Lorsqu’une lumière apparaît dans l’obscurité, celui qui la signale rend un service précieux. Mais il ne doit pas être confondu avec la lumière elle-même. L’Évangile selon Jean présente Jean-Baptiste comme un témoin : il n’est pas le Christ, il prépare sa venue.
Cette distinction paraît simple. Pourtant nous cherchons souvent à donner trop d’importance à notre propre rôle. Le métier militaire peut rendre fier d’une fonction, d’un savoir-faire ou d’une responsabilité. Cette fierté devient dangereuse lorsqu’elle nous conduit à croire que nous sommes indispensables ou que notre valeur dépend de l’admiration des autres.
Jean-Baptiste accepte de n’être qu’une voix. Il ne rassemble pas les regards autour de sa personne ; il les dirige vers celui qui vient. De même, le témoignage chrétien ne consiste pas à s’imposer dans la vie spirituelle d’autrui, encore moins à utiliser une position d’autorité pour convaincre. Il consiste à parler avec vérité, à vivre sans contradiction manifeste et à laisser au Christ la place qui lui revient.
Le temps de l’Avent nous apprend cette sobriété. Nous n’avons pas à produire nous-mêmes la lumière ni à nous attribuer l’œuvre de Dieu. Nous sommes appelés à être fidèles au poste qui est le nôtre, avec l’humilité de ceux qui savent que le salut ne dépend pas d’eux.
Prière
Seigneur Jésus-Christ, lumière véritable, délivre-nous du désir de paraître. Donne-nous le courage d’être des témoins fidèles sans rechercher la première place. Que nos paroles et notre conduite orientent vers toi plutôt que vers nous-mêmes. Amen.
