Christ Roi

Dimanche du Christ-Roi – Année B : Mon royaume n’est pas de ce monde (Jean 18.33–37)

Devant Pilate, Jésus se tient face à un repré­sen­tant de la puis­sance impé­riale. Tout semble oppo­ser l’autorité du gou­ver­neur et la vul­né­ra­bi­li­té du pri­son­nier. Pour­tant, c’est celui qui paraît sans défense qui parle avec la plus grande liber­té : son Royaume n’est pas de ce monde.

Le Christ ne dit pas que son règne serait ima­gi­naire ou sans consé­quence pour l’histoire. Il affirme que son ori­gine et ses moyens ne sont pas ceux des pou­voirs humains. Son auto­ri­té n’est pas fon­dée sur la contrainte des armes. Il est venu rendre témoi­gnage à la véri­té, et sa vic­toire pas­se­ra par la croix.

Le mili­taire chré­tien doit prendre cette parole au sérieux. Il peut aimer son pays, accom­plir les mis­sions confiées et contri­buer à la pro­tec­tion du pro­chain. Mais aucune vic­toire mili­taire ne réa­lise le Royaume de Dieu. Inver­se­ment, la sou­ve­rai­ne­té du Christ n’abolit pas la res­pon­sa­bi­li­té des États de recher­cher la jus­tice et de pro­té­ger les per­sonnes.

Le dia­logue avec Pilate nous place devant une ques­tion plus pro­fonde que celle de la puis­sance : de quelle véri­té vou­lons-nous vivre ? Celui qui suit le Christ n’est pas appe­lé à mépri­ser l’autorité, mais à ne jamais la divi­ni­ser. La force n’est juste que lorsqu’elle demeure sou­mise à une fina­li­té morale.

Prière

Sei­gneur Jésus, Roi de véri­té, garde-nous des séduc­tions de la puis­sance. Apprends-nous à ser­vir notre pays avec droi­ture sans confondre notre mis­sion et ton Royaume. Fais-nous aimer la jus­tice et demeu­rer fidèles à ta Parole. Amen.