Mar­tin Luther — La vraie théo­lo­gie dans le Christ crucifié

Ver­sion originale

« Vera theo­lo­gia et vera cog­ni­tio Dei in Chris­to cru­ci­fixo consistit. »

Réfé­rence

Mar­tin Luther, Dis­pu­ta­tion de Hei­del­berg (1518), thèse 20.

Texte latin ori­gi­nal : Hei­del­ber­ger Dis­pu­ta­tion, 1518.

Contexte his­to­rique et théologique

Cette thèse appar­tient à la Dis­pu­ta­tion de Hei­del­berg, moment déci­sif où Luther expose publi­que­ment sa rup­ture avec la théo­lo­gie sco­las­tique domi­nante. Il s’oppose à une théo­lo­gie de la gloire fon­dée sur la rai­son, les œuvres et l’élévation de l’homme vers Dieu. Face à elle, il pose la théo­lo­gie de la croix comme seule véri­table connais­sance de Dieu.

Com­men­taire théologique

Pour Luther, Dieu ne se laisse pas connaître dans sa majes­té abs­traite ni dans la spé­cu­la­tion méta­phy­sique, mais dans l’abaissement de la croix. Toute théo­lo­gie qui cherche Dieu ailleurs qu’en Christ cru­ci­fié devient mensongère.

La croix révèle simul­ta­né­ment qui est Dieu et qui est l’homme : un Dieu qui sauve par l’humiliation, et un homme radi­ca­le­ment inca­pable de se sau­ver lui-même. La sagesse divine se mani­feste pré­ci­sé­ment là où la sagesse humaine voit scan­dale et folie.

Erreurs d’interprétation fréquentes

Cette thèse est par­fois réduite à une spi­ri­tua­li­té dolo­riste. Or Luther ne glo­ri­fie pas la souf­france en elle-même. Il affirme que Dieu choi­sit volon­tai­re­ment le lieu de la fai­blesse pour se révé­ler, afin d’exclure toute pré­ten­tion humaine à la gloire.

Apport à la théo­lo­gie réformée

Bien que Luther ne déve­loppe pas une théo­lo­gie de l’alliance au sens tech­nique, cette thèse influence pro­fon­dé­ment la théo­lo­gie réfor­mée par son chris­to­cen­trisme radi­cal. Elle pro­tège la doc­trine de la révé­la­tion contre toute dérive ratio­na­liste ou mystique.

Apport à la théo­lo­gie de l’alliance

Dans la pers­pec­tive de l’alliance, Dieu se lie à son peuple non par une mon­tée de l’homme vers Dieu, mais par la des­cente de Dieu vers l’homme en Christ. La croix devient le lieu où l’alliance de grâce est plei­ne­ment révé­lée et scellée.

Biblio­gra­phie essentielle

Mar­tin Luther, Œuvres, t. I, Dis­pu­ta­tion de Hei­del­berg (tra­duc­tions françaises).

Gerhard Ebe­ling, La théo­lo­gie de Luther.

Oswald Bayer, La théo­lo­gie de Mar­tin Luther.


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