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La Bible ouverte, la boussole, la plume et le sablier figurent la recherche et le discernement. Ils rappellent que les découvertes scientifiques demandent une enquête rigoureuse, tandis que leurs usages techniques engagent aussi des jugements moraux.
La science et la technique occupent une place centrale dans le monde contemporain. Elles façonnent les représentations du réel, les décisions politiques et les modes de vie. Lorsqu’elles sont absolutisées, elles deviennent idéologiques ; lorsqu’elles sont méprisées, elles appauvrissent la compréhension du monde. Foedus adopte une position lucide et équilibrée, reconnaissant la valeur de la science tout en affirmant ses limites morales et ontologiques.
Fondement théologique et épistémologique
La science est possible parce que le monde est créé, ordonné et intelligible. Foedus confesse que la rationalité humaine et la régularité de la nature trouvent leur fondement dans l’acte créateur de Dieu. La science ne découvre pas un chaos absurde, mais un réel structuré, susceptible d’être compris, décrit et étudié. Elle n’est pas autonome au sens ultime : elle opère dans un monde qu’elle n’a pas produit.
Science et vérité
Foedus distingue clairement la vérité scientifique, relative à des méthodes, des hypothèses et des modèles, et la vérité ultime sur le sens, la finalité et le bien. La science décrit le fonctionnement du réel ; elle ne peut en déterminer à elle seule la signification morale ou existentielle. Confondre science et vérité totale conduit au scientisme, qui est une idéologie, non une science.
Valeur et limites de la méthode scientifique
La méthode scientifique est un outil puissant et légitime pour comprendre le monde physique et biologique. Elle repose sur l’observation, l’expérimentation et la vérification. Foedus affirme cependant que cette méthode, par nature, ne peut répondre aux questions du sens, du bien, du mal, de la dignité ou de la finalité. Exiger d’elle ce qu’elle ne peut donner est une erreur de catégorie.
Technique et pouvoir
La technique est l’application concrète du savoir scientifique. Elle amplifie considérablement le pouvoir humain sur la nature, sur le corps et parfois sur l’homme lui-même. Foedus reconnaît la valeur de la technique lorsqu’elle sert la vie, soulage la souffrance et respecte l’ordre créé. Mais toute extension du pouvoir technique sans discernement moral conduit à la domination, à l’instrumentalisation et à la déshumanisation.
Refus du scientisme et du technosolutionnisme
Foedus rejette le scientisme, qui prétend que seules les sciences empiriques produisent un savoir valable. Nous rejetons également le technosolutionnisme, selon lequel tout problème humain trouverait une solution technique. Ces visions ignorent la réalité du péché, la complexité morale de l’homme et les limites intrinsèques du progrès matériel.
Science, foi et conflit apparent
Foedus refuse le faux conflit entre science et foi. Les conflits réels naissent non de la science elle-même, mais de lectures idéologiques de la science ou de la foi. La foi chrétienne ne concurrence pas la science sur son terrain propre ; elle en éclaire les présupposés, les limites et les usages. Une science coupée de toute vision morale devient dangereuse ; une foi qui méprise la raison devient fragile.
Transhumanisme et redéfinition de l’homme
Foedus rejette les projets transhumanistes visant à dépasser la condition humaine par la technique. Ces projets reposent sur une anthropologie fausse, qui considère l’homme comme un objet perfectible sans limite et sans nature. La promesse d’un homme augmenté cache souvent une incapacité à accepter la finitude, la vulnérabilité et la responsabilité.
Responsabilité humaine et humilité
La science et la technique appellent à une éthique de la responsabilité et de l’humilité. Tout ce qui est possible n’est pas nécessairement souhaitable. La sagesse consiste non à repousser indéfiniment les limites, mais à discerner celles qui protègent l’humanité. Le progrès authentique est moral autant que technique.
Position de Foedus
Foedus adopte une position réaliste et critique sur la science et la technique. Nous affirmons leur valeur comme moyens de connaissance et de service, et rejetons leur absolutisation idéologique. Nous défendons une science exercée avec rigueur, une technique encadrée par la morale, et une vision de l’homme respectueuse de la création et de la dignité humaine.
Finalité
Cette position vise à restaurer une relation juste entre savoir, pouvoir et sagesse. Elle appelle à une science humble, à une technique responsable et à une culture capable de dire non lorsque le progrès menace l’humanité qu’il prétend servir.
Distinguer les niveaux de connaissance
Les sciences empiriques s’appuient sur des méthodes diverses, des mesures, des modèles et des procédures critiques. Leurs résultats doivent être examinés selon leur degré de confirmation, et non disqualifiés pour des motifs confessionnels étrangers aux données. Le scientisme est une thèse philosophique sur les limites du savoir, distincte de la pratique scientifique. L’évaluation d’une technique doit en outre confronter ses bénéfices, ses risques, ses effets sociaux et ses conséquences pour les personnes vulnérables. La conviction réformée de l’ordre créé ne dispense ni de la vérification empirique ni de la prudence devant les innovations.
Articles et approfondissements par thèmes
Ces projets abordent séparément l’épistémologie, les technologies émergentes, l’anthropologie et les responsabilités collectives.
- Science et scientisme : une distinction nécessaire — À paraître. Examiner les succès des sciences empiriques et les arguments de ceux qui leur attribuent une compétence universelle. Distinguer les méthodes de recherche des thèses philosophiques sur la vérité, la morale et le sens.
- Intelligence artificielle et jugement humain — À paraître. Étudier les possibilités réelles et les limites des systèmes algorithmiques, leurs effets sur le travail et la responsabilité, puis les critères d’une évaluation éthique qui ne confonde pas efficacité et légitimité.
- Transhumanisme, soins et augmentation — À paraître. Différencier les soins destinés à restaurer des capacités des projets de transformation visant à dépasser la condition humaine. Examiner les arguments adverses et les principes anthropologiques nécessaires à une décision responsable.
- La technique, l’environnement et les générations futures — À paraître. Analyser les responsabilités liées aux ressources, à la pollution et aux infrastructures, en distinguant les données scientifiques des arbitrages politiques. Discuter une éthique de la création qui prenne au sérieux les conséquences à long terme.
Bibliographie sélective
Ouvrages en anglais
- Herman Bavinck, Reformed Dogmatics, vol. 2, God and Creation, sous la direction de John Bolt, trad. John Vriend, Baker Academic, 2004. Fondements confessionnels de la création et de l’intelligibilité du réel.
- Vern S. Poythress, Redeeming Science : A God-Centered Approach, Crossway, 2006. Étude réformée de la pratique scientifique et de ses présupposés.
Ouvrages en français
- Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, mise en français moderne par Marie de Védrines et Paul Wells, Excelsis / Kerygma, 2009. Création, providence et responsabilité devant Dieu.
- Jacques Ellul, La Technique ou l’enjeu du siècle, Armand Colin, 1954. Étude historique critique de la société technicienne, proposée comme complément d’analyse et non comme norme confessionnelle.
