Fiche pastorale 09 – La culpabilité du malade et la demande de pardon
Comprendre la situation
La maladie peut faire ressurgir des fautes anciennes, des regrets ou des conflits non résolus. Certains malades se demandent si leur souffrance constitue une punition divine. D’autres éprouvent une culpabilité profonde sans pouvoir identifier de faute précise.
L’aumônier doit distinguer trois réalités : le péché effectivement commis, le sentiment subjectif de culpabilité et l’interprétation de la maladie comme un jugement particulier de Dieu.
Il ne doit ni nier la réalité du péché ni attribuer arbitrairement une maladie à une faute personnelle.
Lectures proposées : Jean 9.1–3 ; Psaume 32.1–5 ; 1 Jean 1.8–9 ; Romains 8.1.
Première méditation – Cette maladie est-elle une punition ?
Lecture : Jean 9.1–3.
Lorsqu’une maladie survient, il arrive que nous cherchions une explication à ce qui nous arrive.
Nous pouvons nous demander si nous avons fait quelque chose de mal, si nous aurions dû vivre autrement ou si Dieu nous punit.
Cette question est ancienne.
Dans l’Évangile selon Jean, les disciples rencontrent un homme aveugle de naissance. Ils demandent à Jésus qui a péché pour que cet homme soit né aveugle.
Leur raisonnement paraît simple : puisqu’il existe une souffrance, il doit exister une faute personnelle qui l’explique.
Mais Jésus refuse cette conclusion.
Il ne permet pas aux disciples d’accuser cet homme ou ses parents.
Cette réponse est importante pour nous.
La Bible enseigne que le péché est entré dans le monde et que la souffrance appartient à notre condition humaine déchue. Mais cela ne signifie pas que nous puissions identifier chaque maladie comme la conséquence d’un péché particulier.
Nous devons donc nous garder de prononcer des jugements que Dieu ne nous a pas autorisés à porter.
Peut-être avez-vous des regrets. Peut-être certaines décisions passées vous pèsent-elles.
Nous pouvons en parler avec vérité.
Mais nous ne devons pas transformer votre maladie en preuve que Dieu vous aurait personnellement condamné.
L’Évangile nous invite à regarder vers Jésus-Christ.
Il est venu appeler les pécheurs à la repentance et leur annoncer la grâce de Dieu.
C’est vers lui que nous pouvons nous tourner, avec nos fautes réelles, nos inquiétudes et nos questions.
Prière prononcée par l’aumônier
Seigneur notre Dieu,
Tu connais cette personne, son histoire et les questions qui la préoccupent.
Garde-nous de juger ce que nous ne connaissons pas.
Préserve-nous d’attribuer à ta volonté particulière des explications que tu ne nous as pas révélées.
Si des fautes doivent être reconnues, donne-nous la vérité et l’humilité nécessaires.
Si cette personne porte une culpabilité sans fondement, accorde-lui la lumière et le repos.
Nous te demandons de la soutenir dans sa maladie, de soulager ses souffrances et de bénir les soins qui lui sont apportés.
Conduis-nous vers Jésus-Christ, en qui tu manifestes ta grâce.
Amen.
Deuxième méditation – Le pardon que Dieu promet
Lecture : 1 Jean 1.8–9.
Il existe des fautes que nous regrettons longtemps.
Une parole blessante, une injustice, une trahison, une décision dont les conséquences continuent à peser sur notre conscience.
La maladie peut faire revenir ces souvenirs avec une intensité particulière.
L’apôtre Jean nous rappelle que nous ne devons pas prétendre être sans péché.
La foi chrétienne ne consiste pas à nier nos fautes.
Elle nous appelle à les reconnaître devant Dieu.
Mais Jean annonce également une promesse : Dieu pardonne les péchés de ceux qui les confessent.
Cette promesse ne repose pas sur notre capacité à nous rendre dignes du pardon.
Elle repose sur Jésus-Christ, qui a donné sa vie pour les pécheurs.
Nous ne pouvons pas effacer nous-mêmes notre passé.
Nous pouvons cependant reconnaître le mal commis, demander pardon et chercher à réparer ce qui peut encore l’être.
Lorsque nous avons fait du tort à quelqu’un, le pardon de Dieu ne nous dispense pas de nos responsabilités envers cette personne.
Mais l’Évangile nous apprend que notre péché n’est pas plus puissant que la grâce du Christ.
Celui qui se tourne vers Jésus-Christ avec repentance et foi peut recevoir le pardon que Dieu promet.
Nous n’avons donc pas à choisir entre la vérité et l’espérance.
Nous pouvons reconnaître nos fautes sans les minimiser et chercher auprès du Seigneur la grâce dont nous avons besoin.
Prière prononcée par l’aumônier
Père céleste,
Nous reconnaissons devant toi que nous sommes pécheurs et que nous avons besoin de ta grâce.
Donne-nous le courage de regarder notre vie avec vérité.
Apprends-nous à reconnaître nos fautes sans chercher à les justifier.
Accorde-nous l’humilité de demander pardon et la volonté de réparer, autant que possible, le mal que nous avons causé.
Garde-nous du désespoir.
Fais-nous regarder à Jésus-Christ, qui a porté le péché et qui est ressuscité pour notre justification.
Par ton Saint-Esprit, conduis-nous dans une repentance sincère et dans la confiance en tes promesses.
Nous te confions également la maladie et les souffrances de cette personne.
Soutiens-la par ta grâce.
Au nom de Jésus-Christ.
Amen.
Formule très brève
Lecture : Romains 8.1.
L’aumônier peut rappeler que l’Écriture annonce l’absence de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Cette promesse ne doit pas être présentée comme une assurance automatique, indépendamment de la foi.
Prière :
Seigneur Jésus-Christ,
Conduis-nous dans la vérité.
Donne-nous de reconnaître nos péchés et de nous confier en ta grâce.
Accorde à cette personne le secours nécessaire dans sa faiblesse.
Amen.
Indications pratiques
L’aumônier doit distinguer la confession du péché devant Dieu, la recherche éventuelle d’une réconciliation avec autrui et les responsabilités humaines ou juridiques qui peuvent subsister.
Il ne doit pas encourager une personne à dissimuler une violence ou une infraction sous prétexte qu’elle aurait reçu le pardon de Dieu.
Si la culpabilité s’accompagne d’une détresse psychique aiguë, d’idées suicidaires ou d’un état nécessitant une évaluation clinique, l’aumônier doit mobiliser les professionnels et les procédures institutionnelles compétents.
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