Fiche pastorale 14 – Accompagner une personne dans les dernières heures de sa vie

Fiche pas­to­rale 14 – Accom­pa­gner une per­sonne dans les der­nières heures de sa vie

Com­prendre la situa­tion

L’accompagnement d’une per­sonne dans les der­nières heures de sa vie exige une grande sim­pli­ci­té.

Le malade peut être conscient et capable de par­ler. Il peut aus­si être extrê­me­ment fati­gué, som­nolent, confus ou ne plus mani­fes­ter de réac­tion per­cep­tible.

Ses proches peuvent se trou­ver à son che­vet. Cer­tains sou­haitent prier. D’autres ne savent pas quoi dire, craignent de faire un geste mal­adroit ou éprouvent une grande dif­fi­cul­té à accep­ter ce qui arrive.

L’aumônier n’est pas appe­lé à rem­plir ces heures de paroles reli­gieuses.

Son minis­tère consiste à demeu­rer pré­sent avec dis­cer­ne­ment, à écou­ter lorsque cela est encore pos­sible, à lire la Sainte Écri­ture, à prier lorsque cela est sou­hai­té et à annon­cer Jésus-Christ avec fidé­li­té.

Il doit res­pec­ter les convic­tions, les sou­haits connus et la digni­té de la per­sonne.

Il ne peut ni déter­mi­ner lui-même le moment de la mort ni affir­mer connaître l’état spi­ri­tuel d’un malade qui ne peut plus s’exprimer.

Com­ment abor­der la per­sonne et ses proches

Avant d’entrer dans la chambre, l’aumônier se ren­seigne auprès de l’équipe soi­gnante sur les condi­tions pra­tiques de la visite : pos­si­bi­li­té d’entrer, néces­si­té de res­pec­ter un soin, fatigue du malade et éven­tuelles pré­cau­tions par­ti­cu­lières.

Il ne demande pas au per­son­nel de révé­ler des infor­ma­tions médi­cales aux­quelles il n’a pas droit.

Lorsque le malade est conscient, il s’adresse d’abord à lui.

« Sou­hai­tez-vous que je reste quelques ins­tants auprès de vous ? »

S’il accepte, l’aumônier peut pro­po­ser une lec­ture biblique et une prière.

Si le malade ne peut plus répondre, l’aumônier recherche les sou­haits qu’il a expri­més aupa­ra­vant. La demande des proches ne suf­fit pas à annu­ler un refus connu du patient.

Lorsque la situa­tion le per­met et qu’aucune oppo­si­tion n’est connue, une pré­sence silen­cieuse et res­pec­tueuse peut être pro­po­sée. Une lec­ture ou une prière à voix haute sup­pose un dis­cer­ne­ment par­ti­cu­lier concer­nant les volon­tés du malade.

Il convient d’éviter les gestes impo­sés, les longues exhor­ta­tions et les paroles qui pour­raient accroître l’angoisse.

Lec­tures bibliques pro­po­sées : Psaume 23.1–4 ; Psaume 31.2–6 ; Jean 10.27–30 ; Jean 11.25–26 ; Romains 8.31–39 ; Apo­ca­lypse 21.1–5.

Pre­mière médi­ta­tion – Le Sei­gneur est mon ber­ger

Lec­ture : Psaume 23.1–4.

Le Psaume 23 est l’une des prières les plus connues de la Bible.

David y parle de Dieu comme d’un ber­ger qui conduit, nour­rit et pro­tège son trou­peau.

Il ne décrit pas une vie sans dif­fi­cul­té.

Il évoque aus­si une val­lée sombre, un pas­sage dans lequel la peur pour­rait nous sai­sir.

Mais il affirme que le Sei­gneur demeure avec lui.

Cette parole prend une pro­fon­deur par­ti­cu­lière lorsque nos forces dimi­nuent et que nous appro­chons de la fin de notre vie.

Nous ne savons pas tou­jours ce qui nous attend dans les pro­chaines heures.

Nous ne maî­tri­sons ni notre corps ni le cours des évé­ne­ments.

Mais la foi nous invite à regar­der vers le Sei­gneur.

Dans l’Évangile, Jésus-Christ se pré­sente comme le bon Ber­ger.

Il connaît ses bre­bis et donne sa vie pour elles.

Il n’est pas un guide qui se contente de mon­trer le che­min de loin.

Il est venu par­ta­ger notre condi­tion humaine, por­ter nos péchés et vaincre la mort par sa résur­rec­tion.

C’est pour­quoi ceux qui lui appar­tiennent peuvent se confier en lui, jusque dans leur der­nière épreuve.

Nous pou­vons deman­der au Sei­gneur de nous accor­der sa paix.

Nous pou­vons lui remettre nos inquié­tudes, nos souf­frances et les per­sonnes que nous aimons.

Nous n’avons pas besoin de trou­ver beau­coup de mots.

Nous pou­vons sim­ple­ment nous tour­ner vers Jésus-Christ et nous confier en sa grâce.

Prière pro­non­cée par l’aumônier

Sei­gneur notre Dieu,

Nous te confions cette per­sonne qui tra­verse une heure dif­fi­cile.

Tu connais sa vie, ses souf­frances et ses besoins.

Nous te deman­dons de sou­la­ger sa dou­leur et de lui accor­der le repos.

Entoure-la de soins atten­tifs et de pré­sences bien­veillantes.

Sou­tiens ceux qui l’aiment et qui demeurent auprès d’elle.

Sei­gneur Jésus-Christ, bon Ber­ger, tu as don­né ta vie pour tes bre­bis.

Fais entendre ta Parole et conduis-nous à pla­cer notre confiance en toi.

Garde-nous de la peur et du déses­poir.

Que ta grâce nous sou­tienne dans cette épreuve.

Amen.

Deuxième médi­ta­tion – Jésus-Christ a vain­cu la mort

Lec­ture : Jean 11.25–26.

Lorsque Jésus ren­contre Marthe après la mort de son frère Lazare, il ne lui adresse pas une simple parole de conso­la­tion humaine.

Il lui annonce qu’il est la résur­rec­tion et la vie.

Cette décla­ra­tion est au cœur de l’espérance chré­tienne.

La mort est une réa­li­té dou­lou­reuse.

Elle sépare les per­sonnes qui s’aiment. Elle met fin à notre exis­tence ter­restre et nous rap­pelle notre fra­gi­li­té.

La Bible ne nous demande pas de faire comme si cette sépa­ra­tion était sans impor­tance.

Jésus lui-même a pleu­ré devant le tom­beau de Lazare.

Mais il annonce une espé­rance qui dépasse la mort.

Cette espé­rance repose sur sa propre per­sonne.

Jésus-Christ a don­né sa vie pour les pécheurs.

Il est mort et il est res­sus­ci­té.

Par sa résur­rec­tion, il a mani­fes­té sa vic­toire sur la mort.

C’est pour­quoi l’Évangile appelle cha­cun à se tour­ner vers lui avec repen­tance et foi.

La vie éter­nelle n’est pas une récom­pense que nous pour­rions méri­ter par nos bonnes actions.

Elle est un don de la grâce de Dieu, reçu par la foi en Jésus-Christ.

Lorsque nous arri­vons au terme de notre vie, nous n’avons pas à pré­sen­ter devant Dieu une exis­tence par­faite.

Nous avons besoin du Sau­veur.

Nous pou­vons nous tour­ner vers lui et lui deman­der par­don.

Nous pou­vons nous confier en sa misé­ri­corde.

Et ceux qui lui appar­tiennent peuvent attendre avec assu­rance la résur­rec­tion pro­mise.

Aujourd’hui, nous ne pré­ten­dons pas connaître tout ce qui nous attend.

Mais nous pou­vons entendre la pro­messe du Christ et pla­cer notre espé­rance en lui.

Prière pro­non­cée par l’aumônier

Sei­gneur Jésus-Christ,

Tu es la résur­rec­tion et la vie.

Tu as don­né ta vie pour les pécheurs et tu es res­sus­ci­té d’entre les morts.

Nous te confions cette per­sonne.

Tu connais son cœur et son his­toire mieux que nous.

Fais-lui entendre la véri­té de ton Évan­gile.

Accorde-lui de se tour­ner vers toi avec repen­tance et foi.

Nous te deman­dons de sou­la­ger ses souf­frances et de lui don­ner le repos.

Sou­tiens ses proches dans leur peine.

Garde-nous de toute parole trom­peuse et de toute assu­rance que tu ne nous as pas don­née.

Apprends-nous à nous confier en ta grâce et à attendre la résur­rec­tion que tu as pro­mise à ceux qui t’appartiennent.

Amen.

Troi­sième pos­si­bi­li­té – Une lec­ture et une prière très brèves

Lec­ture : Psaume 31.6.

Lorsque la per­sonne est très affai­blie, une seule phrase de la Sainte Écri­ture peut suf­fire.

L’aumônier peut ensuite prier :

Prière brève au che­vet

Sei­gneur notre Dieu,

Nous te confions cette per­sonne.

Accorde-lui le repos et le sou­la­ge­ment.

Entoure-la de soins atten­tifs.

Sou­tiens ses proches dans cette heure dif­fi­cile.

Sei­gneur Jésus-Christ, fais entendre ta Parole et mani­feste ta grâce.

Nous remet­tons cette vie entre tes mains, avec confiance en ta sagesse et en ta misé­ri­corde.

Amen.

Qua­trième pos­si­bi­li­té – Prier avec les proches pré­sents

Lorsque les proches sou­haitent par­ti­ci­per à un temps de prière, l’aumônier peut pro­po­ser une courte lec­ture du Psaume 23 ou de Romains 8.31–39.

Il peut dire :

« Nous allons confier au Sei­gneur votre proche et les heures que vous tra­ver­sez. Nous lui deman­de­rons le sou­la­ge­ment de ses souf­frances, la force de demeu­rer pré­sents et le secours de sa grâce. »

Prière avec la famille

Père céleste,

Nous voi­ci réunis auprès d’une per­sonne que nous aimons.

Tu connais notre affec­tion, notre tris­tesse et nos inquié­tudes.

Nous te deman­dons de veiller sur elle.

Accorde-lui le sou­la­ge­ment de ses souf­frances et le repos dont elle a besoin.

Bénis les soins qui lui sont appor­tés.

Sou­tiens ceux qui demeurent à son che­vet.

Donne-nous la patience d’accompagner sans pré­ci­pi­ta­tion, la dou­ceur de par­ler lorsque cela est utile et la sagesse de gar­der le silence lorsque les mots manquent.

Sei­gneur Jésus-Christ, tu as connu la souf­france et tu as vain­cu la mort.

Fais entendre ton Évan­gile et conduis-nous à nous confier en toi.

Accorde-nous la force néces­saire pour tra­ver­ser cette épreuve.

Au nom de Jésus-Christ.

Amen.

Lorsque cela convient aux per­sonnes pré­sentes, la prière peut être sui­vie du Notre Père.

Indi­ca­tions pra­tiques pour l’aumônier

Lorsque le malade est conscient

L’aumônier pri­vi­lé­gie les ques­tions simples et les inter­ven­tions courtes.

Il laisse la per­sonne expri­mer ses craintes, ses regrets ou ses demandes.

Si elle sou­haite confes­ser un péché, il l’écoute sans juge­ment et lui annonce les pro­messes bibliques du par­don en Jésus-Christ, sans trans­for­mer l’entretien en inter­ro­ga­toire.

Si elle refuse la prière, il res­pecte ce refus.

Lorsque le malade ne répond plus

L’absence de réac­tion visible ne per­met pas de conclure avec cer­ti­tude que la per­sonne entend ou com­prend les paroles pro­non­cées.

L’aumônier évite donc les affir­ma­tions caté­go­riques concer­nant son état de conscience.

Il res­pecte les volon­tés connues du patient.

Si une prière est appro­priée, elle demeure courte, calme et dépour­vue de toute mise en scène.

Il ne cherche pas à pro­vo­quer une réac­tion phy­sique ou émo­tion­nelle.

Lorsque les proches sont pré­sents

L’aumônier ne prend pas la place de la famille.

Il peut pro­po­ser aux proches de par­ler au malade, de lui expri­mer leur affec­tion ou de res­ter sim­ple­ment auprès de lui.

Il ne leur impose ni gestes reli­gieux ni paroles de sépa­ra­tion.

Il ne leur affirme pas que la per­sonne attend néces­sai­re­ment leur auto­ri­sa­tion pour mou­rir. Une telle inter­pré­ta­tion ne doit pas être pré­sen­tée comme un fait.

Lorsque la mort paraît immi­nente

L’aumônier ne pro­nonce pas lui-même de diag­nos­tic de fin de vie immi­nente.

Il ne pro­met pas non plus une gué­ri­son mira­cu­leuse.

Il peut prier pour le sou­la­ge­ment, pour la paix, pour les proches et pour que la per­sonne entende l’Évangile.

Si la foi per­son­nelle du malade est incon­nue, il ne déclare pas son salut comme une cer­ti­tude.

Il pro­clame les pro­messes de Dieu en Jésus-Christ et remet la per­sonne à la jus­tice et à la misé­ri­corde divines.

Lorsque la per­sonne vient de mou­rir

L’aumônier res­pecte les pro­cé­dures de l’établissement et laisse aux pro­fes­sion­nels com­pé­tents les consta­ta­tions et démarches qui leur appar­tiennent.

Il peut demeu­rer auprès des proches, écou­ter leur peine et pro­po­ser une prière, s’ils le sou­haitent.

Il évite les for­mules qui affir­me­raient sans fon­de­ment que le défunt se trouve néces­sai­re­ment auprès de Dieu.

Il annonce plu­tôt la conso­la­tion de l’Évangile aux vivants, la vic­toire de Jésus-Christ sur la mort et l’espérance de la résur­rec­tion pour ceux qui lui appar­tiennent.

Ren­vois internes à pré­voir : accom­pa­gne­ment des der­niers jours ; soins pal­lia­tifs ; confes­sion et par­don ; prières au che­vet ; annonce du décès ; accom­pa­gne­ment des proches ; espé­rance de la résur­rec­tion.

Sta­tut édi­to­rial : texte ori­gi­nal de tra­vail, à har­mo­ni­ser avec le cha­pitre consa­cré aux der­niers jours et à véri­fier avant inté­gra­tion au manus­crit conti­nu.