « Si tu es Fils de Dieu… »
Ce n’est pas innocent. Juste avant, au baptême, le Père a dit : « Tu es mon Fils bien-aimé. »
La tentation vise l’identité. Elle suggère le doute. Elle insinue : prouve-le.
« Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Jésus a faim. Quarante jours de jeûne. Il est réellement homme.
Transformer les pierres en pain, en soi, ne serait pas immoral. Mais le piège est ailleurs. Il s’agit d’utiliser sa puissance pour lui-même. D’agir indépendamment du Père.
Jésus répond simplement : « Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Autrement dit : ma vie ne dépend pas d’abord de ce que je mange, mais de la Parole de mon Père.
Nous aussi, nous sommes tentés sur notre identité.
Si tu es enfant de Dieu, pourquoi manques-tu de ceci ?
Si Dieu t’aime, pourquoi cette épreuve ?
Si tu es croyant, montre-le, prouve-le.
Et parfois, nous voulons nous débrouiller seuls. Assurer notre sécurité par nos propres moyens.
Le désert nous apprend ceci : nous ne vivons pas seulement de pain. Nous vivons de la Parole.
Deuxième point : La tentation touche notre confiance
Le diable change de terrain. Il conduit Jésus au sommet du temple.
Il cite même l’Écriture : « Il donnera des ordres à ses anges… »
La tentation devient religieuse. « Jette-toi en bas. Dieu te rattrapera. »
C’est subtil. Il ne s’agit plus de se débrouiller sans Dieu. Il s’agit de forcer Dieu à agir.
Jésus répond : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. »
Ne mets pas Dieu à l’épreuve. Ne le place pas au banc des accusés.
Dans la Genèse, le serpent avait déjà suggéré que Dieu retenait quelque chose de bon. Dans le désert, le diable suggère que Dieu doit prouver qu’il est fiable.
Nous connaissons cette tentation.
« Seigneur, si tu es là, fais ceci. »
« Si tu m’aimes, change cette situation. »
Nous voulons un signe spectaculaire. Une garantie visible.
Mais la foi n’est pas un saut dans le vide. C’est une confiance dans la Parole déjà donnée.
Jésus ne se jette pas du temple. Il choisit la confiance silencieuse.
Troisième point : La tentation touche notre adoration
Dernière scène. Une montagne. Tous les royaumes du monde. Leur gloire.
« Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes et m’adores. »
Voilà le cœur. Qui adores-tu ?
La proposition est claire : la gloire sans la croix. Le pouvoir sans l’obéissance.
Jésus répond : « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte. »
Le combat est un combat d’adoration.
Dans le jardin d’Éden, l’homme a écouté une autre voix que celle de Dieu. Il a déplacé son centre.
Dans le désert, Jésus reste centré sur le Père.
Romains 5 nous dit que par la désobéissance d’un seul, beaucoup ont été rendus pécheurs. Mais par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes.
Le désert n’est pas seulement un exemple moral. C’est le début d’une obéissance qui ira jusqu’à la croix.
Jésus refuse le raccourci. Il choisit le chemin du Père.
Conclusion
Dans ce désert, nous voyons trois choses.
Nous voyons un combat sur l’identité.
Un combat sur la confiance.
Un combat sur l’adoration.
Et nous voyons un Sauveur fidèle.
Adam a cédé.
David a chuté.
Nous aussi, nous tombons.
Mais Jésus a tenu.
Il a refusé d’utiliser sa puissance pour lui-même.
Il a refusé de forcer la main de Dieu.
Il a refusé d’adorer autre chose que son Père.
Et il l’a fait pour nous.
Quand tu es tenté et que tu tombes, n’oublie pas : ton salut repose sur son obéissance, pas sur la perfection de la tienne.
Mais cette grâce n’est pas une excuse pour rester dans la chute. Elle est une force pour résister.
Alors, dans tes déserts, rappelle-toi :
Tu n’es pas seul.
Le Fils est passé par là.
Il a vaincu.
Vis de la Parole.
Fais confiance sans exiger de signes.
Garde ton cœur pour Dieu seul.
Et lorsque tu chancelles, reviens à lui.
Car celui qui a été servi par les anges au désert est le même qui te sert aujourd’hui par sa grâce.
Prédication expositive – forme orale (env. 20 mn)
Nous vivons dans une époque obsédée par la performance. Il faut prouver qui l’on est. Il faut réussir. Il faut montrer sa valeur. Même la foi peut devenir un terrain d’exhibition : prouver que Dieu agit, prouver que nous sommes bénis, prouver que nous avons raison.
Le texte que nous venons d’entendre commence précisément par une question d’identité : « Si tu es Fils de Dieu… »
Juste avant, au baptême, le Père a déclaré : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Et immédiatement, l’Esprit conduit Jésus dans le désert. Il est frappant que le texte dise : « Jésus fut emmené par l’Esprit… pour être tenté. » Le verbe grec suggère une conduite intentionnelle. Ce désert n’est pas un accident. Ce n’est pas un dérapage du plan de Dieu. L’épreuve est dans le plan.
Nous sommes ici au début du ministère public. Israël est sorti d’Égypte, a traversé l’eau, puis a été conduit quarante ans au désert. Jésus passe par l’eau du baptême, puis par quarante jours au désert. Il reprend l’histoire de son peuple. Il la revit. Mais là où Israël a murmuré, il va obéir.
Quarante jours. Quarante nuits. Il jeûne. Puis il eut faim. Le texte est sobre. Il insiste sur sa véritable humanité. Il n’est pas un héros invulnérable. Il a faim.
Et le tentateur s’approche.
Première tentation : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
La tentation n’est pas grossière. Elle semble raisonnable. Après tout, il a faim. Il est le Fils. Pourquoi ne pas utiliser sa puissance ?
Le problème n’est pas le pain. Le problème est l’indépendance. « Si tu es Fils… » Prouve-le. Agis pour toi-même. Sors de la dépendance.
Jésus répond : « Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Il cite Deutéronome 8. Israël avait appris que la manne n’était pas seulement une nourriture, mais une leçon : la vie vient de la Parole de Dieu. Le mot grec pour « parole » ici renvoie à la parole prononcée, vivante.
Jésus refuse d’être un Messie qui se sert lui-même. Il vit dans la dépendance du Père. Il choisit la faim plutôt que l’autonomie.
Et nous ? Combien de nos décisions sont prises pour échapper à l’inconfort, même si cela implique de contourner la volonté de Dieu ? Nous voulons le pain. Dieu veut nous apprendre la confiance.
Deuxième tentation.
Le diable transporte Jésus dans la ville sainte. Sur le haut du temple. Cette fois, il cite l’Écriture. Le Psaume 91. « Il donnera des ordres à ses anges… »
La tentation devient religieuse. « Jette-toi en bas. Dieu te rattrapera. »
C’est une invitation à forcer la main de Dieu. À produire un signe spectaculaire. À provoquer l’intervention divine.
Jésus répond : « Il est aussi écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. »
Il cite Deutéronome 6. Israël avait tenté Dieu à Massa en exigeant des preuves : « L’Éternel est-il au milieu de nous, oui ou non ? »
Mettre Dieu à l’épreuve, c’est refuser de lui faire confiance sans conditions.
Aujourd’hui, cette tentation est subtile. « Seigneur, si tu es vraiment là, fais ceci. Si tu m’aimes, prouve-le. » Nous voulons un Dieu qui se plie à nos scénarios.
Jésus refuse. Il ne manipule pas le Père. Il ne cherche pas l’applaudissement religieux.
Troisième tentation.
Une montagne très haute. Tous les royaumes du monde. Leur gloire. « Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes et m’adores. »
Voilà le cœur. Le mot grec pour « se prosterner » signifie se courber en signe d’adoration. C’est une question de culte. À qui appartiendra ton cœur ?
La proposition est claire : la gloire sans la croix. Le règne sans la souffrance. Un raccourci.
Jésus répond avec autorité : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte. »
Encore le Deutéronome. Encore l’alliance. L’exclusivité du culte.
Dans le jardin d’Éden, Adam a écouté une autre voix. Ici, le nouvel Adam repousse l’ennemi par la Parole.
Romains 5 nous éclaire : « Par la désobéissance d’un seul, beaucoup ont été rendus pécheurs ; par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes. »
Ce désert n’est pas seulement un exemple moral. Il fait partie de l’obéissance active du Christ. Il obéit là où nous avons cédé. Il reste fidèle là où nous avons été infidèles.
Certains diront : mais en quoi cela me concerne-t-il ? Parce que l’Écriture ne présente pas Jésus comme un coach spirituel, mais comme un représentant. Un chef d’alliance. En Adam, nous avons été entraînés dans la chute. En Christ, nous sommes entraînés dans la justice.
Le diable le laisse. Les anges viennent le servir.
Là où Adam fut chassé du jardin, Jésus est servi après l’épreuve. Le royaume commence dans l’obéissance cachée.
Que nous dit ce texte aujourd’hui ?
Il nous dit d’abord que l’épreuve n’est pas nécessairement un signe d’abandon. L’Esprit conduit Jésus au désert. Si tu traverses un désert, ne conclus pas trop vite que Dieu t’a quitté.
Il nous dit ensuite que la vraie bataille est une bataille de confiance. Vivre de pain ou de Parole. Exiger des preuves ou marcher par foi. Chercher la gloire immédiate ou accepter le chemin de la croix.
Mais surtout, il nous montre un Sauveur fidèle.
Tu as cédé à la tentation ? Lui a tenu.
Tu as voulu forcer Dieu ? Lui a fait confiance.
Tu as adoré d’autres choses que Dieu ? Lui est resté pur.
La bonne nouvelle n’est pas : « Fais comme Jésus. »
La bonne nouvelle est : « Jésus a fait ce que tu ne pouvais pas faire. »
Alors oui, nous sommes appelés à résister. Oui, nous devons répondre par la Parole. Mais nous le faisons non pour devenir fils, mais parce que nous sommes unis au Fils.
Si tu n’es pas en Christ, ce texte t’appelle à la repentance. Tu ne vaincras pas le tentateur par ta seule volonté. Il te faut un autre chef, une autre tête.
Si tu es en Christ, ce texte t’apporte une consolation immense. Ton salut ne repose pas sur la solidité de ta résistance, mais sur la perfection de son obéissance.
Dans le désert, le Fils a choisi le Père.
À la croix, il ira jusqu’au bout de cette obéissance.
Et aujourd’hui, il t’appelle à vivre de sa Parole, à lui rendre un culte exclusif, et à marcher, même dans le désert, dans la confiance.
Car le royaume ne vient pas par le raccourci de la puissance.
Il vient par l’obéissance du Fils.
Exégèse
La partie exégétique proposée sur le blog foedus.fr vise à éclairer les textes bibliques du jour de manière rigoureuse et accessible. Pour chaque texte, l’accent est porté à la fois sur le contexte immédiat et sur le contexte global de l’Écriture, afin d’en respecter la cohérence théologique et l’inscription dans l’histoire du salut.
L’analyse s’attache particulièrement aux mots hébreux et grecs les plus significatifs, lorsque cela est nécessaire pour comprendre le sens précis du texte. Elle s’enrichit également de l’apport des Pères de l’Église, des Réformateurs, ainsi que de la théologie réformée confessante contemporaine, afin de situer l’interprétation dans la continuité de la tradition chrétienne.
Lorsque cela éclaire utilement le passage étudié, des éléments d’archéologie biblique sont également intégrés, pour replacer le texte dans son cadre historique et culturel sans en faire un simple objet académique.
Cette approche cherche à servir à la fois la compréhension du texte et la foi de l’Église, en mettant l’exégèse au service de la proclamation et de la vie chrétienne.
La version de la Bible utilisée ici est la Bible Louis Segond, de 1978, version dite « A la Colombe ».
1re lecture (Bible hébraïque)
Genèse 2.7-9 7L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière du sol ; il insuffla dans ses narines un souffle vital, et l’homme devint un être vivant. 8 Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. 9L’Éternel Dieu fit germer du sol toutes sortes d’arbres d’aspect agréable et bons à manger, ainsi que l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Genèse 3 1Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? 2La femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. 3Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez. 4Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez pas du tout ! 5Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. 6 La femme vit que l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et propre à donner du discernement. Elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea. 7 Les yeux de tous deux s’ouvrirent ; ils prirent conscience du fait qu’ils étaient nus.
Brève introduction
Genèse 2–3 constitue le cœur anthropologique et théologique de toute l’Écriture. Nous sommes ici avant Israël, avant la Loi mosaïque, avant les patriarches. Il s’agit des fondements : création, vocation, commandement, tentation, chute. Toute la théologie biblique – et particulièrement la théologie de l’alliance – s’enracine dans ces versets.
Exégèse détaillée à partir de l’hébreu
Genèse 2.7
« L’Éternel Dieu forma l’homme » : le verbe יָצַר (yatsar) désigne l’action du potier. L’homme n’est pas auto-engendré ; il est façonné. L’image souligne dépendance et intentionalité.
« de la poussière du sol » : עָפָר (afar), poussière, fragilité. L’homme est terrestre, tiré de l’אֲדָמָה (adamah), la terre arable. Le lien lexical adam / adamah rappelle que l’homme est lié au sol qu’il devra cultiver.
« il insuffla dans ses narines un souffle vital » : נִשְׁמַת חַיִּים (nishmat chayyim), souffle de vies. Ce n’est pas une simple animation biologique : le souffle vient directement de Dieu. L’homme est à la fois poussière et souffle divin.
« et l’homme devint un être vivant » : נֶפֶשׁ חַיָּה (nephesh chayyah). L’homme ne “reçoit” pas une âme comme une pièce ajoutée ; il devient une âme vivante. L’unité corps-souffle est constitutive.
Genèse 2.8-9
Le jardin est « planté » par Dieu. L’homme est placé dans un espace de grâce avant toute œuvre. La création est d’abord don, non conquête.
Deux arbres sont explicitement nommés :
– עֵץ הַחַיִּים (etz ha-chayyim), l’arbre de la vie.
– עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע (etz ha-da‘at tov va-ra‘), l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
L’expression « bien et mal » forme un mérisme : elle désigne la totalité du discernement moral. La question n’est pas l’accès intellectuel au savoir, mais l’autonomie morale.
Genèse 3.1
« Le serpent était rusé » : עָרוּם (‘arum), subtil, prudent. Jeu de mots avec עֲרוּמִּים (‘arummim), « nus » (2.25). L’homme est nu sans honte ; le serpent est rusé. Après la chute, l’homme sera nu avec honte (3.7).
La tentation commence par une question : « Dieu a-t-il réellement dit ? » La parole divine est mise en doute. L’attaque vise l’autorité de la révélation.
Genèse 3.4-5
« Vous ne mourrez pas du tout » : négation emphatique מוֹת תְּמֻתוּן (mot temutun) renversée. Le serpent contredit frontalement Dieu.
« Vous serez comme des dieux » : כֵּאלֹהִים (ke’elohim), pouvant signifier « comme Dieu » ou « comme des êtres divins ». La promesse est celle d’une autonomie souveraine.
Genèse 3.6
Trois mouvements :
– bon à manger (désir physique),
– agréable à la vue (désir esthétique),
– propre à donner du discernement (désir spirituel).
La structure rappelle 1 Jean 2.16 : convoitise de la chair, des yeux, orgueil de la vie.
Genèse 3.7
« Leurs yeux s’ouvrirent » : l’ouverture promise advient, mais sous forme de honte. La connaissance acquise est conscience de nudité, non élévation divine.
Sens des mots importants
Yatsar : l’homme est façonné, donc dépendant.
Nephesh : unité vivante, non dualisme grec.
Da‘at : connaissance expérientielle, non simple information.
‘Arum : ruse stratégique, prudence détournée.
Citations des Pères de l’Église
Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 21, 1 (trad. française, Cerf, 1984) : Adam est « encore enfant », appelé à croître vers Dieu. La chute est un refus de maturation dans l’obéissance.
Augustin, La Cité de Dieu, XIV, 11 (trad. fr., Desclée de Brouwer) : le péché consiste en « l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu ». La racine est la superbia, l’orgueil d’autonomie.
Citations des Réformateurs
Jean Calvin, Commentaire sur la Genèse (1554), sur 3.1 : il souligne que Satan commence « par rendre suspecte la parole de Dieu », car « c’est là qu’est la vraie vie de l’homme ».
Martin Luther, Leçons sur la Genèse (1535-1545), WA 42 : la chute est avant tout un péché contre la Parole ; Ève « ajoute » à l’interdit (« vous n’y toucherez pas »), montrant déjà une altération.
Théologiens réformés confessants contemporains
Herman Bavinck, Dogmatique réformée, vol. 3 (éd. néerlandaise originale 1898-1901) : l’arbre n’est pas magique ; il est « sacrement d’obéissance », signe concret de la dépendance filiale.
Meredith Kline, Kingdom Prologue (2000) : il développe la notion d’alliance des œuvres, où Adam agit comme représentant fédéral.
Apports de l’archéologie biblique
Les récits mésopotamiens (Épopée de Gilgamesh) évoquent aussi une quête d’immortalité liée à une plante de vie. Mais, contrairement aux mythes environnants, Genèse ne présente pas l’homme comme rival des dieux par nature ; la transgression est morale, non cosmique.
Implications pour la théologie de l’alliance
Genèse 2–3 manifeste une structure d’alliance :
– un cadre (le jardin),
– un commandement explicite,
– une sanction (« vous mourrez »),
– une représentation fédérale (Adam).
La chute n’est pas un accident individuel ; elle engage l’humanité entière. Paul le confirmera en Romains 5.12-19 : un seul homme entraîne condamnation ; un seul homme apporte justification.
La question centrale demeure : l’homme vivra-t-il de la Parole de Dieu ou cherchera-t-il à définir par lui-même le bien et le mal ?
C’est ici que se joue toute l’histoire biblique – et toute anthropologie.
Psaume
Psaumes 51 1 Au chef de chœur. Psaume de David. 2Lorsque le prophète Nathan vint à lui, après que David fut allé vers Bath-Chéba. 3Ô Dieu ! fais-moi grâce selon ta bienveillance, Selon ta grande compassion, efface mes crimes ; 4Lave-moi complètement de ma faute, Et purifie-moi de mon péché. 5Car je reconnais mes crimes, Et mon péché est constamment devant moi. 6J’ai péché contre toi, contre toi seul, Et j’ai fait le mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. 7Voici : je suis né dans la faute, Et ma mère m’a conçu dans le péché. 8Mais tu prends plaisir à la vérité dans le fond du cœur : Au plus secret (de moi-même), fais-moi connaître la sagesse. 9Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. 10Annonce-moi la félicité et la joie, Et les os que tu as brisés seront dans l’allégresse. 11Détourne ta face de mes péchés, Efface toutes mes fautes. 12Ô Dieu ! créé en moi un cœur pur, Renouvelle en moi un esprit bien disposé. 13Ne me rejette pas loin de ta face, Ne me retire pas ton Esprit Saint. 14Rends-moi la joie de ton salut, Et qu’un esprit de bonne volonté me soutienne ! 15J’enseignerai tes voies à ceux qui se révoltent, Et les pécheurs reviendront à toi. 16Ô Dieu, Dieu de mon salut ! délivre-moi du sang versé, Et ma langue acclamera ta justice. 17Seigneur ! ouvre mes lèvres, Et ma bouche proclamera ta louange. 18Car tu ne prends pas plaisir au sacrifice, Autrement, j’en donnerais ; Tu n’agrées pas d’holocauste. 19Les sacrifices (agréables) à Dieu, c’est un esprit brisé : Un cœur brisé et contrit ; Ô Dieu, tu ne le dédaignes pas. 20Répands par ta faveur tes bienfaits sur Sion, Bâtis les murs de Jérusalem ! 21Alors tu prendras plaisir aux sacrifices de justice, Aux holocaustes et aux victimes tout entières ; Alors on offrira des taureaux sur ton autel.
Brève introduction
Le Psaume 51 naît d’une crise morale et théologique majeure : l’adultère avec Bath-Shéba et le meurtre d’Urie (2 Samuel 11–12). La visite du prophète Nathan dévoile le péché caché et provoque non une justification, mais une confession. Ce psaume est devenu la grande prière pénitentielle de l’Église. Il articule la gravité du péché, la justice de Dieu et l’espérance d’une recréation intérieure.
- Exégèse à partir de l’hébreu
Versets 3–4
« Fais-moi grâce » : חָנֵּנִי (ḥannēnî), de חנן (ḥanan), accorder une faveur imméritée. David ne plaide aucun mérite.
« Selon ta bienveillance » : חֶסֶד (ḥesed), amour d’alliance, fidélité engagée de Dieu. La confession s’appuie sur l’alliance, non sur l’émotion.
« Efface » : מָחָה (maḥah), effacer comme on efface une écriture. Le péché est présenté comme une dette inscrite.
« Lave-moi » : כָּבַס (kābas), verbe du lavage des vêtements. Image cultuelle de purification.
Verset 5
« Mon péché est constamment devant moi » : conscience aiguë, non relativisation. Le mal n’est pas circonstanciel ; il est personnel.
Verset 6
« Contre toi, contre toi seul » : David ne nie pas le tort fait à autrui, mais reconnaît que toute faute est ultimement théologique.
« Tu seras juste dans ta sentence » : צָדַק (tsadaq), être déclaré juste. David justifie Dieu avant de chercher à être justifié lui-même.
Verset 7
« Je suis né dans la faute » : בְּעָוֹן (be‘avon). Ce verset est central pour la doctrine du péché originel. Il ne parle pas d’un acte maternel, mais d’une condition. Le mal est enraciné.
Verset 9
« Purifie-moi avec l’hysope » : אֵזוֹב (ezov). L’hysope est utilisée pour les rites de purification (Lévitique 14 ; Exode 12). David se place symboliquement sous le rite expiatoire.
Verset 12
« Crée en moi » : בְּרָא (bara’), verbe utilisé en Genèse 1 pour l’acte créateur divin. David ne demande pas une amélioration morale, mais une recréation.
« Un cœur pur » : לֵב טָהוֹר (lev tahor). Le cœur, centre de la volonté et de l’intelligence.
« Renouvelle un esprit bien disposé » : רוּחַ נָכוֹן (ruaḥ nakhon), esprit ferme, stable.
Verset 13
« Ne me retire pas ton Esprit Saint » : רוּחַ קָדְשְׁךָ (ruaḥ qodshekha). Allusion probable au retrait de l’Esprit sur Saül (1 Samuel 16). David craint l’abandon royal et spirituel.
Verset 19
« Un esprit brisé » : רוּחַ נִשְׁבָּרָה (ruaḥ nishbarah). Dieu préfère la contrition authentique au ritualisme vide.
- Sens des mots clés
Ḥesed : fidélité d’alliance, amour engagé.
‘Avon : culpabilité tordue, perversité.
Bara’ : création souveraine, initiative divine.
Lev : centre intégral de la personne.
- Pères de l’Église
Augustin, Confessions, livre X (trad. fr., Garnier-Flammarion) développe l’idée que le cœur humain est inquiet tant qu’il ne repose pas en Dieu ; le Psaume 51 devient pour lui modèle de conversion intérieure.
Jean Chrysostome, Homélies sur la pénitence (PG 49), insiste : Dieu ne méprise pas celui qui s’accuse lui-même ; la confession est déjà œuvre de grâce.
- Réformateurs
Jean Calvin, Commentaire sur les Psaumes (1557), sur Ps 51.7 : David « ne se contente pas de confesser un péché particulier, mais remonte à la source corrompue ». Calvin y voit un fondement explicite du péché originel.
Martin Luther, Operationes in Psalmos (1519–1521), souligne que la vraie justice commence par l’aveu que Dieu est juste dans son jugement.
- Théologiens réformés confessants contemporains
Herman Bavinck, Dogmatique réformée, vol. 3 (éd. néerlandaise originale) affirme que la régénération est une œuvre créatrice analogue à Genèse 1, ce que Ps 51.12 anticipe.
Louis Berkhof, Systematic Theology (1938), rattache ce psaume à la doctrine de la corruption totale : la grâce doit atteindre la racine.
- Apports historiques et cultuels
Le lien avec Nathan inscrit ce psaume dans un cadre royal. La mention finale de Sion (v.20-21) élargit la repentance individuelle à la restauration communautaire. Le péché du roi affecte le peuple ; la grâce restauratrice aussi.
- Implications pour la théologie de l’alliance
Le psaume présuppose l’alliance davidique. David ne s’adresse pas à un Dieu abstrait, mais au Dieu de l’alliance. La confession s’enracine dans le ḥesed.
La structure est claire :
– reconnaissance du péché,
– justification de Dieu,
– appel à une recréation intérieure,
– promesse d’un témoignage renouvelé.
Le péché brise l’alliance expérientiellement, mais la fidélité divine ouvre la voie à la restauration.
La tension demeure : si l’homme est « né dans la faute », comment peut-il être purifié ? Le psaume prépare déjà la réponse christologique : il faudra plus qu’un sacrifice animal ; il faudra un cœur recréé par l’Esprit.
2e lecture (Tradition des Apôtres)
Romains 5.12 C’est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché,… 13car, jusqu’à (la promulgation de) la loi, le péché était dans le monde ; mais le péché n’est pas mis en compte, quand il n’y a pas de loi. 14Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. 15Mais il n’en est pas du don gratuit comme de la faute ; car, si par la faute d’un seul, beaucoup sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don qui vient de la grâce d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. 16Il n’en va pas de ce don comme du péché d’un seul homme. Car le jugement après une seule faute (aboutit) à la condamnation, tandis que le don gratuit après de nombreuses fautes (aboutit) à la justification. 17Si par la faute d’un seul, la mort a régné par lui seul, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus-Christ. 18 Ainsi donc, comme par une seule faute la condamnation s’étend à tous les hommes, de même par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. 19En effet, comme par la désobéissance d’un seul homme, beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes.
Brève introduction
Romains 5.12-19 est l’un des sommets doctrinaux de l’Écriture. Paul y déploie une vision fédérale de l’humanité : deux hommes, deux actes, deux règnes. Adam et le Christ ne sont pas seulement des individus exemplaires ; ils sont des chefs représentatifs. Ce passage est fondamental pour la doctrine du péché originel, de l’imputation et de la justification.
- Exégèse à partir du grec
Verset 12
« Par un seul homme » : δι’ ἑνὸς ἀνθρώπου. L’insistance sur l’unicité est structurante.
« le péché est entré » : εἰσῆλθεν (aoriste), événement historique. Le mal n’est pas éternel ; il a une entrée dans l’histoire.
« la mort » : ὁ θάνατος, non seulement biologique, mais séparation d’avec Dieu.
« parce que tous ont péché » : ἐφ’ ᾧ πάντες ἥμαρτον. Expression débattue. La lecture la plus cohérente avec le contexte est solidaire : tous ont péché en Adam, comme tête représentative.
Versets 13–14
Paul distingue la présence du péché avant la Loi mosaïque. La mort règne même sans transgression explicite d’un commandement révélé comme celui d’Adam.
Adam est « figure » : τύπος τοῦ μέλλοντος. Type du Christ. L’histoire est structurée typologiquement.
Verset 15
« le don gratuit » : χάρισμα. Racine χάρις, grâce imméritée.
« à plus forte raison » : πολλῷ μᾶλλον. Argument a fortiori. Si un seul péché a eu un tel effet, combien plus la grâce divine.
Verset 16
« condamnation » : κατάκριμα, verdict judiciaire.
« justification » : δικαίωμα, acte déclaratif de justice. Le vocabulaire est forensique, juridique.
Verset 17
« la mort a régné » : ἐβασίλευσεν. La mort est décrite comme un souverain.
« régneront dans la vie » : βασιλεύσουσιν. Inversion de règne : ceux qui reçoivent la grâce deviennent participants d’un règne de vie.
Versets 18–19
Structure parallèle :
– par une seule faute → condamnation pour tous.
– par un seul acte de justice → justification donnant la vie.
« désobéissance » : παρακοή (écoute dévoyée).
« obéissance » : ὑπακοή (écoute soumise).
Le salut est présenté comme l’obéissance active du Christ en tant que second Adam.
- Sens des termes clés
Hamartia : puissance du péché, non simple acte isolé.
Katakrima : verdict judiciaire objectif.
Dikaiōsis : déclaration légale de justice.
Hypakoē : obéissance concrète, accomplissement fidèle.
- Pères de l’Église
Irénée, Contre les hérésies, III, 18, 1 (trad. fr., Cerf) développe la doctrine de la « récapitulation » : le Christ reprend en lui toute l’histoire d’Adam pour la restaurer.
Augustin, Contre Julien, VI, 11, défend l’idée que tous ont péché en Adam, fondement de la doctrine du péché originel.
- Réformateurs
Jean Calvin, Commentaire sur l’Épître aux Romains (1540), sur 5.12 : il affirme que la corruption et la culpabilité sont transmises « non par imitation seulement, mais par imputation ».
Luther, Commentaire sur l’Épître aux Romains (1515-1516), voit ici la base de la justification par la foi seule : la justice du Christ est reçue comme un don extérieur à nous.
- Théologiens réformés confessants contemporains
Herman Bavinck, Dogmatique réformée, vol. 3 (éd. néerlandaise originale), souligne que l’humanité est organiquement unie en Adam ; le salut suit la même logique fédérale.
John Murray, The Imputation of Adam’s Sin (1959), défend vigoureusement la solidarité représentative.
- Arrière-plan historique et théologique
Dans le monde gréco-romain, l’individualisme moral était plus courant. Paul propose une anthropologie corporative sémitique : l’homme n’est jamais isolé ; il appartient à une tête.
- Implications pour la théologie de l’alliance
Romains 5 confirme la structure d’alliance déjà présente en Genèse 2–3. Adam agit comme chef d’alliance (ce que la tradition réformée appellera « alliance des œuvres »).
Deux principes s’opposent :
– imputation du péché d’Adam → condamnation.
– imputation de la justice du Christ → justification.
La question critique demeure : est-il « injuste » que la faute d’un seul nous atteigne ? Paul répond implicitement : si tu refuses la solidarité en Adam, tu refuses aussi celle en Christ. La logique fédérale est symétrique.
Ainsi, l’Évangile ne propose pas une amélioration morale progressive, mais un changement de tête, un transfert d’alliance, un passage de la condamnation au règne de la vie.
Évangile
Matthieu 4 Tentation de Jésus-Christ Mc 1.12-13 ; Lc 4.1-13 1 Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. 2Il jeûna quarante jours et quarante nuits, puis il eut faim. 3Le tentateur s’approcha et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. 4Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu . 5 Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple 6et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre . 7 Jésus lui dit : D’autre part il est écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. 8Le diable le transporta encore sur une montagne très haute, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, 9et lui dit : Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes et m’adores. 10Jésus lui dit : Retire-toi Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul, tu rendras un culte. 11 Alors le diable le laissa. Et voici que des anges s’approchèrent de Jésus pour le servir.
Brève introduction
Matthieu 4.1-11 ouvre le ministère public de Jésus par une confrontation décisive. Après le baptême et la déclaration céleste « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Matthieu 3.17), le Fils est conduit au désert. L’épreuve n’est pas accidentelle : elle est voulue dans l’économie du salut. Ici se joue la fidélité du nouvel Adam et du véritable Israël.
Exégèse à partir du grec
Verset 1
« Jésus fut emmené par l’Esprit » : ἀνήχθη ὑπὸ τοῦ Πνεύματος. Le passif souligne l’initiative divine. La tentation n’est pas hors du plan de Dieu.
« pour être tenté » : πειρασθῆναι. Le verbe πειράζω peut signifier éprouver ou tenter. L’épreuve révèle l’obéissance.
Verset 2
« quarante jours et quarante nuits » : écho d’Exode 24.18 (Moïse), 1 Rois 19.8 (Élie) et des quarante années d’Israël au désert. Jésus récapitule l’histoire d’Israël.
Verset 3
« Si tu es Fils de Dieu » : εἰ υἱὸς εἶ τοῦ Θεοῦ. Ce n’est pas un doute métaphysique, mais une provocation : prouve ta filiation par un acte autonome.
La tentation vise à dissocier filiation et obéissance.
Verset 4
Citation de Deutéronome 8.3. Jésus répond exclusivement par « Il est écrit » (γέγραπται). La Parole révélée fait autorité suprême.
L’homme ne vit pas seulement de pain (ἄρτος), mais de la parole (ῥῆμα) sortant de Dieu. La vie est relationnelle avant d’être biologique.
Versets 5-6
Le diable cite le Psaume 91.11-12. Il manipule l’Écriture. La tentation devient religieuse : forcer Dieu à agir.
Verset 7
Citation de Deutéronome 6.16 : « Tu ne tenteras pas » (οὐκ ἐκπειράσεις). Il s’agit de ne pas mettre Dieu à l’épreuve comme Israël à Massa.
Versets 8-9
« Tous les royaumes du monde » : offre messianique sans croix. La prosternation (προσκυνήσῃς) implique une allégeance cultuelle.
La tentation atteint son sommet : gloire sans obéissance.
Verset 10
Citation de Deutéronome 6.13. Jésus réaffirme l’exclusivité du culte. L’adoration structure l’existence humaine.
Verset 11
Les anges servent (διηκόνουν). Là où Adam fut expulsé du jardin, Jésus reçoit le service céleste après l’épreuve.
Sens des termes clés
Peirazō : tester en vue de révéler.
Proskuneō : se prosterner, adorer.
Gegraptai : formule d’autorité scripturaire.
Diakoneō : servir, ministère humble.
Pères de l’Église
Irénée, Contre les hérésies, V, 21, 2 (trad. fr., Cerf) voit ici la récapitulation : « Ce que le premier Adam a perdu par désobéissance, le second l’a recouvré par obéissance. »
Augustin, De Trinitate, XIII, 15 (trad. fr.) souligne que le Christ a vaincu le diable non par puissance divine spectaculaire, mais par justice humaine parfaite.
Réformateurs
Jean Calvin, Commentaire sur Matthieu (1555), explique que Satan attaque d’abord la confiance filiale : le but est de détacher le Christ de la dépendance envers le Père.
Martin Luther, Sermons sur l’Évangile de Matthieu, insiste sur la centralité de l’Écriture : le chrétien combat par la Parole, non par ses forces.
Théologiens réformés confessants contemporains
Herman Bavinck, Dogmatique réformée, vol. 3, affirme que l’obéissance active du Christ inclut toute sa vie terrestre, dont cette tentation.
Geerhardus Vos, Biblical Theology (1948), voit dans le désert une étape messianique : Jésus assume consciemment la vocation d’Israël fidèle.
Contexte historique et biblique
Le désert (ἔρημος) est lieu d’épreuve et de révélation. Israël y a murmuré ; Jésus y obéit. Les trois citations proviennent du Deutéronome, livre de l’alliance renouvelée avant l’entrée en Canaan.
Implications pour la théologie de l’alliance
Matthieu 4 manifeste le Christ comme chef d’alliance fidèle. Là où Adam et Israël ont échoué, il demeure obéissant.
Trois dimensions apparaissent :
– dépendance filiale (pain),
– confiance sans manipulation (temple),
– adoration exclusive (royaumes).
La victoire du Christ n’est pas seulement exemplaire ; elle est représentative. Son obéissance sera imputée à ceux qui sont en lui (Romains 5.19).
La question demeure pour l’Église : voulons-nous la gloire sans la croix, la sécurité sans la confiance, le pain sans la Parole ?
Dans le désert, le Fils choisit l’obéissance. C’est là que commence réellement la restauration de l’humanité.
Synthèse canonique des 4 textes
Genèse 2.7-9 ; 3.1-7 — Psaume 51 — Romains 5.12-19 — Matthieu 4.1-11
Ces quatre textes ne sont pas juxtaposés. Ils forment une ligne continue qui traverse toute l’Écriture : création, chute, confession, rédemption.
Genèse 2–3 : l’origine de la rupture
La Genèse pose le cadre. L’homme est créé par Dieu, façonné de la poussière et animé par son souffle. Il vit dans un jardin, sous une parole. La vie est liée à l’obéissance.
Mais la tentation introduit le doute : « Dieu a-t-il réellement dit ? » La rupture n’est pas d’abord morale, elle est théologique. L’homme veut définir par lui-même le bien et le mal.
Résultat : honte, peur, séparation. La mort entre dans l’histoire.
Le récit ne parle pas seulement d’Adam. Il parle de l’humanité entière. C’est la racine de tout ce qui suit.
Psaume 51 : l’intériorisation de la chute
Des siècles plus tard, David ne relit pas son péché comme un simple écart ponctuel. Il remonte à la source : « Je suis né dans la faute. »
La chute d’Adam devient expérience personnelle. Le péché est universel et intérieur.
Mais le psaume révèle aussi autre chose : la grâce d’alliance. David ne s’adresse pas à un Dieu lointain. Il invoque la miséricorde, le ḥesed, l’amour fidèle.
La solution ne sera pas seulement extérieure. Il faut une recréation : « Crée en moi un cœur pur. »
Le problème d’Éden est devenu le problème du cœur.
Romains 5 : l’interprétation apostolique
Paul relit l’histoire en profondeur. Adam n’est pas un personnage isolé. Il est tête représentative.
« Par un seul homme le péché est entré dans le monde. »
« Par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes. »
L’Écriture révèle la structure fédérale de l’histoire : deux hommes, deux solidarités, deux humanités.
La chute n’est pas annulée par un simple pardon moral. Elle est renversée par une obéissance représentative.
Le salut n’est pas un redressement progressif de l’ancienne humanité. Il est l’inauguration d’une nouvelle.
Matthieu 4 : le commencement du renversement
Dans le désert, le nouvel Adam affronte le tentateur.
La scène rappelle Éden.
La scène rappelle Israël au désert.
Mais ici, la réponse est différente. Là où le premier homme a douté de la Parole, Jésus s’y accroche. Là où Israël a murmuré, il obéit.
Chaque tentation touche un point central :
– le besoin (pain),
– la confiance (signe spectaculaire),
– l’adoration (royaumes).
À chaque fois : « Il est écrit. »
Le désert devient le lieu où commence le rétablissement de l’alliance.
L’unité canonique
Genèse montre la chute.
Le Psaume 51 en révèle la profondeur intérieure.
Romains 5 en donne la clé doctrinale.
Matthieu 4 inaugure la réponse historique de Dieu.
L’Écriture entière converge vers cette réalité :
– L’homme ne peut pas se sauver.
– Le péché est radical et universel.
– Dieu agit souverainement en établissant un nouveau chef d’humanité.
– L’obéissance du Christ restaure ce que la désobéissance d’Adam a détruit.
Perspective d’histoire du salut
Le jardin perdu annonce le désert traversé.
Le désert traversé annonce la croix.
La croix annonce la résurrection.
La résurrection annonce la nouvelle création.
Ainsi, ces textes ne sont pas seulement moraux ou spirituels. Ils dessinent le grand mouvement de l’alliance :
Création → Chute → Promesse → Accomplissement → Justification → Vie nouvelle.
Et au centre, le Christ.
Non pas comme simple exemple, mais comme second Adam, médiateur fidèle, tête d’une humanité recréée.
Lecture théologique (théologie de l’alliance)
Cette section propose une lecture doctrinale des textes du jour, en lien explicite avec la théologie de l’alliance. Elle ne vise pas à répéter l’exégèse ni la prédication, mais à offrir un éclairage oblique, en mettant en évidence les doctrines bibliques particulièrement sollicitées par les passages étudiés.
Il s’agit ici de rappeler l’enseignement constant de l’Église, et plus spécialement de la théologie réformée confessante, dans le champ de la théologie systématique : doctrine de Dieu, du salut, de l’Église, de la grâce, de la mission, ou encore de l’histoire du salut.
Cette lecture théologique permet de montrer que les textes du jour ne sont pas seulement porteurs d’un message spirituel immédiat, mais qu’ils s’inscrivent dans une cohérence doctrinale profonde. Les promesses, les appels et les exhortations bibliques prennent alors place dans le cadre plus large de l’alliance, comprise comme l’œuvre souveraine de Dieu, accomplie en Christ et déployée par l’Esprit dans l’histoire.
Cette section est facultative. Elle peut être utilisée pour approfondir la réflexion, nourrir l’enseignement catéchétique ou théologique, ou servir de repère doctrinal pour la prédication et la formation.
Lecture doctrinale des textes du jour
Genèse 2.7–3.7 ; Psaume 51 ; Romains 5.12-19 ; Matthieu 4.1-11
Les textes de ce dimanche forment une architecture doctrinale remarquable. Ils ne disent pas seulement quelque chose de la tentation ou de la repentance. Ils déploient l’économie entière de l’alliance : création, rupture, représentation, rédemption, restauration.
Nous pouvons les lire comme une traversée systématique de la théologie biblique.
Doctrine de Dieu : le Dieu d’alliance
En Genèse 2, Dieu se révèle comme Créateur personnel. Il façonne l’homme, il souffle en lui la vie, il plante un jardin. Dieu n’est pas une force abstraite. Il agit, parle, ordonne.
Mais surtout, il établit une relation structurée par une parole et une promesse. Le commandement concernant l’arbre n’est pas arbitraire. Il est le signe visible d’une alliance. Dieu lie l’homme à lui par une parole assortie d’une sanction.
La théologie réformée a nommé cette relation « alliance des œuvres » : non pas un contrat d’égal à égal, mais une disposition souveraine par laquelle Dieu promet la vie sous condition d’obéissance parfaite.
Ainsi, dès l’origine, Dieu se révèle comme Dieu d’alliance : il gouverne par sa Parole et engage l’homme dans une relation morale réelle.
Doctrine de l’homme et du péché : la rupture fédérale
Genèse 3 montre que la chute n’est pas un simple faux pas moral. Elle est une rupture d’alliance. Le serpent attaque la Parole. L’homme revendique l’autonomie.
Le Psaume 51 approfondit la dimension intérieure de cette rupture. Le péché n’est pas seulement un acte. Il est une condition. « Je suis né dans la faute. »
Romains 5 donne la clé doctrinale : Adam agit comme tête représentative. Par un seul homme, le péché entre. La mort règne.
La théologie réformée parle ici de péché originel et d’imputation. Non pas par imitation seulement, mais par solidarité fédérale. L’humanité est unie en Adam.
Cette vision choque l’individualisme moderne. Pourtant, sans solidarité en Adam, il n’y aurait pas non plus solidarité en Christ. La structure fédérale n’est pas une anomalie. Elle est le cadre même de l’histoire du salut.
Doctrine du Christ : le second Adam, médiateur de l’alliance
Matthieu 4 n’est pas d’abord un récit d’exemplarité morale. Il est un acte de médiation.
Jésus est conduit par l’Esprit. Il affronte le tentateur. Il répond par la Parole. Il demeure fidèle.
Là où Adam a désobéi dans un jardin d’abondance, le Christ obéit dans un désert de privation.
Romains 5 explicite cette correspondance : par la désobéissance d’un seul, condamnation ; par l’obéissance d’un seul, justification.
Nous sommes ici au cœur de la christologie réformée :
– obéissance active du Christ,
– justice imputée,
– médiation représentative.
Le Christ accomplit parfaitement l’alliance que le premier homme a brisée. Il devient le chef d’une nouvelle humanité.
Doctrine du salut : grâce souveraine et recréation
Le Psaume 51 introduit une autre dimension essentielle : la nécessité d’une recréation intérieure.
« Crée en moi un cœur pur. » Le verbe utilisé est celui de la création en Genèse 1. Le salut n’est pas une simple amélioration morale. Il est une œuvre créatrice de Dieu.
La théologie de l’alliance parle ici d’alliance de grâce. Après la chute, Dieu ne détruit pas l’humanité. Il promet un rédempteur (Genèse 3.15).
Le salut repose entièrement sur la grâce souveraine. L’homme ne peut se sauver lui-même. Il doit être justifié et renouvelé.
Romains 5 souligne l’abondance de la grâce. Le don dépasse la faute. La justification est un acte juridique de Dieu, fondé sur l’obéissance du Christ.
Doctrine de l’Église : un peuple uni sous une nouvelle tête
Si Adam est tête de l’ancienne humanité et Christ tête de la nouvelle, alors l’Église est la communauté de ceux qui sont unis au Christ.
Elle n’est pas une association religieuse volontaire. Elle est le peuple de la nouvelle alliance.
Le Psaume 51 se termine par une prière pour Sion. La repentance individuelle a une dimension communautaire.
L’Église vit de cette double réalité :
– conscience de la gravité du péché ;
– assurance de la grâce plus grande encore.
Doctrine de la mission et de l’espérance
Dans le désert, le Christ refuse les royaumes offerts par Satan. Il ne reçoit pas la gloire par compromission.
Le royaume viendra par la croix, puis par la résurrection.
La mission de l’Église s’inscrit dans cette logique. Elle ne cherche pas la domination immédiate. Elle annonce le règne du Christ crucifié et ressuscité.
L’espérance chrétienne n’est pas utopique. Elle est ancrée dans l’obéissance accomplie du Fils et dans la promesse de la vie qui règne déjà.
Synthèse doctrinale
Ces textes nous rappellent que :
– Dieu gouverne l’histoire par l’alliance.
– L’homme est responsable et solidaire en Adam.
– Le Christ est le médiateur fidèle, second Adam.
– Le salut est grâce souveraine, justification et recréation.
– L’Église est le peuple uni à la tête nouvelle.
– L’histoire avance vers le règne pleinement manifesté du Christ.
Ainsi, les textes du jour ne sont pas seulement un appel moral à résister à la tentation. Ils sont une proclamation doctrinale : l’alliance rompue en Adam est restaurée en Christ.
L’histoire du salut n’est pas un cycle. Elle est un accomplissement.
Et au centre de cet accomplissement se tient le Fils obéissant, qui, dans le désert, inaugure déjà la victoire de la grâce sur la faute.
Lecture apologétique
Le récit de la tentation de Jésus n’est pas seulement un épisode spirituel. Il engage des affirmations massives : existence personnelle du mal, autorité de l’Écriture, identité divine du Christ, exclusivité du culte, structure représentative du salut.
Dans le contexte contemporain, ces affirmations rencontrent des objections fortes. Il est donc utile de montrer que la lecture classique de l’Église — et en particulier la théologie réformée confessante — n’est ni naïve ni dépassée, mais cohérente, intellectuellement défendable et existentiellement pertinente.
- Objection matérialiste : « Le diable n’existe pas »
Pour une vision matérialiste du monde, il n’y a que des causes biologiques, sociales, psychologiques. Le diable serait une projection mythologique d’angoisses humaines.
Mais le texte parle d’un interlocuteur personnel. Il dialogue. Il cite l’Écriture. Il propose un marché.
Si l’on réduit le diable à une métaphore, il faut alors expliquer pourquoi Jésus traite cette réalité comme un adversaire personnel et non comme une simple impulsion intérieure.
Plus profondément : le matérialisme ne supprime pas le mal. Il le rend incompréhensible. Si tout est déterminé par des processus matériels, alors ni responsabilité morale ni indignation ne tiennent.
La doctrine biblique reconnaît à la fois la responsabilité humaine (Genèse 3) et l’existence d’un mal personnel. Elle prend le mal au sérieux sans l’ériger en principe rival de Dieu.
- Objection relativiste : « Chaque culture a ses mythes, pourquoi celui-ci serait vrai ? »
On dira : désert, diable, anges… tout cela relève d’un imaginaire religieux.
Mais Matthieu inscrit l’événement dans une histoire précise. Jésus vient après Jean-Baptiste. Il s’inscrit dans la continuité d’Israël. Il cite le Deutéronome.
Ce n’est pas un mythe flottant hors du temps. C’est un récit situé, cohérent avec l’ensemble de l’Écriture.
La théologie de l’alliance souligne cette unité : Genèse 3 promet une descendance qui écrasera le serpent. Matthieu 4 montre l’affrontement. Romains 5 explique la portée représentative.
Ce n’est pas un mythe isolé. C’est une histoire qui se déploie avec cohérence.
- Objection nietzschéenne : « Le christianisme glorifie la faiblesse »
Nietzsche dénonçait une morale d’esclaves : renoncer à la puissance, refuser la domination.
Dans Matthieu 4, Jésus refuse le pain miraculeux, refuse le spectaculaire, refuse les royaumes.
Vu de l’extérieur, cela semble faiblesse.
Mais le texte montre autre chose : maîtrise de soi, autorité morale, souveraineté intérieure. Jésus ne cède pas. Il ne se soumet pas à l’offre du pouvoir.
La véritable faiblesse serait de céder au raccourci. La véritable force est d’adorer Dieu seul.
La théologie de l’alliance affirme que la royauté du Christ passe par l’obéissance. Ce n’est pas la négation de la puissance, mais sa redéfinition. La puissance authentique est fidélité à Dieu.
- Objection « woke » ou critique du pouvoir : « L’exclusivité religieuse est dangereuse »
« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul… »
Dans une culture pluraliste, cette exclusivité paraît violente. On préférerait un syncrétisme paisible : toutes les voies se valent.
Mais la question centrale du texte est l’adoration. Qui est Dieu ?
Si Dieu est réellement le Créateur et Seigneur de l’alliance, alors l’exclusivité n’est pas oppression mais vérité.
Toute société fonctionne avec des absolus : nation, liberté, marché, identité. La question n’est pas : aurons-nous un absolu ? Mais : lequel ?
Le christianisme affirme que seul Dieu est digne d’adoration. Cela relativise justement tous les pouvoirs humains. C’est une protection contre l’idolâtrie politique ou culturelle.
- Objection islamique : « Jésus n’est qu’un prophète, pas le Fils de Dieu »
La tentation commence par : « Si tu es Fils de Dieu… »
Dans l’islam, cette expression est rejetée comme blasphématoire.
Mais ici, la filiation ne signifie pas engendrement biologique. Elle désigne la relation unique du Fils au Père. Matthieu vient de rapporter la voix céleste au baptême.
La tentation vise précisément cette identité. Jésus ne la renie pas. Il la vit dans l’obéissance.
Refuser la filiation divine du Christ oblige à réduire le texte à une simple épreuve prophétique. Mais alors Romains 5 perd son sens : un simple prophète ne peut être la tête d’une nouvelle humanité.
La cohérence de l’Évangile exige une christologie forte.
- Objection du libéralisme protestant : « Ce récit est symbolique, il parle seulement de luttes intérieures »
Certains diront : inutile de croire à un événement réel ; l’important est le message moral.
Mais si la tentation n’est qu’un symbole, alors l’obéissance du Christ n’est plus un acte historique.
Or Romains 5 fonde la justification sur un événement réel accompli par un homme réel.
La théologie réformée insiste : le salut repose sur des actes objectifs du Christ dans l’histoire.
Réduire le désert à une parabole, c’est dissoudre la structure fédérale du salut.
- Objection hédoniste contemporaine : « Pourquoi refuser le pain, la sécurité, la gloire ? »
Notre époque valorise la satisfaction immédiate, la visibilité, la réussite.
Les trois tentations correspondent exactement à ces logiques :
– satisfaire le besoin ;
– se mettre en scène ;
– obtenir le pouvoir.
Jésus refuse. Non parce que le pain ou la gloire sont mauvais en soi, mais parce qu’ils deviennent idolâtriques lorsqu’ils sont détachés de l’obéissance.
La théologie de l’alliance rappelle que la bénédiction est liée à la fidélité. Le raccourci proposé par Satan est une pseudo-bénédiction hors alliance.
Synthèse apologétique
Le récit de Matthieu 4 affirme :
– que le mal est personnel et réel ;
– que l’Écriture est autorité ultime ;
– que Jésus est le Fils obéissant ;
– que l’adoration exclusive est la vérité fondamentale ;
– que le salut est représentatif et historique.
Ces affirmations contredisent frontalement plusieurs courants contemporains. Mais elles offrent une cohérence que ces courants ne peuvent fournir :
– une explication réaliste du mal ;
– une base solide pour la dignité humaine ;
– une réponse au pouvoir idolâtrique ;
– une espérance fondée sur un acte accompli.
Dans le désert, il ne s’agit pas seulement d’un combat moral. Il s’agit d’un affrontement décisif dans l’histoire de l’alliance.
Et la pertinence du texte aujourd’hui tient précisément à cela : nous sommes toujours confrontés aux mêmes tentations — autonomie, manipulation de Dieu, idolâtrie du pouvoir.
La lecture classique n’est pas un héritage poussiéreux. Elle est la seule qui rende justice à la profondeur doctrinale du passage et à sa portée universelle.
Outils pédagogiques
Support pédagogique à partir des textes du jour
Genèse 2–3 ; Psaume 51 ; Romains 5.12-19 ; Matthieu 4.1-11
Objectif général
– Comprendre l’unité doctrinale des textes.
– Identifier la structure d’alliance (création, chute, rédemption).
– Saisir la portée représentative du Christ.
– Appliquer concrètement à la vie chrétienne.
I. Questions ouvertes (discussion en groupe)
Dans Genèse 3, la tentation commence par une question sur la Parole de Dieu.
– Comment cela se manifeste-t-il aujourd’hui dans notre culture ?
– Où voyons-nous des remises en cause similaires ?
Dans le Psaume 51, David demande un « cœur pur ».
– Quelle différence fais-tu entre regret, culpabilité et repentance biblique ?
– Pourquoi la recréation intérieure est-elle nécessaire ?
Romains 5 affirme que nous sommes solidaires d’Adam et du Christ.
– Cette idée de solidarité représentative te paraît-elle juste ?
– Pourquoi est-elle indispensable pour comprendre le salut ?
Dans Matthieu 4, Jésus répond toujours par « Il est écrit ».
– Qu’est-ce que cela dit sur l’autorité de l’Écriture ?
– Comment pouvons-nous concrètement vivre de la Parole ?
Les trois tentations touchent au besoin, à la sécurité et au pouvoir.
– Laquelle te semble la plus actuelle dans notre société ?
– Laquelle est la plus dangereuse pour toi personnellement ?
II. QCM doctrinal
La tentation d’Adam en Genèse 3 porte principalement sur :
A. Un problème alimentaire
B. Une revendication d’autonomie morale
C. Une erreur intellectuelle
→ Réponse : B
Dans Romains 5, Adam est présenté comme :
A. Un simple exemple négatif
B. Une figure symbolique
C. Une tête représentative
→ Réponse : C
Dans Matthieu 4, Jésus refuse :
A. La nourriture en soi
B. La protection divine
C. Un raccourci vers la gloire sans obéissance
→ Réponse : C
Selon le Psaume 51, la solution au péché est :
A. Un effort moral renforcé
B. Une recréation par Dieu
C. Un simple sacrifice extérieur
→ Réponse : B
III. Travail en binôme
Exercice 1 : Relier les textes
Reliez chaque texte à une doctrine principale :
– Genèse 2–3 → Doctrine de l’homme et du péché
– Psaume 51 → Doctrine de la grâce et de la repentance
– Romains 5 → Doctrine de l’imputation et de la justification
– Matthieu 4 → Doctrine du Christ médiateur et second Adam
Exercice 2 : Reformulation
En 3 phrases maximum, explique :
– Pourquoi la tentation de Jésus n’est pas seulement un exemple moral.
– En quoi elle concerne directement notre salut.
IV. Mise en situation
Scénario 1 :
Un ami dit : « La religion sert seulement à donner des règles. »
→ Comment lui expliquer, à partir de ces textes, que l’Évangile parle d’un Sauveur représentatif et non d’un simple code moral ?
Scénario 2 :
Quelqu’un affirme : « Si Dieu existait, il me donnerait un signe spectaculaire. »
→ Comment répondre à partir de Matthieu 4 ?
Scénario 3 :
Une personne dit : « Je suis trop pécheur pour revenir à Dieu. »
→ Comment le Psaume 51 et Romains 5 apportent-ils une réponse ?
V. Approfondissement biblique
Comparer :
– Genèse 3 et Matthieu 4 : quelles ressemblances dans la structure de la tentation ?
– Israël au désert (Deutéronome 6–8) et Jésus au désert : quelles différences ?
Objectif : voir que Jésus accomplit fidèlement l’histoire d’Israël.
VI. Applications personnelles
Compléter ces phrases :
– Lorsque je doute de l’amour de Dieu, je suis tenté de…
– Lorsque je veux réussir rapidement, je suis tenté de…
– Pour vivre davantage de la Parole, je peux concrètement…
Temps final suggéré
– Lecture à voix haute d’un verset clé (Matthieu 4.4 ou Romains 5.19).
– Prière courte demandant un cœur renouvelé et une fidélité dans l’épreuve.
Finalité pédagogique
Amener chacun à comprendre que :
– Le péché est une rupture d’alliance.
– Le Christ est le second Adam fidèle.
– Le salut repose sur son obéissance.
– La vie chrétienne consiste à vivre sous cette nouvelle tête, dans la confiance et l’adoration exclusive de Dieu.
Textes liturgiques
Les textes liturgiques proposés ici sont directement inspirés des lectures bibliques du jour. Ils sont conçus pour un culte réformé, dans le respect de sa structure, de sa sobriété et de sa théologie.
Ils peuvent être utilisés tels quels ou adaptés selon le contexte local (voir le menu « Culte » du site).Les psaumes et cantiques sont choisis dans le recueil Arc-en-Ciel, largement utilisé dans les Églises réformées francophones.
Le recueil est disponible en ligne ici :
https ://www.arc-en-ciel.chLes paroles et les musiques des psaumes et cantiques proposés sont également accessibles sur le blog, dans la section « Psaumes et cantiques ».
Prière d’ouverture
Seigneur notre Dieu,
tu as créé l’homme de la poussière
et tu as soufflé en lui le souffle de vie.
Nous confessons que nous avons voulu vivre
non de ta Parole,
mais de nos propres désirs.
En ce temps de Carême,
ramène-nous au désert,
non pour nous perdre,
mais pour nous apprendre à dépendre de toi.
Par Jésus-Christ, le Fils obéissant,
qui vit et règne avec toi
dans l’unité du Saint-Esprit,
un seul Dieu pour les siècles des siècles.
Amen.
Lecture de la Loi
Écoutons la volonté de Dieu, telle qu’elle est résumée dans le premier commandement :
« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu,
et à lui seul tu rendras un culte. »
Et encore :
« L’homme ne vivra pas de pain seulement,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Confession des péchés
Seigneur Dieu,
comme Adam, nous avons douté de ta Parole.
Comme Israël, nous avons murmuré dans le désert.
Comme David, nous avons péché en pensée, en parole et en action.
Nous avons cherché le pain sans la confiance,
la sécurité sans la foi,
la gloire sans la croix.
Nous avons adoré ce qui n’est pas toi.
Nous avons voulu définir par nous-mêmes
le bien et le mal.
Ô Dieu, fais-nous grâce selon ta grande compassion.
Crée en nous un cœur pur.
Renouvelle en nous un esprit ferme.
Ne nous rejette pas loin de ta face.
Amen.
Annonce du pardon
Écoutez la bonne nouvelle :
« Comme par la désobéissance d’un seul, beaucoup ont été rendus pécheurs,
de même par l’obéissance d’un seul, beaucoup seront rendus justes. »
En Jésus-Christ, le nouvel Adam,
la grâce surabonde là où le péché a abondé.
À tous ceux qui se repentent et mettent leur confiance en lui,
j’annonce le pardon des péchés
au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Amen.
Prière d’illumination
Seigneur,
toi qui as conduit ton Fils au désert
et qui l’as gardé fidèle,
ouvre maintenant nos cœurs à ta Parole.
Donne-nous d’entendre non une voix parmi d’autres,
mais la voix qui donne la vie.
Que ton Esprit grave en nous l’Écriture
afin que nous résistions au mal
et que nous t’adorions toi seul.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.
Intercessions
Seigneur notre Dieu,
nous te prions pour ton Église :
garde-la fidèle à ta Parole
dans un monde qui la relativise.
Nous te prions pour ceux qui traversent un désert :
épreuve, maladie, solitude, doute.
Soutiens-les par ta grâce.
Nous te prions pour ceux qui sont tombés dans la tentation :
relève-les, recrée-les, rends-leur la joie de ton salut.
Nous te prions pour les nations :
délivre-les de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent.
Fais régner la justice et la paix véritables
sous l’autorité du Christ.
Enfin, conduis-nous dans le combat de la foi,
non par nos propres forces,
mais par l’obéissance parfaite de ton Fils
et la puissance de ton Esprit.
Amen.
Envoi
Allez dans la paix du Christ.
Vivez de sa Parole.
Adorez Dieu seul.
Et que la grâce du Seigneur Jésus-Christ,
l’amour de Dieu le Père
et la communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous.
Amen.
Psaumes et cantiques
🎵 Psaumes adaptés à la liturgie du Carême
🎵 Arc-en-Ciel 1 : « Heureux celui qui médite ta loi » (Psaume 1)
Thème : fidélité à la Parole de Dieu.
Lien avec les textes du jour : comme Jésus, qui vit de toute parole de Dieu (Mt 4), le chant célèbre l’homme qui se nourrit de la loi divine plutôt que des tentations du monde. C’est une louange centrée sur l’alliance et la fidélité à la Parole.
🎵 Arc-en-Ciel 23 (Ps 23) : « Le Seigneur est mon berger »
Thème : guidance, sécurité en Dieu malgré l’épreuve.
Lien : le désert de Matthieu 4 et la confiance du Christ en Dieu évoquent l’image du berger qui conduit, garde et restaure.
🎵 Arc-en-Ciel 25 (Ps 25) : « A toi, mon Dieu, mon cœur monte »
Thème : prière de confiance et de pardon.
Lien : complément pastoral au Psaume 51, confiant dans la grâce de Dieu.
🎵 Arc-en-Ciel 42 (Ps 42) : « Comme un cerf altéré brame… »
Thème : soif de Dieu, désir de présence divine.
Lien : reflet de la faim de Jésus au désert, mais spirituelle : soif de la Parole et de la présence du Seigneur.
🎵 Cantiques de louange et de confession appropriés
🎶 Arc-en-Ciel 801 : « Chantez au Seigneur »
Thème : louange joyeuse.
Lien : après la confession de Psaume 51 et la fidélité triomphante du Christ dans Matthieu 4, ce cantique rend grâce pour la Parole fidèle.
🎶 Arc-en-Ciel 806 : « Dieu est amour »
Thème : amour et fidélité divine.
Lien : met en relief la grâce et la miséricorde manifestées dans le pardon (Ps 51) et la victoire du Christ.
🎶 Arc-en-Ciel 811 : « Seigneur, aie pitié »
Thème : confession et supplication.
Lien : une réponse cantique à Psaume 51, soulignant le besoin du pardon de Dieu en Carême.
🎶 Arc-en-Ciel 634 : « A Dieu seul j’abandonne »
Auteur : B. Bonsen (trad. d’une mélodie traditionnelle).
Thème : abandon de soi à Dieu seul.
Lien : correspond directement à la réponse du Christ dans Matthieu 4 : vivre et adorer Dieu seul.
🎶 Arc-en-Ciel 277 : « A Dieu soit la gloire »
Thème : louange au Dieu victorieux.
Lien : proclamation de la victoire de Dieu, en écho à l’obéissance parfaite du Christ et à la grâce révérée en Romains 5.
🎧 Brève note doctrinale et pastorale
Le recueil Arc-en-Ciel est conçu pour accompagner l’Église dans son culte et sa vie spirituelle, refletant la lumière et la diversité de l’alliance de Dieu avec son peuple. C’est aussi un symbole de la promesse – comme l’arc-en-ciel après le déluge – rappelant que Dieu tient sa Parole et ses alliances, de la création à l’accomplissement en Christ.
📌 Suggestions d’enchaînements liturgiques
Entrée / Louange
– Chantez au Seigneur (AEC 801)
– Dieu est amour (AEC 806)
Confession & Pardon
– Seigneur, aie pitié (AEC 811)
– (lecture de Psaume 51)
Réponse de foi
– A Dieu seul j’abandonne (AEC 634)
– Le Seigneur est mon berger (AEC 42)
Envoi / Action de grâce
– A Dieu soit la gloire (AEC 277)

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