Lectures du jour – 24ᵉ dimanche du temps ordinaire – 13 septembre 2026 – année A
Évangile : Matthieu 18.21–35
Pardonner comme nous avons été pardonnés
« C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son coeur. » (Matthieu 18.35, Louis Segond 1910)
Méditation adaptée à des militaires
Textes du dimanche 13 septembre 2026
Genèse 50.15–21
Romains 14.7–9
Matthieu 18.21–35
Sous l’uniforme, une offense ne devient pas moins douloureuse. Une parole déloyale, une décision injuste ou une confiance trahie peuvent peser longtemps sur une équipe. Joseph connaît cette mémoire. Devenu puissant, il pourrait régler les comptes ; il refuse pourtant de prendre la place de Dieu. Son pardon n’est ni faiblesse ni oubli : il nomme le mal, maîtrise sa puissance et choisit de préserver la vie.
Dans un petit camp où la proximité allait jusqu’au partage d’une voiture, des relations tendues entre aumôniers ne pouvaient être simplement évitées. La médiation demandait franchise et camaraderie. Cette expérience modeste rappelle qu’une unité ne tient pas par le silence sur les tensions, mais par une vérité dite sans volonté d’humilier. Pardonner ne supprime pas la responsabilité ; cela empêche le ressentiment de commander à notre place.
Paul rappelle au militaire chrétien son appartenance première : « nous sommes au Seigneur ». L’institution peut confier une mission, un grade et une autorité ; elle ne possède pas la conscience. Le Christ mort et vivant demeure Seigneur au quartier, en opération et jusque devant la mort. Cette fidélité rend possible une autorité ferme sans brutalité, le respect de l’adversaire et la protection des populations sans naïveté sur le mal.
Jésus montre enfin un serviteur libéré d’une dette immense, mais impitoyable envers son compagnon. La cohésion ne peut durer si l’on réclame toujours grâce pour soi et rigueur absolue pour l’autre. Le pardon chrétien n’interdit ni compte rendu, ni sanction juste, ni protection d’un subordonné. Il renonce à la revanche personnelle. Avant une décision difficile, une conversation tendue ou le souvenir d’un tort, le militaire peut demander : est-ce la mission, la justice et le bien commun qui me conduisent, ou le désir de faire payer ? Le Roi compatissant donne le courage d’agir avec droiture et de ne pas devenir semblable au mal subi.
Prière
Seigneur Jésus-Christ, toi qui es mort et qui vis, garde ceux qui servent sous l’uniforme. Donne-leur une conscience droite, le courage de signaler le mal, la force de protéger les faibles et l’humilité de recevoir eux-mêmes la grâce. Dans les équipes blessées par la méfiance, fais renaître franchise, loyauté et camaraderie. Préserve l’autorité de la vengeance et la discipline de l’humiliation. Quand le souvenir des camarades, la peur ou la colère deviennent lourds, rappelle à chacun qu’il t’appartient dans la vie et dans la mort. Apprends-nous à pardonner comme nous avons été pardonnés. Amen.
© Vincent Bru, 9 septembre 2026
Pour approfondir : Lire le culte du dimanche
