Devant Pilate, Jésus se tient face à un représentant de la puissance impériale. Tout semble opposer l’autorité du gouverneur et la vulnérabilité du prisonnier. Pourtant, c’est celui qui paraît sans défense qui parle avec la plus grande liberté : son Royaume n’est pas de ce monde.
Le Christ ne dit pas que son règne serait imaginaire ou sans conséquence pour l’histoire. Il affirme que son origine et ses moyens ne sont pas ceux des pouvoirs humains. Son autorité n’est pas fondée sur la contrainte des armes. Il est venu rendre témoignage à la vérité, et sa victoire passera par la croix.
Le militaire chrétien doit prendre cette parole au sérieux. Il peut aimer son pays, accomplir les missions confiées et contribuer à la protection du prochain. Mais aucune victoire militaire ne réalise le Royaume de Dieu. Inversement, la souveraineté du Christ n’abolit pas la responsabilité des États de rechercher la justice et de protéger les personnes.
Le dialogue avec Pilate nous place devant une question plus profonde que celle de la puissance : de quelle vérité voulons-nous vivre ? Celui qui suit le Christ n’est pas appelé à mépriser l’autorité, mais à ne jamais la diviniser. La force n’est juste que lorsqu’elle demeure soumise à une finalité morale.
Prière
Seigneur Jésus, Roi de vérité, garde-nous des séductions de la puissance. Apprends-nous à servir notre pays avec droiture sans confondre notre mission et ton Royaume. Fais-nous aimer la justice et demeurer fidèles à ta Parole. Amen.
