Musique sacrée et musique profane

La musique touche à la fois l’intelligence, le corps, la mémoire et les affec­tions. Elle accom­pagne la prière, la fête, le deuil, la marche, le tra­vail et le culte. Pour cette rai­son, elle ne peut être trai­tée ni comme un lan­gage pure­ment neutre ni comme une force mys­té­rieuse pos­sé­dant en elle-même une valeur spi­ri­tuelle.

Un don créa­tion­nel

La capa­ci­té humaine de pro­duire et d’ordonner des sons appar­tient aux dons de la créa­tion. La musique peut mani­fes­ter ordre, pro­por­tion, ten­sion, réso­lu­tion, mémoire et beau­té. Elle peut ser­vir des usages très dif­fé­rents sans que cha­cun d’eux devienne pour autant cultuel.

Sacré et pro­fane

Foe­dus dis­tingue la musique employée dans le culte de la musique des­ti­née à la vie cultu­relle ordi­naire. Cette dis­tinc­tion ne signi­fie pas que toute musique pro­fane serait impure ni que toute musique reli­gieuse serait auto­ma­ti­que­ment juste. Le contexte, le texte, la fonc­tion et la forme doivent être dis­cer­nés ensemble.

Musique et culte

Dans le culte réfor­mé, la musique demeure au ser­vice de la Parole, de la prière et de la louange de l’assemblée. Elle ne doit pas deve­nir une fin auto­nome ni trans­for­mer l’émotion en cri­tère de véri­té. Sa beau­té est réelle, mais elle reste minis­té­rielle : elle sert l’intelligibilité, la par­ti­ci­pa­tion com­mune et l’orientation de l’Église vers Dieu.

Affec­tions et dis­cer­ne­ment

La musique agit puis­sam­ment sur les affec­tions. Cette puis­sance n’est ni mau­vaise ni suf­fi­sante. Une émo­tion intense peut accom­pa­gner la véri­té comme elle peut mas­quer le vide. Foe­dus refuse donc aus­si bien la sus­pi­cion sys­té­ma­tique envers l’émotion que sa sacra­li­sa­tion.

Liber­té cultu­relle

Hors du culte, la liber­té du chré­tien est large. Une œuvre peut être appré­ciée pour sa beau­té, sa maî­trise, sa pro­fon­deur ou sa capa­ci­té à expri­mer une expé­rience humaine, même lorsqu’elle n’est pas chré­tienne. Cette récep­tion reste cepen­dant cri­tique : paroles, ima­gi­naires, usages et effets cultu­rels peuvent deman­der un juge­ment moral.

Posi­tion de Foe­dus

Foe­dus affirme la valeur de la musique comme don de Dieu et acti­vi­té cultu­relle légi­time. Nous dis­tin­guons net­te­ment l’usage cultuel de l’usage pro­fane, refu­sons de confondre émo­tion et pré­sence divine, et cher­chons une musique de culte sobre, intel­li­gible et ordon­née à l’édification de l’Église.

Cette page four­nit un cadre géné­ral qui pour­ra être déve­lop­pé par des études sur les styles, les ins­tru­ments, le chant d’assemblée et l’histoire de la musique chré­tienne.